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Des Amériques

De
202 pages
Des Amériques intègre trois récits, trois visages très différents de trois régions américaines. Le premier, un thriller géo-économique, se situe aux États-Unis modernes autour de la Maison Blanche. Le second, dans la Louisiane, dans les bayous et les vieux quartiers « jazz » de New Orleans. La troisième nouvelle est toujours d'actualité : elle met le doigt sur les problèmes de déforestation et de survie des populations indiennes, suscités par les lobbies des éleveurs américains qui mettent le feu à ce poumon de la planète pour y installer leur bétail.
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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-81294-0

 

© Edilivre, 2014

1
Kentucky, Washington

Citation

Sur une phrase de

Anne Legrand

Lecteur joue-la « fair play » Je compte sur toi.

Ne raconte la fin à personne

Chapitre I

– Ne mets pas la radio, ou alors en sourdine, notre petit Johnny dort encore ?

– Ce n’est pas l’heure d’aller à l’école ?

– Il a été agité cette nuit, je le trouve encore chaud.

– Téléphone au Docteur Lennon, s’il le faut. Allez je vide mon bol et je prépare mes dossiers.

– Une minute. Tu n’as pas touché à tes haricots et à ton bacon.

– Pas le temps, je dois rédiger mon intervention.

– C’est important ce Congrès ?

– Je veux ! le gratin international de la sismologie. Vu ce qui se passe dans le monde, les tremblements de terre, les tsunamis, la menace sur les centrales nucléaires, tu penses ! Les gens ont peur. Depuis le temps qu’on leur fait miroiter un système d’alerte et de surveillance. Pouvons-nous espérer, un jour prévenir les haussements d’épaules de notre vieille croûte terrestre ? Jusqu’au prochain hoquet du volcan voyou de Bali. Des fois, je me demande si cela ne relève pas de l’incantation. Tu verras qu’un jour, à cause de notre myopie, il y aura des foules pour nous lyncher.

– Arrête de te faire du cinéma.

– Et qu’il y aura des juges pour nous jeter en prison. Ce Congrès à New-York, c’est plus fait pour rassurer qu’autre chose. Les japonais seront là. Ils sont en pointe pour tout ce qui est défense antisismique. L’impression de marcher, de dormir, de faire l’amour sur le dos d’une baleine. Se coucher le soir sans savoir ce que sera le matin. L’incontournable NAGOCHA sera là avec son écurie au grand complet.. Et moi là dedans ?

– Quoi toi ?

– Ils vont débouler avec leur grand projet : des expériences sur le dévoiment et la dispersion des ondes sismiques. On pourra édifier des barrages au pied des bâtiments.

– Tu y crois ?

– Oh moi… Je vais là-bas en kamikaze.

– Tu veux rire. Tu as une œuvre. Domine-toi. Pas de complexe. Tes ouvrages ont été traduits en japonais que je sache. Et tes articles dans les revues.

– Des fois, je me dis… J’aurais mieux fait de rester prof. Dans un lycée de province, avec mes lycéens fidèles, attentifs. Tiens ! j’aurais pu faire du porte à porte pour vendre des assurances comme mon père.

– J’ai perdu mon dossier. Où est-ce que j’ai pu le fourrer, celui-là ? Dans quel endroit saugrenu ? Je l’ai feuilleté encore hier. Aide-moi…

– Depuis quand tu me fais entrer dans le saint des saints ? Ton bureau, tu ne veux jamais que je fasse un peu de ménage, que je mette un peu d’ordre.

– Bas les pattes ! Touche pas à mon territoire.

– Le territoire des toiles d’araignées.

– C’est mon désordre à moi. Je m’y retrouve.

– La preuve !

Des amoncellements de dossiers, des liasses de feuilles qui débordent des rayonnages, des classeurs couverts de poussière – quelques uns sur le plancher.

– Je n’y comprends rien. C’était dans une chemise cartonnée. Il était là entre deux piles. C’est pas possible. Quelqu’un y a touché, j’en suis sûr.

– Ecoute. Il me semble que le petit a appelé. Je vais voir.

Elle revient.

– Il se réveille, il a encore de la fièvre.

– C’était juste des notes, comme ça en vrac. Je pensais les mettre en forme dans l’avion. Dieu, de Dieu, de Dieu, de Dieu. Je vais tout rater.

– Calme-toi. J’ai commandé un taxi. Jusqu’à cet après-midi, Tu as largement le temps.

– Tu rêves.

– Averell !

– Quoi ?

– Ou es-tu ? Depuis plusieurs jours tu n’es plus là. Tu as quelque chose, je le sens.

– C’est mon Congrès, c’est tout. Et puis mes notes fichues. Rien de sorcier là dedans.

– Une chemise cartonnée, couleur saumon ?

– Ben ! comment.. ?

– Celle-là ?

– Oui, où l’as-tu trouvée ? Bon je file.

– Merci !

– Quoi ? Ah oui, merci.

– Averell regarde-moi. Qu’est-ce que tu as ? Parle-moi. Ne me dis pas. Je te sens inquiet, fuyant. Un homme avec ton prestige, qui se promène de ville en ville, qui saute par-dessus les fuseaux horaires, jusqu’en Europe, fatalement, forcément, il est soumis aux tentations. Je sens en toi comme une obsession. Une femme, une jeune fille. Je suis prête à tout entendre, à tout comprendre. Mais, s’il te plaît, pas de mensonges entre nous. Averell tu m’entends.

– Tu délires. Ce n’est vraiment pas le moment.

– Je délire, moi ? Et tes nuits agitées ? Je te signale que tu parles pendant ton sommeil.

– Moi, je parle ?

– Et comment !

– Je dis quoi ? Précise !

– Arrête de crier, tu vas réveiller le petit. Tu vois bien que tu as quelque chose… Tu n’es pas tranquille.

– Je te demande si tu peux répéter mes paroles.

– Tu te mets dans un état. Tu es en sueur.

– Je t’ai posé une question.

– C’est moi qui me pose des questions. Tes propos ? plutôt incohérents !

– Ah bon ?

– Ça va mieux ? Ce que je sais, c’est que tu as un secret. Tout au moins une obsession.

– Je parle en dormant maintenant, c’est la fin de tout. Oui, j’ai une obsession ? mon job qui dévore mes journées, et apparemment mes nuits. Tiens ! tu me fatigues. Et puis.

– Et puis ?

– Même si c’était vrai, si tout cela avait l’ombre d’une réalité, tu penses bien…

– Bien sûr ! Suis-je bête. ! ‘(Elle lui caresse la joue.) Détends-toi. Je peux t’aider, si tu veux pour rédiger tes notes. Pour midi, j’ai préparé des tranches de bison avec des pommes-de-terre au four.

– Avec une sauce au Roquefort ?

– Avec une sauce au Roquefort.

L’après-midi tout est prêt. Jenny examine son époux pour une revue de détail vestimentaire. Elle corrige la cravate, pose ses mains dans les revers du veston.

– Averell. Je t’aime.

– Moi aussi… très fort. Ils échangent un baiser.

– Je vous aime, Monsieur le Professeur, parce que vous êtes grand.

– Il vous sera beaucoup pardonné, Madame, parce que vous avez de beaux yeux. Loin de toi, je ne suis plus moi.

– Alors, reviens vite.

Klaxon de voiture. C’est le taxi.

– Au revoir ma chérie. Dès la clôture du Congrès, je vole vers toi.

– Averell.

– Quoi ?

– Tu n’oublies rien ?

– Euh… non… je ne crois pas.

– Tu n’as même pas embrassé ton fils.

Une fois dehors, il est abordé par un individu en imperméable et chapeau mou, rabattu sur les yeux.

– Vous êtes Averell Mac ‘Loy, spécialiste en sismologie ?

– Vous êtes journaliste ? Excusez-moi, je suis assez pressé. Donnez-moi votre carte, à mon retour nous aurons plus de temps p…

– Franchement, ça m’étonnerait.

Deux coups de feu. Le savant s’abat dans une mare de sang, une balle dans la tête, une autre en plein cœur. Jenny Mac ‘Loy surgit horrifiée, un long cri dans la gorge.. Deux coups de feu encore. Elle s’abat sur le cadavre de son époux.

o o o

Le lendemain, à la une des journaux.

ASSASSINAT de Mister Averell MAC LOY

Le grand savant, expert en sismologie a été abattu en pleine rue, hier après-midi, avec son épouse Jenny. Le célèbre savant devait se rendre au Congrès International de New-york. Ils laissent un orphelin, Teddy, un garçonnet de six ans.

L’enquête s’oriente vers un drame passionnel. La police a retrouvé dans l’appartement des victimes, des photos et quelques lettres gardées pour le moment, sous le sceau du secret.

Les seuls témoins sont les passants et le chauffeur de taxi qui venait d’arriver. Terrorisés, par la vue du couple baignant dans son sang, ils n’ont pas remarqué un éventuel suspect.

Les cartouches ramassées sur les lieux, sont des cartouches ordinaires, utilisées pour les armes en vente libre dans le commerce américain.

Chapitre II

Passe-moi les battes de base-ball.

– Où elles sont ?

– J’sais pas moi. Regarde au grenier.

– Tu parles, ça fait un bail qu’on les a pas vues. Depuis l’été dernier.

– Pendant que tu y es, prends aussi les cannes de golf et les balles.

– Les enfants, descendez. Que ça ne vous empêche pas de déjeuner.

Les enfants de Kitty et Johny Clarck ont mal dormi. Ils somnolent devant leur bol de céréales arrosées de sirop d’érable. C’est le grand jour du départ en vacances. Ils vont quitter pour un mois leur maison du Kentucky pour retrouver les plages de la Floride.

– On pourra aller à Disney ?

– On verra. Avalez ça en vitesse. Faut pas partir trop tard. On a de la route à faire.

– On dormira dans un motel ? On a réservé ?

– Mais maman on est pas prêt. Y’a toutes nos affaires d’été à prendre.

– (une petite voix) Et moi, j’ai encore tous mes jouets, sans compter les jouets de plage. J’ai encore ma collection de coquillages.

– Tu nous chauffes avec tes coquillages.

– D’abord c’est mes souvenirs.

– Pleure pas. On va t’acheter un filet à papillons. Comme ça tu feras collection de papillons, ça changera.

– Le coffre est trop haut, il faut m’aider.

– J’espère qu’il reste une place pour ta brosse à dents ?

– Oui maman.

Le père apparaît, rasoir en main, le visage couvert de mousse à raser.

– Qui vient faire une bise au grand chef inuit ?

Puis

– Cool. On a encore le temps. Maman doit ramasser ses fanfreluches. Y’en a un rayon, au moins trois valises.

– Mais papa, y’a nos affaires à nous.

– Mes fanfreluches ? Merci ! c’est mes toilettes. Si on est invités. Si on va au bal.

– Au bal ?

– Ou encore au théâtre, ou à l’opéra.

– A l’opéra ? la barbe ! J’aimerais mieux aller en boîte.

– Ce matin on a une visite. Pas question de partir avant.

– Une visite ? Zut ! Qui c’est ?

– J’ai pas pu refuser. Un copain d’enfance, Nino Pazzi. On s’est pas revus depuis l’école. Soi-disant qu’il a des photos.

– Tu lui as pas dit qu’on partait ce matin ?

– Il tombe bien celui-là. On charge la voiture avant ?

– Oh les mioches ! les cannes de golf d’accord ! Mais n’oubliez pas le cirage, les gants de toilette. Tiens ! le voilà.

Dans un nuage de poussière, une antique chevrolet s’annonce par un dérapage dans un hurlement de pneus. Un grand gaillard en sort, mal rasé, crachant son chewing-gum :

– Hello ! my brother, depuis le temps qu’on s’est pas revus. Depuis le temps de l’école Pardi ! Mais dis donc, t’as pas beaucoup changé.

– Tu me charries. Toi par contre, on peut pas dire que je te reconnaisse, surtout avec tes lunettes noires.

– La lumière me fait mal aux yeux.

– Tu es ?

– Ton vieux pote Nino, Nino Pazzi J’te reconnais bien va ! Signe particulier : un vilain bouton au coin du nez. Note : avec les nanas… ça t’a pas empêché de sauter sur les occases.

– Chut ! Voici Rosemary, mon épouse.

– Enchanté.

– Le grand échalas c’est Ronald, après, c’est Davis. Voici sa majesté Lizzie. Malgré son jeune âge, elle mène tout le monde par le bout du nez.

– Ça se voit, avec son air futé.

– Bonjour Nino.

– Jolie portée.

– Trois diables. Je vous sers un verre ?

– Merci Rosemary. Vous permettez que je vous appelle Rosemary ?

– Une orange pressée avec une goutte de gin.

– Oui… euh non. Donnez-moi plutôt un grand verre de votre bière locale, la « ginger ale »

Il regarde son ventre rond.

– Vous mijotez un quatrième diable ? Compliments. C’est pour quand ?

– Pour le mois d’août.

Après un coup d’oeil circulaire.

– Dis-donc Johnny, balaize ta chaumière et ta prairie à moutons, avec les amandiers fleuris. Joli ! Tu en as fait du chemin. Fils de cantonnier et de femme de ménage. Mauvais sujet en classe, tu t’es engagé dans l’armée. Une fois la guerre terminée. Pas fou !

– Comment vous savez, enfin comment tu l’as su.

– Comment ? Comment… je sais pas moi. Par des amis communs.

– Je ne connais plus personne du Bronx, depuis mon enfance et mon adolescence.

– C’est en parlant à droite et à gauche… à qui, je sais plus. Dis-moi plutôt, t’en as pas marre de tourner en rond dans un camp militaire ?

– Je suis peinard. Je ne dois rien à personne. Fonctionnaire d’Etat. La solde tombe tous les mois. Retraite assurée. J’ai une section sous mes ordres. C’est moi le chef. C’est pas West-Point, mais c’est à mon niveau. Je suis responsable, tu comprends. Si ça te dit…

– Levez les couleurs. Formez les faisceaux. Une deux, une deux. Pas pour moi. J’aimerais pas changer mes fringues de récupération, contre un uniforme. J’ai planté ailleurs mes santiags.

– Des contrats, dans le privé ?

Il sursaute : Oui… On peut dire ça.

– Regarde les photos. C’est nous en culottes courtes. Les parents n’avaient pas de quoi nous payer une école privée new-yorkaise. Tu te souviens de Bébé Rose ? Une remplaçante en tablier rose, mignonne, un brin potelée. C’était à qui glisserait sa main sous sa jupette.

– Je t’en prie… attention ! les enfants…

– Tu sais, aujourd’hui, les mouflets en savent plus que nous au même âge.

Et puis tu te souviens des bagarres. C’était pas du chiqué. On prenait les coups, on les rendait avec la valeur ajoutée. Des batailles rangées. Je t’ennuie pas.

– Non, non. Y’a simplement qu’on se préparait à partir. Ho ! vous autres, restez pas les bras ballants.

– Vous prenez pas le train. Et puis je vais vous aider. T’inquiète. Où j’en étais ? Ah oui ! Y’avait le quartier des yankees, le quartier des ritals. Probable qu’on s’est frittés tous les deux.

– Possible, je ne me souviens pas.

– Et puis le quartier juif. La tribu des queues coupées. Un jour on en a chopé un. Il a rien compris. Un jeune circoncis, le dénommé Rosenthal, Josuah de son prénom.

– Sois léger. Lève le pied, s’il te plaît.

– Y’a rien de mal. C’est si loin. Des farces de sales gosses.

– Oui, mais celle-là.

– T’as raison. C’était moche. On l’avait ficelé, emmené dans une cave. Et là on lui avait lu son acte d’accusation : « Citoyen Josuah Rosenthal vous êtes accusé de délation et de félonie envers la communauté des jeunes du Bronx. Vous avez dénoncé vos camarades de vols à l’arraché, de violences sur des personnes âgées, d’attaques de devantures, de revente de poudre. »

Il avait beau gueuler. C’est pas vrai. C’est pas vrai. Oui j’ai été dans un commissariat, c’était pour régulariser des papiers. Je suis innocent.

– En conséquence, nous vous condamnons.

– Arrête ? A quoi ça sert tout ça.

– Nous vous condamnons à la peine de mort.

– Nino, on a plus beaucoup de temps.

– On lui a bandé les yeux, on l’a fait mettre à genoux, on lui a posé un fil mouillé sur la nuque. C’était pour rigoler.

Johnny baisse la tête. Après un silence :

– Seulement, après il est mort d’un arrêt du cœur.

– Je me demande si c’était une bonne idée.

– Quoi, tout ça ?

– Que tu sois venu.

– Oh là là !

– Un accident. Une farce qui a mal fini. Et puis c’était quand même un sale petit cafteur. Bon, je vais vous aider à charger la charrette.

Nino s’approche de la Landrover. Il flatte la « bête » de la main.

– Belle bête, plutôt sexy. On peut toucher.

– C’est pas le charriot des chercheurs d’or du Far West. Pourtant c’était bien pratique pour y charger leur fourniment. Mais là, vous aurez du mal. Vous croyez vraiment qu’on pourra tout caser. Va falloir en coller sur le toit. Ouâââh ! ça arrache le bras. Pas vrai, y’a des lingots là dedans.

Simple précaution, je vais vérifier la pression des pneus et les niveaux. Voilà. J’ai toujours rêvé de conduire une « Land ». Tu permets que je fasse un tour.

– Oui mais sois pas trop long.

A son retour, Nino fait ses adieux.

– Ciaô ! Bisous les mioches.

Il remonte dans la Chevrolet qui renâcle au démarrage, puis s’éloigne dans un nuage. Les trois enfants prennent place à l’arrière de la Land Rover. Le moteur rugit, le véhicule enfile la voie rapide, au rythme d’un « gimmick » d’Elvis Presley. Soudain, devant eux, un poids lourd au derrière nauséabond.

Le frein ne répond pas. La Land déboite, frôle une voiture qui file dans l’autre sens, les deux rétros arrachés. A cause de la circulation, Johnny a du mal à se rabattre.

– Qu’est-ce que tu fais ? Tu deviens fou.

– Je ne sais ce qui se passe. La pédale de frein est toute molle.

La « Land » zigzague entre les klaxons hurlants. Rien ne peut l’arrêter. Une haute paroi rocheuse se jette au-devant d’elle.

– Freine ! mais freine donc !

– Impossible !

– Ton frein à main.

– C’est pareil.

Dans un bruit de ferraille, le côté conducteur râpe la falaise de granit, la caisse rebondit, va dans tous les sens comme dans un jeu de voitures pour enfants. Les cris de terreur s’entendent tout le long de la route. La course folle trouve sa fin, quand le véhicule, dans un choc effroyable, pris en étau, s’aplatit comme une galette entre deux camions qui roulent en sens inverse.

va s’encastrer jusque sous le camion.