Jeux de dame
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Description

Neuf jours de la vie d'une femme à un moment de rupture...
Sur l'invitation d'un ami ressurgi du passé, une femme va faire un voyage en Italie. Trévise, Asolo, Venise, Burano, Stra, Vérone... L'auteur trouve le réconfort en se laissant imprégner par la douceur italienne et la beautés des endroits visités. Plus qu'un journal de voyage, Jeux de dame est un journal de pacification, d'émerveillement ; les chagrins subis rendent les armes devant des lieux chargés d'histoire et d'émotions et l'harmonie peut de nouveau trouver place. Peut-être d'autres voyages seront alors possibles...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 septembre 2010
Nombre de lectures 227
EAN13 9782296705869
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0062€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Jeux de Dane
Collection « Vivre et l’écrire »
dirigée par Pierre de Givenchy


(voir en fin d’ouvrage la liste des titres de la collection)


© L’H ARMATTAN , 2010
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-12703-6
EAN : 9782296127036

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
Evelyne Lollichon/Gueno


Jeux de Dame


L’Harmattan

Un aéroport est un livre fourmillant d’images, de fantaisie et d’imaginaire où se mêlent tellement d’histoires. Je n’aurais jamais pensé à quel point il pouvait être passionnant d’observer tout ce petit monde bien particulier. L’homme d’affaire noyé dans l’âpreté du café, ces jeunes gens qui se séparent dans l’amertume des larmes, ce petit couple attendrissant de personnes d’un âge avancé qui semble voyager pour la première fois… L’angoisse se mêle à la joie, l’impatience aux dormeurs, les câlins aux parfums. Chaque page de ce livre suscite l’envie de passer au chapitre suivant. La magie de l’imagination me fait construire, sur chacun de ces visage s, un vécu, avec un sentiment d’infraction dans la vie de l’autre. C’est à la fois délicieux et effrayant !
Faire tomber les masques !
Les masques… Aujourd’hui, je suis à Lyon, en transit pour Venise. L’excitation de ce voyage a rongé ma nuit, mais je suis prête à dévorer le monde.
Encore une heure avant l’embarquement !
Les dernières semaines viennent de me faire tourner la page de ma propre histoire. Après vingt-trois années, j’ai retrouvé un ami italien, rencontré à Oxford en 1982 lors d’un séjour linguistique. Sans nouvelle de lui depuis presque vingt années, il a bouleversé ma vie l’été dernier, tel un ange gardien.
En 1982, j’avais dû quitter précipitamment Oxford suite au décès de mon père. Le soutien de Francesco avait été primordial. DESTIN. Le temps a fait son œuvre et après douze années de mariage heureuses et deux trésors de petites filles, mon mari a commencé à s’éloigner de moi jusqu’à avoir une relation sérieuse avec quelqu’un d’autre. Sauvegarde des apparences, tentative de conserver un équilibre dans la famille, l’espoir d’une passade… le fait est que, au bout de quatre années, la lourdeur du quotidien et du mensonge m’écrasait petit à petit. L’ange gardien est réapparu au moment voulu et il a tout fait basculer avant que je ne bascule. DESTIN. Il m’a ouvert les yeux et donné le courage de réagir.
Déménagement, séparation, tribunal… Même si tout se déroule dans un climat cordial, le sentiment de l’échec et de vie brisée, ajouté à la fatigue, est bien sensible et ce voyage en Italie est ma porte de sortie. Je sais que ce séjour sera comme la mer sur le sable, une vague qui effacera toute trace et m’enrichira.
L’Italie, j’en rêve depuis le collège où j’ai étudié le latin et le grec. Toute cette mythologie fantastique, toutes ces bases d’une civilisation en construction, politique, économique, l’art, le culte de la beauté…
Les réacteurs vibrent enfin. Dernières démonstrations des consignes de sécurité et les minutes qui me séparent de Venise vont être interminables. Immense sentiment de liberté dans si peu d’espace. À côté de moi, un homme d’une cinquantaine d’années semble apprendre une pièce de théâtre Roméo et Juliette. DESTIN.
Le pilote de l’avion nous guide comme dans un autocar de touristes. Il fait pencher l’avion pour que nous puissions admirer notre belle Terre : petite perle bleue du lac d’Annecy, le reflet du soleil sur les neiges roses des Alpes, les vallées prisonnières. Le temps magnifique ajoute une autre dimension à ces montagnes éblouissantes que rien ne semble pouvoir ébranler. On distingue à peine le coton des nuages de la blanche pureté des neiges. Tout est si limpide !
Soudain, sur la droite, une boîte à bijoux : Venise. Première vision. Mon cœur se serre, mon estomac se noue, mes yeux sont trop petits. L’édat de cette ville est semblable à une minuscule cité d’or posée sur l’eau, foulard d’émeraude. Nous sommes chanceux paraît-il. DESTIN. Je voudrais que l’avion suspende son vol, s’immobilise. Si impatiente depuis ce matin, le temps n’a soudain plus aucune importance.
Mes jambes se dérobent, vais-je réussir à descendre cette passerelle qui n’en finit pas ? À l’ouverture de la porte, la clarté et la douceur me surprennent. Les résonances de l’intonation de la langue italienne donnent le ton des vacances. Je suis surprise du calme qui règne cependant dans cet aéroport. Je récupère enfin ma valise. Tout le monde se sourit. L’enchantement commence.
Les portes automatiques s’écartent en glissant en silence. Je suis sur la terre italienne !!
Je ne sais plus si je rêve… mais l’étreinte des retrouvailles est bien réelle. Je suis en Italie !!
Francesco habite une petite ville en campagne, Breda di Piave, jouxtant Trévise. L’originalité de son appartement, sur plusieurs niveaux, m’intrigue. Les tentures, les tissus sobres mais au tombé impeccable, la chaleur du bois et des meubles vénitiens, les lustres et les verres de Murano, les tableaux d’artistes, les livres... tout cet ensemble me fait penser à un petit musée. Chaque chose est à sa place et l’esprit du bon goût est partout.
Francesco est directeur de communication internationale pour un grand groupe Italien et je suis amusée par ces photographies accrochées parallèlement à chaque marche de l’escalier, sur lesquelles des femmes parmi les plus belles du monde, voire quelques starlettes, semblent me narguer aux bras de mon hôte.
La douceur de la nuit nous attire vers Trévise. Petite marche au fil de l’eau qui chante partout et avec la Lune qui s’amuse. Tout est si apaisé. Je n’ai plus aucune notion, plus aucun repère. Je suis tout simplement bien, pour ne pas oser dire heureuse. Il fait sombre mais déjà l’ombre des propriétés que nous logeons m’impressionne. Plus que des domaines, c’est l’histoire qui commence ici.
Une soirée italienne ne peut se priver d’une pizzeria. L’accueil que j’y reçois est si sincère et chaleureux que j’ai l’impression de connaître tout le monde depuis toujours. Discussions politiques, sérénades, regards qui pétillent... personne n’ose parler de rentrer.

La route défile entre les vignobles désertés. Curieuse cette méthode de cultiver la vigne en hauteur ! Déjà la puissance du soleil se fait sentir, énorme contraste avec la journée d’hier puisque j’ai quitté Nantes avec 9°.
Au bout du périple : le mont Grappa et, lové à son pied, à 200 mètres d’altitude, le petit village d’Asolo.
Un exil dans une autre époque commence. Loin des ruines romaines des livres d’école, ce sont des arcades gothiques et de vieux murs qui nous attendent. Tout est si paisible que j’envie la reine Caterina Cornaro d’avoir dominé ce havre de grâce.



Nous déjeunons dans une petite osteria typique. Spécialités de montagne sont au menu, dans un décor de bois brut et lissé par les ans, de dentelles fines et de photographies retraçant l’épopée de l’établissement.
Nous ne sommes qu’en avril, mais déjà la nature revendique ses droits et la végétation méditerranéenne est partout présente. Les lions des fontaines crachent l’eau vive des montagnes.

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