Fondements des pratiques professionnelles des enseignants

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Ce recueil examine ce qui fonde les pratiques de l’enseignement et les processus d’apprentissage professionnel par lesquels on maîtrise la situation d’enseignement-apprentissage. Les auteurs visent à proposer des modifications à la manière dont on approche la formation à l’enseignement et à mettre à jour les mécanismes de transfert entre la formation professionnelle et la pratique de l’enseignement.
Cet ouvrage témoigne de la centralité de la question des fondements des pratiques de professionnelles des enseignants dans les grandes problématiques éducatives et vise à ajouter au discours sur la pédagogie de l’enseignement.

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Date de parution 23 mars 2011
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EAN13 9782760319493
Langue Français

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Ce recueil examine ce qui fonde les pratiques de l’enseignement et les processus d’apprentissage professionnel par lesquels on maîtrise la situation d’enseignement-apprentissage. Les auteurs visent à proposer des modifications à la manière dont on approche la formation à l’enseignement et à mettre à jour les mécanismes de transfert entre la formation professionnelle et la pratique de l’enseignement.
Cet ouvrage témoigne de la centralité de la question des fondements des pratiques professionnelles des enseignants aux grandes problématiques éducatives et vise à ajouter au discours sur la pédagogie de l’enseignement.
Philippe Maubantprofesseur à la Faculté est d’éducation de l’Université de Sherbrooke et directeur de l’Institut de recherche sur les pratiques éducatives.
Stéphane Martineauprofesseur titulaire du est Département des sciences de l’éducation à l’Université du Québec à Trois Rivières.
Maquette de la couverture : Richard Crookes
Education
www.presses.uottawa.ca
Fondements des pratiques professionnelles des enseignants
des enseignants professionnelles
Fondements des pratiques
Sous la direction de Sous la direction de Philippe Maubant et Stéphane Martineau Philippe Maubant et Stéphane Martineau
Fondements des pratiques professionnelles des enseignants
Fondements des pratiques professionnelles des enseignants
SOUS LA DIRECTION DE PHILIPPEMAUBANT STÉPHANEMARTINEAU
LESPRESSES DE L’UNIVERSITÉ D’OTTAWA
uOttawa © Les Presses de l’Université d’Ottawa, 2011
Les Presses de l’Université d’Ottawa reconnaissent avec gratitude l’appui accordé à leur programme d’édition par le ministère du Patrimoine canadien en vertu de son programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition, le Conseil des Arts du Canada, la Fédération canadienne des sciences humaines en vertu de son Programme d’aide à l’édition savante, le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et l’Université d’Ottawa
Les Presses remercient aussi l’Université du Québec à Trois-Rivières, l’Université de Sherbrooke et le Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante pour l’appui financier apporté à la publication de cet ouvrage.
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada
Fondements des pratiques professionnelles des enseignants / sous la direction de Philippe Maubant, Stéphane Martineau.
Comprend des réf. bibliogr. et un index. ISBN 978-2-7603-0740-7
1. Enseignants—Formation. 2. Enseignement. I. Martineau, Stéphane II. Maubant, Philippe
LB1707.F664 2010
370.71
C2010-906150-0
En hommage à Jean-Pierre Astolfi
TABLE DES MATIÈRES
Préface Pour une reconceptualisation de la formation initiale à l’enseignement au primaire Yves Lenoir
Introduction Philippe Maubant et Stéphane Mar tineau
I D’une approche impressionniste des pratiques enseignantes à une lecture compréhensive des fondements des savoirs professionnels des enseignants Philippe Maubant
II Maîtrise de la situation d’enseignement-apprentissage et savoirs professionnels des futurs enseignants Jacqueline Beckers
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III 115 Les étudiants comme usagers et coconcepteurs des dispositifs pédagogiques. Proposition d’un cadre épistémologique et d’une méthodologie d’investigation de l’usage des dispositifs de formation dans le cadre de l’alternance Daniel Faulx
IV Des savoirs enseignants : des savoirs-processus en prise avec les acteurs, les dispositifs et les théories Michel Grangeat
V Quels sont les savoirs mobilisés dans le discours et dans les pratiques de soutien au transfert des apprentissages des élèves par les enseignants ? Annie Presseau,Stéphane Martineau et Liliane Portelance
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Fondements des pratiques professionnelles des enseignants
VI La situation : pour une meilleure compréhension du processus d’apprentissage professionnel dans la formation des maîtres Lucie Roger
VII Les concepts de représentations de la tâche en ergonomie pour la formation professionnelle des enseignants débutants Hélène Veyrac et Marie-Hélène Bouiller-Oudot
VIII Une modélisation des régulations et de la médiation dans la construction des savoirs professionnels des enseignants Alexandre A.J. Buysse
IX Quel fondement épistémologique pour la pratique enseignante ? Jean-Pierre Astolfi
X Travail, apprentissage et expérience, trois notions critiques dans la conception de la formation des enseignants Patrick Mayen
Postface Théorie et contraintes dans la pratique enseignante
Bernard Rey
Collaborateurs
Index
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243
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Préface POUR UNE RECONCEPTUALISATION DE LA FORMATION INITIALE À LENSEIGNEMENT AU PRIMAIRE
Yves Lenoir
a visée de ce livre, ainsi que l’écrivent en introduction Maubant et L Martineau, est de « comprendre ce qui fonde les pratiques d’en-seignement, en particulier si l’on souhaite apporter ou proposer des amendements significatifs aux dispositifs actuels de formation à l’enseignement et contribuer,in fine, à la réussite scolaire des élèves ». Plus précisément, le collectif convoque plusieurs approches qui interpellent divers dispositifs de formation professionnalisante qui, tous, ont pour raison d’être la préparation de futurs praticiens à un exercice du métier d’enseignant plus eff icace, plus réfléchi, plus centré sur la complexité de la tâche et des situations d’enseignement-apprentissage et, en fin de compte, plus soucieux de la réussite des élèves.
Se trouve dès lors soulevé un ensemble de questions cruciales, allant de la conception de programmes de formation à leur actualisation dans l’enseignement, en passant par la formation elle-même de l’ensei-gnant. Dans le cadre de ce livre, c’est en particulier la confrontation entre la formation universitaire à l’enseignement – son programme et sa mise en œuvre – et les pratiques enseignantes du terrain – incluant les attentes sociales, les contraintes, les contextes, etc. – qui sont au cœur des dif-férentes contributions. Maubant et Martineau expriment cet objectif explicitement : « Analyser et comprendre les programmes de formation à l’enseignement pose plus généralement la question du rapport entre formation et opérationnalisation de l’action professionnelle. »
Est-il besoin, tout d’abord, de rappeler que ce n’est que depuis quelques années seulement que la question des pratiques enseignantes est vraiment et systématiquement considérée dans les travaux de recherche sur l’enseignement dans l’univers francophone et sur la formation initiale
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Fondements des pratiques professionnelles des enseignants
à l’enseignement ? Même dans le cadre de la formation continue, la pratique des enseignants en exercice et leur bagage d’expérience ont généralement été mis entre parenthèses tant par les formateurs de terrain et les formateurs universitaires que par les ministères de l’Éducation eux-mêmes qui, lors de l’implantation des programmes d’enseignement qui se sont succédé au cours du dernier siècle, ont essentiellement tenu des discours impositifs et descendants, peu propices, surtout dans les faits, au développement d’un sentiment de reconnaissance et de prise en compte de l’agir antérieur du corps professoral, de leurs expériences accumulées. Signalons en passant que si les référentiels de formation à l’enseigne-ment et d’enseignement existent et se succèdent, tel n’est pas le cas en ce qui a trait aux référentiels professionnels, toujours inexistants (Lenoir et Bru, sous presse). Or, en concevoir requiert de bien connaître les pratiques enseignantes, ce qui demeur e aujourd’hui un chantier essentiel encore à développer.
S’il est permis de cerner d’un point de vue sociohistorique les facteurs qui ont conduit à ignorer, sinon à dévaloriser, les pratiques du terrain (Lenoir, 2008 ; Lenoir, Larose et Dirand, 2006), depuis quelques décennies la recherche s’est penchée, avec différents regards et à partir de référents théoriques et conceptuels distincts, sur l’action de l’enseignant en situation. Toutefois, la nécessité de concevoir la formation initiale à partir de la pr atique professionnelle émane d’abord de domaines professionnels autres. En est la preuve la progressive montée en force de la préoccupation pour l’a gir de l’homme de métier ou du pr ofessionnel, découlant des transformations sociales, économiques, technologiques et culturelles, e e depuis la fin du XIX siècle, mais aussi de l’ébranlement au XX siècle de la science et du système des disciplines scientif iques, qui a conduit à une revalorisation de la pratique, ce dont témoigne bien, parmi de nom-breux travaux, ceux de Bourdieu (1980, 1987). C’est ainsi, toujours à titre illustratif, que la formation médicale à l’Université de Sherbrooke a été repensée pour adopter depuis près de 20 ans un apprentissage par résolution de problèmes (PBL ouproblem-base learning) fondé sur l’étude de cas réels en contexte fonctionnel et sur l’abandon par le fait même de tout ensei-gnement magistral, allant jusqu’à la suppression des salles de cours. De même, certaines formations des ingénieurs dans la même université sont aujourd’hui conçues en recourant à une approche par projets (APP).
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Préface
Sans revendiquer pour autant le recours à des modèles semblables, la formation initiale à l’enseignement se doit d’être, de notre point de vue, reconceptualisée pour éliminer un certain nombre de tensions haute-ment problématiques que les résultats de nos travaux de recherche, comme bien d’autres d’ailleurs, ont mis en évidence. Nous en relèverons quatre.
Premièrement, les activités de formation à l’enseignement sont toujours conçues de manière additive, cumulative, et si, entre autres à l’Université de Sherbrooke, des activités de synthèse ont été intro-duites dans les nouveaux programmes de formation du baccalauréat en enseignement préscolaire et primaire à la Faculté d’éducation, elles demeurent toujours peu intégratrices. La vision d’une formation fondée sur un cumul de savoirs pose la double question du processus d’intégration de ces savoirs conceptuellement et au sein des prati-ques effectives. Malgré les acquis de la recherche sur les processus d’apprentissage, la formation repose toujours en réalité sur la rétention des faits de connaissance et sur l’invocation du miracle ou sur sa croyance en ce qui concerne les processus cognitifs intégrateurs et mobilisés dans les pratiques.
Deuxièmement, en lien direct avec le premier point, les formations dans les didactiques des disciplines, elles aussi fermées sur elles-mêmes et naviguant en solitaire, ont du mal à s’inscrire dans la logique fondamentale de la professionnalisation du corps enseignant. Cette fermeture et cet isolement monodisciplinaires se heurtent aux finalités socioéducatives de l’école actuelle, qui lie instruction, socialisation et qualification (Lenoir, à paraître), et à celles de la professionnalisation du corps enseignant, qui ne peut plus reposer sur la seule maîtrise disciplinaire comme lieu identitaire. Ils ne peuvent qu’accroître les problèmes d’utilisation de ces didactiques chez un enseignant du primaire (un généraliste), par exemple, qui intervient dans plusieurs champs disciplinaires dont les fondements doivent être questionnés au plan épistémologique (Sachot, 1993). Ce même enseignant devrait alors prendre en compte une dizaine de didactiques qui s’ignorent entre elles. Bien plus, il aurait à les articuler entre elles pour pouvoir développer des approches inter-disciplinaires demandées par les directives officielles. De plus, il devrait concevoir et actualiser des situations signifiantes pour l’enfant
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