Dans un grand champ de nuages blancs

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78 pages
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Description



Alex, 16 ans, se lance imprudemment sur la route avec son skate-board. Il se fait renverser par une camionnette et est tué sur le coup. Il se retrouve alors assis au milieu d’un grand champ de nuages blancs. Seule une voix l’accompagne.






Alex ne pense qu’à retourner avec les siens. La voix lui propose alors de remplir quelques missions. S’il réussit, il pourra quitter ce grand champ de nuages.






Trop content de retourner sur terre, Alex ne réalise pas ce que cela va impliquer...

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EAN13 9782356770097
Langue Français

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Dans un grand champ de nuages blancs
© Éditions du Saule, 2019
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« Le Code de la propriété intellectuelle et artistique n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l’article L. 122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. »
Dépôt légal : Janvier 2019
ISBN 978-2-35677-009-7
Dans un grand champ de nuages blancs
Philippe DESTER
Éditions du Saule
1ère Partie Alex
Chapitre 1
— Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Je suis où là ? Non, mais, j’hallucine ! On dirait que je suis assis sur un nuage ! Je rêve ou quoi ? Ça semble pourtant bien réel ! S’asseoir sur un nuage, ça s’peut pas ! Alex regarde tout autour de lui d’un air ahuri. Mais où est-il ? Et comment est-il arrivé là ? À perte de vue : un champ de nuages. Au-dessus de lui : le ciel bleu et le soleil resplendissant. Au loin : la lune qui se dessine en filigrane. — Ohé ! Y a quelqu’un ? Alex n’ose pas bouger. Il est assis sur une espèce d’édredon tout mou et a peur de passer au travers. Personne à l’horizon, pas une âme. Enfin… une âme, il y en a bien une, mais le jeune garçon ne la voit pas. — Ohé ! Y a quelqu’un ? répète Alex que la situation effraie. — Oui, il y a quelqu’un ! répond une petite voix qu i lui semble toute proche. Pourtant, l’adolescent ne voit rien, rien ni personne. — Où êtes-vous ? demande le gamin intrigué. — Je suis ici, à côté de toi, mais tu ne peux pas m e voir : je n’ai pas de corps. Je suis une âme chargée d’accueillir les nouveaux arrivants. — Une âme ? Sans corps ? À d’autres ! fait Alex en cherchant le personnage des yeux. Il doit certainement se cacher sous ces espèces de nuages cotonneux qui l’entourent. — Vous pouvez sortir de votre cachette, continue le jeune garçon, je n’ai aucune envie de jouer, je veux juste savoir ce qui se passe ici et où je suis… — Ici, reprend la voix, le corps ne sert plus à rien, seule l’âme peut s’élever vers de plus hautes sphères. Pour y arriver, tu devras… — Ici ? C’est où, ici ? l’interrompt Alex. Vous pouvez m’expliquer où je suis ? — Tu n’as pas encore deviné ? demande la voix. Alex est perplexe. Ou il n’a pas compris où il se trouve ou il ne veut pas l’admettre. — Où étais-tu avant d’arriver ici ? l’interroge la voix qui semble venir de nulle part. Des images passent devant les yeux d’Alex. C’est comme un film qui se déroule devant lui. Il se voit sortir de chez lui, son skate-board dans une main. Sa mère lui crie d’être prudent, comme d’habitude, de ne pas rouler sur le trottoir, d’attendre d’être arrivé sur l’esplanade avant de monter sur la planche à roulettes. Et, comme d’habitude, le gamin n’écoute pas les conseils de sa mère. Maintenant, c’est comme si le film se déroulait au ralenti. Alex se voit s’élancer sur le trottoir, sa planche prend de la vitesse, il évite un trou, descend du trottoir. Un véhicule débouche de la petite rue perpendiculaire à celle que l’ado suit. Le conducteur roule un peu vite. Alex veut remonter sur le trottoir, il relève sa planche sur les roues arrièr e, mais c’est trop tard. Un choc, un vol plané, le hurlement des passants, le sang qui coule par sa bouche, la douleur qui irradie dans tout son corps, u ne flaque rouge sur le trottoir, une sirène, des bras qui le soulèvent délicatement, une douleur atroce qui lui vrille le cerveau, un tuyau placé dans le nez, un masque sur la bouche… Plus tard, la voix de son père, les sanglots de sa mère, une lumière vive qui l’attire au bout d’un tunnel sombre, et Alex reprend connaissance ici, dans ce champ tout blanc sous un ciel d’azur. Une larme coule sur les joues de l’adolescent. — Est-ce que je suis… ? commence le jeune homme. — Mort ? ajoute la voix. Je pense que je n’ai pas besoin de te répondre. Tu as compris… — Mais je ne veux pas, moi ! se fâche Alex. J’ai encore envie de rire, de courir, d’apprendre, de voyager, de… d’aimer, fait-il, hésitant. Ce n’est pas juste ! J’ai seize ans ! Ma vie ne peut pas s’arrêter là ! Je ne peux pas rester dans ce désert tout blanc où il n’y a rien ni personne ! Qu’est-ce que je ferais ici, tout seul ? Où sont les autres, d’ailleurs ? — Les autres ?
— Oui, les autres défunts, les morts, quoi ? Il doit bien y avoir d’autres personnes dans cet endroit! Je ne peux pas être seul ici quand même ! — Et moi ? Tu m’oublies ? demande la voix. Je suis là pour que tu ne sentes pas trop isolé justement. — Oui, bon, excusez-moi, mais si je vous entends, je ne vous vois pas… Comme compagnie, on fait mieux ! — Tu n’as pas besoin d’être désagréable, tu sais ! Tu ne peux pas me voir parce que je n’ai plus de corps. Les morts n’ont plus besoin de leur enveloppe corporelle pour vivre leur seconde vie… — Mais, j’ai un corps, moi ! s’exclame le garçon. Je vois mes membres ! fait-il en levant les bras. Je ne suis pas mort, alors ! — Si, petit, tu es bel et bien mort, comme on l’entend sur terre, en tout cas ! Tu vois toujours ton corps parce que tu es au niveau zéro sur l’échelle de la spiritualité. — C’est quoi, ce charabia ? questionne Alex interloqué. — Tu comprendras quand le moment sera venu. Il faut d’abord que tu te laves de tous tes péchés, que tu te purifies, que tu obtiennes une âme pure, et tu seras délivré de ta carapace inutile. — Je vais rester combien de temps ici ? demande l’adolescent qui essuie furtivement une larme qui coule le long de son nez. — Tout le temps ! Éternellement ! Quand on est mort… — Mais, j’veux pas, moi ! l’interrompt encore Alex. Allez, assez rigolé, aidez-moi à rentrer chez moi ! — C’est impossible, et tu le sais ! Je suis désolé ! As-tu déjà vu des morts ressusciter ? demande la voix. — À l’école, on m’a parlé de Lazare, puis de Jésus… commence Alex. — Tu as raison, mais toi, tu t’appelles Alex ! — Comment vous connaissez mon prénom ? Vous savez qui je suis ? — Bien sûr, je suis ton âme protectrice. Je veille sur toi depuis ta naissance ! — Tu parles ! T’as même pas pu arrêter la voiture qui m’a… — J’aurais pu, mais c’était ton destin de mourir à seize ans. — Foutaises ! J’crois pas au destin ! J’étais au ma uvais endroit au mauvais moment, tout simplement ! — Si tu veux… — Et où sont les autres ? Je t’ai déjà posé la question ! ajoute Alex qui passe du vous réservé au tu amical, comme si savoir que cette âme est son ange gardien le rapproche d’elle. Je ne peux pas être seul ici ! À chaque minute qui passe, il y a au moins un mort dans le monde. Je devrais les voir, ils devraient être ici avec leur corps. Ils n’ont quand même pas atteint le haut degré d’hospitalité ! — De spiritualité ! Bien sûr que non ! Ils sont là où ils ont voulu être, tout comme toi ! — Comme moi ? J’ai voulu être ici ? J’pige que dalle à ce que tu racontes ! — Quand tu étais sur terre, tu croyais trouver quoi après la mort ? — Rien ! — Eh bien, voilà ! répond la voix. Il n’y a rien ici, c’est le néant, un grand champ de nuages blancs. — Tu veux dire que ceux qui croient au paradis sont tombés dans le jardin d’Eden ? — Exactement ! Ceux qui croyaient revoir les membres de leur famille décédés sont avec eux. Ceux qui croyaient en Allah sont à ses côtés. Ceux qui priaient Jésus ou Bouddha ou Jéhovah ont trouvé leur guide spirituel. Toi, tu parlais du ciel. Le ciel, ce sont des nuages, le soleil et une atmosphère bleutée. Tu as donc atterri ici ! — Mince alors ! — Comme tu dis ! — Mais j’peux pas changer d’endroit ? demande Alex, une lueur d’espoir dans les yeux. — C’est impossible, garçon ! C’est ici que ton âme devra s’élever vers de plus hautes sphères. Alex reste silencieux un long moment. Il pense à sa vie terrestre, à tout ce qu’il n’a pas eu l’occasion ou le temps de faire, aux personnes qu’il aime et qu’il ne verra plus jamais. Ce n’est pas possible ! Il