HISTOIRE D'HABITS MAGIQUES

-

Livres
128 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Pour percer les secrets de la garde-robe des fées, « la caravane des contes » s'aventure sur d'étranges sentiers couleur de soie et d'or. Au cours de ce périple enchanté, tour à tour brodé d'ombre et de lumière, les amoureux des contes découvriront un univers magique peuplé d'étonnantes parures. Fièrement, la souris s'y pavane vêtue d'un manteau en métal précieux et le soleil y arbore d'éblouissantes jambières de feu. Amis de la destinée, robes, turbans, voiles et chapeaux portent chance ou malheur à leurs propriétaires. Quant aux chaussures, elles marchent toutes seules et se changent en oiseaux pour permettre à celui qui les chausse de traverser les cieux à fleur de nuages !

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 56
EAN13 9782373800579
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0038 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
La caravane des contes
Isabelle Lafonta
Histoires d’habits magiques
Illustrations de Claire Degans
Flies France
A ma famille, amoureuse de belles étoffes couleurs de rêves, et à ma grandmère, adorable couturière aux doigts de fée qui œuvra longtemps pour le monde magique de la haute couture.
Les jambières de feu
Conte des Indiens d’Amérique du Nord
Il y a longtemps, bien avant A défaut d’avoir la que la terre soit peuplée par les couleur du soleil, les hommes, le soleil envoya le vent jambières des Indiens annoncer sa venue à tous les d’Amérique du Nord étaient taillées dans une êtres vivants. Respectueuse peau de cerf. Les pattes arrière s’attachaient ment, les fleurs inclinèrent leurs à une ceinture qui retenait l’ensemble du corolles pour saluer l’astre d’or. vêtement. L’arrière de l’animal formait le Perché sur la souche d’un vieux haut de la jambière qui couvrait la cuisse. Quant aux pattes avant, elles recouvraient pin, le bruant jaune tambourina partiellement la cheville et traînaient sur le du bec sur le tronc en clamant : sol, effaçant ainsi les empreintes. Solidement – Le soleil est enfin réveillé, cousues avec le nerf de l’animal, elles étaient décorées de longues franges et ornées degloire à lui ! broderies réalisées avec des piquants de Aussitôt, les passereaux des porc-épic. broussailles entonnèrent leur chant matinal. Sur les branches des aulnes voisins, les merles leur donnèrent la réplique jusqu’à ce que tous les êtres vivants ouvrent les yeux. Au pied des fougères géantes, les biches réveillèrent leurs faons afin qu’ils rendent hommage aux rayons du soleil. Et même la truite tachetée nagea vers la surface de la petite crique où elle vivait afin de saluer l’aube naissante.
5
Mais profondément endormi au pied d’un épicéa, Vieil Homme continua paisiblement à ronfler. Les animaux et les plantes avaient beau frémir de joie en voyant le soleil se lever, Vieil Homme ne sou leva même pas une paupière ! Alors que les oiseaux le regardaient avec consternation, l’écureuil eut une idée. Quatre à quatre, il esca lada le tronc de l’épicéa après avoir saisi une petite pomme de pin dans sa gueule et lâcha cette dernière sur le nez de Vieil Homme en hurlant : – Debout paresseux ! Il est temps de te réveiller ! Frottant ses paupières d’un air bougon, Vieil Homme s’assit etouvrit les yeux juste à temps pour voir le soleil se lever. Revêtu de sa tunique de chasseur, l’astre avait enfilé ses jambières de feu et avan çait à grands pas dans les fourrés, les faisant ainsi flamboyer jusqu’à ce que les cerfs et les élans sortent de leurs cachettes. – Salut soleil, grommela Vieil Homme. Que voilà de splendides jambières ! Avec leur aide, la chasse doit être un jeu d’enfant, car en illuminant les fourrés, elles font sortir tous les animaux de leurstanières et aucun d’eux ne peut t’échapper. Je t’en prie, prêtemoi tes jambières de feu, afin que je puisse moi aussi chasser sans peine et manger chaque jour à ma faim. – Très bien, répondit le soleil en souriant. Prendsles donc et voyons de quoi tu es capable ! Vieil Homme était aux anges, car il était très paresseux et pensait désormais pouvoir chasser avec autant de succès que le soleil sans avoir à lever le petit doigt. Ravi, il enfila prestement les jambières
6
flamboyantes et bondit vers les fourrés, car il était affamé. Oui, mais voilà ! Plus il avançait, plus les jambières lui brûlaient les cuisses et les mollets. Et plus il courait vite, plus elles grillaient sa peau. Rôtissant sous l’ardente chaleur dégagée par les jambières magiques, Vieil Homme se mit à gémir de douleur en implorant le soleil devenir à son secours. Mais l’astre fit la sourde oreille. Sur des charbons ardents, Vieil Homme se mit à courir droit devant lui, de plus en plus vite, et traversa tout le pays comme une flèche en enflammant les fourrés et les prairies partout où il posait le pied.
Heureusement, il finit par arriver sur les berges d’un ruisseau et plon gea ses jambes dedans pour se rafraîchir. A leur contact, le ruisseau se mit à fumer et à bouillonner, car les jambières du soleil étaient incandescentes. En toute hâte, Vieil homme ôta les jambières magiques et les jeta sur la berge où le soleil moqueur vint les ramasser. – Vieil Homme, ditil, les habits du soleil sont trop grands pour toi. Depuis, Vieil Homme a compris la leçon et se contente de chasser à sa manière sans envier les talents d’autrui !
Le tailleur et l’église hantée
Conte écossais
Au temps jadis, un petit tail Connais-tu le costume leur écossais célèbre pour sa vail traditionnel des lance eut le grand honneur d’êtreEcossais ? Il est taillé dans un tartan, unemandé au château de Saddell par étoffe de laine ornée le châtelain en titre, lord MacDo de carreaux de tailles variées.Tissé dans la nald. région des Highlands, le tartan était jadis Ce dernier lui commanda un utilisé pour la confection des plaids, grands coupons rectangulaires de 4,50 m surkilt de cérémonie avec un veston1,50 m, lesquels servaient à la fois de assorti. Puis, il ajouta en regar e couverture et de manteau. Jusqu’au XVIII dant le petit tailleur droit dans les siècle, le plaid était le seul vêtement de la yeux : majorité des Highlanders. La nuit, ils – Si tu parviens à coudre mas’enroulaient dedans pour dormir. Le jour, commande en une nuit à l’inté ils passaient la partie supérieure autour de leurs épaules et la serraient à la taille avec rieur de l’église, je te promets que une ceinture de cuir. Plissée autour du tu seras richement récompensé. corps, la partie inférieure formait alors une L’église en question avait en jupe ou kilt. effet la réputation d’être hantée et chacun murmurait qu’à la nuit tombée des choses effroyables s’y déroulaient. Bien sûr, le pe tit tailleur n’ignorait pas les racontars sinistres qui couraient sur
10