Dévoilement

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304 pages
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« Vingt-cinq ans révolus et célibataire, telle est ma situation. La solitude me pèse. Je me sens seule, très seule. Je suis mal dans ma peau. J’ai de plus en plus souvent l’impression d’être si étrangère à ma propre personne ! Dans ces moments, vivre devient un supplice. Je passe des heures à broyer du noir. Pas d’homme dans ma vie. Je vis un dilemme. Il arrive que les hommes m’attirent, mais ils me font peur. Il ne se passe rien dans ma petite et minable existence. »

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Date de parution 01 octobre 2017
Nombre de visites sur la page 11
EAN13 9782369970293
Langue Français

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Dévoilement
CAMARA Nangala
Dévoilement
e 2 édition
Africa Reflets Éditions 01 BP 3648 Abidjan 01 E-mail : areflets.editions@yahoo.
Couverture :ARE / SILUÉ I. Kassem Maquette& mise en page :KOUASSI K. Marc / OUATTARA Awa Suivi éditorial :OZÉ G. Roger
e © Africa Reflets Éditions, 4 ISBN : 978-2-36997-029-3
trimestre 2017
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous les pays.
Du même auteur
Romans Le printemps de la liberté La ronde des hyènes Tourbillon L’autre versant La Nouvelle conscience
Recueils de nouvelles Histoire de fous Révélation Symphonies de l’enfer
Recueils de poésie Mélancolie Monotonie Chants incantatoires Amarres rompues
Partie 1
1
V ingt-cinq ans révolus et célibataire, telle est ma situation. La solitude me pèse. Je me sens seule, très seule. Je suis mal dans ma peau. J’ai de plus en plus souvent l’impression d’être si étrangère à ma propre personne ! Dans ces moments, vivre devient un supplice. Je passe des heures à broyer du noir. Pas d’homme dans ma vie. Je vis un dilemme. Il arrive que les hommes m’attirent, mais ils me font peur. Il ne se passe rien dans ma petite et minable existence. Un rayon de soleil s’est tout de même invité dans la grisaille et la monotonie de ma vie. J’ai décroché ce jour mon premier emploi. L’événement a eu lieu cet après-midi : j’ai signé un contrat à durée indéterminée, en qualité d’agent comptable. L’entreprise qui m’a offert un stage pratique de fin de formation a décidé, en définitive, de m’embaucher. Grande est ma joie, tout un chacun s’en doute bien. Mon étoile brille de tout son éclat, au regard du contexte économique des plus désastreux qui étouffe le pays. Je suis plutôt renfermée de nature. Mon enfance et mon adolescence sont pour beaucoup dans mon trait de caractère. Des circonstances d’une extrême gravité ont émaillé et bouleversé ma vie. Elles m’ont métamorphosée en un être fragile et angoissé. Je dois ces désagréments à mon ascendance. Ce sont des problèmes dont il me répugne de parler. J’ai horreur de m’épancher. Peut-être qu’un de ces jours aurai-je le courage d’évoquer plus longuement mon passé.
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Je loue un tout petit studio dans une sorte de foyer pour jeunes filles. Les mauvaises langues racontent qu’il s’agit d’une manière de cachette pour vieilles demoiselles qui ont du mal à se caser. J’aurais pu habiter ailleurs. Je ne sais pas moi-même pourquoi j’ai jeté mon dévolu sur ce petit immeuble de trois étages. Peut-être parce que je voulais vivre au milieu de jeunes femmes de même condition que moi. Peu après mon installation, j’ai constaté que de nombreux commérages circulaient dans le hall et sur les paliers. Mon naturel réservé m’évite de me retrouver mêlée aux scandales qui n’ont de cesse de secouer notre petite communauté. Rentrée du bureau ce soir, j’ai appelé une amie qui m’est chère. Elle se prénomme Martine. Elle réside dans ma ville natale, à quatre cents kilomètres d’ici. Je lui ai annoncé la bonne nouvelle. À ses exclamations de joie, j’ai senti mon cœur battre au rythme d’une douce musique. Je sais combien elle m’aime et se fait du souci pour moi. Qui mieux que Martine aurait pu partager avec moi ce moment important de ma vie ? J’aurais tant aimé l’avoir à mes côtés en ces instants où l’avenir déploie majestueusement ses ailes. Ses yeux s’illuminent de mille constellations chaque fois que le bonheur sourit à un de ses proches. Martine aurait plongé son regard dans le mien, un sourire lumineux en fleur sur les lèvres. Elle m’aurait prise avec effusion dans ses bras et m’aurait dit : « La vie sourit toujours à qui sait attendre son heure. Dieu a un plan pour chacun de ses enfants. ». J’ai ensuite annoncé la nouvelle à Antoinette, ma tutrice. Elle est la sœur de Martine. Elle est installée depuis quelques années dans la région septentrionale du pays. Elle aussi m’a exprimé, en des termes choisis, sa joie et son bonheur de me savoir enfin embauchée. Elle n’a guère dérogé à son habitude. Elle a pris son temps pour me prodiguer de précieux conseils. Elle m’a recommandé entre autres, avec insistance, de me montrer respectueuse à l’égard de la hiérarchie, de cultiver le goût du travail bien fait, d’observer strictement les délais qui me sont prescrits pour accomplir mes tâches et de vouer beaucoup de respect à mes collègues. Je suis très reconnaissante à Martine et à Antoinette pour l’affection qu’elles me témoignent.
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