129 pages
Français

HISTOIRES DE NOTES ET D'ENTRECHATS

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Description

Tambour battant, la caravane des contes t'invite à découvrir d'un pied léger le royaume de la musique. Ensorcelé par le chant de la flûte d'amour et du pipeau d'or, tu y découvriras la curieuse danse du Coyote et de l'étoile filante ainsi que la fabuleuse origine du violon et de la vièle à tête de cheval. Puis, si le cœur t'en dit, une tortue virtuose te donnera un coup de harpe, à moins que tu ne préfères apprendre avec la petite Kumatu un refrain capable de triompher des plus terribles géants ?

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Nombre de lectures 3
EAN13 9782373800494
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Tambour battant, la Caravane des contes se t’invite à découvrire d’un pied léger le royaume de la musique. Ensorcelé par le chant de la flûte d’amour et du pipeau d’or, tu y découvriras la curieuse danse du coyote et de l’étoile filante ainsi que la fabuleuse origine du violon et de la vièle à tête de cheval. Puis, si le cœur t’en dit, une tortue virtuose te donnera un cours de harpe, à moins que tu ne préfères apprendre avec la petite Kumatu un refrain capable de triompher des plus terribles géants ?
ISBN 978-2-910272-68-5
14,50 euros
Isabelle Lafonta
Histoires de notes et d’entrechats Histoires de notes et d’entrechats
Isabelle Lafonta
Illustrations de Joanna Boillat
Flies France
La caravane des contes
Isabelle Lafonta
Histoires de notes et d’entrechats
illustrations de Joanna Boillat
Flies France
Pour ma marraine, Léna et Quentin, Isabelle
Pour ma petite fille Louise, Joanna
Le chasseur et la flûte d’amour
Conte sioux
Il y a de nombreuses générations de cela, les hommes avaient des tambours et des maracas, mais pas de flûtes. A cette époque reculée, un Indien décida un jour d’aller chasser. Longtemps, il marcha sur les traces d’un élan avant d’apercevoir son gibier. C’était un archer talentueux et, justement, il avait avec lui un nouvel arc et un carquois rempli de flèches. Pourtant, l’élan restait toujours hors de portée, le conduisant à chaque pas de plus en plus loin de chez lui. Le jeune homme était si absorbé qu’il regardait à peine où il mettait les pieds. C’est ainsi que le crépuscule le surprit au cœur de la forêt. Dans l’obscurité, il réalisa qu’il s’était perdu. Heureusement, il se retrouva sur les berges d’un cours d’eau. Et comme il avait pris la précaution de se munir d’un sac rempli de viande et de baies séchées, il put se restaurer. Rassasié, il s’adossa au tronc d’un arbre pour dormir. Hélas ! La forêt résonnait de sons si étranges qu’il lui fut d’abord impossible de fermer un œil. Jamais les cris des bêtes ne lui avaient paru aussi lugubres, les hululements des hiboux aussi solitaires et les craquements des branches aussi sinistres. Soudain, un son surnaturel lui déchira les oreilles. On aurait dit la plainte mélancolique d’un fantôme. Terrifié, le chasseur empoigna son arc. Mais finalement, comme le son inconnu ressemblait à un chant d’amour, tantôt désespéré, tantôt rempli d’espoir, il finit par s’assoupir. Bercé par cette étrange mélodie, il rêva qu’un pic à tête rouge était à l’origine de ce chant ensorceleur. – Suis-moi et je t’apprendrai le secret de mon chant, lui disait l’oiseau. Le lendemain, à son réveil, l’Indien aperçut un pic rouge perché sur une branche. Aussitôt, l’oiseau voleta d’arbre en arbre, comme pour l’inviter à
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le suivre. Puis, il se mit à chanter et le La flûte d’amour est aussi appelée chezchasseur reconnut l’air étrange qui avait les Siouxsiotanktapiqué sa curiosité. Intrigué, il se lança à ou « le bâton qui sa poursuite. Après une longue course, chante ». En bois de cèdre, elle l’oiseau se posa sur un cèdre et piqua de comporte de quatre à sept trous. son bec une petite branche, la faisant Destinée à courtiser les jeunes filles, elle possède un son très doux. résonner comme un tambour. A cet Le musicien se place toujours dans instant le vent se leva et le chasseur eut le sens du vent pour que celui-ci l’impression qu’un chant pareil à celui de guide sa mélodie vers sa bien-la nuit précédente s’élevait de la branche aimée. Les amoureux incapables d’en jouer ne sont heureusementmorte. En s’approchant, il réalisa que la pas laissés pour compte, car il leur mélodie était produite par le vent qui suffit de s’assurer les services d’uns’engouffrait dans les trous creusés par flûtiste membre de la confrérie le bec de l’oiseau. des « rêveurs d’élan » ! – Cèdre, mon ami, laisse-moi rapporter cette branche chez moi, implora l’Indien. Bientôt, il t’en poussera une autre pour la remplacer. Et il coupa la branche percée de trous, laquelle était aussi longue que son avant-bras. Puis, il rentra chez lui et s’efforça patiemment de faire chanter la branche de cèdre dans son tipi. Hélas ! Il eut beau la faire tournoyer et souffler dedans de toutes ses forces, pas un son ne se fit entendre. Désolé, il se rendit au sommet d’une colline pour méditer. Là, il s’adossa à un rocher et jeûna pendant quatre jours et quatre nuits, suppliant le Grand Esprit de lui envoyer une vision. Au milieu de la quatrième nuit, il rêva enfin du pic à tête rouge. – Regarde-moi bien ! lui dit l’oiseau. Aussitôt, le volatile prit la forme d’un musicien, lui montra comment faire chanter la branche muette et, surtout, lui enseigna comment fabriquer d’autres branches chantantes. A son réveil, le jeune homme découvrit qu’un
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cèdre avait poussé durant son sommeil. Comme il se souvenait de tout, il cassa une de ses branches et la façonna suivant la méthode du pic rouge. Soigneusement, il sculpta le bois de manière à lui donner la forme d’un oiseau stylisé au long cou, avec le bec grand ouvert. Puis, il perça la partie qui figurait le cou de plusieurs petits trous. Enfin, il teinta la tête de l’oiseau en bois à l’aide de pigments rouges. Satisfait, il remercia le Grand Esprit et parfuma l’instrument en le plaçant au-dessus d’un feu où il fit brûler des feuilles de sauge, de l’écorce de cèdre et de petits fagots de fines herbes. Enfin, il plaça ses doigts sur les trous, et souffla dans le bec qu’il avait sculpté. A sa grande joie, le chant mystérieux qui l’avait tant charmé s’éleva du nouvel instrument. Captivés par cette étrange mélodie, tous les membres de sa tribu accoururent et le couvrirent de louanges. Or, le chef de la tribu avait une fille aussi belle qu’orgueilleuse. Jusqu’alors aucun soupirant n’avait trouvé grâce à ses yeux. Nanti de son nouvel instrument, l’Indien, qui était secrètement amoureux d’elle, composa une magnifique mélodie à son intention. Par une belle nuit, il se cacha derrière un arbre et joua de tout son cœur, persuadé que le nouvel instrument recelait un charme qui lui permettrait de gagner le cœur de la farouche jeune fille. Justement, celle-ci mangeait dans le tipi de son père. Curieusement, dès qu’elle entendit le chant de la flûte, elle se sentit déchirée jusqu’au fond de son âme. Sa raison lui dictait de finir son repas, mais ses pieds semblaient impatients de la conduire dehors. Et plus elle résistait, plus ses pieds la tiraient en direction du musicien. Obstinée, sa raison lui conseillait de ne pas bouger, car le jeune homme était pauvre. Mais ses pieds ensorcelés par la musique la guidaient irrésistiblement vers le joueur de flûte. Bon gré mal gré, la fille du chef se retrouva donc devant le jeune Indien. Sa raison eut beau lui ordonner de se taire, ses pieds triomphèrent et délièrent sa langue :
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