Grand-mère
53 pages
Français

Description

Mame, la grand-mère du narrateur, est l'héroïne de « Grand-mère », le premier roman de Makhoudia Sow. C'est avec tendresse qu'est évoquée cette femme qui l'a élevé et guidé ses premiers pas dans la vie. Au faîte de sa carrière, habitué des honneurs, de l'argent et membre de la jet-set, Mambaye Sarr se remémore le passé : ses jeux d'enfant, l'épisode de sa circoncision, l'école, ce fameux jour où il obtint son baccalauréat et surtout Marne qui n'était plus là pour assister à son succès et à qui il devait tout. Au-delà d'une simple histoire de famille, Grand-mère est le récit de la rencontre de l'Afrique traditionnelle et du monde moderne, représenté à travers l'Europe, puis à travers Dahra, la capitale de l'État du Bourba. Makhoudia Sow brosse le tableau d'une Afrique qui se cherche et qui refuse d'oublier ses racines, d'une Afrique qui malgré ses problèmes, se veut optimiste et qui continue à vivre au rythme des danses traditionnelles jusque dans ses villes.

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Date de parution 01 janvier 2018
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EAN13 9782379180125
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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L’immeuble se dresse dans une rue qui porte le nom d’un ancien Président de la République Française, en plein centre de la ville d e Dahra, capitale du Bourba, État Africain au sud du Sahara. Avec ses formes résolume nt modernes, son intérieur tout en marbre de Carrare et ses duplex bien pensés, il est l’un des plus beaux édifices de la ville.
Au dernier étage, dans un appartement qui allie lux e et sobriété, révélateurs d’un raffinement et d’une classe indéniables, un homme s eul se tient face à une large baie vitrée, un verre dans une main, un cigare à l’autre . Excepté lui, le bâtiment est entièrement vide, il vient d’être achevé.
Il regarde en bas les derniers ouvriers, rangeant, nettoyant le chantier terminé dans la vaste cour qui donne sur une rue adjacente. Face à lui s’offre une vue magnifique. Dans un premier pian, les toits de la vieille ville de Dahra avec ses tuiles rouge brique datant de l’époque coloniale; à l’arrière, étonnamm ent proche à vol d’oiseau, s’étend, belle comme seule la mer peut l’être, l’océan Atlan tique.
Il s’appelle Mambaye Sarr, c’est le même nom qui es t gravé à l’entrée des bureaux en bas de l’immeuble. Une musique agréable aux oreille s sort des haut-parleurs disposés un peu partout dans l’appartement. Il a emménagé de puis deux jours. Arrivé à l’accomplissement d’une vie remplie de succès, seul face à lui-même, il éprouve des sentiments controversés, non pas pour s’il fallait faire ce qu’il a fait ou non, mais maintenant que c’est fait, cela prend beaucoup moin s d’importance pour lui.
Les yeux rivés sur l'océan, il se remémore son pass é. Il pense surtout à celle à qui il doit tout ceci, sa grand- mère, Amy Sow.
Amy Sow avait mis au monde six enfants avec son mar i, Mambaye Thiam. L’aîné se nommait Abo, puis vint Marie, suivirent Mahécor, An ta, Ada et enfin la cadette Fatou, Marie Thiam, la plus âgée des filles, était mariée avec Modou Sarr, ils formaient un jeune couple de fonctionnaires aisés, sans plus. Lo rsqu’elle fut enceinte de son premier enfant, son père Mambaye mourut. Il fut un des premiers fonctionnaires indigènes, de l’administration coloniale. Formé à l ’école Occidentale, il en avait adopté aussi bien les manières que la culture, transmises d’ailleurs à ses enfants. Peut-être que cela avait un rapport avec le fait que son prem ier fils Abo, soit marié avec une Normande.
Pour tous, aussi bien dans la famille que dans le q uartier ou elle habitait, Amy Sow, c’était Mame Amy, Mame signifie grand-mère dans la langue locale. Lui, il l'appelait tout simplement Mame.