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Fleur de Neige

De
408 pages
Fleur de Lis et Fleur de Neige sont nées le même jour, à la même heure, dans une province reculée de la Chine du XIXe siècle. Alors que la famille de Fleur de Neige est de la plus haute noblesse, celle de Fleur de Lis n’a connu que la misère ; mais la grande beauté de cette dernière et la perfection de ses pieds lui permettent de devenir la laotong («âme soeur») de Fleur de Neige.
Les deux jeunes filles partagent tout, du supplice des pieds bandés à la réclusion, du nu shu, langage secret inventé par les femmes, à leurs mariages arrangés. Leur amitié, teintée d’une fascination réciproque, grandit au fil des années. Jusqu’au jour où Fleur de Lis découvre que Fleur de Neige l’a trahie. L’amour qui les lie cède alors la place à une jalousie que rien ni personne ne saura arrêter.
Fleur de Neige est un merveilleux voyage dans le temps qui nous fait revivre la tradition ancestrale de l’éducation des jeunes filles dans la Chine impériale. Best-seller traduit dans 23 pays, ce roman chargé de lyrisme et d’émotion pénètre l’une des plus mystérieuses relations humaines : l’amitié féminine.
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La Mort scarabée, Calmann-Lévy, 1998.
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FLEUR DE NEIGE
Traduit de langlais (ÉtatsUnis) par Pierre Ménard
Flammarion
Titre original :Snow Flower and the Secret Fan Éditeur original : Random House, an imprint of the Random House Publishing Group, a division of Random House, Inc. © Lisa See, 2005 Pour la traduction française : © Éditions Flammarion, 2006 ISBN : 978-2-081-34556-0
Dans ce roman, j’ai respecté le système de datation tradi-tionnel chinois. La troisième année du règne de l’Empereur Daoguang, au cours de laquelle est née Fleur de Lis, corres-pond ainsi à l’an 1823. La révolte des Taiping a débuté en 1851 et s’est achevée en 1864. On estime que lenu shu– le code d’écriture secret utilisé par les femmes dans une région reculée, au sud-ouest de la province du Hunan – s’est développé voici environ un millier d’années. Il semble que ce soit le seul système d’écriture au monde à avoir été inventé par des femmes, à leur usage exclusif.
ASSISE AU CALME
Je suis, comme on dit dans mon village, une femme « dont la mort n’a pas encore voulu » – une veuve ayant dépassé l’âge de quatre-vingts ans. Les journées sont bien longues, depuis que mon mari n’est plus là. Je n’ai plus guère de goût pour les plats que Pivoine et les autres jeunes femmes préparent à mon intention. Et les heureux événements qui surviennent couramment sous mon toit m’indiffèrent désormais. Seul le passé m’intéresse encore. Au bout de tant d’années, je suis enfin en mesure de raconter ce que j’ai dû taire autrefois, lorsque je dépendais de ma famille d’origine, puis de celle de mon mari. J’ai une vie entière à raconter. Je n’ai plus rien à perdre et très peu de monde à épargner. Je suis bien trop vieille pour méconnaître mes qualités et mes défauts, qui se sont bien souvent confondus au cours de mon existence. Toute ma vie, j’ai attendu l’amour. Je savais qu’il était indigne de ma part – aussi bien dans ma jeunesse que dans mes années de maturité – d’espérer une chose pareille, mais tel fut pourtant le cas : et ce désir sans fondement a été à l’origine de tous les problèmes que j’ai rencontrés, ma vie durant. Dans mon enfance je rêvais que ma mère fasse attention à moi et finisse par m’aimer, ainsi que le reste de ma famille. Pour gagner cette affection, je leur obéissais – c’était d’ailleurs ce qu’on attendait d’une personne de mon
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sexe – mais je mettais trop d’ardeur à le faire. Dans l’espoir que ma famille me témoigne la plus élémentaire tendresse, j’ai accepté comme on l’a exigé de moi d’avoir les plus petits pieds bandés du district – et donc que mes os soient brisés, broyés, remodelés. Lorsque la souffrance s’avérait insoutenable et que mes larmes mouillaient mes bandages ensanglantés, ma mère venait me parler à l’oreille et m’encourageait à supporter une heure, un jour, une semaine de tourments supplémentaire, en me rappelant le bonheur qui m’attendait si je tenais bon un peu plus longtemps. Elle m’enseignait ainsi à endurer – non seulement les souffrances physiques liées au bandage et plus tard à la grossesse, mais la douleur plus souterraine qui affecte notre cœur et notre âme. Elle mettait aussi l’accent sur mes défauts et m’apprenait à m’en servir, à les retourner en ma faveur. Dans notre contrée, nous appelonsteng aice type d’amour maternel. Mon fils m’a expliqué que, dans l’écriture des hommes, il se compose de deux caractères : le premier signifiedouleur, le secondamour. Tel est l’amour maternel. Le bandage modifia non seulement la forme de mes pieds, mais l’ensemble de mon caractère : et curieusement, j’ai l’im-pression que ce processus s’est poursuivi tout au long de ma vie, me faisant passer de l’état de fillette conciliante à celui de jeune fille résolue, puis de la condition de jeune femme obéissant aux moindres injonctions de sa famille à celle de première dame du district, veillant à la stricte application des règles et des coutumes villageoises. Lorsque j’atteignis la qua-rantaine, la dureté du bandage jadis imposé à mes pieds avait gagné mon cœur, qui résistait si fermement aux injustices et aux reproches qu’il m’était devenu impossible d’accorder mon pardon à ceux que j’aimais. Et qui m’aimaient en retour. Ma seule révolte prit la forme dunu shu, l’écriture secrète qui est chez nous réservée aux femmes. Elle se manifesta pour la première fois le jour où Fleur de Neige – malaotong, mon
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