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Hodierne de Rethel

De
389 pages
De 1100, date de sa fondation à 1228, date du décès d'Isabelle de Brienne, il y eut onze reines de Jérusalem : Mélisende, Sibylle, Isabelle, Marie de Jérusalem-Monferrat, Isabelle de Jérusalem-Brienne, qui épousa l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen, avec elle s'éteignit la lignée directe des reines de Jérusalem. C'est l'histoire de ces reines que je me propose de conter ici, ainsi que celles des princesses de Terre sainte. Leur histoire est émouvante et mérite d'être connue.
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Hodierne de Rethel
© manuscrit.com, 2002 ISBN: 2-7481-2561-4 (pour le fichier numérique) ISBN: 2-7481-2560-6 (pour le livre imprimé)
Elyane Gorsira
Hodierne de Rethel Les Reines de Jérusalem et les Princesses de Terre sainte
 Roman
manuscrit.com 5bis, rue de lAsile Popincourt 75011 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.com
RETHEL
A laube de lan mille la petite ville de Rethel séveillait à lhistoire. Située à la pointe occiden-tale de la pénéplaine ardennaise elle se blanchissait à la craie des massifs champenois. Créée par les Ro-mains au début de notre ère afin dy commander le passage de lAisne reliant les grands axes routiers de Reims à Trêves, elle avait été entourée dépaisses murailles. Au nord, assise sur une butte de forme co-nique sélevait une grosse tour octogonale que lon pensait être de cette époque, elle devait servir dob-servatoire. e Tout au début du XI siècle Manassès, le premier comte de Rethel y avait érigé un château fort, impo-sant et redoutable il dominait la vallée de lAisne. Cent ans plus tard une adolescente aimait en escalader le donjon au petit matin alors que le ciel tendrement silluminait de flammèches cendrées. La nature à demi éveillée éblouissait les quatorze ans dHodierne, elle chérissait cette contrée crayeuse sèche et plate au silence envoûtant, où le ciel avait tout loisir de simposer. Du haut de sa tour solitaire en ces matins de juin, elle laissait son regard errer à lhorizon et suivait rêveuse, la course des nuages ourlés dor et de rose, une brise légère caressait la pierre grenue où saccoudait la jeune fille, elle entendait vaguement les bruits matinaux avant-cou-reurs du jour nouveau. Dans le galop dun cheval
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perçu au loin venant de lest, ses pensées séga-raient, elle revivait Rethel tel que dans les contes, ses frères aimaient la lui enseignerIl y avait -disaient-ils- il y a très longtemps de cela, peut-être plus de six cents ans, un jeune couple gallo-romain, Cyriaque et Quintienne qui se désolaient de navoir pas denfants, aussi avaient-ils avaient fait le voyage jusquà Reims la ville proche, pour y ren-contrer Rémi lévêque de la cité, celui qui quelques années auparavant en 496, avait baptisé Clovis. Ils lui confièrent leurs soucis et ils lui donnèrent tout ce quils possédaientin villa reistete, afin dobtenir du ciel un fils par son intercession. Quelques mois plus tard leur souhait avait été exaucé et avait mis le comble à leur joie, un fils leur était né quils prénom-mèrent Arnould. Fidèles à leur promesse ils offrirent au saint évêque leurvilla reistete, que plus tard on appellerait Rethel. Hodierne aimait lire la « Vie de saint Arnould » où tous ces beaux faits étaient contés, et surtout illustrés par de merveilleuses enluminures, Baudouin lun de ses frères de huit ans son aîné, la taquinait souvent en lui disant quil était bien improbable que Rémi mort en 533, ait pu connaître les parents dArnould puisque ce dernier navait vu le jour quen 580. « Mais pourquoi -sécriait-elle- pourquoi alors ra-conter cette histoire ? - Simplement pour établir par le lien de Rémi, un rapprochement entre le fondateur de la monarchie franque qui dans leau lustrale amena notre pays à devenir la fille aînée de lÉglise et lancêtre de Char-lemagne, car Arnould est bien lancêtre de notre em-pereur- Comment cela ? - Arnould avant de devenir évêque de Metz en 614 avait été marié et il avait eu deux fils, lun deux Anségise était le père de Pépin dHéristal.
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- Pépin dHéristal nétait-il pas lui-même le père de Charles Martel ? - Oui, Charles était son fils naturel et cest lui que lHistoire retiendra, puisque le fils de Charles, Pépin le Bref deviendra le premier roi franc carolingien et que son petit-fils sera Charlemagne. - Cest donc lui Charles Martel un bâtard, lauteur de la dynastie carolingienne ? - Eh la belle comme tu y vas, un bâtard de la géné-ration de nos parents devint bien roi dAngleterre ! - Mais je ne suis pas choquée mon frère, tout juste amusée de constater que le vainqueur des Sarrasins à Poitiers et Guillaume le Conquérant aient des points semblables. Dautant plus que nous-mêmes et nos cousins de Boulogne descendons aussi de ce bâtard, 1 par notre grand-mère commune. » Hodierne aimait se rappeler les longues discus-sions quelle tenait avec son frère, ils y épuisaient toute leur dialectique et se plaisaient ainsi en analy-sant le passé à sévader dans le futur. Parfois elle ne tenait pas compte des arguments proposés par Bau-douin et restait sur ses positions ; ainsi en était-il de la vie de saint Arnould, les enluminures en étaient si belles et le développement tellement simple ! Elle aimait feuilleter les récits hagiographiques et prenait un intérêt toujours croissant à les consulter lorsque le chapelain ou Mélisende sa mère ouvraient les livres aux lourdes armoiries.
1.
Gerberge, descendante de Charlemagne avait été mariée en premières noces à Lambert comte de Louvain ; leur petite-fille Mathilde de er Louvain, épousa Eustache 1 de Boulogne et ils eurent deux enfants : un fils, le futur Eustache II de Boulogne (père dEustache III, de Godefroy de Bouillon et de Baudouin, premier roi de Jérusalem) et une fille Judith qui se maria avec Manassès III, comte de Rethel (grands-parents de Baudouin de Bourcq et dHodierne de Rethel). En deuxièmes noces, Gerberge épousa Gozelon duc de Lotharingie et leur petit-fils Gozelon duc de Haute-Lorraine, serait le père de Godefroy le Bossu et dIda dArdenne (qui épouserait Eustache II de Boulogne). Voir : le tableau généalogique de la Maison dArdenne et de Boulogne en fin de volume.
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Quant à Hugues son père il préférait ne pas trop sappesantir sur cette donation, car le fait était quAr-nould à défaut de ses parents, avait effectivement octroyé Rethel à larchevêché et en 970 Adalbéron alors archevêque de Reims en avait fait don, avec dautres domaines, à labbaye de Saint Rémi. Adalbéron de la Maison dArdenneHodierne souriait et pensait à Gervais le second de ses frères, celui qui venait dentrer dans les ordres, peut-être se-rait-il un jour son successeur ? Lavenir était mysté-rieux, insondable. La jeune fille écoutant le chant des oiseaux en ce matin printanier, était loin de se douter que Ma-nassès son frère aîné, celui qui aurait dû devenir le quatrième comte de Rethel, mourrait en 1114, que Gervais le puîné devenu effectivement archevêque de Reims, succèderait néanmoins à son père mort en 1118, peu avant que Baudouin son troisième frère ne fût sacré roi à Jérusalem. Cétait auprès de Gervais le futur archevêque, quelle apprenait avec sa sur Mathilde de quelques années plus âgée quelle, lhistoire de sa famille si intimement liée à celle de leurs cousins les comtes de Boulogne et les ducs de Lorraine. Adalbéron était le frère cadet de Godefroy lAn-cien comte de Nethingen, de Verdun, du Hainaut et avoué de Mouzon. Godefroy lAncien avait eu pour fils Gozelon le Grand duc des Deux-Lorraines, comte dArdenne et de Bouillon dont le fils Gode-froy le Barbu devint duc de la seule Basse-Lorraine et ce dernier eut parmi ses enfants Godefroy le Bossu et Ida dArdenne. Ida avait épousé Eustache II, comte de Boulogne et frère de Judith la grand-mère dHodierne ; la comtesse de Boulogne avait donné le jour à trois fils et Godefroy son puîné né en 1060, hérita de son oncle Godefroy le Bossu mort sans des-cendance du duché de Basse- Lorraine.
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Adalbéron larchevêque pour en revenir à lui, pré-voyait vers 970 des troubles probables dans ses do-maines du nord, aussi désirant les protéger donna-t-il à son frère Godefroy lAncien, le titre davoué du Mouzonais (englobant toute la région de Mouzon dont le petit village de Sedan). Ce titre davoué était porté par un seigneur laïc chargé de veiller sur les biens du clergé, était-ce en songeant à cette fonction, quun homme de son lignage prit cent vingt-neuf ans plus tard, celui davoué de Jérusalem ?
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