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Journal d'un esprit torturé

De
182 pages

Si ce roman prend d'abord des allures de journal d'adolescent au style humoristique, il évolue au fil des pages et s'élève philosophiquement.
Destin, Dieu, instinct, subconscient, séduction, nature humaine, peur, désir, espoir, attente... sont autant de thèmes qui y sont abordés.
L'auteur nous fait part de ses expériences et des réflexions qui en sont nées.


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Couverture

Cover

Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-58002-3

 

© Edilivre, 2013

 

 

Bien. Alors je ne sais pas vraiment à quoi sert ce fichier Word, mais j’ai l’impression qu’il va avoir une grande utilité dans un futur proche. Bref, en cet instant, pendant que je tape ces lignes… j’ai les yeux fermés. Oui, oui, fermés. Et j’ai la sensation que j’écris (presque) parfaitement bien !! Mieux que la plupart des personnes qui écrivent les yeux ouverts, quoi. Si vous voyez ce que je veux dire… Bon, alors d’abord, le premier but de ce fichier et de la merde que j’y étale, c’est de développer mon instinct. Vous savez bien, quand on fait quelque chose ou qu’on dit quelque chose simplement parce qu’au fond de soi-même on a la profonde sensation de devoir le faire ou de devoir le dire. Petite parenthèse : j’ai toujours et encore les yeux fermés. J’essaye actuellement, en fait, de déballer le plus vite possible, avec le moins de pensées ou de réflexions, d’interférences quoi, possibles, tout ce qui me passe par le cœur, et non par la tête. Mon objectif est de bannir totalement ce que j’ai dans la tête. Tout ce qui m’empêche constamment d’agir selon mes propres convictions. En même temps, ça pourrait bien me permettre d’améliorer ma confiance en moi. En effet, si j’arrive, là, à déballer autant de mots qui ne sont pas totalement dénués de sens, les yeux fermés et sans jamais laisser mes doigts se reposer sur le clavier, ça peut m’aider à être spontané. Et oui ! Je suis tout à fait sérieux, mesdames et messieurs ! Disons que c’est mon truc à moi. C’est ma méthode, ce qui est en accord avec moi-même. Car je dois avouer qu’en ce moment, étant complètement perdu, et c’est le cas de le dire, je ne saurais même plus donner d’élément de réponse à la question « Qui suis-je ? »…

Bon ok, les yeux fermés, c’est pas facile. C’est pourquoi, après le superbe paragraphe que j’ai pondu au-dessus, je vais les ouvrir. Voilà, ouverts. Alors, que dire maintenant ? Et bien, je vais peut-être essayer d’être moins flou dans mes propos, parce que, qu’on se le dise, si je voyais un mec pondre un truc pareil, je me poserais de sérieuses questions à propos de sa santé mentale… Mais ça, c’est aussi un peu un des objectifs : me foutre royalement de ce que vous pourriez bien penser à mon sujet, qui que vous soyez, que je vous connaisse ou non. Critiquez, foutez-vous de ma gueule, faites ce que vous voulez, je m’en fous, et je me moque bien de vous qui prenez la peine de le faire…

Que dire… Tout a commencé il y a un an je crois. Oui, c’est à ce moment que ça a vraiment commencé. Et, comme un bon gros cliché des temps modernes, tout a commencé grâce (Oui, il y a plus d’un an, j’aurais dis « à cause », mais, là, c’est bien « grâce ») à une fille. Une fille, toujours et encore. Mais on pourra dire ce qu’on veut des femmes, les traiter des pires noms, allant de nymphomanes manipulatrices à salopes invétérées, moi je ne les considère pas comme ça. Qui qu’elles soient, quoi qu’elles fassent, et peu importe le nombre d’hommes (ou de femmes) inscrits sur leur tableau de chasse. Bref, j’y reviendrai plus tard. Il y a un an, donc, j’étais dans le Chnord, à Brest. Vous voyez la Bretagne, près de l’océan, là, à l’ouest de notre cher pays ? Ok. Maintenant, vous voyez la petite pointe tout à gauche (Ouais… est, ouest, ça me fait vite chier) ? Et bien c’est là. Ne me demandez pas ce que je suis allé foutre au fin fond du trou-du-cul de la France, là où la pluie est capricieuse et où le soleil daigne se montrer de temps en temps, genre deux ou trois jours dans l’année. (Comment ça, j’exagère ? Je n’oserais pas, bande de perfides lecteurs) Quoiqu’il en soit, c’est là que j’étais il y a un an, et où j’ai vécu pendant près de six mois (Oui, parce que la pluie, le froid et tout, je kiff, ok, mais ça m’a vite gonflé… mon soleil a fini par me manquer, et tout ce qui va avec : la plage, les bikinis, la mer, les filles en bikinis, la méditerranée, les filles sans bikinis, la plage, les monokinis…) Comment ça, je me suis perdu ? Très bien, très bien… Donc je parlais de cette fille qui dans un sens m’a fait prendre conscience de certaines choses. Elle était dans mon école, et c’était presque ma voisine à vrai dire. Je vous passe les détails. Au début, je ne l’avais même pas remarquée, je ne la comptais même pas dans mon « top filles de promo ». C’est souvent de ces filles là dont je peux tomber amoureux, à vrai dire, celles que je ne remarque pas, au début… C’est elle qui a commencé à me draguer. Elle venait de rompre avec son copain, peut être un mois après la rentrée. Après genre un an de relation. Bref, à ce moment-là, elle a commencé à faire de la merde avec des gentils connards, un peu par ci, par là… Non, en fait, seulement deux ou trois fois, mais j’aime exagérer, ça m’excite… ou pas. Mais allez savoir pourquoi, comme toujours, j’ai commencé à m’intéresser à elle une fois qu’elle n’était de nouveau plus célibataire. Elle est sortie avec un mec de la promo, un redoublant. Il n’a même pas réussi à… découvrir son corps, disons, durant cette courte période. Le pauvre, il aura essayé. Et moi, de mon côté, tout aussi con, encore plus, en fait, j’en tombais tranquillement amoureux tout en multipliant les conneries. Ouais, parce que c’est con, l’amour. On arrive tranquillement à intéresser des filles qui ne nous intéressent pas, mais quand une nous intéresse, on fait de la bonne et pure merde. Du bon gros caca, m’voyez ? Donc j’ai commencé à m’engouffrer là-dedans (seulement au sens figuré). Mais elle aussi de son côté, je l’intriguais, je veux dire, avant que je commence à vraiment faire de la bonne grosse bouse. Genre si les cacas pouvaient avoir des enfants, je pourrais qualifier ça d’arrière-arrière-petit-enfant du caca d’un rat d’égouts transgénique. (Vous devez avoir une image… sympa en tête, là, pour le coup) Et comme je l’intriguais quand même, allez savoir pourquoi, je me suis retrouvé dans sa chambre à me faire violer par elle – la fille que j’aimais, presque – et quelle a été ma réaction ? Ah ! Oui, petite parenthèse, elle venait de se remettre avec son ex de longue date genre… moins d’une semaine avant ce petit événement. Bon ! Donc la scène : je suis complètement beurré, défoncé, tout ce que vous voulez (enfin pas trop non plus, soyons raisonnables (je déconne, il ne faut pas être raisonnable dans la vie, c’est ça qui gâche tout !)), dans sa chambre, et elle m’embrasse, sa langue ne voulant plus laisser ma pauvre bouche respirer. Mais ma bouche ne se plaignait pas trop, alors ça va. Elle fait tout le boulot, elle m’enlève la chemise, commence à me déshabiller et tout. Et moi, je pense. Je fais l’erreur que j’ai faite pendant 19 ans aujourd’hui et que je continue à faire : réfléchir. Et à quoi je pensais ? A son copain ! Je me disais que c’était pas cool pour lui. Bref, j’ai réfléchi à tout ça, et là, pouf, ma conscience s’éveille : « Ecoute, tu as un copain. C’est pas cool. Je sors de ta chambre ». Et c’est comme ça que j’ai raté la seule occasion que j’ai eue de faire l’amour (entendez-moi bien, il y a faire l’amour et baiser, qui sont deux choses complètement différentes. J’ai manqué plein d’occasions de baiser, mais ça, ce sont d’autres histoires mes amis, et à ce stade du récit, on s’en bat les c… bref). Et après, j’ai réfléchi, j’ai regretté, et j’ai commencé à faire grave de la merde. Genre déclarations d’amour le soir, bourré, par textos interposés. Ce genre de trucs bidon et pitoyables. Jusqu’à ce que je prenne une des meilleures décisions qui soient : quand quelqu’un prend trop de place dans mon cœur, et qu’il a par conséquent trop de pouvoir sur moi quand moi je n’en ai plus du tout, je le vire. Tout simplement. De mon téléphone ; d’ailleurs ; et surtout, avec le temps (quoique, maintenant, il me suffit de quelques heures pour ça), de mon cœur. Bon, enfin, on ne va pas se mentir non plus. Sachez bien qu’il est très facile de faire entrer quelqu’un dans son cœur, mais il est impossible de l’en faire sortir. Tout ce qu’il est possible de faire, c’est de le rapetisser, de le rendre le plus petit possible, puis encore de plus en plus petit, et de le mettre au fin fond d’un des coins de votre cœur, là où vous n’allez presque jamais. Comprenez bien ce que je dis. Cette fille, maintenant, j’y pense plus. Mais il m’arrive, de temps en temps, genre tous les deux ou trois mois, d’avoir son image qui apparaît dans ma tête, et de me dire simplement qu’elle est passée à côté de quelque chose, en passant à côté de moi. Plus aucun sentiment pour elle. Elle n’est qu’un souvenir de mon cœur (Qui vaut bien mieux que n’importe quel souvenir de votre cerveau de pigeon claustrophobe).

Là où je veux en venir, c’est que j’ai commencé à ce moment-là un travail sur moi-même. À l’époque, y’a quelques mois seulement, hein, moins d’un an, quand j’ai fini par rentrer de cette espèce de ville de la pluie et du mauvais temps, j’étais quand même pas mal anéanti. Et je ne pouvais pas boire pour oublier, me bourrer la gueule avec mes potes ou autre chose de ce genre qui n’aurait servi à rien. Mes potes, ils avaient leurs études dans le Chnord aussi. Donc j’étais seul, chez moi, à rien foutre. Alors j’ai mis à profit ce temps. Pas extérieurement, j’ai continué à rien foutre. Mais j’ai commencé à revoir entièrement ma façon de penser. Je me suis demandé d’abord pourquoi. J’ai essayé de comprendre ce qu’elle avait fait pour avoir le pouvoir de me faire autant de mal. Et la réponse : absolument rien. C’était entièrement de ma faute, de la faute à ma vision de la vie qui, jusque là, était mauvaise. Alors j’ai commencé à changer le seul truc sur lequel j’ai un peu de pouvoir : moi. Voilà, c’est là que ça a commencé. Et vous allez être déçus, mais je préfère vous prévenir : je raconte le début, mais je ne vois même pas encore la fin, de là où je suis, au moment où j’écris ces lignes. Ce que je peux faire, c’est continuer cette histoire jusqu’à ce moment. J’ai donc commencé à lire certains trucs. Le développement personnel. C’est justement ce que je voulais. Je voulais comprendre les hommes, et pour ça, il fallait que je me comprenne, moi. J’ai donc entamé la première phase.

Phase I

Remise en question

 

 

Ouais, allez, tant qu’à faire, autant faire ça à peu près bien. Chapitres et tout, mes amis. Je déconne, n’espérez même pas devenir mes amis.

Donc la première phase du long chemin sur lequel je me suis aventuré, et sur lequel je suis encore, a commencé. C’est une phase purement intérieure. Je répète que je ne foutais rien, strictement rien. Enfin si. Je faisais la fête (on ne se change pas, s’amuser, c’est un des seuls trucs que je ferai toujours, du moins j’essaierai) de temps en temps, j’ai fait deux-trois voyages, et je donnais même des cours de maths pour passer le temps et me faire des sous (en fait, en tout et pour tout, dans les deux-cents euros, ce qui en soi n’est pas énorme mais m’a permis de me payer quelques cocktails). Et le reste du temps, donc la majorité du temps, quand j’écrivais pas de la merde ou que je composais pas de chansons (Et oui, polyvalent le mec !), bin je faisais ce que j’ai toujours fait depuis que je suis né (bon peut être depuis un peu plus tard en fait…) : penser, réfléchir, analyser… Et là, j’aimerais remercier solennellement celle qui a rendu tout cela possible et m’a grandement aidé : ma terrasse. Et aussi un peu les étoiles qui me regardaient d’au-dessus le soir quand j’allais y faire un tour. Je vais vous expliquer, vite fait, comment ça marche : déjà, oui, y’a des phases, des processus (j’adore ce mot ! J’y reviendrai plus tard, beaucoup plus tard même, en fait). Mais pour chaque phase, y’a des espèces de mini phases. Donc le soir, j’allais sur ma terrasse et je pensais, c’est tout. D’abord, je pensais aux relations hommes-femmes, les plus complexes en fait. Et faites pas genre, les mecs. Celui qui me sort qu’il a compris le secret de la gente féminine, je me fous sincèrement de sa gueule. Ça a commencé par la fille de Brest, la seule dont je sois (presque) tombé amoureux, à vrai dire. Je pensais à elle constamment. Même à mille-quatre-cent kilomètres d’elle, elle voulait pas quitter mon cœur, ni ma tête. La sa… bref. Je pensais à elle tout le temps, au début. Et puis je me suis demandé pourquoi. Je me suis demandé ce qui l’a fait s’intéresser à moi au début, et se désintéresser ensuite. Ce qui l’a fait vouloir tromper son copain un soir avec moi sans aucun remord, etc. Et j’ai commencé à comprendre petit-à-petit. Si vous voulez, c’est comme soulever un désert : impossible. Mais le mec qui veut déplacer un désert entier, ok, tel quel il n’y arrivera pas, vous me direz (vous vous demandez aussi sans doute pourquoi diable je suis en train de parler de désert… Fermez-la et continuez votre lecture, bande de cloportes délavés). Sauf que, maintenant, imaginez ce même mec en train de déplacer chacun des grains de sable de ce désert, un à un. Bin, à la fin, quand il aura déplacé tous les grains de sable, il aura fini par le déplacer entièrement, son désert. Et c’est ça que je fais. Je déplace des grains de sable. Et c’est seulement quand je les aurai tous enlevés de là, que j’aurai enfin déplacé ce putain de désert, que je pourrai voir ce qu’il y a en dessous. Le puzzle sera résolu. Mais j’en suis encore très loin.

 

 

1. « Suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis »

Elle s’est intéressée à moi au début parce que justement, moi pas. Tous les mecs étaient là à essayer de la draguer, et moi elle venait voir pourquoi je ne venais pas. Elle me tendait des perches, et je la laissais là, à chaque fois, avec sa perche tendue dans le vide, comme une conne. Un des premiers trucs que j’ai compris, ça. J’ai repensé à cet adage, qui vient de je ne sais où : « Suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis ». Une des premières caractéristiques des humains. Au fait, que ce soit clair, mes pensées, mes convictions, tout ça, le contenu de mon cœur etc. ont constamment évolué depuis que j’ai commencé à faire ce travail sur moi-même. Ce qui veut dire, chers (ou pas) lecteurs, qu’il y a des trucs que je pensais il y a quelques mois, voire même quelques semaines, que je ne pense plus du tout maintenant, ou de façon différente. Encore une fois, tout ça n’est qu’un processus. Rien de plus. Rien de moins. Pour arriver à la fin du chemin, il faut le parcourir comme il est. Donc avec tous les virages qu’il comporte, les trucs que tu vois pas et sur lesquels tu trébuches (« Pourquoi tombons-nous ? Pour mieux apprendre à nous relever », Cf. un des films Batman. Qui a dit que je ne citais que des grands philosophes ? Non, non, enlevez-vous cette idée de la tête, il pourrait m’arriver de citer Rocco Siffredi ou Cartman de South Park), les tournants, le brouillard… Enfin, vous comprendrez ça plus tard, au fur et à mesure. Patience…

Donc voilà comment j’ai compris le truc : la meuf, elle a l’habitude de se faire aborder tous les jours, par des gros lourds, le plus souvent, qui plus est. Alors quand un mec se bat royalement les couilles d’elle alors même qu’elle commence à dire des choses plus explicites et tout (True Story), bah elle comprend pas, la pauvre. Et messieurs, une fille qui ne comprend pas va forcément essayer de… chercher, et donc de comprendre. Donc y’a tous les lourds, et y’a ce mec qui est différent et qui ne s’intéresse pas à elle. Jusque-là, sans le savoir, j’avais fait ce qu’il fallait pour l’intéresser : rien. Mais qu’on se le dise, la vérité absolue ça n’existe pas, ici, dans la vie. Rien d’absolu n’existe d’ailleurs à proprement parler, dans la vie, toujours, et je me permets d’insister. Donc j’ai beau parler de règles ou de je-ne-sais-quoi, les relations humaines sont loin d’être une science exacte. Il y a seulement les paramètres sur lesquels on peut influer (et le plus important d’entre eux, c’est soi-même) et ceux qui nous échappent, et dont on espère qu’ils joueront en notre faveur.

Mais, qu’on se le dise, la psychologie féminine et la psychologie masculine sont strictement différentes. C’est la différence entre cerveau droit et cerveau gauche. Les plus mauvaises langues diront même que c’est la différence entre cerveau féminin et pénis masculin. Mais au diable les mauvaises langues. Et moi, même si je préfère et que j’ai toujours préféré penser avec ma tête, une erreur d’ailleurs parce que la vraie pensée vient du cœur (mais on y viendra plus tard), quelques fois, sous l’influence de mes amis et de ma propre virilité, y’en a une qui se lève et qui prend les commandes, si vous voyez de qui je parle. Et quand une fille s’intéresse à un mec, et qu’elle est au moins jolie, il y a des arrières pensées qui se créent. Donc le mec commence à s’intéresser un peu à la fille. Je me suis dit : « bon, ok, elle s’intéresse à moi, mais pourquoi ? ». Cette fameuse question, c’est pas que chez les filles. C’est un truc récurrent à l’humanité tout entière. C’est idiot, d’ailleurs, parce que, le plus souvent, on cherche à comprendre quelque chose qu’on ne devrait même pas essayer de comprendre, mais seulement de vivre. Alors quand elle a vu que ça ne prenait pas avec moi, parce que j’étais trop timide, pas assez confiant, ou tout simplement pas intéressé, ou gay peut-être, allez savoir ce qui passe dans la tête d’une fille qui cherche des réponses… elle a commencé à s’intéresser à d’autres mecs plus ouverts. D’autant qu’ayant rompu récemment, elle avait un certain manque à combler, la demoiselle. Et certains garçons auraient été ravis de pouvoir le combler. Alors pourquoi se faire chier avec un quand il y a tous les autres ? Mais plus elle se désintéressait de moi, plus je m’intéressais à elle. Logique humaine universelle (encore une fois, tout est relatif, hein). Et un gentil garçon (ce que j’étais à l’époque) intéressé, ça peut faire des désastres.

Les gentils garçons, ça n’existait pas avant, c’est un truc de la société moderne. Egalité des sexes et toutes ces conneries, mamans au foyer éduquant leurs fistons pendant que papa bosse, sans compter le nombre de divorces grandissant dû à cette libération des mœurs qu’il y a eue, le nombre de femmes élevant seules leurs enfants… Tout ça fait que, de nos jours, il y a un grand nombre de petits mecs qui ont été en grande partie élevés par des femmes. Et quand on t’a bourré le crâne pendant toute ton enfance avec des castrations intellectuelles, bah tu deviens un gentil garçon. Faut offrir des fleurs aux filles, faut être gentil avec elles, leur payer le resto, leur faire des compliments, se plier à leurs désirs… Tu parles ! Ou comment les femmes ont réussi à faire des hommes leurs chiens castrés. Comprenez-moi bien, je suis pour l’égalité des sexes et tout ça, on est tous au même niveau, y’a personne qui dépasse du tas d’humains qui peuplent la Terre. Mais chacun son rôle. Si on revient à la préhistoire, le rôle naturel de la femme est de procréer, de continuer à peupler notre petite Terre, histoire qu’elle se sente pas trop seule (la Terre). Et celui de l’homme est d’offrir à la femme et aux gosses la sécurité, la protection. Ce rôle est d’être un Homme, quoi, un vrai. Les filles attirées par les connards et qui rejettent les gentils garçons quand elles ne s’en servent pas comme des chiens ? Non, naturellement attirées par les Hommes avec un grand « H ».

Pour finir cette histoire avec cette fille, il y a quand même eu le moment où on était intéressés tous les deux. Vous savez, dans sa chambre, et tout, et tout. Ça, c’est parce qu’une fille, suivant l’intérêt qu’elle vous porte, peut vous pardonner une erreur ou deux. Et heureusement parce que, sinon, l’humanité se serait éteinte depuis longtemps… C’est une des spécialités des hommes, ça, les erreurs. Eh bien, elle m’avait pardonné mes erreurs, et elle voulait toujours savoir pourquoi je l’attirais. La réponse était sans doute que j’aurais pu lui offrir la possibilité de s’échapper un peu. J’aurais pu la faire rêver, et pas le rêve pitoyable avec des bisounours partout dans un jardin de roses… plutôt l’aventure, ce genre de rêve. C’est l’image que je renvoyais, et c’est celle que je voulais renvoyer. Soit. Mais c’est pas ce que je lui ai offert. Elle voulait juste s’envoyer en l’air, baiser si je puis dire, de façon aventureuse et tout, pas comme avec son copain, faisant bien attention à ne pas la brusquer ou je-ne-sais-quoi. Plus en mode arrachage de vêtements et plaquage contre un mur. Votre esprit fera le reste pour la scène que j’essaye de vous décrire. D’autant que ce n’est pas le sujet. Armé de tous les conditionnements de gentil garçon et autres qu’avait exercés la société sur moi, je trouvais ça mal qu’une fille trompe son copain avec moi. Même la fille dont j’étais (presque) tombé amoureux. Je ne pense plus du tout pareil à présent, mais je vous dirai ça plus tard.

Au final, l’idée qu’elle se faisait de moi, l’image que je renvoyais, et ma véritable nature, ma véritable image, ne collaient pas ensemble. Et quand elle a compris ça, elle n’avait plus rien à comprendre. Et quand une femme n’a plus de réponse à apporter à ses questions à propos de tel ou tel homme, elle s’en désintéresse. D’où l’importance du mystère. Une autre des caractéristiques d’un Homme. Le mystère… Bref, une femme qui n’a plus d’intérêt pour vous, vous voulez savoir pourquoi. Et ça recommence. On passe alors à la deuxième partie de l’adage en titre de ce chapitre. Pareil, dans l’autre sens. Et quoi que vous pensiez, enfin surtout quoi que vous disiez, mesdames, vous avez la capacité de faire énormément de mal à un homme, par ce même principe. On désire toujours ce qu’on n’a pas. Et souvent, quand on obtient enfin ce qu’on désirait ardemment, on finit par s’en lasser pour se tourner vers un nouvel objet de désir. La nature humaine, encore… C’est comme ça, c’est tout.

Voilà, c’est un des premiers trucs que j’ai compris. Et, à force de réfléchir à tout ça, et de réfléchir tout court, d’occuper mes pensées par tout un tas de trucs, il y avait forcément moins de place dans ma tête (et mon cœur) pour elle. J’ai fini par l’oublier, au bout de genre deux mois (et oui, c’est long deux mois). Mais j’ai plus avancé pendant ces deux mois que pendant tout le reste de ma vie jusque-là. Et ce n’était que le début. Alors je remercie cette fille, car si elle ne m’avait pas repoussé, je serais sorti avec elle, mais jamais je n’en serais là où j’en suis aujourd’hui. Et c’est pareil pour tout ce qui m’est arrivé jusqu’à présent. Filles ou pas filles. Mais, je vais vous confier un secret : toutes les histoires dignes de ce nom sont causées par une fille. Il y a toujours une fille dans l’histoire. Ha ! Ha ! Ha ! Conneries mises à part, si ne serait-ce qu’un seul élément de ma vie s’était passé différemment ou n’avait pas existé, je ne serais pas en train d’écrire ces mots, ni de penser de la façon dont je pense aujourd’hui, de faire ce que je fais, etc.

Et, justement, après cette petite histoire j’ai commencé à embrayer sur d’autres sujets de réflexion, que cela concerne ou non des filles, d’ailleurs. Il n’y en a pas toujours dans les histoires, je mentais. Et j’en suis venu à m’interroger sur les regrets (d’où mon « justement », justement. Vous vous posiez la question, hein ? Petits coquins…) et tout plein d’autres choses, comme l’univers ou la vie en général, la mort, tout ça…

 

 

2. « Dans la vie on ne regrette que ce qu’on n’a pas fait. » (Jean Cocteau)

Je me revois encore sur ma terrasse, à observer un ciel magnifique le soir, une douce brise effleurant mes cheveux et ma peau, les étoiles observant mon changement de là-haut… Et, chaque soir, je comprenais quelque chose de plus. De temps à autre, j’avais des déclics, parce que c’est comme ça que ça marche. À force de réfléchir, d’essayer de comprendre quelque chose, de s’en approcher au fil de réflexions tortueuses de l’esprit, bah des fois il arrive qu’on comprenne d’un coup tout ce qu’on essayait de comprendre de façon logique. Un déclic de l’esprit.

Après m’être pris la tête pendant un bon moment à cause d’une fille, d’une seule personne que je ne connaissais même pas un an avant, j’ai fini par comprendre un truc. Et ma conclusion était la suivante : ça ne sert à rien, se prendre la tête. Ressasser le passé, se demander comment se seraient passées les choses...