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Du mouron pour les deuches

De
235 pages

Les années 50. Dans le cadre du plan Marshall, Hyacinthe de Frontignan, agent spécial de la Gendarmerie Française, est délégué aux États-Désunis d'Armorique pour arbitrer la rivalité entre le Sénateur Curriculum et le caïd Mac Caterpillar.

Publié par :
Ajouté le : 15 juin 2011
Lecture(s) : 118
EAN13 : 9782748104523
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Du mouron pour les deuches
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2748104536 (pour le fichier numérique) ISBN: 2748104528 (pour le livre imprimé)
Georges Richardot
Du mouron pour les deuches
ROMAN
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Le parachute se posa en douceur au beau milieu du champ de coquelicots. Dans un accès de coquetterie un tantinet frivole pour un début de roman noir, il joua à ressembler à une ombrelle oubliée par un touriste géant, avant de rentrer sagement dans le rang. Quant à Hyacinthe de Frontignan, il enregistrait avec dépit un léger retard sur son horaire. Après avoir replié la soie blindée, cousue main sur leurs cuisses soyeuses par des cigarières dissidentes de la Havane, il la dissimula sous les fleurs, puis, dressant vers le ciel ses 1 m, 65, défroissant de quelques gestes précieux son complet mastic, il se tourna vers la vaste portion des ÉtatsDésunis d’Armorique se déployant devant lui, et concéda à la postérité cette parole mémo rable : "À nous deux, maintenant !"…
Petit et nerveux, mince autant qu’élégant, il avait les tempes grisonnantes, le regard vif, la langue déliée. Le trajet transcontinental, couronné par le saut à travers les airs n’avait pas dérangé du nonce (sic) l’ordonnance de sa toilette : sa silhouette restait celle d’un homme du monde, pondérée par une touche de négligé artiste ajoutant encore à sa séduction. C’était un être endurci, qui, de longue date, à la suite d’études théoriques et pratiques très pointues, arrondies toutefois du bout par altruiste précaution, s’était forgé une conception des êtres et des choses avec
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Du mouron pour les deuches
laquelle il ne transigeait pour ainsi dire jamais : ne se plaisaitil pas à répéter qu’il fallait les attaquer de plein front, les surprendre, les provoquer, imposer sa loi ? Sa devise : "Toujours faire face : mieux vaut essuyer un regard venimeux qu’un vilain coup de pied dans les fesses !". Ce qui ne l’empêchait nullement d’éprouver, avant l’action, comme dans l’instant présent, une légère appréhension, à la fois agréable et irritante.
Après avoir longuement humé les vents mêlés de l’Atlantique et de l’aventure, il se mit à l’ouvrage. Sor tant de sa poche une boussole et un télégramme, tous deux codés, il se livra sur son calepin à quelques calculs rapides, lesquels l’amenèrent au pied d’un bananier tri centenaire. Le tronc en était creux : comme prévu, il y trouva une pellebêche et une bouteille de limonade d’avant quarante. Retroussant ses manches, il entreprit de creuser la terre entre les racines de l’arbre, à la ver ticale du plus gros régime. Au bout de quelques heures de travail forcené, il avait dégagé son véhicule attitré et fidèle : une deux chevaux Citroën, carrossée de plaques d’acier, dont il vérifia aussitôt l’épaisseurla brave deuche avait été in active un bon bout de temps, et, jamais on ne le répétera assez, l’oisiveté est mère de tous les vices, y compris les vices de forme.
La lune, brusquement apparue, faisait luire sur son front des gouttes de sueur, mettant dans son regard des lueurs démoniaques. L’épuisement le guettait, sa respiration se faisait haletante, pourtant il était hors de question de s’attarder.
Notre héros d’ores et déjà plébiscité comme fa vori grimpa au faîte du bananier, sélectionna quelques régimes à destination de monnaie de troc. Après avoir achevé à la régalade la limonade hors d’âge, il s’ins talla derrière son volant, et démarra sur les chapeaux de
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Georges Richardot
roues, vers un inconnu dont (soupir) les mystères ne lui étaient que trop familiers.
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