Face au mur

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85 pages
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Elle traque le monstre qui l’a détruite. Entre certitude et doute, les affres d’une femme qui veut briser un cauchemar.


Je l’ai suivi pour en avoir le coeur net. Je l’ai suivi pour faire taire la voix dans ma tête. La même voix. Les mots. Les mêmes mots. Dans ma tête dansent les mêmes mots. Sans répit, dans ma tête une boucle sonore, ronde, ronde, une voix, quelques mots, dans mes oreilles, sans répit. Je ne suis plus sûre de rien. Je suis pourtant sûre de ça. Cette voix, la même. Ces mots, les mêmes. « Je peux vous aider ? »



Fabienne Rivayran dépeint avec une grande subtilité les ravages du silence sur une victime qui finit par se révolter.

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Nombre de lectures 7
EAN13 9791023404210
Langue Français

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Fabienne Rivayran Face au mur Nouvelle CollectionNoire sœur
Llorando De cara a la pared Se apaga la ciudad {1} «Lhasa de Sela » Tu as dit que tu avais besoin de moi pour un truc important, tu as dit que tu m’expliquerais en route. On vient de faire quarante kilomètres et tu n’as rien dit. Rien ! Ça suffit, maintenant ! J’aimerais quand même savoir ce qu’on est venu faire, ici, au bout de nulle part. Tu te fous de moi ? Maria claque sèchement la portière et s’éloigne en fouillant ses poches. Réfugiée sous un abri de pierre qui borde la route, elle allume une cigarette et fume à bouffées rapides. Je suis arrivée chez elle il y a trois quarts d’heure, j’ai juste dit : « il faut que tu viennes avec moi » et elle est venue. Elle espère comprendre pourquoi je la repousse depuis un mois. Je ne réponds plus à ses messages, je refuse toute sortie. Je sais que mon silence la fait souffrir mais je ne parviens pas à lui parler. Comment lui dire maintenant les mots qui s’entassent au fond de ma gorge depuis si longtemps ? J’entends un bruit de moteur dans le virage. C’est lui ! Sa voiture vient d’entrer dans la cour. Il descend, claque la portière et trottine sous la pluie jusqu’à la maison. C’est le moment d’y aller. Maria ! J’ai besoin de toi. Elle a vu la voiture. Elle jette son mégot et revient vers moi. Elle ouvre la portière, s’assoit et pose sa main sur ma nuque. Je ferme les yeux. — Anna ! Dis-moi ce qui ne va pas ! Je ne peux pas deviner. Je ne peux pas entrer dans ta tête et lire tout ce que tu ne me dis pas.  Elle a compris que j’ai peur. Que je crève de peur ! C’est ma peur qui ruisselle sur les vitres de la voiture, mêlée de buée froide. J’ai peur mais je vais descendre de cette voiture. Je vais traverser cette route et frapper à la porte, là-bas. J’ai peur mais je vais le faire. — Écoute… Quoiqu’il se dise, quoiqu’il se passe, Maria, ne me lâche pas ! Je quitte la voiture et je remonte le col de ma veste. Maria me rejoint en ajustant son sac à l’épaule. Je saisis son bras pour traverser la route. La pluie qui s’intensifie nous fait accélérer le pas dans la cour. À gauche se dresse une grange dont la porte menace de quitter ses gonds. À droite, deux carcasses de voitures laissent échapper des filets de rouille dans les flaques. Par l’une des fenêtres de la maison, je devine l’éclat lumineux d’un poste de télé. Devant la porte, je réussis à lever la main pour frapper. Le type ouvre la porte et m’interroge d’un regard neutre. Il ne semble pas me reconnaître. J’improvise. — On vient de Pau. — Et alors ? On entend le générique des infos régionales à la télé. Je ne vais pas y arriver. Mes mâchoires se contractent douloureusement. Il faut pourtant que je rentre. Je souffle en fixant mes pieds. — On a un problème avec la voiture et mon portable ne passe pas, on peut téléphoner ?>>>>> RelectureCamille Frœhlinger-Klein -o-Pour consulter le catalogueSKA (Romans et nouvelles) Une seule adresse : La librairie en ligne http://ska-librairie.net Le blog : http://skaediteur.net
{1} Je pleure/Face au mur/La ville s’éteint.