Dictionnaire des écrits de l'Ontario français

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Le Dictionnaire des écrits de l’Ontario français (1613-1993) est l’aboutissement d’une entreprise lancée en 1982 par un collectif de chercheurs de Sudbury. Publiée en l’année du 400e anniversaire de la présence francophone en Ontario, il recense tous les ouvrages autonomes parus en français, depuis le Quatriesme voyage du Sr. de Champlain [...] en la Nouvelle France, fait en l’année 1613, jusqu’aux écrits beaucoup plus nombreux de l’année 1993.
Le Dictionnaire des écrits de l’Ontario français (1613-1993), c’est ainsi la somme de tous les écrits connus de la langue française dont l’auteur est né en Ontario ou y a vecu et publié ou ayant l’Ontario comme sujet.
Le Dictionnaire des écrits de l’Ontario français (1613-1993), c’est aussi la première lecture intégrale de quatre siècles d’écriture en français dans tous les domaines des sciences humaines soit 2 537 écrits imprimés de 1613 à 1993 par 1000 auteurs et présentés en un dictionnaire alphabétique et encyclopédique.
Le Dictionnaire des écrits de l’Ontario français (1613-1993), c’est encore le fruit de la rédaction collégiale de 166 collaborateurs, un outil de référence unique pour les Franco-Ontariens et un guide indispensable pour les chercheurs de la francophonie.
Le Dictionnaire des écrits de l’Ontario français (1613-1993), c’est enfin un répertoire des auteurs et leurs écrits, une première bibliographie des écrits franco-ontariens, un index des milliers de personnages et de lieux cités dans les écrits et un tremplin transdisciplinaire pour de nouvelles recherches.

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Date de parution 15 janvier 2011
Nombre de visites sur la page 28
EAN13 9782760319363
Langue Français

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DICTIONNAIRE
DES ÉCRITS
DE L’ONTARIO FRANÇAIS
1613-1993
sous la direction
de
GAÉTAN GERVAIS et JEAN-PIERRE PICHETTE
Ottawa
Les Presses de l’Université d’Ottawa
2010
01 Introduction I a XXXV V10f 1 9/17/10, 11:16 AM01 Introduction I a XXXV V10f 2 9/17/10, 11:16 AMÉQUIPE DU DICTIONNAIRE
Direction
GAÉTAN GERVAIS, Université Laurentienne
(codirecteur depuis 1982)
JEAN-PIERRE PICHETTE, Université de Sudbury/Université Sainte-Anne
(1982-1984 ; codirecteur depuis 1985)
Adjoints
†FERNAND DORAIS , Université Laurentienne
(codirecteur 1982-1984 ; 1985-1995)
†YVES LEFIER , Université Laurentienne (depuis 1982)
†RENÉ DIONNE , Université d’Ottawa (depuis 1987)
Membres
BENOÎT CAZABON, Université Laurentienne (1982-1987)
RENÉ CHAMPAGNE, Université de Sudbury (1982-1987)
†ANDRÉ GIROUARD
†ROBERT TOUPIN
Responsables de sections
Conte, nouvelle / AURÉLIEN BOIVIN, Université Laval
Éducation / YVON GAUTHIER, Université Laurentienne
Ethnologie / JEAN-PIERRE PICHETTE, Université de Sudbury
Études littéraires / MICHEL LORD, Université de Toronto
Histoire / GAÉTAN GERVAIS
Linguistique / BENOÎT CAZABON, Université d’Ottawa
Périodiques / LIONEL BONIN, Université Laurentienne
Philosophie / LUCIEN PELLETIER, Université de Sudbury
†Poésie / RENÉ DIONNE , Université d’Ottawa
Roman / MICHELINE TREMBLAY
Sciences religieuses / GUY BONNEAU, Université de Sudbury
Sciences sociales / SIMON LAFLAMME, Université Laurentienne
Théâtre, essai / GEORGES BÉLANGER
†Voyages / YVES LEFIER
01 Introduction I a XXXV V10f 3 9/17/10, 11:16 AMTable des matières
AVANT-PROPOS VII
INTRODUCTION IX
REMERCIEMENTS XXV
NOTICE D’EMPLOI XXXI
TABLE DES SIGLES XXXIII
DICTIONNAIRE ALPHABÉTIQUE DES ÉCRITS DE L’ONTARIO FRANÇAIS
A 1
B 89
C 115
D 221
E 271
F 327
G 365
H 379
I 423
J 445
K 469
L 471
M 503
N 571
O 599
P 623
Q 709
R 719
S 775
T 831
U 869
V 901
W, X, Z 949
APPENDICES
A – RÉPERTOIRE DES AUTEURS ET DE LEURS ÉCRITS 953
B – COLLABORATEURS ET COLLABORATRICES 1013
C – TABLE BIBLIOGRAPHIQUE 1027
D – INDEX ONOMASTIQUE 1037
01 Introduction I a XXXV V10f 5 9/17/10, 11:16 AM01 Introduction I a XXXV V10f 6 9/17/10, 11:16 AMAvant-propos
eL’année 2010 marque le 400 anniversaire de la recherche disponibles. Cette étape indispensable
présence française en Ontario et rappelle l’arrivée a permis de définir les paramètres du projet, de
répertorier les « auteurs franco-ontariens » et deen 1610 d’Étienne Brûlé, inaugurant ainsi ce
qu’on désigne maintenant comme l’histoire recenser les périodiques de l’Ontario français.
franco-ontarienne. En parfait synchronisme avec La deuxième phase (1986-1993) débuta
quand la ministre de la Culture de l’Ontarioces commémorations, cette date coïncide avec
l’achèvement d’un ambitieux projet, modeste- attribua officiellement à ce projet un octroi
excepment lancé en 1982 par une équipe de chercheurs tionnel que l’équipe réussit à apparier, après bien
des désagréments, en 1993. C’est alors que lede l’Université Laurentienne de Sudbury : le
Dictionnaire des écrits de l’Ontario français. travail de rédaction put enfin commencer selon
Ce Dictionnaire des écrits de l’Ontario une formule légèrement modifiée.
La troisième phase (1993-2009) fut consacréefrançais recense, par des articles descriptifs, tous
les ouvrages autonomes parus en français, depuis à la recherche finale, c’est-à-dire à la cueillette
le Quatriesme voyage du Sr de Champlain des données biographiques sur les auteurs, au
dépistage de leurs écrits, à la confection des indexcapitaine pour le Roy en la marine, et Lieutenant
de Monseigneur le Prince de Condé en la utiles et à la mise à jour des écrits à recenser.
Nouvelle France, fait en l’année 1613, jusqu’aux Enfin, ce fut l’attribution de chacun des écrits à
plusieurs dizaines de rédacteurs chargés deécrits beaucoup plus nombreux de l’année 1993.
Pour cette période, on a dûment rassemblé tous condenser par une notice descriptive leur contenu
les écrits de langue française dont l’auteur est né dans ce dictionnaire. Pour ce faire, une dizaine
d’équipes d’assistants se sont relayés pouren Ontario, ou y a vécu et publié, ou qui ont
l’Ontario comme sujet. Le Dictionnaire des écrits soutenir le comité de direction et mener le projet
de l’Ontario français (1613-1993) compte préci- à bonne fin. Les dernières années ont été vouées
à l’examen critique de tout ce travail, à la recher-sément 2 537 œuvres, rédigées durant ces quatre
siècles par un millier d’auteurs et présentées dans che des données manquantes, à la composition
l’ordre alphabétique de leurs titres. Pour y parve- des annexes utiles pour la consultation, puis à la
saisie et à l’uniformisation du manuscrit.nir, l’équipe de direction a, pendant le quart de
siècle qu’a duré l’entreprise, traversé des périodes Que ce travail collectif de longue haleine,
diverses, parfois inquiétantes. dont la première saisie est livrée ici sous la forme
d’un dictionnaire, fasse mieux connaître à tous laLa première phase (1981-1986), celle de
l’élaboration du projet et de la composition de nature et l’ampleur du patrimoine des écrits de la
l’équipe, a été employée aux premières compila- francophonie ontarienne.
tions et au dépouillement des instruments de
01 Introduction I a XXXV V10f 7 9/17/10, 11:16 AM01 Introduction I a XXXV V10f 8 9/17/10, 11:16 AMIntroduction
Quand cessera-t-on de nous rebattre les oreilles avec des phrases comme les suivantes :
« la littérature franco-ontarienne est jeune »,
« il n’y a pas eu de prise de parole en Ontario français avant la décennie de 1970 »,
« l’institution littéraire est chose récente en Ontario français »,
« il n’y a pas eu d’éditeur franco-ontarien avant 1972 », etc. ?
1René Dionne
La grande aventure du Dictionnaire des écrits de experts en études franco-ontariennes se comptent
l’Ontario français (DÉOF) commença à Sudbury aujourd’hui par dizaines. On les trouve
doréen 1982. Elle s’achève maintenant, plus d’un quart navant dans la plupart des universités de cette
de siècle après son lancement, par la publication province : professeurs, chercheurs, étudiants,
d’un grand collectif, une première dans les annales auteurs d’articles, de thèses, de livres, affiliés à
ontariennes, qui a mis à contribution environ deux un centre de recherche, à une revue, à une société
cents collaborateurs. Cet ouvrage de consultation savante, parfois titulaires d’une chaire d’étude.
rassemble au-delà de 2 500 notices descriptives Ainsi, par leur enseignement, leurs recherches,
des imprimés, parus entre 1613 et 1993, qui leurs communications et leurs publications, ils
composent le répertoire des « écrits de l’Ontario font progresser les connaissances dans ce champ
français ». Par « écrit de l’Ontario français », il particulier. Bien entendu, les opinions varient d’un
faut entendre une œuvre autonome, publiée en spécialiste à l’autre, mais ils forment néanmoins
français et réputée franco-ontarienne soit par son une véritable communauté de chercheurs.
sujet, soit par son auteur, qui est né en Ontario ou C’est en constatant les lacunes en ce domaine
qui y a son lieu de travail ou de résidence ; il peut que les collègues qui allaient former l’équipe du
donc s’agir de livres, de brochures ou de DÉOF eurent l’idée de cette entreprise. Du point
périodiques. de vue de la recherche, les outils de travail de
À la réflexion, on pourrait affirmer que la base faisaient rudement défaut : il leur manquait
réalisation de ce projet répondait à deux grands des bibliographies, des anthologies, des
monoobjectifs : le premier, d’ordre politique, dans le graphies, des thèses, des revues, des études
sens noble du mot, visait à donner à la commu- collectives. Aussi, dès le départ, le DÉOF a-t-il dû,
nauté franco-ontarienne une présence publique, justement, réunir la documentation éparse afin de
tandis que le second, d’ordre scientifique, cher- compiler une indispensable banque de données
chait à favoriser les études sur l’Ontario français. comprenant au premier chef des listes d’œuvres
Le développement des études franco-ontariennes, à examiner et de nombreux dossiers
biograla création d’une communauté de chercheurs, la phiques ; puis, au fur et à mesure, on dressa des
définition d’un corpus des écrits de l’Ontario compilations thématiques d’ouvrages, telles les
français et, en fin de compte, la contribution à la anthologies, les manuels scolaires, les livres
lente affirmation de l’identité franco-ontarienne destinés à la jeunesse, les publications
gouverneexpriment le lien qui rattache l’objectif politique mentales, les traductions et d’autres. Ces
instruet l’objectif scientifique du projet de DÉOF. ments de recherche allaient se préciser et servir
Très peu nombreux dans les années 1970, les de guide pour la découverte des écrits de l’Ontario
français.
1. René Dionne, « 1910. Une première prise de parole collective en Ontario français », dans Cahiers Charlevoix 1,
Sudbury, Société Charlevoix et Prise de parole, 1995, p. 17.
01 Introduction I a XXXV V10f 9 9/17/10, 11:16 AMIntroduction X Dictionnaire des écrits
Étalé sur un quart de siècle, le Dictionnaire A. L’évolution récente de l’Ontario français
des écrits de l’Ontario français s’est réalisé en L’Ontario français connut d’autres mutations
trois grandes étapes. La première période (1982- d’importance. Au chapitre des droits scolaires par
1986), largement consacrée à la documentation exemple, les lois provinciales de 1968 et de 1969
et à la définition des paramètres du corpus, fut autorisèrent le financement public des écoles
suivie d’un temps de piétinement (1986-1993), françaises, et menèrent en 1969 à l’ouverture
attribuable au manque de financement, après quoi d’écoles publiques de langue française, tant au
l’obtention d’une subvention du gouvernement niveau primaire que secondaire. Cette même
ontarien permit la reprise des activités, la rédac- année fut aussi celle de la promulgation de la loi
tion des notices (1993-2009) et le toilettage du fédérale sur les langues officielles. Par la suite, la
manuscrit final. lente progression des services provinciaux en
français a amélioré la situation. Mais les
I –LE CONTEXTE FRANCO-ONTARIEN revendications pour obtenir des collèges et
DEPUIS 1960 universités de langue française et pour acquérir
la gestion des conseils scolaires tardèrent. EnL’Ontario français a subi, depuis un demi-siècle,
1977, la Fédération des francophones hors Québecde grandes transformations. Ce qui est ici
consipubliait un vaste plan de développement pourdéré, ce ne sont pas les quelque 12 % de la
popul’ensemble des communautés françaises dulation ontarienne qui ont de lointaines origines
Canada : Les Héritiers de lord Durham. La misefrançaises, mais plutôt les quelque 4,8 % qui
en œuvre de ce rapport par l’Associationforment aujourd’hui une communauté vivante de
canadienne-française de l’Ontario (ACFO) préparalangue française établie dans presque toutes les
le grand pas que fut la Loi de 1986 sur les servicesrégions de l’Ontario. Cette population
francoen français, dite « loi 8 ». Dans l’intervalle, lorsontarienne compte environ 600 000 personnes,
de la réforme constitutionnelle de 1982, leréparties principalement dans le Sud-Est, dans le
parlement fédéral adopta la Charte des droits,Nord-Est, dans le Sud-Ouest et, plus récemment,
garantissant le bilinguisme et, par la clause 23,dans la région métropolitaine de Toronto. Sur les
les droits scolaires. Les droits linguistiques de laplans culturel, scolaire et linguistique, rien n’a
minorité franco-ontarienne ont ainsi connu unplus affecté l’Ontario français que le
démemraffermissement certain à la faveur des jugementsbrement du Canada français. La dissolution de
de plusieurs cours, notamment la Cour suprêmeses nombreux liens, la fin de ses complicités
omnidu Canada, et abouti à la création des conseilsprésentes et le démantèlement de ses anciennes
scolaires homogènes de langue française en 1997.solidarités culturelles ont fortement contribué à
Depuis, la gamme des services en français dansl’éclosion d’une identité franco-ontarienne, un
les divers secteurs des services sociaux et commu-processus qui empruntait largement à des
mouvenautaires est en croissance, malgré certainsments similaires observés au Québec, en Acadie
retards. En effet, les atermoiements se perpétuent,et dans toutes les provinces. Face à une société
l’assimilation continue ses ravages et l’universitédéfaillante, un autre monde doit se construire ;
française se fait toujours attendre.l’Ontario français cesse alors d’être la partie
Néanmoins et inévitablement, le dévelop-ontarienne du Canada français pour devenir la
pement de la francophonie est désormais lié aupartie française de l’Ontario. C’est dans ce
sort de l’Ontario. Une reconnaissance provincialecontexte que les années 1970 verront les premiers
plus équitable a permis à la minorité de s’intégrerbalbutiements de l’affirmation culturelle, dont
mieux et davantage. Ce mouvement s’accom-l’explosion artistique sera la partie la plus visible
pagne d’une quête d’identité qui s’amplifie àet prendra son essor en même temps que
mesure que le temps avance.commencent les études franco-ontariennes.
01 Introduction I a XXXV V10f 10 9/17/10, 11:16 AMde l’Ontario français XI Introduction
Il est clair que ce contexte changeant, dans virage décisif : sous l’administration du regretté
les sphères tant politique que sociale et culturelle, Pierre Savard (1937-1998), son directeur entre
explique pour une bonne part la naissance et 1973 et 1985, le CRCCF modifia son orientation
l’histoire du Dictionnaire des écrits de l’Ontario pour accentuer sa vocation franco-ontarienne et
français, qui, en quelque sorte, prolonge une foule organiser pour consultation son fonds d’archives.
d’actions en cours dans tous les secteurs de la vie Ce mandat révisé explique le dépôt de riches
franco-ontarienne. À la fois acteur et observateur, collections d’organismes franco-ontariens et aussi
le DÉOF représente l’effort de la communauté des son rôle dans la recherche. On peut voir un autre
chercheurs pour exprimer la collectivité française signe de cet intérêt nouveau dans la création à
de l’Ontario. Sudbury de l’Institut franco-ontarien (IFO). Fondé
en 1976 par un groupe de professeurs de
B. Les études franco-ontariennes l’Université Laurentienne, l’IFO se proposait de
L’intérêt pour les études franco-ontariennes est recueillir de la documentation sur les
Francoun phénomène récent dont les premières expres- Ontariens, d’engager des recherches et d’assurer
sions véritables remontent au milieu des années leur diffusion par la publication ; on lui doit
1970. Néanmoins, on en trouve les premiers pas l’organisation de plusieurs colloques et la création
dans les publications d’histoire publiées depuis en 1978 d’un périodique, toujours actif, voué
un siècle. Plusieurs historiens se sont intéressés spécifiquement aux travaux en études
francoaux religieux de l’Ontario français. Le jésuite ontariennes, la Revue du Nouvel-Ontario (RNO).
Lorenzo Cadieux, fondateur à Sudbury de la Entre 1976 et 1981, on forma le Groupe
interuniSociété historique du Nouvel-Ontario, donna versitaire d’études des réalités franco-ontariennes
l’impulsion à ces recherches par la création de la (GIÉFO), un rassemblement de professeurs animé
collection des « Documents historiques » en principalement par René Dionne, qui mena à la
31942 ; l’oblat Gaston Carrière fit de même à création des premiers cours universitaires : la
Ottawa par ses dépouillements bibliographiques Laurentienne dispensa des leçons en histoire, en
et son dictionnaire biographique de ses confrères linguistique et en littérature franco-ontariennes,
oblats. et l’Université d’Ottawa se spécialisa en «
littéMais un enchaînement d’événements jalonna rature outaouaise et franco-ontarienne ». Il en
le développement de ce secteur qui allait occuper résulta un nombre croissant d’études, de
méune place grandissante dans l’enseignement moires et de thèses, d’articles, de livres, de
collecprimaire, secondaire et universitaire. Il semble tifs et de publications diverses qui parurent
bien que le Rapport Saint-Denis sur les arts en régulièrement sur l’Ontario français. Ce champ
Ontario français, déposé en 1969 – qui recom- de recherche gagnait peu à peu sa place dans la
mandait que les deux universités bilingues, sphère éthérée de l’enseignement universitaire,
l’Université d’Ottawa et l’Université Laurentien- longtemps réfractaire aux réalités
francone, assurent « la publication des œuvres des écri- ontariennes.
2vains et des chercheurs franco-ontariens » –, ne La nécessité d’asseoir cette identité sur des
resta pas lettre morte. connaissances mieux étoffées s’est donc très tôt
Peu après, les études franco-ontariennes fait sentir et certains éléments furent intégrés au
trouvaient officiellement une niche dans les vues programme d’enseignement primaire dès ce
universitaires. Le Centre de recherche en civili- moment, tandis qu’on lança, pour le secondaire,
sation canadienne-française (CRCCF), fondé à des ouvrages pédagogiques, tels les cahiers de la
l’Université d’Ottawa en 1958, prit en 1973 un collection d’études régionales « Pro-F-Ont »
2. Recommandation 52 (p. 229) dans « La Vie culturelle des Franco-Ontariens. Rapport du comité franco-ontarien
d’enquête culturelle » [présidé par Roger Saint-Denis], Ottawa, janvier 1969, [259 p.].
3. René Dionne, « Deux années d’enseignement universitaire des réalités franco-ontariennes », dans Bulletin du Centre
ode recherche en civilisation canadienne-française n 18, avril 1979, p. 1-4.12
01 Introduction I a XXXV V10f 11 9/17/10, 11:16 AMIntroduction XII Dictionnaire des écrits
(« Projet franco-ontarien ») ou les volumes de la souhaitait beaucoup l’avènement d’un
dictionsérie « DOPÉLFO » (« Documents pédagogiques en naire franco-ontarien des œuvres littéraires sur ce
langue française pour l’Ontario ») en 1980. modèle dont les premiers volumes venaient de
À cette époque, des maisons d’édition virent paraître. En effet, depuis la réédition du premier
4aussi le jour et publièrent des œuvres littéraires, tome, paru en 1978, et la publication du deuxième
7des ouvrages pédagogiques et, à l’occasion, des en 1980 , germait l’idée qu’un outil de recherche
études savantes. On faisait aussi grand bruit autour de ce type, fondé sur des connaissances sûres,
des formidables enquêtes orales du père Germain rendrait de grands services aux chercheurs, de plus
Lemieux et de son Centre franco-ontarien de en plus nombreux, qui s’intéressaient à l’Ontario
folklore (CFOF), institué officiellement en 1972, français. Il fut donc convenu de réunir sans délai
et dont la monumentale collection Les vieux m’ont quelques collègues pour en discuter. En vue de
conté commença à paraître chez Bellarmin en cette rencontre, le professeur Dorais mit par écrit
1973. un premier document, « Projet d’un Dictionnaire
Le développement des études franco- des œuvres franco-ontariennes », dans lequel il
ontariennes se manifesta dès lors régulièrement précisait que le DOLQ devait fournir « le but et le
sur plusieurs fronts, en parallèle souvent. Les sens du projet » et il proposait une nuance entre
5travaux se sont multipliés dans les années 1980 « œuvre littéraire » et « ouvrage historique ». Ce
8et de nouveaux groupes de chercheurs ont voulu document fut distribué peu après .
s’associer de diverses façons en vue de
promou6voir ce domaine particulier . B. Le lancement du projet
La « première réunion » du comité du
DictionII –L’ENTHOUSIASME DES DÉBUTS (1982) naire des œuvres littéraires et historiques de
l’Ontario français eut lieu le 17 février 1982 enA. L’étincelle
présence des deux promoteurs. La discussionPar leur qualité exemplaire, certains projets
porta d’abord sur « les critères d’inclusion » desd’érudition ont le pouvoir d’inspirer d’autres
œuvres : une publication, en français, en Ontario,chercheurs et de les inciter à l’action. C’est le cas
traitant de l’Ontario français. Le compte rendudu Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec
de la séance indique qu’on souhaitait rédiger une(DOLQ), la somme produite par une grande équipe
description du projet, constituer un comité dede lettrés travaillant sous la direction de Maurice
rédaction, trouver des sources de financement et,Lemire.
pour ce faire, aménager un échéancier détaillé.Au début de 1982, le professeur Fernand
Très rapidement, on se mit à l’œuvre. AinsiDorais, du département de français, et Gaétan
qu’on le voit dans une demande de fonds datéeGervais, alors directeur de l’enseignement en
du 8 mars 1982, on désigne déjà le projet par sonfrançais à l’Université Laurentienne, déploraient,
nom, le « Dictionnaire des écrits de l’Ontariodans les détours d’une conversation, les grandes
français », un choix qui sera définitif, puis onlacunes des études franco-ontariennes naissantes.
recrute une équipe de collègues pour composerLe premier, qui venait de collaborer au DOLQ,
4. D’abord Prise de parole (1973), le CFORP (1974), L’Interligne (1981), Éditions du Vermillon (1982) ; puis d’autres
suivront : Éditions du GREF (1984), Éditions du Nordir (1988), Centre FORA (1989), Éditions David (1993), Éditions du Chardon
bleu (1994), Éditions cantinales (1995).
5. Pour un bilan de ces recherches, voir Roger Bernard, Le Déclin d’une culture. Recherche, analyse et bibliographie.
Francophonie hors Québec 1980-1989. Vision d’avenir : Livre I, [Ottawa], Fédération des jeunes Canadiens français, « Vision
d’avenir », [1990], 198 p. ; Linda Cardinal et al., État de la recherche sur les communautés francophones hors Québec,
19801990, Ottawa, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, 1994, 198 p.12
6. Entre autres modes d’association, l’exemple de la Société Charlevoix est sans doute l’un des plus évidents : fondée en
1992 spécialement dans ce but, elle publie depuis 1995 les Cahiers Charlevoix, sous-titrés études franco-ontariennes.
e7. Maurice Lemire (dir.), Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec. Tome premier. Des origines à 1900, 2 édition
revue, corrigée et mise à jour, Montréal, Fides, [c1980], LXVI-927 p. ; Tome II. 1900-1939, [c1980], XCVI-1363 p.
8. Fernand Dorais, « Objet : Projet d’un Dictionnaire des œuvres franco-ontariennes », [Sudbury, Université Laurentienne],
février 1982, 3 p.
01 Introduction I a XXXV V10f 12 9/17/10, 11:16 AMde l’Ontario français XIII Introduction
le comité de rédaction. Le 25 mars suivant, la l’Ontario français est donc né en 1982, mais la
composition du premier « comité du diction- rédaction des notices ne commencera qu’en 1993.
naire » est connue : Fernand Dorais se désigne C’est dire que la première année, marquée par la
comme directeur, fait de Gaétan Gervais le co- ferveur des débuts, sera suivie de nombreuses
directeur et d’Yves Lefier, littéraire, le secrétaire autres, souvent heureuses, parfois pénibles, dont
général, les autres membres étant Benoît Cazabon, l’histoire sur trois décennies se raconte en trois
linguiste, René Champagne, philosophe, et l’his- temps : une période de documentation
(1982torien Robert Toupin ; chacun apportait ses 1986), une période de piétinements financiers
compétences particulières, mais essentiellement (1987-1993) et une période de rédaction
(1993en littérature et en histoire. Une petite subvention, 2009).
acquise du bureau des études supérieures de
l’Université Laurentienne, permit l’installation du III –LA DOCUMENTATION ET L’ÉLABORATION
DU PROJET (1982-1986)premier secrétariat.
Le comité du dictionnaire connut plusieurs A. Les outils de recherche
mois d’inévitables tâtonnements, au cours Quand le projet prit forme, en 1982, l’absence de
desquels il se pencha longuement sur la définition bons instruments de recherche posa une difficulté
de termes élémentaires, comme « écrit », ou sur majeure. On ne trouvait en fait que deux
biblioles limites de « l’Ontario français ». Ce travail de graphies d’envergure concernant spécifiquement
maturation, découlant de la volonté de mieux l’Ontario français : celle de Benjamin Fortin et
cerner l’objet de la démarche, devait permettre à Jean-Pierre Gaboury, la Bibliographie analytique
9l’équipe d’élaborer son plan pas à pas. Après une de l’Ontario français, compilée en 1975 , et celle
deuxième réunion, le 2 juillet 1982, le comité, de René Dionne, Bibliographie de la littérature
10augmenté d’un septième membre, le littéraire outaouaise et franco-ontarienne, parue en 1978 .
André Girouard, décidait de mettre en branle le Deux colloques, en 1974 et en 1977, avaient aussi
11projet. La composition multidisciplinaire de fait le point sur certains aspects de la recherche ,
l’équipe devait donner son orientation particulière mais on ne disposait alors ni de bibliographies
au projet. Si d’abord certains pensaient faire du appropriées, ni de répertoires biographiques, ni
dictionnaire le pendant franco-ontarien du DOLQ, de synthèses dans des secteurs clés comme
l’hisd’autres souhaitaient embrasser tout le corpus toire, la géographie, l’ethnologie, la musique,
intellectuel des sciences humaines. L’idée de l’éducation, la sociologie, la philosophie et la
réunir toutes les disciplines dans le projet du DÉOF théologie par exemple. Pour prolonger ces travaux
rallia finalement tout le monde ainsi que le montre pionniers, prémices d’un chantier nouveau,
la circulaire du 28 juillet 1982. Par celle-ci, le l’équipe du DÉOF dut consentir les efforts obligés
comité lançait un appel à la communauté des des commencements. Où trouver, par exemple,
chercheurs et, par des réunions mensuelles, il des répertoires d’auteurs et de leurs écrits, ou
entreprenait l’inventaire des œuvres et des auteurs encore une liste convenable des brochures, des
de son ressort, et la compilation d’une liste des revues et des journaux publiés en français en
collaborateurs en vue de la rédaction des articles. Ontario, ou même un inventaire des divers fonds
Le projet de Dictionnaire des écrits de de bibliothèques et d’archives ? Tout au long du
9. Benjamin Fortin et Jean-Pierre Gaboury, Bibliographie analytique de l’Ontario français, Ottawa, Éditions de
l’Université d’Ottawa, « Cahiers du Centre de recherche en civilisation canadienne-française » 9, 1975, XII-236 p.
10. René Dionne, Bibliographie de la littérature outaouaise et franco-ontarienne, Ottawa, Centre de recherche en civilisation
ecanadienne-française, 2 édition révisée et augmentée, « Documents de travail du Centre de recherche en civilisation
canadiennefrançaise » 10, 1981, VIII-204 p. [Première édition : 1978, 91 p.].
11. Actes du colloque sur la situation de la recherche sur la vie française en Ontario. Tenu à l’Université d’Ottawa les 28
et 29 novembre 1974. Avant-propos de Pierre Savard, Montréal, Association canadienne-française pour l’avancement des sciences
(ACFAS), et Ottawa, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, 1975, [II]-280 p. ; Actes du colloque sur les archives
et recherches régionales au Canada français tenu à l’Université d’Ottawa les 17 et 18 février 1977, Ottawa, Association
canadienne-française pour l’avancement des sciences/Centre de recherche en civilisation canadienne-française, 1977, 169 p.
01 Introduction I a XXXV V10f 13 9/17/10, 11:16 AMIntroduction XIV Dictionnaire des écrits
projet, la documentation constitua une embûche finalement à définir sa nature et à en préciser les
incessante, les études étant rares, les recherches critères d’admission et d’exclusion.
difficiles et les résultats souvent décevants. En
somme, en l’absence d’instruments de recherche C. Les biographies
exhaustifs consacrés à l’Ontario français, l’équipe Un deuxième volet documentaire devait
confirles constituerait de bout en bout. Ensuite, viendrait mer la pertinence de l’inscription d’un écrit au
le temps de repérer les écrits, de les examiner en dictionnaire. Il s’agissait de réunir des données
relation avec leur pertinence pour le projet avant biographiques de base sur chacun des auteurs
de les attribuer à des rédacteurs. retenus, soit par des recherches en bibliothèque,
soit par la correspondance avec les auteurs
B. La bibliographie vivants. L’équipe a ainsi regroupé dans une série
On s’affaira d’abord à bâtir le répertoire des de dossiers les renseignements obtenus et leurs
« écrits de l’Ontario français ». Assistée de sources, les dates extrêmes, la formation, la
carrecherchistes, main-d’œuvre nécessaire à laquelle rière, les écrits de l’auteur, et en outre, élément
furent affectées les premières subventions, capital, la période de temps passée en Ontario.
l’équipe entreprit le dépouillement systématique Au total, ce sont les écrits d’environ 900 auteurs
de toutes les bibliographies disponibles, du et 100 coauteurs qui figurent au dictionnaire, mais
Canada français comme de l’Ontario, la consul- les fichiers contiennent aussi des données sur ceux
14tation en bibliothèque des fichiers, ouvrages ou qui n’ont pas été retenus . L’équipe avait
d’ailétudes, la fouille par ordinateur des catalogues et leurs projeté de publier au préalable un «
Dictionbanques de données reconnues, y compris l’inven- naire biographique des auteurs de l’Ontario
taire des notes diverses accumulées par les français », basé sur ces dossiers et d’y présenter
membres du comité, pour en extraire tous les titres la biobibliographie de chacun. Ce projet n’ayant
qui, de près ou de loin, pouvaient avoir un rapport pu se réaliser, il a fallu fournir ces éléments,
avec l’Ontario français. Ce ratissage préliminaire réduits au strict minimum, dans un appendice à
15procura au comité une volumineuse documen- cet ouvrage . En le parcourant, le lecteur se rendra
tation dont il tira ses premiers outils de travail : compte des difficultés que l’équipe a éprouvées
une Liste des bibliographies pour l’étude de pour parvenir à rassembler, de façon un peu
12l’Ontario français , un catalogue général des uniforme, les données biographiques de base de
écrits disponible dans des versions alphabétique, ses auteurs.
thématique et chronologique, un fichier de tous
les auteurs retenus et une liste des périodiques D. La consultation des chercheurs
(journaux, revues, bulletins). En outre, des Ces séries documentaires sont le fruit de quatre
membres du comité entamèrent la préparation de années d’efforts collectifs et de centaines de
répertoires bibliographiques dans leur discipline réunions régulières des membres du comité afin
13propre . C’est au cours de cette longue démarche d’élaborer le projet et de mettre en œuvre le
que le comité aura saisi la véritable envergure de Dictionnaire des écrits de l’Ontario français.
son projet et, par les nombreuses discussions que Après la première année de travail et l’examen
l’examen de ces écrits engendra, qu’il en arriva de chaque titre repéré selon les critères à l’essai,
12. Sudbury, DÉOF, 1984, II-48 p. Ce document, mis à jour, forme l’Appendice C de ce dictionnaire.
13. Plusieurs en ont publié les résultats : Jean-Pierre Pichette, Répertoire ethnologique de l’Ontario français. Guide
bibliographique et inventaire archivistique du folklore franco-ontarien, [Préface de René Dionne], Ottawa, Presses de l’Université
d’Ottawa, « Histoire littéraire du Québec et du Canada français » 3, 1992, X-230 p. ; Georges Bélanger, « Bibliographie du
théâtre franco-ontarien », dans Jeu 73, 1994, p. 73-78 ; Yves Lefier, L’Ontario français : 1613-1995. Réalités et fiction. Répertoire
chronologique commenté de textes concernant l’Ontario. Récits de voyage et de séjour – Descriptions – Fiction, [Sudbury],
Institut franco-ontarien, « Collection universitaire : Série Référence », 1996, 1040 p. ; Gaétan Gervais, « Les Études
francooontariennes. Bibliographie (1990-2000) », dans Revue du Nouvel-Ontario n 25, 2001 [2000], p. 99-183.
14. La règle du comité étant de ne rien détruire, le grand fichier du DÉOF contient tout ce qui a été recueilli, que la
référence s’avérât pertinente au projet ou non.
15. Appendice A, « Répertoire des auteurs et de leurs écrits (par ordre chronologique avec justification) ».
01 Introduction I a XXXV V10f 14 9/17/10, 11:16 AMde l’Ontario français XV Introduction
on ressentit le besoin de consulter des chercheurs comme elle l’a fait encore de ces grandes
entrechevronnés. En effet, tout au cours de cette phase prises de compilation qui, en cours de route, ont
documentaire, le comité a eu le souci d’obtenir éclairé sa démarche : le Dictionnaire des auteurs
l’avis d’experts intéressés et compétents. En plus de langue française de l’Amérique du Nord de
20de communiquer personnellement avec certains Réginald Hamel, John Hare et Paul Wyczynski ,
d’entre eux par les voies habituelles (courrier, le Dictionnaire de l’Amérique française du
collec21 téléphone, etc.), le comité organisa, le 8 novembre tif dirigé par Pierre Savard ou, plus tardivement,
1983, une première consultation importante le Dictionnaire des artistes et des auteurs
franco22auprès d’une vingtaine de spécialistes pour les phones de l’Ouest canadien de Gamila Morcos .
16inviter à commenter la marche du projet . Une Avec cette documentation comme point de
deuxième réunion de même nature eut lieu le départ, le comité allait pouvoir donner un cadre
er1 novembre 1985. Toutes ces consultations ont définitif à son projet et en préciser les critères
d’une part conforté l’équipe dans l’à-propos de avant de s’engager dans la recherche de
son projet et d’autre part favorisé sa continuation financement.
par les suggestions et commentaires obtenus.
Parallèlement aux activités collectives des IV –LES PARAMÈTRES DU CORPUS (1986)
membres du DÉOF, d’autres universitaires ont En 1982, on ne pouvait vraiment estimer
l’amproduit, depuis vingt ans, des études disci- pleur du corpus des écrits de l’Ontario français :
plinaires, comme les travaux érudits de René se composait-il de douzaines, de centaines ou de
17 Dionne dans le champ littéraire et la compilation milliers de titres ? C’est dire l’indigence des outils
18moins rigoureuse de Paul Gay , avec des bilans de recherche et la méconnaissance qui régnait en
généraux dans différents secteurs de la recherche, ce domaine, l’appartenance géographique de
lors de colloques organisés à Ottawa et à Toronto nombreux écrits n’étant pas toujours connue ou
19entre 1984 et 1995 . L’équipe en a fait son profit claire. La délimitation du corpus aura été, en fin
16. Outre les membres de l’équipe de direction, ont participé à cette journée Aurélien Boivin (Dictionnaire des œuvres
littéraires du Québec, Université Laval), René Dionne (professeur de littérature à l’Université d’Ottawa), François Paré (professeur
de littérature à l’Université de Guelph), Gaetan Vallières (historien, directeur général de l’Association des études canadiennes),
ainsi que plusieurs professeurs de l’Université Laurentienne : Georges Bélanger (littérature), Lionel Bonin (bibliothéconomie),
Donald Dennie (sociologie), Robert Dickson (littérature), Laure Hesbois (littérature) et Robert Toupin (histoire) ; et Jean-Pierre
Pichette (ethnologie) de l’Université de Sudbury. Par ailleurs, Pierre Savard, le directeur du Dictionnaire de l’Amérique française
offrit généreusement d’en mettre les dossiers à notre disposition.
17. René Dionne, Anthologie de la littérature franco-ontarienne des origines à nos jours. Tome I. Les Origines
françaises (1610-1760) / Les Origines franco-ontariennes (1760-1865), Sudbury, Prise de parole, « Histoire de la littérature
francoontarienne », 1997, 592 p. ; id., ome II. La Littérature
des fonctionnaires (1865-1910), Ottawa, Vermillon, « Essais et recherches » 10, 2000, 380 p. ; id., Anthologie de la poésie
franco-ontarienne des origines à nos jours, [Sudbury], Prise de Parole, 1991, 223 p. ; id., Histoire de la littérature
francoontarienne des origines à nos jours. Tome I. Les Origines françaises (1610-1760) / Les Origines franco-ontariennes
(17601865), Sudbury, Prise de parole, « Histoire de la littérature franco-ontarienne », 1997, 363 p. ; id., Histoire de la littérature
franco-ontarienne des origines à nos jours. Tome II. La Littérature des fonctionnaires (1865-1910), Ottawa, Vermillon, « Essais
et recherches » 9, 2000, 388 p.
18. Paul Gay, La Vitalité littéraire de l’Ontario français. Premier panorama, Ottawa, Éditions du Vermillon, « Paedagogus »
1, [c1986], 239 p.
19. Pour ces bilans, voir État de la recherche sur les communautés francophones hors Québec. Actes du premier colloque
national des chercheurs. Ottawa, 9, 10 et 11 novembre 1984, avant-propos de Clinton Archibald, Ottawa, Fédération des
Francophones hors Québec, [1985], [viii]-107 p. ; Yolande Grisé [dir.], États généraux de la recherche sur la francophonie à
l’extérieur du Québec. Actes du colloque tenu à Ottawa les 24, 25 et 26 mars 1994, [Ottawa], Presses de l’Université d’Ottawa,
« Actexpress », 1995, 283 p. ; Jacques Cotnam, Yves Frenette et Agnès Whitfield [dir.], La Francophonie ontarienne. Bilan et
perspectives de recherche, [Ottawa], Le Nordir, [c1995], 364 p.
20. Réginald Hamel, John Hare et Paul Wyczynski, Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord,
[Montréal], Fides, [c1989], XXVI-1364 p.
21. Charles Dufresne, Jacques Grimard, André Lapierre, Pierre Savard et Gaetan Vallières, Dictionnaire de l’Amérique
française. Francophonie nord-américaine hors Québec, [Préface de Jeanne Sauvé], [Ottawa], Presses de l’Université d’Ottawa,
[c1988], 386 p.
22. Gamila Morcos, Dictionnaire des artistes et des auteurs francophones de l’Ouest canadien. Établi avec la collaboration
de Gilles Cadrin, Paul Dubé, Laurent Godbout, Sainte-Foy, Les Presses de l’Université Laval ; [Edmonton], la Faculté
SaintJean, 1998, LXIII-[22 planches hors texte]-366 p.
01 Introduction I a XXXV V10f 15 9/17/10, 11:16 AMIntroduction XVI Dictionnaire des écrits
de compte, la tâche la plus ardue de toutes, privé seulement ? Dans un premier temps, la
puisque le dictionnaire devait reposer sur une défi- sagesse a dicté à l’équipe une interprétation
nition précise de ce qui procédait de l’Ontario généreuse du mot « écrit ». Puis, après étude,
français. l’équipe a éliminé diverses catégories d’imprimés
Mais, pour y parvenir, il fallait répondre à comme on le verra dans les critères d’exclusion.
un certain nombre de questions, aussi
élémentaires qu’embêtantes, comme celles-ci : que faut- 2. Le terme « franco-ontarien »
il entendre par « écrit » ? Et comment un écrit Puisque c’est là l’élément fondamental de la
peut-il être considéré « franco-ontarien » ? Ces définition du corpus, l’écrit doit être
francoquestions en impliquaient une autre : qu’est-ce ontarien. Pendant longtemps, la population
qu’un « auteur franco-ontarien » ? Et celle-ci française de cette province s’est plutôt désignée
appelait des nuances pour ces Franco-Ontariens comme « canadienne-française » ; d’ailleurs,
« temporaires », ou « tardifs », et pour les étran- jusqu’à tout récemment, le nom de la grande
gers qui ont publié en Ontario. Devait-on en outre association provinciale, maintenant centenaire,
restreindre l’investigation au domaine littéraire qui fut de toutes les luttes pour défendre les droits
ou l’étendre à l’ensemble de la production franco- scolaires et culturels de la minorité
francoontarienne ? ontarienne, la confortait dans cette désignation :
Le comité du dictionnaire a donc été contraint l’Association canadienne-française de l’Ontario
de répondre à ce questionnement et d’établir des (ACFO), fondée en 1910, ne deviendrait
l’Assemcritères d’inclusion et des critères d’exclusion qui blée de la francophonie de l’Ontario (AFO) qu’en
baliseraient son projet. Ce faisant, il participait 2006. La population se définira ainsi jusque dans
assez directement à la promotion des recherches les années 1960 et même après, de sorte qu’il n’est
sur l’Ontario français et sur l’identité franco- pas toujours commode de démêler la part
respecontarienne, ce dont il serait l’un des premiers tive de l’Ontario et du Québec chez un individu
bénéficiaires. qui se dit « Canadien-Français de l’Ontario » et
déclare appartenir à « la grande famille du Canada
A. La définition des termes français ». Sur le plan de la géographie, et bien
1. Le terme « écrit » que les frontières de la province aient changé
Qu’est-ce qu’un écrit ? La réponse n’est pas plusieurs fois et que des noms différents aient
évidente. Dans la perspective du DÉOF, il s’agit désigné depuis trois siècles le territoire qui forme
en premier lieu d’un ouvrage composé directe- aujourd’hui l’Ontario (Pays d’en Haut,
Hautment en français, et non pas d’une traduction. Canada, Canada-Uni, Ontario), le cadre de ce
Deuxièmement, cet écrit est un imprimé, ce qui projet est l’Ontario actuel. Des raisons pratiques
exclut les manuscrits et les autres œuvres de commandent cette approche, mais le point de
création inédites. Ensuite, l’écrit est une publi- référence du DÉOF est surtout la communauté
cation autonome : un livre, une brochure, une franco-ontarienne qui veut s’affirmer de plus en
revue, un journal, un rapport, à l’exception d’un plus comme entité distincte et qui, dorénavant,
article de revue, d’un chapitre de livre et d’un entend faire reconnaître son patrimoine écrit.
tiré à part qui ne sont pas considérés comme des
productions autonomes. Toutefois, la taille de 3. Le genre de l’écrit
cette publication peut varier de plusieurs centaines Pour stimuler cette reconnaissance, le dictionnaire
de pages à quelques feuillets, voire à une seule accueille les écrits de tous les domaines du savoir.
page comme un poème-affiche, un cas extrême. Plutôt que de concentrer son attention sur une
Que faire alors de cette vaste zone grise des seule discipline, ou quelques genres, le comité a
publications polycopiées, si fréquente dans cette ainsi choisi de constituer la somme de toutes les
francophonie clandestine, des rapports à œuvres ayant l’Ontario français comme point de
circulation limitée ou des imprimés circulant en référence, en provenance d’auteurs de toutes
01 Introduction I a XXXV V10f 16 9/17/10, 11:16 AMde l’Ontario français XVII Introduction
tendances et de chercheurs de toutes sciences. ailleurs. Le cas des auteurs anglophones de
Entreprise multidisciplinaire où se côtoient la l’Ontario, dont les œuvres sont aussi directement
littérature et la science, le folklore et la philoso- rédigées en français, a été assimilé à ce premier
phie, l’histoire et la linguistique, le DÉOF a fait groupe ; ainsi en est-il des Sandra Beckett, Robert
appel à des spécialistes de tous les horizons pour Dickson, John Hare, Patricia Smart, Donald
collaborer à sa direction, à sa planification et à sa Smith, Agnès Whitfield et d’autres.
erédaction. Il couvre tous les écrits connus du XVII Plusieurs auteurs franco-ontariens de
naissiècle à nos jours, plus précisément depuis la sance ne résident plus en Ontario. Issus de parents
première édition en 1613 des Voyages du sieur franco-ontariens, élevés et formés en Ontario
de Champlain Xaintongeois jusqu’à l’année 1993 avant de quitter la province, ou même partis en
inclusivement, date du début de la phase bas âge avec leur famille, ils n’en continuent pas
rédactionnelle du dictionnaire, soit une amplitude moins d’être les héritiers d’une vision du monde
de trois cent quatre-vingt-un ans d’écriture. et d’une tradition culturelle qu’ils véhiculent
constamment bon gré mal gré. Des auteurs comme
B. Les « écrits franco-ontariens » Jean-Marc Dalpé, Patrice Desbiens, Jean
Éthier1. Les critères d’inclusion Blais et Robert Lalonde appartiennent à ce
Le concept d’« Ontario français » étant capital, deuxième groupe ; chez ces derniers, leurs racines
comment savoir que les écrits répertoriés appar- franco-ontariennes expliquent sans équivoque
tiennent légitimement à cette région du Canada certains de leurs écrits. Quoi qu’il en soit, le lieu
français ? Encore ici, c’est une interprétation large de naissance est un critère indéniable et
qui a prévalu. Pour valider sa définition, l’équipe inaliénable.
du DÉOF a formulé une série de critères
d’admission qui prennent en compte l’identité et la nature b. Le lieu de travail ou de résidence
de chaque écrit placé dans la liste initiale. Elle a Est aussi réputé franco-ontarien un auteur né hors
retenu tous les écrits qui répondaient à au moins de l’Ontario, mais qui travaille ou réside dans cette
l’un d’eux. province. Des personnalités comme
l’anthroEn règle générale, nous postulons que l’écrit pologue Marius Barbeau, la romancière Hélène
doit être franco-ontarien et rédigé en français. Un Brodeur, le traducteur Pierre Daviault, le
profesécrit est franco-ontarien si son auteur est franco- seur René Dionne, le folkloriste Germain
ontarien. Mais il existe plusieurs façons d’être Lemieux, l’historien Fernand Ouellet, le sénateur
franco-ontarien. La première, la plus évidente, Pascal Poirier, l’écrivain Gabrielle Poulin,
l’ethc’est d’avoir l’Ontario comme lieu de naissance. nologue Carmen Roy, le fonctionnaire et
journaLa deuxième façon, c’est d’y avoir son lieu de liste Benjamin Sulte, la conteuse Marie-Rose
résidence ou son lieu de travail. Une dernière Turcot, le professeur Paul Wyczynski et beaucoup
façon, c’est, pour l’écrit, d’avoir un contenu onta- d’autres ont définitivement adopté l’Ontario et ont
rien soit dans sa totalité, soit dans une proportion publié toutes leurs œuvres durant leur période
significative. Des exemples rendront ces critères ontarienne. Leur situation à tous est suffisamment
d’admission plus clairs. claire pour qu’on recense l’ensemble de leur
production.
a. Le lieu de naissance D’autres, en plus grand nombre – notamment
Les cas des Gaston Carrière, Doric Germain, la légion de fonctionnaires, de politiciens et de
Albertine Hallé, Séraphin Marion, Daniel professeurs d’université, qui se sont installés aux
Poliquin, Léopold Richer et Régis Roy, tous abords de la capitale fédérale en raison de leur
auteurs canadiens-français natifs et résidents de travail –, ont adopté temporairement l’Ontario,
l’Ontario, sont les plus simples et ne posent puis ont poursuivi leur carrière ailleurs. Après
aucune difficulté ; toutes leurs œuvres sont recen- avoir bien circonscrit la durée de leur séjour, le
sées, qu’elles soient publiées en Ontario ou comité a choisi de retenir tous leurs écrits publiés
01 Introduction I a XXXV V10f 17 9/17/10, 11:16 AMIntroduction XVIII Dictionnaire des écrits
ou préparés durant cette période. Ces auteurs de paru trop ténu aux membres du comité pour les
passage sont de loin ceux qui ont exigé le plus de inclure dans ce dictionnaire. Ces titres seraient
recherche afin de démêler la part franco- davantage à leur place dans une histoire de
ontarienne de leur œuvre ; après examen, il l’édition française en Ontario.
s’avère que la phase ontarienne de ces auteurs
n’a jamais été inférieure à deux ans. En incor- 2. Recherche d’objectivité
porant cette cohorte d’auteurs au DÉOF, le comité Plusieurs s’étonneront sans doute qu’on ait rangé
a voulu mettre en lumière cette facette, souvent dans ce Dictionnaire des écrits de l’Ontario
méconnue, d’écrivains qu’on tient exclusivement français des œuvres d’auteurs résolument
pour québécois : l’agronome et député Georges reconnus comme québécois. On se rappellera
Bouchard, l’indépendantiste Marcel Chaput, le toutefois qu’une association n’empêche pas
romancier Léo-Paul Desrosiers et son épouse l’autre. Loin d’arracher à ces auteurs des
concesMichelle Le Normand, le député-poète Louis- sions ou des complaisances au profit de l’Ontario
Honoré Fréchette, le philosophe franco- français, il s’agissait avant tout de cerner une
manitobain Placide Gaboury, le médiéviste Benoît activité d’écriture de la façon la plus objective
Lacroix, le dominicain Georges-Henri Lévesque, possible, de la reconnaître autant que possible
la romancière et nouvelliste Claire Martin, le dans toute sa complétude et de rendre à l’Ontario
sociologue Marcel Rioux, l’historien Robert ce qui lui revient sans dérober le Québec de ce
Rumilly, le professeur et député Sylvain Simard, qui lui appartient.
le romancier Yves Thériault, le premier ministre C’est pourquoi, le comité a dû rejeter tous
Pierre-Elliot Trudeau et tant d’autres ont de fait les critères subjectifs, comme le sentiment
d’appublié une partie plus ou moins considérable de partenance à l’Ontario français. Qu’on se sente
leur œuvre alors qu’ils résidaient en Ontario. ou non franco-ontarien, qu’on s’identifie à sa
communauté d’origine ou qu’on mésestime son
c. Le contenu milieu de vie, ces perceptions n’ont rien à voir
L’équipe a encore retenu les écrits dont le sujet avec les critères objectifs recherchés. Un écrivain
se rapporte à l’Ontario français, même si certains d’origine européenne, vivant en Ontario depuis
de leurs auteurs n’ont jamais vécu en Ontario. une vingtaine d’années, s’exclamait naguère :
Plusieurs écrits de la Nouvelle-France, comme « Mais je ne suis pas franco-ontarien, ce que
les voyages de l’explorateur Samuel de j’écris n’a rien à voir avec l’Ontario français et je
Champlain, les chroniques des missionnaires Jean le publie en France ! Je ne veux pas être dans votre
de Brébeuf et Gabriel Sagard, entrent dans cette dictionnaire ! » Cette personne oubliait que, par
catégorie, avec les relations du voyageur Frédéric sa présence comme professeur francophone, elle
de Larochefoucauld-Liancourt, des ouvrages du contribue à la culture de l’Ontario français, tout
journaliste Arthur Buies et de Narcisse-Eutrope comme les Franco-Ontariens contribuent
finanDionne, une brochure d’Olivar Asselin, des écrits cièrement à son activité intellectuelle dont elle
du journaliste Henri Bourassa, des historiens publie les fruits ailleurs. En conséquence, il est
Lucien Campeau et Lionel Groulx. tout à fait légitime qu’on rapatrie les écrits de cet
auteur dans le milieu qui les a favorisés. C’est
d. Le lieu de publication d’ailleurs la pratique habituelle partout dans des
Enfin, après avoir hésité durant un certain temps, ouvrages du genre. Les responsables du
Dictionle lieu de publication n’a été retenu que pour une naire des œuvres littéraires du Québec n’ont
seule catégorie : les périodiques, revues et jour- certes pas demandé à Gabrielle Roy, née à
Saintnaux publiés sur le territoire ontarien. Quant aux Boniface au Manitoba, ou à Antonine Maillet,
auteurs, canadiens, québécois, français et autres, Acadienne de Bouctouche au
Nouveaudont les livres ont été publiés en Ontario sans y Brunswick, si elles se sentaient Québécoises, et
avoir jamais œuvré, leur lien fortuit à l’Ontario a au Brestois Louis Hémon, comme au Malouin
01 Introduction I a XXXV V10f 18 9/17/10, 11:16 AMde l’Ontario français XIX Introduction
Jacques Cartier s’ils se sentaient Canadiens b. Les publications d’organismes
français, avant de recenser leurs œuvres dans leur De même, les publications d’organismes
natiodictionnaire. L’Académie française n’a pas hésité naux et internationaux, comme les Scouts du
non plus à admettre parmi ses immortels Eugène Canada, dont le siège social, puis régional, est
Ionesco, un écrivain d’origine roumaine, Julien établi en Ontario n’appartiennent pas en propre à
Green, un écrivain étatsunien d’expression la francophonie ontarienne ; elles n’ont pas été
française, et Marguerite Yourcenar, une femme retenues.
de lettres belge. Si trois années seulement suffisent
pour qu’un parfait étranger devienne légalement c. Les publications commerciales
canadien, faudrait-il se montrer plus sévère et Quant aux catalogues de vente et autres brochures
refuser le statut de Franco-Ontarien à un commerciales, même lorsqu’elles sont des
Québécois ou à un Français, voire à un Franco- productions indigènes pour le marché local, leur
Colombien ou à un Acadien ? Bref, le critère du part d’écrit et de créativité est si minime et leur
sentiment d’appartenance est trop subjectif et caractère mercantile si net que leur présence dans
entraîne dans des considérations vaines qui notre dictionnaire aurait été inappropriée.
mènent à l’impasse.
Est donc « franco-ontarien » un écrit produit d. Les traductions
en français par un auteur né en Ontario ou qui y Les traductions en français d’ouvrages
anglovit par son travail ou sa résidence, ou dont le sujet canadiens, comme les travaux de Donald
est franco-ontarien, ou encore un périodique, Creighton et de Pierre Berton, ne visent pas
journal ou revue, publié en français en Ontario. précisément le marché franco-ontarien et ont été
Ces quelques critères ont facilité le tri parmi les systématiquement exclues de notre dictionnaire.
milliers de titres recueillis au cours des dépouil- Elles dérogent au critère de la langue de la
lements bibliographiques et examinés en comité. rédaction.
3. Les critères d’exclusion e. Les manuels scolaires
Si d’une part le comité a tenu à recenser un grand Enfin, il n’a pas paru non plus opportun de
prénombre d’ouvrages qui ne paraissent pas à senter dans notre dictionnaire les manuels
première vue franco-ontariens, mais qui le sont scolaires, dont les quelques centaines de titres
en raison des critères précédemment définis et repérés nécessiteraient plutôt un ouvrage à part.
illustrés, il a dû d’autre part en éliminer un plus Une exception a été cependant faite pour les
grand nombre qui, même s’ils répondent appa- quelques séries de manuels dont le contenu est
remment à ces critères, y dérogent d’une façon essentiellement franco-ontarien, comme les
ou de l’autre, ou ne conviennent tout simplement collections « DOPÉLFO » et « PRO-F-ONT ».
pas au caractère scientifique de ce projet. Il n’est Après ces nombreuses opérations d’addition
d’ailleurs pas sûr que les trois premiers groupes et de soustraction, il restait quelques milliers
d’écrits ci-dessous aient été rédigés directement d’écrits que l’équipe a voulu présenter dans son
en français. collectif. Dès lors, tout était en place pour faire
de grandes demandes de subvention.
a. Les publications gouvernementales
C’est le cas des publications officielles, issues des V –LES PIÉTINEMENTS (1986-1993)
gouvernements canadien et ontarien, qui, même A. La subvention provinciale
lorsqu’elles sont écrites en français s’adressent à L’année 1986 marqua un tournant décisif dans
tous les Canadiens ou à tous les Ontariens indis- l’avancement du projet. En effet, c’est l’année où
tinctement, comme La Mère canadienne et son la ministre de la Culture et des communications
enfant et Emprisonnons la chaleur qui connais- de l’Ontario, Madame Lily Munroe, reconnaissant
saient une large diffusion au début de ce projet. la valeur d’un tel ouvrage, accordait au
01 Introduction I a XXXV V10f 19 9/17/10, 11:16 AMIntroduction XX Dictionnaire des écrits
Dictionnaire des écrits de l’Ontario français une de l’Université d’Ottawa, de David Hayne, de
subvention extraordinaire afin de le mener à l’Université de Toronto, de Fernand Ouellet, de
terme. Ce soutien financier avait été obtenu grâce l’Université York, d’André Lalonde, de
l’Uniau zèle et aux efforts diligents de Monsieur Serge versité de Régina, et de Marguerite Maillet, de
Dignard, alors coordonnateur de l’Institut franco- l’Université de Moncton. La direction renouvelée
ontarien. Toutefois, l’utilisation de cet octroi était du dictionnaire présenta, en 1987, une deuxième
assortie d’une condition, celle d’obtenir une demande largement revue et corrigée.
somme d’appariement équivalente d’une autre Bien que l’équipe ait été pionnière dans le
source, nommément du gouvernement fédéral. domaine des subventions conjointes – politique
Après cinq ans de recherches préliminaires, faites que favorisait le CRSH en ces temps
d’austéride nombreux dépouillements méthodiques, té –, l’octroi substantiel obtenu du gouvernement
subventionnés à l’aide de fonds de démarrage, de ontarien ne compta pour rien ; malgré sa nature
projets de création d’emplois et de financement pluridisciplinaire, direction ouvertement
encourad’autres sources, l’équipe était confiante et elle gée par le CRSH, le projet fut acheminé au comité
soumettait une première demande de financement des études littéraires, car il ne possédait pas encore
au Conseil de recherches en sciences humaines de comité pluridisciplinaire... L’équipe du DÉOF
du Canada (CRSH), dans le cadre du programme essuya refus sur refus en 1988, en 1989, en 1990
d’aide aux grands projets de recherche. et en 1991. Ainsi, cinq demandes annuelles
consécutives, revues et améliorées à la lumière
23B. Heurs et malheurs d’une vingtaine de rapports d’appréciateurs
comLa demande fut refusée. À la lumière des com- pétents – dont l’appui fut d’ailleurs unanime et
mentaires des appréciateurs et des conseils de enthousiaste –, avaient donc abouti à une telle
plusieurs experts, des modifications substantielles aberration ; de plus, il devenait évident que les
ont été apportées au projet. Cette période coïncida petites universités régionales étaient exclues du
avec le retrait de Fernand Dorais, que des raisons programme des grandes subventions de recherche.
personnelles forçaient d’abandonner la codi- Il fallut donc sortir des limbes scientifiques du
rection. Jean-Pierre Pichette, ethnologue, de Conseil de recherches en sciences humaines, dont
l’Université de Sudbury, le remplaça comme codi- les décisions inexpliquées et inexplicables
risrecteur et assuma dorénavant ce rôle avec le quaient de décourager et de démobiliser les
cofondateur Gaétan Gervais. Cette conjoncture chercheurs de l’équipe, voire de mettre en péril
devait mener aussi au remaniement de l’équipe. l’importante subvention provinciale, déjà acquise.
Aux codirecteurs, et aux membres fondateurs –
Benoît Cazabon, Université Laurentienne, René C. Un nécessaire compromis
Champagne, Université de Sudbury, André Encore une fois, l’équipe se tourna vers le
Girouard et Robert Toupin, Université Lauren- ministère de la Culture et des communications
tienne –, on associa une équipe d’adjoints à la de l’Ontario qui, lui, avait reconnu, par la
subrédaction : René Dionne, département des lettres vention spéciale consentie en 1986 et par les cinq
françaises, Université d’Ottawa, Yves Lefier et reports consécutifs accordés, la valeur attribuée
Fernand Dorais, département de français, Uni- à l’incidence sociale et culturelle dans la recherche
versité Laurentienne. Puis on forma un comité universitaire et le sérieux de notre quête de
partescientifique composé d’Aurélien Boivin et de nariat. Le 23 décembre 1992, la ministre de la
Maurice Lemire de l’Université Laval, de Yolande Culture et des communications, Madame Karen
Grisé, de Jean-Louis Major et de Pierre Savard Haslam, autorisait officiellement l’utilisation de
23. Pour le détail de cette saga, voir Jean-Pierre Pichette, « Heurs et malheurs d’un grand projet de recherche en Ontario
français », dans Yolande Grisé [dir.], États généraux de la recherche sur la francophonie à l’extérieur du Québec. Actes du
colloque tenu à Ottawa les 24, 25 et 26 mars 1994, [Ottawa], Presses de l’Université d’Ottawa, « Actexpress », [1995], p.
[75]83.
01 Introduction I a XXXV V10f 20 9/17/10, 11:16 AMde l’Ontario français XXI Introduction
la subvention octroyée, après démonstration que figureraient en bonne place Le Bas-Canada,
1791la condition d’appariement avait été dûment 1840. Changements structuraux et crise de
remplie et présentation d’un budget révisé. À l’été l’historien Fernand Ouellet, La Bagarre du
1993, le Dictionnaire des écrits de l’Ontario romancier Gérard Bessette, les Chroniques du
français entreprenait sa première année d’activité Nouvel-Ontario, la trilogie d’Hélène Brodeur.
qui devait mener à la phase de rédaction. Ainsi, L’échelon intermédiaire retiendrait un écrit
reprenait vie le projet dans une version modifiée. moyen, les bons écrits d’une certaine étendue, les
À l’origine, le Dictionnaire des écrits de l’Ontario ouvrages savants de bonne tenue dont l’impact a
français avait été conçu comme un ouvrage été faible en Ontario français ; par exemple, Aux
beaucoup plus ambitieux, soit une série de cinq sources de la pensée philosophique de Gaston
tomes devant paraître à deux ans d’intervalle, Carrière et les actes du colloque de l’Institut
portant chacun environ six cents articles, la franco-ontarien, L’Avenir de la francophonie
biobibliographie des quelque deux cents auteurs ontarienne, qu’un exposé de 750 mots recenserait.
dont un écrit aurait été recensé et les index Ensuite viendrait un écrit secondaire, c’est-à-dire
24pertinents . Compte tenu que des brochures de une œuvre de faible dimension ou d’importance
dix pages côtoieraient des ouvrages en plusieurs réduite, telles les brochures, les petites choses des
volumes, que des textes anodins voisineraient des grands auteurs et les recueils de poésie ordinaires :
œuvres capitales, l’équipe avait prévu répartir en Le Bûcheron d’autrefois, brochure de
Josephordre d’importance tous les écrits retenus, déter- Alphonse Desjardins, Âmes et paysages de
Léominant par le fait même la longueur des articles à Paul Desrosiers et Plein soleil du poète Louis
leur consacrer. Cette classification comprenait Leriche seraient résumés en 500 mots. Enfin, le
cinq échelons. L’échelon supérieur regrouperait dernier échelon récupérerait tout écrit mineur,
les œuvres magistrales, les rares chefs-d’œuvre, petits recueils de poésie, textes de conférences,
les écrits d’importance primordiale pour l’Ontario albums souvenirs et écrits divers, comme le
français et tous les articles thématiques ; on y avait recueil Cannelles et craies de Cécile Cloutier, À
placé L’Appel de la race, roman de l’abbé Lionel propos de la guerre hispano-américaine, prose
Groulx, Les vieux m’ont conté, compilation de et poésie de William Chapman, et
L’Albumcontes populaires en trente-trois tomes du père souvenir de la paroisse du Sacré-Cœur de
Germain Lemieux, les articles consacrés au Bourget, 1885-1935, que 250 mots suffiraient à
journal Le Droit d’Ottawa et à des thèmes comme décrire.
la colonisation, les manuels scolaires, les maisons Les circonstances nouvelles forcèrent
l’équid’édition, les récits de voyages et d’autres encore, pe à restreindre la taille de l’entreprise : le
dictionet on fixait à 1 250 mots la longueur des articles. naire n’aurait qu’un volume et la longueur des
On réserverait l’échelon suivant à un écrit majeur, articles serait réduite. On abandonna aussi l’idée
étude sérieuse remarquable, ouvrage accueilli de préparer des articles thématiques qui devaient
favorablement ou ayant influencé le milieu regrouper quantité d’écrits qui traitent
partielfranco-ontarien, soit les grandes productions des lement de l’Ontario français ou qui ne coïncident
25bons auteurs, titres à recenser en 1 000 mots ; y pas complètement avec les critères établis . En
24. Pour une description de l’évolution de ce projet de recherche, voir les articles suivants : Gaétan Gervais, « Le Dictionnaire
odes écrits de l’Ontario français (DÉOF) », dans Revue d’histoire littéraire du Québec et du Canada français, n 8, été-automne
1984, Ottawa, Éditons de l’Université d’Ottawa, p. [249]-252 ; Gaétan Gervais et Jean-Pierre Pichette, « Le Dictionnaire des
eécrits de l’Ontario français », dans Les Outils de la francophonie : actes du 6 colloque du Centre d’études franco-canadiennes
de l’Ouest tenu à Richmond, Colombie-Britannique, les 10 et 11 octobre 1986, Vancouver, CÉFCO [et] Université de
ColombieBritannique, [c1998], p. [160]-185 ; Gaétan Gervais et Jean-Pierre Pichette, « Le Dictionnaire des écrits de l’Ontario français
o(DÉOF) », dans Vie française, Québec, vol. 41, n 1, janvier à décembre 1989, p. 47-53. On en trouvera encore les grandes lignes
dans la brochure suivante : Dictionnaire des écrits de l’Ontario français, Le Guide du collaborateur, Sudbury, Université
Laurentienne, Institut franco-ontarien, octobre 1986, 9 p.
25. À titre d’exemple de l’importance de ces articles thématiques, signalons le thème de la vision française de l’Ontario
francophone pour lequel Yves Lefier, un membre de l’équipe, a constitué une impressionnante bibliographie : Yves Lefier,
L’Ontario français : 1613-1995 […], op.cit.
01 Introduction I a XXXV V10f 21 9/17/10, 11:16 AMIntroduction XXII Dictionnaire des écrits
outre, comme il était déjà difficile d’abord de 2009, ont fait partie des diverses équipes et
repérer les écrits franco-ontariens et, ensuite, d’en comités du dictionnaire, ont livré à eux seuls plus
dénicher un exemplaire, l’idée même de comman- de trois cents comptes rendus. De plus, étant
der de nouvelles recherches dans des périodiques donné que le comité de rédaction ne pouvait pas
pour en recenser la réception critique dépassait réunir en son sein toutes les compétences et la
les capacités de travail de l’équipe ; elle ne fut disponibilité pour recruter des collaborateurs dans
pas retenue. tous les domaines, il eut recours à des
responsables de sections. Ce sont Georges Bélanger
VI –LA DÉCENNIE DE RÉDACTION (1993-2004) (théâtre, essai), Aurélien Boivin (conte, nouvelle),
Lionel Bonin (périodiques), Guy BonneauA. La mise à jour des dossiers
(sciences religieuses), Benoît Cazabon (linguis-L’incertitude créée par les demandes de
tique), René Dionne (poésie), Yvon Gauthiersubvention répétées auprès du CRSH avait, durant
(éducation), Gaétan Gervais (histoire), Simonhuit ans, paralysé les travaux de l’équipe ; les
Laflamme (sciences sociales), Yves Lefier (voya-membres, qui vaquaient à leurs recherches
personges), Michel Lord (études littéraires), Luciennelles, ne se réunissaient plus que pour répondre
Pelletier (philosophie), Jean-Pierre Pichetteaux remarques des appréciateurs ou s’étonner des
(ethnologie) et Micheline Tremblay (roman). Cesmystères peu glorieux qui régissaient l’attribution
quatorze collègues se chargèrent de recruter dansdes fonds de cet organisme. Pour rattraper le
leur réseau disciplinaire les participants les plustemps perdu et combler la période de carence
à même de rédiger les comptes rendus de leurjusqu’à l’année 1993, devenue la date de clôture
section. Ces derniers ont produit bénévolementdu projet, la mise à jour des listes d’écrits et
environ sept cents articles, ce qui porte à un millierd’auteurs s’imposait de toute urgence. L’équipe
d’articles la contribution de ces collaborateursinstalla ses quartiers dans des locaux de
l’Unispécialisés, soit quarante pour cent de l’ouvrage.versité de Sudbury, grâce à la bienveillance des
On trouvera leur nom à la suite des écrits qu’ilsautorités qui se chargèrent aussi de la gestion
ont recensés.comptable du projet. Dès lors, chaque été durant
Le comité savait que le parti pris de décrireune dizaine d’années, on embaucha des brigades
tous les écrits répertoriés et disponibles soulè-d’assistants de recherche qui accomplirent
verait tôt ou tard un problème d’attribution pourscrupuleusement les tâches ingrates de
des titres moins connus. Aussi, avait-il prévu ladépouillement en vue de compiler la bibliographie
solution suivante. Pour les écrits mineurs, lescomplète que le comité scientifique voulait
exaouvrages de circonstance, les nombreuses his-miner. On paracheva aussi les dossiers des
toires de paroisse, la plupart des brochures, ilauteurs, obtenant souvent leur curriculum vitae à
s’adressa à ses équipes d’assistants qui en rédi-26jour et ébauchant des notices biographiques .
gèrent les notices sous la supervision directe desAvec cette documentation en main, l’équipe
deux codirecteurs. D’autres écrits, en beaucouprassembla des listes de collaborateurs et mit au
plus petit nombre, pour lesquels on n’avait pupoint un plan de répartition des écrits pour l’étape
recruter de collaborateurs, ont enfin été assignésde la rédaction.
à des rédacteurs pigistes, spécialistes des genres
ou des catégories particulières de tels ouvrages.B. L’attribution des écrits
Les notices de ces deux groupes, assistants etPour la rédaction de ses quelques milliers
pigistes, portent la signature « DÉOF » et leursd’articles, tâche redoutable, le DÉOF fit appel à
noms figurent parmi les assistants. En tout, leprès de deux cents collaborateurs. Au premier
travail de ces auxiliaires aura fourni environchef, la quinzaine de membres, qui, entre 1982 et
soixante pour cent des comptes rendus.
26. Ce volet du DÉOF reste inexploité.
01 Introduction I a XXXV V10f 22 9/17/10, 11:16 AMde l’Ontario français XXIII Introduction
C’est donc grâce à l’action conjuguée de tous B. Le contenu
ces intervenants, collègues de l’Ontario, mais Bien que la nature des écrits ait rendu malaisé le
aussi du Québec et des autres provinces canadien- respect d’un format strict, le comité a cherché à
27nes , que beaucoup d’auteurs et d’écrits peuvent conserver au dictionnaire une certaine
homomaintenant sortir de l’oubli et permettre à la généité afin de rendre les services escomptés.
francophonie ontarienne de prendre enfin Après chaque entrée, donnée suivant l’ordre
connaissance de ce patrimoine intellectuel trop alphabétique du titre, la notice type contient
longtemps méconnu. obligatoirement les éléments suivants : la
référence bibliographique complète de l’écrit, y
VII –LE PRODUIT FINAL compris la liste des éditions, les traductions et
autres particularités, toujours composée d’aprèsA. Originalité
l’exemplaire dûment examiné, suivie de la justi-Au-delà des similitudes qu’on peut établir avec
fication, en abrégé, de son insertion dans le corpusdes dictionnaires régionaux du même genre, dans
franco-ontarien : A (auteur), R (résidence), Sla présentation matérielle et la disposition des
(sujet), P (périodique). Ensuite, vient la pré-notices surtout, cet ouvrage s’en écarte sur
plusentation intégrale de l’œuvre dans un articlesieurs points. À la différence de son modèle, le
proportionnel à sa valeur intrinsèque et à sesDOLQ, dont la vocation était exclusivement
littédimensions. Chaque notice tient ainsi compte deraire, l’originalité du DÉOF tient à la nature variée
l’organisation de l’écrit, notamment son étendue,de son contenu. On l’a noté, son corpus ne se
son format, ses parties et divisions ; son genre etlimite pas à la littérature, mais réunit les écrits
les sujets traités, le tout correspondant à la tableprovenant de toutes les disciplines des sciences
des matières ; s’il y a lieu, une brève évaluationhumaines. D’autre part, la spécificité de l’Ontario
de l’écrit, avec parfois la fortune de l’œuvre,français, qui ne possédait pas d’inventaire général
achève l’article. Puisqu’il s’agit, dans la plupartde ses publications et de ses auteurs, et dont les
des cas, d’une première recension, le comité acompilations disponibles se réduisaient souvent
voulu fournir avant tout une description concrèteà l’histoire et à la littérature, a imposé une
configude l’écrit, plutôt qu’une lecture théorique.ration inhabituelle. Aussi, plutôt que de ne retenir
que les œuvres marquantes et les auteurs les plus
C. Le bilanfameux, l’équipe a tenu à produire, pour chacun
Le DÉOF s’avère le premier tableau général dedes titres répertoriés, une notice descriptive de
l’activité scripturale de l’Ontario français. Ill’ouvrage. C’est donc dire que le DÉOF constitue,
constitue la réponse à une documentationen tant que travail d’érudition, à la fois la première
déficiente, fortement ressentie par ses initiateursbibliographie générale des écrits franco-ontariens
comme un obstacle à leurs études. L’ampleur duet le premier répertoire des auteurs de l’Ontario
projet aura toutefois été un défi continuel dontfrançais ; en outre, par son souci d’exhaustivité,
l’équipe prit peu à peu conscience en même tempsil propose la première lecture intégrale du
patrique de la témérité de son entreprise, spécialementmoine écrit de la francophonie ontarienne. Prise
lors des concours aux programmes de subven-de conscience et mémoire de son cheminement
tions. Le succès de sa mise en œuvre laborieusehistorique, cet ouvrage de référence a été conçu,
est donc attribuable à plusieurs facteurs : d’abord,non pas comme un point d’arrivée, mais plutôt
à la clairvoyance et à l’engagement du ministèrecomme un outil pour encourager de nouvelles
ontarien de la Culture dont la grande subventionrecherches sur les réalités de l’Ontario français.
octroyée souleva un vent d’enthousiasme au seinDe là découlent ses plus grands mérites comme
de l’équipe ; au refus ensuite d’accepter la visionses plus grands défauts.
27. Nous remercions la direction du CÉFCO de Saint-Boniface, spécialement Messieurs Hubert Balcaen et Raymond Théberge
qui nous ont gracieusement communiqué leur liste des 300 chercheurs intéressés à l’Ouest canadien.
01 Introduction I a XXXV V10f 23 9/17/10, 11:16 AMIntroduction XXIV Dictionnaire des écrits
étriquée d’un organisme fédéral qui a fait fi de la lation ontarienne, des chercheurs, des enseignants
qualité intrinsèque de ce projet, de sa pertinence et des étudiants qui pourront pousser plus loin sa
sociale et des rapports favorables de ses experts ; reconnaissance première et en interroger les
enfin, à la solidité et à la cohérence de l’équipe éléments selon leurs goûts et leurs besoins, leurs
multidisciplinaire, qui a maintenu sa détermi- intuitions et leurs méthodes d’analyse.
nation malgré les échecs répétés, comme à l’appui Il ne fait pas de doute que la réalisation de ce
indéfectible de son comité scientifique qui croyait dictionnaire pourra contribuer de manière
signifià la valeur d’un projet dont la réalisation devien- cative à faire prendre conscience, aux
Francodrait essentielle à la communauté franco- Ontariens autant qu’aux autres Ontariens et aux
ontarienne. Canadiens, de la présence française en ce pays
Cette œuvre de véritable collaboration depuis quatre siècles. En parcourant ses écrits, la
interdisciplinaire a exigé la contribution d’un communauté franco-ontarienne pourra, quant à
bataillon de deux cents collaborateurs, qui sont elle, mieux saisir sa posture identitaire propre,
devenus spécialistes des écrits de l’Ontario comprendre son enracinement et reconnaître ses
français. Elle a été pour les équipes d’assistants traits culturels distinctifs. Après l’avènement des
une école de formation à l’observation minu- formes récentes d’affirmation nationale, depuis
tieuse, à la lecture critique et à la rédaction précise les grands spectacles, tels « La Nuit sur l’étang »
et concise. Par le concours de tous, le DÉOF installe (1973) et le « Festival franco-ontarien » (1974),
dorénavant dans la lumière l’intégrale du corpus en passant par la création du drapeau
francorassemblé pendant ses trois décennies d’activité : ontarien (1975), jusqu’à la reconnaissance des
ses 2 537 notices dévoilent les écrits produits par droits scolaires et l’accessibilité à des services
un millier d’auteurs et de coauteurs durant quatre gouvernementaux en français, l’équipe souhaite
siècles, précisément entre 1613 et 1993. En que cet ouvrage puisse contribuer à
l’épanouisrepérant, lisant et décrivant ce patrimoine, le DÉOF sement de la collectivité franco-ontarienne.
en met les résultats à la portée de toute la
popu01 Introduction I a XXXV V10f 24 9/17/10, 11:16 AMRemerciements
Enfin parvenu à son terme, le Dictionnaire des GRANDMAÎTRE, ministre délégué aux Affaires
†écrits de l’Ontario français (DÉOF) aura cumulé, francophones, et M. RÉMY BEAUREGARD , directeur
de sa conception à son achèvement, une impo- de l’Office des affaires francophones, octroyait à
sante dette de reconnaissance envers plusieurs l’équipe, pour la rédaction de son DÉOF, la
dizaines d’organismes et de personnes qui ont rondelette somme d’un quart de million de dollars.
assisté ses équipes pendant le quart de siècle de Ce premier octroi composait la part provinciale
l’entreprise. Il convient, et c’est pour nous un d’un financement qui devait être conjoint.
agréable devoir, de rendre hommage à tous ceux Si le financement tant attendu du programme
qui, dans la mesure de leurs moyens, ont facilité des grands projets de recherche du CONSEIL DE
l’avancement de nos travaux. RECHERCHES EN SCIENCES HUMAINES DU CANADA
(CRSHC) nous fit systématiquement défaut et faillit
A. Les organismes subventionnaires même compromettre notre ouvrage, nous gardons
Dans son enfance, l’initiative du petit groupe de néanmoins le meilleur souvenir des dix-sept
professeurs de l’Université Laurentienne s’est experts, sollicités par cet organisme, qui ont tour
logée sous le double patronage du CONSEIL DE à tour scruté notre plan de recherche et produit
L’ENSEIGNEMENT EN FRANÇAIS et de l’INSTITUT des rapports étoffés et approbateurs à l’occasion
FRANCO-ONTARIEN. L’équipe de direction obtint des des cinq concours auxquels nous l’avons soumis
allocations de démarrage de la FONDATION entre 1986 et 1990 ; ces juges impartiaux et
anoBERTRAND (1982) et d’un concours interne du nymes ont, par leurs commentaires avertis et
CONSEIL DE RECHERCHES EN SCIENCES HUMAINES DU constructifs, cimenté la cohésion de l’équipe et
CANADA (CRSHC, 1982), puis le ministère fédéral contribué ainsi à la bonification du présent outil
de l’EMPLOI ET IMMIGRATION, par ses programmes de travail. Nous avons déjà évoqué ailleurs les
de création d’emplois, défraya le salaire du grands épisodes de cette embrouille qui nous valut
personnel de 1982 à 1985. L’UNIVERSITÉ LAUREN- par contre une « subvention du président » du
me
TIENNE offrit alors aux chercheurs et à leurs CRSHC que M PAULE LEDUC accorda, en 1989,
employés une salle de travail et de réunion. C’est pour la mise à jour de nos listes. Nous saluons
dans ce cadre qu’on mit sur pied un secrétariat, son geste ici.
que se constituèrent les premières équipes de Mais le ministère ontarien des AFFAIRES
recherche et que commencèrent les travaux. CIVIQUES ET CULTURELLES a droit à notre plus entière
En 1986 l’INSTITUT FRANCO-ONTARIEN, reconnaissance – principalement MM. ROBERT
meorganisme fondé en 1976 pour le développement MONGOMERY et CARL THORPE, et M ELIZABETH
de la recherche sur l’Ontario français, allait PRICE –, car c’est finalement lui qui commandita
assurer un avenir au projet. Ce fut la mission qu’il la part la plus importante de cette recherche. En
confia à son zélé coordonnateur, M. SERGE effet, après avoir obtenu une révision du projet
DIGNARD. Après avoir monté le dossier, il sut le tenant compte du financement réduit et s’être
piloter auprès des agences provinciales et diriger assuré que la somme octroyée en 1986 avait été
les chercheurs vers le ministère des AFFAIRES jumelée au moyen d’autres fonds, il en autorisait
CIVIQUES ET CULTURELLES de l’Ontario. Recon- finalement l’utilisation en décembre 1992 par la
naissant la valeur et l’ampleur de ce projet, la voie de la ministre de la CULTURE ET DES
COMMUmeministre LILY MUNRO, conseillée par M. BERNARD NICATIONS, M KAREN HASLAM. M. JEAN-YVES
01 Introduction I a XXXV V10f 25 9/17/10, 11:16 AMRemerciements XXVI Dictionnaire des écrits
PELLETIER, alors agent de ce ministère, nous l’édition, nous ont guidé dans la sélection
iconoconseilla dans cette délicate transaction. graphique et procuré de rares illustrations ; et les
bibliothèques et archives de plusieurs
commuB. Les institutions, centres et organismes nautés religieuses situées à Ottawa : celles des
C’est l’UNIVERSITÉ DE SUDBURY qui allait héberger oblats conservées aux Archives Deschâtelets de
notre projet à compter de 1993 : le recteur l’UNIVERSITÉ SAINT-PAUL ; celles des dominicains
†LAURENT LAROUCHE , S.J., mit gracieusement à au COLLÈGE UNIVERSITAIRE DOMINICAIN ; et le Centre
notre disposition un bureau, progressivement d’archives de la maison mère des SŒURS DE LA
converti en dépôt d’archives, avec, durant les CHARITÉ D’OTTAWA (autrefois les sœurs Grises de
quatre mois d’été, une puis deux salles de travail la croix d’Ottawa). À ces collections régionales,
pour nos assistants ; en outre, il a gratuitement il convient d’ajouter la BIBLIOTHÈQUE NATIONALE
placé l’administration comptable du projet et le DU CANADA qui loge, à Ottawa, les plus abondantes
service de la paie de nos employés sous la collections d’ouvrages du pays et auxquelles
mesresponsabilité de M SHELLEY MACHUM, donne accès son catalogue national Amicus. Cette
trésorière, et GINETTE TROTTIER, son adjointe ; ses ressource fut régulièrement l’ultime recours
successeurs, JACQUES MONET, S.J., et ROY BONIN, d’écrits autrement introuvables.
ont tout aussi généreusement reconduit cette L’équipe du DICTIONNAIRE DES ŒUVRES
entente qui a pris fin en août 2005. LITTÉRAIRES DU QUÉBEC (DOLQ, Université Laval,
Durant cette dizaine d’années, les chercheurs Québec), dont le travail pionnier a servi de
réfédu DÉOF ont soumis à rude épreuve les rence et d’inspiration à notre projet, a droit à des
bibliothécaires de l’UNIVERSITÉ LAURENTIENNE, remerciements particuliers, notamment MM.
notamment son service de prêts entre biblio- AURÉLIEN BOIVIN, MAURICE LEMIRE et KENNETH
thèques, qui leur procura tous les ouvrages que LANDRY. Ils nous ont généreusement ouvert leurs
recensait notre équipe interne de rédacteurs. Que archives, ont accueilli nos documentalistes et ont
meM. LIONEL BONIN et M DIANE TESSIER trouvent conseillé les directeurs du projet à toutes les étapes
ici notre haute considération pour leur de son évolution, tantôt par des rencontres et des
disponibilité et leur patience. entretiens, tantôt par l’échange de documents, de
Des bibliothèques, des centres de recherche listes ou de commentaires dont ces chercheurs ont
et d’archives régionaux, propriétaires des docu- bien voulu nous faire part.
ments ou d’écrits utiles au DÉOF ont droit à notre
reconnaissance pour l’accueil qu’ils ont réservé C. L’équipe du DÉOF
à nos assistants : l’UNIVERSITÉ DE SUDBURY, qui, Comité de rédaction
en plus des services de sa bibliothèque, nous a Parmi les membres de la première heure, nous
†donné accès à ses collections : les Archives de voulons rappeler la mémoire de FERNAND DORAIS ,
l’Université de Sudbury (et du Collège du Sacré- S.J., littéraire, Université Laurentienne, qui eut
Cœur), celles des jésuites de Sudbury (maintenant l’idée du projet et en assuma la codirection de
à la Villa Loyola), et les archives de la Société 1982 à 1984. Cette première cellule, qui œuvra à
historique du Nouvel-Ontario (SHNO, déposées Sudbury de 1982 à 1987, comprenait aussi les
depuis au Centre franco-ontarien de folklore) ; le collègues suivants : BENOÎT CAZABON, linguiste,
†CENTRE FRANCO-ONTARIEN DE FOLKLORE (CFOF) de GAÉTAN GERVAIS, historien, ANDRÉ GIROUARD , S.J.,
†Sudbury, qui possède la collection la plus com- littéraire, YVES LEFIER , littéraire, et ROBERT
†plète d’histoires de paroisses en Ontario français TOUPIN , S.J., historien, de l’Université
Laurenen plus de sa bibliothèque spécialisée ; le CENTRE tienne ; ainsi que RENÉ CHAMPAGNE, S.J.,
DE RECHERCHE EN CIVILISATION CANADIENNE- philosophe, et JEAN-PIERRE PICHETTE, ethnologue,
FRANÇAISE (CRCCF) et le service des Archives de de l’Université de Sudbury. C’est sur la base des
l’UNIVERSITÉ D’OTTAWA, qui ont des fonds riches discussions qui animèrent les rencontres tantôt
sur les Franco-Ontariens et qui, au moment de hebdomadaires, tantôt quotidiennes, de ce groupe
01 Introduction I a XXXV V10f 26 9/17/10, 11:16 AMde l’Ontario français XXVII Remerciements
que prirent forme les grandes orientations de notre et sans aucune rémunération, ont eux-mêmes
DÉOF. Nous ne pouvons passer sous silence rédigé plusieurs articles. Ce sont : GEORGES
†l’enthousiasme du professeur RENÉ DIONNE , de BÉLANGER, Université Laurentienne (théâtre,
l’Université d’Ottawa, grand promoteur des essai), AURÉLIEN BOIVIN, Université Laval (contes,
lettres franco-ontariennes, qui a très tôt saisi nouvelles), LIONEL BONIN, Université
Laurenl’utilité de notre entreprise et s’est empressé de tienne (périodiques), GUY BONNEAU, Université de
mettre à notre service ses vastes acquis en la Sudbury (sciences religieuses), BENOÎT CAZABON,
†matière ; en plus de nous communiquer la docu- Université d’Ottawa (linguistique), RENÉ DIONNE ,
mentation et les nombreuses listes qu’il avait Université d’Ottawa (poésie), YVON GAUTHIER,
compilées depuis des années, il a bien voulu Université Laurentienne (éducation), GAÉTAN
s’associer à notre entreprise à compter de 1987. GERVAIS, Université Laurentienne (histoire), SIMON
Au cours de cette première époque, plusieurs LAFLAMME, Université Laurentienne (sciences
†autres collègues ont été consultés afin de com- sociales), YVES LEFIER , Université Laurentienne
menter les travaux du DÉOF : les professeurs (voyages), MICHEL LORD, Université de Toronto
†GEORGES BÉLANGER, ROBERT DICKSON et LAURE (études littéraires), LUCIEN PELLETIER, Université
HESBOIS, de l’Université Laurentienne, FRANÇOIS de Sudbury (philosophie), JEAN-PIERRE PICHETTE,
PARÉ, de l’Université de Guelph, et GAETAN Université de Sudbury (ethnologie), MICHELINE
VALLIÈRES, de l’Association des études TREMBLAY, Université Laurentienne (roman).
canadiennes.
D. Les employés du DÉOF
Comité scientifique Toute cette besogne abattue pendant un quart de
Au moment de présenter notre demande au CRSHC, siècle n’aurait pu se faire sans l’aide d’employés
nous avons établi un comité scientifique qui s’est rémunérés. C’est afin de défrayer leur salaire que
porté garant de la qualité de notre projet. Merci à les organismes subventionnaires ont consenti des
tous ces chercheurs de grande réputation qui ont investissements importants.
posé ce geste d’encouragement en notre faveur :
les professeurs AURÉLIEN BOIVIN (littéraire, Secrétariat
Université Laval), YOLANDE GRISÉ Au tout début du projet, entre 1982 et 1985, une
Université d’Ottawa), DAVID HAYNE (littéraire, vingtaine de femmes ont été affectées au travail
Université de Toronto), ANDRÉ LALONDE (his- de secrétariat. Ce personnel, souvent surqualifié,
torien, Université de Régina), MAURICE LEMIRE a procuré une aide essentielle au projet durant sa
(littéraire, Université Laval), MARGUERITE phase de documentation. Nos archives conservent
MAILLET (littéraire, Université de Moncton), JEAN- leurs noms d’où nous les tirons en leur exprimant
LOUIS MAJOR (littéraire, Université d’Ottawa), notre gratitude : MONIQUE BÉLANGER (1996),
FERNAND OUELLET (historien, Université York) et JOANNE BISSONNETTE (1982-1983), MONIQUE
†PIERRE SAVARD (historien, Université d’Ottawa). BRUNET (1984), JEANNINE CARRÉ (1982-1983),
Pour sa part, PIERRE LÉON, linguiste, de l’Uni- SYLVIE CHRÉTIEN (1982), SUZANNE DAOUST (1985),
versité de Toronto, se joignit temporairement à LORRAINE DIGNARD (1982-1984), MARIE
DUHAIMEl’équipe en 1988. BEAUPARLANT (1985), GISÈLE FOURNIER
(19821983), CAROLE GAUTHIER (1982-1983), LOUISE
Responsables de sections LACASSE (1984), JOHANNE LADOUCEUR
(1982En 1996, nous avons fait appel à quatorze experts 1984), LYNNE LAMONTAGNE (1982-1983), SOPHIE
dont la tâche fut d’abord de vérifier nos listes puis LANDRY (1993-1994), LYNE PERREAULT
(1982de proposer et, parfois même de solliciter en notre 1983), PAULINE POULIN (1982-1984), MONIQUE
nom, des rédacteurs pour les écrits relevant de RONDEAU (1984), LUCIE SABEL (1984-1985),
leurs domaines de compétence. Tous ces respon- CAROLE THÉRIAULT (1982-1983), SUZANNE
sables de sections, qui ont agi à titre professionnel VIOLETTE (1985).
01 Introduction I a XXXV V10f 27 9/17/10, 11:16 AMRemerciements XXVIII Dictionnaire des écrits
Auxiliaires de recherche première mise en forme du manuscrit (en
2008Nous réservons par ailleurs une place toute spé- 2009), défrayé le salaire des assistants – JOËL
ciale à nos assistants de recherche qui ont formé CARRIÈRE pour la recherche iconographique,
des équipes efficaces durant tous les étés de 1993 MÉLISSA CHARBONNEAU et VÉRONIQUE MORIN pour
à 2002. Après la mise à jour de nos listes et les l’insertion des corrections, ANDRÉANNE JOLY pour
derniers dépouillements, ils ont rédigé, sous la les premiers essais de mise en pages, et LISE
supervision étroite des directeurs, un très grand CARRIÈRE au soutien administratif – et, en fin de
nombre des notices du dictionnaire, environ 1500, parcours (2010), subventionné la mise en pages
ce qui équivaut à plus de la moitié des entrées ; définitive du dictionnaire ; ensuite, le personnel
certains d’entre eux ont aussi continué, durant de la Chaire de recherche en oralité des
l’année universitaire, à assurer la permanence du francophonies minoritaires (COFRAM) de
projet : ISABELLE BROCHU (1998, 2000-2002), l’Université Sainte-Anne qui, sous la supervision
ALAIN DAOUST (1994-1997), MARCO DUBÉ (1993- de son titulaire, a achevé la mise en forme du
1994), JOËL DUCHARME (1997), TRACY-LYNN manuscrit (2009-2010) : ROSIANE COMEAU, à la
FOUCAULT (1995), MICHELINE FOURNIER-THIBAULT vérification des données, LISETTE COMEAU,
(1994-1998), DANIELLE GADOURY (1995), PASCAL CARMEN D’ENTREMONT, GISÈLE THÉRIAULT pour la
GUILLEMETTE (1993-1994), MYRIAM LEGAULT préparation de l’index général, JASON SAULNIER,
(1998-1999), YANNICK PICARD (1995), MARIE- pour la numérisation de documents et le transfert
HÉLÈNE PICHETTE (1993-1998), GABRIEL ROY des fichiers électroniques, et surtout ELAINE
(1993-1994) et MARKO ROY (1995-1999). Ils ont LEBLANC, qui a effectué l’uniformisation complète
été secondés par d’autres étudiants qui ont aussi et apporté une aide indispensable à l’étape de la
collaboré au projet, de façon ponctuelle, à titre révision finale ; le Centre de recherche en
de chercheurs ou de rédacteurs : ANDRÉ BERTRAND civilisation canadienne-française (CRCCF), sous la
(1983-1984), JOSÉE BISSON (1998-1999), ISABELLE direction d’YVES FRENETTE, nous a assuré le
BOURGEAULT-TASSÉ (2000), LUCIE CHANDONNET concours de ses archivistes – NICOLE BONSAINT,
(2000), MICHEL COURCHESNE (1995), SERGE DUPUIS ALICE COCUNUBOVA, MICHEL LALONDE et GHISLAIN
(2005), SYLVIE LAFRENIÈRE (1996), JASON MERCIER THIBAULT pour la recherche iconographique dans
(2005), RACHEL NOËL DE TILLY (1982), STÉPHANE ses riches collections – et il a gracieusement fourni
PAQUETTE (1996), LOUIS-PIERRE PICHETTE (2000), les fichiers numériques des photographies qu’il
MARCEL VAILLANCOURT (1982). Enfin, l’équipe a possédait ; enfin, le père ANDRÉ DUBOIS, des
dû aussi recourir à quelques rédacteurs profes- Archives Deschâtelets de l’Université Saint-Paul,
sionnels dans des champs particuliers : LOUIS et JEAN-ALEXANDRE CHARLAND, du Centre
BÉLANGER, JEAN DUMONT, SYLVIE LAFORTUNE, d’archives des sœurs de la Charité d’Ottawa, nous
MICHEL-FRANCIS LAGACÉ, JEAN-YVES PELLETIER, ont tout aussi spontanément procuré les clichés
MARC PELLETIER, MARTIN POULIN et PAUL SAVOIE. photographiques recherchés.
Ce sont ces personnes que recouvre la signature Tout ce travail préparatoire serait resté dans
DÉOF à la suite de centaines d’articles. l’ombre et inédit sans le concours d’une dernière
équipe qui a favorisé sa diffusion. Persuadée de
E. Édition la valeur de cet outil de recherche unique, la
Pour la préparation finale du manuscrit, nous ministre déléguée aux Affaires francophones de
devons reconnaître l’aide de quelques organismes l’Ontario, Madame MADELEINE MEILLEUR, a
qui ont bien voulu mettre à la disposition de permis à son personnel de nous orienter vers le
l’équipe, à titre gracieux, leur personnel : d’abord partenaire qui allait financer l’impression du
et de nouveau, l’INSTITUT FRANCO-ONTARIEN (IFO) dictionnaire : le ministère de l’Éducation de
de l’Université Laurentienne qui, sous la direction l’Ontario, sous la responsabilité de Madame
de GRATIEN ALLAIRE, a relancé le projet d’édition LEONA DOMBROWSKY, grâce à la médiation du chef
en dégageant des fonds qui ont, au moment de la d’unité qui en a piloté le dossier. Enfin, l’attitude
01 Introduction I a XXXV V10f 28 9/17/10, 11:16 AMde l’Ontario français XXIX Remerciements
d’ouverture de notre éditeur, les Presses de recherche, et le travail des rédacteurs qui,
l’Université d’Ottawa (PUO), qui, de prime abord, ensemble, ont produit cette première synthèse des
a reçu notre projet avec enthousiasme et l’a traité écrits de l’Ontario français. Leur zèle illustre la
avec diligence, a fortement contribué à mener cohésion de la francophonie ontarienne, symbole
l’entreprise à bon port. d’une identité assumée et en plein
épanouisC’est l’investissement financier de tous ces sement. En souhaitant que nos mémoires ou nos
organismes subventionnaires, la générosité de nos archives n’aient perdu la trace d’aucun de nos
universités, la disponibilité des centres de collaborateurs, nous voulons exprimer à chacun
recherche, dépôts d’archives et bibliothèques, la l’expression de notre plus entière gratitude !
solidarité des collègues associés au projet, le Les codirecteurs,
dévouement des employés et des auxiliaires de Gaétan GERVAIS et Jean-Pierre PICHETTE
01 Introduction I a XXXV V10f 29 9/17/10, 11:16 AM01 Introduction I a XXXV V10f 30 9/17/10, 11:16 AMNotice d’emploi
Aux Canadiens-français de l’OntarioORGANISATION
(lettre A)
Avec ou sans amour (lettre A)Règle générale
Dans un gant de fer (lettre D)Comme ce dictionnaire a pour but de mettre en
De l’aviron... à... l’avion (lettre D)valeur les écrits de l’Ontario français, les articles
De Sumer au Canada français (lettre D)
sont classés selon l’ordre alphabétique des titres
Des œufs frappés... (lettre D)
des ouvrages retenus. Pour l’établir, on a tenu
Et d’ailleurs (lettre E)
compte de chacun des mots du titre et non seule- Pour que vous croyiez... (lettre P)
ment du premier. Ainsi en est-il des séquences Quand j’aurai payé ton visage (lettre Q)
suivantes : Sans soleil (lettre S)
À la baie d’Hudson Sur les rives de fleuve Saint-Jean (lettre S)
À la conquête de la liberté […] Un héros du Lac Supérieur (lettre U)
À la conquête du haut savoir
Alain Cas particuliers
À la mémoire de […]
À la mémoire du […]
1. Titres identiques
Dans le cas des titres identiques, le patronymeAmour, délice et orgie
des auteurs en détermine l’ordre :Amour flou
Histoire du Canada. Par Adélard DesrosiersAmours, délices et orgues
et Camille BertrandAmour vainqueur
HistoirPar Gustave Lanctôt
Pour repérer un écrit, on fera aussi abstraction de
Et s’il s’agit du même auteur, la date de publi-l’article défini (l’, le, la, les) au début du titre,
cation les distingue :comme ci-dessous :
Discours prononcé par M. Francis H.Ailes cassés (Les) (lettre A)
Clergue au banquet donné en son honneur parAiles qui montent (Les) (lettre A)
les citoyens du Sault-Sainte-Marie, Ontario.Enfants disent (Les) (lettre E)
Vendredi soir, 15 février 1901. [Par Francis H.Vieux m’ont conté (Les) (lettre V)
Clergue.]
Discours prononcé par M. Francis H.
Sauf si cet article fait partie d’un nom de lieu :
L’Orignal (lettre L) les citoyens du Sault-Sainte-Marie, Mich[igan].
Samedi soir, 21 [sic : c’est-à-dire le 23] février
Toutefois, l’ordre alphabétique tient compte de 1901. [Par Francis H. Clergue.]
l’article indéfini (un, une, des), de l’article
contracté (au, aux, des, du), de la préposition (à, avec, 2. Nombres
dans, sans, etc.) et de la conjonction (pour que, Quand le titre contient un nombre, l’ordre
d’appaquand, etc.) : rition repose sur ce nombre comme s’il était écrit
À glaise fendre (lettre A) en toutes lettres :
À travers les registres (lettre A) eAlbum-souvenir du 150 [cent
cinquanAu Témiskaming (lettre A) tième] anniversaire de la paroisse […]
01 Introduction I a XXXV V10f 31 9/17/10, 11:16 AMNotice d’emploi XXXII Dictionnaire des écrits
eAlbum-souvenir du 100 [centième] 2. dans un encadré à droite figure une lettre qui
anniversaire de la paroisse […] justifie la présence de l’écrit dans le DÉOF :
ièmeAlbum-souvenir du 75 [soixante- A pour un auteur né en Ontario,
quinzième] anniversaire de la paroisse […] R pour son lieu de travail ou de résidence,
eAlbum-souvenir du 60 [soixantième] S pour un sujet franco-ontarien et
anniversaire de la paroisse […]
P pour un périodique publié en Ontario ;
3. suit un compte rendu, de nature descriptive,On fait de même si le nombre commence le titre,
ordinairement bref, résumant les grandescomme dans les exemples suivants :
lignes de l’ouvrage, ses principales divisions[Dix-Onze] 10 / 11 (lettre D) et 1932, la ville
et son contenu ;du nickel (lettre M)
Divorce (Le) 4. enfin, on trouve en signature le nom du
* [Dix/Onze] 10/11
collaborateur qui a rédigé le compte rendu ;
Dix plus un demi
la mention DÉOF est apposée à une notice
préparée par un assistant de recherche.Mille historique (Le)
* [Mille neuf cent trente-deux] 1932, la
APPENDICESville du nickel
Enfin, quatre appendices permettent la consul-Mines de nickel de la région de Sudbury
(Les) tation du dictionnaire, selon la nature de l’objet
recherché :
ARTICLES
A. Répertoire des auteurs et de leurs écrits (par
Chaque entrée d’un écrit se compose
nécessaiordre chronologique avec justification) ;
rement des quatre éléments suivants :
B. Collaborateurs et collaboratrices (avec les
1. d’abord, apparaît le titre complet de l’écrit
écrits que chacun a recensés) ;
et le nom de l’auteur, avec la description
bibliographique complète incluant les C. Table bibliographique (instruments de travail
dimensions en centimètres pour les ouvrages et ouvrages de référence) ;
rassemblés par l’équipe ;
D. Index onomastique (des noms des personnes
et des lieux cités dans l’ouvrage).
01 Introduction I a XXXV V10f 32 9/17/10, 11:16 AMTable des sigles
AANB Acte de l’Amérique du Nord CCF Cooperative Commonwealth
britannique Federation
ACÉLF Association canadienne d’éducation CÉE Communauté économique
de langue française européenne
ACF Action canadienne-française CÉES Conseil des enseignants des écoles
secondairesACFAS Association canadienne-française
pour l’avancement des sciences CÉRES Centre d’études et de recherche
[devenue l’Association francophone en enseignement supérieur
pour le savoir] CHQ Comité des hôpitaux du Québec
ACFO CIA Central Intelligence Agency
de l’Ontario
ieC Compagnie
ACFÉO Association canadienne-française
CLF Cercle du livre de Franced’éducation de l’Ontario
COOP Conseil ontarien d’orientationACJC Association catholique de la
populairejeunesse canadienne-française
CRCCF Centre de recherche en civilisationACPO Alliance des caisses populaires
canadienne-françaisede l’Ontario
CSV Clercs de Saint-ViateurAÉF Association des étudiants
francophones DÉOF Dictionnaire des écrits de l’Ontario
françaisAEFO Association des enseignantes et des
enseignants franco-ontariens DOLQ Dictionnaire des œuvres littéraires
du QuébecAÉSPFO Association des écoles secondaire
privées franco-ontarienne DOPÉLFO Documents pédagogiques en langue
française de l’Ontario françaisAFO Association des fermières
de l’Ontario DTS Droits de tirage spéciaux
ALCQ Association des littératures EFTA European Free Trade Association
canadienne et québécoise ECW Essays on Canadian Writing
ALÉNA Accord de libre échange FAL Forces armées de la libération
nord-américain
FCPO Fédération des caisses populaires
API Association de parents et instituteurs
de l’Ontario
APJO Association de la presse jeunesse FEO Fédération des enseignants
ontaroise de l’Ontario
ASSBOO Association Saint-Jean-Baptiste FESFO Fédération de la jeunesse
de l’Ouest de l’Ontario franco-ontarienne
CANO Coopérative des artistes FFCF Fédération des femmes
canadiennesdu Nouvel-Ontario françaises
CBH Compagnie de la baie d’Hudson FLN Front de libération nationale
01 Introduction I a XXXV V10f 33 9/17/10, 11:16 AMTable des sigles XXXIV Dictionnaire des écrits
FMI Fonds monétaire international OMI Oblats de Marie-Immaculée
FNFCF Fédération nationale des femmes ONUDI Organisation des Nations Unies
canadiennes-françaises pour le développement industriel
FORA Centre franco-ontarien de ressources OPEP Organisation des pays exportateurs
en alphabétisation de pétrole
GODF Grand Orient de France OTF Ontario Teacher Federation
GRÉF Groupe de recherche en études PME Petites et moyennes entreprises
francophones PUM Presses de l’Université de Montréal
ICMH Institut canadien PUQ Presses de l’Université du Québec
de microreproductions historiques
RHLQCF Revue d’histoire littéraire
IÉPO Institut des études pédagogiques du Québec et du Canada français
de l’Ontario
RIN Rassemblement pour l’indépendance
INCO International Nickel Company nationale
JÉC Jeunesse étudiante catholique ROPFO Regroupement des organismes
JOC Jeunesse ouvrière catholique du patrimoine franco-ontarien
MAT Mouvement anti-théâtral TNO Théâtre du Nouvel-Ontario
NRF Nouvelle Revue française UCFO Union catholique des fermières
de l’OntarioOÉA Organisation des États américains
URSS Union des républiques socialistesOFA Ontario Federation of Agriculture
soviétiques
OFNI Objet français non identifié
Crédits des photos
o• Francis-Joseph Audet (1867-1943) Cahiers des Dix, n 9, 1944 • Marius Barbeau (1883-1969) Université d’Ottawa,
CRCCF, Fonds Juliette-Caron-Dupont, P97, Ph63-4 • Victor Barrette (1888-1958) Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Le
oDroit, C71, Ph92-31 • Roger Bernard (1944-2000) Cahiers Charlevoix, n 5, 2002 • Emma-Adèle Bourgeois-Lacerte
(1970-1935) Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Frances-Woods-Hébert, P201, Ph135-6 • Gaston Carrière (1913-1985)
Archives Deschâtelets des missionnaires oblats, Ottawa • William Chapman (1850-1917) Université d’Ottawa, CRCCF,
Collection générale, C38, Ph61-B7.1 • Pierre Daviault (1899-1964) Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Paul-Wyczynski,
P19, Ph28-Dict-D1 • Alexis de Barbezieux (1854-1941) Justin de Montagnac, Le P. Alexis de Barbezieux de l’Ordre des
frères-mineurs capucins, 1943 • Alfred-Duclos De Celles (1843-1925) CRCCFyczynski,
P19, Ph29-Dict-D2 • Léo-Paul Desrosiers (1896-1967) Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Livres et auteurs québécois,
C14, Ph30-D13 • René Dionne (1929-2009) Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Éditions L’Interligne, C86, Ph167-1370 •
Roger Duhamel (1916-1985) Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Thérèse-Denoncourt, P215, Ph150-1 • Jean Éthier-Blais
(1925-1995) Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds DALFAN, C96, Ph193-175 • Joseph-Guillaume Forbes (1865-1940)
Université d’Ottawa, CRCCF, Collection générale, C38, Ph1-I-190 • Louise-Marie Guay (Sœur Paul-Émile, 1885-1971)
Archives des sœurs de la Charité d’Ottawa, Ottawa • Joseph-Raoul Hurtubise (1882-1955) Université d’Ottawa, CRCCF,
Collection générale, C38, Ph123ph1-I-65 • Gustave Lanctôt (1883-1975) Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Livres et
auteurs québécois, C14, Ph30-L12 • Germain Lemieux (1914-2008) Centre franco-ontarien de folklore, Sudbury • Séraphin
Marion (1896-1983) Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Séraphin-Marion, P106, Ph152-A-23 • Charles Alfred-Marie
Paradis (1848-1926) Archives Deschâtelets des missionnaires oblats, Ottawa • Pascal Poirier (1852-1933) Université
d’Ottawa, CRCCF, Fonds Institut canadien-français, C36, Ph38-77 • Régis Roy (1864-1944) Université d’Ottawa, CRCCF,
Fonds Régis-Roy, P245, Ph185-1L • Georges Simard (1878-1956) Archives Deschâtelets des missionnaires oblats, Ottawa
• Benjamin Sulte (1841-1923) Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds DALFAN, C96, Ph193-355 • Joseph Tassé (1848-1895)
Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Institut canadien-français, C36, Ph38-73 • Adrien Thério (1925-2003) Université
d’Ottawa, CRCCF, Fonds Lettres québécoises, C97, Ph198-10/334 • Jules Tremblay (1879-1927) Université d’Ottawa,
CRCCF, Fonds Jules-Tremblay, P58, Ph151-1 • Marie-Rose Turcot (1887-1977) Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds
MarieRose Turcot, P22, 22-6 • Michel Vastel (1940-2008) Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Le Droit, C71,
Ph92-7-271189VAS8A • Paul Wyczynski (1921-2008) Université d’Ottawa, CRCCF, Collection générale, C38, Wyczynski.
01 Introduction I a XXXV V10f 34 9/17/10, 11:16 AMA
Abandonnée à l’orphelinat. Roman. profondément solidaire de son action. Le Nord
Par Madeleine Moreau. se présente à l’auteur comme une solution de
[Sudbury], Centre FORA, [1992], 54 p. (12,8 x 21,1 cm) remplacement à la dispersion américaine. Dans
R une première partie, c’est d’ailleurs la nostalgie
Préparé dans le cadre du troisième concours d’une certaine pureté des jeux de l’enfance qui
d’écrivains amateurs, lancé par les Centres prédomine. Les poèmes, de forme dialogique,
d’alphabétisation populaire du nord de l’Ontario évoquent tour à tour les noms d’autres écrivains
(CAP-NORD), ce « roman » de Madeleine Moreau qui ont participé, dans les années soixante-dix, à
est en fait une autobiographie qu’elle livre, en cinq la vie culturelle franco-ontarienne. En seconde
parties. L’auteur parle d’abord de sa vie à la crèche partie apparaît l’image familière de l’errance,
puis dans un orphelinat à Montréal, aussi de ses d’abord vers Ottawa, puis vers Montréal. Ces
beaux souvenirs des fêtes de Noël et de Pâques. derniers poèmes sont marqués par un fort
Enfant espiègle que l’école intéresse peu, elle se pessimisme et un sentiment d’impuissance devant
voit confier, à onze ans, des tâches ménagères, un espace sociopolitique dont les signes sont
puis, à treize ans, le soin d’autres orphelins à la devenus incompréhensibles.
crèche de la Miséricorde. Un peu plus tard, elle FRANÇOIS PARÉ
retrouve sa mère naturelle, qu’elle accompagne à
Sudbury, mais qui mène une vie de débauche.
Absence (L’). Poésie.Moreau raconte son cheminement et sa quête
Par Caroline-Anne Coulombe.d’amour et de bonheur. C’est à Montréal, où elle
[Hearst], Le Nordir, [1991], 49 p. (14,3 x 19 cm)retourne travailler, qu’elle fait la connaissance
Rd’un homme qu’elle épousera et avec qui elle aura
Les poèmes de ce recueil décrivent le cri d’uneenfin la famille tant désirée. Sa mère meurt sans
jeune femme aux prises avec la douleur créée parlui révéler le nom de son père. En Ontario,
l’absence de l’autre, représenté par la forme « tu ».plusieurs centres d’alphabétisation des adultes ont
Ce dernier se taille une place importante dans levu le jour, aux cours des dernières décennies. Ils
recueil, dans la mesure où il envahit les penséesont souvent utilisé, comme outil pédagogique, la
de la narratrice, accentuant ainsi sa souffrance :rédaction de brefs travaux, souvent à caractère
« Ton souffle est un couteau / qui se fraye unautobiographique. L’ouvrage de Madeleine
chemin / jusqu’au cœur ». Outre l’absence, le
Moreau appartient à ce type de publication.
sang, les cadavres et surtout la mort sont autantDÉOF
de thèmes que la poétesse dépeint pour tenter de
vaincre la solitude. Cependant, rien n’y fait, elle
n’arrive pas à surmonter son désespoir : « mourirAbris nocturnes.
est un sanglot étouffé par l’existence ».Par Robert Dickson.
DÉOFSudbury, Prise de parole, 1986, 51 p. (14,5 x 22 cm)
A
Se voulant un hommage au dramaturge André
Absences et départs dans les institutsPaiement, décédé prématurément, ce recueil de
religieux.poèmes fait l’éloge de la fraternité et de l’amitié
Par Germain Lesage. [Présentation dedans un monde frappé par la perte des valeurs
Jacques Cloutier.]humaines. La voix narrative du poète y est
Ottawa, Conférence religieuse canadienne, « Consultations »profondément ancrée dans la vie sudburoise, ville
13, [1975 ?], 29 p. (14 x 21,5 cm)
souillée par l’activité industrielle, mais ville R
Lettre A 1 a 88 V4 f 1 8/19/10, 7:38 AMAbus des drogues 2 Dictionnaire des écrits
Cette brochure, écrite par un prêtre oblat, retrace de l’édifice. Il dresse, photos à l’appui, la
et révise les règlements établis par le droit chronologie du bâtiment occupé successivement
canonique concernant les absences et les départs par l’évêché, le collège de Bytown, l’hôtel de
des religieux et religieuses en instituts. L’écrit, Champagne, la caserne, l’école Notre-Dame et
divisé en six parties, vise à déterminer les règles l’école La-Salle, énumère les diverses
transformaqui régentent l’expiration de l’engagement, le tions subies, en explique l’importance et conclut
changement d’institut, la désertion de la commu- en vantant les nombreux mérites de l’édifice. La
nauté, la permission d’absence, l’exclaustration seconde partie, par John Leaning, architecte et
et la laïcisation volontaire, afin d’atténuer les conseiller d’Ottawa en design urbain, décrit les
rigueurs de la sortie des institutions religieuses rénovations récemment effectuées tout en
respec« dans une perspective plus évangélique et plus tant l’authenticité des bâtiments. De nombreux
pastorale ». plans et photos accompagnent son texte afin de
DÉOF montrer la justesse de ses décisions.
DÉOF
Abus des drogues (L’). Les programmes
Acadianité. La voix acadiennede prévention chez les jeunes.
en Ontario/ Le journal des CanadiensPar Line Beauchesne.
[Québec], PUQ, « Monographies de psychologie », [1986], du sud de l’Ontario. (1984-1985)
106 p. Tableaux, bibliographie. (22 cm) Toronto. Mensuel. 1984-1985. [Le journal a porté deux
sousoR titres différents : La Voix acadienne en Ontario [vol. 1, n 1] ;
Le Journal des Canadiens du sud de l’Ontario [vol. 2,Cet ouvrage étale les résultats d’études relatives
osn 13-14].à l’abus des drogues chez les jeunes Québécois, P
ainsi que les résultats de certaines recherches sur Le premier numéro d’Acadianité paraît dans la
l’efficacité des programmes de prévention exis- livraison du 17 au 23 janvier 1984 de l’Express
tants. Tout en dressant un bilan des études dans de Toronto. On prévoit trois numéros dans le
ces domaines, le but de l’auteur est aussi de mettre premier volume et douze dans le deuxième
en relief les difficultés méthodologiques évidentes volume, distribués à domicile moyennant un
dans les recherches évaluatives sur les program- abonnement annuel. Dès le cinquième numéro du
mes de prévention d’abus pour ainsi venir à deuxième volume (semaine du 18 au 31 mars
proposer certaines clarifications pour les recher- 1985), il était question d’un abonnement de
ches à venir. L’auteur ajoute une importante cinquante-deux semaines. Cela ne fonctionna
bibliographie utile pour tout étudiant ou étudiante pas ; le volume II ne comprendrait que quatorze
de ce domaine. numéros mensuels incluant le numéro spécial du
JACQUELINE LOIGNON 20 décembre 1985. Ce journal succède au
Bulletin : Organe officiel du Club acadien de
erToronto (du 1 novembre 1955 au 15 avril 1957)
Académie de La Salle, un édifice
et ces deux publications en série connaîtront le
patrimonial reprend vie.
même sort à cause du manque de ressources
[Ottawa, Ministère d’État, Affaires urbaines Canada, c1976],
humaines et financières pour leur survie. De plus,110 p. Carte, photos, plans. (27,5 x 20,9 cm)
A/S les abonnements sont trop peu fréquents malgré
Cette publication gouvernementale relate l’histoi- tous les efforts consentis à la production de
re des édifices qui ont autrefois abrité l’Académie contenus variés et d’intérêt public. Le but du
de La Salle et qu’occupent maintenant les bureaux fondateur-éditeur, Roger Léger, est d’atteindre
du ministère d’État aux Affaires urbaines. « le plus grand nombre d’Acadiens et de
L’ouvrage se divise en deux grandes sections, francophones désireux d’être informés des
précédées d’un texte introductif de Barney activités et des services en langue française dans
Danson, titulaire du Ministère. Lucien Brault, notre région » et il « se veut ouvert à toutes les
historien honoraire de la ville d’Ottawa, est opinions, toutes les aspirations acadiennes à
l’auteur de la première partie qui raconte le passé travers le pays ». Acadianité, comme son
Lettre A 1 a 88 V4 f 2 8/19/10, 7:38 AM3de l’Ontario français Accalmie
prédécesseur, paraît en format tabloïd et il est replaçant dans le cadre historique où ils ont
imprimé sur du papier journal. Il a l’allure d’un vécu ». Le récit remonte au début du dix-septième
quotidien avec ses manchettes en première page, siècle, au moment où les explorateurs Pierre Du
son éditorial, ses lettres des lecteurs et ses Gua de Monts, Jean de Biencourt et Samuel de
chroniques régulières, telles « la chronique de par Champlain sillonnèrent l’Acadie et la
Nouvellechez-nous » et il reflète les activités de l’Alliance France. L’auteur relate ensuite les premières
acadienne de l’Ontario. Tel nous paraît le premier tentatives de colonisation, les escarmouches entre
numéro. Par ailleurs, dès le volume II, nous l’Acadie et la Nouvelle-Angleterre et la conquête
constatons que le journal prend de l’ampleur, tant anglaise de 1710. Les derniers chapitres de
par le nombre d’encarts publicitaires en l’ouvrage portent sur le sort des Acadiens victimes
provenance, entre autres, des deux paliers de de la Déportation de 1755. Plusieurs
renseignegouvernement, que par la variété des thèmes qui ments à caractère généalogique sur les premières
y sont traités. En particulier, dans le premier familles acadiennes sont également fournis.
MICHEL BOCKnuméro du deuxième volume, il y a trois pages
ede photos et statistiques sur « les 5 jeux de
l’Acadie » et une nouvelle section y est ajoutée,
Accalmie (L’). Lord Durham au Canada.intitulée « Gesta Dei en Acadie » racontant les
Par Léo-Paul Desrosiers.faits saillants de l’histoire de l’Acadie. Il y a aussi
[Montréal], Le Devoir, 1937, 149 p. (20 cm)
des horoscopes, bandes dessinées, des R
retrouvailles « Au-delà du clin d’œil » ; de plus,
L’auteur résume et commente le bref mais
tumuldans le volume 2 (numéro 5), surgit une section
tueux séjour de lord Durham au Canada, séjour
« le P’tit Canadien » où l’on « [invite] tous les
erqui s’étend du 27 mai au 1 novembre 1838. Le
Canadiens à s’exprimer ». Cette diversité des
lord haut commissaire a pour mission d’établir
contenus se reflète dans le nombre de pages,
c’estune paix durable dans la colonie, au lendemain
à-dire huit ou douze pages. Seul le volume 2
de la Rébellion de 1837, et de doter le Canada
(numéro 1) aura 16 pages. Roger Léger sera
d’une forme de gouvernement conforme au
l’éditeur du début à la fin et il gardera une équipe
modèle en vigueur au Royaume-Uni. Au dire de
fidèle de collaborateurs tels Michel Arsenault,
l’auteur, c’est un homme nerveux, irritable et
Michelle Aucoin, Rita Légère, l’abbé Oscar
impatient qui adopte et proclame l’Ordonnance
Bourque, le père Anselme Chiasson (sa biographie
du 28 juin, libérant ou exilant les prisonniers
paraît dans le premier numéro, avec celle de
politiques. Selon Desrosiers, le « noble radical »
Charles-E. Arsenault) et Achille Godin. Enfin,
est un agitateur au franc-parler peu politique, qui
Acadianité est profondément imbu de l’esprit
se met en tête de remodeler le pays en s’appuyant
véhiculé par les membres de l’Association
sur le principe que les races française et anglaise
acadienne de l’Ontario.
sont incompatibles au Canada. La solution de
MICHEL BOUCHER
Durham est la suivante : les Canadiens anglais
doivent dominer, les Canadiens français doivent
être assimilés. Le gouverneur élabore donc unAcadie des origines 1603-1771 (L’).
vaste plan d’anglicisation générale par les lois,Par Léopold Lanctot.
les institutions, les ventes de terres et l’immi-Montréal, Éditions du Fleuve, 1988, 234 p. Illustrations,
annexe. (23 cm x 15 cm) gration. Mais le désaveu de l’Ordonnance du
R 28 juin entraîne la démission du gouverneur et la
Cet ouvrage est une œuvre à la fois d’historien et mise au rancart de son plan. Léo-Paul Desrosiers
de généalogiste. Léopold Lanctot, cofondateur et résume ainsi la carrière du lord haut commissaire
directeur, pendant plusieurs années, des Éditions au Canada : « Durham dramatise tout ce qui le
de l’Université d’Ottawa, et administrateur, au touche et tout ce qu’il touche ».
moment de la publication du livre, de la Maison PAUL-FRANÇOIS SYLVESTRE
l’Assomption des pères oblats à Ottawa, a voulu
« raconter la vie de nos ancêtres (acadiens) en les
Lettre A 1 a 88 V4 f 3 8/19/10, 7:38 AMAccents des Français 4 Dictionnaire des écrits
Accession des congrégations à l’étatAccents des Français (Les).
religieux canonique (L’).Par Fernand Carton, Denis Autesserre,
Par Germain Lesage.Mario Rossi et Pierre Léon.
[Paris], Hachette, « De bouche à oreille », [c1983], 95 p. Ottawa, Éditions de l’Université d’Ottawa, « Series canonica »
(22 cm) 19, 1952, 240 p. Bibliographie. (24 cm)
R R
Dans cet ouvrage, composé de sept chapitres,L’objectif de cet ouvrage, qui comprend un livre
Germain Lesage se propose de « décrire leset une audiocassette contenant l’enregistrement
des documents sonores authentiques, est de grandes étapes de l’accession des congrégations
à vœux simples à l’état religieux juridique ». Pourdécrire la diversité des prononciations des français
régionaux de l’Hexagone. Les connaissances de ce faire, il reprend et interprète de nombreux
documents juridiques qui ont trait au dévelop-base préalables en phonétique française
nécespement de l’état religieux canonique. Les deuxsaires à l’utilisation de l’ouvrage sont présentées
premiers chapitres retracent la genèse de l’étatdans l’introduction. Le livre se divise en trois
parties : « France du nord », « franco-provençal religieux juridique et présentent l’élaboration de
ela doctrine jusqu’au XIII siècle. Le troisièmeet France du sud », « français parisien et français
standardisés ». À l’intérieur de chacune de ces chapitre (« Antécédents des congrégations »)
examine les interprétations doctrinales et laparties, les chapitres traitent, dans les deux
législation relative à la nature des vœux solennels,premiers cas, des régions spécifiques (Alsace,
e edu XIV au XV siècle, tandis que le quatrièmeLorraine, Nord Picardie, Normandie, Bretagne,
Touraine, Jura et Bourgogne pour le nord ; chapitre étudie les assises doctrinales sur
lesquelles s’appuient les congrégations à partirProvence, Languedoc, Gascogne, Corse et
Auveregne pour le sud), et dans la troisième partie, de du XVI siècle. L’auteur aborde ensuite la question
ecanonique des congrégations, du début du XVIIdifférents sociolectes (français méridional
esiècle jusqu’au milieu du XVIII (chap. 5) etstandardisé, accent parisien standardisé, accent
l’élaboration du droit des congrégations, du milieuparisien populaire, accent de la haute bourgeoisie
e eet de l’aristocratie parisiennes). Chaque chapitre du XVIII jusqu’au milieu du XIX (chap. 6). Suit
un dernier chapitre qui porte sur l’accession àprésente, sous la forme d’une leçon, les
caractérisetiques de l’accent régional en question. On donne l’état religieux juridique depuis le milieu du XIX
siècle.d’abord un aperçu historique et géographique,
DÉOFsuivi d’une description des dialectes ou « patois »
de la région. Ensuite, on présente un échantillon
du français régional à l’étude, suivi d’une
descripÀ contre-nuit.tion des particularités phonétiques
(phonématiPar François d’Apollonia.ques et prosodiques) de l’extrait. Un tableau
[Longueuil], Le Préambule, [c1975], 111 p. (14,8 x 22,2 cm)synoptique présente une comparaison détaillée
A
entre le français régional et le français standardisé,
À contre-nuit, qui figure parmi les premiers
sous les rubriques suivantes : voyelles, consonnes, recueils de poèmes de François d’Apollonia,
accentuation et intonation. Un deuxième texte
présente une division tripartite. À une première
(également enregistré) se trouve à la fin de chaque section, qui comprend soixante-trois poèmes ainsi
chapitre et le lecteur est invité à identifier les
que cinq courts passages de prose poétique,
caractéristiques de l’accent qui s’y trouvent. Les succède une suite de onze petits poèmes, intitulée
chapitres se terminent par des repères
biblio« Poèmes à vue d’œil ». La troisième partie du
graphiques « pour en savoir plus ». Dans la recueil, qui porte le titre « Approximations », se
conclusion, les auteurs discutent brièvement des
compose de courtes maximes, réflexions pour la
facteurs sociaux associés à la standardisation et
plupart sur l’acte d’écrire. Le titre du recueil
au maintien des caractéristiques régionales dans
indique le lieu d’origine de l’écriture : une nuit
la prononciation. primordiale d’où émerge le poème. La quête
JEFF TENNANT
existentielle du poète se place sous le signe de la
Lettre A 1 a 88 V4 f 4 8/19/10, 7:38 AM5de l’Ontario français Actes du colloque
lutte des contraires. Le recueil est, en effet, cons- relève les points communs entre les femmes de
truit sur l’opposition du jour fragmenté, lié au ce pays et les femmes de langue française vivant
temps social, au « monde mercenaire ». Il y a aussi en milieu minoritaire. Lyne Bouchard, Chantal
opposition de la nuit, « la profondeur du jour », Cholette et Claire Mazuhelli présentent «
Convernuit réunificatrice associée à la mémoire, aux gence », une coopérative de consultation qu’elles
« lointains antérieurs », au rêve, à la femme ont créée, en expliquant les difficultés surmontées
tellurique. Un thème récurrent est le passage du pour la mettre sur pied. Enfin, Anita Corriveau,
temps qui conduit à la mort, « le présent sans directrice et fondatrice d’une école secondaire de
bornes », la sortie de l’Histoire, le retour à la langue française vivant en milieu de langue
« mémoire géologique » où « le temps est resté anglaise, traite de « l’importance de l’équité
intact ». Dans des vers libres ou quelquefois d’emploi en éducation ». Plusieurs tableaux et
rimés, la critique Voldeng réfléchit sur le problème annexes accompagnent son texte.
de l’écriture, son ancrage dans l’imaginaire, dans DÉOF
le rêve et le silence, réflexion qu’il poursuivra au
long des recueils suivants.
ÉVELYNE VOLDENG Actes du colloque sur la situation
de la recherche sur la vie française
en Ontario. Tenu à l’Université
Actes de colloque. « Les femmes d’Ottawa les 28 et 29 novembre 1974.
francophones en milieu minoritaire ». Avant-propos de Pierre Savard.
État de la recherche. Colloque tenu Ottawa / Montréal, Centre de recherche en civilisation
canadienne-française de l’Université d’Ottawa / Associationà Sudbury les 19 et 20 mai 1992.
canadienne-française pour l’avancement des sciences (ACFAS),[Présentation de Thérèse Boutin.]
1975, [ii]-280 p. [Titre en couverture : Situation de la
Sudbury, Institut franco-ontarien, [« Fleur-de-trille »], 1993,
recherche sur la vie française en Ontario]. (22 x 28 cm)
145 p. Tableaux, illustrations. (17 x 21,6 cm) SS
Ces actes de colloque comprennent douze com-Ce recueil rassemble les communications des
munications de professeurs et portent sur des
participantes à un colloque tenu les 19 et 20 mai
sujets variés ; ils comprennent aussi dix commen-1992 à Sudbury. Il s’ouvre sur une introduction
taires. Les communications portent sur les sujetsoù Thérèse Boutin présente les textes des
confésuivants : la documentation orale (Germainrencières. D’abord, Marie-Thérèse Séguin,
Lemieux), la documentation imprimée (Benjamin
professeur, propose une réflexion à trois niveaux,
Fortin), l’histoire des Franco-Ontariens (Robertsur les concepts nouveaux, sur le pouvoir et sur
Choquette), la population franco-ontarienne
les dimensions politiques du problème. Ensuite
(Ronald D’Costa), la vie politique (Jean-PierreMarie-Luce Garceau, professeur à l’Université
Gaboury), la recherche en sociologie (DanielleLaurentienne, étudie la situation économique des
Juteau-Lee et Jean Lapointe), la recherche enFranco-Ontariennes de 45 à 64 ans et leur
science économique (Jacques Henry), la
dépendance financière vis-à-vis de leur conjoint
recherche en éducation (Lionel Desjarlais), leou de l’État. Monica Heller et Laurette Lévy
français parlé (Raymond Lamérand), la vie
abordent la question des mariages mixtes pour
religieuse (Pierre Hurtubise), arts et culturemontrer que les Franco-Ontariennes mariées à des
(Micheline Saint-Cyr), l’idéologie (Gérardanglophones transmettent à leurs enfants le
Lemieux). En appendice, le lecteur trouvera unemodèle de leur propre scolarité, fait significatif
compilation des archives et de la documentation
puisque la plupart des femmes qui ont étudié en
du Centre de recherche en civilisation canadienne-anglais au niveau élémentaire n’ont pas terminé
française de l’Université d’Ottawa. Cette
publicaleur secondaire. Sylvie d’Augerot-Arend parle du
tion regroupe donc les communications du
rôle et de la place des Franco-Ontariennes dans
premier colloque tenu pour faire le point sur lale nationalisme, en se basant sur des articles tirés
situation de la recherche au sujet de l’Ontariodu journal Le Droit entre 1913 et 1927. Ayant
français.
récemment voyagé au Cameroun, Linda Cardinal DONALD DENNIE
Lettre A 1 a 88 V4 f 5 8/19/10, 7:38 AMActualisation 6 Dictionnaire des écrits
Actualisation du Nouveau Testament Ce livre contient huit courts articles, quelque peu
retravaillés depuis leur parution dans une revue(L’). De la réflexion à la pratique.
de la communauté des frères des écoles chrétien-Par Marcel Dumais.
Paris, Cerf, « Lectio Divina » 107, 1981, 177 p. (22 cm) nes. Dans son premier article, l’auteur retrace
R brièvement l’historique de la lutte des
FrancoD’entrée de jeu, l’auteur souligne la nécessité d’un Ontariens pour obtenir une éducation dans leur
renouvellement des méthodes d’exégèse. Deux langue en Ontario, ainsi que la création des écoles
avenues se présentent au lecteur croyant de la secondaires françaises qui, elles, viendront en
Bible qui cherche en elle une nourriture pour sa 1968. Dans le second article, l’auteur explique le
vie de foi : une lecture scientifique du texte, de choix de plusieurs écoles privées de devenir des
type historicocritique, qui fait abstraction de sa écoles publiques, les premières n’ayant pas les
situation et de ses préoccupations de lecteur ressources financières adéquates pour assumer
d’aujourd’hui ; ou à l’opposé, une lecture enga- « les changements nécessaires dans la gestion du
gée, de type marxiste par exemple, qui regarde le personnel et des ressources matérielles ». La
texte à partir d’une vision socioculturelle et de gestion scolaire et les différents obstacles que les
préoccupations actuelles au risque de ne pas Franco-Ontariens ont dû franchir pour l’obtenir
rendre compte de l’intention première du texte et font l’objet du troisième article. Dans le
quatriède la totalité de son message. L’auteur propose me, l’auteur expose les divergences d’opinions,
donc une approche du Nouveau Testament plus les rivalités entre les Franco-Ontariens. Alors que
équilibrée. Son but est d’actualiser les textes tout certains croient que ce n’est pas la responsabilité
en restant fidèle au sens qu’ils contiennent. de l’école de dispenser l’éducation de la foi, mais
L’approche que l’auteur développe part du bel et bien celle de l’Église, d’autres associent le
principe que l’Écriture elle-même non seulement système catholique « à l’école élémentaire et à
impose la nécessité mais aussi offre la méthode une forme de contrôle paternaliste non
acceptaet les critères de son actualisation dans notre vécu ble ». Dans l’article suivant, l’auteur parle de la
d’aujourd’hui. L’intention profonde des textes « croisée des chemins » pour dire que les
Francobibliques, questionne-t-il, n’est-elle pas précisé- Ontariens sont devant un choix, celui d’envoyer
ment d’être source de sens et nourriture de vie ou non leurs enfants à l’école catholique et, dans
pour les êtres humains de tous les temps ? Dans ce cas, d’adhérer à « des valeurs religieuses et un
la première partie de son étude, l’auteur réfléchit engagement à l’égard du projet proposé ». Le
sur le caractère normatif des Écritures. Si le sixième article fait état d’un pluralisme croissant
Nouveau Testament est pour nous normatif, ce en Ontario français, une partie des
Francon’est pas dans ses expressions de langage mais Ontariens de l’Ontario étant née dans la province,
dans ce qui en lui est fondamental : le rapport entre d’autres au Québec ou dans une autre province,
des réalités de foi et leurs diverses incarnations ou encore à l’extérieur. Tout ceci amène une
socioculturelles. En deuxième partie, l’auteur diversité importante au sein de la société
francoapplique la méthode à quelques textes du Nouveau ontarienne car « les gens n’ont pas tous
nécessaiTestament, notamment la parabole du père et de rement les mêmes valeurs culturelles ou
religieuses deux fils (Luc 15, 11-32). ses ». Un autre article relate la création du Conseil
GUY BONNEAU scolaire de langue française d’Ottawa-Carleton.
Dans le dernier, l’auteur montre les défis que la
communauté franco-ontarienne doit surmonter.
Actualité dans l’éducation
francoCar il lui faut une meilleure définition de ses
ontarienne (L’). Juin 1989. « projets éducatifs » si elle veut contrecarrer
Vue par un frère des écoles chrétiennes. l’assimilation toujours à ses portes.
Par Maurice Lapointe. DÉOF
Préface de Guy Lapensée.
[Ottawa], Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques,
[c1989], 34 p. Photos. (16,5 x 21 cm)
S
Lettre A 1 a 88 V4 f 6 8/19/10, 7:38 AM7de l’Ontario français Administration de la Nouvelle-France
Adieu, Babylone. Roman. Adieu Paris ! Journal d’une évacuée
Par Naïm Kattan. Préface de Michel Tournier. canadienne. 10 mai-17 juin 1940.
[Montréal], La Presse, [1975], 238 p. ; Paris, Julliard, 1976, Par Simone Routier.
238 p. ; Montréal, Leméac, « Poche Québec », 1986, 238 p. Ottawa, Éditions du « Droit », [c1940], 159 p. Carte. (20 cm)
[Traduction anglaise par Sheila Fischman] Farewell, Babylon, R
Toronto, McClelland and Stewart, 1976, 191 p. ; New York,
Installée en France depuis dix ans, Simone RoutierTaplinger Publishing Company, 1980. (21 cm)
R a perdu un fiancé mort au début de la guerre. En
Voici le premier roman de cet auteur prolifique toile de fond, il y a la débâcle française, malgré
qui a dirigé le Service des lettres et de l’édition le fait que son armée soit « la plus brave du
du Conseil des arts du Canada pendant une monde ». Simone Routier nous présente des amis
trentaine d’années. Irakien d’origine juive, Kattan et des évacués comme elle, tout en nous relatant
situe le récit de ce roman à Bagdad, son lieu de ses expériences relatives à son évacuation
mouvenaissance. Largement autobiographique, mais mentée pour le Canada. Les événements sont
sans doute appelé « roman » pour permettre un racontés à chaud. Les jugements de valeur
parsècertain éloignement des événements, le récit ment le texte et font quelquefois sourire. En marge
s’amorce au moment du coup d’État de mai 1941, du texte, on a ajouté, à chaque page, des apostilles
lequel mettait fin à l’occupation britannique et qui en résument le contenu et qui ont pour effet
voyait l’installation de Rachid Ali au pouvoir. malheureux d’atténuer la gravité des événements.
C’est dans une atmosphère de ferveur nationaliste GUY GAUDREAU
que le narrateur raconte ses années de formation
dans un pays où se confrontent musulmans, juifs
Administration de la Nouvelle-France (L’).et chrétiens. Malgré des différences, un projet
Par Gustave Lanctot.commun unit souvent les jeunes intellectuels. Ce
Montréal, Éditions du Jour, [c1971], 177 p. Index, biblio-livre retrace donc les années d’apprentissage du
graphie. (13 x 19,6 cm)narrateur d’origine juive et les débuts de son
R
cheminement littéraire et politique : le jeune héros
Cet ouvrage traite du gouvernement de la
veut participer à la création d’une littérature
Nouvelle-France (1540-1763). En huit chapitres,
authentiquement irakienne. Mais pour devenir un
l’auteur examine quelques aspects de
l’admiécrivain irakien, il lui faudrait utiliser la langue
nistration en Nouvelle-France. Premièrement,
arabe et renoncer en grande partie à sa culture
l’auteur présente une description des débuts de la
juive et à son amour de la langue française.
colonie, un texte qui lui sert d’introduction. Le
L’auteur trace aussi un portrait fidèle de la
comvéritable examen du régime, cependant,
communauté juive de Bagdad, dont il décrit les
mence au deuxième chapitre. Lanctot y examine
coutumes, les occupations et les difficultés
le rôle des lieutenants généraux, des vice-rois et
d’intégration dans une société où le Juif est
des gouverneurs, dont le premier fut Roberval,
souvent méprisé. En quête d’identité et
d’affirmaqui devint lieutenant général en 1540. Puis il
tion sociale, la communauté juive se sent mise à
étudie les fonctions des gouverneurs, la principale
l’écart du projet collectif. À travers les
tirailleétant « de représenter la personne du roi et de
ments et les conflits, le narrateur recherche donc
conserver le pays sous son obéissance et
sa voie. Il décrit aussi, dans un style efficace et
domination ». La fonction d’intendant fait l’objet
puissamment suggestif, son initiation sexuelle.
du quatrième chapitre ; ce personnage détenait
Finalement, la seule solution qui s’offre au jeune
une autorité quasiment absolue dans les domaines
intellectuel, c’est l’exil en Occident, et
spéciade la justice et de la finance. Le chapitre
cinquièlement en France, où pourront s’exprimer tous
me porte sur les origines et la composition du
les désirs longtemps refoulés. Adieu, Babylone
Conseil souverain, la plus haute cour de justice
est le premier d’une trilogie qui décrit le
chemide la colonie, créé en 1662 pour succéder au
nement de l’auteur depuis son lieu de naissance
Conseil de Québec. L’auteur porte ensuite son
en Irak jusqu’au Nouveau Monde.
attention sur le mode de nomination des membres
JOHN HARE
du Conseil souverain et, dans le chapitre suivant,
Lettre A 1 a 88 V4 f 7 8/19/10, 7:38 AMAdrien Hébert 8 Dictionnaire des écrits
il étudie les fonctions de ce conseil ; celui-ci dessin au Conseil des arts et manufactures et à la
possédait des pouvoirs politiques et judiciaires qui Commission des écoles catholiques de Montréal
ont varié selon les époques. La participation de 1917 à 1954. Il obtiendra une grande exposition
réduite du peuple dans le gouvernement est de ses œuvres à la bibliothèque Saint-Sulpice en
étudiée dans le septième chapitre. Après avoir 1923, exposition qu’Ostiguy considère capitale
passé en revue « l’organisation essentielle » de dans l’histoire de l’art québécois. Seule, écrit-il,
l’administration de la Nouvelle-France, l’auteur l’exposition de John Lyman en 1927 peut s’y
conclut, au huitième et dernier chapitre, que comparer. Hébert, en plus d’une étude serrée de
« l’administration de la colonie présentait un la forme, a compris « le message de Cézanne sur
mélange de faiblesses et de défauts » et que le roi le plan de la mobilité des sensations visuelles ».
« la tenait trop en laisse dans les opérations Après 1924, Hébert entreprend ses paysages
d’utilité publique et n’en surveillait pas assez urbains les plus connus. Pour lui, le lieu canadien
sévèrement la gestion financière ». du modernisme technique, c’est le port de
DÉOF Montréal, avec son activité débordante et ses
élévateurs à grains. Ce sont aussi les rues
SaintJacques et Saint-Denis : grues mécaniques,
Adrien Hébert (1890-1967). Premier fumées, tramways et automobiles. La géométrie
interprète de la modernité québécoise. des découpages de l’espace peut compenser, note
Par Jean-René Ostiguy. Ostiguy, le côté neutre des gammes grises, bien
Saint-Laurent, Éditions du Trécarré, c1986, 133 p. Biblio- que les compositions hautes en couleur existent
graphie, photographies. (20,2 x 24 cm)
en assez grand nombre, avec leurs « noirs rendusR
brûlants par la proximité des orangés ». L’intérêtCette monographie se rapproche du catalogue
du livre d’Ostiguy est de montrer le sens différentd’exposition, le texte d’une trentaine de pages
des œuvres de Hébert par rapport à sesétant accompagné par plus de soixante-dix
contemporains. Hébert ne pouvait pas évoluerreproductions dont seize sont en couleurs. Une
vers les couleurs des fauves et il ne pouvait paschronologie complète l’ouvrage. Ostiguy tente de
aller aussi loin que Cézanne dans l’abstraction.montrer que l’œuvre d’Adrien Hébert a contribué
CAROLLE GAGNONà structurer la conscience de la société québécoise,
l’insérant dans la modernité en apportant
beaucoup plus à son répertoire que de simples paysages
Adulte en quête de son identité (L’).urbains. Hébert a une touche cézannienne, écrit
Par Gérard Artaud.Ostiguy, qui lui vient après un long séjour en
Ottawa, Éditions de l’Université d’Ottawa, « Éducation » 1,France suite au succès de ses tableaux. Qui est
1985, 128 p. Bibliographie. [Publié antérieurement sous le
cet artiste, né en 1890 à Paris, fils cadet du célèbre titre La Crise d’identité de l’adulte, 1979. Voir aussi la notice
sculpteur Louis-Philippe Hébert ? Le métier de sous ce titre.] (5,2 x 22,8 cm)
son père l’emmènera à Paris plus d’une fois. Il R
vivra entouré constamment d’artistes et suivra les L’approche théorique adoptée dans ce travail est
existentielle. L’auteur s’appuie sur les travaux descours réguliers de William Brymner de l’Art
Association of Montréal. Ostiguy retrace aussi les humanistes (Rogers, Erikson) et des
existentialistes (Kierkegaard, G. Marcel, Tillich). L’ouvrageinfluences reçues à travers les expositions de
Montréal et les nombreux séjours à Paris. Le retrace « pas à pas la démarche de l’adulte en
premier tableau à montrer clairement la modernité recherche de son identité » en décrivant les étapes
de l’art de Hébert est Soleil couchant (1915), grâce de son cheminement. Il se divise en quatre parties
dont les titres résument bien le contenu. Laà la schématisation des éléments. C’est en 1921,
écrit Ostiguy, qu’Hébert empruntera franchement première partie, « Aliénation », montre
l’appauvrissement qui résulte des conventions culturellesà Cézanne, choix qui allait se poursuivre. Les
analyses d’Ostiguy notent également la parenté qui s’imposent à l’individu et qui causent un
de l’œuvre d’Edwin Holgate et de ses amis québé- divorce de la personne, qui tente de s’adapter, avec
cois de langue anglaise. Hébert enseignera le elle-même. La deuxième partie, « Dissonance »,
Lettre A 1 a 88 V4 f 8 8/19/10, 7:38 AM9de l’Ontario français À glaise fendre
présente l’émergence de dimensions oubliées de revient à Montréal, n’ayant ni appris l’anglais, ni
la personnalité. Ces dimensions se heurtent à une ramassé d’argent. Il se fait embaucher à La
forte résistance au changement. La troisième Minerve et s’associe à l’Institut canadien. En
partie, « Réconciliation », analyse le processus 1845, il est nommé secrétaire de la Société
Saintqui s’amorce avec l’accueil du vécu et se poursuit Jean-Baptiste de Montréal. Gérin-Lajoie, en 1848,
par une « régression positive ». La quatrième s’intéresse à la politique, surtout au clan
partie, « Identité », décrit l’aboutissement du réformiste Lafontaine-Baldwin. L’honorable
A.processus, avec accès à la nature intérieure et N. Morin l’embauche comme secrétaire et
Gérinredéfinition des valeurs. Lajoie peut ainsi apprendre l’anglais. Reçu avocat
MARTINE DE LA JUDIE en 1848, il s’éloigne un peu de la politique et
ouvre un cabinet d’avocat, mais n’y réussit guère.
Gérin-Lajoie obtient donc le poste de « payeur »
Âge de l’aube (L’). Poèmes. au ministère des Travaux publiques, puis fait de
Par Catherine Firestone [Catherine Ahearn]. la traduction au parlement. En 1850, Gérin-Lajoie
Préface de Jacques Baron. devient secrétaire des arbitres provinciaux au
Paris, Éditions Saint-Germain-des-Prés, « Poésie sans Commissariat des travaux publics. En 1855, il
frontière », [c1976], 92 p. (21 cm)
devient traducteur à l’Assemblée législative et,A
en 1856, il suit le gouvernement à Toronto. On leCe recueil de poésie, très riche en images et en
nomme bibliothécaire du parlement, où il fait laassociations de mots, s’ouvre sur les vers : « Dans
connaissance de Joséphine, fille de son amites bras / J’enfante le monde. » Et, tout au long
Étienne Parent. Le mariage a lieu en 1858.du recueil, l’on assiste à la description d’une
Toujours employé du gouvernement, Gérin-relation de couple, surtout dans son aspect
pasLajoie doit le suivre à Québec en 1859 et, finale-sionnel. L’auteur a souvent recours à la répétition
ment, à Ottawa en 1865. Son rêve de retournerafin d’accentuer le rythme et d’inscrire dans le
vivre sur une terre ne se réalisa jamais. Il meurttexte des lignes d’intensité marquées. Le lecteur
en 1882, le jour de son anniversaire de naissance.est invité à un festin des sens. L’être aimé est décrit
DÉOFdans tout ce qu’il a de charnel et d’envoûtant,
autant lors de ses absences que lorsqu’il est ancré
dans le présent. C’est dans chacune des dimen- À glaise fendre. Poèmes.
sions du désir et de l’attente que l’auteur réussit à Par Maurice Beaulieu.
évoquer la force de cette présence, sa portée. [Montréal, s.é., c1957], 52 p. (20,5 x 14,3 cm)
DÉOF A/S
Ce recueil, publié à compte d’auteur, est le
premier de Maurice Beaulieu. Il contient trente-A. Gérin-Lajoie d’après ses mémoires.
sept poèmes d’une longueur moyenne de quatre
Par H[enri-]R[aymond] Casgrain.
à cinq lignes ; quatre d’entre eux ne comptente reMontréal, Beauchemin, 1912 [2 édition ; 1 édition en 1885]
qu’une seule ligne. L’auteur les a regroupés en141 p. (11,5 x 19,3 cm)
S quatre parties de longueurs inégales, soit de 23,
2, 4 et 8 poèmes. Dans la première, « À glaiseCe volume fait connaître la pensée d’Antoine
Gérin-Lajoie, célèbre littéraire canadien-français, fendre », le poète se plaint de la froidure qu’il
tient, comme tout humain, de son origine glai-par l’analyse de ses mémoires. Gérin-Lajoie naît
en 1824 à Sainte-Anne de Yamachiche et s’inscrit seuse à laquelle s’est ajouté le poids douloureux
de son baptême de sang. Il crie à répétition saau collège de Nicolet, en 1837. Dès sa tendre
enfance, il montre un intérêt pour la littérature. douleur de vivre sans liberté sous le souffle d’un
jansénisme qui mange sa chair et qu’il projetteAu collège, il « passait tous [ses] jours de congé
à lire ou à écrire des vers ». En 1844, il se rend dans l’économie parcimonieuse de son écriture
bridée. « Deux Chansons » (titre de la deuxièmeaux États-Unis afin d’apprendre l’anglais et
d’amasser assez d’argent pour poursuivre ses partie) évoquent ensuite, l’une, « la simplicité de
la rue », l’autre, le veuvage des jeunes filles duétudes en droit. Mais après dix-sept jours, il
Lettre A 1 a 88 V4 f 9 8/19/10, 7:38 AMAgouhanna : le petit Indien 10 Dictionnaire des écrits
village en l’absence du poète. Dans la troisième pages. Depuis une dizaine d’années, Agricom est
partie, « Transhumance », le poète s’abandonne publié pour les agriculteurs de la province entière
à la « tendresse féminine de l’eau » ; la mer de l’Ontario. La fréquence des parutions a doublé
perdue, il apprivoise la terre de « ses mains de depuis le début des années 1990. Agricom paraît
foi ». S’ensuit la quatrième partie, « Connais- maintenant tous les premiers et troisièmes mardis
sance », dans laquelle la femme, « froment de du mois. Par contre, le tirage a diminué à 5 500.
nudité » et « tendre glaise matière », adoucit la Ce journal agricole est « la seule publication
frandouleur du poète. cophone au service de la communauté agricole »
RENÉ DIONNE en Ontario.
LIONEL BONIN
Agouhanna : le petit Indien qui était
Ailante. Chants et cris. Poèmes.peureux.
Par Jacques Flamand.Par Claude Aubry.
Montréal, McGraw-Hill, 1974, 95 p. Illustré. (23 cm) [Dessins de Camille Claus].
[Deuxième édition : Agouhanna, avec des illustrations de Marc Sherbrooke, Naaman, [« Création » 57, c1979], 62 p. (19 cm)
Senécal, Montréal, Fides, « Les quatre vents », [c1981], R
111 p. Traduction anglaise par Harvey Swados : Agouhanna,
Premier recueil de Jacques Flamand, Ailanteavec des illustrations de Julie Brinckloe, Toronto, Doubleday
comporte deux parties, « Harmonies » etCanada Limited ; New York, Doubleday & Company, Garden
City, 1972, [6]-90 p., aussi disponible : Don Mills, Paper Jacks, « Espérance », qui trouvent écho dans le sous-titre
1973, [vi]-112 p. L’ouvrage a aussi été traduit en roumain : « Chants et cris ». « Harmonies » est en effet
Agouhanna provestea unuic mic indian.]
composée sur le mode de la célébration : deR
l’« aimée », des « saisons », des « amies », dansCe livre raconte l’histoire d’un jeune Indien peu
un triptyque regroupant trente-cinq poèmes.courageux. Mais Agouhanna, dont le père est un
Empruntant tantôt le style de la cantilène, tantôtchef indien, ne peut étaler ainsi sa peur. Il
dissimucelui de l’hymne, Flamand utilise volontiers lale son jeu avec l’aide d’Aigle-Blanc, un ami qui
rime et le refrain pour glorifier l’amour, l’amitié,n’a pas froid aux yeux et qui l’assiste dans les
la beauté, le bonheur, la nature, sa régiontrois épreuves qui doivent transformer Agouhanna
d’adoption (« l’Outaouais », « la Gatineau »), laen un guerrier averti. Celui-ci doit cependant faire
musique et la paix. Dans la deuxième partie,face, seul, à la dernière épreuve. Afin de trouver
« Espérance », divisée en cinq sections de trois àson gardien spirituel, chaque garçon doit
six poèmes chacune, les chants sont remplacésdemeurer huit jours, sans boire ni manger, dans
momentanément par des cris : ceux de l’homme,une petite tente. Agouhanna réussit l’épreuve.
témoin du mal, des souffrances, des catastrophesMême s’il ne chasse pas, le jeune Indien est
mainet ceux de l’enfant, étranger dans sa demeure,tenant considéré comme un guerrier. Il deviendra
exilé, triste, confronté à son père et, peut-être,le chef du village après avoir averti les siens de
abandonné par lui. Dès la section médiane,l’attaque surprise d’une tribu ennemie et il
« Humanité », le poète refait appel à la bonté, àépousera Petite-Biche, son amoureuse.
la générosité, à l’entraide pour abolir toutes lesDÉOF
différences et bâtir le bonheur autour de l’amitié
et de la fraternité. Avec « Espoir » et « Vie » en
finale, Flamand verse dans l’humanisme chrétienAgricom. (1983- )
Clarence-Creek (août 1983- ). Mensuel dans les années 1980, pour rendre hommage à l’amour de la vie : « Aie
puis bimensuel dans les années 1990. (42 cm) confiance. Marche, le printemps vient. Demain /
P La délivrance, aujourd’hui, l’espérance. »
Fondé le 15 août 1983, Agricom est publié par Le
DÉOF
Point Inc. À ses débuts, ce journal mensuel paraît
à 8 000 exemplaires et il s’adresse aux agriculteurs
des comtés de Glengarry, Prescott, Russell et
Stormont. Chaque numéro compte au moins seize
Lettre A 1 a 88 V4 f 10 8/19/10, 7:38 AM11 Ailleurs est en ce mondede l’Ontario français
Ailes cassées (Les). d’hymne à la paix et à la liberté, ou, mieux,
comme une prière à Dieu. En effet, dans l’intro-Comédie en quatre actes.
duction, un paysan, que l’on peut supposerPar Rodolphe Girard.
Ottawa, Le Courrier fédéral, [c1921], 23 p. Photo. (30 x 21cm) français, demande à Dieu que « la Paix revienne
R un jour en [s]a chaumière ». Le poète se substitue
Les deux premiers actes de cette pièce se dérou- ensuite au paysan pour regarder de bien haut et
lent à Montréal et les deux derniers à Ottawa. tout près de Dieu le monde en guerre. Ce qu’il
Malgré son amour pour Jacqueline qui travaille voit de destruction lui fait crier « Pitié ! » dans la
comme modèle, Raymond Barsalou, jeune avocat première partie du recueil ; dans la deuxième, il
ambitieux et brillant orateur, contracte un mariage décrit « l’appel déchirant et tragique » qui vient
d’intérêt avec Gilberte Gauthier, fille de sir Léon, de la Belgique et « fait monter la Haine au cœur
riche industriel influent dans le monde politique. comme un levain » ; dans la troisième, il fait
Celui-ci offre un mandat de député à son futur l’éloge de la France, ce « doux pays de rêve et de
gendre, qui se retrouve six mois plus tard ministre clarté » qui se bat pour sauver son âme, tandis
de l’Instruction publique à Ottawa. Mais quand que dans la quatrième, montant encore plus haut,
Barsalou, pendant un bal, surprend sa femme dans vers l’avenir, mais criant toujours « Pitié », il voit
les bras de son secrétaire, il éclate en invectives. se lever « l’homme du nouveau sens » qui réunira
Gilberte se défendra en alléguant que le mariage ses frères dans la paix et il imagine le fiel des
d’ambition qu’ils ont fait ne devrait pas l’empê- représailles qui tomberont sur l’Allemagne du
cher de suivre par ailleurs les « lois impérieuses surhomme inculpé. La cinquième partie,
du cœur et de la nature ». L’esclandre est vite consacrée à la prière, invite Dieu à considérer et
repris par les journaux, et le scandale qui s’ensuit à aider le monde qu’il a créé et que ses fils
force Barsalou à démissionner. Un hasard fait détruisent sous ses yeux. La conclusion
commenensuite qu’il retrouve Jacqueline, qu’il aime ce et se termine par la répétition des deux vers
toujours : ils viennent d’engager la conversation qui formaient l’incipit du recueil : « Toi qui sais
quand un coup de téléphone lui apprend la mort tout. Toi qui vois tout. Dieu de bonté, / Fais que
de sa femme. La pièce a été jouée en 1932 au la Paix, demeure avec la Liberté. » Le recueil n’est
Monument National et reprise en 1953 à Radio- certes pas, du point de vue poétique, le meilleur
Canada. Quoique attaquée pour son immoralité de l’auteur, mais il en révèle une fois de plus la
par certains critiques au moment de sa publication qualité d’âme et d’humanité.
en 1921, la pièce fait figure de précurseur par son RENÉ DIONNE
portrait désabusé des milieux politiques et par la
franchise avec laquelle elle traite des problèmes
Ailleurs est en ce mondedu mariage et de l’adultère.
(conte à l’ère nucléaire).MADELEINE CHARLEBOIS-DIRSCHAUER
Par Robert Lalonde.
[Illustrations d’André Dufour].
[Québec], Éditions de l’Arc, « L’Escarfel », [c1966], 147 p.Ailes qui montent (Les).
Illustrations. (14,5 x 20 cm)(Hommage au nouvel an 1919). A
Par Jules Tremblay. Afin de vaincre le gros champignon qui menace
Ottawa, Imprimerie Beauregard, Édition privée, 1918, 30 p.
de dévorer le monde entier, Pinouquet, le héros(18 x 21,2 cm)
de ce conte fantastique, part à la recherche desR
Ce recueil poétique est le cinquième et dernier de douze sages qui pourront résoudre le problème.
Chemin faisant, il se lie d’amitié avec Freluche,Jules Tremblay. Il a pour sujet la guerre mondiale
une jeune fille qui accepte de l’aider. C’est alorsde 1914-1918. Publié le 15 décembre 1918 pour
que s’enclenche une série d’aventures. D’abord,saluer le nouvel an qui approche, il a
probablement été écrit sinon terminé avant l’armistice du les enfants s’aperçoivent qu’une étoile filante est
tombée dans un puits ; Pinouquet la sauve et elle11 novembre 1918. Il compte 488 vers que l’on
peut considérer comme une sorte d’appel ou s’élance enfin vers le ciel. Ils rencontrent ensuite
Lettre A 1 a 88 V4 f 11 8/19/10, 7:38 AMAimer, perdre et grandir 12 Dictionnaire des écrits
un vieux chêne qui leur donne un caillou, et celui- Air du temps (L’).
ci les mène jusqu’à l’arc-en-ciel où sont Par Roger Duhamel.
[Ottawa], Cercle du Livre de France, [c1968], 203 p.entreposées « toutes les idées courantes ». Au bout
(13,5 x 20 cm)de l’arc-en-ciel se trouve la Cité des miroirs, lieu
A
de rencontre de tous les miroirs du monde. L’un
C’est pour un quotidien de Montréal que Roger
d’eux propose aux enfants d’aller au Lac des
Duhamel, en 1965, a rédigé chaque jour un
caprices pour trouver les sages. Les deux amis se commentaire sur un événement d’actualité.
rendent compte qu’il s’agit d’un lac magique ; en
L’auteur a essayé, simplement, « de replacer dans
effet, sur la plage apparaissent soudainement
son contexte historique le décès d’un personnage
douze sages. Cependant, de ces douze êtres dits
illustre ou pittoresque, de dégager la signification
« sages », seule une souris s’avère utile ; elle mène
de telle ou telle prise de position ». De
NostradaPinouquet et Freluche au domicile de Verdouille,
mus et Anastasia, en passant par Napoléon,
le frère du gros champignon. Alors que les deux Victoria, Ho Chi-Minh et Kennedy, jusqu’à James
enfants l’attendent, la souris tente de convaincre
Bond et Fred Astaire, l’auteur relate soixante-deux
Verdouille de détruire son frère. Toutefois, elle
faits, souvent inusités, parfois cocasses, d’autres
brise un œuf magique, d’où émerge un serpent
fois tragiques.
qui tue Verdouille. Influencée par le serpent, la
DÉOF
souris pique Pinouquet d’une plume magique et
il se transforme en diamant. Soudainement tombe
un épais brouillard mystérieux, lequel tue le gros À la baie d’Hudson ou Récit de la
champignon. Enfin, Freluche jette une étoile à la grpremière visite pastorale de M N. Z.
mer et Pinouquet reprend sa forme originale. Lorrain Évêque de Cythère et Vicaire
DÉOF apostolique de Pontiac, dans ses missions
sauvages de Témiscamingue, d’Abbittibi,
de New-Post, de Moose et d’Albany.Aimer, perdre et grandir. L’art de
Par J[ean]-B[aptiste] Proulx.transformer une perte en gain.
Montréal, Librairie Saint-Joseph, Cadieux & Derome, 1886,
Par Jean Monbourquette. ii-285 p. Illustrations. (27 cm)
[Montréal, Novalis, c1993], 147 p. Illustrations, photos. S
(22 x 22 cm) À l’été 1881, Jean-Baptiste Proulx avait accom-R
pagné monseigneur Duhamel dans une visiteCet ouvrage, « écrit pour vous accompagner dans
pastorale de la haute vallée de l’Outaouais, et, envotre cheminement extérieur », se divise en cinq
1882, il publiait son Voyage au lac Abbitibi ; enparties. Dans la première (« Perdre »), l’auteur,
1885 paraissait une troisième édition, revue etun oblat, décrit les six étapes qui suivent la perte
mise à jour pour tenir compte des développementsd’un être cher : le choc, la négation, la culpabilité,
économiques qu’on entrevoyait pour la région.la colère, la peine et la paix. Dans les deuxième
Mais, avant que ne paraisse cette troisième édi-et troisième parties (« Attendre » et « Continuer
tion, Proulx avait accompagné, à l’été de 1884,à vivre »), Monbourquette présente des façons de
gravec trois oblats, Paradis, Gladu et Dozois, Mse préparer à la perte d’une personne aimée et
Lorrain dans sa première visite aux territoiresencourage les gens à vivre pleinement malgré
situés entre le lac Abitibi et la baie d’Hudson :cette perte. Dans les deux dernières parties
c’est le récit de ce deuxième voyage qu’il donne(« Guérir » et « Grandir »), l’auteur montre les
ici. L’épître dédicatoire justifie la date tardive dephases finales de la guérison d’une perte :
reprenpublication (1886) et précise les conditions dedre goût à la vie, recevoir son héritage et
pardonrédaction de l’ouvrage : sauf deux chapitres (XVner. Enfin, chacune des parties est parsemée de
et XVI ; il faudrait sans doute y joindre le chapitre
poèmes inspirants.
XII, lui aussi historique), l’ensemble aurait été écritDÉOF
« au fil de la plume au fond du canot, sur mon
genou, sur les pierres du rivage, sous la toile de
Lettre A 1 a 88 V4 f 12 8/19/10, 7:38 AM13 À la conquête du haut savoirde l’Ontario français
la tente, au milieu de distractions diverses » ; on première section, sur la liberté en France, on
a un peu de peine à croire qu’un texte aussi dense apprend qu’au Moyen Âge, ce pays a suivi une
et soigné n’ait été que « guère retouché ». L’ou- évolution politique semblable à celle de
l’Anglevrage se présente sous la forme de vingt-quatre terre. Bien que la France n’ait pas connu de
lettres adressées à son « cher ami », Dosithé Magna Charta, une ordonnance française de 1355
Leduc, curé de Pembroke, du 12 juillet 1884 (par présentait des ressemblances. Mais la conjoncture
erreur, « 1885 ») au 14 août 1884, et rend compte, fit en sorte que la France devint une monarchie
dans le plus grand détail, de ce que le groupe a absolue, tandis que l’Angleterre évolua vers une
evécu au cours du trajet Mattawa, lac Témisca- monarchie constitutionnelle. Au XVIII siècle, la
mingue, lac des Quinze, lac Abitibi, Trois- misère qui affligeait le peuple français et les écrits
Portages, New-Port, Moose, baie James, rive des grands penseurs (Rousseau, Montesquieu,
occidentale de la baie d’Hudson, et retour à Voltaire et autres) ont préparé la révolte de 1789.
Pembroke. Dans sa relation, l’auteur accorde Mais les résultats escomptés ne se réalisèrent pas.
évidemment une place importante à la prise de De Celles constate que depuis 1789, malgré de
contact du nouvel évêque avec une partie reculée nombreux gouvernements et régimes, « plus les
de son diocèse : cérémonies religieuses, visites constitutions changent en France, plus les
procédans des communautés catholiques ou des postes dés de gouvernement sont les mêmes ». L’auteur
de mission ; on rencontre aussi un bon échantil- reproche aux Français de ne pas s’être inspirés
lonnage de la population de cette région éloignée de la constitution américaine qui, par son système
et on peut se faire une bonne idée de la place qu’y de contrepoids, évite les abus de pouvoir. Dans la
occupait le catholicisme parmi les Anglais, les deuxième section, sur la liberté au Canada,
Canadiens français et les Amérindiens. Mais cet l’auteur se penche sur l’évolution politique des
intérêt pour les choses religieuses ne saurait faire Canadiens français qui, après la Conquête, se sont
oublier tout le reste : nous avons ici le récit d’une regroupés autour du clergé pour éviter
l’assimibelle expédition en canots, de nombreux rensei- lation. L’Acte de Québec, en 1774, qui rétablissait
gnements sur la vie au grand air, avec ses dangers les lois civiles françaises, et l’Acte constitutionnel
et ses beaux paysages, des aperçus sur les de 1791, ont permis aux Canadiens français de
ressources forestières, agricoles et minières du s’initier au rouage politique britannique et de faire
pays, bref, plus que le récit de la visite pastorale connaître leurs griefs auprès du roi. Les tumultes
annoncée dans le sous-titre ; c’est ce qu’a bien de 1837-1838 et l’Acte d’Union de 1840 ont
vu la maison Mame de Tours lorsqu’elle a publié quelque peu nui à la cause des Canadiens français,
en 1891, pour la jeunesse européenne, une édition mais, grâce à des chefs tel que L.-H. Lafontaine,
revue, abrégée et allégée d’une bonne partie de ils surent tirer leur épingle du jeu et ont pu
proson contenu religieux, En route pour la baie gresser vers le pacte confédératif de 1867.
d’Hudson. L’auteur compare alors la liberté des Français à
YVES LEFIER celle des Canadiens français et conclut que la
France a encore du rattrapage à faire. Enfin, la
troisième partie, intitulée « Oscar Dunn », traite
À la conquête de la liberté en France
d’un sujet tout à fait différent : De Celles y reprend
et au Canada. un discours qu’il a prononcé devant la Société
Par A.-D. De Celles. royale, le 25 mai 1886, rendant hommage à Oscar
Lévis, Pierre-Georges Roy, 1898, 87 p. (11,3 x 15,2 cm)
Dunn, grand journaliste du Canada français.R
DÉOFL’auteur se demande pourquoi, un siècle après la
Révolution française, les Français ne jouissent
toujours pas d’autant de libertés que les
À la conquête du haut savoir. À propos de« Français-canadiens ». L’auteur trace d’abord
la section North American French de lal’évolution politique des Français depuis le
Modern Language Association of America.Moyen Âge et, ensuite, celle des Canadiens
Par Séraphin Marion.français depuis la Conquête (1763). Dans la
Lettre A 1 a 88 V4 f 13 8/19/10, 7:38 AMÀ la découverte 14 Dictionnaire des écrits
Ottawa, [Éditions de l’Université d’Ottawa, 1945], 27 p. À la droite de Dieu. Résurrection de
(17 x 25,3 cm) Jésus et actualisation du Psaume 110 : 1A
dans le Nouveau Testament.Les deux parties de cet opuscule examinent
Par Michel Gourgues.l’étude et l’enseignement de la culture et des
ieParis, J. Gabalda et C Éditeurs, « Études Bibliques », 1978,lettres canadiennes-françaises. L’auteur rappelle 270 p. (25 cm)
d’abord la création de la section North American R
French Language and Litterature, huitième On a souvent souligné l’importance accordée par
cellule de la Modern Language Association of le Nouveau Testament au premier verset du
America. Cette instance, constituée en décembre Psaume 110 et l’intérêt que pourrait avoir une
1941 par l’Américaine Marine Leland, regroupe exploration systématique de ce point précis pour
des chercheurs francophiles de toute l’Amérique élucider les questions de genèse et d’évolution
du Nord et s’est assigné la tâche « d’étudier la de la christologie. De fait, le Ps 110:1 est, de tous
langue, la littérature et le folklore de l’élément les textes de l’Ancien Testament, celui que le
français en Amérique ». Dans la seconde moitié Nouveau exploite le plus abondamment. La foi
de son travail, l’auteur révèle les résultats d’une chrétienne tient, pour l’essentiel, à la
reconnaisenquête qu’il a réalisée auprès des universités sance d’un personnage historique, Jésus de
canadiennes. On constate que l’étude du Canada Nazareth, comme Fils de Dieu et Sauveur de
français est bien présente à l’Université McGill l’humanité. Mais, comme l’indique l’auteur,
et commence à être reconnue à l’Université de considérée d’un point de vue génétique, cette
Toronto. Du côté des universités de langue reconnaissance se révèle seconde. « La
reconnaisfrançaise, l’auteur dresse la liste de plusieurs sance première, qui perce à travers les vestiges
thèses de maîtrise publiées aux universités Laval, les plus anciens de la prédication et de la prière
de Montréal et d’Ottawa. Séraphin Marion en de la communauté apostolique, porte sur le fait
vient à la conclusion que les recherches portant que Jésus ressuscité partage la gloire et la
condisur le Canada français sont nombreuses et qu’elles tion divines. » L’auteur étudie, de façon très
en font « l’un des plus puissants remparts de fouillée, l’une des images qui ont servi à exprimer
l’humanisme véritable sinon intégral ». cette reconnaissance première : celle de
DÉOF l’exaltation du Christ à la droite de Dieu.
Méthodiquement, il analyse les attestations de cette image
dans tout le Nouveau Testament : le corpusÀ la découverte des antiquités
paulinien (Romains 8:34 ; Colossiens 3:1 ; Éphé-de chez-nous.
siens 1:20), la première lettre de Pierre (3:18-22),
Par l’Équipe Expérience ‘83 [1983],
l’épître aux Hébreux (1:3,13 ; 8:1 ; 10:12 ; 12:2),
composée de Annie Gagnon et André
les évangiles synoptiques (Marc 12:36 et
Chartrand. [Avant-propos de Rhéo Courchesne].
parallèles ; Marc 14:62 et parallèles) et les Actes
North-Bay, Société historique du Nipissing, 1983, [62 p.].
des Apôtres (2:33 ; 5:31 ; 7:55-56). Enfin, auxCarte, photographies, dessins. (12,5 x 21,2 cm)
S deux extrémités du témoignage 1 Corinthiens 15
Ce livre, préparé dans le cadre du programme des (l’attestation la plus ancienne de l’utilisation
emplois d’été du gouvernement ontarien, est un chrétienne du Ps 110:1) et la finale de Marc
inventaire des antiquités de la région du Nipissin- (l’attestation la plus récente) sont étudiés. Il
gue. On y trouve la liste alphabétique d’une ressort de l’analyse que l’application
christolosoixantaine d’objets photographiés, meubles et gique du psaume paraît avoir été très répandue
outils, suivie d’un bref commentaire et de dans le christianisme primitif et qu’elle est
l’indication du nom du propriétaire. Une liste des apparue très tôt. Le thème de l’exaltation du Christ
collectionneurs et une carte de la région complè- est porteur d’une donnée majeure et essentielle
tent l’ouvrage. de la foi. L’application au Christ de la formule du
DÉOF Ps 110:1 (assis à la droite du Père) n’a pas été la
seule façon de dire la foi pascale. Mais elle a
Lettre A 1 a 88 V4 f 14 8/19/10, 7:38 AM15 Alainde l’Ontario français
certainement été privilégiée. Encore aujourd’hui, À la gloire de la langue française.
la formule fait partie de la prière liturgique. Chœur parlé spécialement écrit pour
L’ouvrage reprend sous une forme revue et abré- la fête de Dollard, à Ottawa, en l’année
e gée une thèse de doctorat en théologie soutenue du 2 Congrès de la langue française.
en mai 1976 à l’Institut Catholique de Paris, sous Par Victor Barrette.
la direction de Pierre Grelot et de Charles Perrot. [Ottawa], Ateliers du « Droit », 1937, 16 p. (11,6 x 16,6 cm)
GUY BONNEAU R/S
À la gloire de la langue française est un chœur
parlé écrit à l’occasion de la fête de Dollard des
À la façon d’un charpentier. Ormeaux, en l’année du Deuxième Congrès de la
Par Paul Savoie. langue française (1937). Dirigée par un coryphée,
Saint-Boniface, Éditions du blé, 1984, 208 p. Illustrations. la pièce, en trois parties, fait honneur à la patrie,(22 cm)
à l’histoire et à la langue. Dans la première partie,R
le coryphée évoque les luttes et les conquêtes desJournal poétique de Paul Savoie, À la façon d’un
ancêtres ; dans la deuxième, les choristes promet-charpentier est divisé en sept étapes, comportant
tent de préserver l’histoire de la « Francechacune six parties – « Jalons », « Dimensions »,
catholique et civilisatrice » qui a inspiré la fierté« Paroles », « Reflets », « Instantanés », «
Corresde leur langue et, dans la troisième, un sermentpondances » – auxquelles sont associés des
glorifie la langue et la religion des anciens.moments et des types d’écriture distincts. Ainsi,
L’auteur représente la jeunesse, porteuse d’espé-dans « Jalons », Savoie indique, au début de
rance, qui rappelle les héros et les martyrs françaischaque étape, ses repères dans une courte prose.
et canadiens-français. La pièce se termine par laSuit avec « Dimensions » un récit qui met en
personnification des provinces du Canada quiscène, sous un mode fictif, les expériences du
acclament la langue française.« je » et révèle l’attrait qu’exerce l’écriture
romaDÉOFnesque sur le poète. « Paroles » constitue un petit
intermède où s’installe un bref dialogue, parfois
deux répliques seulement, entre les membres du
Alain.
couple, figure centrale de ce journal. « Reflets »
Par André Joly.
contient des fragments de journal tirés de
[Sudbury, L’Auteur, 1980], 150 p. (19 cm)
différentes périodes bien localisées dans la vie A
de Savoie : « 1964 - Saint-Boniface », « 1966 - Ce court roman raconte les déboires du
personLac des Bois », « 1969 - Québec », « 1973 - nage qui donne son titre au livre. Le roman
Ottawa », « 1976 - Toronto », « 1980 - s’ouvre sur le renvoi d’Alain de l’usine dans
laMontréal », « 1984 - Guadeloupe ». Dans quelle il travaille. Découragé, il entreprend – mais
« Instantanés », l’auteur nous fait partager un sans trop y croire – de trouver du travail afin de
moment précis, un lieu, un personnage, un faire vivre Élise, sa femme, et leurs deux enfants.
souvenir qui l’ont marqué, par exemple : « Le À l’occasion du mariage de la meilleure amie
Pont Provencher (avril 1956) », « Riel » ou « Le d’Élise, Alain surprendra sa femme dans les bras
Collège ». Enfin, chaque étape se termine sur un d’Hector, le nouveau marié. Fou de rage, il se
ou deux poèmes versifiés regroupés sous le titre battra avec Hector, qui mourra des suites de cet
« Correspondances », dont le dernier, poème accrochage. Élise aura un enfant de sa brève
éponyme, « À la façon d’un charpentier », où, tel liaison avec Hector. Condamné à quatre ans de
un menuisier, Savoie reconstruit son « aire de prison, Alain profitera de ce temps pour parfaire
vie ». L’ouvrage est agrémenté d’illustrations et son instruction et repenser sa vie. Notamment,
de photos de sept artistes, proches du poète. son attitude envers les gens et les choses. Il sortira
DÉOF de prison, décidé à recommencer sa vie sur de
nouvelles bases. Ce roman est situé dans un
village du nord de l’Ontario.
DENISE TRUAX
Lettre A 1 a 88 V4 f 15 8/19/10, 7:38 AMÀ la mémoire 16 Dictionnaire des écrits
À la mémoire de Alphonse Lusignan. À la mémoire du R[é]v[érend] Messire
Hommage de ses amis et confrères. Joseph F. L. Duhamel, secrétaire du
Avec un portrait de Julien. Diocèse d’Ottawa.
Montréal, Desaulniers et Leblanc, 1892, [viii]-330 p. Portrait. Ottawa, A. Bureau imprimeur, 1881, 106 p. Portrait. (12,2 x
(11,3 x 16,5 cm) 17,8 cm)
S S
Les trente courts articles composant cet ouvrage Cette brochure renferme « les tributs
d’hommaont été regroupés afin de rendre hommage à ges » dont on a entouré la dépouille mortelle de
Alphonse Lusignan (1843-1892), journaliste et l’abbé Joseph-François-Laurent Duhamel
(1855fonctionnaire, et d’aider sa famille, par la vente 1881), « bon et saint jeune prêtre », secrétaire du
grde ce livre, « à élever un monument funéraire à diocèse d’Ottawa et neveu de M Joseph-Thomas
l’homme distingué qu’elle regrette ». Tous les Duhamel (1841-1909), évêque d’Ottawa. Ce
auteurs ont connu le personnage. Louis Fréchette furent les funérailles les plus solennelles depuis
grrappelle d’abord la vie et l’œuvre de Lusignan. la mort de M Joseph-Bruno-Eugène Guigues en
Certains des textes qui suivent sont à saveur 1874. L’ouvrage s’ouvre sur des notices
nécrolopoétique (« Avril » de Nérée Beauchemin, « In giques écrites par L. N. Campeau de l’évêché
memoriam » d’Adolphe Poisson, « Les Papillons d’Ottawa et par un membre de l’Hôpital Général.
de la terrasse » d’Eudore Évanturel et « Les Pins » Suivent des « hommage [s] de la presse et [des]
de Gonzalve Desaulniers), tandis que d’autres condoléances des différentes sociétés de la
sont de petites historiettes (« Une rencontre » de capitale », toutes plus élogieuses les unes que les
Marc Sauvalle, « Dodo ! l’enfant ! » de Faucher autres, le programme des funérailles, l’« oraison
de Saint-Maurice, « Une rue de Québec » de funèbre de l’abbé J. Duhamel » par l’oblat P.
Jacques Auger, « Le Père Carillon » de J. de Fillâtre, et des lettres de condoléances adressées
Lorde, « La Mansarde du palais » de Joseph à la famille provenant, pour la plupart, de
Marmette et « Mon voyage à Paris » de Pamphile communautés religieuses. La brochure se termine
Le May). D’autres articles traitent de faits divers : par une seconde oraison funèbre prononcée en
« Notre langue » de l’abbé Fillâtre, « Un canon anglais par l’abbé J. A. Cadigan et par des
de Bougainville » de Benjamin Sulte, « L’Esprit hommages de journaux anglophones à la mémoire
philosophique de 1892 » de A. Leblond de du défunt.
DÉOFBrumath, « Ma première messe de minuit » et
« Funérailles d’un riche » de Paul de Cazes, « La
Poésie chez les plantes » de l’abbé Laflamme,
À la naissance du diocèse d’Ottawa.
« Réalistes et décadents » de N. Legendre, « La
Par Edgar Thivierge.
Mosquée de Cordoue » de A.-B. Routhier, « Ma
[Ottawa, Éditions de l’Université d’Ottawa, 1937], 42 p.
première cause » de Hector Fabre, « La Foi » de (16,5 x 24,7 cm)
grM L.-N. Bégin, « Les Mères acadiennes » de A/S
Napoléon Bourassa, « La Chapelle de Tadous- Cette brochure relate les événements qui ont
amené la création du diocèse de Bytown en 1847.sac » d’Edmond Roy et « La Modération » de
me L’auteur, qui est oblat, veut aussi examiner le rôleM Dandurand (née Joséphine Marchand). On
qu’ont joué, dans la constitution de ce diocèse,retrouve deux hommages à Alphonse Lusignan
grles « Pères de l’Église d’Ottawa », M Ignace(« Sit ei terra levis » d’Achille Fréchette et « À
grBourget, évêque de Montréal, et M Charles-M. Louis Fréchette » de J.-G. Barthe), ainsi que
des pensées de Lucien Huot et de L.-O. David. Joseph-Eugène de Mazenod, évêque de Marseille
et fondateur de la congrégation des oblats deLe recueil contient aussi une légende, « La
Marie-Immaculée. L’auteur rappelle lesChasse-galerie » d’Honoré Beaugrand, et un texte
grnombreuses tractations faites par M Bourgetd’Alphonse Lusignan abordant le thème de la
grauprès de M de Mazenod afin d’obtenir desmort.
DÉOF prêtres oblats pour les missions de l’Outaouais,
dont une partie était située dans le diocèse de
Montréal et l’autre dans celui de Kingston. Le
Lettre A 1 a 88 V4 f 16 8/19/10, 7:38 AM17 À la recherchede l’Ontario français
clergé de ce dernier diocèse est d’abord hostile son voisin, il se réfugie avec son serviteur sur l’île
au projet d’établissement des oblats à Bytown de la Marmite du Diable, hantée par la Nymphe
gr(Ottawa), mais M Patrick Phelan, coadjuteur du des Brumes. Il meurt en extase devant sa vision.
diocèse, décide enfin de les accueillir en avril Madame Emma-Adèle Bourgeois-Lacerte est une
gr1844. Pour assurer la direction des oblats, M de conteuse reconnue à travers le Canada. Ses œuvres
Mazenod nomme Joseph-Eugène-Bruno Guigues pour les jeunes figurent dans les bibliographies
au poste de supérieur provincial de la de littérature canadienne-française pour la
congrégation au Canada. C’est le même Guigues jeunesse de Louise Lemieux (Québec, 1972) et
qui sera sacré premier évêque de Bytown le 3 de Claude Potvin (Nouveau-Brunswick, 1981).
grjuillet 1848. L’œuvre de M Guigues à Ottawa D’autres auteurs la mentionnent dans leurs
est décrite brièvement à la fin de la brochure. Un ouvrages. Elle a également publié des drames en
abrégé de ce texte a paru dans le Rapport 1934- plusieurs actes.
ÉDITH MADORE1935 de la Société canadienne d’histoire de
l’Église catholique.
DÉOF
À la recherche d’une identité
francoontarienne.
À la poursuite d’un chapeau. Par [Bernard] Clavel, [Maurice] Grenier,
Suivi d’autres contes. [Michel] Lécuyer et [Gérald] Samson.
Par Madame A. B. Lacerte [Emma-Adèle 3 volumes
Montréal, Éditions Guérin / Toronto, Éditions Champlain,Bourgeois-Lacerte].
[1984]. Cartes, tableaux. (22,9 x 15 cm)Montréal, Beauchemin, (« Bibliothèque canadienne :
Scollection Dollard »), 1932, 93 p. Illustrations. (19 cm)
À la recherche d’une identité franco-ontarienne I - La culture,RTDestiné aux jeunes lecteurs, ce recueil contient
[1984], xv-245 p. • À la recherche d’une identité
francotrois contes. Une illustration pleine page, en noir ontarienne II - La question scolaire, Montréal, Éditions Guérin
/ Toronto, Éditions Champlain, [1984], xv-214 p. • À laet blanc, ouvre chacun des contes. Les thèmes
recherIII - Le jeu desmajeurs concernent la religion catholique, la
nombres, Montréal, Éditions Guérin / Toronto, Éditions
famille, l’obéissance des enfants à leurs parents Champlain, [1984], xiii-146 p.
et l’honnêteté. Les contes sont emplis de mystères,
Quatre enseignants du niveau secondaire –de choses surnaturelles ou étranges propices à
Bernard Clavel et Michel L’Écuyer, tous deux dupiquer la curiosité du lecteur. « À la poursuite d’un
Conseil scolaire de Prescott-Russell, Mauricechapeau » réprouve les mariages mixtes. Le titre
Grenier, du Conseil scolaire de Cochrane-est en rapport avec la coutume du Saint Viatique.
Iroquois-Falls, et Gérald Samson, du ConseilQuand un prêtre passait dans une paroisse, les
scolaire de Stormont-Dundas et Glengarry – ontgens s’agenouillaient et les hommes enlevaient
collaboré à la compilation des articles, études etleur chapeau. Le protestant ne voulut pas enlever
rapports qui composent les « trois fascicules » dele sien. Son chapeau s’envola et, pour le retrouver,
cet ouvrage pédagogique. Le premier fascicule,il dut entrer dans la maison où vivait sa jeune sœur,
intitulé La culture, fournit, en une vingtaine deélevée séparément de lui dans le catholicisme. Elle
documents, la description des concepts de basele convertit. « Perdus sur la Méditerranée »
de la culture et des textes consacrés à « l’analyseraconte l’histoire curieuse de l’île Julia, qui
apde la culture », aux « perceptions d’entitésparut en 1831, et redisparut tout aussi subitement
culturelles » et aux « manifestations de la culturesix mois plus tard. Sept enfants désobéissent à
franco-ontarienne ». Le dernier document,leurs parents en allant en balade sur la mer. Ils
« Répertoire de nos ressources artistiqueséchouent sur l’île déserte, mais sont retrouvés
ontaroises », occupe plus de la moitié de l’ouvragesains et saufs dans leur barque. « La Nymphe des
et donne les coordonnées, par disciplines, desbrumes » évoque la triste vie d’un homme
artistes, des agences gouvernementales, desimpliqué malgré lui dans un incident violent un
associations et des organismes intéressés ausoir de brume. Comme il se croit l’assassin de
Lettre A 1 a 88 V4 f 17 8/19/10, 7:38 AMAlbertaines images 18 Dictionnaire des écrits
domaine des arts et communications. Le deuxiè- sans Dieu. Dans une première partie, l’auteur
me fascicule, La question scolaire, présente, par expose les notions fondamentales de l’absurde et
ses trente-quatre documents, « une vision de la révolte contre l’absurde, dont découle toute
chronologique et globale des luttes menées par la recherche morale camusienne ; les motifs de
les Franco-Ontariens », surtout depuis le l’athéisme de Camus sont aussi examinés. La
Règlement XVII jusqu’au Rapport sur les écoles deuxième partie présente les grands axes de la
secondaires mixtes en Ontario en 1980. Le dernier morale, fondée sur l’affirmation de la vie,
l’autofascicule, Le jeu des nombres, regroupe six nomie et la dignité humaines, la solidarité et la
documents et contient des « données statistiques recherche du bonheur dans l’équilibre. Une
au sujet de la condition économique et démogra- troisième partie présente un peu pêle-mêle de
phique des Franco-Ontariens ». nombreux points particuliers de la morale de
DÉOF Camus, par exemple les vertus de courage et de
lucidité, l’engagement dans la société, la justice
et la dénonciation de la violence, etc. En
concluAlbertaines images et autres griffonnages. sion, l’auteur porte un jugement de chrétien sur
Par Jean Pariseau. la morale de Camus : malgré toute sa sympathie
Edmonton, [L’Imprimerie La Survivance], 1978, 95 p. Portrait.
pour lui, il doit reconnaître l’échec de Camus à
(22 cm)
fonder véritablement sa morale et son refusR
de Dieu.Ce recueil, dédié à Marguerite Forcier-Dentinger,
LUCIEN PELLETIERregroupe une quarantaine de poèmes rimés et,
pour la plupart, disposés en vers traditionnels
(quatrains, huitains). Dans la première de trois Albert Laberge. Sa vie et son œuvre.
parties (« Le Royaume de la Paix »), l’auteur Par Jacques Brunet.
évoque des souvenirs puisés dans son enfance : Ottawa, Éditions de l’Université d’Ottawa, « Visage des lettres
canadiennes » IV, 1969, 176 p. Tableau, bibliographie,son village natal (« Mon village »), le temps des
appendices, index (15 x 23,5 cm)fêtes (« La Soirée du Jour de l’An »), les semences
A
et les foins (« Le Temps des semences », « Le L’objectif de l’auteur est de présenter une «
bioFoin »), etc. Sont rassemblés dans la deuxième graphie et une étude critique d’ensemble sur
partie (« Déboires et espoirs »), des poèmes qui Albert Laberge » (1871-1960). Le premier
soulignent l’importance de l’Espérance et qui chapitre brosse un portrait de l’écrivain et de son
rappellent les exploits des pionniers canadiens- œuvre : les « années de formation », le «
journafrançais (« Souvenances »). En outre, de liste », l’« homme de lettres » et « le paradoxe
nombreux poèmes sont dédiés à des amis de labergien », l’individu heureux aux écrits
l’auteur. Enfin, dans la dernière partie (« Fresques pessimistes. L’auteur analyse ensuite la structure,
soldatesques »), le poète met en lumière les le sens et les personnages de deux romans de
aventures et les expériences marquantes de sa Laberge, La Scouine et Lamento. Le troisième
carrière militaire (« Gaspaysageries », « Versail- chapitre classifie d’abord les différents contes et
les et Saint-Denis »). nouvelles de l’ancien journaliste, pour ensuite
DÉOF examiner la « structure », les « sources », les
« thèmes », les « personnages » et le « réalisme »
de ces écrits. Le quatrième chapitre traite desAlbert Camus ou L’homme à la recherche
diverses proses de Laberge, notamment dans lesd’une morale.
quatre volumes de critique littéraire et artistique :Par Bernard East.
d’abord Peintres et écrivains d’hier etMontréal, Bellarmin / Paris, Éditions du Cerf, « Recherches,
d’aujourd’hui, puis Journalistes, écrivains etnouvelle série » 1, 1984, 185 p. (24 x 16 cm)
R artistes, ensuite Charles de Belle, Peintre-Poète
Cet ouvrage articule l’ensemble des thèmes philo- et, enfin, Propos sur nos écrivains. L’auteur étudie
sophiques présents dans l’œuvre de Camus autour aussi trois recueils de poèmes en proses : Hymnes
d’un leitmotiv, celui de l’élaboration d’une morale à la terre, Quand chantait la cigale et Impressions
Lettre A 1 a 88 V4 f 18 8/19/10, 7:38 AM19 Album-souvenir. Bourgetde l’Ontario français
d’Adrien Clamer. À l’intérieur du cinquième Album-souvenir à l’occasion de la
bénéchapitre, qui examine les « moyens d’expres- diction solennelle de / Souvenir Book on
sion », l’auteur relève chez Laberge « les the occasion of the Formal Dedication and
faiblesses principales avant d’analyser la structure Blessing of / l’hôpital
S[ain]t-Jean-dede la phrase et les habituels procédés stylistiques Brébeuf Hospital Sturgeon[-]Falls,
de l’auteur ». L’ouvrage se termine par trois Ont[ario], 30 novembre 1947 / November
thappendices : « Source de Lamento », « Classifi- 30 1947.
cation des œuvres d’Albert Laberge » et « Index [Sturgeon-Falls, s.é., 1947], 64 p. Bilingue sur deux colonnes.
Photographies. (22,5 x 30 cm)des noms cités dans l’œuvre d’Albert Laberge ».
SDÉOF
Cet album-souvenir, consacré à l’hôpital
SaintJean-de-Brébeuf de Sturgeon-Falls, se divise en
Album des paroissiens. quatre sections. Après quelques mots de
cirS[ain]t[-]Félix-de-Valois, Cornwall, [La Paroisse], 1989, constance, une première section retrace
[39] p. Photos. (21,5 x 28 cm)
l’historique de l’hôpital depuis sa fondation enS
1927 et décrit le nouvel établissement qu’onAprès un bref message du curé et une courte
inaugure en 1947. Ensuite, un « In memoriam »histoire de la paroisse Saint-Félix-de-Valois,
grrappelle la carrière de son fondateur, M J.-A.Cornwall, fondée en 1936, l’album aligne des
Lécuyer, et une notice raconte l’histoire des Fillesphotos des membres des comités et des familles
de la sagesse, qui ont géré l’hôpital. La dernièredes paroissiens puis s’achève par un annuaire
section relate la fondation, en 1904, du pensionnattéléphonique.
DÉOF Notre-Dame-de-Lourdes de Sturgeon-Falls. De
nombreuses pages publicitaires et quelques photos
occupent les deux tiers de cet ouvrage.
Album[-]souvenir à l’occasion de la DÉOF
bénédiction et dédication [sic] de l’église
de la paroisse S[ain]te[-] Gertrude,
Album-souvenir. Bourget diamantaire.Smooth[-]Rock[-]Falls, Ontario,
Paroisse Sacré-Cœur. The Brook 1885-dimanche, le dix-huit juin mil neuf cent
1910. Bourget 1910-1945.cinquante. / Souvenir album on the
[Préface d’Alphonse Lapointe.]occasion of the Benediction of the
e[Bourget, La Paroisse, 1945] [2 impression : 1965], 68 p.Church St. Gertrude’s Parish, Smooth
Photos. (21 x 28 cm)
Rock Falls, Ontario, Sunday, June the S
eighteenth nineteen hundred and fifty. Cet album-souvenir marque le soixantième
[Smooth-Rock-Falls, 1950], 54 p. Photos. (15,7 x 23,5 cm) anniversaire de la paroisse Sacré-Cœur de
S Bourget, anciennement connu sous le nom de
grAprès les lettres de circonstance de M George- gr« The Brook » et renommée en l’honneur de M
Léon Landry, évêque de Hearst, et du curé, Ovila Ignace Bourget, décédé l’année de l’érection
Forget, l’album-souvenir de la paroisse
Sainteparoissiale en 1885. L’ouvrage est parsemé de
Gertrude de Smooth-Rock-Falls esquisse un plusieurs photos et publicités et s’ouvre sur le
historique de sa fondation. On y traite de
l’imporprogramme des fêtes et l’historique de la paroisse.
tance de la chute et des écluses dans le dévelop- Après une courte biographie des sept curés de
pement de la ville, de l’établissement de la
Bourget et une liste des vocations religieuses,
compagnie Mattagami et de la population, et enfin l’ouvrage traite du développement de l’église avec
de la fondation de l’église et des écoles. L’ouvrage
la construction du presbytère, de la salle
se poursuit avec le programme de la journée et paroissiale, du couvent, du cimetière et des écoles.
un mot sur diverses associations religieuses
Il décrit ensuite les œuvres religieuses et les
œuvrant dans la communauté. Plusieurs photos organisations profanes avant de parler du
et annonces publicitaires de commanditaires
développement industriel et agricole de Bourget.
parsèment cet album bilingue. Enfin, une « galerie biographique paroissiale »,DÉOF
Lettre A 1 a 88 V4 f 19 8/19/10, 7:38 AMAlbum-souvenir de la paroisse 20 Dictionnaire des écrits
qui rassemble les profils d’une quarantaine de naire de la paroisse terminent cet album qui
personnalités locales, des « Miettes du passé », compte aussi plusieurs pages publicitaires.
DÉOFsection sous laquelle l’auteur rappelle des
souvenirs et coutumes d’autrefois, et la liste des
membres des comités d’organisation terminent cet
Album-souvenir de l’Hôpital S[ain]t-album. Sœur Berthe-Hélène, des sœurs Grises de
Joseph de Sudbury 1898-1940. Souvenirla Croix, a dirigé le groupe d’élèves qui, en 1934,
Book of St-Joseph’s Hospital Sudburyont rédigé cet album du cinquantenaire
1898-1940.de Bourget.
[Sudbury, L’Hôpital, 1940], 56 p. (20 x 27,5 cm)DÉOF
S
Pour susciter l’intérêt du public à l’égard des
besoins de l’institution, cet album-souvenir évo-Album-souvenir de la paroisse du
Sacréque l’origine de l’hôpital Saint-Joseph, fondé parCœur de Bourget. 1885-1935. Dédié à
les sœurs Grises de la croix, aujourd’hui sœursnos anciens. [Préface d’Ubald Langlois].
de la Charité d’Ottawa. L’album s’ouvre sur un[Ottawa, Le Droit, 1935], 79 p. Photos, portraits. (13 x 20 cm)
avant-propos puis présente des biographiesS
succinctes de mère d’Youville et de mère Bruyère.L’album souligne le cinquantième anniversaire de
Ensuite, un « ami de l’institution » racontefondation de la paroisse du Sacré-Cœur de
gr l’historique de l’hôpital. L’ouvrage, dont le texteBourget. Après un portrait de M Guillaume
bilingue est disposé sur deux colonnes, est entre-Forbes, archevêque d’Ottawa, et une lettre de
coupé de nombreuses commandites. Il contientl’oblat Ubald Langlois, ce dernier, enfant et
aussi beaucoup de photos montrant les piècespremier prêtre de la paroisse, rend un vibrant
intérieures de l’hôpital et son personnel religieuxhommage à Bourget dans sa préface. Le premier
et médical.de quatre chapitres (« La paroisse : ses débuts, sa
DÉOFformation ») se base sur un article paru dans Le
Droit lors du vingt-cinquième anniversaire de la
paroisse. On y apprend que Bourget fut peuplé Album-souvenir des fêtes du centenaire
par des colons des comtés de Beauharnois et de célébrées les 30 et 31 juillet 1939. Paroisse
Deux-Montagnes et un récit relate sa fondation. S[ain]t-Luc de Curran, Ont[ario],
1839La partie suivante est consacrée à la description
1939. Souvenir Album of the Centenary
et à la petite histoire des installations physiques
Ce-lebration. July 30th and 31st, 1939.
du village, soit l’église, le presbytère, les écoles,
Parish of St. Luke of Curran, Ont[ario].
le couvent, la salle paroissiale et le cimetière.
[Curran, La Paroisse, 1939], 52 p. Portrait, photos.
Quelques pages comprennent des notes biographi- (15,2 x 23,1 cm)
ques des anciens curés et une liste des prêtres, S
religieux et religieuses, enfants de la paroisse. On L’album-souvenir du centenaire de la paroisse
Saint-Luc de Curran retrace, en français puis entraite alors des communications, très rurales au
début. En 1888, on obtient toutefois une ligne anglais, les grandes étapes de son existence. Il
traite d’abord des premiers colons (loyalistes destéléphonique Bourget-Rockland et, en 1897, le
Pacifique Canadien effectue des voyages États-Unis et quelques familles
canadiennesfrançaises), des conditions matérielles trèsquotidiens jusqu’à Montréal pendant que la
municipalité s’organise lentement. Le dernier primitives du début et des premiers ouvriers
évangéliques, des missionnaires de Montréal.chapitre est formé de notes sur chacune des
industries (fromageries, élevage de volailles, Suivent des textes sur la fondation de l’église avec
le premier curé, Honoré Lefaivre, l’érection de lafabrique des eaux gazeuses, briqueterie, culture
des légumes) de cette paroisse essentiellement chapelle, la construction de la première église en
pierre, du presbytère et du clocher ainsi que laagricole. Enfin, des éphémérides, une liste des
jubilés et le programme des fêtes du cinquante- bénédiction du chemin de croix. Après de courtes
Lettre A 1 a 88 V4 f 20 8/19/10, 7:38 AMe21 Album-souvenir du 150 anniversairede l’Ontario français
biographies des curés de 1903 à 1929, quelques d’existence de la grotte Notre-Dame-de-Lourdes
grpages sont consacrées aux institutions scolaires, érigée par les soins de M Duhamel suite au désir
graux industries (fromage, élevage de troupeaux exprimé par M Guigues. Encadré par huit pages
laitiers, céréales, pommes de terre), au commerce publicitaires non paginées, au début et à la fin, le
et à la vie paroissiale. Les listes des enfants de la texte traite d’abord de la bénédiction et des
paroisse devenus religieux, des dix-sept curés et premiers pèlerinages à l’église, avant de parler
vingt et un vicaires ayant desservi cette cure, et de la « Grotte de Lourdes en neige » dont le récit
des familles de Saint-Luc de Curran terminent est extrait du « Messager de Marie Reine des
l’ouvrage. Cœurs ». Suivent des pages sur la bénédiction de
DÉOF la grotte, du chemin de croix et du calvaire, sur
les dernières améliorations apportées au site, les
pèlerinages et le triduum solennel en l’honneur
Album-souvenir des fêtes
de la canonisation de sainte Bernadette. Quelques
du cinquantenaire de la paroisse Notre- mots sont consacrés à l’histoire de la communauté
Dame-de-Lourdes d’Eastview 1887-1937, religieuse des Montfortains, desservants du
18, 19 et 20 juin 1937. pèlerinage Notre-Dame-de-Lourdes ; à leur
Par E[dmond] Ducharme. fondateur, Louis-Marie Grignion de Montfort ; et
Ottawa, [1937], [64 p]. Photos (28). (15 x 22 cm)
à sa philosophie. Enfin, on décrit brièvement desS
faveurs obtenues à la grotte pour ensuite donnerCe court historique de la paroisse
Notre-Damedes conseils sur l’organisation d’un pèlerinage.de-Lourdes commence avec des détails sur sa
DÉOFfondation, par les pères de la Compagnie de
Marie, le 4 août 1887 ; l’album reproduit le
programme de la bénédiction de la première eAlbum-souvenir du 150 anniversaire
pierre. Les plans de l’église ont été conçus par le de la paroisse Saint-Luc de Curran
chanoine Bouillon. L’historique comprend aussi 1839-1989.
une liste des pasteurs depuis 1887, avec une courte [Curran, La Paroisse, c1989], 502 p. Photos. [En couverture :
ebiographie de chacun, des listes énumérant les 150 Curran 1839-1989.] (14,7 x 22,1 cm)
vicaires, les religieuses et les religieux natifs de S
Cet album-souvenir souligne le cent cinquantièmela paroisse, les sociétés qui œuvrent dans la
paroisse. La brochure renseigne aussi sur la bénédiction anniversaire de la paroisse Saint-Luc de Curran.
Illustré de photos d’époque, il comprend quelquesde la première église, en 1888, et sur la
bénédiction de la cloche, en 1927. Les registres (baptê- textes rédigés en anglais lorsque le sujet
préoccupe davantage les paroissiens de languemes, mariages, sépultures) ouvrent le 18 août
1887. Enfin, l’ouvrage décrit la composition du anglaise. Il s’ouvre sur des lettres de personnalités
religieuses et politiques importantes avant decomité des fêtes du cinquantenaire et le
programme de la soirée du 20 juin 1937. L’auteur dresser une chronologie des faits marquants de
1798 à 1895. Les membres du comité ont ensuitede la brochure était curé de la paroisse
NotreDame-de-Lourdes, à Eastview (rebaptisé Vanier intégré en entier l’Album-souvenir des fêtes du
centenaire qui contient un historique bilingue deen 1969), depuis 1932.
HUGUETTE PARENT la paroisse de 1839 à 1939 écrit par le curé J.-U.
Wilson. Le chapitre suivant, « Et la vie
continue... », montre l’évolution constante
Album-souvenir des noces d’argent survenue à la paroisse, au village, dans les
de la grotte Notre-Dame[-]de[-]Lourdes, entreprises, à la municipalité, sur les fermes, à
Eastview, Ont[ario], le[s] 27, 28, 29 l’école et aux loisirs et associations. L’ouvrage
septembre 1935. présente ensuite la généalogie des familles et
[Eastview / Ottawa, s.é., 1935], 28 p. Photos. (15 x 22,3 cm) décrit à quel « appel » (patrie, Église, État ou
S culture) les enfants de la paroisse ont répondu. Il
L’album souligne les vingt-cinq années se termine par des hommages, des photos des
Lettre A 1 a 88 V4 f 21 8/19/10, 7:38 AMeAlbum-souvenir du 100 anniversaire 22 Dictionnaire des écrits
comités du cent cinquantième ainsi qu’un Album-souvenir du cinquantième
programme des activités. anniversaire de la paroisse de la Très[-]
DÉOF Sainte[-]Trinité de Rockland d’Ontario
e1889-1939. 50 . 1, 2 et 3 juillet 1939.
[Rockland, La Paroisse, 1939], 64 p. Illustrations,eAlbum-souvenir du 100 anniversaire photographies, portraits. (14 x 20 cm)
Sde la paroisse S[ain]t-Victor d’Alfred
Ce cahier débute avec l’histoire, en français et en1871-1971.
Hawksbury, Imprimerie Prescott et Russell, 1971, 167 p. anglais, de la paroisse de la Très-Sainte-Trinité
Photos. (15,1 x 22,8 cm) de Rockland, où l’on retrouve un bref historique
S de ses débuts (la scierie de William W.-C.
Destiné à la communauté d’Alfred, cet
albumEdwards, la première église). Il est question « des
souvenir marque le centenaire de la paroisse missions » jusqu’à l’arrivée d’un curé résident,
Saint-Victor. Après les lettres habituelles de Pierre-Siméon Hudon (1889), de la construction
l’évêque et du curé, l’ouvrage relate l’histoire du
d’une nouvelle église (1894), de sa destruction
village, les débuts du comté, l’arrivée des par le feu (1899) et de sa reconstruction (1919),
pionniers anglais (seul texte en anglais) puis celle
de même que de la fermeture des scieries, avant
des premiers colons canadiens-français. On trouve
d’arriver à « l’état de la paroisse en 1939 »
ensuite la biographie de nombreux prêtres, une (l’église, le presbytère, le cimetière, la population,
description de l’état actuel de la paroisse ainsi le système scolaire). De plus, l’ouvrage comprend
que le décret de son érection canonique. Une liste
une courte biographie du curé René Chéné (1939),
des paroissiens avec leur âge et leur état civil suit la liste des anciens curés, des vicaires, des
un hommage aux organistes. D’autres listes,
religieuses qui ont œuvré dans la paroisse (sœurs
associées à la municipalité d’Alfred, continuent
Grises de la croix, sœurs de Sainte-Jeanne-d’Arc,
l’ouvrage en énumérant les maires de 1854 à Filles de la Sagesse, sœurs de la Providence,
1971, les projets importants réalisés dans le servantes de Jésus-Marie, sœurs Sainte-Croix),
village, le personnel des écoles, les anciens
des Enfants de Marie, de la Société
Saint-Jeancombattants et les gens qui exercent une Baptiste, de la Chambre de commerce ; enfin, il
profession libérale ou un métier. Une énumération
contient un bref aperçu de l’Académie du
Sacrédescriptive présente les organismes de la ville et
Cœur et de l’École supérieure, un bref historique
les gens qui y sont associés. Enfin, de vieux de la Société Saint-Jean-Baptiste, un aperçu de la
souvenirs, un hommage aux anciens ainsi que Congrégation des Dames de Sainte-Anne, ainsi
quelques pensées complètent le tout.
que plusieurs annonces publicitaires.DÉOF DÉOF
Album-souvenir du cinquantenaire de la
eAlbum-souvenir du 50 anniversaire deparoisse Notre-Dame-de-l’Assomption,
la paroisse S[ain]t-Léon de TreadwellHearst, Ontario. 26 juin 1969.
1923-1973.[Hearst, La Paroisse], 1969, 107 p. Photos. (21,6 x 27,9 cm)
[Treadwell, La Paroisse, 1973], 76 p. Photos. (15 x 22,7 cm)S
SCet album-souvenir marque le cinquantième
Rédigé à l’occasion du cinquantième anniversaireanniversaire de fondation de la paroisse
Notrede la paroisse Saint-Léon-le-Grand de Treadwell,Dame-de-l’Assomption de Hearst. Après les
cet album-souvenir cherche à donner un aperçulettres de circonstance, par l’évêque et par le curé,
de l’histoire de la communauté. Il s’ouvre sur unla brochure retrace l’histoire religieuse de la
historique de la colonisation, enchaîne en parlantparoisse et décrit la vie politique, économique et
des colons canadiens-français qui supplantèrentsociale de Hearst. De nombreuses publicités
eles immigrants anglais au XIX siècle et poursuitcoupent le texte, d’ailleurs illustré de plusieurs
avec une description de la fondation de la paroissephotos anciennes.
en 1923 et de son évolution jusqu’en 1973.DÉOF
Lettre A 1 a 88 V4 f 22 8/19/10, 7:38 AMième23 Album-souvenir du 75 anniversairede l’Ontario français
Suivent une vingtaine de pages publicitaires parmi contient beaucoup de photos, mais aussi
lesquelles on retrouve le programme du cinquan- l’historique de la paroisse Saint-Thomas et du
tenaire. Une liste des paroissiens indiquant leur canton d’Alfred. On y trouve aussi le programme
âge et leur état civil, une énumération des des fêtes et les biographies de l’évêque, des curés,
éducateurs et de courts textes sur la vie paroissiale enfin la liste des vicaires, des marguilliers, des
et le cimetière terminent l’ouvrage parsemé de paroissiens et des hommages reçus. Une liste des
quelques photos de l’époque. religieuses et religieux natifs de la région
DÉOF complète ce tableau. L’ouvrage contient, en ordre
alphabétique, le nom des 194 familles de la
paroisse Saint-Thomas d’Alfred ; pour chacune,
Album-souvenir du jubilé épiscopal de l’ouvrage donne le chef de famille, l’âge,
grSon Excellence M Louis Rhéaume, l’épouse, les enfants, le mariage et le décès.
O.M.I., évêque de Timmins, 1923-1948. Suivent des détails sur la coopérative laitière de
[Timmins, s.é., 1948], 80 p. (23,9 x 30,7 cm)
Lefaivre, le conseil municipal, une liste des mairesS
et des greffiers, l’historique de chacune des quinzeCet album-souvenir souligne les vingt-cinq ans
écoles du canton d’Alfred. Il est aussi questiond’épiscopat de Louis Rhéaume, évêque de
des luttes scolaires, de la fondation de l’écoleTimmins. On y retrouve de multiples photos des
industrielle de Saint-Joseph d’Alfred, duéglises du diocèse et de leur curé ainsi que des
pensionnat des Filles de la Sagesse (1909-1953)annonces publicitaires alternant avec le texte. On
et de la fondation de l’école secondaire privéecite d’abord le nom des participants aux
d’Alfred. On trouve aussi la liste des instituteurs« différents comités des fêtes du
vingtet institutrices. Le développement de la région estcinquième ». Ensuite, l’abbé A[lexandre]
décrit en abordant divers thèmes : l’installationR[obitaille] esquisse une courte biographie de
du colon, les chantiers, la ferme, les cages, laLouis Rhéaume et une histoire du diocèse
rivière des Outaouais, les industries et lesd’Haileybury, devenu, en 1938, diocèse de
commerces, le quai Laframboise, le magasinTimmins. Celui-ci s’étendait jusqu’en territoire
Lefaivre, la station du Canadien National, lequébécois. regroupant au total une cinquantaine
traversier de Montebello. Parmi les anecdotes, onde paroisses. Suivent, sur les paroisses du diocèse
peut mentionner celles des mangeux de mélasse,de Timmins, des notes dont quelques-unes en
du massacre des noms, de l’église. Il est aussianglais, séparées d’hommages à l’évêque
question de la pierre, des bazars et des séancesprovenant de personnalités et d’organismes.
dramatiques du 15 au 21 février 1882, de la mineEnfin, l’album se termine par un texte montrant
de quartz, des vendeurs de lunettes, des instru-l’intérêt que Rhéaume porte aux Indiens du
ments de musique, des « peddlers » – colporteursdiocèse et par une liste des institutions et des
juifs ou syriens –, des fours de campagne, descommunautés religieuses.
lacs du canton, du Grand Nord. On fournit en plusDÉOF
les biographies de Hercule Lefaivre et de Maxime
Thivierge, du docteur Lamarche, d’Arsidas
ièmeAlbum-souvenir du 75 anniversaire Leblanc, de Xavier Bougie, de Sylvain Léger et
de la paroisse de Saint-Thomas d’Alfred de Baptiste Charron. L’ouvrage commémoratif se
ième(Lefaivre, Ont.) et du 100 anniversaire termine par une quarantaine d’hommages offerts
du canton d’Alfred. 22 août 1954. à l’occasion des célébrations des fêtes.
[Alfred, La Paroisse, 1954], 186 p. Photos, carte. HUGUETTE PARENT
(14,8 cm x 22 cm)
S
L’avant-propos, non signé, rappelle la difficulté
de raconter l’histoire des débuts d’une paroisse
ou d’un canton. Car les pionniers et les
missionnaires n’ont pas l’habitude de laisser des
archives bien abondantes. Cet album-souvenir
Lettre A 1 a 88 V4 f 23 8/19/10, 7:38 AMeAlbum-souvenir du 75 anniversaire 24 Dictionnaire des écrits
eAlbum-souvenir du 75 anniversaire une liste des officiers municipaux de 1854 à 1931,
un récit de la première colonisation et un courtde l’école Guigues 1904 à 1979.
[Ottawa], Conseil des écoles séparées catholiques d’Ottawa, historique de la fondation de la paroisse et de ses
[1979], 112 p. Photos. Polycopié. (21,5 x 27,8 cm) écoles. L’album présente les biographies des
S prêtres qui y ont œuvré et énumère les religieux
eCe polycopié commémore le 75 anniversaire issus de la paroisse avant de donner la liste
(1904-1979) de l’école Guigues d’Ottawa. Après alphabétique de tous les paroissiens. En plus d’une
les lettres d’usage, on trouve un historique de description des rôles des sociétés et associations,
l’école. La première école Guigues, ouverte en on y retrouve une chronologie d’événements
1889 rue Murray, déménage en 1904 à son marquants ainsi que plusieurs faits divers.
L’ouemplacement actuel. Les frères des écoles vrage se termine par le nom des membres du
chrétiennes s’occupèrent de l’éducation des comité d’organisation du jubilé de diamant et par
enfants jusqu’en 1907 quand le gouvernement un programme des fêtes.
ontarien obligea tout instituteur, même religieux, DÉOF
à détenir un brevet d’enseignement ontarien. Les
frères n’en possédaient pas et les religieuses
Album-souvenir. Jubilé d’or.
vinrent à l’école Guigues faire la classe en
La Fédération des femmes
canadiennesattendant le retour des frères. L’album parle
françaises, 1914-1964.
ensuite de la crise du Règlement XVII en soulignant
[Ottawa, s. é., 1964], 50 p. Photos. (17,8 x 25,4 cm)
le courage des demoiselles Desloges qui
S
continuèrent à enseigner en français aux enfants Le fascicule s’ouvre sur un message de la
présimalgré l’interdiction. La Circulaire 46 de 1927 dente nationale de la Fédération des femmes
rangea le Règlement XVII sur les tablettes. canadiennes-françaises (FFCF), madame R. A.
Viennent ensuite des éphémérides retraçant Sauvé-Boult. Elle rappelle que la fédération « eut
l’histoire de l’école Guigues et des sections pour premier objectif “ l’intérêt ” aux soldats
décrivant les différents clubs et associations de canadiens » et qu’elle « sut également défendre
l’école : la chorale, la crèche de Noël, l’amicale et encourager l’enseignement de la langue
Guigues, la brigade scolaire, la caisse de l’école, française dans nos écoles, par des dons et des
les activités sportives et culturelles, le service de bourses aux élèves méritants ». Suivent un
servants de messe, l’avant-garde Guigues, le message de l’aumônier national, des
renseigneconcours de français, les cadets, la « jeunesse ments généraux, une photo du comité exécutif
étudiante catholique », la « croisade eucharis- national ainsi qu’une liste des membres du conseil
tique ». Un texte de Jacques Fournier rend un d’administration. Dans la partie intitulée « 50
hommage au frère Cyprien tandis qu’un texte années à l’œuvre au Canada français. La FFCF
d’Arthur Godbout décrit la vie d’un élève à l’école 1914-1964 », on trouve un historique et un rappel
Guigues de 1914 à 1922. Dix-sept pages de des bonnes œuvres faites depuis le début dont la
publicité complètent l’ouvrage. résistance au Règlement XVII et l’aide aux soldats
DÉOF
canadiens. Puis, dans l’« historique des sections »,
un paragraphe, contenant la date de fondation, le
e nombre des membres, le nom des présidentes, deAlbum-souvenir du 60 anniversaire
l’aumônier et du bureau, ainsi qu’une liste desde la paroisse de Saint-Victor Alfred,
activités ordinaires et extraordinaires, est consacréOnt[ario] 8 et 9 août 1931. 1871-1931.
[Alfred, La Paroisse, 1931], 172 p. Photos (23 cm) à chacune des soixante-trois sections des onze
S régions (Campbellton, Cornwall, Cyrville,
Cet album-souvenir célèbre le soixantième Pembroke, Sudbury, Timmins, Toronto, Windsor,
anniversaire de fondation de la paroisse Saint- Eastview, Hull, Ottawa). Enfin, l’ouvrage se
Victor d’Alfred. L’ouvrage débute par une courte termine par une liste des décorées des cinq
biographie du saint patron, une description du dernières années et des présidentes nationales.
village et donne un aperçu des commencements DÉOF
de l’organisation politique dans la région. Suivent
Lettre A 1 a 88 V4 f 24 8/19/10, 7:38 AM25 Album-souvenir. Paroissede l’Ontario français
Album-souvenir : la basilique d’Ottawa. Album[-]souvenir 1913-1963.
Publié à l’occasion de la première visite Cinquantième anniversaire de la
officielle de Son Éminence le Cardinal fondation de la paroisse
Notre-Dame-deRodrigue Villeneuve. Ottawa, la-Merci, Coniston, Ontario. Les
vingtle 21 janvier 1934. neuf et trente septembre mil neuf cent
[Anonyme/ En collaboration (Le texte fut rédigé soixante-trois.
[Coniston, La Paroisse], Sudbury, 1963, [24 p.]. Photos.par Maurice Morisset)].
[Ottawa, L’Auteur, s.é., Imprimerie Le Droit, 1934], 16 p. (21,5 x 28 cm)
SIllustrations (photos). (31 x 23,5 cm)
S Après les lettres de circonstances, cet
albumCette brève étude est en grande partie tirée d’un souvenir commémorant le cinquantième
annivergrtravail inédit rédigé par M Georges Bouillon. saire de la paroisse Notre-Dame-de-la-Merci de
Les notes historiques de ce prêtre et maître Coniston, dans la région de Sudbury, présente,
d’œuvre de la basilique-cathédrale Notre-Dame dans un premier temps, les curés et les vicaires
d’Ottawa, s’arrêtent en 1903. Elles contiennent de la paroisse. Ensuite, une section historique
des descriptions de la première église de Bytown traite de la fondation de Coniston, de son
dévelopet de son agrandissement. La brochure étudie pement économique, de sa croissance
démogral’exécution des plans architecturaux, tant l’ou- phique et raconte succinctement l’histoire de la
vrage intérieur et extérieur de la cathédrale, paroisse, de l’école séparée de Coniston et de
incluant l’exécution du plan du chœur, les archi- l’école Saint-Rémi. Un programme bilingue de
tectes, les entrepreneurs de construction tels que la fête et une liste des vocations de la paroisse
les maçons et les plâtriers, ainsi que le travail de complètent l’album. Des photos et de nombreuses
décoration intérieure. Les pages offrent des pages publicitaires figurent dans cet ouvrage.
descriptions du sanctuaire, des orgues, des autels, DÉOF
des chapelles, des colonnes, des tribunes,
boiseries, décoration, tombeau, tabernacle, retable et
Album-souvenir. Paroisse S[ain]t-Stanislasstèles. D’autres pages font le bilan des années
1932-1982 Harty.1903 à 1934 ; on traite des modifications
appor[Avant-propos de Rita Tremblay].tées à la basilique et au palais épiscopal, du nouvel
[Harty, La Paroisse, 1982], 80 p. Photos. (19,3 x 25cm)édifice, du sous-sol, des différents étages et on
S
termine avec des portraits biographiques d’artistes Parsemé de pages publicitaires, l’ouvrage
raset d’artisans. semble des renseignements, des souvenirs, des
JEAN-YVES PELLETIER
anecdotes et retrace l’histoire de la paroisse
SaintStanislas de Harty à l’occasion de son
cinquantenaire. Après les salutations d’usage par lesAlbum[-]souvenir 1839-1964. Paroisse
personnalités politiques et religieuses, suivent uneS[ain]t-Luc de Curran. Dimanche
chronologie de la vie paroissiale et l’histoire de18 octobre 1964.
vingt et une familles pionnières, textes habituel-[Curran, La Paroisse, 1964], [46 p.]. Illustrations,
photographies. (13,9 x 20,6 cm) lement signés par des descendants de ces familles.
S Les pages centrales du cahier se rapportent aux
Cet album-souvenir ne comprend que quatre fêtes du cinquantenaire et contiennent des photos,
courts textes : une notice biographique du curé des textes et le programme. Quelques
photoLouis Verreault, une note au sujet du « Cercle graphies de groupes paroissiaux occupent les
Lacordaire », la liste des curés (1839-1964) et la dernières pages de l’album.
liste des familles de Saint-Luc de Curran. Le DÉOF
recueil contient de nombreux hommages à la
paroisse Saint-Luc, de la part des sociétés
commerciales, des associations, de la commission
scolaire et des commerces.
DÉOF
Lettre A 1 a 88 V4 f 25 8/19/10, 7:38 AMAlbum-souvenir. Sainte-Thérèse 26 Dictionnaire des écrits
Album[-]souvenir. S[ain]te-Thérèse circonstance, figure l’histoire de Saint-Charles et
de sa paroisse, racontée à l’aide de nombreusesd’Avila [de Marionville] 1904-1954.
e photographies anciennes et contemporaines. On50 [anniversaire].
Marionville, [La Paroisse, 1954], 70 p. Illustrations, trouve également plusieurs listes, dont celles des
photographies. (14 x 21 cm) curés, des religieuses qui ont œuvré à
SaintS Charles, des vocations religieuses locales, des
Cet album-souvenir présente, après les photos et
paroissiens et des élèves.
les messages habituels, de brèves notices sur DÉOF
chacun des curés de la paroisse et le « mémento
paroissial ». Son histoire tient en quelques pages
et à diverses listes qui énumèrent ensuite les Album-souvenir.
eautorités religieuses, les associations paroissiales, 60 anniversaire 1895-1955.
Ottawa, [Pères Oblats de Marie-Immaculée / Juniorat dules paroissiens, les syndics, les commissions
Sacré-Cœur, 1955], 32 p. Photos, portraits. (16,4 x 4,4 cm)scolaires et le personnel des écoles. Le programme
Sdes fêtes du cinquantenaire est suivi des
homCet album-souvenir célèbre, sous forme de fasci-mages de nombreux groupes communautaires et
cule publicitaire, les soixante années d’existence
d’un grand nombre d’annonces publicitaires.
du juniorat du Sacré-Cœur, dirigé par les oblatsDÉOF
de Marie-Immaculée. Après des portraits de
plusieurs personnalités religieuses, d’autres
eAlbum[-]souvenir. 75 anniversaire photos commentées apparaissent. Le texte,
occude la paroisse Sainte-Anne 1885-1960. pant une infime partie de l’ouvrage, se limite à
Sainte-Anne de Prescott, Ont[ario], 24, une chronique des événements de 1871 à 1955,
25 et 26 juin 1960. ainsi qu’à une publicité pour le juniorat expliquant
[Sainte-Anne de Prescott, La Paroisse, 1960], 85 p. les modalités d’inscription, les buts de l’institution
(17 x 25,3 cm) et les qualités de l’aspirant.
S DÉOF
Ce programme-souvenir, qui reproduit plusieurs
photos et de nombreuses commandites et
publicités, contient principalement une histoire de la Alchimistes des langues (Les). La Société
paroisse par Rita Binette, assistée d’Édith Corbeil des traducteurs du Québec (1940-1990).
et de Jean-Roch Vachon. Le récit évoque, au fil Par Jean Delisle.
Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, [c1990], xliii-des ans et en suivant la contribution de chacun
446 p. Tableaux, photos, index. (23 cm)des six curés de Sainte-Anne, les grands moments
R
et les événements principaux du passé de cette Publié à l’occasion du cinquantenaire de la
paroisse (associations, activités religieuses et Société des traducteurs du Québec, cet ouvrage
sociales, construction d’église, cimetière, vie éco- décrit dans ses trois parties l’histoire des
nomique, éducation, professions). L’album traducteurs, des interprètes et des terminologues,
contient aussi le programme de la fête du soixante- ces « alchimistes des langues », à partir de la
quinzième anniversaire. fondation de la Société à Montréal en 1940. La
DÉOF première partie (« Une profession à bâtir ») s’étale
de 1940 à 1965. Après avoir brossé un portrait du
fondateur Joseph La Rivière (1911-1970), l’auteureAlbum-souvenir. 75 . Paroisse
S[ain]tprésente les principales activités de la Société des
Charles-Borromée 1905-1980.
traducteurs de Montréal, devenue la Société des[Saint-Charles, La Paroisse, c1980], 68 p. Photographies.
traducteurs du Québec en 1965 ; entre autres, il(28 x 20 cm)
S se penche sur les premiers cours de traduction,
Pour le soixante-quinzième anniversaire de la sur la parution de la revue Le Traducteur - The
paroisse Saint-Charles-Borromée, un comité de Translator et sur l’examen d’agrément de la
paroissiens publia cet ouvrage commémorant les Société. La deuxième partie (« Convergence des
débuts de la communauté. Après les lettres de intérêts ») traite du regroupement de diverses
Lettre A 1 a 88 V4 f 26 8/19/10, 7:38 AM27 Alliagede l’Ontario français
associations de traducteurs au Canada de 1965 à troupe de soldats que commande le comte
1968. Enfin, la troisième partie (« L’Affirmation d’Yville, qui se rend justement dans cette région.
professionnelle ») porte sur la mise en œuvre d’un Johanne s’enfuit elle aussi avec un guide dans
code déontologique, sur le rôle des terminologues l’espoir de rejoindre celui qu’elle aime et de lui
et des rédacteurs et sur divers congrès tenus entre faire entendre raison. C’est sans compter sur les
1968 et 1990. Une vingtaine de tableaux illustrent méchants Iroquois qui attaquent la troupe. Le
les propos de l’auteur. comte est blessé et laissé pour mort. Passant par
DÉOF là par hasard, Oroboa lui porte secours. Quant à
Johanne, elle sauve Giovanni, au péril de sa vie,
non sans avoir pu se confesser au père Déziel, en
Algonquine (L’). route pour sa mission trifluvienne. Le jeune
Roman des jours héroïques du Canada homme échappe encore au supplice des Iroquois
sous la domination française. et retrouve son guide. Mais une violente tempête
Par Rodolphe Girard. les force à trouver refuge dans une grotte où
Montréal, La Compagnie de « La Patrie », [1910], 65 p. Giovanni retrouve enfin son père, le comte
(23 cm)
d’Yville, qui le reconnaît grâce à une cicatriceR
qu’il porte à la poitrine. Il obtient alors la permis-Avec L’Algonquine, son quatrième roman publié
sion d’épouser Oroboa. L’intrigue est bien menéeen 1910 et sous-titré Roman des jours héroïques
et les événements s’enchaînent à un rythmedu Canada sous la domination française,
effréné, au détriment parfois de la vraisemblance.Rodolphe Girard renoue avec le roman historique
Giovanni, blessé, n’a pas encore retrouvé l’usagequ’il avait favorisé au début de sa carrière avec
de la parole qu’il a déjà deviné qu’Oroboa l’aime.Florence (1900). L’intrigue, une fois de plus, est
L’Indienne et sa rivale Johanne surprennent toutesfertile en rebondissements. Le Prologue se déroule
deux juste à temps des conversations qui lesà Paris, en août 1652, alors que l’agitation est à
renseignent sur les sentiments de la rivale. Mêmeson comble depuis la révolte de Condé contre
si le lecteur a découvert bien avant la fin queLouis XIV. Le comte Louis d’Yville cède aux désirs
Giovanni est le fils du comte d’Yville, il est pourde son fils Gaston, âgé de cinq ans à peine, et
le moins étonnant qu’une telle œuvre soit passéel’amène au théâtre. Après la représentation, en
à peu près inaperçue.traversant le Pont-Neuf, il est assailli par un
AURÉLIEN BOIVINbrigand qui lui enlève son fils. Vingt ans plus tard,
à l’été 1672, un jeune homme déguenillé arrive à
Québec en même temps que le sieur de Frontenac, Alliage.
nouveau gouverneur de la Nouvelle-France. Il se Par Yves Antoine.
couvre de gloire en sauvant d’une mort certaine Sherbrooke, Éditions Naaman, 1979, 60 p. (19 cm x 13 cm)
Johanne de Castelnay qu’un cheval, le mors aux R
dents, menaçait de piétiner. Blessé grièvement, il Le titre de ce recueil réfère d’abord à l’utilisation
est soigné à la somptueuse résidence du comte et autant de la prose que du vers. Dès le premier
est l’objet de toute l’attention de la jeune femme texte, qui donne son titre au recueil, les vers libres
qui en tombe éperdument amoureuse. Mais la côtoient les paragraphes prosaïques. Plus loin, on
victime, qui revient peu à peu à la santé, est plutôt retrouvera également un court dialogue aux
attirée par l’irrésistible Oroboa, une jeune servante accents théâtraux, mais d’où émane encore un
algonquine d’une très grande beauté, qui s’enfuit foisonnement d’images. Cet alliage permet à
toutefois avant que sa maîtresse, sa rivale, la l’auteur de modifier les voix, les points de vue et
renvoie afin d’avoir le chemin libre. Le jeune les sensations de manière à exprimer de façon
homme, Giovanni, part à son tour à la recherche encore plus efficace sa vision d’Haïti. Car ici
de l’Indienne en route pour sa bourgade dans la encore, l’auteur nous fait voir sa terre d’origine,
région de Trois-Rivières. Comme il ne connaît et les descriptions de paysage font sentir la chaleur
pas le pays et conscient des dangers qui le et la joie qui y régnaient malgré l’oppression de
guettent, il parvient à se faire engager dans la l’époque. Parallèlement à cet amour pour la
terreLettre A 1 a 88 V4 f 27 8/19/10, 7:38 AMAlliance 28 Dictionnaire des écrits
patrie, il évoque l’amour passion et charnel que de la distribution et du financement des allocations
les femmes éveillent en lui. Quand il ne les familiales. La dernière série de questions répond
substitue pas l’une à l’autre carrément : aux objections, exprimées par certains, à
l’instau« Pourtant, tu étais ma terre promise. » Et à la fin ration d’un tel régime. En annexe, se trouve une
de la lecture, en refermant le livre, il reste au brève description du Centre social de l’Université
lecteur le souvenir étrange d’un soleil qui se d’Ottawa.
DÉOFcouche à l’horizon, d’une peau tiède collée contre
la sienne et un sentiment d’humanisme débordant.
Impression curieuse d’apaisement et de passion.
Almanda Walker-Marchand (1868-DÉOF
1949). Une féministe franco-ontarienne
de la première heure.
Alliance. (1954-1955). Par Lucie Brunet.
Toronto. Mensuel. [Ottawa], L’Interligne, 1992, 303 p. (16,2 x 24,6 cm)
P A/S
Fondé en novembre 1954 par Jacques Dussault Cette biographie d’Almanda Walker-Marchand,
(éditeur), Gaston Rousseau (directeur) et Michel fondatrice et première présidente (1914-1946) de
Malagies (rédacteur en chef), l’Alliance paraîtra la Fédération des femmes canadiennes-françaises,
un an, jusqu’en novembre 1955. Ce journal se divise en six parties. La première traite, d’une
catholique veut stimuler la pensée française chez part, de ses origines (famille, éducation, mariage
les Franco-Ontariens du sud de l’Ontario et servir à Paul-Eugène Marchand), et, d’autre part, de son
l’expansion du bilinguisme. Pour ce faire, le mari et de leurs neuf enfants. La deuxième partie,
journal maintiendra « un service de renseigne- en six sections, discute de la fondation (1914) et
ments complets à l’usage des activités françaises » de l’évolution de la FFCF. À l’occasion de la
et rendra compte de celles qui ont lieu à Toronto. Première Guerre mondiale, Walker-Marchand
Les fondateurs veulent aussi donner aux fonde cette fédération pour permettre aux femmes
anglophones qui connaissent le français une de contribuer à l’effort de guerre. Par la suite, elle
chance de le pratiquer. L’Alliance espère ainsi se consacre à l’organisation de la Fédération, dont
devenir « l’intermédiaire qui unira et informera elle assure la présidence, créant des sections et
toutes les personnes de langue française ». Le des œuvres locales à travers le pays (bénévolat
mensuel compte habituellement douze pages qui féminin, développements sociaux et
économicontiennent, en plus des nouvelles commu- ques, actions visant le bien-être de l’enfant et de
nautaires, des sections destinées aux enfants, aux la mère). La Deuxième Guerre mondiale fut à
femmes et aux mères, aux poètes (« Collines » nouveau l’occasion d’apporter des secours. La
par G. Apollinaire), ainsi que des chroniques de troisième partie, au sujet de « l’idéologie
natiosanté et de sport. Le dernier numéro ne compte naliste », traite de deux questions : d’abord des
que huit pages. relations difficiles de Walker-Marchand avec le
DÉOF clergé et, ensuite, des luttes franco-ontariennes
(défense de l’enseignement en français,
revendications de services en français, liens avec lesAllocations familiales (Les).
organismes franco-ontariens). Parlant dans la
Savez-vous ce qu’elles sont ?
quatrième partie d’une « première vague du
Par Gérard Forcier.
féminisme », l’auteur traite successivement du
Ottawa, Centre social de l’Université d’Ottawa, [1944], 40 p.
rôle de la FFCF dans la revendication du suffrage(8,9 x 14 cm)
R féminin, surtout au Québec, de quelques-unes des
Cette brochure contient les notions essentielles contemporaines influentes d’Almanda
Walkerau sujet des allocations familiales qu’elle présente Marchand, ainsi que de trois regroupements
en trente questions et réponses, en utilisant la féminins qui ont influencé Walker-Marchand (le
formule du catéchisme. L’auteur, un oblat, traite National Council of Women of Canada, la
de la nature, de la nécessité, des résultats, du droit, Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et la
Lettre A 1 a 88 V4 f 28 8/19/10, 7:38 AM29 À l’ombre de Rimbaudde l’Ontario français
Catholic Women’s League of Canada). Les deux cependant, lui confie un rôle plus important,
sections de la cinquième partie abordent les talents comme institutrice dans le Témiscamingue, en
de la politicienne dans deux situations, premiè- 1922, puis à Haileybury, en Ontario, comme
rement la protection des quintuplées Dionne et télégraphiste. En sept lettres adressées « à son ami
l’obtention d’une pension pour les mères néces- Jacques Labrie, professeur d’Humanités au lycée
siteuses, et deuxièmement son engagement dans Pierre-Corneille, à Rouen, France », François de
le parti libéral et sa tentative d’entrer au Sénat. Cérignan, « ancien journaliste et ex-lieutenant de
La sixième partie, à propos du leadership l’armée française » installé au Témiscamingue
d’Almanda Walker-Marchand, examine les comme commerçant de bois, raconte son idylle
qualités et les faiblesses de sa direction. Chacun amoureuse avec Alma-Rose, le feu de forêt qui
des seize chapitres de ce livre comporte deux ravage la ville d’Haileybury, son sauvetage par
parties : une première, historique, suivie d’une la jeune télégraphiste et leur mariage. La critique
deuxième, fictive, rapportant les commentaires s’est montrée particulièrement sévère à l’endroit
d’un personnage imaginaire, Josette Montreuil. de cette tentative de Clapin, jugée comme une
Ce modèle de composition permet de dresser un « initiative barbare » par des chercheurs réunis
parallèle entre la vision féministe d’aujourd’hui autour de Nicole Deschamps en 1980. Leurs
et les actions passées d’Almanda Walker- propos ont été repris avec encore plus de mordant
Marchand. par Guy Laflèche, lors de l’édition en volume
DÉOF d’Alma-Rose en 1982, malgré les mises en garde
explicites du présentateur Gilles Dorion. Si
l’intention était généreuse, le résultat, en effet,Alma-Rose.
demeure médiocre. Écrire une suite plausible àPar Sylva Clapin.
Maria Chapdelaine restait une entreprise plutôt[Introduction de Gilles Dorion]
faisable, mais imiter le style coulant et fin de LouisMontréal, Fides, « Bibliothèque québécoise », [1982], 199 p.
(Édition originale en 1925 : Montréal, La Presse, 1925) Hémon, c’était une autre affaire. Le modèle est
(17 cm) trahi, en ce sens que le lexicographe, s’il connaîtR
le sens des mots du terroir – qu’il emploie à satié-C’est à un âge avancé que l’ex-journaliste et
té –, a écrit son récit en un style embarrassé etex-traducteur à la Chambre des Communes
maladroit. Il faut donc retenir Alma-Rose à titred’Ottawa, Sylva Clapin, publie Alma-Rose dans
documentaire et souhaiter que d’autres suitesLa Presse de Montréal, en 1925, « un récit
soient plus satisfaisantes.canadien faisant suite à Maria Chapdelaine »,
GILLES DORIONsous le pseudonyme de Claude Sicard. La
première partie de l’ouvrage reprend les
événements là où les avait laissés Louis Hémon.
À l’ombre de Rimbaud.Plutôt linéaires, les dix chapitres qui la constituent
Le Germain Nouveau d’avantracontent le contentement de la mère Chapdelaine
« La doctrine de l’amour ».qui « peut enfin avoir son beau terrain planche »,
Par Alexandre L. Amprimoz.le départ d’Esdras et de Da’Bé pour la guerre
Saratoga (Californie), Anma Libri, « Stanford French and1914-1918, l’installation de Popol chez les
Italian Studies » XLIII, 1986, 76 p. (23,5 x 15,5 cm)
Chapdelaine à titre de cuisinier et d’homme à tout R
faire, le mariage de Maria avec Eutrope Gagnon, Troisième et dernier volet de son étude de l’œuvre
la mort d’Esdras au combat et le retour de Da’Bé du poète français Germain Nouveau, ce livre
blessé, la mort du vieux cheval Charles-Eugène, s’attarde surtout à la relation complexe qui a pu
la naissance d’un fils à Maria, le jour de Noël lier Nouveau et son contemporain Arthur
(1915), enfin le départ du père Chapdelaine pour Rimbaud. L’ouvrage reprend certains éléments
les chantiers (1916) et sa mort accidentelle. C’est biographiques contenus dans les études
à peine si Alma-Rose – dont l’auteur trace le por- précédentes. Ensuite, il s’organise de manière
trait physique et moral au chapitre troisième – thématique : la recherche de l’intimité, la famille,
affleure dans le récit. La deuxième partie, l’observation de la société bourgeoise, l’image de
Lettre A 1 a 88 V4 f 29 8/19/10, 7:38 AMÀ l’ombre des tableaux noirs 30 Dictionnaire des écrits
la femme, la mendicité, tout cela fait l’objet d’une Cette autobiographie du journaliste, traducteur,
lecture systématique. Ces aspects divers annon- fonctionnaire et romancier Pierre Benoit,
comcent l’œuvre subséquente de Nouveau, au moment mence par une brève généalogie. L’auteur naît
de la rencontre avec Baudelaire. C’est encore ici dans une famille où l’instruction allait de soi,
l’érotisme et son rapport avec la conscience du puisque son père était médecin (chap. premier).
déclin social et de la mort qui fascine le chercheur. Pierre Benoit naquit en 1906 au cœur de Montréal
On retrouvera donc dans cette étude universitaire et étudia au collège Sainte-Marie dès 1916 (chap.
des préoccupations qui deviendront celles de deuxième), où il développa son goût de la
l’écrivain lui-même. Enfin, l’ouvrage comporte littérature. En 1921, il participa à un concours
une bibliographie importante. littéraire et son « essai fut primé et publié dans le
FRANÇOIS PARÉ traditionnel album-souvenir ». Diplômé en 1926
(chap. troisième), il étudia le droit à l’Université
de Montréal de 1927 à 1929, alors qu’il écrivait
À l’ombre des tableaux noirs. Roman. la rubrique « Coin des Étudiants », au journal La
Par Normand Rousseau.
Patrie. Il y travailla quelques étés. En 1929,
Montréal, Pierre Tisseyre, [c1977], 254 p. (22 cm)
Benoit fut embauché à la Presse canadienne, auxR
bureaux de Montréal, et, ensuite, au siège socialCe roman, situé dans les années 1950, dépeint
à Toronto ; en 1932, il fut congédié à cause de lal’enfance d’un Québécois qui habite un quartier
dépression. En 1931, Benoit épousa Pauline Amospauvre de Montréal. Au fil des trente et un
(chap. quatrième). La grande dépression éprouvachapitres, le narrateur met en lumière une gamme
sa famille. Néanmoins, il trouva un emploi aud’anecdotes puisées dans sa jeunesse. Ainsi, il
journal du matin Le Canada et ensuite, en 1934,devient non seulement membre fondateur d’un
à La Presse. Durant les années 1930, Benoitcimetière de poupées (« L’Enterrement de la
travailla à la traduction et ensuite à l’écriturepoupée »), mais aussi chef d’une bande de gamins,
d’émissions de radio (chap. cinquième). En 1940,et ce grâce à un concours singulier (« Qui pense
il se rendit à Ottawa comme « traducteurbien, pisse loin ! »). Il tourne également son
principal » au gouvernement fédéral. Benoitregard d’enfant sur certains individus de la région
s’intégra à la Société des écrivains (chap.et décrit quelques épisodes curieux de leur vie :
sixième). Durant les années 1950, il travailla à laune vieille putain et un vieux garçon tombent
traduction des Débats, puis à la Banque duamoureux (« Le Printemps de Marie-Mouise »),
Canada. En 1965, on le nomma chef de laun nain difforme devient lutteur professionnel
traduction à la Commission de la fonction(« La Légende de Culbas Lespattes »), etc. Les
publique, mais il demanda une mutation. En 1968,derniers chapitres du roman s’attardent
essentielil prit sa retraite, n’aimant plus l’atmosphère delement aux exploits romantiques et intellectuels
la fonction publique (chap. septième). Sa retraitedu narrateur lors de ses années du collège. Enfin,
fut paisible et lui permit de réfléchir sur sa vieil songe à son enfance et comprend tristement que
(chap. huitième).sa jeunesse « se fanait à l’ombre des tableaux noirs
DÉOFn’ayant pour tout pollen que la poussière blanche
de la craie ». Toutefois, ayant tourné le dos à
l’enfance, il fait maintenant face à l’avenir : « le Alouette (L’). (1963-1965)
diplôme sous le bras, ma nouvelle liberté entre Toronto (1963-1965)
les dents, j’entrais dans la vraie vie ». P
DÉOF Fondé par Marc Foisy à Toronto, cet
hebdomadaire voit le jour en octobre 1963. Se tenant à
l’écart de toute discrimination, il se voue « au
À l’ombre du mancenillier.
service des Canadiens-Français de l’Ontario, des
Par Pierre Benoit.
Français d’origine européenne [et] de nos
compaMontréal, Éditions Bergeron, 1981, 281 p. Photos et
triotes bilingues ». Foisy mène à bien ce désir enillustrations. (13,5 x 21,2 cm)
R publiant des articles tels que « Le biculturalisme
Lettre A 1 a 88 V4 f 30 8/19/10, 7:38 AM31de l’Ontario français Ambitieux
et les Canadiens-[F]rançais » de R. Lemonde. Les Vieux Temps, à Montréal, des exploiteurs
quatre à huit pages du journal contiennent, outre donnèrent des soirées de la Sainte-Catherine, où
photos, bandes dessinées et poèmes, une la vulgarité ruina bientôt un sujet qui devait être
« Chronique du Québec », une « Page de la respecté. Ailleurs, on vend au sou des chansons
femme » et une chronique de sports. De plus, il modernes en les appelant La bonne chanson, que
rapporte les nouvelles des villes environnantes les lecteurs mal avertis prennent pour la chanson
(Hamilton, Georgetown), s’intéresse à la situation populaire ». Malgré qu’à l’époque le faux
triomde l’éducation franco-ontarienne et ailleurs, et phait sur l’authentique, Barbeau a eu le courage
garde ses lecteurs au courant de certaines activités de publier cinquante-sept chansons parmi les plus
de l’Association canadienne-française d’éduca- belles du répertoire recueillies dans la vraie
tion de l’Ontario (ACFÉO). Le journal disparaît en tradition orale. Il eut raison, bien des artistes les
octobre 1965. chantèrent avec succès auprès des auditeurs.
DÉOF CONRAD LAFORTE
Alouette ! Nouveau recueil de chansons Alphabétisation des personnes âgées (L’).
populaires avec mélodies, choisies dans le Une expérience dans le comté de Russell.
répertoire du Musée national du Canada. Par Suzanne Benoît.
[Rockland, Centre d’alphabétisation Moi, j’apprends, c1993],Par Marius Barbeau.
40 p. (20,7 x 27,9 cm)Montréal, Éditions Lumen, « Humanitas », [c1946], 216 p.
SMusique. (20 cm)
Cet ouvrage, divisé en cinq parties, cherche àR
Alouette ! est aussi le titre de la première chanson briser, par des témoignages, les préjugés
entredu recueil. L’alouette des chansons est un oiseau tenus au sujet de l’alphabétisation des personnes
symbolique, dénonciateur, mauvais messager, âgées. Le premier chapitre traite des moyens
bavard, et qui chante le point du jour, contrariant utilisés pour amener les aînés à s’inscrire aux
ainsi les amoureux, comme dans l’aubade « Si ateliers, tandis que le deuxième explique les
l’amour prenait racine ». Ce nouveau recueil est obstacles au recrutement les plus souvent
renconune suite au Romancero du Canada, publié par trés en début d’apprentissage. Dans la troisième
Barbeau en 1937. On y constate la même méthode partie, l’auteur décrit les objectifs que ces
apprede présentation : une mélodie authentique, un nants poursuivent. Enfin, la dernière partie montre
texte esthétique, une liste des versions qui ont des approches, des méthodes et des activités
servi à composer le texte dit critique, des savants utilisées fréquemment en alphabétisation. De
commentaires de Barbeau, et à la fin des analyses courts témoignages, suivis de quatre annexes
musicales de Marguerite Béclard d’Harcourt. comprenant des listes de matériel didactique
Barbeau, depuis 1916, avait fait des enquêtes adapté aux aînés, complètent cet ouvrage.
DÉOFauprès des témoins authentiques de la tradition
orale, « les habitants, les pêcheurs, les ouvriers
des campagnes, les bûcherons des forêts, les
Ambitieux (Les). Roman.canotiers du Nord-Ouest » ; il avait recueilli ainsi,
Par Paul Prud’homme.avec ses collaborateurs, « 9 000 textes et 5 000
Photographies de Pierre Guévremont.mélodies », mais le Musée national du Canada
[Ottawa], Éditions du Vermillon, « Romans » 5, série
ne les acceptait pas dans ses murs. Barbeau les y « Jeunesse » 3, [1993], 180 p. (12,5 x 19,5 cm)
entra quand même. Et pire encore, le public se A
tournait vers d’autres improvisateurs mercantiles. « Le bonheur est un devoir. Ne laisse personne te
Barbeau exprimait ainsi son amertume dans son détourner de ton bonheur ». Voilà le leitmotiv de
Avant-propos : « Le public est constamment ce roman qui met en scène deux familles, l’une
induit en erreur par de faux prophètes qui se sont riche, l’autre pauvre. Henri Casgrain est un
servis de chansons mal choisies pour annoncer entrepreneur fortuné et puissant qui interdit à sa
des marchandises. Après nos Veillées du Bon fille Hélène de fréquenter Luc Tremblay parce
Lettre A 1 a 88 V4 f 31 8/19/10, 7:38 AMAmbition démesurée 32 Dictionnaire des écrits
que ce dernier provient d’un milieu inférieur. Les l’évolution de ce groupe étudiant (v). Le chapitre
Tremblay n’ont pas le rang, la fortune et le VI décrit la représentation collective des jeunes
pouvoir, cette sainte trinité qui guide Casgrain. étudiants du Nord-Est par rapport à eux-mêmes
Mais Hélène est follement éprise de Luc qui, lui, et surtout vis-à-vis des anglophones.
PIERRE BOUCHARDvoit dans ses fréquentations la meilleure façon
de changer de rang, de se hisser à un niveau
supérieur. Il n’aime pas Hélène, il veut juste se
Ambre gris.servir d’elle pour entrer dans un cercle fortuné.
Par Michel Lemaire. Poèmes accompagnésQuand Henri Casgrain se rend compte que Luc
de cinq gouaches de Jacques Brault.Tremblay peut l’aider à mousser ses affaires, il
Saint-Lambert, Éditions du Noroît, « L’instant d’après » 21,
lève l’interdiction, mais Hélène commence à voir 1985, 70 p. (12,6 x 17,7 cm)
clair dans le jeu de Luc. Plus son prétendant fait R
passer le matérialisme avant l’amour, plus Hélène Ce recueil comprend quatre séries de poèmes. La
s’éloigne de lui... pour se rapprocher de Jean, frère première, « Cubismes », présente des poèmes
jumeau de Luc. Elle découvre un homme honnête, descriptifs qui reprennent l’imagerie cubiste et les
l’épouse en cachette et déjoue les plans de son principes du collage. Dans « Sartre est mort », on
père et du jeune associé malhonnête. observe « Les pavés bien remis sur la plage ».
PAUL-FRANÇOIS SYLVESTRE « Filles » fait le bilan de rencontres ratées ou
réalisées. « Chronologies » soumet des images ou
des sensations de solitude, d’isolement et de mort.
Ambition démesurée (L’). Enquête sur C’est la « revanche du sabre / Sur les mollesses
les aspirations et les représentations de la chair. » Le poème « Septembre » est
emblédes étudiants et étudiantes francophones matique de cet esseulement avec son «
amondu Nord-Est de l’Ontario. cellement d’épaves ». « Petits Poèmes d’hiver »
Par Simon Laflamme et Donald Dennie. offre sept notations, brèves comme des haïkus,
Avec la collaboration de Yvon Gauthier lesquelles donnent une image de la lourde nuit
Sudbury, Prise de parole / Institut franco-ontarien, « Collection immobile de l’hiver. « L’ennui seul [y] creuse son
Universitaire : série Études », [c1990], 198 p. (15,2 x 22,8 cm)
trou ».A/R/S DÉOF
Ce livre analyse les résultats d’une enquête menée
auprès de 1500 jeunes franco-ontariens et
francoontariennes fréquentant les écoles du nord-est de À même l’eau vive.
l’Ontario. L’objectif des deux auteurs, professeurs Par Jeanne-Marie Gay.
de sociologie à l’Université Laurentienne de Préface de M.-A. Lamarche.
Sudbury, était de recueillir des informations sur Ottawa, Éditions du Lévrier, 1937, 113 p. (18 cm)
Rle contexte social spécifique de ces jeunes afin
L’opuscule de Jeanne-Marie Gay se divise end’expliquer le phénomène suivant : alors que des
vingt-deux chapitres comprenant chacun entreétudes antérieures avaient démontré que ces
quatre et six pages. Après une brève préface,jeunes avaient des aspirations très ambitieuses,
l’auteur commence une série de réflexions sur laon constatait par contre que peu d’entre eux
religion catholique. C’est ainsi qu’elle traite deréalisaient leurs projets. Selon les auteurs, cette
l’avent, de la vertu de l’Immaculée Conceptionapparente contradiction s’explique par l’analyse
et du Petit Jésus avant de s’attaquer aux proposdu contexte social particulier dans lequel vit la
d’un savant américain qui nie l’existence dejeunesse franco-ontarienne. Le premier de six
l’étoile de Bethléem. Suivent des chapitres sur lachapitres présente les résultats des autres études
divinité, Thomas d’Aquin, saint Joseph et chacunsur les aspirations des jeunes, tandis que le
des grands mystères de l’Église. L’auteur conclutdeuxième dresse le portrait des francophones du
en abordant l’importance du Rosaire et de lanord-est de l’Ontario. Les chapitres suivants
communion des Saints.décrivent la procédure d’enquête (III), le profil de
DÉOF
cette jeunesse (IV), enfin les aspirations et
Lettre A 1 a 88 V4 f 32 8/19/10, 7:38 AM33de l’Ontario français Ami du peuple
Âmes et paysages. Âmes et paysages révèle un écrivain engagé qui
possède une grande maîtrise de l’écriture qu’ilRecueil de nouvelles de Léo-Paul Desrosiers.
manie avec justesse et précision dans un constantMontréal, Éditions du « Devoir », 1922, 183 p. (18 cm)
R souci du détail. Il est étonnant que Desrosiers n’ait
Dans Âmes et paysages, Léo-Paul Desrosiers, le pas pratiqué davantage le texte court.
futur auteur des romans Nord-Sud (1931), Les AURÉLIEN BOIVIN
Engagés du Grand Portage (1938) et Les
Opiniâtres (1941), s’essaie à l’écriture en
rédiAmi du peuple (L’) (1942-1968)geant neuf nouvelles qu’il tire le plus souvent de
Sudbury. Hebdomadaire (1942-1968), puis mensuel (1968).
ses propres souvenirs en remontant dans son P
enfance et dans ses débuts de vie adulte. Les deux Camille Lemieux, rédacteur en chef, et Arthur
premières sont de véritables tableaux de mœurs, Charette, gérant, fondent le premier journal
à la manière des grands écrivains régionalistes français à Sudbury, L’Ami du peuple, le 11 juin
d’ici et d’ailleurs. « Fécite » brosse le portrait 1942. Charette quitte après la première année et
réaliste de la généreuse servante de la famille, Lemieux fait du journal une véritable entreprise
alors qu’« Un charivari », d’abord paru dans Le familiale en plus de travailler à temps complet à
Nationaliste, le 18 juillet 1920, évoque une la mine de Levack. Après sa mort en 1955, Yvonne
ancienne coutume : le tintamarre que réserve la Lemieux continua l’œuvre de son mari. Quelques
population de Berthier à son nouveau médecin, à rédacteurs se succédèrent avant l’arrivée de
l’occasion de son mariage avec la veuve de Germain Faucon en 1958. Puis L’Ami du peuple
l’ancien disciple d’Esculape, pour lui rappeler subit pendant trois ans la concurrence de l’édition
qu’il ne détient pas tous les pouvoirs malgré sa du Nord du journal le Droit, d’Ottawa, avant de
formation et sa compétence. Les quatre nouvelles connaître celle du journal diocésain
L’Inforsuivantes évoquent le difficile apprentissage de mation. L’Ami du peuple ne put survivre et, en
l’amour. Dans « La petite oie blanche », d’abord 1968, Yvonne Lemieux vendit le journal, pour la
parue aussi dans Le Nationaliste, le 27 février somme symbolique d’un dollar, au Centre des
1921, et dans « Prosper et Graziella », l’amour jeunes de Sudbury qui en fit un bulletin culturel
triomphe après une série de difficultés, tandis que, mensuel. Après quelques numéros seulement, le
dans « Au bord du lac bleu » et dans « Margue- journal ferma définitivement ses portes. Le
sousrite », les deux êtres qui éprouvent pourtant de titre changea plusieurs fois, « Journal régional de
tendres sentiments l’un pour l’autre ne parvien- l’Ontario nord » étant le premier et «
Hebdomanent pas à se rejoindre et se quittent non sans daire français et catholique au service du
Nordtristesse et amertume. Les deux derniers récits Ontario » le dernier, mais sa mission resta claire.
sont d’un autre registre. « Le rêveur » reconstitue Toujours l’hebdomadaire se veut le défenseur de
d’une manière ironique une réunion du Cénacle, la langue française et de la religion catholique.
groupe de jeunes intellectuels montréalais C’est Lemieux lui-même qui choisit la devise, « Je
partisans de la modernité, qui contestent les idées crains Dieu, cher Abner, et n’ai point d’autre
reçues et réclament une révolution en art. À crainte ». Le rédacteur en chef refuse toute
affitravers Gaston, le héros, Desrosiers ridiculise les liation politique pour conserver son autonomie.
salons féminins et attaque les tenants de Lemieux prône le pancanadianisme d’Henri
l’exotisme en art. Le jeune homme s’essaie à la Bourassa et l’idéologie nationaliste de Lionel
poésie exotique, balance des palmes et fait fuir Groulx. Sur la question du respect des droits
de « blanches et graciles gazelles sur le sable des fondamentaux des Canadiens français, Lemieux
déserts ». Dans « Une intrigue de palais », l’auteur demeure ferme et ses éditoriaux sont parfois
transporte ses lecteurs dans une salle du Parlement revendicateurs, parfois provocateurs. Cependant,
de Québec où se déroule la réunion du conseil après son départ en 1955, le ton s’adoucit quelque
des ministres. Il met à jour quelques pratiques peu. Les articles empruntés à portée générale
pour le moins douteuses entourant l’attribution prennent de plus en plus d’espace. Au cours des
d’un lucratif contrat à un richissime industriel. années, l’hebdomadaire renseigne la population
Lettre A 1 a 88 V4 f 33 8/19/10, 7:38 AMAmi du peuple 34 Dictionnaire des écrits
sur les questions d’actualité telles que la cons- Ami du peuple (L’).
cription pendant la guerre, la menace communiste, Journal de critique et d’opinion. (1908)
Chatham. Éphémère.les idéologies du socialisme, le syndicalisme, le
Pmouvement coopératif, l’urbanisation et
l’émanL’unique numéro de L’Ami du peuple paraît lecipation de la femme. Lemieux veut faire de
er1 octobre 1908. Fondé par J. R. Côté, ce journalL’Ami du peuple un journal diocésain, mais sans
se veut « le porte drapeau libéral » à la veille dessuccès ; les nouvelles paroissiales se limitent à
élections fédérales du 26 octobre 1908. Le journalcelles des paroisses de la région de Sudbury. Les
s’adresse spécialement aux libéraux du comté deabonnés sont en grande majorité des Sudburois
Kent. L’Ami du peuple présente des articles et desou des gens des paroisses avoisinantes. Le nombre
éditoriaux qui défendent les libéraux et le premierd’abonnés ne dépasse jamais trois mille. Dès
ministre sir Wilfrid Laurier contre les injures et1952, L’Ami du peuple connaît des difficultés.
les accusations portées par les conservateurs. OnFaute de temps ou de contenu, Lemieux publie
retrouve aussi, dans les quatre pages du numéro,des numéros consécutifs ayant le même contenu.
des articles sur la politique internationale, lesIl ne change que la date et la numérotation,
remélections et d’autres sujets spécifiques aux Cana-plissant ainsi ses obligations contractuelles et
diens français (par exemple : « Les Canadiens-légales. Cette anomalie se répète à plusieurs
français d’Ontario », « Le Français dans lareprises entre 1952 et 1968. Le journal commet
Louisiane »).aussi des erreurs dans la numérotation : certaines
DÉOF
années ont plus de 52 numéros tandis que d’autres
en ont moins. Par exemple, le numéro XVII de
l’année 1958-1959 réapparaît l’année suivante, Amitié. André, p[rê]tre.
ce qui fausse la numérotation jusqu’en 1968. Un Choix de textes d’André Deguire.
numéro du journal compte ordinairement huit Recueillis par Pierre Loranger, Richard
pages, mais on trouve des numéros de 4, 12 ou Hughes, Maurice Dupasquier et Roger
16 pages. Avant de devenir un bulletin culturel Deguire. [Par André Deguire].
en 1968, L’Ami du peuple consacre un espace Ottawa, Novalis, 1976, viii-215 p. Deux photos hors-texte,
annexes. (15 x 23,5 cm)assez important au domaine des arts. Une série
S
de romans-feuilletons, signés par des auteurs bien Après la mort de l’abbé André Deguire, prêtre,
connus, tels Lionel Groulx, Léo-Paul Desrosiers
en janvier 1976, ses amis ont voulu faire connaître
et François Hertel, remplissent les colonnes du ses nombreux textes déjà parus comme articles
journal sudburois. Hertel avait déjà fait un séjour
ou brochures de 1968 à 1976. La première de
au Collège du Sacré-Coeur de Sudbury et c’est douze parties reproduit le texte de 79 capsules
lui qui avait aidé le fondateur Lemieux à obtenir
radiophoniques de trente secondes réalisées entre
un permis pour publier un journal. Si Lemieux
1968 et 1971 pour les stations CFML de Cornwall
avait réussi à faire de L’Ami du peuple un journal
et CKCH de Hull. Les deux parties suivantes (2 et
diocésain dès sa fondation, ce dernier aurait-il 3) regroupent plus d’une trentaine de courts textes
connu la longévité ? Le Voyageur qui existe
sur les problèmes de la vie quotidienne. La
aujourd’hui a succédé au diocésain L’Information quatrième partie, « Par amitié », offre des
soluet non à L’Ami du peuple. Une étude détaillée de
tions à ces mêmes problèmes vécus par les jeunes,
l’histoire de ce journal a été réalisée par Serge en citant de nombreux passages de l’Évangile. Les
Dignard, Camille Lemieux et L’Ami du peuple
cinq parties suivantes (5 à 9) parlent de la drogue
1942-1968 (Sudbury, Société historique du chez les jeunes, du péché et de la confession, de
Nouvel-Ontario, « Documents historiques » 80,
la sexualité, des raisons de vivre et de la véritable
1984, 85 p.). signification de la fête de Noël. La dixième partieLIONEL BONIN
présente 62 autres billets radiophoniques de
Deguire, tandis que la onzième est une réflexion
sur la Bible. La douzième et dernière partie
reprend une quinzaine d’articles parus dans Le
Lettre A 1 a 88 V4 f 34 8/19/10, 7:38 AM35 Amour et les chrétiensde l’Ontario français
Droit d’Ottawa et Le Carillon de Hawkesbury. Marcel. La deuxième nouvelle, « Délice », conte
En annexe, on retrouve une courte biographie de l’histoire de Jocelyn. Le jeune traducteur mène
l’auteur, une entrevue radiophonique avec lui, une une vie ordonnée mais monotone ; la compagnie
bibliographie de ses écrits et une liste de témoi- de son chat, Coquin, ne lui suffit plus. Jocelyn
gnages sur le personnage. décide donc de publier une petite annonce dans
MARKO ROY le journal. C’est quelques jours plus tard qu’il fait
la connaissance de Georges, un musicien qui
partage ses goûts et ses intérêts. La troisième
nouAmour ambulance. velle, « Orgie », relate les nombreuses aventures
Par Patrice Desbiens. de Jacques S[ain]t-Amand, député du comté
Trois-Rivières, Écrits des Forges, 1989, 85 p. (13,5 x 21,5 cm)
Saint-Marc et secrétaire parlementaire du ministreA
des Finances à Ottawa. Avec un horaire chargé,Ce recueil de poèmes est composé de six
séquenle député trouve quand même le temps de seces autonomes, dont l’une (la seconde) donne son
dénicher cinq conquêtes : Bernard, Gilbert, untitre au recueil tout entier. C’est la figure de la
attaché culturel dont le nom est inconnu, Michaelfemme aimée et dominante qui assure une certaine
et Ted. Après une semaine aussi pleine, Jacquesunité à ces textes. Au début, l’amour conduit à la
retourne à la maison, auprès de sa femme et de saviolence et à la mort. La métaphore de l’accident
fille. Finalement, « Le Mot de la fin avec Tantede voiture est omniprésente, tout comme
l’évoMélanie » passe en revue les opinions de toute lacation du suicide. Le monde décrit par le poète
famille, et même du village, sur la relationest toujours au bord de l’épuisement : la
catasqu’entretiennent Roger et Robert.trophe y est imminente. Dans la seconde moitié DÉOF
du recueil, ce pessimisme absolu tend à se changer
en ironie triste. Le poète fait alors appel à ses
souvenirs de rencontres évanescentes : femmes Amour est un bien public (L’).
découvertes, aimées et aussitôt abandonnées. Par Jean Ferron.
[Sudbury], Prise de parole, « Les Perce-Neige » 5, [c1983],Alors que les premiers poèmes de ce recueil
[40 p.]. (18 cm)tendaient à rejeter la pertinence du lieu natal, cet A
espace revient en force dans la seconde moitié, L’auteur, originaire d’Ottawa, bâtit son recueil de
alors qu’abondent les remarques sur le « pays sans poésie sur le thème de l’amour au sens large. En
rames », lui aussi condamné comme ceux qui effet, il s’agit d’une série de poèmes sans titre
l’habitent au « silence meurtri ». Second recueil relativement courts. L’amour est présenté comme
de l’auteur publié au Québec, il a permis de faire énergie cosmique, c’est-à-dire ni créé, ni perdu.
connaître son œuvre tout entière au-delà des D’ailleurs le cosmos occupe une place
prépondélimites de l’Ontario français. rante dans les considérations sur le temps, l’infini,
FRANÇOIS PARÉ
l’espace et les saisons. Les images quelque peu
surréalistes guident le lecteur dans cette
exploration du monde, exploration qui, en passant, criti-Amour, délice et orgie. Trois nouvelles.
que l’absurdité de notre société et qui arrive enPar Paul-François Sylvestre.
fin de parcours à l’être aimé et à l’essence de la[Montréal], Éditions Homeureux, [c1980], 98 p. (14 x
21,5 cm) poésie.
A MARGARET COOK
Ce recueil contient trois nouvelles et un mot de
la fin ayant tous pour thème l’homosexualité. La
Amour et les chrétiens (L’).première nouvelle, « Amour », raconte l’aventure
Radio-causeries.de Claude avec un personnage inconnu. Claude
ne sait pas s’il doit dévoiler son secret à sa meil- Par Marcel-Marie Desmarais.
Ottawa, Lévrier, 1940 (ailleurs : 1941), 203 p. Appendices.leure amie, Judith. Enfin, le jeune homme se laisse
(12,7 x 19,1 cm)aller aux confidences et son amie est heureuse R
d’entendre qu’il s’est trouvé un compagnon, Cet ouvrage reprend six causeries diffusées sur
Lettre A 1 a 88 V4 f 35 8/19/10, 7:38 AMAmour flou 36 Dictionnaire des écrits
les ondes de CKCH au cours des mois de février, Amours, délices et orgues (Pastiches).
mars et avril 1940. Dans le premier chapitre Par Jean Bruneau [Guy Sylvestre].
Québec, Institut littéraire du Québec, 1953, 180 p. (12,3 x(« L’Amour et l’enfant »), le père Desmarais,
19 cm)dominicain, explique comment un chrétien devrait
R
aborder la question de la sexualité avec son enfant. Suite de pastiches satiriques du style de
trenteLe deuxième chapitre (« L’Amour et la jeune
deux personnalités présentées dans l’ordre
alphafille ») examine comment les jeunes filles bétique. Les plus connues sont aujourd’hui Alfred
devraient « s’y prendre pour rendre vertueux ce Desrochers, Gratien Gélinas, Anne Hébert, Félix
désir instinctif de plaire », tandis que le troisième Leclerc, Roger Lemelin et Yves Thériault. La liste
chapitre traite de l’importance de la pureté du
comprend même Guy Sylvestre qui, par l’emploi
jeune homme. Suit une causerie (« L’Amour et du pseudonyme d’auteur Bruneau, se permet de
l’épouse ») qui porte sur la « mission » de
dire tout le mal qu’il pense de Laure Conan et de
l’épouse, à savoir aider son mari. Après avoir la littérature de la même époque. Plus qu’imité,
étudié les responsabilités de l’époux face à sa le style est parodié et même caricaturé. Par
exemfemme (« L’Amour et l’époux »), l’auteur prône ple, Guy Frégault multiplie les références en
la prière et encourage le peuple à se tourner vers
disqualifiant tous ses prédécesseurs sans
finaleDieu (« L’Amour et l’âme consacrée à Dieu »). ment livrer son message. Les textes sont présentés
Enfin, deux textes publiés ailleurs (« Vieilles
comme des extraits d’œuvres imaginaires,
Filles » et « Quelques exemples d’entretiens des prétextes à satire : l’extrait attribué à Hertel
parents avec leurs enfants ») figurent en viendrait « d’Astre et désastres qui fait suite à Moi
appendice. et émoi. » Les allusions à Roger Lemelin sontDÉOF
fréquentes et son nom est souvent victime de
déformations. Plusieurs allusions humoristiques
Amour flou. Poèmes. échapperont aux lecteurs des décennies ultérieures
Par Paul Savoie. parce qu’elles sont liées à l’actualité. L’auteur
Toronto, Éditions du GREF, « Écrits torontois », 1993, 133 p. multiplie les doubles sens et les pointes ironiques.
(18 cm) DÉOF
R
Reprenant le projet qu’il caressait dans ses
premiers recueils, à savoir de recréer l’univers sur Amour vainqueur.
des assises différentes, Paul Savoie propose dans
Par Virginie Dussault.
Amour flou une nouvelle histoire de l’humanité Montréal, Imprimerie J.-R. Constantineau, 1915, 164 p.
qui conduit le « je » à naître à travers l’éclatement (22 cm)
Sde son amour. Les six parties de ce recueil tracent
Bien que née à Saint-Bruno-de-Guiguesla genèse de ce nouveau monde, de la
trans(Québec), Virginie Dussault manifeste, dans sonformation du minéral en chair vivante à l’éclosion
roman Amour vainqueur, une dualitéde la fleur. Dans les trois premières – « I -
d’appartenance (Ontario/Québec) non seulementPierres », « II - Glyphes », « III - Fossiles » –, les
à cause des lieux, puisque l’action se transporteimages passent du langage de l’archéologue, celui
de Guigues à Haileybury ou de Chatham àdes minéraux, des végétaux et de la matière, à
Montréal, mais aussi à cause de la mentalité ducelui du poète qui reprend son « je » lyrique dans
personnage principal. Cette adhésion à la cultureles trois dernières parties – « IV -
Embranchecanadienne-anglaise se note également dansments », « V - Corolle », « VI - Cri » pour renaître
certains termes anglais dont celui de « Home »en faisant l’amour « dans une confusion de signes
que l’auteur utilise à maintes reprises. Encoreet de formes ». Par la fusion avec l’être aimé, non
adolescente, Ninie devient amoureuse de Rogersseulement Paul Savoie découvre-t-il sa force
(nous respectons l’orthographe du roman), quicréatrice, mais il réalise l’ultime quête, celle de
réside à Haileybury : ils se jurent fidélité lorssoi : « enfin j’existe / je n’ai plus besoin / de
m’éd’une promenade sur le lac Témiscamingue.couter ». Ce sont les derniers vers du recueil.
L’auteur termine d’ailleurs ce chapitre par uneDÉOF
Lettre A 1 a 88 V4 f 36 8/19/10, 7:38 AM37 Anatomie fonctionnellede l’Ontario français
triple exclamation : « Vive Guigues ! Vive franco-ontarienne, d’autre part. L’ouvrage se
Haileybury ! Vive le lac Témiscamingue ! » En divise en quatre chapitres. Dans le premier,
dépit de cet engagement, Ninie désire poursuivre l’auteur présente la problématique de
l’analphases études et, afin d’être certaine de pouvoir bétisme et de l’alphabétisation en milieu
minorigagner de l’argent, elle s’inscrit à un collège de taire. Au chapitre suivant, il examine la question
langue anglaise, à Chatham (Ontario). de la communauté franco-ontarienne, notamment
Malheureusement, les religieuses interceptent les dans son statut de minorité. Dans le troisième
lettres de Rogers et Ninie se sent délaissée. Ses chapitre, il retrace l’histoire du système
d’éducaétudes terminées, Ninie se trouve un emploi à tion franco-ontarien pour montrer deux types
Montréal dans le domaine des affaires. Accompa- d’analphabétisme chez les francophones, au
gnant un jour une amie qui rend visite à son frère Canada et particulièrement en Ontario : d’abord
séminariste, Ninie est tout étonnée d’y voir l’analphabétisme originel des Canadiens français
Rogers. Persuadée qu’il convoite la vocation reli- à partir de leur mode de vie et de l’idéologie
gieuse, elle se console par le travail et les voyages. dominante et, ensuite, l’analphabétisme de
C’est d’ailleurs lors d’un voyage aux États-Unis minorité chez les Franco-Ontariens, un effet du
qu’elle rencontre Harry qui s’éprend follement système social dominant et du système
d’elle. Parce qu’elle refusa de l’épouser, Harry d’éducation. La fin de ce chapitre dépeint aussi
décida de se venger. Il tente de l’enlever mais – un portrait de l’analphabétisme franco-ontarien à
heureuse coïncidence ! – Rogers la sauve de ses partir d’études du milieu. Enfin, dans le dernier
ravisseurs. D’autres péripéties provoquent une chapitre, Wagner fait une rétrospective de
fois de plus la séparation de Ninie et de Rogers, l’alphabétisation au Canada, en Ontario et en
car celui-ci est faussement accusé de vol et mis Ontario français ; il s’agit d’une esquisse critique
en prison. En dernier lieu – et le lecteur s’y attend du développement et des orientations de
– Ninie et Rogers uniront leur destinée. Par son l’alphabétisation au Canada et en Ontario. Ce
désir d’étudier en milieu anglophone pour devenir dernier chapitre présente aussi le noyau d’une
bilingue et travailler dans le monde des affaires, alphabétisation culturelle pour les adultes en
l’héroïne semble intégrer certaines valeurs de la Ontario français.
CHANTAL VAILLANCOURTculture canadienne-anglaise de l’époque et, en
cela, peut être considérée comme l’une des
premières romancières franco-ontariennes.
Anatomie fonctionnelle de l’appareilMICHELINE TREMBLAY
locomoteur. Os, articulations, muscles.
Par Michel Guay et Claude Chapleau.
Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 1991, 299 p.Analphabétisme de minorité et
Tableaux, figures, photos, appendices,index. (18 x 22 cm)alphabétisation d’affirmation nationale. R
À propos de l’Ontario français. Volume Dans le but d’initier le lecteur à l’étude de
l’anatoI : Synthèse théorique et historique. mie fonctionnelle de l’appareil locomoteur, cet
Par Serge Wagner. ouvrage examine trois « ensembles » relatifs au
Avec la collaboration de Pierre Grenier. mouvement humain : l’ostéologie, la myologie et
Toronto, Ministère de l’éducation, « Alpha communautaire l’arthrologie. Le premier des quinze chapitres tient
chez les Franco-Ontariens » 9, 1990, 506 p. (23 cm)
lieu d’introduction et présente les diversesS
techniques d’exploration de l’anatomie. SuiventCet ouvrage théorique et historique souligne le
trois chapitres qui traitent respectivement desrapport qui existe entre l’analphabétisme et
généralités sur les os, sur les articulations et surl’acculturation en examinant spécifiquement le
les muscles. Les chapitres cinq à quatorze portentcas des Franco-Ontariens. L’auteur effectue un
sur divers aspects de « l’anatomie régionale » :rapprochement entre les questions relatives à
l’épaule, le coude et l’avant-bras, le poignet et lal’éducation des jeunes et à l’école
francomain, la colonne vertébrale, le thorax, la ceintureontarienne, d’une part, et celles qui se rapportent
pelvienne et la cuisse, la jambe, la cheville, leà l’éducation des adultes et à l’alphabétisation
Lettre A 1 a 88 V4 f 37 8/19/10, 7:38 AMAnciennes missions 38 Dictionnaire des écrits
pied et les orteils et, enfin, la tête. Pour chacune mais le massacre de Lachine (1689) annonçait la
de ces « régions », les auteurs étudient les os, les fin de la deuxième phase. La paix générale
articulations, les muscles et les mouvements. Le obtenue en 1701 fut à nouveau brisée en 1709,
dernier chapitre est une analyse cinésiologique. contraignant les jésuites « à quitter définitivement
L’ouvrage donne nombre d’explications et de un pays qu’ils avaient tant aimé ». Les deux
définitions, enrichies par plusieurs tableaux, derniers chapitres tracent l’histoire de la mission
figures, photos et dessins. Quatre appendices des Outaouais et des « dernières missions de
présentent, sous forme de dessins et en photos, l’Ouest ». L’auteur évoque la création du fort
les artères et les veines, les muscles, les nerfs, Détroit (1701) et la fondation de la mission de
ainsi que le squelette et les principales articula- l’Assomption (1728). En épilogue, il donne un
tions. Six index viennent compléter l’ouvrage. bref aperçu des suites de la Conquête (1760).
DÉOF Après 1773, lorsque Rome supprima la
Compagnie, les derniers jésuites au Canada
disparurent un à un. En 1842, la Compagnie de
Anciennes missions de la Compagnie Jésus, restaurée en 1815, revint au Canada, ce qui
de Jésus dans la Nouvelle-France fera l’objet d’un deuxième livre, Les Missions
(1611-1800) (Les). modernes de la Compagnie de Jésus au Canada
Par [Édouard] Lecompte. (1842-1924).
Montréal, Imprimerie du Messager, 1925, 81 p. Illustrations,
DÉOFcarte. (14 x 21,2 cm)
S
En cette année jubilaire (1925) avec, à Rome, une
exposition au sujet des missions et à l’occasion Ancre (L’). Le Journal français
du troisième centenaire de l’arrivée des jésuites à du Nipissing. (1984)
Sturgeon-Falls. Hebdomadaire, irrégulier. (28,8 x 43 cm)Québec en 1625, ce livre en huit chapitres décrit
Ple travail d’évangélisation des jésuites auprès des
Fondé à Sturgeon-Falls en 1984, L’Ancre se veutIndiens de la Nouvelle-France. Le premier
chaau service des populations franco-ontariennes dupitre donne une « vue générale des missions de
Nipissingue. D’abord hebdomadaire (du 14 marsla Nouvelle-France », avec une introduction à sa
au 16 mai 1984), le journal devient ensuitegéographie et une présentation des grandes
fairrégulier (6 juin, 27 juin, 25 juillet et 15 aoûtmilles amérindiennes et leur mode de vie. Les
1984), avant de disparaître. L’équipe adminis-deuxième et troisième chapitres sont consacrés
trative se compose de trois personnes (le directeuraux missions chez les Micmacs et les Montagnais,
et rédacteur Jean-Claude Arluison, le journalisteavec un historique de la première mission jésuite
Guy Desaulniers et la secrétaire-comptableétablie à Port-Royal en 1611, mais détruite en
Dolorès Grant), auxquels s’ajouteront plus tard1613, suite à une attaque anglaise. Le chapitre
d’autres collaborateurs. Dans les premierssuivant retrace les débuts des missions de Québec,
numéros, l’équipe promeut la notion de « prêt-de Montréal et des Trois-Rivières. La mission
membre » afin de financer le journal et d’acquérirhuronne est décrite dans le chapitre cinquième
des copropriétaires. Le journal est publié par laqui, outre l’histoire de la mission, raconte la vie
Coopérative des Média d’Information du Moyen-de Jean de Brébeuf et de Gabriel Lalemant, y
Nord. Le journal se dit « communautaire » et traitecompris une description détaillée de leur martyre.
donc d’actualités locales et régionales en publiantLe sixième chapitre parle des trois phases
une page scolaire, artistique et de loisirs, en plusdistinctes de « l’évangélisation des cantons
d’un calendrier d’événements et de la bandeiroquois ». La première phase (1642-1658)
corresdessinée Maria Chapdelaine par Clermont Duval.pond à la reprise des hostilités entre Français et
Les numéros comptent une douzaine de pages et
Iroquois après la mort d’Isaac Jogues, autre martyr
reflètent la vie de la région.jésuite. Après une accalmie, la guerre reprend en
DÉOF
1658, mettant fin à la mission iroquoise, après
seize ans d’efforts. Une paix est signée par la suite
Lettre A 1 a 88 V4 f 38 8/19/10, 7:38 AM39de l’Ontario français André Mathieu
Ancres d’encre. Poésie. l’ignorance des convictions de l’auteur pour
mieux les étaler. Les quelques incohérences duPar Cécile Cloutier-Wojciechowska.
Ottawa, Éditions du Vermillon, « Rameau du ciel » 14, 1993, narrateur frapperaient l’auteur d’instabilité le
LXXXVI p. (16,5 x 21,5 cm) faisant osciller entre l’extérieur et l’intérieur duR
monde fictif. L’aptitude de Gide à quitter son pointDepuis les derniers recueils, les allusions au poète,
de vue pour adopter celui de l’autre fait de laà l’écriture, comme sujet poétique, se sont faites
littérature un « laboratoire pour une transforma-de plus en plus nombreuses. Toujours en incluant
tion de l’individu à commencer par l’auteur lui-la sensualité, plus rarement et discrètement la
même. » La modulation du point de vue ne doitsexualité, l’auteur poursuit son expérience
poétidonc rien à la seule voix, mais plutôt au rapportque sans changements majeurs quant à ses thèmes
entre la source de l’information et la voix quiet ce, en fait, depuis ses premiers recueils. Ancres
l’exprime.d’encre est d’ailleurs le titre du premier poème
DÉOF
de Cuivre et soies paru en 1964. Les liens se tissent
ainsi entre les recueils de Cloutier. Ancres d’encre,
ce sont 78 poèmes de style « minimaliste » ; rares André Mathieu. Un génie.
sont les poèmes dépassant plus de neuf mots. Par J[oseph] Rudel-Tessier.
Visant l’essentiel, Cloutier a ici recours à l’impé- Montréal, Éditions Héritage, [1976], 365 p. Photos, documents
iconographiques, musiques. (15,8 x 24 cm)ratif qui exacerbe cette urgence de dire, de faire.
A
Ce recueil, dont la pagination est en chiffres
roLa vie du « jeune prodige » André Mathieu
(1929mains, comporte également une bibliographie de
1968), pianiste compositeur, est racontée en cinq
l’auteur.
courts chapitres axés sur sa jeunesse. Au premierDÉOF
chapitre, l’auteur s’intéresse aux parents d’André
Mathieu, Rodolphe Mathieu et Wilhemine
André Gide. Écriture et réversibilité « Mimi » Gagnon. Son père, lui aussi pianiste et
dans Les Faux-Monnayeurs. compositeur, ne reconnaissait pas le génie
Par N. David Keypour. d’André, mais a finalement sacrifié sa carrière à
Montréal/Paris, Presses de l’Université de Montréal/Société celle de son fils. Le jeune André Mathieu compose
nouvelle Didier érudition, 1980, 264 p. Bibliographie.
ses premières œuvres à l’âge de quatre ans. Le(14 x 22 cm)
R troisième chapitre relate un peu l’histoire de son
L’ouvrage en deux parties porte sur l’analyse des arrière-grand-père, un patriote, qui fit fortune en
procédés de narration et fait la synthèse des Californie et au Klondike. En racontant ces hauts
ambiguïtés de la voix narrative. L’analyste faits, la mère d’André ne se doutait pas qu’elle
cherche à allier l’étude thématique, historique, lui faisait découvrir sa patrie. L’enfant préfère tout
psychologique au besoin, à une « visée de même sa musique à la science politique. Suite
structurelle ». Cela lui permet de dégager une au premier concert d’André, à 5 ans, au
Ritzpolyphonie dans les Faux-Monnayeurs. Les Carlton de Montréal, la famille Mathieu quitte
personnages ignorant le lecteur, ce dernier doit cette ville pour Paris, où André étudie auprès des
reconstruire l’intrigue à travers les informations meilleurs professeurs (chap. IV). Paul-Louis
éparses. « Les êtres changent au contact Weiller devient le mécène des Mathieu et les
d’autrui », ce qu’illustre la juxtaposition des concerts se multiplient. Les Mathieu rentrent au
lettres au dialogue et au journal. La leçon de pays, s’installent ensuite à New-York en 1939 et
Vincent sur la vie biologique et le récit de Lilian reviennent à Montréal en 1942. En 1960, André
seraient des métaphores de l’intrigue du roman. Mathieu épouse Marie-Ange Massicotte. Il
D’après Keypour, Gide croyait mettre fin à ses décède huit ans plus tard, à l’âge de trente-neuf
récits ironiques avec les Faux-Monnayeurs. Or, ans, le 2 juin 1968. L’ouvrage, abondamment
« Aucun sujet autant que l’aveuglement ne semble illustré, contient des copies de nombreuses
coupupropre à inviter l’ironie d’un auteur. » On y res de journaux, d’articles, de pièces musicales
sentirait l’influence de Fielding que Gide a et de programmes.
d’ailleurs traduit. Le narrateur gidien affecterait DÉOF
Lettre A 1 a 88 V4 f 39 8/19/10, 7:38 AMAnge de la caverne 40 Dictionnaire des écrits
Ange de la caverne (L’). brochure : « la “troisième université française”
s’anglicise en s’agrandissant ». Le deuxièmePar Madame A.-B. Lacerte [Emma-Adèle
article souligne la création de nouvelles facultés,Lacerte].
Ottawa, Le Courrier fédéral, 1922, 236 p. (14 x 20 cm) anglaises, et présente plus particulièrement le cas
R de la faculté de médecine. Le troisième décrit les
À la suite d’une erreur judiciaire, Yves Courcel deux voies d’une faculté bilingue, « les arts ou
est condamné au pénitencier de Cayenne pour le cours classique » : l’une est unilingue anglaise et
meurtre présumé de son meilleur ami, Sylvio l’autre bilingue pour les Canadiens français, car
Desroches. Il s’évade avec un compagnon de « la moitié des matières s’enseignent en anglais ».
bagne, tandis que sa femme et sa fille, désho- Le quatrième article reprend un thème récurrent
norées, émigrent au Kentucky. Elles s’abritent dans l’histoire de l’éducation au Canada français :
dans une caverne, repaire de distillateurs « les Canadiens français paient pour se faire
clandestins. Après la mort de la mère, la jeune angliciser ». Il en va de même au cinquième,
intiÉliane est gardée prisonnière par le chef des tulé « La Tradition française qui s’est maintenue
bandits, Castello, qui veut l’épouser. Mais la jeune pendant un siècle de luttes », qui rappelle
l’hisfille a déjà donné son cœur au jeune médecin du toire de l’Université d’Ottawa, fondée pour les
village voisin, le docteur T. Stone. Après une suite Canadiens français de l’archidiocèse d’Ottawa et
peu convaincante d’événements, de révélations que les catholiques de langue anglaise ont tenté à
et de retournements de situations, on retrouve, plusieurs reprises de s’approprier. La brochure
dans la même région du Kentucky, Yves Courcel contient finalement le texte d’une résolution de
et son ami bagnard (tous deux enrichis par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et
l’exploitation de terrains aurifères au Brésil), S. d’une déclaration de la Ligue d’Action nationale
Desroches, prétendument mort assassiné, le demandant que l’on redonne à l’Université « son
docteur Stone qui est en fait le fils Desroches, caractère traditionnel de premier bastion de
ami d’enfance d’Éliane, et Éliane elle-même, qui défense et d’expansion française en Ontario et
a réussi à échapper à Castello. Malgré d’ultimes dans l’Ouest canadien. » Vigeant insiste donc sur
menaces et un dernier enlèvement, Éliane et le le rôle de chef de file de l’Université en
francodocteur Stone finissent par se marier, tandis que phonie canadienne à l’extérieur du Québec. Pour
Castello, repenti, entre chez les bénédictins. Si la saisir toute l’importance du débat, il faut rappeler
romancière fait preuve d’une grande imagination, la place que l’idéologie canadienne-française de
ce roman n’est pas le meilleur de son cru. L’issue l’époque accordait aux diplômés d’université :
des péripéties, trop prévisible, affaiblit l’intérêt « Si la connaissance de l’anglais revêt une énorme
du roman. importance utilitaire, une solide formation
FRANÇOISE LEPAGE
française s’impose pour les dirigeants d’un groupe
minoritaire qui doit lutter pour sa survivance. Il
faut les imprégner de culture française si l’on veutAnglicisation à l’Université d’Ottawa (L’).
qu’ils résistent à l’ambiance anglicisatrice duPar Pierre Vigeant.
milieu et qu’ils communiquent à leurs compa-Montréal, Éditions de l’Action nationale, (1950 ?). 32 p.
(18 cm) triotes moins instruits la volonté de conserver
S coûte que coûte notre héritage français ». Le
L’Action nationale est bien connue pour son
lecteur retrouvera dans cette brochure tous lesmilitantisme ; dans les années 1950, celui-ci était
éléments d’une vieille question d’actualité
concanadien-français et participait à tous les débats
cernant l’université, bilingue ou française. Il ysur le Canada français, ses institutions et leur
trouvera même une mention plus qu’honorable
survie. Cette brochure est l’une des multiples
pour le Collège du Sacré-Cœur de Sudbury, mêmepublications qui expriment cet engagement. Elle
s’il a dû faire des concessions au bilinguisme :
reproduit cinq articles de Pierre Vigeant parus
« Un élève ne peut faire ses classes au Collège dedans Le Devoir à l’occasion des fêtes qui ont
Sudbury sans apprendre le français. »
marqué le centenaire de l’Université d’Ottawa. GRATIEN ALLAIRE
Le premier indique tout de go le ton de la
Lettre A 1 a 88 V4 f 40 8/19/10, 7:38 AM41 Anne Hébertde l’Ontario français
Anglicisme (L’). Voilà l’ennemi. Années 90 (Les). Dessins éditoriaux.
Causerie faite au Cercle catholique Par Bado [Guy Badeaux].
de Québec, le 17 décembre 1879. [Préface par Michel C. Auger].
Sudbury, Prise de parole, 1993, 117 p. Caricatures, photo.Par Jules-Paul Tardivel.
(22,5 x 23 cm)Québec, Imprimerie du « Canadien », 1880, 28 p. (20 cm)
RR
Ce recueil de dessins éditoriaux, publiés dans LeÀ onze ans, Jules-Paul Tardivel apprenait le
Droit (sauf trois faits pour la Tribune de la Pressefrançais. Il croyait bien le maîtriser. Mais en 1878,
à Ottawa), couvre les années 1988 à 1993. Laen écoutant parler les autres, il s’est aperçu qu’il
centaine de dessins passe en revue les événementsne le parlait pas bien. Dans ce discours, l’auteur
principaux de cette époque : le massacre de latente de convaincre ses auditeurs de l’importance
place Tianamen et la chute du mur de Berlin,de conserver leur langue pour empêcher que le
l’URSS et l’ALÉNA, l’Accord du lac Meech et celuipeuple ne disparaisse. Le principal danger se
de Charlottetown, la crise d’Oka et la guerre dutrouve dans les anglicismes qu’il définit comme
Golfe, Salman Rushdie et Yasser Arafat, laétant « une signification anglaise donnée à un mot
Yougoslavie et la Somalie, Mulroney et Campbell,français ». Tardivel analyse d’abord le discours
Bourassa et Bouchard, Charles et Diana, Millide trois députés à la législature (l’Assemblée
Vanilli et le reste. Michel C. Auger, correspondantlégislative) et relève leurs anglicismes. Il fait
parlementaire du Journal de Montréal à Ottawa,ensuite de même avec des articles de journaux. Il
écrit : « Mais dix mille chroniques, éditoriaux etconclut en précisant qu’il a voulu donner quelques
savantes analyses n’auront mieux réussi à enpreuves que l’ennemi est là, à craindre !
capturer l’essence qu’un seul dessin de Bado. »DÉOF
DÉOF
Annales (Les). (1922-1925)
Anne Hébert. Architexture romanesque.Ottawa. Mensuel.
P Par Janet M. Paterson.
Cette publication de l’Institut canadien-français Ottawa, Éditions de l’Université d’Ottawa, 1985, 192 p.
Réimprimé en 1988. (23 cm)d’Ottawa est une « revue mensuelle offrant à une
Rélite un choix d’articles intéressants et variés,
Ce livre, tiré d’une thèse de doctorat soutenue à
revue qui serait l’expression de notre goût, de
l’Université d’Ottawa, a pour objectif d’étudier
notre pensée et de nos travaux, agent à la fois de
la problématique de la représentation dans l’œuvre
propagande et de liaison intellectuelles ». Son
de l’auteur québécois Anne Hébert, afin de mettre
programme, énoncé au tout début, vise à protéger
en lumière la pluralité de son écriture.
son caractère national, français et catholique. Il
L’« Introduction » révèle que la modalité de cette
vise également à propager une meilleure pensée
démonstration sera l’étude des « trois codes
franco-canadienne. La revue s’intéresse au
domaiprincipaux [...] que sont le réel, l’onirique et
ne des lettres, de l’histoire, des sciences et des
l’irréel », étude qui dévoilera ce qui constitue la
arts. Mais elle se tient à l’écart de la politique
cible centrale de l’ouvrage : « un système
d’autopartisane. Le lecteur y trouve des chroniques dont
représentation » contribuant largement à inscrire
celle de l’Association technologique de langue
le corpus romanesque hébertien dans « une
française et celle des pages féminines intéressant
esthétique postmoderne ». Cet ouvrage, admirable
les femmes, par le biais d’une correspondance
de clarté, a une structure complexe. L’introduction
entre Jacques et Berthe. Mises à part ces
chroniest suivie d’une étude fouillée du roman Les
ques, la revue renferme des articles complets et
Chambres de bois, qui constitue la majeure partie
recherchés, de la poésie et des nouvelles
du livre. Cette première partie est divisée en deux
littéraires.
sections, « La production du sens dans le texte »DÉOF
et « Le texte comme inscription du sens », titres
qui indiquent l’orientation textuelle de tout le
livre, livre rigoureux avant tout, affirmant, quant
Lettre A 1 a 88 V4 f 41 8/19/10, 7:38 AMAnne Hébert et le miracle 42 Dictionnaire des écrits
au sens du corpus romanesque hébertien, cela seul des deux parties de Poèmes. Dans le troisième
qui se laisse dégager de son langage. Ces deux chapitre (« Une lecture de poème »), l’auteur
parties sont divisées chacune en six chapitres examine « le Mystère de la Parole », en s’attardant
passant d’une analyse lumineuse de l’incipit des surtout à son aspect stylistique (le rythme
Chambres de bois et particulièrement du mot prosodique, les images, la répétition, etc.). Les
« pays », jusqu’à celle des mises en abyme, de deux chapitres suivants (« Le Mystère de la
l’intertextualité, de l’intratextualité, de la parole » et « Le Miracle de la parole ») explorent
représentation et de l’autoreprésentation qui le concept de la parole en tant que truchement
permettent à J. M. Paterson de dévoiler l’impor- des idées de la poétesse. Enfin, dans le sixième et
tance et la valeur heuristique de celle-ci pour dernier chapitre (« Retour »), l’auteur modifie une
l’étude du premier roman hébertien comme de de ses affirmations initiales et, plutôt que de clore
tous ceux qui l’ont suivi jusqu’à la publication son étude, il se pose des questions nouvelles quant
d’Anne Hébert. Architexture romanesque). Ces à l’œuvre poétique d’Anne Hébert. Ainsi, il réussit
romans – Kamouraska (1970), Les Enfants du non seulement à « rétablir le poème comme lieu
sabbat (1975), Héloïse (1980) et Les Fous de premier » de sa lecture, mais aussi à « préserver
Bassan (1982) – font chacun l’objet d’un chapitre l’intégrité » du miracle de la parole.
DÉOFde la deuxième partie du livre, chaque chapitre
soulignant l’importance de la problématique de
la représentation et de l’autoreprésentation dans
Anne, ma sœur Anne.
le roman étudié. Le chapitre final, sur Les Fous
Par Paul-François Sylvestre.
de Bassan, confère à ce chef-d’œuvre un statut
[Sudbury], Prise de parole, 1988, 106 p. (15,5 cm x 22,8 cm)
spécial puisqu’il comporte deux sections dont les A
titres des deux dernières – « Les cris des fous » Dans le prologue du roman Anne, ma sœur Anne,
et « L’écrit des fous » – signalent à quel point l’auteur nous situe dans une cour de justice. La
Janet Paterson a su incorporer dans son ouvrage plaignante, Josiane Caron, dite sœur Marie-Anne
l’esprit du corpus et du phénomène textuel princi- Bathilde en religion, présente son vécu au jury,
pal qu’elle y a relevé : l’autoreprésentation. Une afin de plaider sa cause contre les accusés. Voilà
brève mais lumineuse « Conclusion » situe que le lecteur plonge dans l’histoire de cette
l’œuvre romanesque hébertienne par rapport à religieuse, qui, à l’âge de 48 ans, est mécontente
celles d’auteurs comme Aquin, Bessette, et confondue. Séparé en six parties (enfance,
Ducharme et Brossard et aussi de romanciers adolescence, vie de communauté, retour au
postmodernes non canadiens comme Beckett, présent dans la cour de justice, prologue et
Nabokov, Barth, Robbe-Grillet. Une bibliographie épilogue) Anne, ma sœur Anne présente à la
abondante clôt cet ouvrage important. troisième personne comment un individu au
NEIL B. BISHOP caractère fort, à l’esprit curieux et au
raisonnement têtu survit dans l’enclos d’une communauté
religieuse qui l’a rejeté.
Anne Hébert et le miracle de la parole. ADÈLE SÉGUIN
Par Jean-Louis Major.
Montréal, Presses de l’Université de Montréal, [« Lignes
québécoises »], 1976, 115 p. (16 x 18,5 cm) Antécédents du surréalisme.
A
Par Bernard-Paul Robert.L’objet de cette étude est essentiellement le recueil
Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, 188 p.
Poèmes (1960) d’Anne Hébert. Dans le premier (23 cm)
chapitre (« Un poème »), le plus court, l’auteur R
explique que sa lecture s’attache au poème « le Cet ouvrage se veut une analyse de sources et
Mystère de la Parole », puis le deuxième (« Un d’écrits qui auraient eu une influence
déterminante sur André Breton et sur l’élaboration de ladiptyque ») traite surtout du symbolisme et des
principaux thèmes (l’oiseau, le cœur) de ce théorie du surréalisme. Le livre est d’abord axé
sur l’œuvre de Baudelaire, sur les aspects de sonpoème. À cette analyse s’ajoute une comparaison
Lettre A 1 a 88 V4 f 42 8/19/10, 7:38 AM43 Anthologie de textesde l’Ontario français
art poétique qui ont pu trouver leurs échos dans ouvrage dans la tradition érudite des anthologies
les théories de l’automatisme, de la dialectique et littéraires, mais aussi à faire partager le plaisir
du rêve, si chères aux surréalistes de la première d’explorer un corpus encore mal connu. Quelques
heure. Chez Baudelaire cela s’exprime par le remarques lui suffisent pour faire ressortir les
recours aux états hallucinatoires, provoqués soit lignes de force et l’évolution de cette poésie :
par les expériences avec les drogues ou la provo- « Après les poètes outaouais de la fin du
dixcation d’états de transe, également par sa théorie neuvième siècle, [...] il faut attendre la décennie
des synesthésies horizontales, ou correspondan- de 1970 et les jeunes poètes du Nord pour lire
ces, et par l’idée de « l’identité des contradic- des recueils inspirés par le nationalisme et le
toires ». L’auteur se penche ensuite sur l’influence terroir. L’ensemble de la poésie franco-ontarienne
plus marquée de l’œuvre de Hegel, surtout son manifeste des préoccupations humaines avant tout
Cours d’esthétique, spécifiquement d’après la [...] ». Dionne replace ainsi dans un contexte
traduction qu’en a faite Charles Bénard et qui historique élargi l’inspiration sociopolitique d’une
aurait donné au surréalisme une grande partie de part importante de la poésie ontaroise. Il témoigne
ses idées de base, surtout pour ce qui a trait à aussi de l’ouverture du corpus ontarien aux
l’utilisation de l’objet (par rapport à celle qu’en auteurs venus d’ailleurs en incluant des textes de
avaient faite préalablement les romantiques), aux l’Acadien Després, de la Française Voldeng, de
théories de la représentation, à l’importance de la l’Algérien Bouraoui, etc. Ce souci d’équilibre et
poésie comme forme privilégiée d’expression de réalisme dicte également les remarques sur les
artistique, et également à la pensée dialectique. auteurs : des formules brèves et précises
caractéCertains passages du deuxième Manifeste du risent tel auteur (« Évasion et fuite [...] deux mots
surréalisme ont été tirés textuellement de l’œuvre qui peuvent définir la poésie de Michel Dallaire »)
de Hegel, ou ont été modifiés légèrement par ou indiquent les limites de tel autre (la « révolte
Breton. L’influence de Hegel est donc incontour- [de Richard Casavant] se perd dans un moralisme
nable et continue même aujourd’hui à marquer peu convaincant »). Parfois l’anthologiste-lecteur
les héritiers du surréalisme. se manifeste par des envolées plus émotives :
PAUL SAVOIE « On lit Robert Lalonde pour son amour de la vie,
ses bonheurs d’expression, les audaces de sa verve
populaire [...] qui font de lui un primitif original. »
Anthologie de la poésie franco-ontarienne
Mais les lecteurs retiendront surtout de cette
des origines à nos jours.
Anthologie de la poésie franco-ontarienne
Par René Dionne. l’image d’une littérature jeune, certes, mais
[Sudbury], Prise de parole, 1991, 223 p. (23 cm)
résolument engagée dans la voie de la maturité.S
JAMES DE FINNEYChercheur universitaire réputé, René Dionne
poursuit son travail de mise en valeur de la
littérature franco-ontarienne avec cette antho- Anthologie de textes littéraires
logie. Il y présente 164 textes de 42 auteurs, depuis franco-ontariens.
la « Complainte de Cadieux » (vers 1709), Par Yolande Grisé. 4 tomes.
jusqu’aux poètes contemporains bien connus, les Montréal, Fides, 1982. (25 cm)
Dallaire et Desbiens, en passant par les prédéces- S
TOME I – Parli, parlo, parlons, [Préface de Jaqueline Martin],seurs, dont Benjamin Sulte, « le premier
Montréal, Fides, 1982,114 p. Tome II – Les Yeux en fête,
francophone de l’Ontario à faire paraître un [Préface de Germain Lemieux], Montréal, Fides, 1982 199 p.
recueil de poésie [en 1870] ». Chaque auteur fait Tome III – Des mots pour se connaître, [Préface de Séraphin
Marion], Montréal, Fides, 1982, 220 p. Tome IV – Pour sel’objet de notes biographiques, bibliographiques
faire un nom [Préface de Gisèle Lalonde], Montréal, Fides,
et critiques. L’introduction, rédigée, comme les 1982, 224 p.
notes, dans un style laconique et précis, présente
l’« aventure anthologique » de Dionne : conscient Le Centre franco-ontarien de ressources
pédagod’aborder une « littérature encore peu étudiée et giques présente, en quatre volumes, la première
diffusée », il cherche non seulement à inscrire son Anthologie de textes littéraires franco-ontariens.
Lettre A 1 a 88 V4 f 43 8/19/10, 7:38 AMAnthropoïdes 44 Dictionnaire des écrits
Sous des représentations variées, des textes de franco-ontarien présente toutes les époques de
tous genres sur des sujets les plus divers, ces textes l’histoire de l’Ontario français, depuis le passage
sont toujours bien illustrés. Des artistes franco- de Champlain en Huronie jusqu’à nos jours.
ontariens ont contribué à l’illustration de cette L’Outaouais et le Nouvel-Ontario sont les
anthologie. Le premier volume est un recueil de principales régions que les textes permettent de
textes, préparé pour les petits de six à neuf ans, découvrir. Ce volume montre la diversité
dans lequel ils découvriront des contes, des étonnante de la littérature franco-ontarienne.
comptines, des chansons et des poèmes composés, Parli, prlo, parlons, Les Yeux en fête, Des mots
sans prétention, par des enfants ou des Ontariens. pour se connaître et Pour se faire un nom,
Orientés vers l’expression orale, le rêve et la constituent les quatre tomes de cette anthologie
fantaisie, ces écrits engagent l’enfant à s’exprimer utile aux enseignants des écoles ontariennes et à
à haute voix, à chanter, à réciter ou, même, à tous ceux et celles qui désirent connaître la
dialoguer. La bibliographie indique où trouver les littérature de l’Ontario français.
DÉOFtextes cités. Le deuxième volume s’adresse aux
écoliers de neuf à douze ans, des écoles françaises
de l’Ontario : une cinquantaine de textes écrits
Anthropoïdes (Les). Roman d’aventure.par des auteurs de tout âge qui sont nés, ont vécu
Par Gérard Bessette.ou voyagé en Ontario. Ces textes, parfois inédits,
[Montréal]. Éditions La Presse, [c1977], 297 p.
parfois traditionnels, permettent de développer, (22,7 x 15,2 cm)
chez les jeunes, une conscience de l’existence et R
L’action du roman se déroule à une époque biende la continuité d’une tradition littéraire
francoéloignée de la nôtre, où cohabitent des sociétésontarienne. Contes, légendes, poèmes, chansons
de primates de toutes sortes, sur des terres dontet proses se succèdent alternativement pour briser
on devinera à la fin, malgré des indications con-la monotonie. De plus, les textes narratifs
s’échetraires, qu’elles doivent correspondre au territoirelonnent en fonction de leur longueur et des
québécois ou canadien. Selon quelles modalités,difficultés qu’ils présentent allant du simple au
on ne saurait le dire, puisque, loin de reconstituercomplexe. La bibliographie présente les
réféun passé primitif, l’auteur emprunte des élémentsrences aux ouvrages, revues et journaux d’où sont
à la préhistoire et à la vie des singes pour lestirés les textes. Le troisième volume, préparé pour
transformer au gré de sa fantaisie. L’image quiles adolescents de la septième à la dixième année,
en résulte est méconnaissable, quoique étran-se veut un miroir de la réalité franco-ontarienne.
gement familière. Le « paroleur » Guito y tientTreize sections se partagent l’ouvrage. Chacune
la chronique violente de la vie des hordes, quiréunit un certain nombre de textes regroupés
dévoilent un monde brutal aux structures patriar-autour d’une idée-thème qui s’inscrit dans le
cales. On notera l’effort de créer un vocabulaireprolongement du titre que porte ce volume : Des
propre aux hordes anthropoïdes qui vientmots pour se connaître, pour « s’empayser »,
s’intégrer au texte français du roman. Ce lexiquedurer, changer, voyager, s’affirmer, chanter et
se caractérise notamment par des mots inventésdanser, grandir, souffrir, aimer, sourire, se
soud’apparence onomatopéique et, ce qui estvenir, prier et raconter. Les thèmes expriment et
remarquable aussi au niveau stylistique, par unrésument les principaux traits d’une identité
usage extrêmement libre de mots dérivéspersonnelle et d’une identité franco-ontarienne.
(« soleilleux », « mânesque », etc.). Ces innova-La bibliographie présente les références des textes
tions refléteraient la conception du monde et lescités. De plus, un petit dictionnaire des auteurs
réalités sociales décrites dans le roman. Mais lepermet de connaître les écrivains cités. Enfin, une
lecteur est également dépaysé par des particula-carte de la province de l’Ontario vient enrichir ce
rités stylistiques qu’on retrouve ailleurs chezvolume. Le quatrième volume s’adresse quant à
Bessette : la réunion, par des traits d’union, delui tout particulièrement aux jeunes de la onzième
plusieurs verbes ou épithètes (« leurs courtesà la treizième année. Dans ce volume qui complète
lances barbelées-déchirantes »), usage quil’anthologie, un inventaire du corpus littéraire
Lettre A 1 a 88 V4 f 44 8/19/10, 7:38 AM45 Antoine Gérin-Lajoiede l’Ontario français
s’accorde bien au style incantatoire, fait de Martel se trouve au chapitre V, qui explique à
phrases amples, interminables, du roman. Cet l’aide de la clef lacanienne pourquoi l’idéologie,
ouvrage ambitieux au style touffu exige beaucoup par-delà ses manifestations historiques
particude son lecteur, qui gagnera cependant, dans son lières, demeure pour Althusser un phénomène
appréciation de l’œuvre de Bessette, à connaître « éternel », c’est-à-dire inévitable bien
qu’illuce livre, le préféré de son auteur. soire : cela tient aux mécanismes psychiques de
MADELEINE CHARLEBOIS l’imaginaire et du symbolique. Le chapitre VI
expose le statut épistémologique de la philosophie
eu égard à l’universalité de l’idéologie. Au
Anthropologie d’Althusser (L’). chapitre VII, enfin, l’auteur rappelle qu’il est
Par Donald Martel. possible selon Althusser de devenir conscient du
[Ottawa], Éditions de l’Université d’Ottawa, « Philosophica » caractère idéologique de sa propre conscience27, 1984, 205 p. (22,9 x 15 cm)
grâce à un travail théorique approprié ; cela a desA
Ce travail fut présenté à l’origine comme thèse conséquences politiques quant au rapport entre
de doctorat à l’Université d’Ottawa. Son titre est les masses et leur élite intellectuelle.
LUCIEN PELLETIERun peu polémique, en ce qu’il affirme que l’être
humain demeure une des préoccupations centrales
de la pensée d’Althusser, alors même que celui- Antoine Gérin-Lajoie.
ci révoque la notion de sujet et l’humanisme qui
Par Louvigny de Montigny.
y prend appui. En s’efforçant de comprendre cette Toronto, Ryerson Press, [1925], 130 p. Index. (16 x 10 cm)
philosophie, à laquelle il semble entièrement R
acquis, l’auteur fut amené à y découvrir une Publié à Toronto, rédigé par Louvigny de
anthropologie fondamentale qui lui paraît Montigny (qui en 1925 était directeur des services
provenir de la théorie psychanalytique de Jacques de traduction du Sénat à Ottawa) et portant sur
Lacan. L’ouvrage tout entier étaye efficacement l’écrivain Antoine Gérin-Lajoie (qui exerça au
cette thèse et montre qu’elle permet de lever Parlement d’Ottawa les fonctions de traducteur
nombre d’obscurités chez Althusser. Le premier de 1865 jusqu’à sa mort en 1882), cet ouvrage
chapitre établit qu’en découvrant chez Marx une appartient sans conteste aux « écrits de l’Ontario
coupure épistémologique par laquelle celui-ci français ». Sur un ton apologétique, Montigny se
serait passé d’une idéologie humaniste à la propose de « glorifi[er] enfin Gérin-Lajoie pour
science, c’est-à-dire à une rationalité dans laquelle les œuvres qu’il nous a laissées ». L’auteur de
le sujet cesse d’être une donnée originaire, Jean Rivard, de Dix ans au Canada et de la
Althusser fait bel et bien intervenir une anthropo- célèbre chanson Un Canadien errant (pour ne
logie. L’auteur fait l’hypothèse qu’elle lui vient nommer que ces trois titres) naquit en 1824 à
de Jacques Lacan, et c’est à rappeler certaines Sainte-Anne-d’Yamachiche, près de
Troisnotions centrales de cette dernière théorie qu’est Rivières. Gérin-Lajoie sera marqué par la cause
consacré le deuxième chapitre : il expose la dis- du Parti canadien et des Patriotes, par la lutte pour
tinction lacanienne de l’imaginaire et du symbo- le gouvernement responsable et les libertés
lique comme phases de structuration du sujet et parlementaires et bien sûr par les événements de
précise la nature imaginaire, c’est-à-dire illusoire 1837-1838. La complainte du Canadien errant,
et pourtant nécessaire, du sujet se concevant lui- au dire de Montigny, fut d’ailleurs composée pour
même comme centre. Il rapproche ensuite cet ego honorer les exilés au lendemain de la Rébellion.
imaginaire du phénomène de l’idéologie, dans Tout au long de ses cinquante-huit ans,
Gérinlaquelle l’être humain se conçoit comme liberté Lajoie aura été journaliste, avocat, fonctionnaire
originaire. Les chapitres III et IV utilisent cette clef et président de l’Institut canadien-français
de lecture pour interpréter la coupure d’Ottawa. Cependant, c’est en sa qualité
d’écriépistémologique qu’Althusser découvre chez vain qu’il fut le plus utile à ses compatriotes, nous
Marx entre les Manuscrits de 1844 et L’Idéologie dit l’auteur. Son œuvre, toute imbue de l’amour
allemande de 1845. Le centre de l’ouvrage de du terroir, fait l’éloge du cultivateur qui à lui seul
Lettre A 1 a 88 V4 f 45 8/19/10, 7:38 AMAntoine Gérin-Lajoie 46 Dictionnaire des écrits
Montréal, Éditions du Devoir, 1925, 325 p. Photographes.a le pouvoir de surmonter l’infériorité économique
(11 x 18 cm)du Canada français. Car si Antoine Gérin-Lajoie R
manifesta une évidente sympathie pour Papineau Ce témoignage de gratitude d’un fils (Léon
et les Rouges (bien qu’il se rangeât du côté de La Gérin), sociologue canadien-français résidant à
Fontaine), il n’en était pas moins agriculturiste et Ottawa à l’époque où il écrivit ce livre, rend
conservateur sur le plan économique. Montigny hommage à la mémoire de son père, Antoine
ne trouve qu’un seul reproche à faire à Gérin- Gérin-Lajoie (1824-1882). Le livre est divisé en
Lajoie, celui d’avoir sacrifié, dans une certaine deux parties. La première retrace la vie et l’œuvre
mesure, la dimension esthétique et artistique de de son père à même les souvenirs de l’auteur et
son œuvre afin d’en augmenter la force de frappe. de documents de famille. La seconde évoque les
MICHEL BOCK principales manifestations rendues en hommage
à Antoine Gérin-Lajoie lors de la célébration de
son centenaire dans son village natal de Yama-Antoine Gérin-Lajoie. Homme de lettres.
chiche, au Québec. Ce livre n’est pas une biogra-Par René Dionne.
phie au sens traditionnel, car l’auteur, à travers leSherbrooke, Naaman, [« Études » 16, c1978], 435 p. Photos,
bibliographie, index. (13,3 x 19,5 cm) personnage de son père, a su recréer un tableau
R d’époque qui tient davantage de l’étude
ethnograCette biographie d’Antoine Gérin-Lajoie se
phique d’un village québécois au tournant du
dixprésente en cinq chapitres, dans lesquels l’auteur
neuvième siècle.
tient « sans cesse compte du contexte historique ». MARC CHARRON
Antoine Gérin-Lajoie naît le 4 août 1824 à
Yamachiche (chap. premier). Élevé dans une
À partir de quand la langue maternellefamille où l’éducation prévalait, le jeune Gérin
n’est-elle plus la langue premièrefait en 1837 son entrée au Collège de Nicolet, où
son talent d’homme de lettres se fait remarquer de communication ? [Avant-propos
(chap. 2). Une fois son collège terminé, il séjourne de Donald Dennie. Préface de Benoît Cazabon.]
Sudbury, Institut franco-ontarien, « Actes de colloque » 1,quelque temps aux États-Unis. De retour au pays,
1978, 135 p. Tableaux. (14,8 x 22,8 cm)il entreprend des études en droit et, pour payer
S
ces dernières, il travaille comme journaliste à La
Ce recueil présente les communications du
Minerve (chap. 3). La carrière de Gérin-Lajoie
premier colloque de l’Institut franco-ontarien tenu
suit son cours, celui-ci étant tantôt traducteur
à Sudbury le 3 février 1978. Il se divise en huit
législatif, tantôt bibliothécaire parlementaire
chapitres et traite des problèmes linguistiques.
(chap. 4). D’ailleurs, il occupa ce dernier poste
Benoît Cazabon, professeur de linguistique à
jusqu’à sa mort en 1882. Tout au long de sa vie, il
l’Université Laurentienne, cherche d’abord à
pratiqua l’écriture. Au dernier chapitre, l’auteur
savoir si un test peut mesurer la langue maternelle.
décrit le destin de l’œuvre de Gérin-Lajoie. En
Les deux chapitres suivants, de Raymond
conclusion, il récapitule la vie de cet homme de
Mougeon et Michael Canale, chercheurs au
lettres. Deux appendices complètent l’ouvrage :
Centre d’études franco-ontariennes de l’Institut
d’abord une anthologie de neuf textes de
Gérindes études pédagogiques de l’Ontario (IÉPO),
Lajoie, ensuite une importante bibliographie. Ce
abordent le problème de l’« assimilation
linguislivre, saturé de notes en bas de page et
reproduitique des jeunes Franco-Ontariens » et de leur
sant des extraits de textes écrits par Gérin-Lajoie,
méconnaissance du français standard. Ensuite,
fait une large place aux événements marquants
Germain Bertrand, enseignant à l’école
seconde l’époque.
daire de La Salle à Ottawa, discute de la « compé-DÉOF
tence selon Hymes ». Pour sa part, Normand
Frenette, enseignant à l’école secondaire
Antoine Gérin-Lajoie. La Résurrection Macdonald-Cartier, étudie la qualité du français
d’un patriote canadien. écrit d’adolescents bilingues de Sudbury. Robert
Par Léon Gérin. Villeneuve, professeur au collège Algonquin
Lettre A 1 a 88 V4 f 46 8/19/10, 7:38 AM47 Aperçu sur les originesde l’Ontario français
d’Ottawa, prône « l’enseignement de la gram- dernier chapitre, « Au fils des années », retrace à
maire assisté par ordinateur », alors qu’André l’aide de photos anciennes la vie d’autrefois.
DÉOFLapierre, professeur de linguistique à l’Université
d’Ottawa, essaie de découvrir « quel français les
Franco-Ontariens écrivent ». Enfin, Roger Aperçu sur les origines de Sudbury.
Bernard, professeur de sociologie au Collège
[Par Louis Héroux.]
universitaire de Hearst, étudie le « comportement Sudbury, Société historique du Nouvel-Ontario, « Documents
linguistique des Canadiens français » dans les historiques » 2, 1943, 23 p. Photos. (14,5 cm x 22 cm)
Svilles de Hearst, de Kapuskasing et de Cochrane.
Ce document, rédigé en 1905 par le jésuite LouisDÉOF
Héroux, qui vécut douze ans dans la région de
Sudbury (1902-1914), rassemble des
renseigneÀ perce-poche. ments recueillis auprès de ses pionniers. La
Par Danielle Martin. mission Sainte-Anne-des-Pins, fondée en 1883,
[Sudbury], Prise de parole, « Les Perce-neige », [c1979],
ne donna pas son nom au village de Sudbury, qui48 p. (11,4 x 18,4 cm)
prit plutôt le nom de la gare choisi par la sociétéR
Ces poèmes ont une prédilection pour l’anaphore ferroviaire. Sept courtes sections racontent
et le vers bref. La plupart interpellent le narrataire, l’évolution de Sudbury et de la paroisse
Saintesoit comme sujet de la douleur (« N’écoute plus Anne-des-Pins de 1883 à 1905. L’auteur examine
ces fous / qui t’étourdissent »), soit comme dans un premier temps les débuts de Sudbury, la
témoin, (« l’oiseau est-il mort / dites-moi perdrix découverte des métaux, l’arrivée des mineurs et
/ pourquoi on pleure ici »). Le quotidien, la dureté la venue des premiers missionnaires jésuites. La
de la vie pour les enfants, les femmes et les défa- deuxième section, « en odeur de sainteté », donne
vorisés tissent le recueil de questions inquiètes de courtes notices biographiques sur quatre
(exemples frappants : « Rangement des manies », missionnaires (J.-F. Chambon, Henri Hudon,
« Les Yeux vitreux »). Le dernier poème, « Dra- Richard Baxter et Pierre Hamel). Les deux
peau en berne », est isolé en une section spéciale sections suivantes parlent de J.-B. Nolin, premier
et parle de la mort de trois ouvriers dans une usine supérieur à Sainte-Anne-des-Pins (1883-1884),
de la CIP à Hawkesbury. des familles pionnières, de la construction, dès
DÉOF 1883, de l’édifice qui servit de «
presbytèrechapelle-école » ainsi que des premiers
développements économiques (chemin de fer, mines etAperçu de la francophonie de Cornwall
augmentation de la population). Il est ensuitepar l’image.
question, dans les cinquième et sixième parties,[Coordonnatrice, Fernande De Serres-Fobert]
du développement économique et de la prospéritéCornwall, Société historique de Cornwall, [1984], [8]-106 p.
Photographies, cartes, (20,7 x 27,9 cm) minière de Sudbury, de la transformation de la
S mission en paroisse, en 1889, au moment de
Publié à l’occasion du bicentenaire de Cornwall, l’ouverture de la nouvelle église. La municipalité
ce livre veut souligner la contribution des Franco- de Sudbury fut érigée en 1893. Après l’incendie
Ontariens à l’évolution de cette ville. L’ouvrage, de l’église, en 1894, on construisit une autre église
dont la préparation fut coordonnée par Fernande l’année même. Ces sections racontent en outre
De Serres-Fobert, se divise en six chapitres, illus- l’arrivée des sœurs Grises d’Ottawa, leur achat
trés de nombreuses photographies anciennes et de l’hôpital et le développement des écoles.
contemporaines. Après une introduction où se L’auteur commente enfin l’état moral et spirituel
trouve un bref historique de la région, le premier de Sudbury en 1905 et termine par un regard sur
chapitre présente la Société Saint-Jean-Baptiste.
l’avenir de cette ville minière.
Les quatre chapitres suivants abordent la vie éco- DÉOF
nomique, politique, sociale et culturelle, soit par
la biographie des personnages marquants, soit par
la description d’organismes ou d’institutions. Le
Lettre A 1 a 88 V4 f 47 8/19/10, 7:38 AMÀ petite dose 48 Dictionnaire des écrits
À petite dose... Causeries. de traiter du travail de « défricheur d’âmes » que
fit le missionnaire jésuite. Une série dePar Yves Deslandes [pseudonyme du père
« vicissitudes (1628-1635) » sont ensuite décritesFrançois Le Texier].
[Saint-Joseph de Lévis, Compagnie de Marie], 1925, ii- dans la quatrième partie : les aléas de la politique
169 p. (12 x 18.5 cm) et la perte de la Nouvelle-France en 1629, le
R
rappel de Brébeuf en France, son séjour à Rouen,Cet ouvrage reprend vingt-huit articles parus dans
enfin sa rentrée au Canada, mais surtout, en 1634,le Messager de Marie Reine des Cœurs, un
son retour en Huronie. Suit, dans la partie con-mensuel publié à Eastview (Vanier) par les
missacrée aux « conversions 1635-1648 », la descrip-sionnaires de la Compagnie de Marie. Publiés
tion des efforts de Brébeuf pour la conversion desentre 1915 et 1925, ces articles portent sur des
Hurons, ses difficultés chez les Neutres en 1637,sujets aussi variés que l’amour et la mort,
l’oisiles efforts des jésuites durant les années 1640 etveté et la volonté de Dieu. L’auteur compare les
la reprise de la guerre entre les Iroquois et lesâmes à des instruments de musique qui doivent
Hurons. Enfin, la dernière partie, intituléeêtre accordés à l’occasion. Il dénonce la passion
« holocaustes (1649) », raconte, souvent à l’aideet le catéchisme individuel, les profiteurs, l’oubli
de longs extraits des Relations, les événementsdes morts et la paresse. Il discute de Noël, de
qui ont marqué la fin de la mission de Sainte-Jésus, de la Reine des saints, du rêve, des enfants,
Marie-aux-Hurons et, en particulier, le martyredu chapelet, de l’amour de la rose et de la Mère.
et « l’héroïque mort » de Jean de Brébeuf, deIl dénonce aussi la paix, qui n’est que temps
d’oiLalemant, et de quelques autres. Par la suite, lessiveté, et déclare que la guerre réveille les gens.
Hurons quittèrent leur pays pour aller s’établirDÉOF
près de Québec. Enfin, le dernier chapitre montre
l’impact de ce martyre, dans les années suivantes,
Apôtre au cœur mangé (L’). Une époque. sur les autres missions, à travers le monde. Cette
Un homme. Une mission. biographie pieuse marque le troisième centenaire
[Jean de Brébeuf (1593-1649)]. du martyre de Jean de Brébeuf.
GAÉTAN GERVAISPar Joseph Robinne.
Paris, Éditions Saint-Paul, 1949, 302 p. [En couverture :
L’Apôtre au cœur mangé. Jean de Brébeuf (1593-1649).]
(13,5 x 22 cm) Apôtre des Prairies (L’).
S Joseph Hugonnard, o.m.i., 1848-1917.
Dans la première de six parties, l’auteur traite de
Par Gaston Carrière.
la vocation de saint Jean de Brébeuf (1593-1617).
Montréal, Rayonnement, « Pierres Vivantes » 13, [1967],
Il y est question de la famille de « petits hobereaux 171 p. Photographies sur 16 pages hors texte. (14 x 20,5 cm)
normands » dont Brébeuf est issu, de la situation A
epolitique en France au tournant du XVII siècle, Ce livre retrace les grandes lignes de la vie et de
des débuts de la Nouvelle-France, enfin de l’œuvre du père Joseph Hugonnard. Le premier
erl’entrée du héros au noviciat jésuite de Rouen. de neuf chapitres raconte la naissance, le 1 juillet
1848, et la jeunesse du père Joseph Hugonnard àUne deuxième partie, consacrée à ce que l’auteur
appelle « l’expectative », traite des années entre Isère, en France. Devenu oblat en 1873, il est
1617 et 1625, c’est-à-dire de la période avant la ordonné prêtre l’année suivante et envoyé au
venue de Brébeuf en Amérique : l’auteur décrit Canada où il doit travailler sous la direction de
grles premiers efforts des jésuites au Canada, leur M Alexandre Taché, évêque de Saint-Boniface.
présence en Acadie, la formation donnée à Dès son arrivée, en 1874, Hugonnard est envoyé
par l’évêque à Qu’Appelle (Lebret), en Saskatche-Brébeuf en préparation de sa mission au Canada.
Dans la partie suivante (« démarrage », 1625- wan, la seule mission dont il s’occupera toute sa
1628), on assiste aux premiers contacts de Brébeuf vie. Les quatre chapitres suivants (2 à 5) décrivent
auprès des Hurons, une nation dont il est d’abord les missions oblates dans l’Ouest
longuement question et dont l’auteur décrit la vie canadien. On y apprend que la mission de
Qu’Apet les réalisations, la langue et les mœurs, avant pelle vise à instruire et à convertir les Amérindiens
Lettre A 1 a 88 V4 f 48 8/19/10, 7:38 AM49 Appelantede l’Ontario français
de la région : Cris, Assiniboines, Sauteux, Sioux concerts : chez Annette, d’abord, femme divorcée
et Métis. Ensuite, l’auteur se penche sur l’œuvre devenue féministe, qui aura l’oreille attentive et
du père Hugonnard. Engagé dans la fondation, saura trouver les mots nécessaires ; et puis chez
en 1874, de l’école de cette mission, le religieux Pierre, jeune artiste passionné, vivant en reclus
devient, en 1879, le supérieur de la maison oblate et qui deviendra pour elle l’espoir d’une
renaiset, en 1884, le principal. Grâce à des subventions sance. Enceinte des suites du viol, elle gardera
du gouvernement fédéral, les oblats purent cons- pourtant le silence sur son état, jusqu’à ce qu’il
truire, en 1884, une école industrielle pour ne soit trop tard. Dévasté, Jean se suicidera.
desservir les jeunes Amérindiens. Le père Hugon- Rachel quittera Pierre, que sa trahison murera
nard s’occupait alors de l’administration de dans un rêve de peintre fou. Et de l’insoutenable
l’école et du recrutement des élèves. Il fait appel douleur née de ces drames, explosera
aux sœurs Grises de Montréal pour dispenser l’Appassionata, l’œuvre d’une vie.
CHRISTIANE BERNIERl’enseignement aux filles. En 1893, après des
agrandissements, cette école devint la plus grande
en son genre au Canada ; proie des flammes en Appelante (L’). Roman.
1904, elle fut reconstruite avec l’aide du
gouverPar Yves Thériault.
nement fédéral. Les chapitres six et sept décrivent Montréal, Éditions du Jour, [c1967], 125 p. (13 x 19,5 cm)
l’œuvre et le zèle du père Hugonnard auprès des R
gens des missions de l’Ouest. On met en relief le Armé d’une volonté de fer et d’une canne qui lui
souci qu’il avait pour l’éducation et la conversion permet de « frapper, de vaincre, d’asservir »,
des Amérindiens, et son rôle dans la construction Henri, le personnage principal de ce roman, n’est
de nombreuses chapelles dans les régions qu’il pas à la merci de sa cécité. Bien au contraire, il
desservait. Enfin, les chapitres huit et neuf est maître de sa maison, où vivent également son
donnent une description des dernières années de frère Daniel et la femme de celui-ci, Judith. Un
la vie de l’oblat. Après la mort du père Joseph soir d’été, il sent une présence dans la pinède qu’il
Hugonnard, survenue le 11 février 1917, les gens fréquente souvent et, frustré du fait que personne
de Lebret érigèrent une statue, le 9 juillet 1927, à ne répond à ses interrogations, il bat les inconnus
sa mémoire. à coups de canne. L’automne, l’hiver et le
prinDÉOF temps s’étant écoulés sans incident, Henri se
trouve une fois de plus dans la pinède, où il hume
le parfum d’une fille. Au fil des semaines, elleAppassionata (L’). Roman.
retourne le voir, et Henri tombe amoureux d’elle.Par Lucille Roy.
Influencé par les aphrodisiaques que Judith verse[Sudbury], Prise de parole, 1980, 188 p. (23 cm)
A dans son thé à son insu, Henri veut soudainement
Voguant entre récit et narration, l’auteur nous épouser la jeune fille mystérieuse. Daniel vient à
entraîne dans la vie de Rachel, jeune Franco- soupçonner que Judith concocte un plan vicieux,
Ontarienne qui, à dix-huit ans, a fui Thunder-Bay mais celle-ci le tue avant qu’il ne vende la mèche.
et une mère sans amour pour suivre sa propre voie Un peu plus tard, Henri épouse Lisette, soit la
de musicienne aux côtés de Jean, son jeune mari, fille qui lui rendait visite. Le soir du mariage, on
comptable d’origine québécoise. Malgré l’ennui apprend que Lisette était l’inconnue que Henri
de la banale vie de couple et le doute rongeur, la avait battue un an plus tôt, et qu’il l’avait
défiguferveur créatrice de Rachel se fraie un chemin rée. Enfin, l’« appelante » se venge : elle humilie
vers le succès. Mais Jean n’apprécie guère. Les Henri en lui enlevant sa canne, et, quand il
années passent. La réussite de Rachel lui renvoie s’élance vers elle, elle ouvre la fenêtre et il tombe
toujours davantage l’image de son échec et il finit « sur le pavé, en bas ». Maintenant, c’est Lisette
par se sentir aussi inutile dans la vie de son épouse qui est « maître » de la maison d’Henri, lequel
que non désiré à son travail. Par désespoir et avec vit en chaise roulante. Le dénouement reflète en
rage, une nuit, il la viole. Rachel trouvera refuge effet la vengeance ultime de Lisette : « puis elle
chez deux êtres rencontrés au hasard de ses lui assena un coup de canne en plein visage. Sans
Lettre A 1 a 88 V4 f 49 8/19/10, 7:38 AMAppel de la race 50 Dictionnaire des écrits
même essuyer le sang qui gicla jusque sur la veste l’époque du Régime français. Convaincu que la
d’Henri ». voie du succès était anglaise et ambitieux de
DÉOF réussir une brillante carrière, qui ferait contraste
avec le milieu défavorisé de son enfance, il avait
épousé et le milieu anglais et une Anglaise.
Appel de la race (L’).
Comme qui dirait : qui prend pays, prend parti. Il
Par Alonié de Lestre [pseudonyme de Lionel
chercha donc à se bâtir une réputation dans le
Groulx]. monde anglophone. Intelligent et travailleur
Montréal, L’Action française, [c1922], 273 p. (première
e e acharné, sa réussite fut totale et il « devint l’avocatédition) ; (4 et 5 éditions : Montréal, Fides, « Nénuphar, 15 »,
1956, 252 p. (19 cm) le plus achalandé de la capitale ». À Maud
S Fletcher, son épouse anglaise convertie par
Entre Maria Chapdelaine (1914) et Menaud, nécessité, en cette époque de l’Église catholique
maître-draveur (1937), L’Appel de la race (1922) triomphante, il laissa la charge de l’éducation de
de Lionel Groulx, longtemps paru sous le leurs quatre enfants, deux garçons et deux filles,
pseudonyme d’Alonié de Lestres, s’avère le plus dans la langue de la « race » supérieure. « Pour
fameux roman de l’appartenance à être publié au lui, anglophone mystique, ce mariage devenait
Canada français. Roman historique qui vient son affiliation officielle à la race supérieure, au
appuyer les Canadiens français de l’Ontario, en populus anglicus […] la plus grande race
lutte contre l’abject Règlement XVII qui interdit à impériale de l’histoire, race de gouvernants, race
toutes fins utiles l’enseignement en français ; de maîtres du monde. » Arrivé au mitan de sa vie,
roman à thèse qui remet en cause le mariage mixte Jules de Lantagnac ne s’est occupé jusqu’alors
et dénonce l’à-plat-ventrisme des élites que de lui. Âme droite et généreuse toutefois, sa
canadiennes-françaises du Québec en éducation ; notoriété lui permet de songer à de nouveaux
roman psychologique qui fouille les profondeurs défis, à rendre maintenant service à d’autres.
de l’âme humaine comme on ne l’a encore que L’honneur n’en sera que plus grand. Et pourquoi
rarement fait dans notre littérature ; roman de pas la politique ? Mais en tout respect envers la
l’appartenance enfin par l’évocation et l’illus- population canadienne-française de l’Est ontarien,
tration de la valeureuse épopée française en il lui faut d’abord se refranciser. Pour ce faire,
Amérique, L’Appel de la race connaît ses trois son ami et directeur spirituel, le père Fabien, lui
premières éditions et 10 000 exemplaires en neuf recommande les lectures appropriées. Le mutant
mois, en plus d’alimenter une querelle de même est alors émerveillé par la beauté de sa découverte,
durée demeurée célèbre. L’intrigue de L’Appel de au point de croire qu’il « ressemble à l’instrument
la race est somme toute assez simple et, étant de musique que l’on vient d’accorder ». Il se sent
donné la notoriété de l’œuvre, il en existe transporté au point de vouloir conquérir sa famille
plusieurs bons résumés. L’action se déroule en à cette nouvelle langue, à cette nouvelle culture
moins d’une seule année, à compter du 30 juin qu’il a pourtant naguère lui-même reniées. Si les
1915, ce qui permet de plonger au plus fort de la lectures des grands maîtres français ont séduit son
lutte scolaire et d’intégrer d’autres éléments esprit par l’ordonnance de la pensée et servi
historiques importants, tel le feu qui détruisit le d’élément déclencheur depuis deux ans, c’est
Parlement d’Ottawa ; mais ce sont les retours en toutefois le séjour dans sa famille, sur la terre
arrière qui donnent au roman sa profondeur, dans paternelle à Vaudreuil, son pèlerinage au pays
toute sa dimension temporelle. Issu de la famille ancestral, qui conduit Jules de Lantagnac sur la
des Lamontagne, valeureux terriens de Vaudreuil, voie de l’action. Guidé et soutenu par ce
personJules de Lantagnac fut parmi eux celui qui eut la nage important qu’est le père Fabien, le
personchance de s’instruire. Mais il eut tôt fait de tourner nage central est élu député. Il épouse la cause de
le dos aux siens. Il prit du service dans une étude l’éducation franco-ontarienne et le vertueux
anglaise, compléta son droit à McGill, alla combat qu’il livre le mènera au drame
matrimos’établir à Ottawa et reprit l’ancienne particule nial et familial, à la séparation, à l’éloignement
de noblesse ainsi que le patronyme Lantagnac de d’une partie de ses enfants. C’était là une
Lettre A 1 a 88 V4 f 50 8/19/10, 7:38 AM51 Appel de la racede l’Ontario français
démarche audacieuse à cette époque toute catho- le 15 septembre 1922. L’action du roman dure
lique : un auteur, prêtre par surcroît, plaçait une près d’une année, la querelle autour du roman
cause sociale au-dessus d’un éclatement familial. aussi. Voilà de curieuses coïncidences. Mais
Jules de Lantagnac est un personnage composite. encore, Jules naît « sur la deuxième terre du rang
D’aucuns y ont vu le sénateur Napoléon-Antoine des Chenaux ». C’est là la terre que Léon Groulx
Belcourt, premier président de l’ACFÉO (Asso- vient d’acheter et où naîtra Lionel. À cause de la
ciation canadienne-française d’éducation de pauvreté, « Jules fut le premier dans la famille
l’Ontario), mais l’auteur s’en est bien défendu. Il que l’on osa mettre au collège ». C’est exactement
ne connaissait rien de la situation familiale et du la même situation chez les Émond. Le fils aîné,
mariage mixte du célèbre avocat au moment de Albert Groulx, restera à la maison pour cultiver
la conception du roman, en mai 1920, et de sa la terre et le seul autre enfant restant du premier
rédaction en 1921. Il s’est toutefois bien gardé de lit, Lionel, prendra la route du Séminaire de
modifier les allures de son personnage lors des Sainte-Thérèse. Jules, lui, était allé au « Séminaire
transformations apportées dans les différents états de X... ». Mais il s’agit bien là du même séminaire.
du texte, qu’il a retouché jusqu’en 1956. Le Quant à « l’affaire Riel » que mentionne le roman,
fameux discours du 11 mai 1916 à la Chambre le petit Groulx a huit ans lorsqu’il en prend
des Communes et mis dans la bouche du député connaissance en 1886. Ce fut probablement sa
Lantagnac, en faveur de l’enseignement en première leçon de patriotisme. Lionel Groulx, on
français, n’est pas de Belcourt, qui n’était plus le constate déjà, a donc puisé dans son enfance,
député mais sénateur depuis 1907 ; il est plutôt dans son vécu pour composer L’Appel de la race.
inspiré de celui du député Edmond Proulx du Transportons-nous une vingtaine d’années plus
comté de Prescott. Mieux vaut regarder du côté tard et voyons s’il en est encore ainsi. Jules de
de Vaudreuil même pour trouver la source du Lantagnac s’est refrancisé depuis deux ans. Il
personnage. L’histoire de la famille de Lantagnac, désire maintenant revoir la ferme paternelle. Il
présentée dans le roman, est véridique ; mais tout s’inquiète : « Quelle réception là-bas me
fera-tcomme les Vaudreuil, qui ont laissé leur nom à la on ? » Mais c’était bien peine inutile, car,
raconteseigneurie, ces nobles sont rentrés en France après t-il, « si vous aviez vu avec quelle aisance, quelle
la conquête. Les Lotbinière acquirent alors la joie franche, la vieille maison s’est prêtée à
Seigneurie mais, dès la troisième génération, m’accueillir ! ». Il en était ainsi pour Groulx
Louise Chartier de Lotbinière épousa l’anglo- séminariste, puis prêtre. Ses absences se
prolonprotestant Robert Unwin Harwood. C’est là qu’il geaient rarement plus de quelques mois, mis à
faut voir la source du mariage et de l’anglicisation part ses séjours d’études en Europe, mais on
de Lantagnac. L’auteur Lionel Groulx a bien l’accueillait toujours à la maison avec maints
connu dans sa jeunesse les membres de cette égards. Lantagnac confie au père Fabien :
famille seigneuriale anglicisée. Toutefois, le « Savez-vous que l’on m’a suivi presque jour pour
personnage de Jules de Lantagnac puise beaucoup jour depuis vingt ans ? que ces pauvres parents
plus ses affinités dans la famille Groulx elle- n’ignorent rien de ma petite renommée ? » Il en
même. Là où le rapprochement devient le plus était ainsi chez les parents de l’abbé Groulx. Jules
intéressant, c’est lorsque l’on compare l’enfance ajoute que « chez les Lamontagne on a des fils
du personnage à celle de l’auteur. Jules qui sont passés par l’Institut agricole d’Oka ». Il
Lamontagne est né « en l’année 1871 », Lionel faut voir là une allusion directe aux demi-frères
Groulx en 1878. Une différence de sept ans. de Lionel Groulx : Honorius (qui hérita de la
Lantagnac a 42 ans quand il décide de se ferme paternelle et de la « terre du bois ») et Paul
refranciser (Cette année-là, en 1913, Groulx met (à qui Guillaume Émond donnera la troisième
les pieds pour la première fois à Ottawa, aux terre, celle de Dorion, acquise pendant la Première
Archives nationales). Groulx a aussi 42 ans quand Guerre mondiale). La lecture figure aussi dans le
il conçoit le roman en 1920. Lantagnac a 44 ans rapport de Jules de Lantagnac au père
quand commence l’action du roman, le 30 juin Fabien : « Ils lisent les journaux ; ils lisent même
1915. Groulx a le même âge quand paraît le roman des revues nos parents des Chenaux de
SaintLettre A 1 a 88 V4 f 51 8/19/10, 7:38 AMAppel du Christ 52 Dictionnaire des écrits
Michel ». Cette bonne habitude de la lecture, Jules de Lantagnac a répondu à l’appel de la race
Philomène Groulx-Émond l’avait implantée tôt qu’avait lancé Lionel Groulx. Et le petit peuple
au foyer. Et il en va ainsi des rapprochements dans que le grand historien aimait tant est en marche.
YVES SAINT-DENISune analyse beaucoup plus poussée faite dans
l’« Édition critique de L’Appel de la race ». Le
roman historique de Lionel Groulx comporte donc
Appel du Christ, appels du monde.
d’importants éléments autobiographiques.
Les religieux relisent leur appel.
L’auteur est un éducateur. Aussi les questions qu’il
Par Jean-Marie-Roger Tillard.
soulève dans son roman sont-elles toutes tournées Paris, Cerf, 1978, 115 p. (20 cm)
vers l’éducation, éducation française par le son R
en écoutant les chansons ; éducation française par Cet ouvrage rassemble un texte de réflexion
l’image, les œuvres d’art, les sculptures, les théologique et deux conférences, collaboration du
peintures, les médaillons père Tillard à un congrès de religieuses se
quesles livres et la littérature, par l’histoire et les héros. tionnant sur leur insertion dans les dynamismes
En outre, il connaissait bien Ottawa où il des sociétés occidentales. Les questions se font
poursuivra des recherches pendant quinze ans nombreuses pour les communautés qui cherchent
ainsi que la cause des écoles pour avoir logé au un nouveau lieu d’apostolat : la vie religieuse de
presbytère du curé Joseph-Alfred Myrand de la type apostolique a-t-elle encore sa place dans ce
paroisse Sainte-Anne de la basse-ville pendant monde où les luttes pour le pouvoir deviennent si
toutes ses années. Il a connu de plus plusieurs importantes ? Comment servir Dieu en travaillant
des personnages qu’il met en scène, tels les à l’authentique croissance de l’être humain ?
sénateurs Philippe Landry et Belcourt, le président Comment imprégner la société d’Évangile pour
de la Commission solaire Samuel Genest, le vieux que naisse « l’humanité-que-Dieu-veut », sans
chef libéral Wilfrid Laurier ainsi que les députés sacrifier le « devant Dieu » ? Avec sa compétence
Paul-Émile Lamarche et Armand Lavergne. S’il de théologien, l’auteur aide à discerner les
s’agit là de personnages tertiaires, comme il motivations d’un engagement qui doit s’enraciner
convient de trouver habituellement dans un roman dans le mystère de Jésus et dans la foi. S’engager
historique, on ne saurait trop insister sur l’impor- au service de la société pour promouvoir la justice
tance du rôle d’un personnage principal comme et la liberté demeure un impératif de la « suite du
le père Fabien, à qui l’auteur peut refiler toutes Christ » qui comporte de nombreux défis : ne pas
ses idées patriotiques. Or, sous cette soutane tricher avec l’identité chrétienne ; imprégner le
sympathique, se trouve nul autre que le fameux monde d’Évangile en résistant à la tentation de
oblat Charles Charlebois, véritable héros de le « moraliser le Christ » ; et parce qu’il n’y a pas
résistance franco-ontarienne, animateur fondateur de suite du Christ sans entrée dans « l’option de
de l’ACFÉO et âme dirigeante du journal Le Droit. Dieu pour les pauvres », être « mémorial » de
Au moment où paraît le roman, la crise scolaire cette option mystérieuse de Dieu fait pauvre. Le
ontarienne s’est grandement résorbée et l’appui projet religieux est d’abord un projet chrétien qui
apporté par l’auteur, qui se voulait un coup doit accorder une place fondamentale à la
d’épaule moral au droit de cité de l’enseignement réconciliation et à l’esprit des béatitudes disant
en français, se voudrait aussi en quelque sorte un « non » à tout ce qui entrave l’espérance. Comme
coup de bélier qui emporterait, comme billes de l’affirme l’auteur : « la “suite du Christ” tend vers
bois en débâcle, ces entraves malicieuses à l’annonce de celui que l’on suit ».
GABRIELLE CÔTÉl’épanouissement d’un peuple. Puisque
l’éducation française se poursuit, malgré les écueils,
comme les billots qui ont repris le courant, l’abbé
Apprentis artisans à Québec,Groulx peut donc élargir les horizons qu’il perçoit
1660-1815 (Les).pour son petit peuple. Après la survie vient
l’affranchissement, l’autonomie, la liberté, l’indé- Par Jean-Pierre Hardy et David-Thiery
pendance : un rêve toujours brûlant d’actualité. Ruddel.
Lettre A 1 a 88 V4 f 52 8/19/10, 7:38 AM53 Approchesde l’Ontario français
Montréal, Presses de l’Université du Québec, 1977, VIII-220p. les débuts de la colonie jusqu’à la deuxième
Tableaux, photographies, index.(16 x 22,8 cm) edécennie du XVIII siècle, on fut surtout attiré parR
les métiers relatifs à l’abri, à l’habillement, auxCet ouvrage consacré à l’apprentissage des
fortifications, au transport par eau, à la pêche et àmétiers de transformation, de même qu’à ceux
l’agriculture. Après 1725, on se consacre davan-de service et de production, met en lumière les
tage à l’apprentissage de métiers de luxe, commeconditions de vie et les activités auxquelles sont
ceux de perruquier, de doreur, de fleuriste, etc.soumis les jeunes gens qui veulent devenir
artiUn demi-siècle plus tard, notent les auteurs,sans ou exercer une profession dans la ville de
certains métiers existant se spécialisent ; ainsi, leQuébec entre les années 1660 et 1815. Les
serrurier deviendra forgeron, tandis qu’à côté desauteurs, des historiens de la culture matérielle,
boulangers apparaîtront des pâtissiers parcontrairement à leurs devanciers qui se sont
exemple. Plus tard encore, les apprentis auprèsattachés à écrire l’histoire des élites, fondateurs
de maîtres artisans deviendront des jeuneset personnalités politiques, ont voulu montrer une
ouvriers d’ateliers ou d’usine, car le système detranche d’histoire humaine, celle de personnes qui
production artisanale est remplacé par celui deont rempli des tâches humbles et utiles. C’est ainsi
l’organisation industrielle.qu’ils nous font découvrir comment vivaient des
JEAN-CLAUDE DUPONT
jeunes hommes et des jeunes filles qui se
consacraient à l’apprentissage de métiers qu’ils
exerceraient ensuite pendant leur vie. Après trois Approches.
à cinq années passées dans la boutique, l’atelier, Par Marcel Dugas.
la demeure, ou sur la propriété de leur maître, ils Québec, Éditions du Chien d’or, 1942, 113 p. (12 x 18,4 cm)
Rdeviendront agriculteurs, domestiques, bouchers,
Ces essais, numérotés de I à VI, révèlent chezboulangers, coiffeurs, tonneliers, armuriers,
Dugas, à la fois une connaissance des auteurs etferblantiers, ferronniers, charrons, menuisiers,
de leur œuvre. Dans l’essai sur « Léo-Pol Morin »,cordonniers, couvreurs, etc. Arrivés chez leur
Dugas apprécie chez Morin son intérêt pour lamaître à un âge moyen de 16 ans et demi, ces
France contemporaine et pour son art, ses qualitésjeunes gens allaient être soumis à des pratiques
de musicien et son recueil de chroniques, Papiersde traditions européennes. Les auteurs décrivent
de musique. Le deuxième essai traite d’Alainces différents types d’apprentissages et ils en
Grandbois et de la création de Né à Québec enmontrent l’évolution à travers le temps. Ils
1933, dont il exalte le style. Dugas oppose lesconsacrent plusieurs pages aux conditions de vie,
diverses réceptions du Marco Polo. L’essaisalaires, heures de travail, congés, de même qu’à
numéro III porte sur « L’univers de François Hertell’organisation du travail, aux rapports
maîtrequi veut contempler l’homme dans le prêtre etapprentis, etc. Cet ouvrage nous fait découvrir les
prendre de lui plus ample connaissance. » Pourateliers, les fonctions des outils en usage et les
lui, le chrétien illustre dans le poète la dualité âme-techniques mises en œuvre dans l’exécution des
corps. Le quatrième essai concerne Saint-Denystâches. En jetant un regard sur la situation sociale
Garneau, dont l’originalité des sujets défie toutedes apprentis, les auteurs dévoilent l’origine
idée préconçue. Dugas fait voir les paradoxesethnique de ces jeunes gens, leur instruction, les
troublants d’un poète qui crée ses fantasmeslieux de résidence de leurs parents, leurs
comme un accompagnement et fait jaillir lesoccupations, etc. À la lecture de cet ouvrage, on
geysers de l’imagination. La partie V, au sujet deconstate que l’apprentissage de type français n’a
Simone Routier, « Vitrail» , fait l’éloge de lapas été repris intégralement au Québec, mais qu’il
poétesse qui entrait chez les dominicaines (elles’est adapté aux besoins d’une population vivant
en sortira plus tard). « Notre nouvelle épopée »dans un pays neuf. En ce qui concerne les métiers
est un éloge allégorique de l’intervention dans laétudiés, plusieurs coutumes et autres traditions
eDeuxième Guerre mondiale du Royal XXIIdu vieux continent sont passées en
NouvelleRégiment, formé de « modernes Jason qui aurontFrance et certaines d’entre elles se sont transmises
e aboli le règne du crime ».jusqu’au XX siècle. On constate aussi que, dès MICHEL-FRANCIS LAGACÉ
Lettre A 1 a 88 V4 f 53 8/19/10, 7:38 AMÀ propos de la guerre 54 Dictionnaire des écrits
À propos de la guerre hispano-américaine. sont données en annexe : elles proviennent pour
l’essentiel des « Anecdotes populaires du Cana-Par W[illiam] Chapman.
Québec, Léger Brousseau, éditeur, 1898, X-14 p. (17,6 x da », série publiée sous sa direction dans le
24,6 cm) o Journal of American Folk-Lore (vol. 33, n 120,
R
juillet-septembre 1920). Trois légendesLe prélude de cet ouvrage reflète l’opinion
publiamérindiennes ouvrent le recueil : « L’Arbre des
que canadienne-française à propos de l’invasion
rêves », qui donne son titre au livre, est uneaméricaine de Cuba. « J’ose affirmer, dit l’auteur,
légende de Noël ; elle raconte comment un vieil-que sur mille Canadiens français il n’y en a
peutlard huron eut le courage de porter la statue deêtre pas vingt qui se réjouissent des succès
milil’enfant Jésus à la chapelle de Lorette après avoir
taires des Yankees ». L’auteur ne néglige surtout
vu l’apparition de la Vierge sous un orme. Àpas de mettre en évidence son mépris des
l’inverse, « Carcajou », qui en est la suite, montre
Américains. Puis, il fait l’éloge de l’Espagne, de
la triste fin de son jeune compagnon qui venditsa beauté, de sa grandeur, de ses artistes et de ses
son âme au Grand Serpent. Enfin, la troisièmeguerriers, de la fierté de son peuple et de son âme.
montre la détermination des Iroquois de Caughna-Le poème, d’ailleurs adressé « à sa Majesté,
wagay qui entreprirent une double expédition
Marie-Christine, Reine Régente d’Espagne »,
pour récupérer le « Grand Monarque », la clochelong de 39 quatrains de vers alexandrins, glorifie
destinée à leur église, mais qui avait été
interle courage de l’Espagne qui a dû faire face aux
ceptée et vendue par les Anglais. Puis se succèdentÉtats-Unis, ce « peuple adolescent, qui partout se
les récits devenus classiques au Canada français :déploie, / Un vautour qui se dit un aigle, – un
le diable à la danse dans « Le Beau Danseur », lecarnassier / Qu’on voit depuis longtemps en quête
diable constructeur d’églises dans « le Cheval
d’une proie. »
noir », les trésors cachés vainement recherchésDÉOF
dans « les Marmites ensorcelées », une tentative
ratée de vendre « la Poule noire », la malédiction
Arbre des rêves (L’). réalisée de celle qui ne voulait pas coiffer « la
Par Marius Barbeau. Sainte Catherine », les « Maisons hantées », les
Montréal, Éditions Lumen, « Humanitas », [1947], 189 p.
« Revenants », les « Loups-garous » véritables etIllustrations. (13,4 x 20 cm)
R les feux follets, ou les faux loups-garous
mystifi« Sitôt qu’elle s’arrête au seuil de notre époque, cateurs dans « la Lune blanche », les rivalités et
elle se fige, elle se meurt », constate Barbeau à les ensorcellements des travailleurs forestiers dans
propos de la légende populaire ; il ajoute même « Jos Norwess », les voyages aériens fantastiques
que « [t]ombée aux mains des folkloristes, elle dans la « Chasse Gallery », les lieux hantés dans
devient archéologique ». C’est pourquoi il croit, « le Rocher Malin » et dans « Gaspésiades ».
avec Russell K. Alspack, que « [l]e folklore n’a Toute la matière de ces récits fait partie des
collecpas de meilleure fin que d’inspirer ses poètes et tions rassemblées par l’auteur pour le compte du
ses prosateurs ». C’est un peu dans cet esprit que Musée national d’Ottawa.
JEAN-PIERRE PICHETTEMarius Barbeau, qui rend ainsi hommage aux
littérateurs et aux chercheurs canadiens-français,
a préparé ce recueil de récits légendaires illustrés
Arc-en-terre.par George Douglas Pepper, Phoebe Thomson,
Par Hédi Bouraoui.Marjorie Borden et Pegi Nicol. En seize chapitres,
Woodbridge et Toronto, Éditions Albion Press, 1991, 99 p.
l’auteur rebrasse les grands thèmes légendaires Illustrations. (15,2 x 22,8 cm)
du Québec en se permettant, comme il l’écrit lui- R
même, tantôt un « développement imaginatif et Une dizaine de recueils de poésie ont été publiés
littéraire », tantôt des synthèses de plusieurs depuis 1966 par Hédi Bouraoui. Arc-en-terre
témoignages oraux, « textes composites » ou « in- présente une soixantaine de poèmes regroupés par
terprétés librement » ; dans tous les cas cependant, thèmes en cinq parties. La première, intitulée
« Mon Moi-Aime », traite de l’amour ainsi queles sources qui ont servi au travail du remanieur
Lettre A 1 a 88 V4 f 54 8/19/10, 7:38 AM55 Architecture françaisede l’Ontario français
de l’absence « comme un mal nécessaire ». Plu- Hans-Georg Gadamer ; dans ses remerciements,
sieurs titres proposent des néologismes intrigants, l’auteur mentionne aussi le professeur Dieter
par exemple « Conjointamant », « Inspirangu- Henrich comme source d’inspiration. L’influence
laire » et, dans la deuxième partie, « Ton Art- de ces deux philosophes sur le choix du thème
Vie », « Sublimince », « Discursus », qui consti- est manifeste, même si l’auteur fait aussi œuvre
tuent des poèmes à eux seuls. Le thème de la originale. Outre l’introduction et quelques
appencréation et du désir qu’elle évoque domine la dices, l’ouvrage se divise en deux grandes parties.
deuxième partie, mêlé aux thèmes redondants de La première, intitulée « La pensée du langage »,
l’amour et de la mort. Le poète se propose expose les conceptions du langage élaborées par
d’ordonner des « étoiles fulgurantes noyées dans Hegel, Hölderlin et leur ami commun, Isaak von
les tempêtes et les conflits ». La réflexion poétique Sinclair (ce dernier exposé fait surtout figure de
sur la puissance de l’art du poète à donner l’agonie digression). La justification du thème n’apparaît
et l’ivresse tout à la fois revient dans la troisième toutefois qu’avec la seconde partie, « Le langage
partie, « Son Milieu-Lit » : « l’angoisse », écrit de la pensée et de la poésie ». L’auteur examine
Bouraoui, « naît d’une rencontre avec le sens ». d’abord le fonctionnement langagier des œuvres
La quatrième partie « Une Racine-Rit », comme de Hegel et de Hölderlin ; puis il entreprend une
l’indique le titre, pourrait présenter des poèmes réflexion sur le langage lui-même et ses
possiplus gais : mais le « soleil de vie » s’accompagne bilités ontologiques, manifestées à travers les deux
des « averses du soupçon » : espoir et larmes, auteurs étudiés. Hegel et Hölderlin deviennent des
source et désert se côtoient. La réflexion sur l’acte figures paradigmatiques de deux grands modes
d’écrire domine d’un bout à l’autre du recueil, d’existence au sein du langage. Hegel représente
particulièrement dans la cinquième et dernière le mode conceptuel ou philosophique par
excelpartie « Des Pays-Sèment », où l’on rencontre la lence, celui d’une réconciliation du langage avec
métaphore « des nomades à la recherche de lui-même : le langage comme factualité fait retour
l’unique brin d’herbe ». Cette recherche ne sur lui-même et s’approprie de manière consciente
concerne-t-elle pas le mot libérateur dont le poète à travers le parcours de la totalité. Hölderlin
repréest ultimement à la poursuite de poème en sente le mode poétique par excellence, celui d’une
poème ? L’écriture reste le « Seul raccord émacié réconciliation momentanée, recherchée dans la
à illuminer ma nuit de paralysie », conclut le parole qui dit adéquatement le monde sans
poète. Le dernier poème, simplement intitulé prétendre en posséder la totalité. Ces deux
possibi« Poésie », la définit comme un « Oiseau sau- lités peuvent se résumer en des métaphores, celles
vage ». La poésie demeure pour Bouraoui le du cercle (Hegel) et de l’arc (Hölderlin). L’auteur
moyen de refaire le monde, l’auteur, métis cultu- manifeste clairement sa préférence pour cette
rel, poursuivant ainsi la tradition récente des dernière. Malgré des accents encore juvéniles,
poètes militants français où la poésie est pure l’ouvrage se distingue par son originalité et sa
résistance. maîtrise. L’auteur y présente déjà le projet d’une
CAROLLE GAGNON « métathéorétique » qui, depuis, constitue
l’horizon de ses recherches.
LUCIEN PELLETIERArc et le cercle (L’). L’essence du
langage chez Hegel et Hölderlin.
Par Yvon Gauthier. Architecture française en Ontario.
Bruxelles-Paris, Desclée de Brouwer / Montréal, Bellarmin,
Quatre exemples marquants de l’œuvre« Essais pour notre temps - Section de philosophie » 12, 1969,
229 p. Bibliographie. (21,5 x 13,9 cm) de nos premiers bâtisseurs.
R Par Karen Stoskopf-Harding.
Cet ouvrage, paru au moment où l’auteur ensei- [Avant-propos de Gaétan Gervais].
gnait la philosophie à l’Université de Sudbury, a [Sudbury], Prise de parole, 1987, 107 p. Cartes, photographies,
d’abord été accepté comme thèse de doctorat par dessins. (30,5 x 22,8 cm)
A/Sla faculté de philosophie de l’Université de
Généreusement illustré de cent trente-sept photos,Heidelberg en 1966. La thèse était dirigée par
Lettre A 1 a 88 V4 f 55 8/19/10, 7:38 AMArchives des Lettres 56 Dictionnaire des écrits
Ménard et Réjean Robidoux (dir.). Montréal, Fides, « Archivescartes et dessins, cet album se présente d’abord,
des Lettres canadiennes » IV, 1969, 701 p. • Tome 5. Le théâtreselon l’auteur de l’avant-propos, comme « un
canadien-français. Évolution. Témoignages. Bibliographie.
album personnel, un choix d’images pour faire (Avant-propos de Paul Wyczynski, Bernard Julien et Hélène
Beauchamp-Rank). Montréal, Fides, « Archives des Lettresconnaître ces lieux » et la « synthèse des ouvrages
canadiennes » V, [c1976], 1005 p. • Tome 6. L’Essai et lapubliés » sur les habitations des plus anciennes
prose d’idées au Québec. Naissance et évolution d’un discours
régions de l’Ontario français. Chacun des quatre d’ici. Recherche et érudition, force de la pensée et de
chapitres en illustre un « exemple marquant ». Le l’imaginaire. Bibliographie. Par Paul Wyczynski, François
Gallays et Sylvain Simard (dir.). Montréal, Fides, « Archivespremier, consacré à «
Sainte-Marie-au-pays-desdes Lettres canadiennes » VI, 1985, 926 p. • Tome 7. Le Nigog.
Hurons » détaille la reconstruction de cette Par Paul Wyczynski, François Gallays et Sylvain Simard (dir.).
emission fortifiée du XVII siècle, près de la ville Montréal, Fides, « Archives des Lettres canadiennes » VII,
1987, 388 p. • Tome 8. Le roman contemporain au Québecde Midland, et rappelle l’influence de l’imagerie
(1960-1985). Par François Gallays, Sylvain Simard et Robertreligieuse utilisée par les jésuites pour la
converVigneault. Montréal, Fides, « Archives des Lettres
sion des Amérindiens. Le deuxième chapitre porte canadiennes » VIII, [c1992], 548 p.
sur les églises de la « Paroisse de l’Assomption »
de Windsor, aujourd’hui Assumption Parish, Collection sous les auspices Centre de recherche
epremière fondée en Ontario au XVIII siècle, et en littérature canadienne-française de l’Université
décrit l’ornementation de l’église actuelle d’Ottawa, les volumes des « Archives des Lettres
commencée en 1835. L’auteur porte ensuite son canadiennes » sont nés du désir d’explorer le
regard sur la « Région de Windsor-Sandwich », Canada par ses écrits. Les premiers volumes se
représentée par ses fermes et moulins, et spécia- divisent en deux sections, des études, puis des
element les maisons, construites au début du XIX documents. Chaque volume présente un thème
siècle, de Jacques et de François Baby ; cette ou un sujet, avec une bibliographie comportant
dernière est devenue le musée Hiram-Walker et des comptes rendus, un bilan bibliographique de
sa « collection d’objets d’art et d’artisanat [...] l’année. Le premier volume est consacré au
rappelle la dualité de l’héritage culturel du Sud- mouvement littéraire de l’année 1860. Le second
Ouest ontarien ». Le dernier chapitre s’intéresse étudie l’histoire et l’héritage de l’École littéraire
à la cathédrale « Notre-Dame d’Ottawa », de Montréal. Différent dans sa présentation, le
consacrée en 1853, et à son sanctuaire orné des troisième volume s’intéresse à l’évolution du
statues de Philippe Hébert. En appendice, on roman canadien-français : une première partie
trouve quelques références et la source des continue de regrouper des études historiques et
illustrations. critiques, sans toutefois poursuivre le bilan
JEAN-PIERRE PICHETTE littéraire des années actuelles. Suit une partie
« témoignage direct » où des romanciers traitent
d’eux-mêmes, et publient une vaste bibliographieArchives des Lettres canadiennes.
générale du roman canadien-français depuis sesOttawa, Éditions de l’Université d’Ottawa (pour le volume
premier) I et Montréal, Fides (pour les volumes II à VIII). origines. Le quatrième volume se divise cette fois
(25 cm) en quatre parties : perspectives historiques etP
thématiques, profils de poètes, enquête sur laTome 1. Mouvement littéraire de Québec 1860. Bilan littéraire
de l’année 1960. Par Paul Wyczynski, Bernard Julien et Jean poésie, le tout suivi d’une bibliographie qui
Ménard (dir.). Ottawa, Éditions de l’Université d’Ottawa, recouvre l’ensemble de l’évolution de la poésie
e« Archives des Lettres canadiennes » I, 1969, (3 édition),
canadienne-française. Considéré comme une224 p. • Tome 2. L’école littéraire de Montréal. Bilan de
mine de renseignements historiques et littéraires,l’année 1961. (Avant-propos de Paul Wyczynski, Bernard
Julien et Jean Ménard). Montréal, Fides, « Archives des Lettres ce volume est aussi un instrument d’investigation
canadiennes » II, [c1963], 383 p. • Tome 3. Le roman critique incitant à pousser davantage l’étude de
canadien-français. Évolution. Témoignages. Bibliographie.
la poésie. Il en va de même pour le volume(Avant-propos de Paul Wyczynski, Bernard Julien, Jean
Ménard et Réjean Robidoux). Montréal, Fides, « Archives des suivant, consacré quant à lui au théâtre
canadienèreLettres canadiennes » III, [c1964], (1 de 3 éditions), 458 p. français. L’ouvrage se présente comme ceux du
• Tome 4. La poésie canadienne-française. Perspectives
roman et de la poésie, mais cette fois, on consacrehistoriques et thématiques, profils de poètes, témoignages,
bibliographie. Par Paul W plusieurs pages à l’examen de dix pièces plus
Lettre A 1 a 88 V4 f 56 8/19/10, 7:38 AM57de l’Ontario français Argument de prescription
ieQuébec, Imprimerie A. Côté et C , 1877, 15 p. (15,2 x 22,6 cm)récentes : panorama du théâtre canadien-français,
Sde ses origines, des profils d’auteurs dramatiques,
Dans cette brochure sur les archives du Canada,études et analyses de quelques pièces récentes,
le conférencier traite des « principaux dépôts detémoignages sur le théâtre québécois et, comme
nos annales » et des « mesures [...] prises pourtoujours, une bibliographie. Le sixième volume
les conserver et pour les publier ». Il expliqueest consacré à un phénomène récent : l’essai et la
d’abord comment plusieurs documents ont étéprose d’idées au Québec. L’avant-dernier volume,
détruits, éparpillés ou perdus puis souligne leLe Nigog, renoue avec la tradition des premiers
travail d’hommes dévoués qui en ont empêché lavolumes, étudie le mouvement esthétique et
destruction totale. Turcotte résume ensuite lelittéraire qui a pris son essor grâce à la revue du
contenu de ce que nous possédons en fait d’« an-même nom et dont la conception artistique et
nales historiques » et les travaux exécutés jusqu’àesthétique se situe aux antipodes de celle défendue
présent dans certains dépôts d’archives à Québecpar les fervents du Terroir. Au Canada français,
et à Ottawa. Enfin, il cite quelques exemplesl’héritage du Nigog a permis l’ouverture à la
d’accomplissements à l’étranger qui facilitent lesmodernité. Le huitième et dernier volume des
recherches historiques avant d’expliquer les septArchives se penche sur les études de « seconde
mesures à prendre « pour nous mettre sur un piedgénération ». Consacré au roman québécois
d’égalité avec les autres pays », dont la créationcontemporain depuis 1960 jusqu’à 1985, il
d’un « dépôt général d’archives » à Ottawa.prolonge ainsi le portrait du roman
canadienDÉOF
français déjà réalisé dans le troisième volume.
Trois articles d’ensemble encadrent la
présentation d’une vingtaine de monographies : le Argument de prescription dans le droit
premier article assure la transition avec le roman romain, en apologétique et en théologie
d’avant 1960, le second est une synthèse de cette dogmatique (L’).
production et, enfin, le dernier rend compte de la Par Jean-Léon Allie.
production de romanciers jugés prometteurs et [Lettre-préface par Georges Simard].
dont l’œuvre pourrait un jour s’imposer. [Ottawa], Éditions de l’Université d’Ottawa, « Universitas
Catholica ottaviensis. Dissertationes ad gradum laureæ inDÉOF
facultatibus ecclesiasticis consequendum conscriptæ. Series
theologica », Tome 1, 1940, 221 p. Bibliographie, appendices,
table analytique. (14,7 x 23,4 cm)Archives du Canada (Les).
R
Par Gustave Lanctot. Cette thèse de doctorat étudie un aspect de la
théoieLévis, C de publication de Lévis, 1926, 20 p. (15,5 x 22,5 cm)
logie positive, c’est-à-dire les diverses notions deR
l’argument théologique de la prescription,Cette brochure présente brièvement les cinq
sec« moyen d’acquérir ou de se libérer par un certaintions des archives nationales du Canada
(malaps de temps, et sous les conditions déterminéesnuscrits, cartes, gravures, imprimés, musée). Ces
par la loi ». Allie présente tout d’abord l’auteurdernières datent de 1871 et connaissent un essor
du De Præscriptione, Quintus Septimius Florensimportant. On y trouve, entre autres, divers
Tertullianus (chap. premier), précurseur dedocuments historiques allant des Relations des
l’Argument, avant d’étudier la prescription dansJésuites, en passant par les cartes géographiques
la jurisprudence romaine (chap. 2). L’auteurde Jacques Cartier jusqu’à la commode de
analyse ensuite le contenu de l’ouvrage DeMontcalm.
Præscriptione (chap. 3) et tente d’y retrouverDÉOF
l’argument de prescription (chap. 4). Il retrace par
après l’emploi que Vincent de Lérins, le cardinal
Archives du Canada (Les) .
Richelieu, les frères Wallenburch (chap. 5), Nicole
Conférence prononcée à la convention (chap. 6) et Bossuet (chap. 7) ont fait de la
littéraire d’Ottawa, le 25 octobre 1877. prescription. Enfin, l’oblat Allie présente
l’évoPar Louis-P[hilippe] Turcotte. lution de « l’argument de prescription depuis
Lettre A 1 a 88 V4 f 57 8/19/10, 7:38 AMArme humaine 58 Dictionnaire des écrits
le dix-septième siècle » (chap. 8). Une table Armorial du Canada français.
analytique termine l’ouvrage. Par É.-Z. Massicotte et Régis Roy.
DÉOF Introduction par l’abbé A. Couillard-Després.
Illustrations par Alfred Asselin.
Montréal, Beauchemin, 1915, xiii-152 p. Première série.Arme humaine (L’). Dessinroman
(15 x 21 cm)
[Bande dessinée]. Textes et dessins de A
Les auteurs de cet ouvrage voulaient réunir « lesClermont Duval.
[Mattawa, Duval Éditeur, c1978], 44 p. (20,5 x 26,7 cm) armes des Canadiens et des Français anoblis qui
A ont vécu en ce pays ou qui figurent dans notre
Cette bande dessinée, en noir et blanc, présente histoire ». L’introduction du premier volume
une bourgade amérindienne décimée sous les relate, brièvement, les événements du début de la
coups de la hache iroquoise. Deux survivants colonie française, l’influence de la noblesse, la
réussissent à s’enfuir du village enflammé : Atik, conquête qui « porta un coup terrible pour eux »,
le sorcier, et le bébé Adario, fils du plus grand la monographie et les armoiries des personnages
guerrier de la tribu, tué dans le massacre. Adario importants. Les huit parties de l’ouvrage
présengrandit, la haine au cœur. Son ressentiment se tent tour à tour la hiérarchie de cette noblesse ainsi
transforme rapidement en esprit de vengeance, qu’une courte description de chaque personnage :
attisé par les propos et les gestes du sorcier, qui les vice-rois (neuf), les lieutenants généraux
veut faire d’Adario un monstre guerrier sans (cinq), le clergé (quatorze), les gouverneurs
scrupule, une sorte d’« arme humaine ». Grand généraux (seize), les intendants (douze), les
et fort, Adario attaque à lui seul les villages gouverneurs particuliers et commandants (seize),
iroquois et réussit même à tuer leur dieu, un vieux les découvreurs, militaires et seigneurs
(trenteViking, « un des derniers blancs à accoster les neuf), et les fonctionnaires (neuf). Enfin on
rives de ce pays d’Amérique ». Adario continue retrouve un vocabulaire héraldique et un index
sa croisade contre les Iroquois, les tuant jusqu’au analytique. Le deuxième volume présente les
dernier, à l’exception d’une Iroquoise qu’il garde armes de quelques immigrants nobles, les
baroncaptive avant d’en devenir amoureux. Les deux nets canadiens-français et, enfin, les sceaux des
fondent une famille et vivent ensemble pendant lieutenants gouverneurs. Une place particulière
une dizaine d’années. Puis un jeune Iroquois, saisi est accordée aux sceaux officiels dans cet ouvrage.
du même sentiment de vengeance qui avait animé La préface donne une courte description
Adario dans sa jeunesse, vient le tuer devant sa historique des personnages importants ainsi que
femme et son fils, Oneka. « La légende raconte la valeur historique de ces « emblèmes ». En
que lorsqu’Adario est mort, la force et la haine premier lieu, on retrouve tour à tour, les « Notes
d’Oneka triplèrent. “L’arme humaine” continuait diverses », dont un texte de C.F. Menestrier, s.j.
de vivre ! » L’esprit de vengeance se perpétue. « Abrégé du blason en vers », ensuite Cyprien
DÉOF Tanguay signe le texte « Noblesse Canadienne »,
laquelle « s’est acquise dans les luttes terribles,
au commencement de la colonie », puisArmoiries de la paroisse du Sacré-Cœur,
Massicotte nous fait part de l’importance de laWelland, Ontario, Canada (Les).
e eparticule dans un nom au XVII et XVIII siècle. LaPar Normand Thibodeau.
deuxième partie énumère des blasons ainsi qu’une[Welland, s.é., 1965], [9] p. Illustration. (14 x 20,4 cm)
S brève description, puis des bienfaiteurs et
fondaAprès une lettre du curé René Ducharme, cet teurs d’institutions religieuses (cinq). Ensuite, le
opuscule présente et donne la signification des même principe est appliqué pour le clergé (six),
armoiries de la paroisse du Sacré-Cœur, de les gouverneurs généraux et gouverneurs
Welland, dirigée par les franciscains. C’est particuliers (sept). Les commandants (dix), les
l’auteur, un prêtre franciscain, qui les a conçues. militaires, seigneurs et colons (cinquante-trois),
DÉOF les fonctionnaires (vingt-six), les baronnets
canadiens-français (deux) et finalement les
Lettre A 1 a 88 V4 f 58 8/19/10, 7:38 AM59de l’Ontario français Arômes du terroir
lieutenants gouverneurs (onze). Le livre se clôt un héros obscur qui joue un rôle patriotique : il
sur un vocabulaire héraldique. fait tourner l’aube d’une scierie, abreuve des
MICHELINE FOURNIER-THIBAULT troupeaux, alimente un puits, éteint un incendie,
enrichit de son limon une platière de sable et de
roche, puis disparaît au confluent d’une rivière.
Arnouche (L’). Journal régional (1976) « Le Lac », dans lequel les enfants se baignaient
Casselman. Irrégulier.
sans danger, n’est plus qu’une eau stagnante,P
depuis que la ville l’a dépouillé de ses horizonsL’Arnouche paraît au début de 1976 (le premier
et que la mode a chassé les oiseaux. « La Vieillenuméro reste introuvable, mais le deuxième est
Église », marquée par le passage des fidèles, adaté de février 1976). Marie-Claire Boulerice
perdu son vieux curé, mais sa croix « se tient(rédactrice) et Lyse Huot (rédactrice en chef)
debout devant l’Éternité ». « La Ceinturefondent ce bimensuel dont le but est de servir la
fléchée » que Jeannette tissait en attendant soncommunauté. La devise du journal, « Le trait
Jeannot n’est plus, l’âme canadienne ayant sonnéd’union régional », a été choisi lors d’un concours
le glas de la Vierge Muse des amoureux. « Ladont le résultat fut annoncé le 23 avril 1976. Le
Moue printanière » qu’est la dernière neige faitjournal propose surtout de l’information locale,
renaître la vie de l’été précédent, puis, soudain,couvrant les régions de Limoges, Embrun,
Saintle noroît ramène la mort hivernale, ne reste queAlbert, Casselman et Crysler. Le 25 juin 1976,
du vide au cœur ; il faut donc profiter des « heureson annonce que le projet PIL (Programme des
brèves / Qui se réchauffent de soleil, / De baisers,initiatives locales) est terminé et, avec lui, une
de serments, de rêves / Dans un merveilleuxsource importante de financement pour
appareil ». La deuxième partie du recueil, « Van-L’Arnouche. Le personnel est réduit et l’équipe
nages », contient six poèmes qui diffèrent parde direction changée : Lyse Huot est remplacée
leurs sujets. « Sparks Street », long poème depar Sylvie Roberge. Celle-ci, dans son premier
quarante-deux alexandrins à rimes plates, est uneéditorial, annonce qu’elle désire mettre
véritadescription de la cohue des badauds de diversesblement en valeur la devise du journal ; mais on
conditions et professions qui passent et repassent,manque encore de financement et le dernier
le regard terne, sur cette rue du centre d’Ottawa.numéro connu est celui du 27 août 1976.
DÉOF « Moineau franc » est une petite satire dirigée
contre les auteurs du Règlement XVII. Bien que le
préfacier ait prévenu le lecteur que «
ChauviAromes [sic] du terroir.
nisme » n’est qu’une « galéjade rimée », le lecteur
Par Jules Tremblay. [À titre de préface].
ne peut s’empêcher d’y reconnaître l’idéeOttawa, Imprimerie Beauregard, 1918, 73-[2] p. (16 x 11 cm)
canadienne du poète nationaliste et sérieux desR
recueils précédents. En effet, les huit strophesJules Tremblay commence son quatrième recueil
dans lesquelles le poète compare les trésors, lespoétique par une préface qu’il signe et dans
grands faits, les grandes richesses naturelleslaquelle, en plus de présenter ses poèmes, il
con(fleuves, montagnes, prairies, rivières poisson-fesse qu’il n’a d’autre intention première, en les
neuses) et les beautés du « Vieux-Monde » à ceuxpubliant, que de contribuer à la conservation et à
et celles du Canada, se terminent toujours par lela propagation de la langue française au Canada.
vers suivant : « Nous avons mieux au Canada ».Les quatre « Strophes liminaires » ont pour titre
Le poète parnassien de Des mots, des vers,« Ballade à notre langue » ; chacune se termine
composé en partie en Italie, avait déjà affiché sespar le vers suivant : « Langue française, entre
couleurs dans ce premier recueil en y insérant dèstoutes sois Reine ! » Le recueil se divise ensuite
la première partie, « la Catalogne », poème dansen trois parties. La première, « La Lyre
villalequel il reprochait aux Canadiens riches degeoise », comprend cinq poèmes. Ils ont pour
préférer les tapis persans, les smyrnes et l’aubus-sujets, selon le préfacier, « des choses vues et
son à « Un modeste tissé que la lessive embaume :vécues dans un hameau des Cantons de l’Est, mais
/ La catalogne aux fils tordus du Canada ». Leun hameau bien français ». « Le Ruisseau » est
Lettre A 1 a 88 V4 f 59 8/19/10, 7:38 AMArpenteur du Bon Dieu 60 Dictionnaire des écrits
poète de « l’idée française » réapparaît dans les une école infirmière à l’hôpital de Noranda (chap.
trois derniers poèmes de la deuxième partie 6). Les chapitres suivants (7 à 9) présentent les
d’Aromes [sic] du terroir ; il montre que les relations de Rhéaume avec son clergé, son peuple
Hurons avaient mis très tôt leur confiance en la et les missions du Nord, à la baie James et à
France (« 1611 »), puis affirme que, depuis la Albany. Les trois derniers chapitres (10 à 12)
victoire de Clovis sur les Alamans à Tolbiac en décrivent le dévouement de l’évêque pour sa
496 ou 506, « les volontés du Christ survivent communauté oblate et son ardeur au travail. Il
par les Francs ! » (« Per Francos ») ; enfin, à la meurt à Ottawa le 8 mai 1955, à l’âge de 81 ans
demande des élèves des capucins d’Ottawa, il écrit et 5 mois. Il repose au cimetière de Haileybury
une double ballade au généralissime des armées où il fut évêque pendant plus de trente ans.
DÉOFfrançaises (« Au Maréchal Joffre »). Dans la
troisième et dernière partie du recueil, intitulée
« la Moisson des guérets », c’est le poète des Arpents de neige et Robes noires.
Ferments que l’on retrouve : en vingt strophes de
Brève relation sur le passage des jésuites
douze vers, il décrit un petit village simple, e een Nouvelle-France aux XVII et XVIII
« épanoui dans l’herbe », poétique, exempt « des
siècles.
bruits ferroviaires », habité par des gens humbles,
Par Robert Toupin.naïfs, mais sincères, vertueux, pacifiques,
[Montréal], Bellarmin, [c1991], 129 p. (13,5 x 21,3 cm)
patriotes, mais qui devraient se dégager des gou- R/S
vernements guerriers et travailler à la paix dans De 1611 à 1800, environ 330 jésuites ont foulé le
le monde, car « tout l’avenir tient dans la glèbe sol de la Nouvelle-France et ont laissé de
nomavec la vie », laquelle « appartient à Dieu seul ». breuses relations de leurs activités. En cinq
RENÉ DIONNE chapitres, l’auteur propose de faire « revivre cette
poignée de Français qui ont assimilé la langue,
les coutumes, la religion des Amérindiens, qui ont
Arpenteur du Bon Dieu (L’).
été séduits par leurs vertus et victimes de leur
Monseigneur Louis Rhéaume, o.m.i.
violence ». En premier lieu, il raconte l’arrivée
(1873-1955). Évêque de Timmins.
des missionnaires en Nouvelle-France et les
Par Gaston Carrière. travaux des jésuites en Huronie, la plus célèbre
Montréal, Rayonnement, 1960, 223 p. Photos. (13,8 x 20,5 cm)
de leurs missions. Au deuxième chapitre, l’auteurA
raconte brièvement la vie des jésuites qui ontL’auteur raconte la jeunesse de Louis Rhéaume,
œuvré dans les diverses missions des Pays d’enson entrée chez les oblats, puis il décrit son
Haut, du Saguenay et de l’Acadie, et dont certainsapostolat à l’Université d’Ottawa, où il occupe
sont entrés dans la légende. L’auteur présentetour à tour le poste de professeur et de recteur,
ensuite, aux chapitres quatre et cinq, les jésuitesavant d’être nommé directeur du séminaire
qui ont travaillé à la mission huronne du Détroitdiocésain d’Ottawa. En 1923, après la mort de
gr et parmi les Iroquois des Cinq-Nations. Le dernierM É.-A. Latulipe, il est nommé deuxième évêque
chapitre examine les répercussions de la Conquêtede Haileybury (chap. 3) et doit reconstruire les
anglaise sur les missions, de même que lesinstitutions détruites lors du grand incendie de
conséquences de la suppression totale de la1922 (chap. 4). Suite à la division de son diocèse
Compagnie en 1773. Enfin, l’ouvrage contient sixen 1939, il devient évêque de Timmins
(1939appendices : d’abord, les commentaires de1955). Rhéaume entreprend, comme évêque,
l’auteur sur les principaux historiens qui ont étudiéplusieurs grandes œuvres : un hôpital à Amos, un
et critiqué les Relations, et des extraits de docu-orphelinat à Rouyn, un orphelinat agricole, une
ments sur l’état des missions et, surtout, sur lesmission à la baie James. Toujours professeur dans
biens du père Jean-Joseph Casot, dernier jésuitel’âme, il fonde l’école normale de Ville-Marie
de la Nouvelle-France.(1931), l’école d’agriculture de V
DÉOF(1939), un collège classique à Rouyn (1948), un
« high school » catholique à Timmins (1954) et
Lettre A 1 a 88 V4 f 60 8/19/10, 7:38 AM61 Arthur Buiesde l’Ontario français
Arriviste (L’). Étude psychologique. scientifique des artes prædicandi du Moyen Âge.
Une des fonctions principales des professeurs dePar Ernest Chouinard.
Québec, Imprimerie « Le Soleil », 1919, 251 p. (19 cm) l’université médiévale étant la formation
d’oraS teurs religieux, ces « arts de la prédication »
Ce roman d’Ernest Chouinard dresse un portrait- exposaient à leur attention, souvent en détail et
charge, parfois même caricatural, de Félix Larive selon des principes spécifiques, la manière de
et d’Ernest Guinard. Ces deux hommes, d’abord composer et de prêcher un sermon. L’ouvrage
liés d’amitié autour de la vingtaine, deviendront présente, dans une première partie, une longue
rivaux une fois atteint l’âge de la maturité. Dès le liste des auteurs d’artes prædicandi, avec pour
premier chapitre, l’auteur définit les camps des chacun les manuscrits, leur localisation et une
personnages : celui de l’arriviste et celui de brève description. La deuxième partie expose les
« l’honnête homme ». Les événements des principes rhétoriques développés par ces textes
chapitres ultérieurs ne viendront que confirmer et leur évolution ; une brève conclusion se montre
ce schéma de base. L’arriviste, Félix Larive, assez sévère envers toute cette doctrine rhétorique.
réussit à se mettre en valeur et profite de la naïveté Pour la confection de la deuxième partie, le
des autres pour atteindre le faîte de la gloire. Tous dominicain Charland s’inspire principalement de
ses gestes, il les pose par calcul : il se marie sans deux manuscrits qui décrivent de manière
amour, trahit son parti politique et renie même sa détaillée l’évolution de cette rhétorique : le Forma
langue et sa race en votant pour une loi bannissant prædicandi de Robert de Basevorn et le De modo
le français du Parlement fédéral. À l’opposé, componendi sermones de Thomas Waleys. Ces
« l’honnête homme » qu’est Ernest Guinard ne deux textes reçoivent une édition critique dans la
pose aucun geste contre sa conscience. Sérieux troisième partie de l’ouvrage.
et intelligent, il lui manque cependant l’audace et LUCIEN PELLETIER
l’arrogance de son ami pour réussir. Tout au long
du roman, Félix Larive triomphe : il aura pour lui
Arthur Buies. Homme de lettres.la richesse, le prestige, la gloire. Quant à Ernest
Par Léopold Lamontagne.Guinard, il jouera perdant et devra surmonter de
Québec, Presses universitaires Laval, 1957, 258 p. Photos,nombreuses défaites. Mais l’auteur, moraliste, ne
bibliographie. (14 x 21,3 cm)
peut laisser triompher cet anti-héros. Larive perd R
son titre de ministre, subit un revers de fortune et Ce livre décrit à grands traits la vie et l’œuvre
sombre dans la folie. De son côté, Ernest Guinard d’Arthur Buies (1840-1901), essayiste et
journacomprend que la vie religieuse lui sied mieux et, liste né à Montréal. L’auteur relate d’abord
devant Dieu, il est le véritable gagnant. L’intérêt l’enfance de l’orphelin, son séjour en Guyane et
de ce roman ne réside pas tant dans l’histoire, mais sa fuite à Paris, où il fait ses études (chap.
predans le fait qu’il témoigne des préoccupations mier). Ensuite, l’auteur rappelle l’engagement de
d’une époque et qu’il dresse le portrait de ce qui Buies dans l’armée de Garibaldi et la campagne
constitue, à ce moment-là, l’idéal humain. de Sicile (Italie). En 1862, Buies rentre au Canada
MICHELINE TREMBLAY (chap. 2) où le climat est incertain. Des querelles
opposent alors républicains et loyalistes, libéraux
et ultramontains (chap. 3). Le jeune militant ose
Artes prædicandi. Contribution à
donner une conférence sur Garibaldi, puis fonde
l’histoire de la rhétorique au Moyen Âge.
trois journaux radicaux : La Lanterne (1868),
Par Th[omas]-M[arie] Charland.
L’Indépendant (1870) et Le Réveil (1876).
EntreIntroduction de M[arie]-D[ominique] Chenu.
temps, il fait des voyages à Paris et à San
Paris, Librairie philosophique J. Vrin / Ottawa, Institut
Francisco (chap. 4-9). C’est en 1879 que Buiesd’études médiévales d’Ottawa, « Publications de l’Institut
d’études médiévales d’Ottawa » VII, 1936, 421 p. Planche, fait la rencontre du curé François-Xavier-Antoine
listes de manuscrits, édition de textes, tables. (25 x17 cm) Labelle, l’inspiration de ses œuvres
géographiR
ques et patriotiques (chap. 10-11). Lamontagne
À la fois instrument de travail et monographie,
passe alors en revue l’œuvre du critique littérairece fort volume jette les bases d’une étude
Lettre A 1 a 88 V4 f 61 8/19/10, 7:38 AMArtisans du miracle 62 Dictionnaire des écrits
que fut Buies et propose une « étude d’ensemble » Langevin, le curé Labelle). Dans le chapitre sur
de ses ouvrages (chap. 12-13). Le « portrait George-Étienne Cartier, Rumilly adopte la théorie
physique et moral » de Buies est par la suite des deux peuples fondateurs : « Deux races libres,
brossé, ainsi que les dernières années de sa vie dont les membres étaient répartis dans plusieurs
(chap. 14-15). L’auteur affirme que Buies laisse provinces, s’alliaient sur un pied d’égalité pour
« une œuvre de choc et d’engagement, une œuvre former un pays bilingue. » L’auteur valorise les
foncièrement triste sous des dehors souvent gais, côtés positifs des personnages. À propos du curé
une œuvre d’angoisse et d’exaltation, toute en Labelle : « Il fit la conquête du journaliste Buies,
contraste ». bohème [sic] et pas précisément clérical. » Une
DÉOF place est faite aux journalistes avec les
présentations concernant Duvernay, Parent et Morin.
L’auteur ne pouvait négliger la filiation avecArtisans du miracle canadien.
l’historien Garneau, également l’objet d’unDeux volumes.
chapitre.
Par Robert Rumilly. 2 tomes. DÉOF
Montréal, Éditions Albert Lévesque, « Figures canadiennes »,
1936 (12 x 18,5 cm)
R
Artistes. Aventuriers. Grands hommes.
I - Artisans du miracle canadien. Régime français. Montréal,
Éditions Albert Lévesque, « Figures canadiennes », 1936, Les carnets d’un liseur.
272 p. • II - Artisans du miracle canadien. Régime anglais. Par Pierre Daviault.
Montréal, Éditions Albert Lévesque, « »,
Montréal, Éditions Bernard Valiquette, [1942], 239 p. (19 cm)1936, 168 p.
R
Ce recueil porte bien son titre puisque PierreLa diffusion hebdomadaire de ces causeries
Daviault y rend compte de ses lectures. Il relèveradiophoniques s’étala sur la période d’une année.
les éléments qui l’ont davantage intéressé et lesElles furent par la suite publiées, en deux volumes.
commente de façon tout à fait impressionniste.À chaque causerie correspondait un chapitre dans
L’auteur a regroupé ses lectures selon le sujetles volumes. Le Régime français (vol. I) prenait
traité. Ce sont d’abord des portraits de grandestrente-deux semaines, alors que le Régime anglais
dames, puis celui d’écrivains, d’artistes, de célé-(vol. II) en occupait vingt. Servir le roi de France
brités. Délaissant ensuite les portraits, il se tourneet évangéliser des Amérindiens constituaient les
vers les énigmes historiques et les aventures encauses profondes des explorations. On insiste sur
mer. Daviault y a retenu des personnages ou desla vertu des fondateurs de la colonie. On donne
e eévénements historiques (du XVII au XIX siècle),Maisonneuve ainsi : « Catholique militant, il ne
la plupart d’origine européenne et canadienne.s’était pas mêlé aux plaisirs licencieux des autres
Dans la première partie, il donne une bonne idéejeunes officiers. » L’héroïsme est mis en évidence
mede la personnalité de M Bégon, femme duet les autochtones sont présentés de manières
gouverneur de Trois-Rivières, de Christianediverses selon leur contribution aux desseins
meCavenaugh, une femme soldat, et de M de lafrançais. On relate le rôle important des
trucheGuette qui a contribué à désorganiser la Fronde.ments et on glisse des anecdotes instructives :
Dans la seconde partie, constituée d’une dizainecertains explorateurs comme Jean Nicolet ne
de textes, l’auteur relate, entre autres, des épisodessavaient pas nager, d’où sa mort par noyade. Des
de la vie de la femme de Chateaubriand, de Louisecolons aux généraux français en passant par les
Colet, une poétesse, de Maupassant, de Béranger.religieuses et le corsaire du roi (D’Iberville),
La troisième partie fait connaître au lecteurl’auteur propose une vision de l’histoire à travers
certaines énigmes non résolues de l’histoire : celleune galerie de portraits. Pour le régime anglais,
de l’archiduc de Toscane, du maréchal Ney et dusauf le militaire Salaberry, on présente des
Masque de fer. Enfin, la dernière partie s’attardehommes politiques (Papineau, Lafontaine,
à la vie aventureuse de corsaires et de pirates. EnCartier, Riel, Chapleau, Mercier, Laurier) et des
somme, l’auteur veut mettre en lumière desecclésiastiques dans leur fonction d’encadrement
gr gr gr personnages et des événements que l’Histoirede la colonisation (M Taché, M Bourget, M
Lettre A 1 a 88 V4 f 62 8/19/10, 7:38 AM63 Aspects du catholicismede l’Ontario français
ignore et qui méritent, pour différentes raisons, mer, les monuments, etc. Le narrateur voyage à
d’être sauvés de l’oubli. travers cette Asie pour fuir l’Occident, sa patrie,
MICHELINE TREMBLAY pour réaliser que son point d’origine est son vrai
désir.
DÉOF
Art métrique de la chanson de geste (L’).
Essai sur la musicalité du récit.
Aspects de la francophonie torontoise.Par Edward A. Heinemann.
Genève, Librairie Droz, « Publications romanes et françaises » Par P[ierre] Guillaume et S[ylvie] Guillaume.
CCV, 1993, 387 p. Bibliographie, index. (14,3 x 22 cm) Bordeaux, Centre d’études canadiennes, [Publication de la
R Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine], 1981, 91 p.
Cartes, tableaux, annexes. (15,3 x 23,2 cm)Cette étude se présente « avant tout comme une
Sinvitation à de nouvelles appréciations de textes ».
Les auteurs livrent ici le rapport de la brèveAprès une longue introduction, la première de
enquête qu’ils ont menée sur la « francophonie
trois parties (« Le Vers ») examine divers aspects
torontoise ». Cette recherche avait pour thèmedu vers : la « phrase métrique » (chap. 1), les
l’étude de la vie urbaine et l’importance du facteur
« pulsions » à la césure et à la rime (chap. 2 et 3),
religieux dans la vie publique canadienne. Dansainsi que les rythmes sémantiques que comporte
cet ouvrage en quatre chapitres, les deux premiersl’hémistiche (chap. 4). Les cinq chapitres de la
présentent la population étudiée, soit les 5 220deuxième partie (« La Laisse ») analysent, en un
Français de Toronto. Les auteurs décrivent la place
premier temps, l’« organisation métrique du
de ces immigrants et les conditions de leurrécit ». L’auteur aborde alors quatre éléments du
adaptation au pays. Le troisième chapitre analyse
« sens métrique » : la cohésion interne (chap. 6),
la vie des « paroisses francophones » (Sacré-la longueur (chap. 7), la position (chap. 8) et la
Cœur, 1887 ; Saint-Louis-de-France, 1967) où lapulsion (chap. 9). La troisième partie porte sur
diversité des francophones (Québécois, Acadiens,les diverses formes et caractéristiques de
Franco-Ontariens de souche et Européens) est
« l’écho ». Après s’être penché sur son aspect
plus grande. Le dernier chapitre traite du domaineesthétique (chap. 10), l’auteur en étudie trois
de « l’information francophone à Toronto »
types : disjoint, consécutif et externe (chap. 11 à
(radio, télévision, presse).13). Du début à la fin, cette étude analytique DÉOF
reproduit de nombreux passages tirés de chansons
épiques, telles que la Prise d’Orange et La
Chanson de Roland. Une bibliographie et un Aspects du catholicisme
canadieneindex des vers cités complètent l’ouvrage. français au XIX siècle.
DÉOF Par Pierre Savard.
Montréal, Fides, « Essais et Recherche section Histoire »,
1980, 196 p. (23 cm)
Asies. R
Par Jean Éthier-Blais. Ce volume regroupe huit communications ou
Paris, Éditions Bernard Grasset, [c1969], 93 p. (11,8 x articles, dont six ont été publiés dans des revues
19,4 cm) spécialisées entre 1963 et 1968. Les deuxA
communications inédites datent respectivementCe recueil de poésie, divisé en deux parties
prinde 1970 et 1974. Le recueil s’intéresse à descipales, offre deux visions de l’Asie. La première,
facettes du catholicisme canadien-français quiintitulée « Apparitions d’Elpénor », présente
n’avaient pas, jusque-là, beaucoup retenul’Asie sous forme de rêve rempli de mystères. Le
l’attention des historiens. L’auteur présentenarrateur y est à la recherche d’une jeune fille,
d’abord une vue d’ensemble de l’histoire desymbole de l’amour et de l’âme, dans une Asie
l’Église catholique au Canada français de 1760 àobscure, peu reconnaissable. Dans « Paysages et
1900. Il s’intéresse ensuite à la vie du clergéSonges », la deuxième partie du recueil, l’Asie
pendant la même période en démontrant commentprésentée est plus réelle. Ces traits reconnaissables
un grand « renouveau » succède aux difficultéssont évoqués : les citoyens, la flore, la faune, la
Lettre A 1 a 88 V4 f 63 8/19/10, 7:38 AMAspects du Nouvel-Ontario 64 Dictionnaire des écrits
rencontrées jusqu’en 1840. Les articles qui cet ouvrage demeure une source valable
suivent s’arrêtent à certains aspects du vécu et de d’information.
DÉOFla pensée de trois personnalités ayant marqué la
eseconde partie du XIX siècle canadien-français.
Le journal personnel que l’abbé Benjamin Paquet, Aspirations (Les). Poésies canadiennes
futur recteur de l’Université Laval, rédige pendant couronnées par l’Académie française.
ses études à Rome, la pensée du journaliste Par William Chapman.
ultramontain Jules-Paul Tardivel et le contenu de Paris, Librairies-Imprimeries réunies, Motteroz, Martinet,
re e e1904, [3]-353 p. (1 et 2 éd. ; 5 éd., 1907). (22,4 x 15 cm)l’importante bibliothèque personnelle de Clément
RVincelette, président du Cercle catholique de
Ce recueil est le quatrième de William ChapmanQuébec, pendant vingt ans, font ainsi chacun
et le premier qu’il a écrit après son arrivée àl’objet d’une étude. L’auteur examine aussi les
Ottawa en 1898 ; les trois précédents avaient étéactivités du Cercle catholique de Québec,
publiés pendant qu’il résidait au Québec. Enorganisme ultramontain évoluant dans le « fief
décembre 1903, grâce à une souscription orga-libéral » de la ville de Québec. L’historien s’arrête
nisée par monsieur P. H. Chabot, Chapman afinalement aux hagionymes paroissiaux au
l’argent qu’il faut pour traverser en France et faireQuébec et à un aspect particulier de la piété
popuimprimer son recueil à Paris. Il revient à Ottawalaire : la dévotion à Sainte-Philomène. En plus
en février 1904. C’est le succès. Le poète reçoitd’aborder des éléments moins connus de l’histoire
un prix Archon-Despérouses de l’Académiede la religion catholique au Québec, Pierre Savard
française. Les journaux de Paris, selon Hectordémontre comment ce catholicisme entretient des
Fabre, « vantent l’inspiration élevée, les noblesliens avec d’autres communautés catholiques et
sentiments et le style » de l’auteur, qu’ils considè-suggère de nouvelles pistes de recherche.
rent comme l’un des meilleurs poètes de l’époque.DANIELLE COULOMBE
Les amis qu’il s’est faits en France lui écrivent
pour le féliciter et les journaux canadiens publient
e les lettres de ces messieurs. Quand on lit le recueil,Aspects du Nouvel-Ontario au XIX siècle.
on a tôt fait de déceler ce qui les a charmés : le2 volumes.
Sudbury, Société historique du Nouvel-Ontario, « Documents poète a le culte de la France, il la magnifie, il
historiques » 73 et 74, 1981, [iv]-50 p. + [v]-49 p. Cartes, l’aime comme sa mère et il n’en finit pas de dire
tableaux. (22,2 x 14,3 cm) qu’elle est fine, qu’elle est la lumière du monde,S
que les Canadiens français n’ont jamais cessé deCe recueil compte sept travaux répartis en deux
l’aimer et qu’ils n’ont pas renié cette « mèrevolumes et préparés par des étudiants en histoire
coupable » lors de la conquête anglaise de 1760 ;de l’Université Laurentienne. Le premier volume
les « vainqueurs eurent (leur) serment », mais las’ouvre sur l’article de Diane Delorme qui parle
« France eut (leur) cœur ». Quand on veut un prixde la vie des Indiens du Nord-Est ontarien. Joanne
de la France, on ne mesquine pas sur l’éloge...Rheault énumère ensuite tous les postes de traite
Les Canadiens français ont aussi leur bouquet deet les routes de « voyageurs » existant entre 1760
fleurs : les exploits des ancêtres sont chantés, leset 1821. Daniel Cayen retrace l’histoire des
bienfaiteurs, les amis et les membres de l’éliteemissions catholiques, oblates et jésuites, au XIX
sont en bonne place dans la plupart des soixante-siècle tandis que Maurice Cabana-Proulx étudie
sept poèmes, soit dans les titres, soit dans lesles missions des protestants et des anglicans. Dans
dédicaces. Presque tous les poèmes sont longs ;le deuxième volume, Denis Laforge traite du
le poète utilise surtout le vers alexandrin et lesdéveloppement de l’industrie forestière et de ses
rimes plates ou croisées ; la longueur des strophesdifficultés alors que Denis Vigeant décrit le réseau
varie, mais le quatrain est le plus choyé ; lesferroviaire en insistant sur le Pacifique-Canadien.
sonnets sont peu nombreux. L’éloquence roman-Enfin, Chantal Gillet illustre, par de nombreux
tique, apprise à la lecture de Victor Hugo ettableaux, l’évolution démographique et
économiprésente partout dans le recueil, a charmé plusque de la région. Préparé par des étudiants,
Lettre A 1 a 88 V4 f 64 8/19/10, 7:38 AM65 Astroscopede l’Ontario français
d’un concitoyen de Chapman. l’initiative « de fonder un organisme pour les
RENÉ DIONNE femmes, dirigé par les femmes pour répondre à
des besoins spécifiques... ». Ainsi naquit l’Union
catholique des fermières de l’Ontario (UCFO),
Association canadienne-française pendant féminin de l’Union des cultivateurs
d’éducation d’Ontario (L’). franco-ontariens. Les deux organismes
partaCongrès de février 1919. Allocution geaient d’ailleurs le même sigle : UCFO. Toutefois,
du président. Discours de nos seigneurs en 1968, certains membres de l’organisme
Béliveau et Latulipe. Lettre de sa rejettent le nom de « fermières ». L’union
cathogrgrandeur M Charlebois o.m.i. lique des fermières de l’Ontario (UCFO) se scinde
Ottawa, Imprimerie du Droit, 1919, 20 p. (12,7 x 18,5 cm) donc pour former, d’une part l’Union culturelle
S
des Franco-Ontariennes (UCFO), d’autre partCet opuscule, publié pendant la crise du
Règlel’Association des fermières de l’Ontario (AFO).ment XVII, reprend les principaux discours
Les huit premières parties de cet album-souvenirprononcés au « congrès des pères de familles
expliquent l’origine du mouvement en évoquantcanadiens-français d’Ontario », tenu à Ottawa, les
la contribution des fondatrices. Les sections25 et 26 février 1919. En premier lieu, on trouve
suivantes s’intéressent aux onze cercles de L’AFO,l’allocution du président, le sénateur Philippe
situés dans l’Est ontarien : AFO d’Alexandria, deLandry, qui présente les évêques Béliveau et
Chute-à-Blondeau, de Curran, de Fournier, deLatulipe comme les valeureux défenseurs des
Hawkesbury, de Lefaivre, de Plantagenet, deécoles françaises. Ensuite, on reproduit le discours
Sainte-Anne-de-Prescott, de Saint-Bernardin, degrde M A. Béliveau, archevêque de
SaintSaint-Eugène et de Vankleek-Hill.Boniface, qui demande aux congressistes de lutter
DÉOF
contre le remplacement de « l’école séparée et
confessionnelle par l’école publique et neutre
qu’on décore du nom pompeux d’école Natio- Astroscope. (1985)
nale ». La troisième section reprend le discours Moose-Creek. Mensuel (1985). (15 x 25,5 cm)
gr Pde M Élie-Anicet Latulipe, évêque d’Haileybury.
Astroscope est un magazine mensuel publié auxCelui-ci exhorte les Canadiens français de
l’Onéditions Azémar et imprimé chez Azémartario à continuer leur lutte et à soutenir l’Église,
Publishing & Printing Inc. Il semble queles écoles bilingues et le journal catholique et
seulement deux numéros, de trente-sept pagesfrançais, « trois choses dont vous ne pouvez vous
chacun, aient paru, aux mois de juin et de juilletpasser ». Il propose en outre une solution pour
en 1985. Selon le rédacteur, P. Azémar,régler les litiges entre catholiques : les Irlandais
« Astroscope est une revue d’analyse des procédéset Canadiens français seront « unis pour demander
d’interprétation des forces cosmiques influant le[leurs] droits scolaires, séparés dans [leurs]
comportement ». Le magazine sollicite des arti-écoles ; [...] unis dans la religion, séparés dans
cles de 2 000 à 5 000 mots « sur la numérologie,les églises, autant que Rome le permettra ». Enfin,
gr l’astrologie, l’occultisme, méthodes de gagner auxon reproduit une lettre de M Ovide Charlebois,
jeux, etc. » Le magazine s’adresse aux non-vicaire apostolique de Keewatin, qui explique son
astrologues qui désirent connaître les notionsabsence du congrès.
fondamentales de l’astrologie et comprendreDÉOF
« comment dresser une carte du ciel, comment
analyser et comment prédire ». Le tirage n’est pas
Association des fermières de l’Ontario connu.
1937-1987 (L’). Un avenir pour le passé. LIONEL BONIN
Par Lawrence Demers [et al.]
[Vankleek-Hill, Association des fermières de l’Ontario, 1987],
72 p. Illustrations, photos. (21 x 28 cm)
S
À Wendover, en 1937, Valentine Lacasse prenait
Lettre A 1 a 88 V4 f 65 8/19/10, 7:38 AMAtlas de l’Ontario 66 Dictionnaire des écrits
Atlas de l’Ontario français. français. Un grand nombre de rubriques prennent
la forme de réflexions et de critiques à l’égard dePar Gaetan Vallières et Marcien Villemure.
Montréal, Éditions Études Vivantes, « L’Ontario français », la littérature franco-ontarienne. Le quatrième et
[c1981], IV-67 p. Carte, tableaux, transparents. (33 x 34,2 cm) dernier numéro, qui paraît en 1990, est un peu
S
spécial : alors que les autres numéros contenaient
Cet atlas, divisé en huit parties, traite de l’Ontario
une soixantaine de pages, celui-ci en compte
français par le biais de cartes, de tableaux et de
quatre-vingt-deux et il se compose exclusivement
graphiques. Il s’adresse d’abord aux élèves des
de textes critiques écrits par des étudiants de
écoles secondaires de langue française et des
l’Université d’Ottawa.
écoles bilingues. Ainsi, les auteurs abordent tour DÉOF
à tour l’Ontario français actuel (1976), son
évolution historique depuis 1871, les transferts
À travers les registres. Notes recueillieslinguistiques, l’éducation, le cadre socioculturel
par [...].et les médias, les instruments d’action politique
Par Cyprien Tanguay.et économique, les activités économiques et
Montréal, Libraire Saint-Joseph - Cadieux & Derome, 1886,professionnelles ainsi que des essais de synthèse
viii-276 p. Table alphabétique, tableaux. [Réinpression :
provinciale et régionale. « Chaque partie est Montréal, Éditions Élysée, 1978.] (23 cm)
Rprécédée d’une introduction qui fournit des
renseiEn préparation de son monumental Dictionnairegnements utiles sinon nécessaires à une bonne
généalogique des familles canadiennes depuis lacompréhension du sujet traité ». En outre, chacune
fondation de la colonie jusqu’à nos jours (7 tomes,des vingt-sept planches s’accompagne de travaux
Montréal, 1871-1890), l’abbé Tanguay a ainsipratiques et d’un projet de recherche.
recueilli, au cours de ses dépouillements desDÉOF
registres de la Nouvelle-France, divers
renseignements qu’il avait collectionnés et qui permettent
Atmosphères. (1988-1990) aux historiens de rectifier certains faits ou
Hearst. Semestriel. Le Nordir, Collège universitaire de Hearst. d’éclaircir certains détails. Le texte mis en exergue
(22,7 x 15,2 cm)
décrit parfaitement l’objectif : « ColligiteP
fragmenta... ne pereant. » Ces « nombreusesLe premier numéro d’Atmosphères paraît à Hearst
gerbes », comme les appelle l’auteur, formenten 1988, en collaboration avec « Hearst : culture
l’essentiel de cet ouvrage qui aligne les noticeset société ». Robert Yergeau, directeur, écrit que
en ordre chronologique, commençant en 1543 etla mission de la revue est de « porter à l’attention
se terminant en 1799. Les années se divisentdu public lecteur les manifestations culturelles et
ensuite en mois, puis en quantièmes. Les noticessociales ». Il promet d’atteindre cet objectif, au
ont généralement cinq ou six lignes, mais cer-fil des numéros, par « quelques paramètres
structaines s’étalent sur plusieurs pages. Elles appor-turaux à l’intérieur desquels évoluent les acteurs
tent surtout des renseignements d’ordre généalo-(créateurs, intervenants culturels, politiques, etc.)
gique, mais on trouve aussi des textes traitant dequi animent le spectacle de la société
francodiverses questions complémentaires, par exempleontarienne ». Cette revue semestrielle ne fait appel
des sommaires ou extraits de recensements,qu’à des auteurs franco-ontariens, dont certains
diverses compilations (telles les listes de proprié-sont connus : par exemple Jacques Flamand, Paul
taires d’esclaves, de militaires, des paroisses, etGay, François Paré, Laure Hesbois, Jocelyne
autres), ou rapportant certains incidents survenusVilleneuve et Hédi Bouraoui. Chaque livraison
en Nouvelle-France et notés dans les registres.compte de cinq à neuf articles et les trois
preLes entrées contiennent parfois des extraits tirésmières contiennent une section de poésie. Les
des registres originaux. Chaque notice contientarticles du premier numéro décrivent le
fonctionune indication du registre où l’information a éténement de certaines associations
francorecueillie. Enfin, une longue table alphabétiqueontariennes. Sous forme de nouvelles et d’articles
permet de retrouver les personnes mentionnées.critiques, les thèmes majeurs des deuxième et
GAÉTAN GERVAIStroisième numéros traitent de l’écriture en Ontario
Lettre A 1 a 88 V4 f 66 8/19/10, 7:38 AM67de l’Ontario français Attribution d’une protection
« Attaché à la porte ». Esquisse de la vie partenaire de cette publication. C’est dire le ton
qu’emprunte l’auteur pour dénoncer les avancéesdu Révérend frère Joseph-Aimé Bennett,
du communisme non seulement au Canada, mais1913-1952.
aussi ailleurs. Comme le « péril rouge » prospère[Par J.-C. Laframboise et André Guay].
Ottawa, Université d’Ottawa, [1952], 11 p. (12,7 x 16,5 cm) dans le Nord ontarien – 600 adhérents dans la
R seule région de Timmins ! –, l’auteur tenait à
Cet opuscule se compose de deux textes écrits s’adresser aux mineurs, bûcherons et autres
trapar des confrères oblats d’Ottawa, J.-C. Lafram- vailleurs afin de les dissuader de joindre ses rangs.
boise et André Guay, en mémoire du frère convers Le communisme « est un des plus dangereux
évéJoseph-Aimé Bennett (1913-1952). Le frère nements que l’humanité ait, jusqu’ici, connus. »
Bennett naquit à Montréal. Orphelin, il étudia Composé de douze courtes sections richement
chez les oblats avant d’entrer dans cette congré- documentées, l’ouvrage passe en revue la doctrine
gation. Il fut portier et attaché au service du communiste, sa propagande, les partis
commustandard téléphonique à l’Université d’Ottawa. nistes, les syndicats et journaux sympathiques à
DÉOF la cause ; on y trouve bien sûr la position de
l’Église. Après l’effondrement du mur de Berlin,
ce texte prend maintenant une autre couleur.Attente (L’).
GUY GAUDREAU
Par Marie-Thérèse Nault.
[Préface de Bernard Cantin.]
[Ottawa, Mathéno, 1991], 333 pages. (23 cm) Attribution d’une protection légale
R
aux malades mentaux (L’).Ce roman, dont l’action se déroule dans l’Est
Par Viateur Bergeron.ontarien, suit les péripéties de Marie-Lou. Au seuil
[Préface d’Albert Mayrand.]de l’adolescence, Marie-Lou perd sa mère, qu’elle
Montréal, Éditions Yvon Blais Inc., [c1981], xxii-453 p.
adore, et se retrouve séparée de son frère et de sa Annexes, bibliographie, tables, index. (15,3 x 23,5 cm)
sœur, puisque son père les envoie vivre chacun R
On trouve, dans les deux parties de cette thèse dede leur côté. Marie-Lou trouvera refuge chez
l’oncle Joseph, jusqu’à ce qu’elle devienne doctorat, une analyse des « règles relatives à
enceinte et soit chassée de sa demeure. Sa quête l’attribution d’une protection légale aux malades
mentaux en droit québécois ». En introduction,d’amour et de bonheur l’amènera, au cours des
l’auteur établit « les lignes de fond et les règlesprochaines années, de la prostitution à la
pornographie et à la drogue, ainsi que dans une suite de de base en matière d’incapacité », puis définit la
« capacité » et les « incapacités », afin d’en con-relations malheureuses, dont un mariage manqué.
Elle trouvera éventuellement le bonheur, tout naître le « sens et fondement ». À l’intérieur de
comme le respect d’elle-même, auprès de Guil- la première partie (« La Maladie mentale, cause
d’attribution d’une protection légale organisée »),laume. Ils auront deux enfants, Mathieu et
le bâtonnier Bergeron étudie principalement lesSalomé, et Marie-Lou retrouvera la fille qu’elle a
mise en adoption, Marie-Noël. causes « d’interdiction » et « d’internement »
DENISE TRUAX dues à la maladie mentale. Dans la deuxième
partie (« La Protection »), l’auteur examine les
différents « protecteurs que le malade mental
Attention. Mineurs... Bûcherons... pourra se voir attribuer, selon qu’il est interdit ou
Ouvriers du Canada... Le communisme déclaré incapable d’administrer ses biens par un
vous trompe... Lisez et gardez notre certificat médical d’incapacité ». Pour conclure,
Canada libre. Viateur Bergeron avance que « la réforme
[Par Gustave Sauvé.] proposée par le Projet de Code civil devrait
peutOttawa, Centre social-Université d’Ottawa, « Fédération anti- être être revue à la lumière d’une meilleure
communiste du Canada » 1, [s.d.], 37 p. (18 cm)
connaissance du régime en vigueur au Québec ».R
DÉOFLa « Fédération anti-communiste du Canada » est
Lettre A 1 a 88 V4 f 67 8/19/10, 7:38 AMAuberge du numéro trois 68 Dictionnaire des écrits
Auberge du numéro trois (L’). Au cinéma. Recueil de poésie.
Farce en un acte. Quatre personnages. Par Mariette Théberge.
[Sudbury], Prise de parole, « Poésie », 1990, 80 p. (15,2 xPar Régis Roy.
22,7 cm)Montréal, C.-O. Beauchemin & Fils, 1899, 47 p. Musique.
R(17 cm)
Ce recueil se compose de trois parties : « D’unA
Dans une auberge de campagne, un soir de tem- passé légendaire », « D’un présent ouragan » et
« D’un avenir hypothéqué ». Ces trois titres ser-pête, Thibault et son fils Charlot se lamentent de
la pénurie de clients quand le train du Pacifique vent de texte au poème conclusif de l’ensemble.
Canadien tombe en panne dans le village. Un Dans chaque partie, on oppose une réalité, en
général plus ardue, à un cinéma où tout est facile.premier visiteur, Jean Rouleau, revenu au pays
Font exception les pages « D’un présentaprès une période de travail dans une filature
américaine, constate que s’il y a de quoi remplir ouragan », où c’est le cinéma qui exagère la
violence des protagonistes. La première partiesa cruche, les armoires de la cuisine, elles, sont
vides. Dépannés par un voisin, les hôtes reçoivent évoque ces corps de femmes sacrifiés ou
paralyun deuxième visiteur, Moricaud, un employé du sés, que ce soit par accident ou par obligation.
Ces corps « qui ont cherché / ailleurs qu’en eux-chemin de fer, ce qui les oblige à admettre qu’ils
mêmes / leur lieu d’habitation » au réveil sontn’ont à offrir qu’un seul lit. Comme Moricaud
est noir, Jean Rouleau refuse de partager sa « surpris / de l’immensité / de leur solitude ». La
deuxième partie illustre un présent à la foiscouche, craignant que le moricaud déteigne sur
lui et le salisse. On fera donc de la table un second difficile – l’homme adulte qui ne sait pleurer, noire
lit. Pendant la nuit, pour se venger, Moricaud sans place dans l’histoire, la femme urbaine
toujours à la course –, et absurde – l’enfant perdubarbouille le visage de Jean Rouleau d’encre de
« dans son arbre généalogique », l’envie deChine. Rouleau, pour faire une blague, couvre
celui du « noiraud » de farine. Cette petite farce meurtre pour un barbecue. La dernière partie, plus
narrative, montre un père et son fils à la chasse.intéresse à cause d’éléments sociohistoriques
comme le passage du train dans les campagnes Après séparation pour cerner la bête, le père
du Québec, les préjugés raciaux et la question de s’inquiète et se blesse mortellement.
DÉOFl’émigration, mais aussi grâce à la langue
savoureuse des personnages ainsi que des situations
comiques dans lesquelles ils se retrouvent.
Au cœur de la Huronie sur les pasMARIEL O’NEILL-KARCH
des Saints Martyrs Canadiens.
Par Paul Bouchart d’Orval.
Au château des Roches. [Préface de Léon Pouliot].
Montréal, Éditions du Calumet brisé, 1949, 219 p. Cartes,Par Joseph Tassé.
photos. (20 cm)Montréal, Imprimerie générale, 1886, 7 p. (Microfiche.) SR
Ce livre, commémorant le troisième centenaireCet opuscule raconte la visite que Tassé a
effecdes martyrs de la Huronie, se divise en neuftuée au château des Roches, lors d’un voyage en
chapitres et cinq appendices. Après une lettre duFrance qui l’a amené à Bièvre, chez son bon ami
cardinal James-Charles McGuigan, archevêqueJules Graux-Marly, propriétaire du domaine.
de Toronto, l’auteur rappelle que l’« ouvrage estL’auteur passe en revue les anciens propriétaires
une refonte de deux séries de reportages publiésainsi que certains de leurs illustres visiteurs,
dans la Patrie du dimanche ». Dans uncomme c’est le cas pour Louise Bertin qui habite
avertissement, il expose son objectif, soit dele château jusqu’en 1877 et qui accueille
révéler les dernières découvertes archéologiquesfréquemment l’écrivain Victor Hugo. Tassé
reproet de décrire ce qu’il a vu en Huronie plutôt queduit d’ailleurs un passage du poème « Feuilles
de présenter une biographie des martyrs ou uned’automne » de Hugo, dans lequel ce dernier
histoire de la Huronie. Les trois premiers chapitresdépeint les beautés de Bièvre.
traitent du Sanctuaire des martyrs canadiens etDÉOF
Lettre A 1 a 88 V4 f 68 8/19/10, 7:38 AM69 Au cœur de Québecde l’Ontario français
du fort Sainte-Marie, de leur situation géogra- constituent les thèmes centraux de ce conte.
phique, de leur description physique et de leur L’aventure occupe le devant de l’histoire, prenant
construction. Les chapitres suivants parlent des le pas sur la morale.
ÉDITH MADORErecherches archéologiques effectuées afin de
localiser le site de plusieurs missions huronnes :
Saint-Louis et Saint-Ignace II, Saint-Joseph II,
Au cœur de Québec.
Ihonatiria et Ossossané et l’Île-aux-Chrétiens.
Par Marius Barbeau.Dans l’épilogue, l’auteur encourage fortement les
Montréal, Éditions du Zodiaque, « Zodiaque » 35, [c1934],
gens à aller en pèlerinage à ces endroits. Enfin, 200 p. (12,1 x 18,8 cm)
Rles appendices comprennent la biographie des
Cet ouvrage de diffusion populaire, écrit parmissionnaires, leur martyre, indiquent la
localisaMarius Barbeau il y a déjà plus de soixante-dixtion de leurs reliques et parlent de leur
ans, demeure toujours une œuvre utile. Commecanonisation en 1930 par Pie XII.
DÉOF beaucoup d’autres travaux que publia cet
anthropologue, celui-ci dévoile la localisation
d’objets d’art populaire et d’art religieux, de
Au cœur de la jungle. même que l’existence d’artistes et d’artisans
Par B. Lacerte [Emma-Adèle Bourgeois- québécois. Dans ses huit chapitres, Au cœur de
Lacerte]. Québec nous fait visiter des lieux marqués par la
Montréal, Beauchemin, « Les contes de B. Lacerte », 1957, présence de génies légendaires, d’artisans qui ont30 p. Illustrations. (15,5 x 22,1 cm)
laissé des œuvres remarquables, de monumentsR
Ce conte, qui s’adresse aux jeunes lecteurs, s’intè- historiques, ou d’objets associés à la pratique des
gre à une collection de courts contes : L’Île du métiers. Marius Barbeau se fait d’abord conteur,
diable, Quand minuit sonne..., Une curieuse relatant la légende du Rocher-Malin à
Notrehistoire, Perdus en Méditerranée et Le Fantôme Dame-du-Portage, au pied de la route du
du vieux château. Ce livre à couverture souple Témiscouata (chap. 1). Puis, une fois arrêté sur
contient trois illustrations en noir et blanc. Au les lieux, il nous décrit cette ancienne route reliant
cœur de la jungle raconte une aventure semblable jadis l’Acadie au Bas-Saint-Laurent, en profitant,
à celle du Livre de la jungle ; celle d’une amitié le long de son trajet, pour présenter ses
informaentre un animal sauvage et un enfant qu’il prend teurs qui chantent de vieux refrains, débitent des
sous sa protection. Une jeune veuve parcourt contes rattachés à la tradition du Moyen-Âge, etc.
l’Inde avec trois amies et sa fille de sept ans. La Barbeau débarque ensuite dans Charlevoix (chap.
fillette s’égare dans la jungle ; sa mère la croit 2), où il rencontre des violoneux, des danseurs,
noyée dans le Gange. Madame Lacerte décrit des artisans qui lui montrent des couvre-pieds,
abondamment les créatures dangereuses habitant des chaises rustiques, des pièces de faïence
la jungle : le tigre, le serpent, les caïmans, etc., française, et lui font manger des gourganes.
afin de soutenir le suspense et, par là, de rehausser L’auteur décrit les abat-vent ou encorbellements
le danger des nuits passées par l’héroïne dans la des granges, les couvertes boutonnues de
l’Islejungle. Mais la « divine Providence » veille sur aux-Coudres, et il dresse un glossaire de la langue
Ève sous les traits d’un éléphant, qui la sauve d’un populaire de Charlevoix. L’auteur visite ensuite
serpent, puis d’un tigre avant de la mener à une Charlesbourg (chap. 3) et y décrit des ruines de
villa où elle retrouve sa mère. Ève exprime sa moulins, et il se rend sur le site du futur Jardin
gratitude à l’éléphant et célèbre sa nouvelle amitié zoologique où il fera installer un grand mât
avec celui qu’elle a baptisé « Amico ». Madame totémique, le Nid-de-l’Aigle, sculpté par les
Lacerte s’adresse directement au jeune lecteur, Amérindiens du Nord-Ouest. La visite du
Capde deux façons : en l’interpellant et en lui expli- Tourmente donne l’occasion à l’auteur de parler
grquant les mots ou termes plus compliqués. « Vous de l’École des arts et métiers de M de Laval et
savez, sans doute, mes enfants, ce que c’est qu’une de lignées d’artisans qui y avaient été des
jungle ? » L’amitié et la Providence secourable apprentis (chap. 4). Puis, il s’attarde sur des pièces
Lettre A 1 a 88 V4 f 69 8/19/10, 7:38 AMAu cœur du trialogue 70 Dictionnaire des écrits
artistiques réalisées par d’anciens sculpteurs de nelle. Le sixième chapitre discute des nouveaux
Québec : François Baillargé, Jean-Baptiste Côté, horizons (1978 à 1982) : les prochains défis, les
Louis Jobin et d’autres encore (chap. 5 et 7). À relations avec les provinces, la traduction à la pige,
l’Île d’Orléans, il décrit les cinq vieilles paroisses l’automatisation et l’internationalisation des
qui s’y trouvent et il rappelle les secrets de activités terminologiques. Enfin le dernier
fabrication du fromage raffiné et de la chasse aux chapitre traite de la promotion des langues
oies sauvages (chap. 6). Lors de ce voyage qu’il officielles en 1983-1984 et de l’avenir à l’aide de
effectua en 1916, Barbeau déplore déjà que tant statistiques sur le nombre de traductions, le
de choses qui existaient jadis dans les lieux visités personnel et le budget consacré à la traduction
aient disparu, amenuisant le visage français des par le gouvernement fédéral. Des notes
biograrives du Saint-Laurent (chap. 8). phiques sur les directeurs successifs du bureau
JEAN-CLAUDE DUPONT sont réparties tout au long du texte (Domitien T.
Robichaud, 1934-1946, Aldéric-Hermas
Beaubien, 1946-1955, Pierre Daviault,
1955Au cœur du trialogue canadien.
1964, Henriot Mayer, 1964-1973, Paul Larose,
Croissance et évolution du Bureau des 1974-1977, Philippe Le Quellec, 1978-1982 et
traductions du gouvernement canadien Alain Landry, depuis 1983). L’ouvrage se termine
1934-1984. par un organigramme du bureau des traductions.
Par Jean Delisle. DÉOF
[Avant-propos d’Alain Landry].
[Version anglaise tête-bêche]
[Ottawa, Secrétariat d’État, c1984], vii-77 p. Photos, tableaux, Au coin du feu. Histoire et fantaisie.
dessins. (25 cm x 23 cm) Recueil de Benjamin Sulte.
R ieQuébec, Blumhart & C , 1877, 207-[1] p. (18 cm)
Après une explication, en introduction, de l’im- R
portance dès 1534 de la traduction, quand Jacques Comme le fera plus tard Louis Fréchette,
Cartier rencontra ses premiers Amérindiens, ainsi Benjamin Sulte a monnayé ses contes et récits
que la naissance des services fédéraux de tra- auprès de plusieurs éditeurs. Les quatre récits qui
duction avant 1934, sept chapitres, ordonnés composent Au coin du feu. Histoire et fantaisie,
chronologiquement, relatent les cinquante années recueil publié pour la première fois en 1877, sans
d’histoire du bureau de traduction, en dégageant doute grâce à l’abbé Henri-Raymond Casgrain,
les faits saillants de cette évolution. Une première puis réédité en 1881 et en 1882, ont d’abord paru
section décrit d’abord l’organisation du bureau dans L’Album de la Minerve en 1872-1873 et
(1934 à 1946) et l’amélioration des services de avaient tous été publiés dans Mélanges d’histoire
traduction. Les parties suivantes portent, l’une sur et de littérature, en 1876. Les deux premiers sont
les premières innovations (1947 à 1955), l’autre plus près de l’anecdote. « Une chasse à l’ours »
sur la diversification des services (1955 à 1964), raconte l’histoire d’Eustache Pepin dit
Brin-denotamment l’organisation d’un centre de fil qui pense avoir découvert une cache d’ours.
terminologie et l’inauguration de l’interprétation Avec des amis, il met sur pied une expédition pour
simultanée à la Chambre des Communes et au abat-tre maître Martin. Mais la vapeur qui
Sénat en 1963. Il est ensuite question des progrès s’échappe de la neige dans la montagne n’est en
du bilinguisme officiel et de l’essor des langues fait que la condensation de l’eau d’une source
étrangères à partir du milieu des années soixante coulant au même endroit. Les loustics sont
(1964 à 1973). Puis les années d’expansion et de confondus et l’aventure, qui confirme qu’il ne faut
réorganisation (1974 à 1978) se traduisent, si on pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué,
veut, par la création de nouveaux canaux de se termine dans la joie, par un copieux repas, sans
communication (trois publications internes) et toutefois les côtelettes d’ours escomptées. « Sous
l’avènement de services documentaires modernes, les bois » raconte l’exploit d’un bûcheron qui
par l’enrichissement de la banque de terminologie parvient à décoller un embâcle au risque de sa
et par l’amélioration de la formation profession- vie. Les deux autres récits auraient pu être de
Lettre A 1 a 88 V4 f 70 8/19/10, 7:38 AM71 Au-delà de la viede l’Ontario français
[Ottawa], Novalis, « L’Horizon du croyant », [1993], 204 p.véritables contes fantastiques si l’auteur, à la fin,
Bibliographie. (12,4 x 19 cm)n’apportait pas une explication rationnelle aux R
phénomènes qu’il décrit. « [C]ette voix surna- L’auteur de l’ouvrage tente de faire la lumière sur
turelle, terrifiante, gigantesque, colossale » qui les questions existentielles de la vie. Dans le
terrorise la population des Deux-Grèves n’est pas premier chapitre, il présente l’au-delà tel que
le bruit de la trompette rassemblant les fidèles perçu aujourd’hui : un mélange de doctrines, de
pour le jugement dernier mais le sifflet d’un croyances et de théories religieuses. Les deuxième
bateau à vapeur ancré dans le port du village. Le et troisième chapitres rappellent la promesse de
loup-garou que l’on soupçonne être le voleur des vie éternelle faite par Dieu au peuple de la
casques de fourrure des bûcherons d’un chantier première alliance et la réalisation de cette
promesde la Mauricie, dans le conte du même nom, se par la venue de Jésus-Christ sur la terre. Dans
d’abord paru sous le titre « Le diable gris », n’est les quatre derniers chapitres, l’auteur, un oblat,
en fait qu’un vulgaire hibou. Sans être un conteur reformule « les vérités de foi concernant l’au-delà
de la trempe des Louis Fréchette et des Honoré de la mort » (le ciel, le jugement dernier, l’enfer
Beaugrand, Sulte sait construire une intrigue pour et le purgatoire) afin que les croyants comprennent
la rendre attrayante et intéressante. Il n’hésite pas, mieux les doctrines chrétiennes.
pour ajouter à la crédibilité, à recourir à la pre- DÉOF
mière personne, voire à s’immiscer dans le récit.
Quelques-uns de ses contes ont connu une grande
Au-delà de la vie. Quatorze nouvelles.fortune et ont été retenus dans les anthologies du
Par Sigmund Rukalski.genre.
Sherbrooke, Naaman, « Création », [c1982], 138 p. (12,5 xAURÉLIEN BOIVIN
19 cm)
R
Dans Au-delà de la vie, Rukalski poursuit la
Au commencement était le mythe.
démarche qu’il avait adoptée dans son recueil
Introduction à une mythanalyse globale
précédent, Solitudes, et offre des nouvelles basées
avec application à la culture
traditionla plupart du temps sur un canevas où un narrateur
nelle québécoise à partir de quelques se remémore des événements marquants de sa vie,
textes romanesques représentatifs. ou encore écoute des tranches de vie de
personPar Victor-Laurent Tremblay. nages croisés au hasard de ses voyages. Car,
Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, [1991], 362 p. (15,5
comme le dit le narrateur de la dernière nouvelle,x 23 cm)
R « Autrefois » : « C’est le passé qui domine
Par des textes romanesques représentatifs du l’homme ». Mais ici, et contrairement à Solitudes,
Québec de 1830 à 1940, l’auteur analyse la ce passé se précise. En effet, le recueil s’articule
manière dont s’applique le mythe à la culture autour de la Deuxième Guerre mondiale, plus
traditionnelle. Partant des diverses théories éla- particulièrement de la persécution nazie en
Poloborées sur le mythe, l’auteur explique sa propre gne et de l’Holocauste. Les quatorze nouvelles
conception de celui-ci et l’applique aux romans présentent d’une part des récits d’atrocités : une
suivants : La Chasse-galerie, L’Influence d’un mère doit choisir lequel de ses deux fils doit
livre, Les Anciens Canadiens, Angéline de mourir, un Juif se fait fusiller pour avoir volé de
Montbrun et Un homme et son péché. Découlant la nourriture et pour avoir perdu son étoile jaune...
d’une thèse de doctorat, ce livre a comme objectif D’autre part, on rencontre des survivants parfois
de « mythanalyser la civilisation traditionnelle courageux, mais toujours détruits par ce conflit
canadienne-française. » absurde qui a bouleversé toute valeur humaine.
VALÉRIE LAFLAMME Toutefois, la narration, qui laisse davantage de
place à l’introspection qu’à l’action et où il n’y a
aucune réelle montée dramatique, donne l’impres-Au-delà (L’).
sion d’une résignation généralisée. Au-delà de la
Par Ramón Martínez de Pisón Liébanas.
vie laisse donc le lecteur perplexe et
malheuLettre A 1 a 88 V4 f 71 8/19/10, 7:38 AMAu fil de la vie 72 Dictionnaire des écrits
reusement peu empathique devant l’expression de Au gré du vent. Expériences de vie de
ce pessimisme, de ce dégoût qui répond plus qu’il Jacqueline Paulin telles que racontées
n’interroge. à sa formatrice, Marie Leblanc.
LOUIS FISET Par Jacqueline Paulin.
[Sudbury], Centre FORA [et Centre Alec du Nipissing], [c1992],
38 p. Illustrations et carte d’Albert Paquette. (14 x 21,5 cm)
Au fil de la vie. Roman. R
Par Dolorès Duchesne. Après avoir appris à lire et à écrire, l’auteur, qui
[Sudbury], Centre FORA, [« Cap-Nord » II], [1991], 57 p. habite North-Bay depuis quarante ans, nous livre
(13,2 x 21,3 cm.) ici le récit de sa jeunesse en une douzaine deR
tableaux. Née le 4 mars 1923 à Labelle (Québec),Grâce au deuxième concours d’écrivains amateurs
Jacqueline Papineau passe une jeunesse mouve-parrainé par les centres d’alphabétisation
popumentée, vivant avec ses grands-parents àlaire du nord de l’Ontario, ce roman de Dolorès
Fugèreville (Québec) par suite de la mort de sonDuchesne a vu le jour. En sept chapitres, elle
père, Frédéric Papineau, et à cause du remariageraconte l’histoire de la famille Labelle dont le père
de sa mère en 1929. L’auteur exerce de nombreuxest récemment décédé d’un accident. Laissée à
emplois à Rouyn et à Montréal, puis rencontreelle-même, Marie, devenue veuve, surmonte
l’homme de sa vie, Maurice Paulin, à Témisca-plusieurs difficultés afin de redonner une vie
mingue. Les deux s’unissent par le mariage leconvenable à sa mère et à ses filles. Finalement,
8 mai 1945 dans la même ville.elle trouve un emploi et se remarie.
DÉOFDÉOF
Au jour le jour.Au gré des heures. Suivi de « Horizon
Par André Duhaime.fantôme ».
Six dessins de Jan Machálek.Par Yves Antoine.
[Saint-Lambert], Éditions du Noroît, [« L’instant d’après » 29,Port-au-Prince, Presses nationales, « Poésie », 1972, 48 p.
c1988], 60 p. Dessins. (12 x 17,3 cm)(22 cm) RR
Les cent quarante-six haïkus, sans titres, quiPublié en Haïti, ce recueil est la troisième
publicaforment ce recueil de poésie décrivent destion d’Yves Antoine. Alors que le thème majeur
moments particuliers tirés du quotidien : le ména-demeure constant (la terre natale), c’est
l’évocage du printemps, un tour de bicyclette, etc. Chaquetion de l’enfance qui vient révéler quelque chose
poème se présente comme un tableau qui dépeintde nouveau. L’enfance qui est passée et que l’on
une scène, une situation ou une réflexion person-regrette ; l’enfance qui fera grandir en nous le fruit
nelle. Le déroulement des saisons constitue le filde la nostalgie ; l’enfance qui fait ressurgir le
conducteur de l’ouvrage ; en plus de créer unmalaise de l’adulte dans un univers décevant. Ce
enchaînement entre les tableaux, il situe le lecteurmalaise, moins revendicateur que dans les autres
dans un cadre temporel. Néanmoins, ce sont lesrecueils, amène l’auteur vers l’intérieur de
luithèmes de la femme et des enfants qui sont le plusmême. Il trouve alors une certaine plénitude dans
souvent abordés, et que l’auteur dépeint à coupson imaginaire et dans ses souvenirs. « Mon cœur
d’images : « le bruit / des talons / de la femme / àsans frontières / regorge de noms ». « Horizon
mon bras » ; « six enfants / et le même pincementfantôme » se veut la suite logique d’« Au gré des
au cœur / en arrachant une dent de lait ». L’ouvra-heures », dans la mesure où le passé est cette fois
ge, affichant trois poèmes par page, ne contientmis de côté et où le présent et le futur explosent
aucune division interne.de projets et d’espoirs. Le regard embrasse
l’uniDÉOF
vers et la volonté de changer le monde transparaît
dans presque tous les poèmes. On sent que l’exil
de l’auteur était prévu et senti, ce recueil ressem- Au large de l’écueil. Roman canadien.
ble à une lettre d’adieu à son pays. Par Hector Bernier.
DÉOF
Lettre A 1 a 88 V4 f 72 8/19/10, 7:38 AM73de l’Ontario français Au pays de Québec
Québec, Imprimerie de « L’Événement », 1912, 319 p. à vaincre, les paroles à prononcer dans une même
(11,5 x 17,5 cm) volonté d’exprimer une conscience collective enR
devenir.Hector Bernier vient d’être embauché à la
biblioDÉOF
thèque du Parlement à Ottawa lorsqu’il publie son
premier roman, Au large de l’écueil. Dans ce
roman à thèse, l’auteur oppose d’une manière Au parfum du sommeil.
toute manichéenne et dans un style souvent Par Nancy Vickers-Hussain.
emphatique le catholicisme canadien-français à Ottawa, Éditions du Vermillon, 1989, 72 p. [La pagination
est en toutes lettres]. Dessins à l’encre de Chine par Célinel’athéisme français. Sur le paquebot qui le ramène
Forcier-Lacroix. (16,5 x 21,4 cm)d’Europe, Jules Hébert fait la connaissance d’une R
jeune Française, Marguerite Delorme. Les deux La première des quatre parties de ce recueil, « La
jeunes gens s’aiment dès le premier regard, mais Pierre », ne contient que le poème du même nom.
ils se rendent très vite compte que leur divergence La deuxième, « Pleine Lune », regroupe douze
idéologique fait obstacle à la poursuite de leurs poèmes, dont « Noctiluque », qui évoque les
relations, d’autant plus que leurs pères respectifs Muses sur la mer un soir en rêve, « Chevelures »,
se comportent en zélateurs fanatiques. Le chagrin qui rappelle toutes les images possibles liées à ce
que lui cause cet amour contrarié rouvre chez thème et « Plein Soleil », qui fait de l’être aimé
Marguerite des plaies oculaires, séquelles d’une un facteur d’association à la nature. «
Somnamméningite contractée dans l’enfance, et elle bule » joue sur des paradoxes liés au sommeil et
devient aveugle. Toutefois, au cours de son séjour à l’eau. Dans les poèmes de la troisième partie,
de quelques semaines au Québec, « la sève « Soleil noir », après un début rêveur, on sombre
religieuse débordante en l’âme canadienne- dans la solitude, l’ennui et la tentation de la falaise.
française » a fini par ébranler la fille du libre- La quatrième partie, « Femmes », illustre le
penseur. Touchée par la grâce, Marguerite patient travail des femmes (« Des mailles et des
recouvre la vue lors d’un pèlerinage à Sainte- roses »), les femmes et la nature (saison, élément,
Anne-de-Beaupré : la lumière a vaincu les ténè- loup), leurs difficultés en général (« Femme
bres. Développant tous les poncifs idéologiques battue » et « Au bout de sa vie ») ainsi que deux
de son époque (idéalisation de la vie rurale, danger destins particuliers (« Brasier » et « Fanny »).
du matérialisme et de la vie urbaine, etc.), ce DÉOF
roman a reçu un accueil aussi tranché que la
situation qu’il dépeint.
YVAN G. LEPAGE Au pays de Québec. Chroniques.
Par Ernest Bilodeau.
Préface d’Eugène Lapointe.
Au nord du silence. Dossier de poésie Paris/Tournai, Éditions Casterman, « Ma bibliothèque », [s.d.],
155-[1] p. (16,5 x 11,5 cm)franco-ontarienne.
RSudbury, Prise de parole, [c. 1975], [11 f.]. (28 cm)
S C’est un des nombreux recueils de chroniques de
Dans la foulée de Lignes-Signes, publié en 1972, l’auteur, composé de quinze textes, de longueurs
qui rassemblait des textes de quatre poètes, Prise inégales et sur des sujets variés. Le genre le plus
de parole propose un deuxième « dossier » réunis- représenté est le récit (ou le souvenir) de voyage,
sant autour de l’amitié huit poètes franco- dans l’ouest du pays, en France et en Italie (textes
ontariens à l’occasion de la Nuit sur l’étang en 3, 6, 7, 9, 11, 15), mais surtout le très long
1975. Sont ainsi reproduits sur des feuillets « Autour du lac Saint-Jean » qui reprend les treize
brochés insérés dans une pochette, un ou deux chapitres du volume de même titre (pour le
poèmes d’Édouard Apanaskewski, de Réginald contenu, voir à ce titre). On y trouve aussi le
Bélair, de Robert Dickson, de Pierre Germain, de compte rendu détaillé de trois intéressantes
conféNicole Hurtubise-Richmond, de Jean Lalonde, de rences, de Louis Hourticq sur les styles roman et
Denis Saint-Jules et de Gaston Tremblay. Chacun gothique des cathédrales françaises (texte 5), du
à sa façon dit le froid, les mots givrés, les silences père Turquetil, missionnaire oblat, sur les
Lettre A 1 a 88 V4 f 73 8/19/10, 7:38 AMAu pays de Québec 74 Dictionnaire des écrits
Esquimaux (texte 13), et de Lionel Groulx sur la Tout rentre dans l’ordre cependant quand on
vie d’autrefois (texte 14). constate que les volailles ont picoré les merises
YVES LEFIER ayant servi à la fabrication d’un vin amateur, à
l’époque de la prohibition. Dans « De la coupe
aux lèvres », le vin qu’un aristocrate de la ville
Au pays de Québec. Contes et images.
de Québec réservait pour le mariage de sa fille,
Par Louvigny de Montigny.
héritière d’un riche marquis français qui lui a
Illustrations de Raymond Gravel. Montréal, Société des
légué à sa naissance un fût de haut-brion, a maléditions Pascal, 1945, 325-[2] p. (15 x 20 cm)
R vieilli et est horrible. Le vicomte meurt, à quelques
Louvigny de Montigny emprunte le titre de son jours de là, incapable de se remettre d’un tel
unique recueil de récits à Louis Hémon qu’il affront subi en présence de l’aristocratie et de la
connaît bien pour avoir préparé la première bourgeoisie de la Capitale. Montigny ridiculise
édition en volume de Maria Chapdelaine, en encore le médecin dans « L’Acquittement de
1916, et publié une étude, La Revanche de Maria conscience » et « L’Imprévu ». Les récits de
Chapdelaine, en 1937. Bien que sous-titré Contes Louvigny de Montigny ne sont pas sans défaut.
et images, Au pays de Québec, publié en 1945, Les longues mises en situation retardent le
déveillustré par Raymond Gravel, regroupe quinze loppement de certains d’entre eux. Le conteur, il
textes qui se rapprochent davantage de la nou- faut le reconnaître, maîtrise avec art la langue, en
velle, à l’exception de deux légendes publiées à particulier la langue populaire qu’il favorise dans
ela fin du XIX siècle, soit « le rigodon du diable », les dialogues. Pour les non-initiés, il a dressé, à
une légende qui constitue une version du diable à la fin de son recueil, un utile glossaire qui fournit
la danse entraînant dans un lac gelé tous les invités la signification des mots et locutions qu’utilisent
à la fête chez le bonhomme Cauchois, le soir du « faubouriens, forestiers et campagnards » qu’il
mardi gras, et « Un loup-garou », l’une des rares emprunte au Glossaire du parler français au
versions où le mécréant est assassiné par son ami Canada.
qui croit avoir affaire à une bête véritable. Le AURÉLIEN BOIVIN
recueil est dédié à son petit-fils Jacques, à
l’occasion de son premier anniversaire de naissance, et
Au pays des géants et des fées.est destiné à sauver de l’oubli « quelques images
Contes de folklore canadien.capables de l’amuser » et de lui « en offrir un
Par Marie-Rose Turcot.paquet varié », afin que, plus tard, écrit-il dans
[Préface d’Alphonse de la Rochelle]. Illustrationsune lettre liminaire, « quand tu sauras lire, et plus
cde J. M Isaac.tard encore, quand tu auras appris à observer et à
Ottawa, « Le Droit », [s.d. : préface datée du 26 novembrejuger, tu retrouves ces esquisses de notre vie
com1936], 75 p. ; [Deuxième et troisième éditions : Montréal et
mune ». Dans ses récits, Louvigny de Montigny Paris, Éditions Fides, « La grande aventure », 1951, 106 p.
e(17,3 x 23,5 cm). Imprimé en vert ; 3 édition, Montréal etévoque tantôt un type, tels le marin anonyme», [1955], 96 p.enterré dans un coin non béni du cimetière de
(17,3 x 23,8 cm) (18 x 25,8 cm)
Pointe-au-Père (« Le Matelot »), le voleur d’œufs R
(« Martin-pêcheur ») ou le vieillard abandonné Cet ouvrage contient les sept contes merveilleux,
(« La Dernière Rose »). Tantôt, le conteur rappelle en version remaniée, que Marie-Rose Turcot a
une scène de mœurs, tels « Le Réveillon aux « recueillis des lèvres d’illettrés », soit trois
vieilermorts », dans la nuit du 1 au 2 novembre, et la lards franco-ontariens visités à Ottawa et à
descente des chantiers au printemps (« Les Six- Montréal entre 1930 et 1931. Publiés tantôt
pailles »). Parfois, il s’attarde à rapporter une séparément, tantôt en recueil, ces contes ont
simple anecdote qu’il exploite non sans humour. engendré pas moins de vingt titres entre 1930 et
Dans « Poules en brosse », il raconte l’aventure 1959 et certains d’entre eux connurent jusqu’à
survenue à un avocat du gouvernement, menacé sept éditions. Le mensuel montréalais pour la
de destitution, car les poules qu’il élève à la jeunesse, L’Oiseau bleu, en livra d’abord un
campagne ont été retrouvées en état d’ébriété. premier en novembre 1930 suivi de cinq autres
Lettre A 1 a 88 V4 f 74 8/19/10, 7:38 AM75 Aurores fulminantesde l’Ontario français
de janvier à juillet 1932, sans l’indication de leur « l’Oiseau vert » (devenu « l’Oiseau vair » à partir
source, avec des illustrations de J. McIsaac. de 1951) que Fin-Voleur, assisté de ses frères
FinL’auteur les réunit pour la première fois en 1936, Devineur, Fin-Tireur et Fin-Ramancheur,
aux éditions du Droit d’Ottawa, leur ajoutant un délivrera et épousera. Enfin, « Souris » (« la
Poiseptième conte ; les éditions Fides de Montréal luse » dans la version orale), Petit-Poucet féminin,
le rééditèrent en 1951 et en 1955, sans préface, protégera ses sœurs de la gloutonnerie d’un ogre
dans la collection « La grande aventure ». Ces à qui elle devra plus tard voler, à cause de
contes furent plus tard repris en petits albums, l’ingratitude de ses jumelles jalouses, des objets
illustrés par Maurice Petitdidier, chez le même magiques ; à son tour, elle épousera le prince après
éditeur : cinq contes parurent ainsi, en version avoir reçu, par la vertu d’une fée, la beauté qu’elle
intégrale, en 1959, dans la collection « Légendes n’avait jamais connue. Destinés aux enfants, ces
dorées », et quatre autres, en version abrégée et « contes de chez nous » ont certainement pu les
en bandes dessinées, dans les « Albums du gai charmer par leurs sujets fantastiques et la clarté
lutin » qui ne sont pas datés [1958]. À la demande du travail littéraire de l’auteur, mais ils ont sans
de Luc Lacourcière, Marie-Rose Turcot avait doute rebuté les plus jeunes lecteurs peu familiers
entre temps consenti à présenter, dans les cahiers avec un vocabulaire recherché, pour eux
hermédes Archives de folklore, une version plus près du tique, qui est parfois bien loin de la langue
texte populaire : sous les titres « Trois contes populaire d’ici.
JEAN-PIERRE PICHETTEpopulaires canadiens » et « Contes populaires
canadiens (deuxième série) », six contes parurent
en 1946 et en 1948. Si l’on excepte « le Dragon
Aurores fulminantes (Les).
vert », un conte romanesque relatant la
Par Suzanne Meloche.
justification d’une épouse renvoyée par son mari
[Montréal], Éditions Les Herbes Rouges, 78, 1980, 44 p.
parce qu’il s’était trop facilement laissé convain- Illustrations de l’auteur (photos de toiles). (13,5 x 20,3 cm)
cre par les apparences de son infidélité, et « la A
Cette suite poétique, écrite en 1949, mais saisis-Belle Marie », un conte religieux mettant en scène
sante de modernité, a été publiée en 1980 auxune autre épouse maltraitée, elle aussi à cause
d’accusations fallacieuses, qui retrouve miracu- Herbes rouges. L’unique recueil de la
peintrepoète, illustré par des photos de trois de ses toiles,leusement ses mains et rentre finalement dans son
honneur, les autres contes de ce recueil appartien- est directement influencé par l’association de
l’auteur avec un groupe d’artistes et de poètes ànent véritablement au domaine du merveilleux.
la fin des années quarante. Suzanne Meloche, quiLe thème, si caractéristique de ce genre, de la
devait épouser Marcel Barbeau, cosignataire dequête d’une épouse pour le roi revient dans trois
contes. S’étant d’abord soustrait au pouvoir du Refus global, a fait partie du groupe des
Automatistes, a correspondu avec Claude Gauvreau et adiable, son parrain, au cours d’une fuite magique
orchestrée par un cheval fabuleux, le jardinier du pratiqué le surréalisme comme en témoigne Les
Aurores fulminantes. Ce poème puissant toucheroi est contraint de lui ramener « la Reine des
à de nombreux thèmes : l’aurore, l’éveil de laOrmeaux », ce qu’il fait avec succès. C’est encore
nature, la musique, les couleurs, la danse, l’amour,un prince métamorphosé en cheval secourable qui
aidera le jardinier à tuer « le Chevreuil merveil- la violence. Dans sa suite poétique, Suzanne
Meloche évoque « les délires de l’aurore » d’uneleux » qui dévaste les jardins royaux puis à
conquérir une princesse pour le roi ; mais comme jeune femme qui transcrit les élans pulsionnels
qui accompagnent la naissance du jour et l’accueille monarque stupide a succombé au feu qui devait
de l’amant, produit de ses rêves et fantasmesle rajeunir, c’est le héros qui l’épousera. Dans « les
sexuels. L’auteur a recours à un réseau de sym-Bessons », le roi tombera amoureux de la jumelle
du jardinier qu’une marâtre tentera, mais en vain, boles tirés, entre autres, des contes de fées, d’une
chevalerie de légende, du monde maritime, dude faire disparaître à tout jamais pour lui substituer
sa fille laide. Ce thème s’apparente également à spectacle de la danse, du cirque et du carnaval.
Elle utilise une écriture picturale où abondent lesla recherche de la fille du roi enlevée par
Lettre A 1 a 88 V4 f 75 8/19/10, 7:38 AMAu royaume de Nanabozho 76 Dictionnaire des écrits
images surréalistes, automatiques, les métaphores Au soleil du souffle.
fulgurantes, hallucinées, empreintes de violence Par Andrée Lacelle-Bourdon.
Sudbury, Prise de parole, « Les Perce-Neige », 1979, 42 p.qui font appel aux cinq sens et associent les règnes
(10,5 x 18 cm)végétal, minéral et animal. La langue du recueil
A
est innovatrice par l’imagerie, mais aussi par les Le premier recueil de poésie de la future lauréate
jeux de mots et l’envoûtante musicalité des vers du prix Trillium (1995) compte trente-quatre
qui s’enchaînent à la façon d’une litanie en de poèmes sans titres qui se regroupent en cinq
courtes phrases – souvent nominales – aux parties. « Au soleil du souffle » ne compte qu’un
sonorités puissantes. seul poème et sert de liminaire. La parole est
ÉVELYNE VOLDENG
« vouée aux êtres morts / [qui sont] gravés au
soleil du souffle », elle est devenue langue morte,
riche héritage légué à la vie. La deuxième partieAu royaume de Nanabozho.
du recueil, « Axe du lieu », est composée de treizePar Lorenzo Cadieux.
poèmes qui servent de point de rencontre à l’esprit[Préface de Guy Courteau].
dissocié du corps égaré, et à la Terre et sesSudbury, Société historique du Nouvel-Ontario, « Documents
historiques » 37, 1959, 48 p. Photos, cartes. (14 cm x 21,5 cm) composantes, la montagne, l’arbre, le pont, en une
S/R célébration de « la féminité de l’aube ». Dans les
Cet extrait de la thèse de doctorat de l’auteur douze poèmes de « La Plainte des os », l’âme et
(Joseph-Marie Couture, s.j., missionnaire de le corps sont unifiés mais non sans douleur. L’écho
l’Ontario-Nord et premier prêtre-aviateur
des mots, des paroles, « brouille la plainte des
canadien, 1885-1949), soutenue en 1958 à os », malgré le souhait « que l’égarement
s’él’Université Laval, porte sur le « royaume de gare » et que « vienne l’amour ». La quatrième
Nanabozho », cet immense territoire odjibwé partie du recueil, « Étonnement », est constituée
s’étendant de la frontière du Manitoba jusqu’à la de six poèmes d’où surgissent des songes surréels.
baie James. Quatre chapitres traitant du milieu Les deux derniers poèmes du recueil suivent une
humain, du milieu à évangéliser, des méthodes
page blanche, ludiquement ou ironiquement
d’apostolat et du résultat des efforts missionnaires, intitulée « Sans titre ». Le dernier vers du recueil,
amènent l’auteur à élaborer cet essai sur le milieu « je me poursuis », comme les premiers, indique
amérindien. Dans le chapitre sur le milieu humain, clairement la volonté d’introspection. Les
l’examen de la société passe par une description éléments hors texte suggèrent déjà cette
introdes qualités et défauts des Odjibwés [Sauteux], spection : le très petit point de la police, le petit
de leurs moyens de subsistance, de leur habitation,
format du livre, les fleurs illustrées en page
de leurs particularités vestimentaires, de la vie frontispice penchées sur elles-mêmes,
l’élimisociale, du mariage, de l’éducation et de leur nation de la table des matières, ainsi que le peu
système politique. Le chapitre suivant décrit leur d’espace accordé aux titres des parties. Or, c’est
religion, leur cosmogonie, enfin diverses prati- le caractère extrêmement concis et efficace de
ques et croyances, notamment le rôle de l’homme- l’écriture, de même que la présence très physique
médecine, du prophète, de la Grande Société de
d’un « je » qui célèbre sa féminité, qui font de ce
Médecine (Midewiwin) et du culte des morts. En recueil une poésie de l’introspection. La
ponctroisième lieu, il est question des méthodes tuation, l’emploi de la majuscule au début des
d’apostolat adoptées pour assurer un meilleur vers, les rimes et les titres, entre autres, ont été
succès d’évangélisation (connaissance de la sacrifiés afin de permettre à l’auteur comme au
langue, visite des missions, l’enseignement caté- lecteur d’aller à l’essentiel.
chistique, méthodes novatrices du père Joseph- LARA MAINVILLE
Marie Couture). Le dernier chapitre tente de
dresser un bilan statistique des résultats de ces
Aussi longtemps que je vivrai. Amour,efforts missionnaires.
DÉOF je t’amourerai. Recueil de poèmes.
Par Laurent Grenier.
Lettre A 1 a 88 V4 f 76 8/19/10, 7:38 AM77de l’Ontario français Au temps de Benoît XV
Gatineau, Éditions Claire Dumais-Sabourin, « Providence », La troisième lettre est consacrée à une excursion
1976, 40 p. Ouvrage agrafé. (13,9 cm sur 20,3 cm) dominicale à la tête du lac ; l’auteur en profiteR
pour parler des découvertes de mines dans laEn quatrième de couverture, Agathe Laurent,
région, des terres achetées par des Français impor-directeur littéraire, nous présente Grenier comme
tants, des projets du père Paradis pour supprimerun athlète moral. Après la lettre d’acceptation du
les rapides en aval qui nuisent à la navigation.recueil par Claire Dumais-Sabourin, on lit un
Dans la quatrième lettre, l’auteur raconte sespoème extrait d’un second recueil à venir, intitulé
occupations au début de la semaine : visites àÀ tire d’avirons. Le recueil contient vingt-quatre
Augustin Laperrière, à Farr, agent de la CBH, àpoèmes en vers libres, dont les isotopies
princiune scierie, à la résidence et à la ferme des oblats ;pales sont l’été, l’eau, le soleil, le sable, la fleur,
il assiste à un mariage indien. Le jeudi au matin,l’oiseau, la solitude et l’amour. Alternant entre la
il repart sur la Minerve, prend le train à Mattawan,tristesse et les élans de joie, la plupart des poèmes
et est de retour à Montréal le samedi matin 27de l’auteur, paralysé à la suite d’un accident
août. Entrepris dans l’intention avouée de réaliseraquatique, dégagent une sérénité venue de la
un vieux rêve et d’échapper au surmenage duvolonté de chercher « le bon dans tout ».
travail journalistique, le voyage se révèle vite uneDÉOF
occasion de louer l’entreprise de colonisation.
Souvent, il attire l’attention sur la beauté du pays
Au Témiskaming. Lettres de voyage par et ses possibilités de développement ; il met en
Joseph Tassé. (Reproduit de la Minerve). vedette des personnalités qui s’intéressent à la
Par Joseph Tassé. région : non seulement les dignitaires
ecclésiasMontréal, Imprimerie générale, 1887, 19 p. Texte sur deux tiques en tournée officielle qu’il accompagne,
colonnes. Microfiches.
mais des Européens comme Bonaparte Wyse ouR
les frères Reclus, un fonctionnaire retraité etJoseph Tassé, journaliste, auteur d’essais
histoécrivain d’Ottawa, Augustin Laperrière, Farr,riques, député fédéral (1878-1887), directeur de
agent de la CBH, Robert Bell, géologue célèbre,La Minerve de Montréal, ardent propagandiste de
tous garants du bien-fondé de la colonisation ; illa cause canadienne-française en général et du
souligne les progrès des moyens de communi-mouvement de colonisation en particulier,
cation qui ont considérablement évolué depuis lereprend, dans cette brochure, un ensemble de
temps des canots et des portages. Bref, il s’arrangequatre lettres qu’il a fait paraître, anonymes, dans
er pour mettre en valeur tout ce qui peut contribuerLa Minerve les 30 août, 1 , 3 et 23 septembre
à faire de la région reculée un pays dans la bonne1887. Les lettres datées (du fort Témiskaming,
voie du développement. Agréablement écrit, lepour les trois premières) des 22, 23, 24 et 27 août,
texte ne peut que donner au lecteur l’envie d’allerracontent un voyage Montréal – lac Témiskaming
voir lui-même sur place.– Montréal effectué entre le 19 et le 27 août. La
YVES LEFIERpremière lettre fait le récit du voyage jusqu’au
gr grlac, en compagnie de M Duhamel et de M
Lorrain, d’abord en « char-palais » du Pacifique Au temps de Benoît XV. Billets,
Canadien jusqu’à Mattawan (description, chroniques et souvenirs de Rome,
importance, développement de la ville), puis en Lourdes, Montmartre, etc.
vapeur, avec des sections en tramways. Dans la Par Ernest Bilodeau. Préface par Albert Tessier.
deuxième lettre, après un retard dû à une avarie Montréal, Imprimerie de La Salle, 1923, v-249 p. Illustrations.
(14 x 22,5 cm).de la Minerve et un début de nuit inconfortable
R
mais joyeux à la belle étoile, on arrive à destina- Ce sixième ouvrage du genre par Ernest Bilodeau
tion, soit la mission des oblats (rive ontarienne) reprend des textes que l’auteur a donnés dans des
et le fort de la Compagnie de la baie d’Hudson périodiques (dates et provenance sont rarement
(CBH) (rive québécoise) : messe, procession ; indiquées, mais on peut penser, d’après le
conhistorique de la mission depuis 1835 et situation texte, qu’il s’agit d’articles parus dans Le Devoir
actuelle (portraits de Nédelec, Fafard, Moffat). pendant et un peu après la guerre). Dans la
Lettre A 1 a 88 V4 f 77 8/19/10, 7:38 AMAutonomie provinciale 78 Dictionnaire des écrits
préface, l’abbé Albert Tessier tâche de justifier le Montréal, Éditions de l’Arbre, [c1948], 303 p. (11,5 x 18,3 cm)
Rtitre Au Temps de Benoît XV [...] (Benoît XV, pape
Les vingt-neuf chapitres de ce livre retracentde 1914 à 1922) qui apparaît d’ailleurs
diffél’évolution des relations fédérales-provinciales,remment sur la couverture : « Billets du Soir.
au Canada, depuis la Confédération (1867)Chroniques et Souvenirs de Voyages ». La
jusqu’à 1948. Le premier chapitre reprend, depremière partie, « Quelques Billets », offre
vingtfaçon succincte, les grands débats entourant letrois courts textes : l’auteur y développe des
projet de confédération. Grâce aux efforts dethèmes généraux, moraux ou religieux, en liaison
George-Étienne Cartier, le Canada s’est doté d’unavec l’actualité (fête de Noël, décès, faits divers)
régime fédéral où « la province de Québec,ou sa vie personnelle (souvenirs d’école,
comme les autres provinces, possédait tous lespromenade dans Montréal, son fils de deux ans,
rouages d’un État ». Les chapitres qui suivent (2etc.) ; la matière est surtout québécoise, mais
à 11) traitent des diverses mesures centralisatricesquelques textes touchent à Ottawa : « Le
préconisées par le gouvernement fédéral.“Droit” », « La Capitale », « Les Pauvres Gens »,
L’Ontario, sous le règne d’Oliver Mowat, a été le« Pensées de Noël ». La deuxième partie, «
Voyapremier à défendre son autonomie devant leges canadiens », présente onze textes racontant
Comité judiciaire du Conseil privé à Londres. Ledes voyages au Québec en des lieux que l’auteur
Québec, sous Honoré Mercier, emboîta le pas.affectionne particulièrement, certains étant liés à
Certaines circonstances, dont la Première Guerreson enfance ou à sa vie personnelle : lac
Saintmondiale, ont permis au gouvernement fédéralJean, Saguenay, vallée de la Matapédia, Gaspésie ;
de s’emparer de certains pouvoirs réservés auxattentif aux paysages, heureux de rencontrer
provinces (impôt sur le revenu). Pendant lesd’anciennes connaissances, le voyageur sait noter
années vingt et trente, le gouvernement fédéralavec humour le charme des déplacements, quel
tente d’introduire de nouveaux programmesque soit le mode de transport (voir en particulier
sociaux, dont un régime de pension de vieillesse,l’excursion en automobile à Percé) ; admirateur
conjointement avec les provinces. Ce projet,sincère mais non aveugle de la colonisation, il ne
présenté à la conférence interprovinciale de 1927,minimalise pas le rôle qu’a à jouer la grande
fut tenu en échec par le bloc Ontario-Québec.industrie dans le développement du pays. La
Mais c’est le projet d’assurance-chômage quitroisième partie, « Voyage d’Europe », regroupe
ouvrit la boîte de Pandore. L’intransigeance desdix-sept textes, des récits de voyages faits en
provinces force le gouvernement de William LyonEurope, surtout en France et en Italie, entre 1920
Mackenzie King à instituer une commissionet 1922. Au lendemain de la guerre, Bilodeau
royale d’enquête, en 1937, sur le partage desremarque les ruines mais note aussi la vie agréable
pouvoirs entre le gouvernement fédéral et lesqui reprend en Belgique et en France ; Lourdes
provinces (chap. 12 à 23). Au nom de l’effort deet Rome sont cependant les points qui l’attirent
guerre, King tente de faire appliquer le rapporten raison de leur importance religieuse ; il
Rowell-Sirois. En 1944, King convoque lan’oublie pas qu’il est correspondant
parlemen« Conférence du rétablissement » pour préparertaire, et s’intéresse aux mœurs politiques de
le pays à la période d’après-guerre. Le gouverne-Bruxelles, Rome et Paris. D’une manière
génément fédéral négocie alors des ententes séparéesrale, l’auteur, admirateur d’Arthur Buies dont le
avec les provinces pour appliquer divers projetsnom est souvent cité, sait très bien remarquer le
sociaux. Les deux derniers chapitres (28 et 29)détail caractéristique de telle région, croquer la
expliquent l’importance de maintenir l’autono-scène typique dans telle ville, et cela dans une
mie, notamment pour le Québec. Rumilly montrelangue très soignée et des styles variés malgré le
que le milieu de travail des fonctionnaires àcaractère répétitif de ce genre d’ouvrage.
YVES LEFIER Ottawa fait en sorte que c’est la mentalité
angloprotestante qui y domine. Voyant que « le Canada
comprend deux grandes races et quatre ou cinq
Autonomie provinciale (L’). grandes régions économiques », l’auteur prône
Par Robert Rumilly.
Lettre A 1 a 88 V4 f 78 8/19/10, 7:38 AM79 Autour de Borduasde l’Ontario français
l’établissement d’un parti canadien à Ottawa pour Par Marcelle Genné.
défendre l’autonomie des provinces devant la Préface de René Dumont.
Paris, Economica, 1991, vi-131 p. (24 cm)menace des radicaux centralisateurs.
RDÉOF
En étudiant le cas du Niger, cet ouvrage démontre
que la croissance trop rapide de la population
Autorité ou révolution. africaine par rapport à la croissance des
ressources, notamment agricoles, mène plutôt à la faminePar Gustave Sauvé.
[Ottawa, Éditions de l’Université d’Ottawa, 1938], 31p. qu’à l’autosuffisance alimentaire. L’auteur tient
(11,4 x 17,6 cm) compte des facteurs écologiques et des relationsR
entre les populations humaines et leur environ-Préparée dans le contexte où « le communisme
nement naturel : utilisation des sols (jachères etet la C[ooperative] C[ommonwealth] F[ederation]
organisation des espaces), zones écologiquess’identifient de plus en plus dans un même but de
déterminant la nature des cultures, mais aussirévolution », cette brochure, divisée en quatre
l’organisation sociale des villages chez les peuplessections, se veut un instrument de combat contre
sédentaires, ou celle des tribus nomades. Lesces mouvements révolutionnaires au Canada. La
organisations de développement, coopératives etpremière section, intitulée « le grand péché des
samariyas, de même que les administrations publi-gouvernants », traite de l’insouciance des
gouverques, sont décrites dans leur rôle d’aménagementnements vis-à-vis les partisans du mouvement
des sols. La seconde partie de l’ouvrage traite decommuniste. Celui-ci n’a d’autre but que
la stratégie de développement du Niger : plans,« [d’]établir la dictature de la classe ouvrière et
programmes et réalisations. En conclusion,la république des travailleurs ». Dans la deuxième
l’auteur voit dans l’agroforesterie le moyen desection, l’auteur exhorte nos gouvernements à
redresser la fertilité des sols tout en enrayant laprotéger la société de toute idéologie subversive,
désertification, en maximisant les relations entresoulignant que les bolchevistes réclament
les systèmes ligneux et les autres écosystèmes.« [l’]abolition des gouvernements dans chaque
JEAN-CHARLES CACHON
pays... par la violence et l’anarchie », ce qui
devrait suffire à justifier certaines restrictions à
la liberté d’expression et de parole. Cependant, Autour de Borduas. Essai d’histoire
les lois ne suffiront pas à combattre le commu- intellectuelle.
nisme si nos gouvernements ne parviennent pas Par Jean Éthier-Blais.
à « faire disparaître les injustices criantes sources Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 1979, 199 p.
d’impatience révolutionnaire ». La section (13,8 x 21,6)
Asuivante, répondant aux attaques de la CCF contre
Dans cet essai, Jean Éthier-Blais offre une inter-l’Église, entend dissocier corporatisme et
fasprétation culturelle et historique de Borduas, dontcisme. La dernière section traite de la Société
les écrits Refus global et Projections libérantescanadienne des droits de l’homme, en relations
constituent les pierres d’angle. L’ouvrageavec la Ligue française pour la défense des droits
d’Éthier-Blais débute par la vie de l’artiste, pré-de l’homme. Or celle-ci entretient des liens étroits
sentée comme une adaptation puis une lutte contreavec la franc-maçonnerie et ses membres
le pouvoir politique et intellectuel de l’époque.partagent les idées révolutionnaires. En fait,
Pourquoi, se demande l’auteur, Borduas a-t-il« sous prétexte de protester contre le fascisme,
refusé de continuer dans la ligne picturale quecontre le clergé, contre les organisations d’Action
son éducation et Ozias Leduc avaient tracée ? Lacatholique, ils ne visent pas d’autre chose que de
réponse semble résider dans le désir de s’affirmertravailler dans le sens des directives de Moscou ».
dans la modernité. Borduas accède à l’abstractionDÉOF
en 1938, entre à la société d’art contemporain et
participe aux luttes du père Couturier pour faire
Autosuffisance alimentaire ou famine place à l’art moderne. Ce faisant, il transmet son
en l’an 2000. Le Niger. désir intense d’expression à ses élèves de l’École
Lettre A 1 a 88 V4 f 79 8/19/10, 7:38 AM