Dies irae

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Le 29 décembre 1890, le massacre des Sioux à Wounded Knee marque la fin des guerres indiennes.


De passage dans la région, John Parker va faire une rencontre qui va bouleverser sa vie. Malgré les préjugés, il épouse une Indienne et deux enfants naîtront de cette union heureuse. Mais en cette fin du dix-neuvième siècle, ceux qui osent se mélanger sont encore l’objet de la haine et de l’incompréhension. Leur bonheur bascule brutalement dans l’horreur quand sa femme est retrouvée morte. Ses assassins ne seront jamais retrouvés.


Devenus adultes, la vie des enfants de John sombre à nouveau dans la violence quand le destin met sur leur chemin les meurtriers de leur mère. Déchirés entre deux cultures, rejetés par leurs peuples respectifs, ces jeunes métis, ni blancs ni indiens, vont devoir se battre contre les préjugés pour faire triompher la justice et trouver leur place dans la société.

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EAN13 9782368452646
Langue Français

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ISBN(Livre): 978-2-36845-263-9

ISBN(Eboks): 978-2-36845-264-6

ResponsableduComitédelecture: PascaleAverty
Directriced'ouvrageetcorections: iMaaPlu Di rina
Couverture/ ilustration(s): OliviaProDesign/ Depositphotos

Colection«Romans»

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l'éditeur,estiliciteetconstitueunecontrefaçon,auxtermesdel'articleL.35-2etsuivantsdu
Codedelapropriétéintelectuele.

MARIENOCENTI

RÉSUMÉ

Le29décembre1890,lemasarc siS eedà Wooux d Knundee
marquelafindesgueresindienes.
Depas vai que tronr aloigéd eg snaanu eercn aafri eParker vn, John
bouleverser sa vie. Malgré les préjugés, il épouse une Indieneetdeux
enfantsnaîtrontdecetc ne siaenion heureuse. Meu
tefindudixneuvième siècle, ceux qui osent se mélanger sont encore l’objet de la
haine et de l’incompréhension. Leur bonheur bascule brutalement
dansl’horureua q emm tses dnef auoéverrttr.e eom a Sessasinsne
serontjamaisretrouvés.
Devenus adultes, la vie des enfants de John sombre à nouveau dans la
violence quand le destin met sur leur chemin les meurtriers de leur
mère. Déchirés entre deux cultures, rejetés par leurs peuples respectifs,
ces jeunes métis, ni blancs ni indiens, vont devoir se batrecontreles
préjugés pour faire triompher la justice et trouver leur place dans la
société.

4

AVERTISSEMENT

Bien qu'inspirés en partie de faits réels, les personagesetsituations
décritsdanscett on srentmerepusfitcif etuoT .re eihtsiosemblance
avecdespersonautinoitd uos seesnte nexs taistêerq euasruia t e s
fortuite.

5

DÉDICACE

Àlamémoiredetousceuxquisontmortspour
défendre leur liberté et le respect de leurs droits.

CITATION

« Une nation ne’st pas conquise tant que le
cœurdesesfemmesn’estpasàtere.
Une fois que c’est fait, peu importent la
bravouredesesgueriersetlaforcedeleurs
armes.»
Proverbecheyenne

1

ne légère brise agitait les branches et les hautes herbes prises
mantUiasspsra eidsygae pan. Lmati du mul erèinadal s ne uussot ai
dansunétaudeglace.Quelquespailete’vn­og viers edes
lèrentdoucement,étincelantucel scéedm nisua­diels tslae d
épaisn ed ehcuoc eheur immaculée qieegd u’enb alcn e iumotstiapsel
contoursdesenvirons.Delourdsnuagesgriss’efcie lns, elhcoliad tneia
emportant au loin la tempête qui avait ravagé la région trois jours du­
rant.
Le jour se levait à peine sur la plaine encore silencieuse, comme figée
dans le temps. Les températures négatives ne prêtaient guère à la
promenade et rien ni personne ne troublait l’inquiétant silence qui
envelops tnse ,elelru setri dans n à l’abeiB .luecnil nu el tuxie les lita
soldats de garde ne virent ni n’entendirent l’homme aprocherdu
campement.Chaudementvêtu,ilprogresec des raqueia tvatesenbois
pournepass’enfoncerdanslaneige.
Unhennisementcraintifluifitet . aêtrel uonr, te rilunD’es gasura
sonchevalquiatendaitunpeuplusloin,cachéderièreuntailis.Il
jeta un coup d’œil inquiet en direction des tentes, mais personen’en

sorit ,e it,uibre dreairocne açnava’s lnt grenaEn p. saf enp d eraed
scrutantlesolavecatentiontoutensurveilant le campeme.tn
Soudain,sonregardachomm. L’ae s’athcnu ebmer eosa chrorêta,sa
respiration formant un panache blanc dans la froideur de l’air. Son
cœurs’ac’sana t’nsoel ,omib tmistann inta u resli te aréléprocher.
Mais son besoin de savoir fut le plus fort. Il s’avança un peu plus et
comprit que la tache sombre qu’il avait prise pour un vêtement était en
fait du sang. Une large flaque gelée de couleur pourpre entourait le
corps en partie recouvert de neige, et seul un bout de couverture qui
dépasaitindiquaitqu’ilnes’agis pit dasn ’uldsota .lIs a’acroupitpour
gratroc el renruotert dut egeei nla S noga.ev si sonvoirour ps per
cœurseserq tndnauueruemes daloouii’ l’sgaerçut qu il s’apsaitd’une
femme. Raidis par le froid, les traits avaient été figés dans une horible
grimacedesoufuq sidnat ,ecnarlvpu, seor tlee érisé par les caonsn ,
n’étaitplusqu’untroubéant.
Pris de haut-le-cœur, l’homme se détourna et vomit à même la neige,
souilson il ôta bmaltn,eanmanit erD’. e unacmméeulehcni ruas talb
gant pour prendre un mouchoir dans la poche de sa veste et s’esuyala
bouche. Haletant, il fixa son regard sur l’horizon jusqu’à ce qu’il se
sente à nouveau le courage de regarder le cadavre. Une colère sourde
balaya sa nausée, emportant du même coup les doutes qu’il nourisait
sur ce qui s’était réelementpasrdite to vis songa eLa. ag ré
natureldu mamene eaubet duxdot ’l tnave eudnetésacre.Latempête
avait enseveli la plupart des corps sous la neige, et il y avait peu de
chance de retrouver des survivants. Il remit lentement son gant,
déterminéàpoursuivresesrecherches.
Iljetaundernierregardemplidecompass ruinoefmml aque avi t ai
périsibrutalementetcontinuasaprogressans inoà t arevsrl arpiair e
sepréocar gs.depr A tèsd rerosésiamsed autoutupi luo,tia topvusi
bien faire partie des civils engagés pour retrouver les corps. Son sang se
figea dans ses veines quand il aperçut une main qui se dresaitdansla
neigeàquelquespasdelui.Ils’agenouilueasd uoecemtna utour eacrt

des doigts pour les dégager, dévoilant la peau nue. La main était si fine
et délicate qu’il n’osa continuer. Il prit une profonde inspiration avant
de tirer fermement sur le bras pour déloger le reste du corps de sa
gangueglacée,s’at rec enu à tnadnestanrésiine ertaembml eaMsiec .
cédabrusquementetilbasculaàl’arière. Ht ûlli f aexa ebév tcéé,déoig
bras dont l’extrémité déchiquetée était rougie de sang gelé avant de le
jeterplusloin.Ilcrutuninstantqu’ilalim.rS noc uœ rait encore vo
bataitlachamadetandisqu’iles ut .uQdnerlie na dit dayampree co
enfinreprissesesprits,ilregardaavecapuo r ertuop dan lnsheréions
tenter d’apercevoir le corps, mais il eut beau creuser, il ne trouva rien
d’autre.Iln’yavaitquelebras,ar par la puiéhcasancedescanons.
L’hommeseredresc, e chogardt reotru auaul id eaerocne ,el suos
pour chercher le reste du corps. Non loin de là, il aperçut une forme
ale de neiecouvertogneér gadér.geurpoa lerc asue egli tc un Avee
horeurgrandiset ,na qui, avec le u uep à emmef enouéc dileu pitvr
seulbrasquiluirestait,serorne ébéb nu eni nsdaé ulnoc ertp asrtioita
une couverture. La pauvre n’avait pas eu la force d’alerplusloinetele
s’était vidée de son sang sur place. L’homme tenta d’imaginer les
dernièressecondesdesonexistence,quandelpris qu’ea etiavmoc le
alia tomrurie tuqsoe enn ntfae nvrusarvip ti .saDélicatement, ilé actr a
lalaineraidieparlegeletunpeite aisagv pL .d et, barup raeliurfiol e
nouris gnas ed ehcanoue quelqâg, deé se ,téia sesamniaucune tt nu et
nemaculaitsonminusculecorps.L’hommeétouf a huonquet avant de
rabatb ra ealc uoient’éta les pasb etqsur .eun eCrtvee urund’es glesde
l’ennemiquil’avaientué,maisleblizavaient ige qui tel aenra dalab éy
la plaine ces trois derniers jours. Combien d’entre eux, blesésou
laiséspourmorts,avaient-ilssucaciad glol ?snad ébmiorf el
L’hommeseralespoingsetsenitsacolèreenfler avecunetele
brutalitéqu’ileneutlesoufp u-tlivaiale a el cntmeom Cé.upco
ariver?Pourquoiunetelefureurdestructrice?
Ceshommes,cesfemmes,cesenfants,cesvieil s’sadrne ttéia
rasuvsar,eu ril eerotrud u, l’espoir de vordnerperriopse eblemr ou pés

1
celuiquiguideraitleurpeuple,apse tnd Durae. Dancost l rahG aep él
joursetdesnuits,lestamboursavaientrésonque les ,ét naid s
danseursrestaientéveilfairour venie reru s telstp hcnas é setndcaenai r
lesmortsparmilesvivants.Ilel, ’hôtre dteent aiavs ebmahc as ed sudn
vibrantcommelesbat. Cela antesquee durcœemtsenlamigig u’d na n
ne l’avait pas empêché de dormir, bercé par le rythme lancinant des
instruments.
L’homme soupira à l’évocation de ces évènements. Arrivé à Pine
Ridgequelquesjoursauparavantpourafel udnetne tiaval is,reais tirs
résonner dans les plaines et avait compris qu’un malheur était arivé.
Ses craintes avaient été confirmées quand l’armée demanda l’aide des
civils pour transporter les cadavres des soldats et des Indiens. Mais la
tempêteinterompitlamacabreprocesal te st egien den ioioarchs
recouvrit le champ du carnage. Face à l’étendue blanche au silence
acablant,l’hommeprittouteladimensiondumasue tLa. reacir e
aurait pu être évitée si l’armée n’avait pas voulu désarmer le groupe
af pluvaiten ds riitelh’sosèd a rprsou jesrcmae d ehméa te élegiuq a’n
danslefroidglacialdel’hiver.
Des centaines de corps jonchaient encore le sol, enfouis sous la neige
et pris par le gel. Nul bruit ne venait troubler le silence de l’aube
naisl a eiserr anutancommte, sec civ emit ,sdaen hitmaom àge
étoufant sossnp uo rerdnous le.etrisin susple orcne tnatsni’l er
Maintenant,iluifal paraiten ettne tnes or s gesdearq tnl eu,ritava
s’aperçoivent de sa présence. Après un dernier regard, il rejoignit
silencieusement sa monture et s’éloigna à pied, tirant son cheval qui
s’enfonçait profondément dans la neige. Il n’y avait pas de survivant à
ramener.

Peuaprès,ilarivasurlapisteoùilavaitlaisésonchariot,cachépar
desarbustesrabougrisparlegel.Ilquit a’dequras sed orabtes,atela

1.Ladansedesesprits.Voirleglosvroue.agiae erif n'd n

son cheval, puis grimpa sur le siège conducteur. Mais il ne put se
résoudre à partir. Son regard se perdit au-delà des arbres et des
buis.tmene séschaualutbri h sertê f sniamuotsuc senoeg a à et il sons,
Une langue chaude et humide sur sa joue le ramena à la réalité. Le
chienquiata ltien situd s chat auemena avcâehalb uo sendait sag
détrese mmi lu. rehoL’tîam nos ed e réconfore et leasm naèitria t à
sourittristementetflates el os n alureencot en tourantcontrelui.Le
visageplongédanssafourrpmiangé ed noseuodanr alimete ure, il s’
bienvivantequilerasérénaunpeu.
«MonbraveBlacky,onrentreàlamaison.»
Pourtouteréponse,lechienluidonavigo un duplae euurcox eugn
ets’instalaàsespieds,lesoreilesdres istex eu yes ss,éep al tnaxif sfiv
àl’afûtd’unlièvreàpourchaser.S’archant à contrecœà ru as a
contemplation, l'homme prit les rênes et claqua de la langue pour faire
avancer son cheval. Il suivit la piste qui rejoignait Pine Ridge, croisant
aupasecorpe brcamar eu lntaneipeeriur stq arios che deagsionen
direction du campement. Sans doute pensèrent-ils qu’il était bien
matinal, mais il continua sa route, répondant à leurs saluts sans dire un
mot, son visage fermé et son regard sombre n’incitant guère à la
discusion.
Cet endroit l’opresaitetilus vu plde lite ’sléd erea iongt raad taiiu
réserve.Ilfitunarpour se ravitaiagis nrpniicap lmau aêtleretacheta
sufismeam dntpre sojeirulpsuin rr te pouionsovis tiaétd oifre Ls.ur
mordant, mais il était chaudement vêtu, et il serait à l’abri sous la
bâche. Dans le pire des cas, il demanderait à dormir dans une grange.
Maisilétaithorsdequestionpourluides’arvi en êterle.Sonbesoin
desolitudeétaittroppresant, il nev uoaltip sas eaur lemêestraux ,te
surtout, il avait besoin de se retrouver seul pour réfléchir. Toujours
silencieux,ilpritlecheminduretour.
Lavisiondel’Indiennequiseree tron cébéb nos tialepourle
protéger et tenter de le sauver dans un geste désespéré ne cesaitdele

hanter.Ilsesentaitencorenauséeuxeto léanLa. ittabr é erté nes tuê no
mortnel’efrayaitpas,ilavaitcombatdre, mais ruop éuneféd es tetu
uniquementdeshommes.Jamaisiln’auraitcrupos’uq p noiuelbise
tuer ainsi des femmes et des enfants en leur tirant dans le dos pendant
qu’ilstentaientdesemetà l’re . Saabriieder vis pnslearlardsprisdans
les tirs et incapables de fuir. Des êtres fragiles, victimes innocentes de
laguere.

Laguer tulp ed sert etns an aetitvaai f eadsnl sep alnies durait depuis
de nombreuses victimes de part et d’autre, probablement plusieurs
milet aix la psis ésgntrx téaietni rinuop am riers, man morbueglérl se
faire valoir les droits des Indiens. Ce ne furent pas des batailesrangées
entresoldatsetgueriers,maisdesatder vis aseuqurb elatus slages
indiens ou des groupes de colons. La plupart des traités ne furent
jamais respectés, tant par les blancs que par les Indiens, et des conflits
éclatèrent un peu partout. L’implantation de nombreux forts, ainsi que
ladécouverted’ordanslesteritoires indi,snetta rèri tne ndebromx eu
colons gagnés par la fièvre du métal jaune profanant sans aucun
scrupule des lieux sacrés de culte comme les Black Hilsoudes
cimetières amérindiens. De nombreuses tribus entamèrent alors les
hostlis t dens ecoloed srt ec noapsr édsai res dntsaiudnoc ,sét
chercheursd’oretatloadst .eC snIidétachements de sauqal tnd ses en
prétendaient que ces traités avaient été signés par une peiteminorité
dechefssansleconsentementnil'ap don aesrotiba ,uqbisu srttuers e le
signataires n'avaient pas compris ce qu'ils signaient, et qu'ils avaient été
corompusparunelargedistributiondecadeaux.
L’homme ne put s’empêcher de lâcher un éclat de rire ironique. Des
cadeauxmisérablesenéchangedeters deurrt, esc seevuoo’d D .rs ete
armesàfeu,desperlesdepacotilksihw eLlf el ,yu det, . kyiswheéau
desIndiens.
L’homme se souvenait encore des récits de son père, qui voyageait
très souvent pour négocier les ventes de bétail et avait vu tant

d’atrocités. Combien de fois avait-il croisé sur son chemin des
charognards qui se délectaient des cadavres humains abandonnés au
soleil brûlant des Grandes Plaines ? Il avait traversé de nombreux
campements désertés où des corps gisaient sans aucune sépulture, des
femmes,desvieilards,desenfantstuésparbalml au esieudestipis,
maisauslèches.ol cs onies dcés de ftransperreimre sted sef
L’homme grimaça à lé’vocation de ces ter quielbivé smenèstne
l’avaient profondément marqué. À l’époque, il était très jeune, et il ne
comprenait pas vraiment les causes et les conséquences de ces violents
afrontements.Ilserapleinl’t ourtsut aitian ua cnar hcusétériui qég r
quand des groupes d’Indiens étaient signalés dans les environs. Mais il
gardaitplusparticulièrementenmémoirelemas dreSae acdnC rek,
en 1864, au cours duquel près de cent cinquante habitants d'un vilage
indienfurenttuésparlamlic,oa rodaC lo eudmae lue qsiinsacrede
la Washita River, en 1868, où plus de cent Indiens périrent, dont onze
chefsdeguere .victLes étaimesuop tneiulp al res drtpaiie vlards,des
femmesetdesenfants.Ileutunsourirefugtia ldenà ifo éavtlo’c
batailedelaLitsed ouSietx e irs deciotalv im tp re quiHornBig le
Cheyennes, unis face au septième régiment de cavalerie mené par le
lieutenant-colonelCuster,quitrouvalamortàl’isuedescombats.
Autantdebatail mtariinstteenmebnrte sc.é EltèdndeK nna,tW usoee.
Àcet ete nthos d’ foià laisi d eemtnneitnus pee éensuf eas t’l ,mmoh
deculpablitnes es ,étna tocpmilecm lagré lui de cetetragédie.Il
resenità erèlocdragé’l s see dno drpfonoê eds une tre nse inte paus lu
compatriotes, et il se jura de faire tout ce qui était en son pouvoir pour
aiderlesIndiensàretrouverleurster.rN nnue rohl ues etep no ruo
soulager sa conscience, mais pour leur prouver qu’il existait encore des
hommescapablesdebontéetd’humanité,sansrien exigeren
contrepartie.
Devinant ses états d’âme, le chien lui donna des coups de langue af­
fectueuxpourluirapent stem triurit eosohmm .’Lneecrele as sérp te
gratasespoilsrêchesentrelesoreiles,s’att un regiranéb n ta drainac

d’extase.Lesanimauxétaientsesmeilt eiane tnoc eerpms, ils seurs ami
serespectaientmutueli que agysap el snad trofnréco du uisaIl ptn .eem
défilaitlentement,bercéparlepastranquile e du cheav.lL aebuaétd
l’immensité glacée qui l’entourait de toute part apaisa quelque peu ses
tourments malgré la bise glaciale qui mordait son visage.
Mais la vision du bébé mort dans les bras de sa mère ne lui laisait
aucun répit. Il savait d’ores et déjà que ce souvenir resterait gravé au fer
rougedanssoncœurjusqu’àsamort.

2

quelques miles de la réserve, Blacky se redressoa aiudet n
sautasurlesiègeconducteurengémis Surant. eohmm ,’lrpsi
À
arêtasonatagel tivr udte eius directiegard laiduqia tnoq ’uni
lecanidé.Lesoreilesdresées,lepoilhérisie ché, lparaien saitàla
fois curieux et inquiet. Ses gémiseemse nts altte ranvaeice dn
grognementssourdsetils’agitaitsurlebanc,s’aseyantetserelevant,
hésitant sur la conduite à adopter, en proie à une grande confusion.
« Qu’est-ce que tu as senti, mon vieux ? » demanda l’homme en
saisisantsacarabinerangéeàsespieds.
Ilvérfiqua e’l, puis i chargéeid trpdu ledcsne Le. ntmeem tianeibté e
chien bondit à ses pieds et fila hors de la piste en direction d’un
bosquet,latrufeauvent,toutenpousba stitestnemeio ant de p
plaintifs.
«Alq ’uno,secq se-t y au’il s’é ? » a’lotnn,ep ohmmoutueu c de mier
cetétrangecomportement.
Habituelet nrépmnemaac te lm etmene,ts noc mopagnon était d’u
joyeux,etexcelurcon So. îtrorc as te egachieent eusedd g ra ned
bravoure l’avaient tiré de situations dangereuses à de nombreuses
reprises, et il n’avait jamais agi de la sorte. Son aituden’indiquaitpas
un danger à proximité, mais il resta néanmoins sur ses gardes et le

16

suivit en tenant sa carabine prête à tirer. Redoutant un piège, il se
retournaplusieursfoispourvérfierquepersona’n
erivaitparderière,maisilétaitseulaumlieu des étendues esuegien iuq s
masquaientlereliefdupaysage.
Ar à tyobas ykim e, etacBl bduquos itant laer en ag en ivéure bord
queue, puis il s’enfonça dans les branchages et commença à creuser
danslaneigeàl’aidedesesdeuxpat.serueiréts ane
Iladûflairerunlièvre,songeasonmaître.
En quelques mètres à peine, il fut en nage malgré la température
négative.N’ayantpaspenséàchausersesraquetes, ils e’fnnoaçti
jusqu’aux genoux dans la poudreuse et chaque enjambée lui coûtait un
ef iortanesque.Ilfutentméi lis gesurtoma, d er-imeed éiaf sements
desonchienaiguisèrentsacuriositéetil tt uoiojer e péngnitmentible
en pestant à haute voix. Cela ne pouvait pas être un lièvre. Peut-être un
animal plus gros, comme un chevreuil ou un cerf, blesé.Oubien…
Deshurlementsaigusinter ompiixelfér ses tnerui qurpea Ls.on
émanait de ces cris indubitablement humains lui donna la chair de
pouleetsescheveuxsedressut enèrêt tsar p enU .eiusantemontée
d’adrénalineluifitac ruop egien alit dans il bond eap stelérérel
rejoindresonchien.
Lorsqu’il parvint enfin jusqu’à lui, l’animal se tenait en arêt,laqueue
dreséeàl’horizontale,lepoilhérisus éihcé’l r ntie et ine, ognal gr
réponse aux invectives aiguës qui lui parvenaient de la cavité qu’il avait
miseàjour.L’hommeposaunemainras sur eonolnce urnarus etet
s’agenouiluop lI .rueirétinl’à r deareg ropruét s sôc àesa sauncride
surprise quand une ombre se jeta sur lui et il ne dut sa survie qu’à ses
réflexes.Sonarmeluiéchap desans e maili ttue p à eniee lmptedes
s’écarter pour éviter la lame étincelante d’un poignard que l’ombre fut à
nouveau sur lui. Criant d’une voix hystérique, ele legrifa
sauvagement à la joue de sa main libre tandis que de l’autre, eletentait
de le poignarder. Blacky couina de surprise, puis il se mit à aboyer en
tournantautourdesdeuxcorpsquilutaient,es om eerdryaa dnt

17

l’ateusi rrs àdelu pl sniv euqalad achoire cis sa mâautn .aMqases epri
tant l’ombre virevoltait avec rapidité, en rythme avec la lame
étincelante,dansunbal neiyobaed aulp metteor Ll.che eb sle,frustré
de ne pouvoir aider son maître. L’homme résista de toutes ses forces
pour tenter de désarmer son adversaire, mais il était plus rapide que lui
etd’uneaglifois,autésurprenante,semblantpartoutà lasi
insaisisablequelevent.Chaquefoisqu’ilréusisaitàempoignerun
boutdevêtement,sonasailantsetortilhat écit eapaitàsapoigne.
Soudain, il cria lorsque des dents se refermèrent sur son cou et, par
réflexe,frapnisg xop rafp uoa de deu ses nU .chlâe irseri per
glapisrueli’l ed tuod sue cesornf qmaeitnp rounoesmpea av se té et il
dégagearapidementpoursemetrehorsd'at eedietn a sonsailant.En
haletant,ilseredresaenapmeor fla ui sur ses geonxue teragdr a
couchée dans la neige qui se tenait le visage à deux mains. Efaré,il
s’aperçutqu’ils’agischs euevnox s irhcacneia ta’uneit dem .f meolgneS s
sonvisage,maisilsutàcetinstantqu’ils’agisaitd’uneIndiene.
« Qu’est-ce qui vous a pris de me mordre ? » sé’cria-t-il indigné en
presantlamorsurequisaignait.
L’Indienepousaunrugises pieds dnob te s rus ti dntmeeurrefue
poursejeterànouveausurlui,maisillarepousad’uneviolente
bourir. E snel a’taerf reisana fae, ladqus le, geei nla snad relucsab tle
bait t es de mesnsaiemeud tnnérfqitémbja pesr ou dsegagé ,resiam
elle Ma. ntmea srélg,rueluod tnaved e s’enfonça encoerp ul srpfonoéd
comique de la situation, l’homme se mit à rire, énervant encore plus la
jeune femme qui se mit à l’invectiver en sioux tout en se débatant
pourseredresai elrirer ,’lohmm ees. Pris d’un fou satomberdansla
neige et la regarda faire, incapable de retrouver son sérieux.
Étonnéparsasoudainehilaritéalorsqu’ilsebataitencorequelques
secondesauparavant,sonchiencesaas’t niv te reyoba’d seoiràcôtéde
lui,nesachantqueleaitpot saal c emar. Eoptee adud eesohmm ,’lfnni
sesyeuxbleussurlafuriequiavaitabandoneitrap ar el te itdaaérelg
d’un air furieux en se tenant le nez. C’est alors qu’il réalisa qu’ele
saignaitetqu’iluiavaitprobablementcas eeslIs ze .eln é intausitôt

18

honteuxd’avoirfrapéunefemme,mêmesieleavaitentédeletuer.Il
se remit debout, levant les bras en signe de paix, puis il s’avança vers
elou pl’r deaià r eeudnet se ,ses dnt smaineux leveesr eDavre .leeutun
mouvementderecul.Danslabataile,elgian nopte dr ,ait e avu soperd
elepliasesdoigtscommedesgrifneçana tottue nes d’un air m
vociférantdanssalangue.
« Je ne vous veux pas de mal, je veux vous aider, dit-il d’une voix
douce en avançant d’un pas. Blacky, va, montre-lui quo’n est des amis. »
Le chien obéit et se mit à avancer en rampant sur le ventre, tout en
gémisantdoucement.Avecprudence,ilap sed uaesuon mha sroc
mainstenduesprêtesàgriferetlesléchaàpeitscoupsdelangue.
Surprise, l’Indienne retira vivement ses doigts et regarda l’homme d’un
airétonné.
–Ami,répéta-t-il.
–Non! Lesblancssontnosennemis! cracha-t-elne e el sifulantdu
regard.
– Non, je ne suis pas comme les autres. Je suis désolé de ce qui s'est
produit.
Sa voix rauque le trahit et lé’motion qu’il avait resentieenvoyant
l’Indienne morte avec son bébé le submergea. La douleur dut se lire sur
son visage, car l’expresef e emm al nuejt.ads’ciouion de
– Désolé, répéta-t-il en lui tendant les mains plus près.
L’Indienehésitaàluifaireconfiance.Eleti éc vas la danarda reg
comme pour trouver une réponse à son dilemme puis, finalement, se
décida.Sanslequiterduregard,els’ag en ritis erpiasnsem pant
fermementauxpoignetsetselaisahisde son trou. Ereh ro slese
retrouva debout face à lui et dut lever les yeux pour le regarder.
L’homme la dominait d’une tête, ce qui était plutôt rare car eleétait
trèsgrande,etcelalasurprit.L’hommeap aasm ia noprue chrosuyer
lesangquicoulaitdesonnez,maisel.ec enuqalsaus’u da lpeore
«OK! OK!el samnil vena tit-il en free dneig sens dtion.Jevoulais
simplementvoirvotrenez.Jecroisqu’ilestcasé. »

19

Tout en parlant, il détacha le bandana noir qu’il portait toujours
autourducouetleluitendit.
«Tenez,es Il ous.ez-vuysèp srt tap’nses aiesc’prro me,uq e eot tc tu
j’aiàvousproposer.»
Lajeunefemmeleregardad’unairinter lea rvogp ,ruetaesbo siu
tisuavecméfiancesansoserletoucher.L’hommeaprochalefoulard
desonvisage,fitsemblantdesepresdnet iul el li t ez,nee lerit de
nouveau.Unelueurdecompréhensionil txeu esrieon s any semiule
s’ensaisitd’ungestevifpoursel’apel rus e.egasiv liquer en boul
Peuaprès,ungémisrseuu dro pndfomeneru d tos parleur desvint
trou, et Blacky jeta un aboiement bref avant de se faufiler à l’intérieur.
L’Indienepousauncrideter fit signe que tamsil h’moeml iu rtuu o,e
alaitbien.
«Blackyvaaider.»
Lorsquesonchienresoritquelquessecondesplus tard,satrufe
étaitmaculéedesang.Ilgeignitens’asnaveos tayed tnair , l’îtren ma
supliant.
«OK,j’aicompris»,soupiral’homme.
Àquatrepat’lni r àt uos not en toueur,téri,se ser tnat àlafiau fsel i
prudent.CeteIndien aui lur punc ve­iop sah sén a’avti jeter sité à see
gnard, et rien ne lui prouvait que l’autre personne bleséenefûtpasar­
mée.Ils’arêta à uqleuqsec neitèmeviroqu recroemalf d ertseléepour
garderunedistancedesécuritéetatiednti pour laseràsesyeuxle
temps de s’adapter à la pénombre. Il s’écarta légèrement pour que la
clarté du jour éclaire la personne couchée et il croisa le regard fiévreux
d’un homme. C’était un Sioux, à peine plus âgé que la femme, et il en
conclutnaturel lenree ­del ’iqut enemeds ig rs a’avtiIndi. L’pouxon é
gardaitfarouchement,prêtàcombatt enemèr sare oprud fénerd ehc
vie: d’unemain,ilpres emtn ,eda obdnmaait épa sonuq ilu eantiasgi
l’autre,iltendaitunpoignardd’ungestedis.fauis
« Je vais vous aider », murmura l’homme en levant les mains pour lui
montrerqu’iln’étaitpasarmé.

20

Ilavaitlaisésacarabineentrelespatiuq iev es de son chien,laitsur
l’arme au cas où il prendrait l’envie à la femme de s’en emparer. Mais la
jeune Indienne regardait anxieusement ce que faisaient les deux
hommesetneses’intéresapasàl’arme.Elulait pas prendr el een eov
risquedetirerdansl’obscuritéetd’at sonndrepagn com doineà éj
blesé.
L’Indienl’invectivaensioux,luisignfiatnd e nos tanitagn eirrtpa
arme en direction de la sortie, mais l’homme ne’n fut nulement
impresionné.
« Si je m’en vais, vous mourez.Sivousmelais suov ,rez vaideous
vivrez,etvotrefemmeausi.»
L’Indien secoua la tête et brandit de nouveau son poignard d’un air
menaçant,maisillaison sermbtorea na n.grouregl unoed seadr bt
L’hommeatnoblple peut uniane xtéiSuoeL s. itndeor mt e ,ral tte eeif
leursemblaitpréférableàlaredtion. Irpmoc er erdneitvadel ai fui l
qu’iln’étaitpassonprisonnier.
« Je suis venu en ami. Je suis désolé pour ce qui s’est pasé.C’est
terible,celan’auraitjamaisdûseproduire.»
Ils’interompit,guetidnIa neuq t’l eitva atnu indiquann signe
compris ses paroles et, quand ce dernier acquiesça, il continua.
– Nous ne sommes pas tous comme ces soldats. Je respecte la vie. Je
respecteceteterot v presiinue qa ,esignant il en déojtu-a-tuelp,ea
d’un geste lo’uverture nimbée d’une lumière grisâtre.
Après un long silence, l’Indien parla alors d’une voix très rauque.
– Je te crois, homme blanc. Je lis dans tes yeux que tu es diférent.
SauvePlumeLégèreetlaise-moimouririci.
–Non,tuviensavecnous.
– Ils vont nous retrouver et nous tuer comme des coyotes. Et toi
avec.
–Jeprendslerisque.
–Pourquoifais-tucela?

21

–Parcequelavieestsacrée.
Son regard se perdit vers le ciel gris, le temps de songer à tous ces
morts qui gisaient dans la neige quelques miles plus loin. Repousant
l’imagequinecesernthae eg ril, rel ed tiaerva obss plul I’raad ntednei
atd’t incet aiétt uc ne uaednab nuses ent ivementrfnooS nst .rtiair
maculédesangquiretenaitsescheveuxausas uqi eol t sgnion e sr
compagne. Sa joue portait une longue estafilade rougeâtre et enflée,
sonépaulesaignaitencore,maismalgrésables itsaai fleie quur
visiblementsouf ini nuqtneim iat unavai il rir, e .tcs lI rlepeesirspt ai
demanda comment ils avaient pu tenir avec seulement leurs tuniques
de cuir et une couverture avec le froid polaire qui régnait depuis
quelquesjours.Ilhochalatête,impresione dé pral ue racapicét
résistance.
–Tuviens,répéta-t-ild’untonsansapel.
–Oùnousemmènes-tu?
–Chezmoi.Jeposnur nahcdè eues mile à quelqtnom.’d segdE
– C’est loin, je ne tiendrai pas à cheval. Emmène ma sœur.
–J’aiunchariot.
–Jemourhcuod reos elielad’i i ic clened u’env io x, déclara l’Indi
faible,jeperdstropdesang.
– Peut-être, peut-être pas. Veux-tu tenter ta chance ?
L’Indien ne répondit pas. Il ferma les yeux quelques secondes, puis
les rouvrit brusquement et planta son regard dans le sien avec une tele
intensitéquel’hommeblancfrémit.
–Sijeguéris,melaisreu rtpa pirr ougnevm rep nolpue
e?resatL’hommeleregarda,surprisparsaréponse.
– Tu n’es pas mon prisonnier. Tu es libre. Quand tu seras guéri, tu
pourres injoasa ,edp ne prèsegarme rut euq ea saref s lee dr Cs.enti
tant que tu ne t’en prends pas à ma famile.
L’Indienacquiesçaengrimaçant.
–Jeviens.

2

– Je vais chercher de quoi te tirer jusqu’au chariot.
Aprèsundernierregardpourl’hommeblessoesir, é rilt snor à luce
et se retrouva nez à nez avec la femme sioux quand il se remit debout.
Ils se jaugèrent du regard durant quelques secondes, puis l’homme se
détourna et retourna au chariot. Son chien fit mine de le suivre, mais il
lui intima l’ordre de rester as serporps ses an dntharc namtue .oTsi
traces,ilsenitI’dneira dedl le regn alem el sodc ter sun sopee r seti
malàl’aise.
Une fois sur la route, il jeta d’abord un coup d’œil aux alentours pour
être certain d’être seul et chercha de quoi fabriquer une civière. Il prit
une bâche huilée toute neuve, plusieurs cordes, une couverture, et il
mit autour de son épaule une sacoche dont il ne se séparait jamais.
Enfin,ilchausasesraquetesets’asoveié attil bier avant de rauue qa l
rejoindrelesIndiens.Person eenv neà nU .uoc ’d p liœt air su plateis
samontreluiaptiq ré at’uli lI .seraf iulà éj diteu hufnelaitsehâter
avantqu'ele ne so se itea’rbà l ruane mmtore. éehoL’qérftneut ti por
mit à préparer la civière improvisée sous l’œil intrigué de l’Indienne,
qui ne perdait pas de vue un seul de ses gestes. Il plia la bâche en deux
puis l’étala sur la neige avant de pas re siœan dles cladeorletsdel’une
des extrémités pour fabriquer un harnais de fortune. Une fois prêt, il
s’adresel snad .uort con sntongnpaoma avq iujeiotir à l’a enneIndi
«Jedescends,restezenbas.»
L’Indienoc aertn al orape psequlalailui uo regp n ie iedserplusde
place. L’abri était exigu et, en se tournant, son bonnet s’acrochaàune
branchequidépasétairou fait eni lg tnul It.aiçueraps’ srola tt el euqo
construitavecdesbranchagesau-desus d’une cuvetten taruelequela
tempêtedeneigeavaitachevéderecouvrir,metxued les nsi t aian
Indiensàl’abridublizard.
D’ungestesûr,ilglisaunecordesouslesais emmelb de l’hoellessé
etlepostia nn tlaorit el riovuop rs lu perevsrég eidirtê e poutureuver l’o
facilement hors du trou. De la main, il désigna les pieds de l’Indien et
fitsigneàlajeunefemmedelesatraper.El ahcoh e etêt alne t s teim e

23

posting séché on.n zeS noasgin elu pitnas ai ms,cuoc enuas ed eh
maculaitlebasdesonvisage.L’hommeblancresroit,puisiltira
doucementsurlacordepourhisr à s ail’enU iof irét.ruel’exn à ndie l’Ire
libre,ill’empoignasouslesaiselef enueje el emmisndtas a lue q
soulevait par les pieds et ils le déposèrent sur la bâche avec douceur.
L’homme défit alors la corde avant de se pencher sur la blesurequi
avait recommencé à saigner. Il grimaça à la vue de lo’rficedelabale
qui avait perforé l’épaule avant de se ficher dans l’omoplate.
–Ilfautd’abordextrairelabal pci’i dasrrou m ,utnino.eS ,ue
déclara-t-ilens’acroupisantàsahauteur.
–D’acord,fais-le.
Toutendisantcela,ilore enc sa dansuqi’ra danti lett dien tgnoi pleiu
main. L’homme blanc s’en empara et lui jeta un coup d’œil apréciateur.
La lame au tranchant impitoyable s’insérait parfaitement dans un
manche en bois finement sculpté d’animaux et de feuilesdontles
nervures délicatement ciselées témoignaient de l’adresedusculpteur.
Avecrespect,iluiuis il q p àsapodée p ,niam ed eétrotasavesteetson
pulr es ed ibahtirer re pr oua estnavc asimehlvis rè touTr. te ,lbeére
l’Indienne détourna les yeux et se mit à quatre pattes pour rechercher
le coutelas qu’eleavaitperdupendantsalutL .e ara léchime d’hom
chemise de manière à obtenir de longues bandes de tisu; ensuite,il
soritlat os pes v eted eras eétniueira pochue tal de leue némenf alqs a
àcôtédubleséquisuivaitatEn. esstges ses uot tnemevitnetre-temps,
la jeune femme avait récupéré son arme et l’homme lui fit signe de la
luidoner.Elnorf ne sel tnaçuacosee tetêa lr ,ssufeuos licre t an sde
retrouver à nouveau désarmée, mais l’homme insista. Pour mieux faire
comprendre ses intentions, il mordit dans le poignard de son frère tout
enmontrantdudoigtceluiqu’el inss un tantitnatee ememref èrpA .tn
d’hésitation,elnt urenaen peds sip àeste aeelj t fie liuq ecoréf ria n
sourireetalas’aset ace utre côtr de l’aeioai f freurpoui livic erèed é al
lesurveilmerciement,er.L’hommehochalatêteen signedere
s’agenouilaàcôtédubleséetsorit as ocas ehicu geinaude leetdufil.
IlcroisaleregardétonédelajeuneIndienne.

24

«J’enaitoujourssurmoi.»
Quand il fut prêt, il compara le tranchant des deux lames avec son
pouce,gardalaplusafde bouche e etûtéut’a crela p lçanaveal tetuod ua
l’Indien pourqu’ilen mordelemanche.Cequ’ilfitdansun
claquement sec de la mâchoire. Son regard se fit plus dur, indiquant
qu’ilétaitprêtàafleur. L’homme blrnoet rald uo cnaimdas ar no
courage et sa détermination. D’un signe de la tête, l’Indien lui signfia
qu’ilpouvaitcommencer.
L’homme découpa soigneusement la tunique dont il écarta les pans
pourdégagerlables’l eclauupsier ,fit il er dcoulolsurlalameavant
d’entailerlachair.L’Indientresplt dior ma,utahcnam el trof su e en
ser dresee detut’aam ,n silf sscna lesante poura tedp gn sp iosaaucun
gémisement.Stoïque,ilsuportavailtout en douleur tnem al ma
fixantlevisagedel’hommeblancocala bire artxe à épule.Concentré
sursatâche,ilneluiprêtapasat ed nteoi,nm ia slis netait l’intensité
son regard. En face de lui, la Sioux observait avec anxiété chaque geste
del’hommeblanc,commesielecraignaitqu’ilpuiseatenteràlavie
desonfrère.
Enfin,ilbranditriomphalementlabalil nettoya dans n alegiee.q ’u
«Celaferaunbeautrophée! -il ta-ta moen l»mmne ,oca tnartn u
guerier.
Celui-cihochalatêteensigned’asexsaage vis, letnemitne .gneu
L’homme la mit dans la poche de sa veste, puis il se rinça les mains
avec des poignées de neige, maculant sa blancheur d’une traînée
rougeâtre. D’une main qui ne tremblait pas, il enfila le fil dans l’aiguile
et commença à recoudre la plaie qu’il avait auparavant copieusement
arom ttidramire ect fi gland’In ieihks.yL és eedw ole sefp ulne tmrme
manchesanslequithoL’. uxupcoe mmeey sed r aelf li ,arosaencore
d’alco tu yaan rtndeeaddraesnalavee aulpf ,eiu qssi’ sà lovnel
l’Indien. Ce dernier refusa en secouant la tête. Il versa donc le reste sur
laplaie.

25

Ilrangealabouteileetl’aiguild aenrôatvde' t aticél del tnemerangiop
delabouchedubles forcer pour ém câ .aSirhoéte t ai csipsirq eéli’utud
ledégager.L’Indiendégluit ceva dificultéetpasasalanguesurses
lèvres gercées. Surpris, l’homme blanc remarqua que le manche était
intact et qu’aucune empreinte de dent n’avait marqué le bois. I lerendit
àsapropriétaireetneten a.egievA el cl’a traudae lnsyod ednse sab
tisu,ilfitunbandageseréetrabaits an pes lur le inuq eopedl aut
couvrir.
«C’estfini.»
Pendantcetemps,sonchienavaitmontélagarde,alongésurla
couverture,lemuseauposésursespats ,tnava sent auivatentivement
le moindre de ses gestes. Il se leva à contrecœur quand son maître tira
desuspourlechasve Ar.edeail’c l’home, mme alj d ef meueen
envelopaleblesédanslacouvertureetrabait l’uq liâb a,ehc
maintintserée a eocuartnu eev cil, teuins Ee.rduahc sasesraquetes,
enroula la corde autour de ses épaules et commença à tirer la civière.
L’animal leur emboîta le pas en marchant sur la trace laiséeparla
civière, ce qui l’empêcha de s’enfoncer dans la neige taséeparlepoids
del’homme.L’Indienpuré auaer cé q iucoa ltéretueruved dnof ivac al
lesavaitprotégésdufroid,ramas eoctuae ued heocin a qsi lueal acas
sonfrère,etlessuivitjusqu’àlaroute.
À deux, ils l’instalenèrnemelbatrofnoc td du chat au fonirto .
L’homme tendit une autre couverture à la jeune femme et lui fit signe
desecoucheràcôtédesonfrèrepourqu’ilpuisraba etrelabâche.
–Ilfautvouscacherjusqu’àcequenousarnoivL .ss seadlots i
patrouilentencoreàlarecherchedesurvivants.
–Oùnousconduisez-vous?
–Chezmoi.
Malgré ses réticences, l’Indienne s’enroula dans les couvertures et
s’alt vi, ui qrerè fons ertnoc aegnoavaies, forcres nrèi sed eesédd
sombrédansunsommeilcomateux.Ele garea rdcevagna iosela
bâchequis’abaitsureux,lesplongeantdansl’o bscurité.Seserant

26

plusétroitementcontrelui,ele rsmae posa sonb ar sus ros notsif,
puisantlecouragepourafronterl’incon lesdansu ab tements
rasurantsdesoncœur.Ausuobmq srel eat s ui iosrusdliers qu et régu
résonnaient le soir au coin du feu dans le campement, ils décrurent
doucement jusqu’à n’être plus qu’une faible pulsation. Sa survie ne
tenaitqu’àunfil,ausui de l’araignéeq iut iinif euq lec sesatoile.
L’hommes’instalcondège ur, ucte éapmiticayk rlBs ais el ruir tq iur pe
sapostisua lar ébs’nlrarahc toite , el favoriteon et.p si

27

3

lleurfalp etnaviager ruolae uttosut ui nj uo tale tnreéu el reng
laréseIgeanunr , vererif slih enu tn poualteposer rec eh reltem av l
ranch. Aux alentours de minuit, après avoir cheminé sans
rencontrerdedif méseuajiltcuu end sier steà tance sufisantede
morceau.
La jeune femme émergea de la bâche en grimaçant, le corps endolori
pardesheuresd’immoblire, descend’liaadà ’Lohmm e. idro fles an dét
puisilrasade neux et eige unscrn oi bdas lbmeud alumaunfeupour
faireducafé.Pendantcetemps,l’Indieni’osald ee srièreunbosquet,
tandis que le chien flairait une piste de gibier et disparaisaitderière
un monticule de neige. Quelques minutes plus tard, l’homme tendit à
l’Indienneungobeletdubreuvagechaudacpagné deomd ep ia nte
fromagequ’eleac agne n si d’uiant,es arditê eedt ecremer el ne atp
fiertéainsiquesaméfiancenaturelntha’a dee’l cêpmpréciercegeste
simpledepartage.Discrètement,ils’aphaocrn soe doujours frère, t
inconscient,etvérfi .er noS tiaocneils’iv va amsiel ,faibait s étpoul
régulier.Ilavaituneconsitluo st en eodiitsuubor entesepropreàson
peuple qui augmentaient sensiblement ses chances de survie. Il avait
résistéàtroisjoursdebliz uecavd artrevuoc elues en de uiseen gure
protectionalorsqu’ilétaitgravementblesé; rait bieil tiend nneocer

28

quelques heures à l’abri dans le chariot. Ensuite, sans dire un seul mot,
l’hommeéteignitlefeuenrabatige a nede lant siu liecavon sie p pd,
s’enrouladansunecouvertureets’instalqnab al eutrn eades eravte
tandisqueBlackymontaitlagarde.
Indécise,l’Indien ,tnommi nu emomlas ui nlebian d t regardae le
glaciale,longueetfinesilhouetnemetiorté eloveent péedanssa
couverture.Elx eursvee lelcisbo ruclioved éges nuaet eelavl sey
cherchalefaiblehaloquindiquaitlapostié ig fitaté tuoT l. eedn unlo a
par le froid acéré qui régnait au cœur de la nuit, plantant ses grifes
mortelesjusqu’àlamoela’s tiarrerutnevie vteouse oui qe de t ces par
températures polaires. Un profond silence régnait sur les environs,
empreintdu calmedel’absence.Absencedebruit,absencede
mouvement.Mêmelechevalsommeilia,t baissée la têterap al av ,ucni
fatigue.Elcre le oisard dregaudc ro éq iuihneittaon mrdgaa l xua e
piedsdesonmaître,lemuseauposésursespatserues ,nt aieér
sentineldnerd naeg.rR a b àdionaur oi mlos iatip ereetêrsuréeparsa
présence,elabaraoi uhcsnr tas aiaugéf dndfou r es etretotalementla
bâcheetfixalavoûtecélestepourgueterl’aprtaion,mêmebrève,
d’uneétoile.Enfrisonant,plusd’apd nit’ecsnnroeiiérehtudeque
defroid,eletentadefuirlesimagesd’horq iuerul a’sailaientsans
aucunrépitetsedemandasielepouroublier ecait tejournée
marquée au fer rouge dans ses pensées et dans sa chair ou, du moins, si
elecesueelque qtenumis i ,arreessn eepne ueqd etci-atr urb,sa iu t
asourdisans cat de qls suirée rcpesnon te sedisuf part tuia tneé hc oed
et d’autre du campement, aux cris des siens qui tentaient de fuir, aux
plaintesdesagonisants.Lespoingsserareg eted ede colèrés
contenues,el ouq ig raebstida ont lnéme xuey se strevuosus xéfial hler
luisaitfaiblementdanslevainespoirdechas quiemarr e ccechau
l’asaild naqseu tujia Dl.eimmson sos a’s ed etniarc esoupir,ele
s’interdit de cligner des paupières, jusqu’à ce que des larmes de douleur
etdechagrinruiselentsursesjoues.El dormaite ne sap st uoojru
quand, après une heure seulement de repos, l’homme se redresaet

29

claquadelalanguepourrepartirvailammentàl’a
miles.

sautdesderniers

Àl’aube,ilsarie tnerèv d àinnftinatiesuos ssivnelbimihe in,. on cLe
le manteau neigeux qui s’étendait à perte de vue, était indiqué par un
pannerteé .uS reni drcaenail’t xuedtop enreuq s u àepdns suobsi en eau
la pancarte qui se balançait doucement en grinçant était gravée en
groseslethes lancessc rbil’irn n «tpoievuniBnean Raue kear Pch .» r
Au loin, les branches de quelques grands arbres solitaires perdus dans
l’immensité des pâturages d’une blancheur immaculée ployaient sous
lepoidsdelaneigecommepoursaluersonretour.
Pres rdetrené sep emmosèrpa atz he cer’h li,lupai l’ésecouchede
neigequiralentisaitsaprogresi .noifnEcsneudà n, après être de
plusieursreprisespourdégagerlesroues,ilar deriot cha aeltêrièrele
bâtiment principal, juste devant l’entrée de la cuisine qui donnait sur
l’arla pque s’oorte tusvuir rneeiut el -isépo el deip ua losèierc-uo.rÀ p
une imposante femme noire qui s’esiasna evtil sem chon. ca yuun tor
Sobrement vêtue d’une robe longue en laine grise sur laqueleele
portait un tablier blanc, ses longs cheveux crépus striés de gris étaient
retenusparunecoif e slicruo,sécnorfchanble ses Le.leafichaitune
mineinquiète,auserq u egs uoirunr ar lcélapae tôtpmeriiluminason
visagequandel paatreà quon npmga noc tos emeom’h lutnncoer etes.
Blacky la rejoignit d’un bond, lui lécha la main au pasage,puis
s’engoufradanslacuisine,presema revg asree outr déle.
–Bonjour,môsieuJohn! Enfinvousvoilà! aiisfae ou sdus ic! m eJ
– Bonjour, Mamola. J’ai eu un imprévu sur la route. Tenez-moi la
porte ouverte, je vous prie. Savez-vous où se trouve Ted ?
–Ilestpartifaireuneinspectiondutroupeau,môsieu,latempêtea
ététerible,denombreusesbêtesontdisparu.
JohnParkerparutcontrariéparlanouvelter jete aalb câhe d’un e
gestebrusque.Lescondti seP senial Gesndradas lnsmitaqieuno slc
pouvaient être très rudes, tant pour les hommes que pour les animaux,

30

sanscompterlesculturesquisubisa tuer se, grêle, gel etneiatêpmet t
aléas au fil des saisons. Il croisa le regard apeuré de la jeune Indiene
alongéeaufondduchariotetchasaausaise hum sa mauvtitô.rue
Dans l’immédiat, il avait des choses plus urgentes à faire. I luitendit
les mains pour l’aider à se relever et la conduisit à l’intérieur de la
cuisine sous lœ’il médusé de la gouvernante. Il retourna ensuite à
l’atelagepours’ocuperdubles Ié. nocpud lejatu r sa,l entou’œil aux
mais il n’y avait pas âme qui vive dans le ranch à ceteépoquede
l’année,hormisMamola,quifaisaitofuog ed eetnanrev ,os n i,cteT de
contremaître.Ilabaisalebatantarete au sèrigalev cata itésurle
plateau pour défaire les cordes qui retenaient la bâche dans laquele
l’Indien était toujours enroulé. Ensuite, il le tira jusqu’à ce que ses
jambesdépasg seet tudneirtoc ahidne’d ter ,csed, etund’ bund on
puisant,lebasculasursonépaule.
Mamolaouvritdegrandsyeuxefarésquandelit pe vaserson
maître,maiseltnemmoc nucua titeon cset ereaiiu tn aedl ne fe
emboîterlepasenclaquantlaportederièreelhaupro ec serlefroid.
Parker continua sur sa lancée jusqu’à l’escalier qu’il gravit avec peine,
encombré par son lourd fardeau. Du pied, il ouvrit la porte de sa
chambreetdéposalebles surélis eurto, na silree roL ’uqs el .til
retrouvanezànezavecl’Indienus tiavaruop iviae échl’i qu, peràla
vuedelafemmenoirequilaterfiq ’uela première foisa .tité’C tiale
voyaitunêtredecetecouleurdepeau.Elvuorer at eaul’e trgefue d
côtédulitetseplaquacontrelemur.Mamolaapr et se ou ton s àutar
tint sur le seuil en se tordant les mains avec anxiété, persuadée que son
maîtreétaitdevenufou.
–Aliuoe’l b uaeehc em zed rehcrle qus deaie i nstnaorrpse ilgnsep
pourfairedesbandages.Etpréparez-moiausvoi tre pmâlxue afemrt e
magiquepoursoignerlesblesuresinfectées.
–Bien,môsieu,répondit-eluoiS enua nu’d xsaoi tenjea lnt eir
pincé, contrariée par la présence des deux Indiens dans sa demeure.
Unefoislagouvernantesortie,l’Indienr esae se détendit et procha
de son frère qui gisait immobile sur le lit tel qu’il avait été posé

31

quelquesminutesauparavant.Terasor f ftear pne uérvèia eparue
dans la nuit, il était inconscient depuis leur départ, et seul le faible
mouvement de sa poitrine indiquait qu’il était encore en vie.
Parker écarta la couverture et défit les pansements de fortune. Il
grimaçaàlavuedelables teou titta éaupeét.eL atii fnceui s’étaure q
boursoufléeetl’inflammationavaitgagnélestisien ’Ind.sL sini sovu
était brûlant de fièvre, et sans être médecin, il savait que son pronostic
vital était engagé. Mais il n’avait pas eu d’autre solution. Sans son
intervention, l’Indien serait probablement déjà mort de ses blesures;
illuiavaitsimplementacordéunsursis.Ilatel suo sapt ar agesband
souilés er v .nEustialp èiec dirigeae, il sepéd asote ssel incoe dnsdan u
lemeubledetoilete l’sa ddanseau abl arev ,eslae vates ni e
soigneusement les mains avec le bloc de savon. Il se rinça dans l’eau,
répétal’opération,maiscet isite sates çn aedavl ediInneencis-l’, eiof
du pichet pour lui rincer les mains. Étonné de la spontanéité de son
geste, il la remercia d’un hochement de tête tout en s’esuyantàune
servietedetoiletanimq tilI .ret a oltrennduaam Men earvpaocrepu e
marmitefumantequ’elal rus asopéd e. itnue dleab t ,erbsaos nuS rle
avait posé des torchons propres que’lt à son maître.t eidne
–Merci.
–J’aipréparél’emplâtre.
–Bien,aportez-le-moi.
JohnParkerentrepritdenetoyerlablesre àuau c l’eva eduah nu ce
torchon qu’il jeta ensuite avec les bandages souilés.Ilrépéta
l’opération jusqu’à ce que la blesorrptip eosru ails ui pe,pliquala
mixture verdâtre préparée par la gouvernante et termina par un
bandage.
– Voilà, c’est fini. Mamola, vous changerez l’emplâtre autant de fois
quenécesaire.Vousluiferezausia avel run peu d’infusioe dceorécd’n
sauleàlapeitecuilqu’à jusèreèirvalf uq ec etoe e.mb
Duranttoutcetemps,l’Indien s’étaite eeô’cléutadr t tu inle etutde
l’avaitregardéagirsansintervenir,ap s deréanci seg tels rûtsse

32

l’homme blanc qui semblait savoir ce qu’il faisait. En douce, eleavait
reniflé le bol dans lequel il restait un fond d’emplâtre et avait grimacé à
lo’deur qui lui était inconnue. Depuis, elmeneevsu n tospori teer nitta
coliersertidepierr seednoop seslie dutto lessec uoelru stes on
angoisti .édafga ev si son surtaiteflét put elea msoeM ariée’d leetsa
fibrematerneleseréveilaquandel st èré emtiatal emef isalqua rée
jeune et qu’ele dt avevaiédamcreh ns aithua sDe. ep à rio-xid eni
chaloupée,eles’aprochad’el usa mnen aiae eop tfectueusesurson
bras. L’Indienne sursauta et eut un mouvement de recul pour échaper
àsoncontact.Lagouvernanteluisouritgentiment.
–Venezmapeitedev zvaio rafmi. Je vais vous p rerapér ve,s ou
quelque chose de chaud. Et puis, il faut vous changer et vous laver, vous
êtescouvertedesang.
L’Indienc nu puoj e atei amsire ,aPkré à niqul pad’œiluifitsigned’y
aler.
–N’ayezcrainte,Mamolavaprendresoindevous.
Peuconvaincue,lajeunefemmeselaistraîa enà coner ruœcertn non ,
sansluijeteraupasageunregardsupilraP .tnalui ker un sfit er uoir
rasurantetlaregardasortir,émuparsadétrese .

Mamolalaconduisitaurez-de-chauséècpie uns an de,tô éà c uteé eis
delacuisinedontelerefermalaportederièreeles.Ungrandbaquet
trônaitaumlieuducabinetdetoileto san uete bleubmecupaitun
pandemursurlequelétaientposésunebaslpmed eiuae’nu ,i erne
brose,ungroscubedesavonetdesservietgrn Us.reopprs ena d
miroirétaitacrochéau-desus,etlorsquel’Indieneyvitsonreflet,
elereculaenpousant un cri plaitnfi .fAnid eala rsurer,Mamolase
plantadevantlemiroirpourrajustersacoifne t al euot t.gareanrd
«Regardez,c’estpoursecoifer. Ce ua enu sap tse’norspee trne,c’est
moiquevousvoyez.»
Puiselesetournaverselee tul ietitndes lai m.ns
«Aprochez.»

3

L’Indienprudentsa à pas tnu e ,agdrnaou ses lçaonfre çnava’s te slicr
certaine distance de sécurité avec cet étrange objet qu’elevoyaitpour
la première fois. C’était comme quand ellferd te snae regardait son
le’au de la rivière, sauf que celui-ci lui renvoyait une image nete.Ele
pas ca.é tlgtncan coà souta ursas te eértiv ecafur slar sut igdoau n
Mamolaritdoucement.
«Çanevapasvousmordre! »
ElLa ir. hcret uoimorl egua leturpoa id tnemitn niam ale lui prit ge
jeunefemmeapuyaplusfortdes sesrcouçaon lnteénn ,slioté sue nrf
de sa résistance. Pendant ce temps, Mamola trempa une servietedans
l’eau,l’esora,puisnetoyaavecdélicatesee lsavi dgelae enS j ue oixu
quiseraiditàsoncontact.Peuàpeu,el ruecusot diendéota d sleues
desdoigtsboudinésetleregardbienveilantdecetegrosefemme
noirequis’oce’upait dl esquelque ornce tiasiaf el erè eocmm easm
joursauparavant.Àprésent,eln sorepèi nse quetroia ,até m tiee tas
jeunesœur,tombéssouslesbales sos de.sD dltaraemsel èrrlpes à t en
sesyeuxetelelesesuyad’ungesterageur.
«Alons,alons,majolie»fitMamolaenlaser na sonntret co
opulentepoitrine.
D’abord surprise, l’Indienne tenta de se dégager, mais gagnée par
l’af de ceiuq yar annotneio ndltaitc e oeuha cuercleteétrangefemme,
eleselaisaal alolpue n àM maer.re miet sudait soé nos sn etniertdar e
lagardaseréecontreelots se tes sanglecq eus ujqs’u àe irasent.
«Venezmajolie,jevaisvousrecoifer.»
D’unemainexperte,eledétachasesnatheécléve, esicoe sfaetlisa
les longs cheveux soyeux d’un noir de jais, puis lui refit deux treses.
Ensuite,elel’entraînadanslacuisine,oùelfia at leseoiràlatable.
«Jevaisvouspréparerquelquechosedechaud.»
Toutenchantonnant,eles’afl aavtn aedari boire àiniècuisuq s i
ronflait agréablement. Quelques minutes plus tard, eledéposadevant
lajeunefileunboldesoupefumanteacne’upa éimoeéd apngse
tranche de pain recouverte de généreuses portions de fromage. Par

34

habitude, la jeune femme renifla avec méfiance l’étrange pâte d’un
jaunedouteux,puiselignoe grie pun tnemetaciléd attupro t ou b
goûter.D’abordsurpriseparsongoût,elidroif telantnemc ave me
voracitédanssatartine,qu’el càâ mt nsanvausb n ee mrêemhe t aialav
lebol,etlagouvernantedutinterveniravantqu’elenes’étoufe.
« Non, non, lentement, ça fait trop longtemps que vous n’avez pas
mangé.Vousalladee ma êtrezel za avovsus isad mnsuttoon rehcâ!r »
D’unemainautoritaire,eleatrapaunecuilt mai fi la ngerè tulere
soupe. L’Indienne la regarda avec de grands yeux, mais eleselaisa
faireavecdoclité.Eleterminasacoloaâmhce nitnonantlentement
sousleregardfausementsévèredelanourice.
Pendant que’leléchaitavecapoitaceill nlob div Me,olamena a tr
dans la pièce contiguë qui lui servait de chambre et en resoritausitôt
avec une chemise de nuit blanche en coton soigneusement pliée. Elela
pritparlamainpourlaracogaté’l à rengapmentrfit la e etal na sred
chambrevoisinedecele où se reposas tif noerèrE .leluitenditalorsla
chemise.
«Déshabilez-vous,jevaislavervoshabits.»
L’Indien tamsir v têmene prit lee al iséduot ne ta ltetêusefdea t gnan
dudoigt.
« Bon, je me tourne », soupira Mamola en levant les yeux au ciel.
Aprèsuninstantd’hésitation,lajeunefilequitasesbotesencuir
souple, ses longues guêtres, puis sa robe à manches longues, mais au
lieud’enfilercetedrôledetuniqueblanche,elérp aréfe’s uornler dans e
lacouvertureposéeencourtepointesurledes es alomaM .te-lius-d
retourna et ne fit aucun commentaire en la voyant emmailotéedela
sorte.Elehausalesépaules,ramas etsenem eaupen iaros tv têl setde
lachambre.
Unefoisseule,l’Indieneregardaautourd’el .ir euq’ nde beat ênu
El ce snad rehcuoc es lle ditau ja geesant de ux, refuuspscieiu’ nia r
drôled’objetenhauteur.Elioc ed n al esisan dchs ueaq chadeuxisa e av
chambre,regardaànouveaulelitenpliss ,te xu ,niaduoanson yes let

35

visages’ilumina.Sansfairedebruit,elxuc ahsi ael sed installesoà sed
dosdepartetd’autredespiedsdulit,archae dlea sus-de-lit,lesdraps
et les couvertures, puis se fabriqua une tente de fortune en jetant une
couverturepar-desusleschaises.Commeeles’afaisaitenson
mlieu,elerercah e lcrusturctdal escuèqi pe ra hicoronfande .eS no
regards’arêtasurl’armoire.Elpos let t eesrtirvuo eeg aédolnu e
étagère qu’elecalaàchevalsurlesdeuxdosi.sreite, e Satisfalepliale
desus-de-litpoursefaireunmatelas,seglisrnuoal s e’ eteotlil asousa
dans l’autre couverture. Épuisée par les évènements de ces derniers
jours,elmars.e cauchee sa raombrtnemedipnu snad ilmeom s dtégi a

36

4

algré l’état de fatigue dans lequel il se trouvait, John Parker
bêteseMulavl red setâgé Ls. desx eummfesée st é’ateitne fnermées dans le
descendit à la cuisine pour manger un peu avant de filer
rejoindresoncontremaîtreafindel’aideràraslembe sel r
cabinetdetoiletes v te iet, eép dsel d ecêahil rerpmpochles e saes d
avec des biscuits secs avant que la gouvernante ne le surprenne. Quand
ilsorit al snad que vit, ilcouraav lc ehs notai,tel dniaetb aêtséeetles
oreilc se aen seéhcuoriè pSa. resoutert arihsprofondait un
épuisementetilsesenitcoupabledel’avoirlais séainsi,encoreatelé
auchariot.Johnluiflat tiscoe uindt an let eédathcuo tnel colure ta l’en
à lé’curie. I lvaio n’d tedene foud iuenu annoeuérén gioat rserage.La
bravebêtemangeatandisqu’ilapsnia,tp iu sli lui doa naàboireetse
selaunautrecheval.
Avec une grimace de douleur, il l’enfourcha en maudisantsondos
courbaturé par le long voyage dans le froid et seulement une heure de
sommeildepuisdeuxjours.Ilparitianqus trn pad u’leàlarecherche
de Ted dans les pâturages recouverts de neige. Blacky, qui avait suivi
son maître jusqu’à lé’curie, s’élança à sa suite quand il emprunta la piste
où des traces de sabots étaient visibles dans la neige durcie par le gel.
Elesleconduisirentdansunpeitcanyonsituéà plusieursmilesde

37

sonranch.Abritéduvent,l’étroitpasrau enc roinhc eage protégé p
natureleavaitpermisaubétaildesemet à er .lIêpetem tlae driabl’
trouvaTedocupéàrasre. seletêbbme rel cesptompos lur
– Bonjour, Ted. Je suis désolé, j’ai eu un imprévu en chemin.
– Bonjour, John. Je croyais que tu rentrais hier soir. Rien de grave ?
– Non, éluda John qui ne tenait pas à l’informer de la présence de
sesvisiteurs.
Dumoinsdansl’immédiat.
–Combiendepertes?
– Je ne peux pas encore le dire. Au moins un tiers du troupeau a
disparu.
–Çafaitbeaucoup.Etleschevaux?
– Je les avais conduits à l’abri quelques heures avant le début de la
tempête,maislebétails’estéparpilan pdet t eueiq nu snadnemevuomé
jen’aipasréus’d tertê rernavaû dntre. eraiJ’ lesi àmmen y e coincé
dansleblizard.
Laculpabliegasiv nos rus taiis lseé t arégcéuonod on tet siné bur
alertaParker.
– Ce n’est pas de ta faute, tu as fait ce que tu as pu. Ceterégionnous
réserve toujours de mauvaises surprises, et les aléas climatiques en font
partie. Nous y survivrons, comme nous l’avons toujours fait jusqu’à
présent. Nous ne pouvons rien faire de plus dans l’immédiat. Alez,va
chercherdufourge eaecua .oNsul se murgeanunr or mrp ttifoe-seop n
ramèneronsdemain.
–D’acord.Jereviensleplusviteposible.
John le regarda s’éloigner avec une émotion qui le prit au dépourvu.
Beaucoupplusâgéquelui,Tedaphait la roc,eni te xiosatnaéj dà éilitta
le contremaître de son père, mort depuis huit ans. Alors âgé de vingt
ans,ilavaitprislasucesion deson paternelensereposant
entièrement sur l’expérience du contremaître, à qui il vouait une
adorationetunrespectsansfaile.

38

Seulsetsansfamile,HaraP yd TensWierrkt eavaiton fui ent al
misèreenAngletere,atirésparlesricheses et les promesesdu
Nouveau Monde. Fraîchement débarqués d’Europe trente ans
auparavant, ils avaient espéré se refaire grâce aux terespromisespar
lesÉtats-UnisaveclaloiduHomestead,quiacxios tne etna citdaor
hectaresdetereàtoutpionnierquiprometsel em aidet treenvaleur.
Ils avaient donc construit le ranch et ensemencé des champs de
céréales.Hélas,l’agricultures’étaitrévéléeimposiblesurcesteres
soumises à de violents aléas climatiques, la sécheresealternantavecles
tempêteshivernales,etsonpèreavaitdûabandona ldee urltcua l re
terbétail. L’année usvinaet ,lid céaue ro pt fil edelé’egav ud sdea ide
diversfierenélevantausi dhevaes cno txud menaald ne é edtiat
constantehausap r’lraatmmne tavait samée qui ec sneno, sebesoinde
monturespoursacavaleriependantlaguerécee de Ssion,puisdurant
lesafrontementsaveclestribusindienmm e’daes. Plutôt hofaires,il
lais grae aua viit léfarp érq iueT,d te ria dnnoit ud cnar à hlaa es g
devint ainsi le contremaître du domaine pendant que HaryParker
parcouraitlesdifta Étsena l àtshcrehcernoc ed es. Ttérratvaited av u
naîtreetgrandirlepeit J nhoi’uqia ltiam comme un fils, ens é’attnl
iumême jamais marié. De son côté, John lui vouait une adoration sans
bornes depuis le’nfance. Il avait grandi dans l’absence de son père,
souvent en déplacement, et Ted fut la seule figure masculine proche
dont il pouvait s’inspirer pour faire ses premières expériences de la vie.
C’était la main de Ted qu’il tenait quand il fit ses premiers pas, ce fut
ausiTedquil’inti aaà r tiu âge de e,int e claabaruf lne t sèdi’uq
monteràcheval,ilut ne fère on pes cot ourtpat viuiS .erbmo nos emm
jamaisjalouxdeceterelationprivilégiée; octnarri,ei ltéait soulagé u a
quesonfilsgrandisadtnp nelip q ’uuraiarco payt les ou seleain sos
pourasoJnhri .vaneue rer lurà part erbmem nu emmoct aiéridnscoe l
entièredelafamile,etiluar rv eà nahcineviv remêm ed madea ndi u
la mort de son père. Mais Ted avait refusé, préférant sa peitecabane
confortablesituéeder pil, hencvaren suot tiaegatralee écs ieur Es.rèi
lesrepasavecJohnetMamola,quifaisaitofceiaison. eéym ede’d olpm

39

À l’évocation de la gouvernante, John Parker eut un sourire atendri.
À la fois cuisinière, femme de ménage et gouvernante, Mamola gérait
l’intérieurdelamaisoneaîtren mia térnge tf reden ai mne’u déese
surlacuisine,sondomaineexclusif.Haringt-yr kear P tiava’lv eévuas
septansplustôt,justeavantlanaisia tayeg lovucqeia’n ed nhoJla , sro
danslesudpourafaires.Couchéedanslefosé,eleesuyaitlescoups
de fouet de son maître, furieux de sa lenteur au travail. Même si
l’esclavage était censé être aboli depuis la fin de la gueredeSécesion,
beaucoup d’hommes et de femmes de couleur trimaient encore dans
leschamps.Écœuréparsongeste,Harrvteu enaiétint yavti tel iua
proposé de l’argent en échange de sa liberté. L’autre avait ausitôt
acepté,tropheureuxdesedébaraserdecetn.ie r àneon be siof enU
àbonnedistancedutyran,Hartiavola o srreffdet ra tivay lui alerpour
lui en échange du gîte, du couvert et d’un salaire décent. La pauvre
femmequin’avaitnifamil s’duart’nue tapi foyer e ne qux oiche
d’aceptersapropostiojrues sin r eifns d moin, ào nsne snem naidad t
les rues. Il l’emmena jusqu’à son ranch et lui confia la tâche de
s’ocuperdesonépouse,alitéeparunegrosesie dficile,etdeprendre
enmainlagestiondelamaisonla s’étaée. Mamoeéê rt etir vélée un
excelentegouvernante,etelovau enoe à s yeurmplo éte uneenrle
reconnaisris uaév eedl e’sclavage. À la niapoe ncavo’a lursancede
John,el deinevsat trom erèm as tnaaçplem ru,noou n s. Dèches coue en
lors,eleincarnalaseulefigurematernel enhf tu ne et Jodu domai
élevé dans la douceur du sud, bercé par ses chants africains et les
arômesépicésdesacuisine.
Depuis la mort de son père, les années avaient été rudes, et John
n’avaitjamaissongéàfonderunefamilaiétl i let ojuA .e,iuh’dru
célibataire le plus prisé de la région, mais il n’avait aucune envie, ni le
temps, de se chercher une épouse. Sa vie sauvage dans les plaines et les
montagnes lui convenait, et il ne souhaitait pas s’encombrer d’une
femme qui l’empêcherait de profiter de ces vastes espaces. Au contraire,
ilrêvaitdelespartager,maisquelefemmeac pourvre epel eius aretd ti
dormiràlabeleétoile,l’été,lorsqu’ilal geâep eegdar uttiaarutâp n

40

pour prendre soin des bêtes ? Aucune, hélas. Même les filesdefermier
aspiraientàunevietranquilederunor ou puxaenruof sruel erièrir
leurprogéniture.
Ilpousnahcuq t nu’ruojonofsod irupsa, edrvia t ou l’autre, il n pra u
franchir le pas pour ne pas mourir sans descendance. Mais cela
signfieraitpourluilafindecet e lib sèrlférétrepA .dél daciioex in,
ausitôtdes’ace means dix der oruq à ,te sulp ed sil, ns ateanartraiten
quête d’une épouse. Mais à ce moment-là, ne sera-t-il pas jugé trop
vieuxpourfonderunefamile e mêm-etfu eePn u?c ueuaq seurltp
senséenevoudradelui,oualorsseulementdevieilesbigotes
célibataires. Agacé par le cheminement de ses pensées, il hausales
épaules et se força à ne plus y penser. L’avenir décidera pour lui. Dans
l’immédiat, il avait tout un troupeau à sauver, et il s’empresade
rasemblerlesdernièresbêtes.
Unedemi-heureplustard,Ted revint,conduisantunepleine
charetedefoureus il, it vntred tiaf e rediv etout le . Àaegedxuue x
contenu sur la neige, et l’après-midi était bien avancé quand ils
reprirentladirectionduranch.Enchemin,ilss’arêtèrentpourvoirsi
leschevauxalr oii qualét non tiaracaloceitna,ne b eila vt à e l’ue d
autourdesontroupeaudejumentsaceu ldes éegnpaom ,snialuop sr
John eut un sourire de fierté. Plus loin, les yearlings grataientlaneige
àdistancerespectabledesfemeles.
– Ce cheval est vraiment extraordinaire. Tu as vu cetefaçonqu’ila
de tourner autour des juments ? On dirait qu’il fait des pas de danse,
voiscommeilèvehautsessabots!
– Oui, c’est une sacrée bête. Mais gare aux imprudents! Lejouroù
tuesparti,ilatuéunyearlingquitentaitd’aprochersamère.D’un
seulcoupdesabot! Lapremièrefois,ilmee pou luromdria t’vatreen
garde,maisilyestquandmêmeretourné.
–Iln’apascomprisl’avertisCe. ui l aui lla tnat ,truop sipemenc ûoét
la vie, mais les autres retiendront la leçon, lâcha John d’un ton
admiratif.

41

La perte d’un yearling était toujours source de déception, mais ce
n’était rien comparé à lé’ventualité de la mort de l’étalon, qui l’angoisait
plusquetout.Iloctn enid useétmme t coaîtrle moc edisniaréaupeoutr
dejumentssurlequelilveilcaètc ras no tedre uoraf tiapidén et,enemch
ombrageux.Élevéparsessoinsdèssanaisattil eec ,lié anseul à
pouvoirl’aprocher,maisiln’avaitjamaisréuserle di à seretle
monter. L’animal était trop sauvage et trop épris de liberté pour
sup’é silt et,aiisalp iul tnemarép tem sonMaisde. b iru entrreoatti
toujours refusé à le castrer, car cela reviendrait à lui ôter ce qui faisait
sa force et sa beauté. Il s’était donc choisi une autre monture plus
docile,maisiléprouvaituneprofondeafolatgâ n écten iourpo’é l
aujourd’huidedouzeansetojuuosri stabmoc dnauq u ncainves drslo
des yearlings plus intrépides tentaient de le provoquer.
Ils restèrent ainsi de longues minutes à observer les chevaux qui
broutaientlesbrinsd’herbequ’ilsdéterf reaient avec leru sasobst .nUb
aboiement de Blacky les tira de leur contemplation. Le chien regardait
versleranchenlevantcomiquementlespats pour éahceperaufroid
delaneige.Iljapadoucement,unepater ne tuot ,ria’n sot anrdgaen le
maîtred’unairimplorant.
«J’aicompris! Viensmonbeau! »ap.tealoh Jenn ou sanri
Lechienremualaqueuedecontentementetacua turuositôt,la
languependante.Ilsemitdebout,enapi vahequl cnac udl rulf eui s
ne broncha pas, habitué à la présence de l’animal, et John se pencha
pourhisde ses bras. Il ’lnitsacae lerl à édin ecrof aladevantlui,
confortablementlovésursescuises.
–Salecabot! afri e!s ia t yommectnair ne deT atnIl. urcœn boe d
–Ilestsacrémentmalin,apvuorlen ar cJsoaae s. enhtn
Avec douceur, il talonna sa monture, et ils rentrèrent à la maison.
Johnlaist e il eirceva el neisé’ucà l sitinoudle cqui Ted l à avehc nos a
entraparlacuisine,oùunebone odeur ’e lit ma l àau niap ediul tiuc
bouche. Mamola triait des légumes, et à sa mine renfrognée, il comprit
qu’ils’étaitpaséquelquechoseensonabsence.

42

–Commentvaleblesé?
–Lafièvreabaisé.Maislafemme! t unC’esômno ,d mésieuJohn,
un vrai démon ! s’insurgea Mamola en agitant son couteau. Elea
déchirémachemisedenuit! Etenplus,elad etnet al sn a feune ait
chambreeteleadormipartere!
Son indignation le fit rire, ce qui la mit hors d’ele.
– Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle ! C’était une chemise toute
neuve,jenel’avaismêmepasesayée! é’rcse-ait-led’untontragique.
Prenantunairoutragé,eleles bras croisa ec ,tnaduob ne a usami qu
encoreplusParker.
–Jevousenachèteraiuneautre!
Johnluitapotaafrb ep sa ruoc aleceutumese lntr.alme
– Et puis, de toute façon, je ne pense pas que’leres iul ia talée.
–Quoi?Commentça?Vousinsinuezquejesuisgrose?s’indigna
Mamolaenfronçantlessourcilsd’unairmenaçant.
–Non! Non! Jen’aipasvouludirecela! es l ontrcnhe aoJavtn nel
mains en signe d’apaisement. C’est juste que… enfin, ce n’est pas… ele
n’apasl’habitudedecetypedevêtement.
Johnsemauditdesamaladresdet a s ee,ea ovtrettntavie ée, de s
ratraper.Mamolanefutpasdupe.
–Queltype?
– Euh… les chemises de nuit! nnsed roemtnn euLes Indie Es.innf,
jecrois.
– Quoi ?! sé’cria-t-el lesqué, cho air’dnu es hencha sel rus sgniop
avecl’airdevouloirendécoudre.
–Laisonstomberlesujet!
Parkers’enfuitdelacuisineavantdes’ates foudrirer ln uoon used eas
etmontaprestementàl’étagepouréchapà soer c uoagdr nerroucé.Il
ouvrit la porte de sa chambre et vit l’Indien qui reposait, les yeux
fermés.Ilparaisaitale r.xI imueferml reucema doaent le btant,

43