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J'ai failli mourir sur la route

De
144 pages

« C’était un peu comme dans un rêve, mais ce n’est que plus tard, plusieurs mois après, que je comprendrai. Je me voyais allongé sur un brancard, dans un hélicoptère qui volait, avec une vue en contre-plongée, c’est-à-dire du bas vers le haut. Un peu comme si je souhaitais rester à la terre à laquelle j’étais habitué, l’air, comme l’eau d’ailleurs, n’étant pas mon élément coutumier. Je ne comprenais pas qu’il s’agissait bien de mon corps inerte et mourant alors héliporté. [...] »


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-70912-7

 

© Edilivre, 2014

 

 

AVERTISSEMENT : Un exercice spirituel décrit dans ce livre peut s’avérer très dangereux.

A mon oncle Daniel, homme sage, bon et tant aimé, passé dans le monde des esprits ce 30 janvier 2006.

Je remercie très profondément, très « Vitalement », toutes celles et tous ceux qui, pompiers, médecins, infirmières, aides-soignantes et kinés, m’ont sauvé la vie et aidé à redevenir un homme.

Je remercie également les quelques « fleurs de printemps » qui ont su égayer mes voyages d’apprentissage parsemés d’embûches mémorables.

 

 

Après la destruction du temple du roi Salomon par Bucchodonosor, un rabbin et ses meilleurs disciples vinrent sur les ruines du célèbre édifice. Ils se mirent en cercle, formèrent une chaîne d’union et s’assirent toujours en cercle. Après un moment de méditation, le rabbin leur raconta l’histoire suivante :

« – Un jour, trois rabbins voulurent accéder à la spiritualité par un exercice de respiration et sortir ainsi de leur corps.

Le premier ne revint jamais.

Le deuxième revint fou.

Seul le troisième revint saint d’esprit. ››

Légende juive

Prologue

SORTIR DE SON CORPS. Pour de nombreuses personnes, il s’agit d’un mythe, d’une légende ou encore d’une « possibilité irréalisable ».

Pour d’autres, cela relève tout simplement de la folie et les gens qui évoquent ce phénomène ne méritent, au mieux, qu’une psychothérapie ou, pire, un traitement psychiatrique.

En effet, très souvent, L’ETRANGE fait peur car L’INCONNU inquiète et fascine en même temps. Plus un fait est inhabituel, plus il est redouté. Non seulement nous redoutons ce que nous avons du mal à comprendre, mais nous refusons souvent ce qui paraît trop éloigné de notre vie quotidienne et de nos pensées courantes.

A l’inverse, certains d’entre nous sont prêts à devenir membres d’une secte pour essayer d’atteindre la porte d’entrée d’un MYSTERE inconnu et attirant par définition.

Parallèlement, de nombreux ouvrages, certains sérieux et scientifiques (en particulier aux Etats-Unis d’Amérique), sont publiés et rencontrent un succès énorme.

Chacun essaie en effet, par de telles lectures, de trouver une satisfaction à son désir profond de SAVOIR. On veut connaître le « contenu » de l’Au-delà, de la spiritualité. Mais ce souhait n’est généralement pas satisfait car on a le plus souvent affaire à des exemples de personnes exceptionnelles apparemment inimitables.

Pourtant, IL EXISTE UNE METHODE TRES SIMPLE pour avoir la PREUVE de l’existence d’un monde parallèle au monde physique. Il s’agit d’un exercice très aisé de respiration provoquant un immense sentiment de LIBERTE.

Cette expérience très facile et très rapide pour avoir la PREUVE, pour savoir sans aucun doute que l’être humain n’est pas fait que d’un corps physique.

Mais, chut !… le rideau s’écarte sur un horizon à peine soupçonné. Maintenant, ouvrons notre esprit et lisons…

Séquence I

Pas de rendez-vous, rien, ou si peu qu’il me paraît ridicule, de les évoquer. Des dates et des jours marqués d`un grand « X », avec le motif précisé d’une petite écriture : « aller chez le dentiste (celui-ci, j’y songe à cause de ma molaire cariée toujours douloureuse, d’un mal lancinant, profond, avec des accès aigus me faisant parfois sursauter). D’autres croix me rappellent des moments pénibles passés à l’ANPE ou avec les personnes s’occupant des chômeurs (maintenant on dit demandeurs d’emploi, cela est soi-disant plus dynamique, moi, je pense fortement plus hypocrite). Ces rendez-vous ne servent à rien, sinon a rencontrer des jeunes gens sympathiques et compétents. Mais que pourraient-ils faire, face à une économie maussade et devant des employeurs, y compris du secteur public, refusant d’embaucher des « actifs sans travail ».

Ce calendrier infiniment vide m’entraîne vers l’Antiquité romaine. Chaque premier jour était une « calende » où chacune était le dernier délai pour payer ses dettes. Certains créanciers étant, paraît-il, désespérés devant la mauvaise volonté ou l’impossibilité de quelques personnes pour s’acquitter de leurs dus. Alors ils songeaient à leurs voisins et ancêtres grecs. Ceux-ci n’avaient pas de calendes et se permettaient sans doute des fantaisies et des infidélités pécuniaires, provoquant ainsi le courroux de leurs riches partenaires, que l’incertitude d’être remboursés confinait au désespoir un esprit inquiet face à un devenir sans fin, un puits sans fond, un vide blanc, sans horizon, sans marques, sans repaires.

Le vide, oui, voila le grand problème : le VIDE !

Alors que le vent fort d’automne souffle bruyamment dehors, je me projette rapidement dans les grands espaces gelés du nord de la toundra russe, au cœur d’un autre temps, froid, infini, brûlant, ankylosant, abrutissant, cruel, monstrueux, isolant physiquement, mais aussi psychiquement. Une situation désespérante m’oblige a me recentrer sur moi-même. Mais comment se tourner vers soi lorsque tout vous agresse de l’extérieur ? Oui, comment faire ? Je suis vraiment trop mal, je dois changer d’endroit et surtout de climat, de température, car j’ai vraiment trop froid. Après tout, me dis-je, de façon moqueuse, il ne tenait qu’à toi de choisir un autre lieu et un autre temps. Maintenant, assume ! Donc, effectivement, j’assume et je me « casse ». Salut le froid, et vive le soleil !

Ma pensée survole l’Espagne et ses paysages désertiques. Cependant, n`ayant jamais était doué en Espagnol en particulier, ni en langues étrangères en général, je ne me pose pas, même si le soleil me réchauffe la peau et l’esprit. Les premiers sens de l’être humain, pensé-je, car ils sont tous les deux en avant lors de l’affrontement du corps avec son environnement. Depuis quand l’esprit fait-il partie des cinq sens ? Je ne sais répondre à cette question trop dérangeante et n’en ai pas envie du tout. L’esprit n’est-il pas plutôt un truc particulier qui tient au corps sans en faire partie et qui ?… Et puis zut, comme disent les ados aujourd’hui : « Eh quoi, elle est trop nulle ta question ! ». Les petits parigots des banlieues eussent sans doute préféré dire « zarbi ››, Mais ici nous sommes dans la campagne saintongeaise du nord-gironde, parmi les collines verdoyantes, boisées, arborées et envignées où l’on entend plus souvent le bruit du vent dans les branches feuillues et les pépiements des oiseaux que le martèlement assourdissant et des marteaux-piqueurs. Ainsi vont les petites vies des petits humains, plutôt saccadées et excitées en ville, et plutôt calmes et détendues à. la campagne.

Je passe digne l’Espagne pour survoler le Maghreb, le Sahara. Mais je viens me heurter au même type de problème que dans la toundra sibérienne, celui des températures excessives qui me sont insupportables avec, en plus, une amplitude thermique considérable entre le jour et la nuit. Brrr…, j’en crève de chaud et de froid, même sans m’y arrêter. Non, je ne pourrais pas supporter cela. Je ne suis pas un homme des extrêmes, dans aucun domaine, car ils entraînent beaucoup plus de problèmes que de solutions. Même en politique les extrémismes sont mauvais. Par exemple aujourd’hui, nous subissons l’extrémisme libéral initié par des gens de droite comme de « gauche ». Cela entraîne de plus en plus de chômage et de pollution puisque, libéralisme oblige, le gouvernement, a abdiqué devant les exigences des grands patrons sans scrupules… pourvu qu’ils conservent leur pouvoir et le plus d’argent possible. Il est vrai que l’injustice sociale, donc l’égoïsme, et l’empoisonnement de plus en plus intense de notre planète, ont tendance a me mettre en colère, oui, assez souvent en vérité. Ne pourrions-nous pas vivre dans des démocraties républicaines, même s’il s’agit d’un pléonasme, dans lesquelles les Etats joueraient leurs rôles de planificateurs, d’encadreurs, de contrôleurs, de « justiciers sociaux », d’empêcheurs d’empoisonner, la planète ? Enfin nous pourrions « respirer » de mieux en mieux.

Je décide dans de poursuivre vers les petites îles du sud-ouest de l’Océan indien (cela me rappelle le sujet déjà bien lointain de mon mémoire de DEA de géographie). En effet, mon ex-belle mère (puisque je suis divorcé) et ses trois garçons s’y trouvent (les trois filles ont émigré en Europe), comme de nombreux amis à elles d’ailleurs. Mais, vous savez, on dit « amis » or, on devrait plutôt dire « connaissances ››, « copains ››, « camarades ››. Cependant, dans le monde bourgeois qui est le nôtre, tous les gens « biens », ceux que nous appelons les « bourgheassons », ou encore les « bourgeoès » (les bourgeois, les riches) dans notre langue saintongeaise du nord de la Gironde, il semble plus correct de dire « amis », voyons « mon cher ».

Je survole dans l’île Maurice, petit point indo-africain très francophone et si agréable à vivre, puis l’Ile de la Réunion. Bien sûr, d’autres « amis » attendent ma visite, sans impatience, car on a le temps d’y vivre, contrairement au rythme métropolitain. Je crois que le grand Richard Behringer a raison lorsqu’il dit que les Réunionnais sont « follement ›› heureux. Il s’agit d’une folie très douce et très agréable que l’on ressent dès la descente d`avion par l’escalier recouvert d’une grande toile bleue, ou verte, je ne sais plus, et puis ces deux couleurs se ressemblent. Une folie qui rend les gens aimables et serviables, gais et heureux de vivre. La plupart des filles sont belles de joliesse, de finesse, de grâce et de sensualité.

Bientôt, il faudra que j’y retourne avec mon petit (qui a seize ans et est presque aussi grand que moi maintenant). Oui, mais pour cela, il faut de l’argent, donc du travail, la santé, un ensemble d’attributs que je ne possède plus depuis maintenant douze ans et huit mois.

Les évènements se sont déroulés de façon aussi inattendue que terrible. Ma vie prit alors un autre sens.

Séquence II

Depuis plusieurs années, j’étais formateur au GRETA avec des contrats de travail de seulement six à huit mois non renouvelables, ce qui était un véritable scandale pour un organisme dépendant de l’Education Nationale. Puis j’avais été embauché comme Animateur-Concierge, selon les termes du contrat, avec mon épouse, alors enceinte, dans une Résidence pour Personnes Agées, dans le nord saintongeais du département de la Gironde.

En effet, l’installation d’une grande centrale thermonucléaire sur le bord du plus grand estuaire d’Europe (qui donna son nom au département) commençait à enrichir considérablement cette petite portion du Blayais, à environ 60 km au nord de Bordeaux. Cela avait pu permettre à la municipalité de participer financièrement à l’installation d’un tel équipement social nécessaire pour les personnes âgées craignant de rester seules chez elles. Aujourd’hui, le mouvement est inverse et on veut encourager les anciens à rester à la maison ou bien dans leur famille, lorsqu’elles en ont une. Cela est sans doute préférable.

Au départ, les trente-six logements étaient vides, dans un canton rural et paysan où l’habitude dans les familles avait était de vivre collectivement à trois, voire quatre générations sous le même toit. Ainsi, lorsque j’étais enfant, dans les années 1950, 1960, mon arrière grand-mère maternelle, mes grands-parents maternels, mes parents et moi-même vivions en bonne entente ensemble. Cette situation était surtout représentative des familles modestes. Chaque personne ou couple avait sa chambre, et la pièce commune était la « thieusine », pièce qui servait d’entrée, de cuisine (donc en saintongeais « thieusine ») et de salle à manger. Aujourd’hui les couples modernes disent « living » en bon Français.

Le premier été 1989, il a fallu acheter des meubles neufs dans une grande surface spécialisée afin d’équiper les appartements à louer (puisque les personnes concernées n’étaient pas très décidées à venir les occuper). Peu à peu, la RPA, comme nous l’appelions, a vu arriver ses premiers pensionnaires, résidents est d’ailleurs un terme plus exact. Parmi ceux-ci se trouvaient des personnes encore très dynamiques et fortes, grâce à l’habitude du dur travail de la terre derrière les chevaux, dont les familles avaient souvent hâte de se séparer, à cause de leur mauvais caractère. En quelque sorte, elles nous passaient le relais avec soulagement, nous n’allions pas tarder, mon épouse et moi-même, à comprendre pourquoi.

Entre temps, le plus grand et le plus bel événement de ma vie avait eu lieu, c’est-à-dire la naissance de notre fils Nicolas, mignon comme un petit ange avec ses beaux yeux bruns en amande grands ouverts. Mon épouse ayant dû accoucher par césarienne, il n’avait pas souffert, avait la peau fraîche et était plein d’énergie. Au bout de trois ou quatre jours, lorsqu’il avait faim, il se mettait à quatre pattes et criait si fort qu’il ameutait tout l’étage de la maternité. Il réveillait ainsi ses petits congénères.

Jours de gloire, jours de joie, jours de magie !…

Je n’avais, pendant ce temps-là, pu obtenir de congé de mon employeur pour la naissance de mon fils, car il ne pouvait pas me trouver de remplaçant dans l’urgence, après seulement deux mois et demi d’ouverture. Je devais m’occuper de l’animation, de l’administratif de la résidence et des locataires. Cela ne posait pas de problèmes au début, leur nombre étant nul ou très restreint au fils des mois. J’avais également la charge des espaces verts, assez vastes puisque nous étions à la campagne. Au début, je ne pouvais acheter ni brouette, ni tondeuse pour couper et transporter l’herbe. Le budget était beaucoup trop serré. J’avais donc commencé à faucher avec une vieille faux non battue, un « daillot », selon les termes de notre langue régionale saintongeaise.

Au fur et à mesure des mois et de l’arrivée des résidents, mon épouse et moi-même ne manquions pas d’ouvrage. A tel point qu’il avait fallu embaucher une jeune fille en contrat d’Utilité Collective (le fameux TUC) pour nous aider. Par la suite, d’autres jeunes allaient être recrutés ainsi, sans formation professionnelle, ni embauche au terme du contrat. Il s’agissait, paraît-il, d’une grande réforme sociale. Le travail se continuait et les réformes « sociales » se succédaient. Rien que de très banal, en somme.

Parallèlement, j’avais entrepris des études de cadre à l’Institut Régional du Travail Social à Talence, au sud de Bordeaux. Nous nous regroupions une semaine par mois, pendant un an. Départ très tôt le matin, deux heures de route, a cause des embouteillages, et autant le soir...