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192 pages
Français

L'absurdité de la vie

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192 pages
Français

Description

Une mère porte la vie dans son sein, la donne au prix de la sienne. Et si la vie était réellement absurde ? Cet ouvrage, hommage à la mère de l'auteur, rassemble des textes inspirés de faits de société, sur fond de chansons des années 60 à 80 de musiciens des deux rives du Congo. Des pages d'écume, de rage et de courage qui nous jettent dans les yeux l'eau salée de la vérité. Un livre passerelle entre littérature écrite et littérature orale.

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Date de parution 02 novembre 2017
Nombre de lectures 24
EAN13 9782140050145
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

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Exrait

Ludovic Julien K
L’absurdité de la vie Nouvelles
Préface de Pierre Ntsemou Postface de Noël KodiaRamata
L’absurdité de la vie
Ludovic Julien KODIA
L’absurdité de la vie
Nouvelles
Préface de Pierre Ntsemou
Postface de Noël Kodia-Ramata
Du même auteur Mes larmes coulent en silence(roman), Edilis, 2005 (Côte d’Ivoire). Destin cruel(roman), Edilivre, 2011 (France). De l’amour à la haine(roman), Edilivre, 2014 (France). Mes larmes coulent en silence(roman), Edilivre, 2014, réédition (France).
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-12748-4 EAN : 9782343127484
Aucun amour n’est aussi vrai, beau et grand que celui d’une mère. Une mère est une mère pour la vie et pour la mort. Elle est irremplaçable. Ludovic Julien Kodia Une vie de couple vécue séparément, quelle qu’en soit la motivation, est l’antichambre du divorce. Elisabeth Bahamboula
PRÉFACE Voici un recueil de nouvelles dont la particularité tient de la constance de l’auteur à mettre en relief dans chacun de ses six (6) textes, son amour obsessionnel de sa mère, Louzabéta. Ce personnage, puisqu’il en a fait un pour des besoins de la narration fictionnelle, est au centre de gravité de chaque nouvelle, même si la trame narrative ici et là change par l’intrigue autour de laquelle est bâtie l’histoire – prétexte choisi habilement par l’auteur pour amener le lecteur à partager cet amour maternel. L’enfant qu’il demeure dans les souvenirs ne voudrait pas voir cet amour être conjugué au passé, mais plutôt au présent permanent et éternel. On a dit d’un artiste musicien ivoirien, Daouda, par ses œuvres qui touchaient le mélomane dans l’âme, jusqu’aux larmes, qu’il était « le sentimental ». Les lecteurs des livres de Ludovic Julien Kodia en disent tout aussi bien de lui, après avoir plongé dans son univers lyrique qui se veut une immersion au cœur de l’être humain ; dans ce qui s’y passe et qui parfois fâche, désole, désespère, attriste, afflige, déchire, meurtrit, consume ou tue à petit feu. On peut d’ailleurs se demander si l’auteur n’est pas chantre d’une condition humaine à La Balzac, version mélodramatique qui ne laisse aucune âme sensible, tranquille. Souvent, comme un poignard, la plume de L.J.K. ne glisse pas sur du papier qu’elle noircit de son encre ; le lecteur la sent et la ressent plutôt acérée, dardant son cœur qui vit par procuration dans la peau du ou des personnages martyrisés dans l’œuvre. Il n’est pas rare qu’on se surprenne rêveur, les mains en « béquilles psychologiques », soutenant une tête lourde au fil des pages qu’on tourne, fébrile, suspendue à la narration de l’auteur.
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Avec un tel décor planté pour ceux qui vont découvrir maintenant cette plume de L.J.K., pour la première fois, et même pour ceux qui la retrouvent, une certaine appréhension pourrait les saisir quant à l’inévitable choc résultant de la lecture du présent recueil de nouvelles, l’absurditédelavie. Tout enfant sait le lien sacré, fort, inénarrable entre une mère et le fruit de ses entrailles. Quand donc un écrivain choisit pour rendre hommage à sa mère, des nouvelles que résume l’absurdité de la vie, une vie qu’il doit bien évidemment à cet être cher, on est quelque peu troublé et inquiet de découvrir comme Albert Camus le côté absurde de la vie peinte en six (6) tableaux ici. Et, on est d’entrée de jeu, bien servi par le premier desdits tableaux,l’amourindécent, première nouvelle d’une répugnance morale à vous révulser le cœur. Un inceste d’une violence morale et physique bestiale – encore que la bête ne connaît pas la morale, mais agit par instinct, obéissant à une pulsion animale susceptible de justifier la bêtise commise ! Mais l’homme ! Être équilibré, être sensé, père aimable, affable, chef respecté de famille ! Abuser sexuellement de sa propre fille pour assouvir une libido malsaine, c’est à n’en point douter, le comble de l’opprobre, de l’horreur, de l’ignominie de la part de ce père que l’auteur et la narratrice ne nomment pas, si ce n’est de l’affubler de qualificatifs et d’épithètes les plus funestes de mépris, pour traduire sa lèpre morale. Et lorsque l’ami intime de cet énergumène vient à son tour s’en mêler lui aussi pour accomplir cet acte démentiel sur la même Abibi, notre malheureuse, une adolescente de quinze (15) ans, le monde pour celle-ci s’effondre. Et c’est là que l’auteur choisit de faire intervenir la tante paternelle d’Abibi, Louzabéta comme consolatrice pour la tirer des griffes de son obsédé de frère, la soutenant jusqu’à son départ en Europe pour fuir le cauchemar et se
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faire une nouvelle vie par le biais des études qu’elle allait y poursuivre. Vivant désormais en couple en France, avec un Blanc qui lui a donné deux beaux métis, elle garde jalousement le lourd secret de sa vie antérieure, de ce drame intérieur dont elle nous narre comme un film noir, les principaux épisodes pour dénoncer cette abomination qui fait de nombreuses victimes dans plusieurs foyers ; où la loi de l’omerta règne pour pérenniser une pratique immorale. Situation infernale dans ce jardin de la vie, où la mère qui nous la donne au masculin et au féminin ne mérite pas un traitement si ignoble venant du fruit de ses entrailles contre un autre fruit de ce même arbre de la vie. Belle leçon à méditer pour protéger au maximum, l’innocence de nos fleurs de filles, face à ces brutes de sexe que rien ne vexe ni n’arrête, même pas la honte. L’amourmaternelsouffle dans l’air de la première qui nouvelle est dans tous les coins et recoins de la deuxième nouvelle ainsi titrée. « Un amour sans pareil sur terre », nous confie l’auteur par le narrateur ici. Souvent, et c’est le cas dans la présente nouvelle, le fils se rend bien compte de la véracité de cette assertion au fil du temps, mais surtout après le temps de vie de cet être si adorable que le remords qu’on éprouve est très difficile à digérer. C’est le cas du personnage principal dont le narrateur laisse à penser qu’il s’agit d’un récit autobiographique tel que l’indique l’incipit faisant office d’introduction du recueil. Louzabéta, Élisabeth Bahamboula à l’état civil, est ici célébrée sans commune mesure par son fils alors qu’elle n’est plus de ce monde. C’est en ce moment que l’enfant devenu adulte, prend la mesure de l’étendue de cet amour maternel, dont il se sent coupable de n’y avoir pas répondu à sa juste valeur au moment où il aurait dû, retourner l’ascenseur de l’affection adoration, car véritablement, elle en avait bien le mérite. L’enfant ressasse les souvenirs pour parler post mortem à sa mère, croyant ainsi se faire
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