100 pages
Français

L'albinos

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Description

Kamir Miloko n'avait besoin que d'un cadre propice à l'éclosion de son génie, celui d'un homme au destin présidentiel. Et pourtant, son pays de naissance l'avait condamné à mort : son seul péché avait été d'avoir hérité des gènes de l'albinisme. Et si le sort avait voulu que vous naissiez du côté de ces laissés-pour-compte, qu'auriez-vous fait ?


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Date de parution 05 octobre 2014
Nombre de lectures 59
EAN13 9782336359144
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Christian Tiako
L’albinos
Préface d’Alice Delphine Tang
Lettres camerounaises
29/09/14 18:24
L’albinos
Lettres camerounaises Collection dirigée par Gérard-Marie MessinaLa collectionLettres camerounaises présente l’avantage du positionnement international d’une parole autochtone camerounaise miraculeusement entendue de tous, par le moyen d’un dialogue dynamique entre la culture regardante – celle du Nord – et la culture regardée – celle du Sud, qui devient de plus en plus regardante. Pour une meilleure perception et une gestion plus efficace des richesses culturelles du terroir véhiculées dans un rendu littéraire propre, la collectionLettres camerounaises s’intéresse particulièrement à tout ce qui relève des œuvres de l’esprit en matière de littérature. Il s’agit de la fiction littéraire dans ses multiples formes : poésie, roman, théâtre, nouvelles, etc. Parce que la littérature se veut le reflet de l’identité des peuples, elle alimente la conception de la vision stratégique. Déjà parus Tekam TAGNE,Intrigues de couloir dans le marché du bâtiment, 2014. Béatrice AMMERA MENDO, La vie se moque d’être aigre-douce, 2014. Gabiel TAGNE,Cellule, 2014. OPIC SAINT CAMILLE,Un cœur n’aime qu’une seule fois, 2014. Rabiatou NJOYA,Les cloches du prédateur. Œuvres variées, 2014. Emmanuel NDJERE,? EntreUne vie austère ou une galère tradition et modernité en Afrique, 2014. Gabriel DEEH SEGALLO (coord.), L’Enfant Bamilékéet autres nouvelles. Anthologie des écrivains Bamougoum,2014. ÉPINGLÉ,La poubelle ou Les mystères de la vie, 2014. Moussa MBOUÉ,La démocratie de la Calmantie, 2014. Paul BITOUK,Les mots de mon silence, 2014.Paul BITOUK,La lune d’or, 2014.
Christian Tiako
L’albinos Préface d’Alice Delphine Tang
Du même auteur
DIDÁCTICA PRÁCTICA. CUADERNOS PEDAGÓGICOS, Paris, L’Harmattan, novembre 2012 DICCIONARIO COMUNICATIVO DEL ESPAÑOL. SOY COMPETENTE, Paris, L’Harmattan, juin 2013 AFOH AHKOM, Yaoundé, Ifrikiya, avril 2014
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03985-5 EAN : 9782343039855
À tous les défenseurs des droits de l’homme et des libertés.
Préface
Voici un roman qui s’attaque à un problème réel dans certains de nos pays, la condition de l’albinos dans sa société. Autour de ce sujet majeur de son livre, Christian TIAKO va promener son lecteur dans un monde où l’ignorance, l’égoïsme et la violence sous toutes sesformes entravent sérieusement le développement et la sérénité des populations en Afrique. Ce roman interpelle les hommes à plusieurs niveaux dont celui de la petitesse de cet homme, comme le disait Pascal, et qui est manifeste face à la grandeur divine. Krimo, richissime homme politique, député dans son pays, apprend à ses dépens qu’aux yeux du créateur, tous les hommes sont égaux et que tous les enfants ont droit à l’amour des parents, quelle que soit leur nature. Ce député est reçu un jour en audience par le nouveau président de la République de son pays, un albinos ayant fait de très bonnes études à l’étranger, et dont il ignore qu’il n’est personne d’autre que le fils que sa femme et lui avaient abandonné, trois décennies plus tôt, devant un portail fermé, quelques jours après la naissance de ce dernier. Ce jour, lorsqu’il serra la main du nouveau président de la République, « son sang ne fit qu’un tour,il éprouva une sensation plutôt bizarre, il avait rejoint son siège, troublé, hébété. Son cœur se mit à battre la chamade, il avala plusieurs gorgées de whisky sans pour autant pouvoir trouver la sérénité ». Kamir Miloko, ce fils albinos, est devenu le président de la République de son pays, malgré le fait qu’il a été abandonné par ses géniteurs, malgré le traumatisme que vivent tous ceux de sa nature dans un pays où les autorités exécutent systématiquement les albinos, et malgré
l’adversité même de la nature sur sa peau et sa vue. L’histoire de ce roman peut à juste titre être perçue comme relevant du genre fantastique. Mais on comprend aussi que l’auteur, Christian TIAKO a voulu, par cette histoire captivante, sonner l’alarme sur les discriminations et plus précisément sur la condition de l’albinos dans nos sociétés. La pigmentation de la peau et la défaillance visuelle n’ont aucun impact sur les valeurs intellectuelles et morales de ces êtres. Il s’agit d’une satire de l’injusticeperpétrée à l’endroit des albinos. Le texte de Christian TIAKO, écrit dans un style limpide, propose une réflexion profonde sur un certain nombre de comportements dans nos sociétés. C’est un roman qui privilégie à la fois les tons ironique et sarcastique pour montrer les contours et le paradoxe de la vie, et même la vanité du confort social de certains hommes qui évacuent autour d’eux tout ce qui peut d’une manière ou d’une autre nuire à ce confort.
Professeure TANG Alice Delphine Directrice de la collection « FEMMES ET SAVOIRS » aux Éditions L’Harmattan
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Ils étaient tous condamnés à passer devant le tribunal de la sapience, ces jeunes sur qui reposait l’avenir du pays. Après la sentence qui venait choir sur leurs têtes insatisfaites, comme s’ils n’étaient pas coupables, ou alors comptables de la mention que chacun d’entre eux avait obtenue, il y avait toujours une possibilité pour ces zélateurs passionnés du succès de faire appel, par le repentir et la remédiation, s’ils voulaient progresser, aspirer à un mieuxêtre, briguer un verdict plus judicieux. Et pourtant,la tâche n’était pas toujours facile; combattaientils à armes égales ? Peutêtre, peutêtre pas. Une chose était certaine, ils n’échapperaient jamais à ces notes sentencieuses qui déchaînaient parfois passions et compassions, espoirs et désespoirs. Ce jourlà, ce fut ce rituel cérémonial : Zhinu, quatre sur vingt ; Mog, cinq et demi sur vingt ; Pala, six sur vingt ; Kiodjo, dixhuit sur vingt. Sofos, le professeur de philosophie, terminait ainsi la remise des copies à ses élèves, après un contrôle de leurs apprentissages, en fin deséquence. C’était la quatrième fois qu’ileffectuait ce manège depuis le début de cette année, et pourtant il n’y avait toujours aucun changement aussi bien au peloton de tête, qu’à la queue en ce qui concernait les performances des apprenants. C’étaient les mêmes qui avaient les meilleures notes,et les mêmes en avaient les pires. Les copies étaient toujours classées par ordre croissant, et lorsque monsieur Sofos s’apprêtait àcommencer la lecture, tous ses disciples le précédaient dans la prononciation du nom de « Zhinu ». Ce n’était pas bien gentil de se moquer ainsi de leur camarade, mais les élèves avaient leurs caprices à eux. Contrairement à ses condisciples qui avaient obtenu de mauvaises notes, mais qui recevaient sans sourciller les
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