Dossier d'un naufrage

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Français
91 pages
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Description

Lourdes González Herrero apporte avec Dossier d'un naufrage son témoignage. Cette “naufragée” poète de talent voguant sur le radeau de l'édition, nous initie, par petites scènes lucides et souvent picaresques, au mal secret dont souffrent au plus intime de leur être les Cubains qui ont la saine et inébranlable volonté de rester Cubains de Cuba.

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Date de parution 01 mars 2014
Nombre de lectures 7
EAN13 9782336343150
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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LOURDES GONZÁLEZ HERRERO
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DOSSIER D‘UN NAUFRAGE
Dossier d’un naufrage
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LOURDES GONZÁLEZ HERRERO
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DOSSIER D‘UN NAUFRAGE
Lourdes González Herrero
Dossier d‘un naufrage
Traduit de l’espagnol (Cuba) par Françoise BLASCO-TAKALI
Préface de CLAUDE COUFFON
INDIGO
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LOURDES GONZÁLEZ HERRERO
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Pour Victorino Polo García
DOSSIER D‘UN NAUFRAGE
« Solitaires, muets, sans féroce compagnie » DANTE
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LOURDES GONZÁLEZ HERRERO
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DOSSIER D‘UN NAUFRAGE
PRÉFACE
Le récit d'une « naufragée »
Je viens de me promener dans les rues de la Vieille Havane. La ville est comme toujours allègre et belle, et elle a commencé à retrouver son élégance depuis qu’on la restaure. Autour de moi, le sourire et la grâce des hommes et des femmes séduisent les cohortes de touristes qui ouvrent des yeux envieux, souvent pleins de désirs. Partout, la musique occupe le terrain et fait rouler les hanches des filles qui passent. Sur le Malecón, l’immense quai-promenade, les jeunes gens s’embrassent en tournant le dos à la mer. Est-ce parce qu’elle est grise, houleuse, et vide? Vide de bateaux. Je ne sais pourquoi mais, bizarrement, ce vide de la mer me semble symboliser un vide plus angoissant : celui qui, apparemment, a gagné le cœur et l’esprit des Havanais avec lesquels j’ai parlé et que harcellent les soucis médiocres d’un quotidien depuis longtemps hasardeux malgré leurs efforts. Plus de quarante ans ont passé depuis cette fin décembre 1958 où Fidel er et le Che entraient à La Havane, acclamés par une foule en liesse. Le 1 janvier, Batista le sanguinaire, Batista le tortionnaire, s’enfuyait après avoir endeuillé les familles responsables de l’île. Je revois l’enthousiasme soulevé par cette Révolution. Je n’oublie pas ses réalisations éclatantes : la fin de l’anaphabétisme, l’éducation et la santé pour tous, l’élimination du racisme et des abus et privilèges sociaux. Tout cela demeure, c’est vrai, mais il faut aujourd’hui regretter quelques graves erreurs et une stagnation
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