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... épilogueS

De
162 pages

Alexandre avait 6 ans lors du rapt et l’assassinat du petit Christopher. Cette affaire avait secoué la capitale mondiale du parfum et toute la région grassoise. Vingt ans plus tard, de nouveaux éléments permettent à Alexandre, devenu gendarme, de rouvrir le dossier.
Parviendra-t-il à résoudre cette douloureuse affaire grâce aux nouvelles technologies et à son instinct, avant qu’elle ne soit prescrite ? Réussira-t-il à démêler celle toute aussi complexe dite « l’affaire du fourgon blindé », sur laquelle travaillent sans relâche depuis deux ans les gendarmes de Grasse et de la SR de Nice ?


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Copyright
Cet ouvrage a été composér Edilivre 175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 Mail : client@edilivre.com www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-414-06028-3
© Edilivre, 2017
À mes enfants chéris Laetitia, Anthony.
À leurs amoureux Cyril, Marine-Loup.
Aux pitchouns Thomas, Joyce, Lola, Lila et Tiana.
Gardez toujours présentes à l’esprit la fragilité du bonheur, la fausse idée, saugrenue, qu’il puisse être éternel.
Avec tout mon amour Maman/Mamie Amy.
Chapitre 1
– On évitera la zone des tunnels, conseilla Kévin, ils sont connus de tous et c’est une curiosité très prisée des randonneurs. Les gorges du Loup, l’endroit idéal pour la pêche à la truite. Cela faisait plusieurs semaines déjà que le trio d’amis se préparait pour le grand jour. Ils s’affairaient dans la cuisine de la maison familiale des grands-parents de Kévin. Une maison de village sur trois niveaux dans le hameau de Bramafan. Le matériel de pêche fin prêt, ils s’activèrent à remplir leurs sacs de victuailles, de vêtements chauds, de lampes et différents accessoires. On percevait une grandissante et joyeuse effervescence à mesure que le temps passait. Il fallait arriver les premiers et surtout s’installer dans un coin inconnu donc difficile d’accès. À 15 heures, chaudement couverts, chargés de leur barda, ils fermèrent la porte de la maison, glissèrent la grosse clé sous une tuile et prirent la direction des gorges du Loup. Nous étions le 11 mars 2016, veille de l’ouverture de la pêche. Pour avoir passé toutes leurs vacances au village, ils connaissaient les itinéraires des différentes randonnées possibles à partir de l’aqueduc du Loup : le Saut du Loup sur la commune de Courmes, la montée au Bau de St Jean d’où l’on domine la vallée et les fameux tunnels. Le plus long d’entre eux, trois cent cinquante mètres, était le seul dans lequel on pouvait se tenir debout. Ils avaient exploré bien d’autres endroits déjà, connus d’eux seuls ou presque. Très vite, ils quittèrent les pistes balisées et se frayèrent un chemin à travers une végétation dense qui se refermait sur eux. L’endroit était pentu et escarpé. Arrivés au bord d’un ravin, ils n’eurent d’autre choix que de balancer leurs sacs de l’autre côté afin de s’alléger puis s’agrippant aux branches d’un arbre qui semblait planté dans la paroi rocheuse, ils franchirent l’obstacle. Après deux bonnes heures de marche, ils arrivèrent au pied d’une cascade, se glissèrent derrière le rideau d’eau et atteignirent une toute petite clairière tapissée d’herbe tendre qui plongeait sur les bords du Loup. – La récompense au bout de l’effort, s’écria joyeusement Thomas en posant son sac. – On a bien marché, fit remarquer Anthony. Il nous reste encore une bonne heure avant la nuit pour nous installer. En un rien de temps, la tente fut montée en prévision de l’humidité qu’ils savaient pénétrante dès la tombée du jour. Ils ramassèrent du bois sec et rassemblèrent quelques pierres pour maintenir le feu. On sentait une grande habitude dans cette organisation parfaitement rodée. Les cannes à pêches furent dépliées et plantées dans le sol au bord du torrent. Tout cela dans une ambiance de chaleureuse amitié. Le mistral qui avait soufflé toute la journée s’était calmé. Le ciel lavé de tout nuage commençait à s’étoiler, la lune pointait. Quelques rares faisceaux de phares trouaient la nuit depuis la départementale qui serpentait très haut à l’à-pic de la rivière. Les trois copains firent griller des merguez et des chipolatas et mirent à cuire des pommes de terre dans la braise tout en reprenant en chœur des chansons qui s’échappaient d’un MP3. Une passion commune, la pêche, leur amitié de toujours, cette soirée et la promesse d’une journée magnifique les rendaient profondément heureux. Ils étouffèrent le feu avant de se coucher, pelotonnés dans leur sac de couchage et bien serrés les uns contre les autres, bercés par le bruit de la cascade et celui du torrent. À quatre heures du matin, ils furent réveillés en sursaut par un fracas assourdissant de tôle qui s’écrasait contre des rochers, rebondissait, se déchiquetait. Jaillissant de leur abri, les amis eurent juste le temps d’apercevoir avec stupeur dans la clarté de la lune, un véhicule en feu qui finit sa course dans le lit du Loup et dans le même
temps dans une vision d’horreur, un corps éjecté au cours de ce plongeon vertigineux, atterrit à leurs pieds. – Putain ! C’est quoi ce bordel ? hurla Kévin. Anthony se précipita vers la rivière et ignorant le froid glacial, fonça jusqu’à la voiture. Les portières écrasées refusèrent de s’ouvrir. Il fit le tour du véhicule cherchant la présence d’éventuelles victimes. Il n’y avait personne. La porte du coffre avait été arrachée, l’eau de la rivière avait noyé le feu. Transi de froid, il revint au campement, se déshabilla complètement, enfila des vêtements secs. Kévin était en ligne avec les secours. Il résumait la situation et répondait aux questions. – Vous ne pouvez accéder à l’endroit qu’en rappel ou avec un hélico, expliquait-il. Nous ? on connait l’endroit comme notre poche mais c’est impossible de venir à votre rencontre en pleine nuit. On est beaucoup plus bas que l’aqueduc, précisa-t-il à son interlocuteur qui tentait de les localiser, le mieux est de nous repérer grâce au GPS de mon portable. On va rallumer notre feu de camp et dès qu’on vous apercevra on allumera toutes nos lampes, conclut-il avec sagesse. Une demi-heure plus tard, un hélicoptère de la gendarmerie se mit en stationnaire au-dessus du campement, un large faisceau de lumière balaya le site et se fixa sur la clairière. Une porte s’ouvrit et une silhouette apparut accrochée à un filin. Ce fut comme dans un film, les jeunes gens virent glisser un homme, puis un second qui en un rien de temps touchèrent le sol et coururent vers eux. Le premier se précipita vers le corps de la victime, le second s’enquit de leur état et voyant Anthony grelotter de froid, l’enveloppa dans une couverture de survie. Il se présenta : – Adjudant-chef Bertrand, mon collègue est le médecin-capitaine Porrati. Ça va les enfants ? Sacrée épreuve ! Il se mit en contact avec l’hélico. Le filin redescendit presqu’aussitôt avec des couvertures et une thermos de café chaud. La présence rassurante des gendarmes permit aux jeunes gens de se détendre. Ils avaient dû faire face à une situation dramatique qui les dépassait mais qu’ils avaient assumée avec courage, notamment en se jetant dans l’eau glacée pour aider d’éventuels blessés prisonniers du véhicule et avec responsabilité puisqu’ils avaient pensé à couvrir le corps de la victime. Les gendarmes les félicitèrent et les réconfortèrent de leur mieux. – Qu’est-ce que vous faites ici ? C’est pas la meilleure saison pour faire du camping ! fit remarquer l’un d’eux. – C’est l’ouverture de la pêche demain… ou plutôt aujourd’hui, répondit Thomas. On voulait être sur place aux premières heures. – C’est un peu loupé pour cette année, sourit l’adjudant Bertrand. – Pourquoi ? on a toute la journée devant nous, rétorqua Anthony. – Eh ben, dis donc, vous êtes de vrais accros ! Le problème, c’est que vous êtes peut-être sur une scène de crime, pas sûr que vous puissiez rester ici… – Putain ! C’est pas cool… – Attends, je te rappelle quand même qu’il y a un mort, fit remarquer le gendarme. Enfin de toute façon, nos collègues vont arriver par la route et on avisera selon les premiers éléments. – Fait chier ! Même en vacances, je suis poursuivi par les morts, marmonna Anthony. – Qu’est-ce que tu racontes ? lui demanda l’adjudant. – Il est thanatopracteur, répondit Kévin dans un éclat de rire. La contagion fut immédiate, les nerfs lâchaient de la meilleure façon qui soit. – Sérieux ? – Oui, répondit Anthony, ceci dit c’est la première fois qui m’en tombe un du ciel et direct sur mes pompes…
Le fou rire reprit de plus belle. Le deuxième gendarme s’approcha : – Eh bien, on dirait que ça va mieux, le moral est meilleur ! Puis s’adressant à son collègue : il ne s’agit pas d’un accident de la circulation, il a une balle logée dans le cou. – Vous êtes légiste ? demanda Kévin. – Oui. – Alors, vous êtes presque collègues Anthony et vous ! Le gendarme sourcilla : – C’est-à-dire ? – Eh bien une fois que vous l’avez bien décortiqué, vous le refilez à Anthony qui essaie de réparer les dégâts… Amusé, son collègue lui expliqua. – Ce jeune homme est thanatopracteur. Il considéra Anthony et ajouta : vous semblez bien jeune ! – Je suis en apprentissage à l’Athanée de Grasse. Oui je sais, à chaque fois les gens sont surpris de ce choix de carrière, la plupart trouve ça morbide. – Et alors ? qu’est-ce qui t’a dirigé dans ce secteur ? – La tranquillité, répondit Anthony en souriant. Mes clients ne râlent jamais, ils ne sont pas embêtants, je n’ai pas de pression d’obligation de résultats, d’objectifs débiles comme dans certaines professions. Ce n’est pas facile au début, il faut dépasser ses préjugés, pour finalement arriver à la conclusion qu’on prépare ces personnes décédées à faire le grand voyage, en les faisant beaux. C’est plutôt chouette non ? – Ma foi ! répondit le capitaine Porrati, c’est une façon de voir les choses. – Je me souviens qu’une fois au tout début de mon stage, reprit Anthony, j’avais eu la main lourde en maquillant une dame qui avait dû être très distinguée, très classe. J’avais mis trop de tout : trop de bleu sur les paupières, trop de blush et un rouge à lèvre trop soutenu. Mon boss n’a pas eu le temps de corriger « mon travail », le corps a été présenté tel que je l’avais préparé à la famille éplorée et bouleversée par son deuil. Une fois la porte du salon refermée, on les a entendus rire. Finalement, je me suis dit que quelque part, j’avais allégé un peu leur peine le temps de ce fou rire.
* * *
Le bruit caractéristique d’un hélico se fit entendre, il était en approche. Des gyrophares signalaient la présence de véhicules de gendarmerie au bord de la falaise surplombant la vallée. Le portable de l’adjudant-chef Bertrand sonna. Une main sur l’oreille pour étouffer le bruit causé par l’appareil, il criait plutôt qu’il ne parlait. Le jour se levait. En un rien de temps, une équipe composée de cinq hommes et deux femmes arrivèrent dans la petite clairière, certains en rappel par la paroi rocheuse sous la départementale, les autres par le filin largué de l’hélicoptère. Après s’être salués, le capitaine Porrati les briefa sur les éléments dont ils disposaient et leurs premières constatations. Thomas, Kévin et Anthony furent entendus séparément et leurs témoignages enregistrés. Le périmètre sécurisé englobait leur coin de pêche, ils durent renoncer à leur projet. Face à leur déception, l’adjudant-chef Bertrand proposa de les ramener en hélico jusqu’au hameau de Bramafan. Ils plièrent leur camp, rassemblèrent leurs affaires et furent hélitreuillés. Le plaisir de cette aventure et la poussée d’adrénaline qu’elle leur procura compensa largement leur déception. Restés sur place, les gendarmes effectuèrent des recherches d’indices leur permettant de
reconstituer le drame.
* * *
Dans les locaux de la section de recherche, le major Gastaldi lisait le rapport d’autopsie que venait de lui remettre le médecin légiste. Il était établi que le cadavre éjecté du véhicule avait bien été abattu d’une balle dans la gorge qui lui avait sectionné la carotide. Il avait été placé dans le véhicule post-mortem. Il s’agissait de Louis Petito né à Corte en Corse le dix février 1982 bien connu des services de police et de gendarmerie pour différentes affaires dans lesquelles il apparaissait comme homme de main. Il avait fait quelques courts séjours en prison. Son rôle consistait à exécuter de basses besognes. Son niveau intellectuel lui interdisait tout sens d’analyse et de jugement entre le bien et le mal. Arrêté à plusieurs reprises, les autorités ne parvenaient jamais à l’associer à celui qui, véritablement tirait les ficelles. Le véhicule impliqué était un Porsche-Cayenne noir immatriculé au nom d’une société. À bord de ce dernier, se trouvait un bidon d’essence bouché par un torchon qui avait été enflammé avant que le véhicule soit précipité dans le vide. La rivière avait éteint les premières flammes, l’explosion sans doute espérée du 4x4 ne s’était pas produite. Diverses empreintes furent relevées dans l’habitacle et sur des documents trouvés dans la boîte à gants. – C’est pas possible ! s’exclama la major Gastaldi qui, se dressant brusquement renversa la chaise de son bureau. Le revoilà encore celui-là ! – Qu’est-ce qui vous arrive major ? lui demanda le colonel Flament qui dirigeait la section. – Vous vous souvenez de l’affaire du fourgon blindé qui avait été attaqué à Saint-Laurent-du-Var ? ça remonte à… deux ans. Le butin s’élevait à un million cinq cent mille euros. On n’a jamais réussi à démanteler le réseau ni même à identifier les braqueurs mis à part deux d’entre eux qui avaient apparemment craqué et utilisé leur part prématurément. Les billets numérotés avaient permis leur arrestation à Marseille, on avait récupéré presque cinq cent mille euros… Gastaldi s’était rassis et pianotait nerveusement sur son clavier. … il s’agissait de Gilles Lamarque qui est incarcéré à la prison des Baumettes à Marseille et de sa compagne Michèle Batista… 1 – … qui avait été exécutée du côté du lac de Saint-Cassien ? le coupa le colonel. – Exactement ! Eh bien, figurez-vous que les relevés d’empreintes des pneus réalisés au bord du lac à cette époque sont les mêmes que celles du véhicule retrouvé cette nuit dans le lit du Loup entre Gourdon et Courmes… Il fouillait encore dans son ordinateur : … et ce sont aussi celles relevées toujours à la même période au cimetière Sainte-Brigitte de Grasse et… encore… près d’Andon où les corps carbonisés de trois jeunes grassois ont été retrouvés… toute une série d’événements sans doute en lien avec cette fameuse affaire dite de « l’attaque du fourgon blindé »… et le revoilà ! Les deux hommes se regardaient plongés dans leurs réflexions, leurs analyses respectives. – Major, voyez ce que vous pouvez apprendre sur la société qui figure sur la carte grise. J’appelle le légiste pour qu’il fasse parler les indices et les empreintes relevés dans l’habitacle. – À vos ordres, mon colonel. Ce dernier se dirigeait vers son bureau quand Gastaldi l’interpella. – Mon colonel, j’aurais besoin de vous parler quand vous aurez un moment. Le colonel se retourna : – Passez à mon bureau à 17 heures si ça vous convient. – Merci, mon colonel.
1. « Boomerang ! » du même auteur chez Edilivres.
Chapitre2
À 17 heures, Alexandre Gastaldi se présenta au bureau du colonel Flament. – Entrez, major. Asseyez-vous, l’invita-t-il. Un problème ? – Non, mon colonel, une requête. – Je vous écoute. – Je voudrais rouvrir le dossier de l’affaire « Demonvallon » et je vous demande de bien vouloir me la confier. Le colonel s’adossa à son fauteuil en considérant le jeune officier. – Vous ne perdez pas de temps, dit-il avec un léger sourire. La loi a été modifiée le… – Il y a une semaine, le 10 mars précisément. – Et l’affaire Demonvallon remonte à… ? – Elle aura vingt ans en août. Le colonel hocha la tête, pensif. – Cette nouvelle loi prolonge le délai de « Prescription pour crime » de dix à vingt ans ? – Exactement ! Un silence s’installa entre les deux hommes qui s’observaient. Alexandre Gastaldi se lança dans une véritable plaidoirie : – J’ai choisi d’être gendarme pour pouvoir lutter contre ce genre de monstruosité. Quand j’ai réussi le concours d’entrée à la gendarmerie, je me suis inscrit aussitôt à l’université de Paris Descartes pour devenir coordinateur des opérations de criminalistique, la fameuse COCrim. Pendant toute mon année d’étude je me suis appliqué à apprendre comment exploiter et relier les opérations de recherche et de traitement journalistique, de quelle façon gérer au mieux l’ensemble des aspects criminalistiques… Devant l’engouement du jeune homme, le colonel leva une main et fit remarquer en souriant : – Mais c’était peine perdue à l’époque pour cette affaire puisqu’il y avait déjà prescription. – Hélas ! mais justement, il ne faut plus que de telles affaires restent irrésolues. C’est terrible pour les familles, cette douleur permanente, sans répit puisqu’il n’y a aucune explication. Quand j’ai su que les députés allaient débattre sur l’allongement de ce délai de prescription, j’ai immédiatement pensé au petit Christopher, à toute sa famille et aussi à la mienne. On a tellement souffert ! Je vous en prie mon colonel, acceptez et confiez-moi le dossier… s’il vous plait. – Qu’est-ce qui vous fait penser que vous arriverez à résoudre cette affaire là où nos collègues de l’époque ont échoué ? – Les nouvelles technologies, mon instinct, mon espoir. Au cours d’une visite dans les archives où on nous montrait la rigueur avec laquelle les différentes pièces des dossiers pour des affaires résolues ou non étaient classées, j’ai eu l’occasion de voir les scellés de « l’affaire Demonvallon » ils ont été parfaitement constitués, ils n’attendent qu’une chose : leur réouverture. Si des indices ont échappé aux enquêteurs de l’époque, ce n’était pas de l’incompétence de leur part mais un manque de moyen : technologique ou autre. On a tellement fait de progrès en la matière, cette loi a été modifiée pour ça, pour nous donner une chance de voir aujourd’hui ce qui était impossible de distinguer il y a vingt ans.
* * *
Le colonel avait écouté le jeune major avec attention et respect. Il se rappelait ce triste et douloureux dossier qui avait fait basculer la vie de deux belles familles grassoises dans l’horreur.