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Elle est un voyage

De
265 pages
Trois histoires se mêlent et se répondent. Ce récit, est-ce la voix de Jacques qui, pris entre la solitude de sa vie et une chambre blanche où l’espoir s’épuise, s’acharne à parler à sa femme dans l’attente qu’elle s’éveille ? S’agit-il des légendes celtes qu’il lui raconte afin d’éviter le drame du quotidien ? Ou bien forme-t-il le songe que fait Alysia du fond de son sommeil ? Mais peut-être n’est-ce rien de tout cela sinon la vie, comme une boucle qui se referme enfin… Arnaud Le Boulanger signe avec Elle est un voyage un roman plein de poésie où le rêve et la réalité s'unissent enfin dans les flots de l'amour.
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Elle est un voyage
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2748101472 (pour le fichier numérique) ISBN: 2748101464 (pour le livre imprimé)
Géraud AlbanNourel
Elle est un voyage
ROMAN
PREAMBULE
Fermez les yeux. Dehors passent les voitures et le temps qui s’en fuit. Dehors règnent le travail, les bureaux, la grande ville, ou bien parfois les arbres si vous avez de la chance. Dedans vous attendent la télévision et les journaux. Ce pendant faites donc comme moi : fermez doucement les yeux. Autrefois nulle inquiétude de ces choses si neuves  exceptés les arbres bien sûr. Songezy : l’époque ne remonte pas à bien loin après tout où les vieux, à cette heureci, étiraient leurs jambes et se mettaient à parler en mesurant les chandelles. La nuit tombait peu à peu, le froid montait des pierres, et la voix qui s’élevait près de l’âtre réchauffait les corps et les âmes sans doute au tant que la flamme du foyer. La vie ne devait pas être très facile alors, ni peutêtre beaucoup plus dure que maintenant. Au fond, je n’en sais rien ; moi non plus je n’y étais point. Mais cela n’importe guère. Peutêtre déjà n’écoutaiton plus vraiment les vieux. Ceuxlà, pour tant, avaientils bien des choses à dire sans doute, de ces anciens contes que l’on transmet de génération en génération comme les meilleures recettes, de ces fables que l’on aime à faire partager  sans pour autant en livrer tous les secrets, car c’est le plaisir du conteur que de garder aux choses leur part de mystère. Il faut savoir rêver.
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Jacques, lui, sait peutêtre rêver. Alysia sûrement, même si elle ne le peut plus à présent. Jacques et Aly sia font partie de ce livre, vous verrez, de même que quelques autres. D’ailleurs je crois qu’il n’appartient qu’à eux ce livre. Nous autres, moi qui vous l’offre et vous qui l’ouvrez, n’en sommes il me semble que de simples dépositaires. C’est ainsi. Alysia va bientôt s’en dormir, dès que je me serai tu, dès que j’aurai cédé la place à l’histoire, elle va se laisser glisser dans le som meil. Aussi doisje faire vite pour qu’elle n’attende pas trop, car avant il me faut vous entretenir des autres ha bitants du récit. Jacques et Alysia sont de notre temps, mais la plupart des autres qui vivent dans ces pages ont bien des siècles d’existence. Parmi ceuxlà, vous en connaissez sans doute quelquesuns déjà. Or si tel est le cas, c’est grâce aux vieux de tout à l’heure qui ont trans mis leurs anciens contes de génération en génération, pendant très longtemps. Jusqu’à ce que quelqu’un les recueille et en prenne note, voici très longtemps aussi. À l’époque, seuls les moines savaient écrire, diton. Pour cette raison précisément ne fautil point s’étonner de voir le bon Dieu souvent mêlé à des affaires qui ne le concernent nullement, pour autant que je sache. Croyezvous que le bon Dieu et tous ses saints s’intéressent vraiment aux fées et aux enchanteurs qui peuplaient les mythes de nos arrièregrandsparents ? Mais pardonnons aux moines leurs travers, puisque sans eux non plus il ne pourrait y avoir d’histoire. Ainsi donc la plupart des personnages de celleci sont vieux d’au moins quinze siècles. En doute riezvous, qu’il suffirait d’aller demander aux vieillards d’alors s’ils n’avaient point eu vent déjà d’Arthur le grand roi, de Gauvain à la force solaire, de Perceval, de la fée Morgane ou de Viviane la belle, ou bien encore, ou bien surtout, de l’Enchanteur Merlin. Interrogez aussi Shakespeare : où donc s’en estil allé pêcher son personnage d’Oberon, le Roi des Elfes ? Ils vous riront
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au nez. C’est ce que faisait Merlin, paraîtil, lorsqu’on lui posait une question… Cependant nos vieux aussi ne faisaient que répé ter les contes de leurs arrièregrandspères, qui les te naient euxmêmes de leurs propres ancêtres. Quant à ces derniers, ils ne savaient absolument rien du bon Dieu ou des saints du calendrier. Mais Merlin et Vi viane, et les chevaliers de la Table Ronde, et toutes les autres fées, pardon, ceuxlà ils les connaissaient bien ! Ils leurs donnaient d’autres noms, voilà tout. Ils en avaient même fait des dieux, pour certains. Nos ancêtres les Gaulois  les Celtes plus généralement  n’étaient point les ignares que l’on prétend parfois. Ils avaient quatre grandes fêtes dans l’année et croyaient aux choses merveilleuses : aux chaudrons enchantés, aux lances qui rendent invincible, aux pierres qui crient sous les rois le nom de leur descendance, aux fontaines magiques, aux divinités et aux esprits qui les habitent. Or justement : les dieux et les fées, et les enchan teurs aussi, tout ce beau monde qui nous fait bien sou rire nous autres hommes sensés, mais qui alors faisait tout simplement vivre l’imaginaire des humbles gens, qu’estil aujourd’hui devenu ? Les dieux et les fées, et les enchanteurs aussi, cela ne meurt pas : c’est précisé ment fait pour ça. Où donc, dans quel recoin secret de notre esprit se sontils réfugiés, maintenant qu’il y a des téléphones et plus de feu dans les cheminées ? Ils n’ont pas pu disparaître ainsi ! Alors ? Alors fermez les yeux et souvenezvous : C’était trop beau pour durer, oui, et couru d’avance, même Merlin qui y avait jeté toutes ses forces le savait bien. Le royaume d’Arthur avec ses preux chevaliers, la belle reine Guenièvre et son amant Lancelot, l’épée Excalibur qui prodigue la puissance, tout cela devait un jour prendre fin, c’était écrit et Merlin malgré toute sa science n’y pouvait rien. Sa plus belle ambition, son ultime tentative pour tirer notre monde de l’ignorance et de la barbarie ne pouvaient
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qu’échouer. Oh ! en désespoir de cause il avait bien essayé de lancer les guerriers d’Arthur sur les traces du Graal, le vase sacré gardé en son château par Pellès le Roi Pêcheur. « Posez la bonne question » avaitil dit aux hommes partis en quête du vase saint qui contient le sang du Christ  les moines sont passés par là  ou peutêtre autre chose. De les voir partir l’avait rempli d’espoir, mais en vain. Non, décidément l’Enchanteur luttait contre un bien rude ennemi. Pourtant les chevaliers d’Arthur, qui étaient les meilleurs du monde diton, avaient fini par réussir, du moins l’un d’entre eux. Cependant rien n’y fit : Merlin luimême perdait son pouvoir contre la grande malédiction. Alors Arthur a succombé, tué par son propre fils à la dernière bataille qui vit périr tous les chevaliers. Morgane la Fée, prêtresse de la Grande Déesse, a em porté sa dépouille en l’île d’Avallon, l’île sacrée où l’on ne vieillit pas et où poussent mille pommiers. Lance lot vaincu et mourant s’en est allé rendre au nom de son roi l’épée Excalibur à Viviane, la Dame du Lac, l’unique amour de Merlin. Dernière survivante, Gue nièvre l’épouse d’Arthur est entrée au couvent. Quant à Merlin, ce vieux fou, il s’est laissé emprisonner par Vi viane dans une tour de verre d’où il ne ressortira plus et où il rêve à jamais. L’île d’Avallon est partie à la dérive de plus en plus loin, envahie par les brumes. La nou velle se répandait d’un nouveau dieu, unique celuilà, et les anciens, ceux de nos arrièrearrièregrandspères, n’avaient plus qu’à s’éclipser. Bref, tout a fini alors son temps, pour de bon. Aux fées et aux lutins il n’est resté qu’une terre secrète, au cœur de la forêt de Brocéliande, un songe que Merlin avait fait pour eux afin que sous la conduite de leur roi Oberon ils puissent y demeurer en paix loin du manque d’imagination des hommes. Les chroniqueurs datent tout ceci du cinquième ou sixième siècle de notre ère, voici bientôt un millé naire et demi, en pleine transition entre la ruine du monde antique et le renouveau du haut Moyen Âge. Un
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