Invisible

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43 pages
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Description

« Seul le temps est remède au deuil.



Elena a perdu sa mère dans un accident de voiture cet été. Son père se plonge dans l'alcool pour oublier. Plus que jamais elle se sent abandonnée.


La jeune fille a la sensation de ne plus vivre.


Mais le retour impromptu de Joshua dans sa vie, son meilleur ami d'enfance, va remettre sa solitude en cause. Pourquoi revient-il au bout de toutes ces années ?


Se laissera-t-elle faiblir face à lui, courant le risque qu'il ne la brise de nouveau ?


Il semble lui cacher bien des choses tout en faisant preuve de sincérité. Elena ne sait plus où elle en est dans sa vie mais elle ne peut résister à ses sentiments, et à la seule compagnie qui lui reste... »

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EAN13 9782490637294
Langue Français

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Océane Baillet Invisible Nouvelle
© Les éditions Ethen, 2019 ISBN numérique :9782490637294 Courriel : contact.editionsethen@gmail.com Internet : www.leseditions-ethen.com
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
PROLOGUE Je n’arrivais pas à y croire ! Je courus, encore et encore, j’étais à bout de souffle, mes poumons me brûlaient mais je continuai tout de même. Mes larmes brouillaient ma vue. Des larmes de rage, de tristesse, d’incompréhension ? Tout ça à la fois je pensais. Je ne comprenais pas comment il pouvait me faire ça, à moi. La sensation qu’un poignard était planté dans mon cœur me retournait l’estomac. Je me sentais, trahie, j’étais blessée. J’avais cette affreuse impression qu’il s’était joué de moi, pendant tout ce temps, que sans ça il ne serait pas revenu. Ce n’était pas comme la trahison habituelle qui conduisait au chagrin d’amour habituel. C’était bien plus différent. Bien plus profond. Bien plus étonnant. Ce n’était pas du tout pareil. Mais ça me faisait tout aussi mal. Et putain, ça oui, ça fait mal. Ça fait un putain de mal. Je me stoppai enfin en arrivant au bord d’une falaise. J’ignorais totalement où j’étais. Ma vie défilait devant moi, j’étais spectatrice de ces derniers mois. Tous ces mensonges, chaque fois où il se défilait pour ne pas répondre à mes questions, tout s’éclaircissait enfin. Mais ce n’était pas possible, je n’y crois pas, je n’y crois pas ! Et pourtant. La preuve, je l’avais vue. C’était tout simplement impossible. Je ne parvenais pas à m’y faire, je le détestais de m’avoir menti, de me l’avoir cachée. C’était incroyablement irréel. Je ne parvenais pas à comprendre véritablement la portée de ce que j’avais découvert. Une vue magnifique s’offrait devant moi. Le soleil se couchait, terminant son parcours dans l’océan, tout en dardant sur moi ses derniers rayons. L’océan, derniers rayons, terminer. Et si ? Je m’approchai du rebord, plongeant mon regard en contrebas où les vagues se fracassaient contre la paroi de pierre. Je m’approchai encore un peu. Un bruit de moteur derrière moi. Un scooter qui freinait brutalement. Quelqu’un qui courait, qui accourait, vers moi. Un pas, un autre, plus qu’un. Un cri. Mon prénom. Sa voix. Un dernier pas. Un dernier cri. — Elena ! Je t’aime ! Je t’aime Elena ! La chute. L’entrée brutale dans l’eau. La sensation du froid qui enveloppait mon corps. Bizarrement je m’y sentais bien. Comme enveloppée dans mes draps. Le fond m’appelait, je n’avais pas la force de résister. Une deuxième fois. Le noir soudain. Juste le noir. Et plus rien.
CHAPITRE 1 Quelques mois plus tôt… C’était un peu comme une nouvelle vie. Mais en réalité, la vie ne s’était pas arrêtée ces derniers mois, elle avait suivi son cours, indifférente à tout le reste, indifférente à moi. Quand je disais « la vie », je voulais en fait dire « les autres ». Je m’adressais au monde, à tous ces gens qui n’avaient pas su se préoccuper de ma souffrance. Ceux qui n’avaient pas vu ma peine, ou du moins ceux qui faisaient semblant de ne pas la voir, de ne pas me voir, moi. Mais pourquoi dis-je cela ? En vérité je me moquais de ce que les autres pouvaient penser, et de ce qu’ils pensaient de moi. Ça avait toujours été ainsi ; les gens m’importaient peu et je ne les importais pas. Je n’avais pas d’amis au lycée, au contraire de mes semblables qui ne juraient que par leurs proches. Mais il ne fallait pas me prendre en pitié, je me fichais de la sympathie des autres. Je ne me sentais pas seule - enfin je n’étais pas triste d’être seule -et je ne cherchais pas de réconfort auprès d’une quelconque âme charitable. Néanmoins, je n’avais jamais été réellement délaissée. Parce que j’avais tout de même ma famille. Mais ma famille s’était brisée cet été, elle avait volé en tant d’éclats que je ne pouvais plus en recoller les morceaux. C’était bien trop tard et beaucoup trop dur - voire impossible. Alors oui, maintenant je pouvais l’affirmer : j’étais seule. Et c’est à cela que je devais ma peine. Ma mère m’avait quittée et mon père avait quitté la maison. Elle était au ciel et il passait son temps dans les bars les plus infâmes de la ville. Elle était morte et il n’était plus là. J’étais seule. Et aujourd’hui c’était la rentrée. Était-ce vraiment nécessaire de préciser que je n’avais aucune envie de retourner au lycée ? Déjà avant cet accident, avant que ma vie ne prenne ce tournant, je n’aimais tout simplement pas l’école. Les cours m’ennuyaient, les profs m’ennuyaient, mes camarades - quelle l’ironie - m’ennuyaient. Puis à quoi bon ? Je ne me voyais pas passer ma vie derrière un bureau et ce n’était pas les études qui bâtiraient mon avenir. Quand on voit le nombre de jeunes qui ont un diplôme et restent pourtant sans emploi… Mais j’irai quand même au lycée. Au moins aujourd’hui. Après tout c’était ma dernière année. Alors je commençai mécaniquement à me préparer. J’étais en retard mais peu m’importait ; je n’aimais pas les transports en commun, il n’y avait pas de risques que je rate le bus. Je l’avais déjà pris, au début de mon année de seconde, c’est-à-dire quand je ne savais pas encore exactement ce que c’était. Mais à chaque fois qu’il arrivait à mon arrêt, tout le monde se précipitait à l’intérieur et je me retrouvais souvent sans siège libre ; ou alors à côté de quelqu’un que je ne connaissais pas et qui, bien souvent, ne voulait pas me laisser m’asseoir. Dans la maison régnait un silence de mort. Ces deux derniers mois j’avais appris à vivre seule, mais il y avait toujours des moments - comme celui-ci - où ce silence et cette désertion se faisaient pesants. J’attrapai une pomme au passage dans le panier à fruits quasiment vide. Je ne mangeais toujours que ce qui m’était nécessaire, le reste n’était que superflu. Les pièces de la maison étaient plus ou moins plongées dans l’obscurité, les rideaux étaient tirés, les fenêtres fermées malgré la température ambiante de l’extérieur. Une fine couche de poussière apparaissait sur les meubles et j’étais certaine que si un quelconque visiteur venait ici, il pourrait y sentir une légère odeur de renfermé. Je m’étais trop habituée à vivre ainsi pour que cela puisse me déranger. Notre maison du bonheur était devenue maison en deuil. Elle était la représentation de ce que nous étions aujourd’hui. La porte de la chambre parentale restait désespérément fermée et je ne l’avais pas une
seule fois ouverte. Je savais ce qui m’y attendrait : la réalité. Juste la réalité aussi dure était-elle, elle me sauterait au visage et j’aurais beau avoir essayé de m’y préparer, elle serait toujours aussi inconcevable et destructrice. Alors, j’effleurai une dernière fois la poignée de cette porte et fis demi-tour vers l’entrée de la maison. Je m’arrêtai juste un instant devant la dernière barrière qui se dressait entre moi et le monde, et inspirai profondément. Je faisais comme si tout allait bien mais au fond de moi tout n’était que ruines et chaos. J’avais peur de m’effondrer à chaque pas que je faisais et j’avais peur que tous puissent voir derrière le masque que je m’étais forgé. Il fallait que je sois forte, pour ma mère, il le fallait.
CHAPITRE2 Un sentiment de regret commençait à faire son apparition en moi. Et pourtant je n’étais que devant le portail de ce maudit lycée. J’observai la horde d’élèves qui se retrouvaient après plusieurs semaines de vacances. Les accolades, les rires, les embrassades affluaient autour de moi. Tant d’effusions, tout ce que je n’avais jamais connu. Et moi j’observai. Comme toujours, n’ayant personne à qui parler, j’examinai dans les moindres détails chaque personne qui m’entourait. À commencer par Rebecca, une blonde platine perchée sur des échasses de quinze centimètres. Elle était réputée pour sa collection de mecs aussi nombreuse que les jours que j’avais vécus. En ce moment même, elle racontait minutieusement à sa meilleure amie, Cassandra, ses vacances à Hawaï, Los Angeles, Paris, Tokyo et je ne savais où encore. L’incarnation de la superficialité même. Ensuite il y avait Ethan, le bad boy par réputation. Il y avait deux ans, il s’était mis en tête de pourrir ma vie et en une année il avait été proche de le réussir. Lui et sa bande… La sonnerie retentit me tirant de mes pensées. Alors que cette masse d’adolescents se précipitait vers l’entrée, telle une automate je me dirigeai dans le sens inverse, m’éloignant de ce monde qui m’apparaissait hostile et à la fois tellement dérisoire. Je reviendrais peut-être cet après-midi, si le cœur m’en prenait. Je me retrouvai assez rapidement dans le parc de la ville. Il était assez grand, s’étalait sur plusieurs kilomètres carrés. Un chemin de cailloux l’entourait et un bois logeait en son centre. J’errai assez longuement, marchant sans but précis. Les chants des moineaux parvenaient à mes oreilles, un son qui m’était agréable à entendre. En ce jour de septembre, l’air était tempéré et le ciel matinal, d’un bleu pâle. Je n’avais ni chaud, ni froid. En réalité je ne sentais rien. Ni le courant d’air dans mes cheveux, ni le soleil qui effleurait mes bras dénudés. J’étais insensible à toute chose vivante. Comme si ça n’avait plus aucune importance. Je ne me sentais pas vraiment en vie. J’arrivai à l’un de mes endroits favoris dans ce parc : un petit coin dans les bois qui était peu fréquenté. C’était justement pour cela que je l’aimais tant. Je m’assis à même le sol, sur un coussin naturel de feuilles et de mousse. La tête levée vers le ciel, j’admirai l’étendue bleue à travers le feuillage des arbres qui la surplombaient. Personne n’allait se rendre compte de mon absence, j’en étais convaincue. C’était ainsi que ça avait toujours été. J’avais fermé les yeux et sûrement m’étais endormie quelques heures. Des courbatures se faisaient ressentir dans mes muscles, signe que cela faisait longtemps que j’étais allongée sur ce sol inconfortable. Je me forçai à ouvrir les yeux et les rayons d’un soleil de midi m’éblouirent. Je jurai et roulai sur le côté pour me redresser. Timing parfait, au même instant j’entendis des éclats de voix. Et elles se rapprochaient dangereusement de moi. Personne ne venait jamais ici et il avait fallu que j’y sois pour que ce fût le cas. Faute d’avoir le temps de m’en aller, je ramassai rapidement mon sac et m’enfonçai au milieu des arbres et buissons. Je tentai de me dissimuler à tout regard hostile en me fondant dans le décor. Je ne parvenais pas encore à distinguer ce que disaient mes visiteurs impromptus, mais je m’attendais à les voir surgir d’un instant à l’autre. Et alors que j’avais une chance sur une centaine de tomber sur eux, il fallut bien entendu que ce soit ainsi. Ethan, Jeremy et… Joshua. Je retenu ma respiration tout en tachant de faire le moins de bruit possible. Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine, prêt à exploser. S’il y avait une chose que je désirais le plus en cet instant, c’était bien qu’ils s’en aillent sans que je ne me sois faite repérer. Les mots de Jeremy atteignirent enfin mes oreilles.
— Rappelle-moi pourquoi...