L’affaire Blaireau

L’affaire Blaireau

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150 pages

Description

Comment une erreur judiciaire va chambouler les vies bien réglées d'une petite ville de province. Extrait : C'est toute une histoire, monsieur le baron, et que je puis vous conter maintenant sans indiscrétion. Catherine d’Arpajon avait fait connaissance, aux courses d’Auteuil, d’un riche planteur fort généreux, mais qui ne savait pas un mot de français. En quittant Paris, cet étranger, grâce à son interprète, dit à Catherine : « Ma chère enfant, quand vous saurez la langue de mon pays, venez-y (dans le pays), vous serez reçue comme une reine. » Et il lui laissa son adresse. Peu de temps après, j’appris que Catherine d’Arpajon cherchait un professeur de hollandais.

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Date de parution 06 avril 2017
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Langue Français

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E Ad lpmho nsed
Allais CHARDL’affair e Blair e au Chapitr e I I
― Parfaitement ! V ous p ouv ez contempler en M. Guillo che le chef
du p arti ré v olutionnair e de notr e ville , un p arti qui compte dix-sept
membr es. Chaque fois que M. Guillo che se présente aux éle ctions, il a
dix-huit v oix à Montp aillard : les dix-sept v oix des ré v olutionnair es plus
la sienne . La der nièr e fois, il n’a eu que dix-sept v oix p ar ce qu’un ré v
olutionnair e était malade .
― Dix-sept ré v olutionnair es sur une p opulation de dix mille
habitants ! concilia le bar on, il n’y a p as encor e p éril en la demeur e . Mais,
dites-moi, mon cher Guillo che , quelle drôle d’idé e p our un homme bien
éle vé comme v ous de v ous metr e dans ce p arti-là ?
M. Dub enoît ne laissa p as au jeune homme le temps d’ e xprimer son
amour ardent de l’humanité , sa folie de sacrifice p our les déshérités. Il
s’é cria :
―  Comme tous ses p ar eils, maîtr e Guillo che n’ est qu’un ambitieux,
un de ces ambitieux qui n’hésiteraient p as à pr o v o quer des atr oup ements
dans la r ue p our de v enir quelque chose dans le g ouv er nement !
― Pardon, mon cher Dub enoît…
Mais de vant la répr obation unanime de l’assemblé e hostile aux
discussions p olitiques et r eligieuses la conv er sation b ondit sur div er s autr es
tapis.
D es gr oup es se for mèr ent ; Arab ella causait av e c le bar on :
― Mademoiselle , assurait ce der nier , je me p er metrai de n’êtr e p oint
de v otr e avis. Cete p etite ville de Montp aillard n’ est nullement
désagré able , je v ous affir me . D epuis une huitaine de jour s que je l’habite , je
ne m’y suis p as ennuyé une minute .
― Si v ous y étiez comme moi depuis… depuis vingt et quelques
anné es, v ous p arleriez autr ement. Enfin, ce qui est fait, est fait. Je ter minerai
ma vie ici entr e mes cousines et mon cousin, comme une vieille fille .
―  Oh ! mademoiselle ! pr otesta g alamment le bar on.
― Je p arle p our plus tard.
― Ah ! dame ! Il est certain qu’à la longue …
― Et v ous, v ous allez r entr er à Paris ?
― Pour quelques jour s, avant de p artir à la mer .
― Retr ouv er v os amis, v otr e club , v os maîtr esses…
― Mes maîtr esses ! Comme v ous y allez !
13L’affair e Blair e au Chapitr e I I
― Ne v ous en défendez p as, c’ est si natur el p our un homme !
― Alor s, metons ma maîtresse et n’ en p arlons plus.
― Jolie ?
―  T rès jolie … et d’un désintér essement !
―  V ous me cr oir ez si v ous v oulez, bar on, mais je n’ai p as le courag e
de blâmer ces femmes-là .
― Moi non plus, dit le bar on.
― Elles n’ ont p eut-êtr e p as une réputation intacte , mais elles sont
déshonoré es dans des conditions si char mantes ! Et puis, elles mènent une
e xistence pleine d’impré v u et de mouv ement, tandis que nous !… Le rê v e ,
v o y ez-v ous, bar on, ce serait de concilier les vieilles v ertus familiales de
nos pr o vinces, av e c une vie un p eu accidenté e … Mais c’ est bien difficile .
―  On finira p ar tr ouv er une combinaison.
― Qe de fois il m’ar riv e de song er à tout cela, quand je suis seule ,
dans le p ar c, à me pr omener silencieusement… La solitude m’ oppr esse ,
mon esprit se p erd en des rê v es insensés, un tr ouble étrang e m’ envahit…
― Et alor s, qu’ est-ce que v ous faites ? demanda le bar on, après un
instant de silence .
Arab ella p oussa un gr os soupir et mur mura, non sans av oir légèr
ement r ougi :
― Je fais de la g y mnastique .
M. de Chaville s’appr o cha :
― Je p arie qu’ Arab ella te raconte ses malheur s.
― Pas du tout. M ˡˡᵉ Arab ella ne m’a p as encor e donné cete mar que de
confiance . Je le r egr ete .
― N’é coutez p as Hub ert, bar on, il se mo que de moi. D’ailleur s, ici,
tout le monde se mo que de moi.
―  On ne se mo que p as de toi, Arab ella. On te plaisante un p eu p ar ce
que tu es ter riblement r omanesque …
― Mais, inter r ompit le bar on, c’ est fort bien d’êtr e r omanesque !
T outes les femmes de v raient êtr e r omanesques ; moi, si j’avais été femme
j’aurais été r omanesque .
―  Oui, mon vieux, mais, ajoute M. de Chaville , en r eg ardant Arab ella,
l’aurais-tu été au p oint de nour rir p endant tr ois mois un prisonnier dans
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