Ils brûleront des hommes
223 pages
Français

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Ils brûleront des hommes

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Description

À Koura, petite ville reculée du Niger, la soudaine arrivée d’un riche et grandiloquent religieux islamiste va bouleverser le quotidien paisible des habitants.


Officiellement, le Cheick Youssouf Souleymane est un homme de foi, animé du seul désir de servir les fidèles. Mais Halima, une jeune fille passionnée de livres, est persuadée qu’il cache quelque chose. Elle voit dans l’attitude de cet homme les signes annonciateurs d’un terrible évènement, mais ignore lequel.


Aidée d’une poignée de personnes, elle décide de mettre à nu les véritables desseins de Youssouf Souleymane, dont le discours radical séduit de plus en plus en plus de jeunes...




Alliant réalité et fiction, « Ils brûleront des Hommes » est un voyage dans les interstices d’un vaste territoire exposé aux menaces de l’extrémisme islamiste. Il nous propose d’aller à la rencontre d’une jeunesse oubliée, affectée par la pauvreté, qui tente tant bien que mal de garder espoir dans un monde qui ne semble plus en mesure de lui en offrir. Ce livre est également un plaidoyer pour l’école, ultime rempart contre l’obscurantisme, mais hélas, bien trop souvent reléguée au second plan.

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Publié par
Nombre de lectures 3
EAN13 9782368450970
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

1

©2016–ISEdtion
MarseileInovation.37rueGuibal
1303MARSEILLE
www.is-edition.com

ISBN(Livre): 978-2-36845-096-3
ISBN(Eboks): 978-2-36845-097-0

ResponsableduComitédelecture: PascaleAverty
Directriced'ouvrage: MarinaDiPauli
Ilustrationsdecouverture: ©Shuterstock

Colection«Faitsdesociété»
Directeur: HaraldBénoliel

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del'articleL.35-2etsuivantsduCodedelapropriétéintelectuele.

RABIOUTARO

ILS BRÛLERONT
D E SH O M M E S

RÉSUMÉ

ÀKoura,peitevillueér ceiNegd ua sor, lne audaierivéed’unricheet
grandiloquent religieux islamiste va bouleverser le quotidien pasibledes
habitants.
Oficielement,leCheickYousemmo ed ,iof nuh se tna eelmy Sououf
animé du seul désir de servir les fidèles. Mais Halima, une jeune file
pasione éadéeersuil c qu’vieredl tsp ,se cholque queacheEes .levoit
dansl’aitudedecethommelessignesanonciatet eru s’dnurible
évènement,maisignorelequel.
Aidéed’unepoignéedepersones,eledécidedemetreànules
véritablesdeseinsdeYousuoS myel,enanod let is durcoras l caoduif
séduitdeplusenplusenplusdejeunes…

Alsnl se yoga eadest un vommes » d tnH seûrb orel «n,ls Ifit ioctéte aéiltnr ai
intersticesd’unvasteteritoirede lces rémi’extso épxemanua xl emsalsitsimI .e
nousproposed’aleràlarencontred’unejeunese oubliée, afectéeparla
pauvreté, qui tente tant bien que mal de garder espoir dans un monde qui ne
sembleplusenmesuredeluienofre est é. Ce livrri uryedopor nu ialpelagtnem
l’école, ultime rempart contre l’obscurantisme, mais hélas, bien trop souvent
reléguéeausecondplan.

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DÉDICACE

Àmonpère,monroi,uneétoilequibrilelc ei led e dans
mesnuits.

Àmamère,mabéquile,mabousa de lert dés seld naoel
vie.

Àmesprinces,ÉmlienetAmaury.Vousêtesd'unel
deJustes.Jevouscommandedefairedelajustice
combat.

ignée
votre

Auxmlitaires,mesfrèresdeluts lertmas yr pdulpue .ee ,
Onvoustuemaisonnevousdéshonorepas.

5

PREMIÈREPARTIE

Despeursetdesrêves

«Laterenousenaprendplus. vress liuot el ssuoneuq r u
Parcequ’elenousréislis e dnauq ervuocéd see mmhoL’. te
mesureavecl’obstacle.Maispourl’ateindre,iluifautun
outil.»
AntoinedeSaint-Exupéry,«Teredeshommes»

6

Mardi24décembre,veiledeNoël

Commechaqueanéeencet eurheseeuir cnscoatcn,el aepitevilede
Yaba, nichée sur les rives de la Bénoué, se prépare pour la grand-mese
enl’honvant able. Deplap tse esueigiel rurveer fLa. sésutnJ nEaf e’lur de
l’église – vieux bâtiment aux murs décrépis –, c’est la cohue. Mais bien
quetumultueuse,l’ambianceestjoyeuse,lesacleureuses. Le lodasec ah
souireestsurtoutesleslèvres.
Lesdiscusionsvontbontrain; estlitétonala tcréacaret ,f ros detiise qu
ethniesdecetentre duion du c .oHmmseN gireaisemmef , te egér
enfants se disputent l’étroite entrée du lieu de culte, puis s’asoientsur
leschaisessoigneusementagencées.Pourl’oc ssaoi,ni sl ont revêtu leur
plusbeleet sesnuMê. lmedéa ,erbos aitnoocartnréd i’, enieuréral gén
reprisdescouleurs.Desguirlandesornentlestapiseriesartisanalesaux
motifs variés et délimitent la place aménagée pour l’orchestre qui, dans
quelquesminutes,acues. Certains fic ahtn silutgrqioagmpranees l selèd
vienentdetrèsloin.Ilsontquité,enfamile, vi leslagesenvironantsà
dosd’âneousurdescharettceé sapset ar sunev tnos sIl. eschvas der
demander la grâce divine et, par là même, jouir des bons oficesdela
communauté.
Danslefonddel’église,lescusinières–grosf seemmeua srb x as
charnus–s’afairent.Elesaportentdelanourdet eretuiiob ssonsqui
seront servies après les prières. Le menu est varié. L’odeur de griladeet
d’ignamepiléechatouiln uq sep iuasértnegnteu, sepicérs él seenisen ra
longmomentderégal.Deshommesauxmusclessailt on ftsan al
navete,portantdescaisos n sum stosiatsuiai f dusfre edj e tèieredb es
l’œilégayédel’ais seesiad ,seec t.neeSrlf uaiftalntanes de ches rangé
enfants en bas âge courent et bousculent les adultes, soulevant çà et là de
brèvesprotestations.
Danscebrouhahaininterompu,unefemmeatrouvéasezd’énergie
pour se lancer dans une profonde adjuration. Les yeux fermés et les

7

lèvrestremblantes,elesembleavoirquitélemon desensible.Aisà
côtéd’ele,unpeit sae drniojer tnaruoc nar gn çoenprep de ruap te tr
mère.
Plus loin, sur l’estrade, quelques notes de guitare et des peitestapes
surunmicroanc al ed itarbélée ncnemiutéb dduent l’imoncLe on.
prêtre fait son entrée. Sa longue soutane blanche à rayures rouges
soulignel’éclatdelagrosecroixargentéeac strochées à c no .uoe lI
suivipardeuxautreshommeshabilést esime quai’l à tneuqitned
arborant des croix plus modestes. Peu à peu, le bruit disparaît et les
déplacementscesots ruop étiorut aurlee dntu esnestp raL seent.perles
gambadesdeleurmarmaile.Lavieilependuleaca rum rochée aufiche
vingtheures.Quelquesminutesd’atenteetlamesecommence.
Commeunecarese,lavoixdouceduprêtrepas eadsn aes lléeset
apaiselessoufles aimral e tèserque chas deanceeép emtnotrumâ er
vicisudesitmmhon un ’oque dnom ud tse’C .eécouter. Il rpne dlpiais r à
clamelagrandeurdeDieuetrapelb ei eudaplrI lits.enfas bie seu dn,
mal,delapauvreté,desguerr legioiidse .aLdes malaes, t ou etsan tit
peutout.Ilafeuq emri iof al runt es irtpaemallbvnoia etesureàtous
uneplaceauparadis.
« Jésus, notre Seigneur, est mort pour nous. Il a enduré la pire de toutes
lessoufrances.Ilasuportélessup ldecra lis cefcuixionpour
l’humanité. Ce serait une trahison de l’oublier, de ne pas vivre selon son
exemple.
Frèresetsœurs,lesdificultésauxquels vo eenbit ons ecaf setiaf su
réeles zeyotap tneite se uvs nourcœ Ss.isq euD ei upéor. Mais c’est ain
invoquezSesgrâcesdetoutesvosforces.Sivousaceptezlesépreuves
d’ici-bas, que vous restez droits et justes, alors Il vous acueileradans
sonparadiséternel.
QueleSeigneursoitavecnous! »
«Amen! »,renchéritenchœurl'asebmél.eP iu s’lroe treschgl’é lde esi
se met à jouer. Les sonorités, mélange de guitare électrique, de flûte et
detam-tams,s’ac, les fimidementoler .iTl eofklecavn ie bntdeorelèd se
met Ir. cls d àseantnesen end ueesmorbent hant l'udansuenglas dus
teroir,adresnaeg suaS ienguede ferventes lou tna Lr. pess luipets

8

prentnetnet te elcats urler temi’i dsrv L uetn.saperoix au specent goût
fluetsnmelb.eL aefmmperdent dans l’eécne as q usee avie st aimmco
prièreavanttoutlemondeentreentranse.Eluor es t rap ele ebeom t
tere.Sonépauleaheurtéunechaise,maisel moemnUh en s. tia n’enri e
se penche et tente de la relever. Rien n’y fait, elle est en contact avec la
transcendance. Il faudrait une force surhumaine pour l’y soustraire.
L’hommeabandone et esr peolgn eadsn snoitatidém ses e,adtresl’r Su.
le prêtre a les yeux fermés. Il se balance nonchalamment.
C'estàcemoment-làquelaserne tlameeu teq re ucrem msaoibrutède
la porte de l’église s’ouvre dans un énorme fracas. Des hommes
encagoulésfontiruptiondanslasal te elcrec de arct entten eemsls .eI
bloquentl’isue.Ilssontarmésjusqu’aux dents.Lesfidèlesse
retournent. Ils n’ont pas le temps de réaliser ce qui leur arive.
« Au nom d’Alah,nousalonstousvoustuer! des ’un re léclad ,»
hommesenlevantsonfusil.
L’orchestres’estarp ruep ad tnelree tê.éS rul sev siages figés par l
grosesgoutesdesueur.Lesfemmesserap srasi .eL leurs mchreont de
enfants lèvent les yeux vers les adultes d’un air interogateur.Ilsont
compris que quelque chose d’anormal venait troubler la fête. L’un
d’entre eux se met à hurler, imité quasiment dans la seconde par tous les
autres.Lafêteestfinie.

9

Unanplustôt,régiondeDifa,Niger
ViledeKoura–Halima

«Halima! Ilestl’heuredeselever! »
La voix de la tante Safia était douce comme la brise du matin. Halima
eutl’impresiondel’entendredansunrêve.El ree seotruanp ulisuesr
foisdanssonlitavantd’ouvirileep yes . ux fIlsaai jitr.oua Ltechambre
qu’ellpme’s àp sed riçaenmmcoà éj ditèresremi tvaces aattn ee partageai
chaleursetdesvoixdeshommesduvilage.Eln’e aiavsèp ue tuq ert
dormi; avs gema’i dteanlreféd enu ,tiunà eau ecvros nim sia toute la t
rudeépreuve.
–Est-cequemonpèreestlà?
–Non,ilestalour re pcevoy ree rid éd uaepsiiasnsoins.
Halima referma les paupières pour profiter encore quelques secondes
de son sommeil qui était si profond. Mais le visage d’un homme s’aficha
brutalementdanssonespritetlafitfrémir: uossuoYuleyf So, lamane
principalecausedesoninsomnie.Elesoritrpsèd e’d e son lit. Tout le,
Safiafouilaitdansunemale,ungenouàtere.
–Quecherches-tu?
–Rien.Jenesaispluscequecontientcetemal is irla isee, matemps
delavider.Elem’encombre.
– Je te souhaite beaucoup de courage, dit Halima en se frotantles
yeux.
Safia avait constamment quelque chose à faire. Quand elenelavaitpas
lelinge,eles’ocupaitdesrepas,delavaiseleoualaitramaserdubois
mort.Elesemblaitignorerlasignfi deanGr. »osepm to« r taoi nudc
femmeauxépaulescar,stre c uortsèue xhcveaux et éeslefaisaitpenser
àuneancieneluteuse.C’étaitlapeitpèe la,e dreruœs enyaM ed
Halima.

10

Biendesan ,aMny aaparavtnées auve ameemequlac ep tiavaf al udrle
ilavaiteudeuxenfants.Cet plaitetfae mim e tronolp aegledansune
grandetristeseetlaiss ngloe De.iléb siom une luia endnléeti ernie pm
durant,ils’alimentamaletces nIl’aviti. téottu eca alaitplusauchamp,
nerendaitplusvsiteàsafamiln e ses à iIl. isamaiél dsamêmeses
enfants, qui étaient encore très jeunes et très dépendants de leur mère.
C’était comme si sa femme avait emporté dans sa tombe sa joie de vivre,
luiquiétaitconu u sonpouramis dynban utgo emesot d tinevelI .até
terneetlui de renthud’s teau ses dèngiolé iuq ruemacitp oreià ruen ,ne
jusqu’auxprochesquitentaientdeluiapornf t.dia’te e ud océrorter de l
Il finit par n’être plus que l’ombre de lui-même, malade, asocial,
fantomatique.
Sensibleaudésaroidesonfrèreetrèspréoc eép rapu destionituala s
enfants,Safiadécidaalorsdevenirs’instalel snad rnosiam aispuDe. e, le
était devenue comme une mère pour Halima et son frère, Nasim.Grâce
àsonprécieuxsoutien,Maynaavaitpuseréconclieraveclavie,mais
certainesséquelesdesalonguepériodededépresionperistaient
encoreaujourd’hui.
Traînantlepas,Halimaouvritlaporte.Unsouf dle lntvee iub laya ael
visageetl’arachadesatorpeur.Eleri punt ea su’eal q métu enleala
remplir à un grand bac à eau qui se trouvait à l’arrière de la maison.
L’imagedeYousoufSouleymanelasuivaitoujours.
Elesedoucha,s’habila,puisigea vere dir ed erbmahc al sNasim,qui
dormait à poings fermés. En entrant dans la pièce, une odeur de fauve
mouilélasasitàlagorge.Précipitamment,ele alaouvirpei la te
fenêtreentôleonduléepourfairepasisPu, èimu .er ed l all’air eter de
el cea rit aindteenl’e nli’uq tnayoV .er frè sonm dee nosil sofeirulpsu
pas,elehausalavoix.MaisNasibome elor talfnirem aistimt i toujours
commeunmoteur.Eloces eEl . srpaupo cr-eàuit msee àrslo aledut
répéterlegesteplusieursfoisavantquenejailisesapremièrephrase.
–Qu’est-cequetuveux,Halima?
–Lève-toi,j’aiquelquechoseàteraconter.
–Jet’écoute,dit-ilsansleverlatête.

1

Halimas’as uil,tc erobdrd sur le itermper ou pmeomtreàNasimde
mieuxl’entendre.
–Hiersoir,ilyavaitdeuxprêcheursderueau centre-vile,
commençat-ele.
–Jelesaientendus,l’interompitNas slI .miemt onm’deé chpê
dormir avec leur matériel de mauvaise qualité. Et des prêcheurs, on en
voitsouvent; iln’yariendenouveauàcela.
Halimapoursuivitsansvraimentprêterate. Sarquon oi netnr me àal
empresementransparaisaitdansesphrases.
–L’und’entreeuxm’ainterpelnailimuh noçaf eund’e éait ’a fIl mte.
vraimentpeur.
Nasuimlo gsa.Ilvenaitd’avoirl’oces s’lnud etaqieu ron de prasi
sportsfavoris: rul eod.sL eemb sa êterlI .ruœsoter es t enaur sit mse
contactprolongéavecsacouchet le surplisdes eg ,ivaseui lva a fitt ai
semblablesàdesrides.
– J’aurais bien voulu voir la tête que tu faisais à ce moment-là.
–Peux-tuêtresérieuxuneminute?
Ilsemitàirie de soune partuorvna t enec e.al sapdrn os ceva egasiv n
Quelque peu vexée, Halima préféra couper court à la discusion.Elese
leva.
–Tudevraisapa’ ierdnerm’en Je s. J vaid ,sertu.elle-tiutco é à aes ler
unrendez-vousimportantavecSamira.
– Ne t’énerve pas, Halima, je te taquinais juste un peu. Reste !
Elesoritecèip al ed mara, sc à dos et quisan soa talamaison.À
l’extérieur,lapeitevil eK ed étaouraéjà it dé evibneilée.
Koura,bourgadepiturblcaens uelquequ qàs e,rnoeier’élg iend tesse
dulac Tchad; unenvironementpousieto hnt soùcôe eréi ,xu moem ste
bêtes.Lesfourl emmoc l tnos ear rntsoutto, esen sluiees prtais ceages y
saisons. À longueur de journée, moutons, vaches et chèvres arpentent
lesruesetsenourists pachede sent ed uo seuqitsaluifelesdepapier
portés par le vent. Ici, il n’y a aucun signe d’opulence. On rencontre,
pêle-mêle,unchienera nouamt anpai grairar al rl ed éteriture,un
policier–toutausidécharné–lasvitéactienco ou en eru é rapni’l

12

voiture dont le moteur pétaradant fait fuir poules et pigeons. Les
maisonsafdeçaà s claoroloitaco n ,er seddeichetn ,us relru safsinsqui
leur confèrent un charme intemporel. C’est dans ces lieux, heureux
mélanged’unetradtionoreécnp nomoe rndet eund’q euér,eitomti é vit
Halima.Eleyestnéeetyagrandi.
L’imagequ’eletentaitdechas tnu eonvueson esprit revinre ed lefois
lahanter.Échapf riéssenub ne tôle,ontr pen sestnac nos à eg ferayov
dansletempsetlaramenèrentàlaveile.
Toutavaitpourtantbiencommencé,sedit-eletoutbasalorsquelefildes
évènementsereconsituait.
Lejours’enal le sablnus danse eitdè,e sdeip seL .tialemarchaitsur
unteriroz’loh eos,nl , daleila dens sq etnecseiditouégag À .iaéd nne
verssatanière,couvraitlesteres de sa matsigelariet etn bdeisra Le. es
nuages rabougris semblaient tristes devant ce colosse des cieux qui, en
disparaisant,altiasel euqahc ,siofC moemà ’luolb.ier dans entraîn
Halima trouvait la même sensation de quiétude et d’extase dans ces
instantsoùlapeiteviledeKouraacueilpuscule.t le cariéE lemarchait
sansbutprécis,rêveuseetinsouciante.El chaetnonaitet,parmoments,
bondisait,commepours’élancerversunaileursiréeletembraserune
nouvelevie.Alersepromenerétaitcequ’elérp e .tiaréft aiétC’ueiqunl’
momentoùelnoi amig evaces e – seul de l’âm al xiapuorttiave ontina
débordante.
Elesetapotalatête,commesicelaaldtiial’ à raeots percespensées
quiluiinfligeaientunsentimentd’angoisa main e’J « .ere!
»hurlatele.Eli uvao usea le ns àr esolvariitrèreon fne p de xu’e dviene irto
écoutantcequ’eleavaitàluiraconter.
Jusqu’icipourtant,l’angoiseaté u tiniocne ttnmi nesnudecetefile
siforteetsifière.
À dix-sept ans, Halima avait une beauté qui ne laissait persone
indiférentetun caractère bien trempé.Seslongue stuniques
multicolores épousaient à la perfection sa peau couleur de miel et
laisaientdeviner,derei trseu lreiènuc se ,v vitnse a quiorpstisaittous
les désirs. Ses cils étaient constamment couverts de coli,unmascara
tradtionep dnaçrte tsni daen sit ronaregtn.leq iur mentolemouta dér

13

Plusieurs hommes l’avaient déjà demandée en mariage, san sucès.
Contrairementàl’immensemajoritédesjeunesfils eeds noâ eg ,
Halimanerêvaitpasd’épousailhol’r pNir ouésprveer .seneurdesa
famile,nipourréaliserdesambtionspersonel pnir ou, es à opérerdn
unequelconquerègleinsit te su ssemutuocda, ui qe cns eap reléute
vile,régentaientlaviesociale.Elenet tiarmfeenemà t lsabireét .
D’aileurs,eletrouvaitlesdiscus éipnsitid’u d inesea imse svaces ion
inqualfi:spmet el tou te,êm mlet ensami tuqténaap lincit prsuje le a,elb
lesnoces,encoreetoujours.
Cetefaçondepenserfaisaitévidemmentd’elprisncome. eni eu
Certes,elentiou secéfnd i eel tiavarait on sèr pbltidee d liuemem ,e sia
dificiled’asumerunediférenceausmai iv enu snad eéuqrlecomme
Koura, pavée de tabous et d’interdits en tout genre, où l’expresiondela
moindreenvie pouvaitêtre perçuecomme le symptômed’une
décadence individueleo icté uos En ale.efelgèr seeticat ss t, de
insit en af lntieuasec dosed eocdnuite auxquels illaitpasdéroger: les
filesnedevaientpasporterdepantalon,el nesaire de f sap tneiaved e
longuesétudesnipartirenvoyagesanslapermis uooi eurdè pn iram ud
– et ce, quel que soit leur âge. Les garçons quant à eux devaient se
chargerdelastricteaplicationdelamorale.
À cela, Halima répondait par les sarcasmes et l’ironie. Toutes ces
prescriptions,clamait-elm etntes itretrciolfidgnumee,nxe ient un e, ava
elesn’avaientpasforcedeloi.Alorsel,ts lriarcvii’snen fait aux pae
lorsqu’eleenresfaçon, eee toute l’t aint De.vienlenerisquaitrien
d’autre que des remarques désobligeantes et de cela, elen’enavaitcure.
Pourtant, aujourd’hui, son humeur vindicative s’était afaiblie.Une
rencontreavecdeuxprêcheurs,laveilen eav, eaftiia trt en îaleune
inquiétudelancinante.Soncœurbati rythme ait à unrégulier,elene
parvenaitplusàseconcentrer.Aufond,eleresl eea’t tninidn eebos
parler avec quelqu’un – parler, mais de quoi précisément ? Nasi muli
avaitbiensignfios eih nuq éittane uoist éreate bagle,alorsilétaitinutile
deperisteràvouloirlaraconter.El bneoe regadr aasm nort.eU ne
heurelaséparaitdesonrendez-vousavecSamira; ausi,enatendantde

14

s’yrendre,eler fui ldenamerop enu’uq asnep e de peu rnuuoeverrtia t
sérénité.
Elelongealevieuxcimetière–quiafocpmel tedupsib eichait le
luretasoper ùg nos ti o –e ausuohcg ar rnu-epèrdrnatn d débe etrain
piqueté de greniers sur pilotis. Plantées là sous un soleil brûlant, des
femmesenhailonsyfourt ens deisépe diaen stria .eCtantaqueen cmil
portaient sur leurs dos des bébés qui criaient en versan toutesleslarmes
de leurs corps, sans doute torturés par la chaleur toride.Unpeit
hommequipédalaitfièrementsurunvieuxvélopasaparlàetsalua
Halima.Eleleconaispet aireco le en siam ,ertê-tunutpas.Ele
traversa des champs, marcha encore quelques minutes et arivaàune
vieilefontaine.Là,elefitunehalte.Ela surgo edeavt ed la auo etirv
grandes gorgées d’eau. Une plaque en métal, usée par le temps, racontait
l’histoire de ce qui fut jadis – plus qu’un distributeur d’eau – tout un
symboledelaprésencefrançaisedanslepays.
«Cetf etaone inéta coé snrtiuets uo sels ordres de JuleéivérB setueil ,-ntna
gouverneurduteritoiremli lurGoe Mo. iensaté tirevuruenire taigerdu N
présent lors de son inauguration, signe de sa bonté envers.».
Lerestedel’inscriptionétaitcouvertparlarouile.Unepartiedu
muretquientouraitlafontaineétaitcasée.Els’ae sitsurcelequitenait
encore en place et se mit à imaginer l’inauguration de ce monument qui
remontaitàdeslustres.Eleesayadereconsit al nècsL .eer eeru al ed ets
phrase,pensat-elq eutêeria topvuommese c cholque , e«.signedesa
bonté envers les pauvres populations de la région de Difa.».Puis,aprèsune
courteréflexion,eln’avait d ti eesue qe lcodéagupda einimarts fit
certainementpasétédéfintivementétabliàcete époqugér noiàl-eaL .
deDifan’existaitdoncpeut-êtrepasencore.
Eleserapelaque,dansll evaia tuvu enel d’histoire, enuman oho p to
de Jules Brévié, qui fut le premier administrateur aitrédeceteritoire
e
lorsqu’ilétaitocsiècle.L’image,upéparlaFrance,audébutduX X
ancréedansf ,etêt a pmeom hteai futanriamignoi ras e.
Ilestlà,enuniformemliait ,ervuoc tred edécorations. Sa psouter
condescendantemagnfi serotua nod-ua étimêmeelà a destributionsqui
sontlessienes.Elouutder iul eerèfnoc aur une’étoa, l’dnuff e.fA c eh

15

lui,lesindigènes,subjuguésparlaprestancemlitairedunouveaumaître,
chantentetdansent.Lanouvelv aosluoftniaenr peineager leu;e de
l’eau potable sera bientôt à portée de main. En signe de remerciement,
ilsluiofrentunechèvre.Ilacl etac euaedrap ite polepse.Iln’auraitpas
pu la refuser, il est le représentant du modèle républicain et garant de la
réusitedelamisioncivlil ese. Irancla Fd eirecstaua tsil’ambasadeur
desvaleursàportéeuniversel a. Iltriee parèm al ed eceptelesprésents
donésavecsincérité,quelsqu’ilsient. Mêoèhrv.eemu enc
Halimasourit.Eleseretourna.
Unemaisonenbancodresseuqtèm serl ed pà,teorets ol vte séquele à
fermés,devintrapidementpourelav eêrted o jbutreun ae serie.La
clôture était faite de pics en bois et de fils barbelés. On l’apelaitla
«Casedepasage».Àl’école,onluiavaitapdea lite urmeq siraté’c eu
provisoiredesautoritésmlitaireniloe.al Eed sé’l uqopoc elesylogeaient
lorsdeleursfréquentesmisionsdanscetozenf or e ane’u dreièalnt ertu
ancienecoloniefrançaise–leTchad–etvosi enN udregi biatarinique.
Eleimaginadegrandsmlitaireatsuom snet suhcs det anuscdisions
enflammées sur l’avenir des indigènes et les moyens les plus eficacesde
réprimerleursaspirationsàl’autodétermination.
LaFrance,cepayste niatniol isentp uotrna tisp ér.
La France. En un instant, ses pensées bondirent vers une autre image,
celeduPèreDauguet.Eleirt riuv oc san soson eett nu on S .namor
regard parcourutfurtivementleitre:«RéflexionsurDieuetses
mesagers» .’Ctéia t’lnudet aistrei lui uq rinevuos euqiges hcnasgé l nos se
aveccemisiont aijoséqus avi arf iaçneriara. is à Kouqleu somruénq eu
Iluiavaitofe de son ert vierell srq a olen rilu'ent aitr,ecnarF mret ua
contrat avec l’Église. Pendant tout le temps qu'il était resté dans cete
vile,ilavaitcsuerd eidlaH ne évuoraienrtpae una imsionintéresante.
Malgréleurdifojuo ésruuére li nr,i aoilgsinecvrae dtenet siàvaloriser
cequilesunisaitplutôtquedemet.les qui saitdivid ne er ec tabé
Lareligion.Denouveau,sonespriterjua u'sq eedY uouav sigasouf
Souleymane, ce visage large, bestial, intimidant. Les images que son
cerveau avait générées quelques minutes plus tôt ne purent pas avoir

16

raisondecelesdecethomme.Etcetefois,elertna e sufcompagnées
decertainesdesesparoles:
« Comment comprendre que dans notre pays si beau, musulman d’est
enouestetdunordausud,certainsparentspuisenat cepterdevoir
leursfilesal eesm ratôq eud ole plutr à l’éceos’e detr iecuperd’une
famile? c moemtnC moi-.ldaitemanse dfinerp erd euq sedlesgonflées
d’orgueilpuisentleverlavoixplushautqueceledeshommes,quand
ces derniers tentent de contrôler leurs sorties ou canaliser leurs
pulsions? Ehbien,jevousl’afui-PutTou rme idrd eragl eossusant: ces
filesetlesparentsquilesprotègentconîanortal tloc e èr Ddeu ie».
Certes,desprêcheurs,elojuot ti,suv sruuttoar peù o avae enlealait.
Maisaucund’entreeuxnetenaitundiscoursaus éhca inutrani si
acusateursurlesfilsee t’lcéloe. C’est peut-êtue qlacer ou pre tec
hommelatroublaittant.Fatiguéederéister,elai lesas’exprimercete
partied’ele-mêmequivoulaitêtrerapcidel’ine lant diev e àeélle.
Elenèvtnemsl du cours des éelm iodnerd téiaas pitvaé liub oa’n e.
Eleavaitvadrouilélongtemps.Lorsqu’elir tr pee ,ruoet rdun mihe cle
la nuit avait jeté sur les arbres son voile obscur serti de bleu. À la chaleur
quisortaitdeteresesubsituaientdesbourL .ces t seasques de ven
fidèlesquitilet enaiqséu somraobse , un rantde mair sionacomplie,et
regagnaient leur domicile pour partager leur dîner avec femmes et
enfants.N’étantquetrèspeuélectrfiée,lapeiteviledeKourasemblait,
à la nuit tombée, sortir d’une légende orientale. Grilons,hibouxet
autres oiseaux de la nuit se réveilempsqueaienten même t
s’endormaient les hommes. Ils rompaient le silence de leurs cris
stridents.Lesconstructionsmonotonesaux contoursiréguliers,
emmuréespardesbaricadesenterebatid sef matarintieueab, les
pasiblesquidormaientàlabeleétoile.
1
EnpasantdevantlaplaceWasalami,H ena ndte dit ves xiougturales
quisemblaientémanerd’unhaut-parleur.Unatt enétaient upemor niart
de se former. D’ordinaire, c’était à cet endroit-là que se regroupaient les
jeunesdeKourapourfairelafête,alorsellcatceps einagime n ’uqua

1.Setraduitpar«jeu»ou«fête»enlanguehaousa.

17

avaitétéimprovisé.Maislorsqu’elgrou au epe, eêmals eledécouvrit
quecequisepas festif. À la pln a’avtir ei nedita ertâéht e desècpis dee ac
oudeschorégraphiesqu’elia tpsréee eursrue ed puxchrêirvode,
s’adresorà l ail,cm cit au pubaien n .’Lamniattinué nd, gra d’uvêtu
bouboubeige.Sabarbeétaitbrousailesu ete sa tête coiféed’unkéfié.
Toutdanssonait aitta éIl. efchi queraitmontude l el iuattic é’sen
taileursurunegrandenateenpailetresev Dt ane.éueis sr,iululp
lampes à combustible éclairaient des livres qu'on avait empilés. Il parlait
fortetavecconviction; at phrases étaises cahd eucencompagnéede
grandsmouvements.L’autre,depluspeitetailre, esemblaitàune
statue. Il ne se mouvait et ne s’exprimait que sur commande. De temps à
autre,lebarbuarafsie tnug ia t vifestela m de niataê ditpae errl
– semblable à ceux que font les maîtres d’école quand ils intiment à un
élèvel’ordredeselever: ausitôterrput es at ,ale sete vit aienemtaità
réciter des versets coraniques. De sa voix de soprano, le peitmme ho
psalmodiaitjusqu’àcequesonchefluiasi!n « mercèenu ».Alors,ilse
figeaitdenouveau.
Halima osa une indiscrétion auprès d’un jeune garçon.
–Qu’est-cequisepaseici?
–NousrecevonslavsiteduCheickYousli-tid ,enamyeluf Soe
fièrement.
–Quiest-ce?
–C’estunéruditquivientduNigeria.Ilefomence me t unuectn ee
grandetournéedanslarégionpouraporterlaBoneParole.
Au même moment, comme pour compléter la réponse du garçon, le
Cheickparlad’unevoixbeaucoupplusforte.
« Je suis venu vous parler des enseignements de notre Seigneur,
expliquat-uq xes iirp tnev Dl.u iemeaieu ce tedl uesr de leur sommeili
losirspourserapsei ic rehcor .iuL edt uoovsu itê suq vouDieume, s ai
ce soir. Sachez qu’à partir d’aujourd’hui, je reviendrai régulièrement
parmi vous, jusqu’à ce que les bienheureux, sensibles au mesagedu
Tout-Puisant,sedémarquentdesbrebiségarées.»
ApercevantHalimadansl’aistance,il:aignem’ent avitcevném snas

18

« Mes conférences sont ouvertes, sans aucune restriction, aux hommes
etauxfemmes,lançat-sn tdaen vpoouiM adiosigtt .d u rv aniaolelvi ez
uneprésentationcoretua edrageR .etcoi et tuour de tv erasqueles
autresfemmesontfaitunefortpourserapd’Aher rcolah.Rentrechez
toietporteunvoilepourtecouvirlatête.»
Halimafutsurprise.Elesenitsu er lsuqn idsareg res deiteurstandis
que la voix rauque et ferme continuait de la charger. Eles’éloigna
rapidementets'instaladerièreunepeitab ceanabe anodnée.Le
prêcheurrepritrèsvitesonpropos.Cetit ceféonncre emirpmotpeua av
dequoil’intriguer,alorsel éetutcoaa er seatc caéh etentivementles
deuxhommesexpliquerauxpersonesrasblem qces éeiasid eu sel tne
SaintesÉcritures.

*****
Auboutdelarueoùeluç tparemi aH laui ra qSamiulmbt,aieéa d
l’atendaitdevantl’entréedelaconcesion.Elepre salepasetla
rejoignit.El.suov-z surpoe deen ron etéia t à’lehru
–Commentvas-tu,mabele? demandaSamira.
Saquestionavaitétéapéeuyd u’ nirmblable roit, seem lada nu à
henisementdiscontinu.Halimahésitaunpeu.
– Je me porte comme un charme. Et comme d’habitude, j’ariveà
l’heure.
Samiraperçutunzested’inceritudedanscetE .erée nspolelafouila
brièvement du regard et comprit rapidement que quelque chose ne
tournaitpasrond.Pourtant,elen’ajoutamot.
SamiraétaitlaseulevéritableamiedeHalima; isef es dljeuneux les
s’étaientcontnd veneeu s le temps, étaieuej sen ,tecevas ueèstr
inséparables.ElDansre. ’autur l eop’lnuer ts cedes pat enaiavn’ se el
besoinetlesépreuves,elutre ou ’une l’aaglueaiitennlt sse’ sppréoudaie
des conseils qui, parfois, se révélaient utiles. Samira était ausila
coifeuseàquiHalimafaisaitap n’était pas sonsad eebosni .eCc ne le
métier,maiscetefilux q mieersoue p eamreitastitîirexe avtrnel’artdes
tresesafricaines.Elittaou d éeitaé ,eve eérc tde métamcapable rohpsore

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chacune desnombreusesclientesquiluiconfiaientleurstêtes
lorsqu’elesvoulaientsefairebeles.l sew P neadtnek-endsoules
vacancescolaires,elecroulaitlitl sud sename.sedéralt soemen
Sesservicesn’avaientpasdetarfi: cecation fixe lesquisavaient
l’intéres,ai c leru lels. Mutrepourais hc sq rel eua se peraiayt eninmo
falaitavoirdeladiscusion,cequivoulaitdireêtrecapabled’endurerde
longuesheuresdebavardage.Eneftaitra éSamiet, s Se .eip eiarv enu
parolessacadéesponctuéesd’éclatsdeir francs ne laiesaientquepeu
deplaceàl’échange.Parleretireétaientchezeleplusqu’unmoyende
socialisation: c’étaitunbesoinvital.
CommeHalima,eleavaitperdu samèretrèsjeune.Pendant
longtemps,eleavaitvécurecluseetquelquepeueseuléesousla
houletedelanouvel tmeemca aâtri eres nop rè,eu enf e épouse de
distante. Ironie du sort, c’est en triturant quotidienementlescheveux
desonuniquecompagnedel’époque–unevieil eepuop –éeu’ qleavait
aprisàfairelestresavaii l’rendent iopeus ri.eupaluq se
Unpeugênéesparlenon-ditquiflotait dans la’ri ,el sedxuj if senueles
restèrent quelques secondes silencieuses, chacune suspendue aux lèvres
de l’autre. Tout à coup, le poil raide et la queue droite comme un
gourdin,unchatsurgitdelaconcesion,pourchaséparonnesaitquele
bête.Ilpousr te enleaumig on luna ment contrarié e tel sif tussrua
pasantentreleursjambes.Elesrivire le altntnp seg res fesdansletronc
d’un eucalyptus et y grimper à la verticale. L’espace d’un batementde
paupière, il se retrouva tout en haut d’une branche. Halima, qui avait
étouf aicemd e’lrarbx hagards vers l ,iravelsed uey Ee.é cunlerecula
d’un bond en voyant le félin arc-bouté grimacer et gonfler comme un
balon.
Denouveau,Samiralaisaéclaterundecesire suq i lui semblait
exploserlagorge.El danment mais laH la nedp iumi,a las loa deureap t
sasitparlebrasetl’atira à l’intérieu redl aamsino.
–Oubliecepoltronetsuis-moi,onvasemett-di, ilvara tau erele.
L’apartir ve bsaret outrtiaviaf l taa iuu chne dudain sooonehumeur.
Halima,ele,semasiam al eia’l à nlat ai dmeau pe sode duce n po
gauche. La tape lui avait infligé une intense douleur.

20

La cour intérieure était quasiment identique à toutes celesqu’on
trouvaitàKoura: eùoq euqleu sn vauapse etsevuoc ecsae drtugroe bl
poulespicoraientversdetereetrésidusdenouriture.Plusloin,ily
avaitunpeitenclosoùbroutaienttranquilnt quelqemeer seu shcvè
fluetes.Lamaison–bâtisemodesteetvieilotai lne– esaitpaserque
trèspeudelumière,cequiluidonn ur aigulue.brH lami alpitiasales
yeux en regardant fixement vers la porte, grande ouverte. Mais en dépit
de l’éclat du soleil, on ne pouvait rien voir de ce qu’il y avait entre les
murs.
Dansuncoin,aisan rus enutSae ramipèe drel ,et a tastoias risede
thé en écoutant chanter les oiseaux. C’était comme cela qu’il pasaitle
tempsdepuisquelavieiles’s ea lusa .aHl iul eilamt emétaie deparé
respectueusement, en pliant légèrement les genoux. À demi aveugle,
l’hommedutluidemanderquieleétait.Lorsqu’eleeutdéclinéson
idenité–luidonents –, sa voix errtuoav ntaur suttoes lmon ed sses rap
uneformedevitalité.
–CommentvacebonvieuxMayna? demandat-tse,sluae itnioh
– Il se porte bien. Il vous transmet un salut fraternel.
–Jedevraisluirendreunepeitevsiisouilt-e lôtntdi, eteib reaux
lèvres. Cela fait plusieurs mois que je n’ai pas eu l’ocasiondelerevoir.
Peut-êtretel’at-fne’d ima nu tseueoqépl’À . ceansu ,on àjé,tidiam ’c s dil
étions très complices et nous voyagions ensemble. Ah, le poids de l’âge!
Tu lui diras que je trouverai des forces pour venir le voir. Ce sera pour
moiuneboneocioased ngéd druom ries jambes fatigueé.s
Halimasouritàsontour.Elnee is dt ail euiv e liemmohe savait bien q
celaquepourfairebonefigureetmarquersonatachementetson
respect pour son père. Il semblait avoir une santé très fragile et ses bras
tremblants montraient qu’il ne sortirait pas de chez lui de sitôt.
ElealarejoindreSamira.Celec-i s’était instal rus eéliahc enut ese
avaitétaléunenateàsespieds.Halimas’yas t.iC’estunelonguejournée
quivacommencer,luichuchotasonmointérieur.
Munied’unpeittac mé pilcies ans à éediimma rt e,easSaqfireiunes
treses.Elelepases enchevêtrées, tnert eel sèmhcél ditaenematic

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qu’eledémêlaitsoigneusement.Àforcederesteratachés,lescheveux
avaientfiniparboucler.
Puis,sansurprise,eleouvritladiscusion.
–Oùcomptes-tualep reel tnadndeangrs nccavas ecse ,teanée?
– Je ne sais pas encore. Il y a de fortes chances que je reste à Koura.
– Moi, je pense que j’irai au nord, dans le désert. J’ai de la familequi
vitdansuneoais.Onm’enadittel sibreiane bie qen jueim’aemed tn
voiràquoicelaresn ueniepglinm a oeirdtrveentn ne elbmeI .iarv
désert: çadoitêtreuneexpérienceinoubliable.
Enledisant,sesyeuxscintilexcitatiaient d’H lami ano ,amsiturap en
pastransportéeparl’idée.
–Etcommentvas-tufinancercevoyage?
–Àforcedecoiferdesfile,sj a’i fini par avoirbo de neséconomies.
Jelesrendsbeles,elrp sed tnevuort es y .hCcanusip yaeés, je suétendant
trouve son compte. Il est vrai qu’aucun homme ne veut de moi, mais j’ai
del’argentpourvoyager.
Cetson i eofsi ,resonaitfaux,laisanttranspa raîtreunpeu
d’amertume.Halimalecompritetvoulutlarasrure.
– Je pense qu’en fin de compte, c’est toi la plus chanceuse. Tu n’as
rienàatrdneed e tnege citsoui que qilrb eed .uTe sr ton ar dépense
commetuleveux.Celqus eseo raéitnm ios l’an deesoint bcorddeleur
maripouraleràlaportevosi ue,x ce airetu vque oT .t ,iep uf xune
quandtuleveux.Alorsprofites-en.
–Leschosesnesontpasisimples.
–Si,el les qui toi’est.aC lamitnH ehemuarqèc s, nttorél seos e
compliques.
–Moij’aibesoind’unhommepourmesentirréelivannt vemete,
réelementfemme.
–Etmoi,jen’enaipasbesoin.
Samirasetutdenouveau.Puis,ensignedeconcliation,elecaresa
doucementlescheveuxdeHalima.
–Qu’est-cequetuasaujourd’hui? demandat-ele.

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