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L'enfant dans le puits

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14 pages

Description

Le jeune narrateur apprend de la bouche de son père que ce dernier a tué une femme. Par accident. Le lien filial d’un seul coup se brise. Ce père qu’il aimait, qu’il croyait connaître lui devient subitement un étranger.

Du choc de cet aveu, surgit le mot « assassin », un mot qui le torture et dont il cherche auprès de sa mère des réponses révélatrices de l’autre secret. « Assassin », un mot avec lequel il se débat, jusqu’à commettre l’irréparable ! Dans L’enfant dans le puits, François Teyssandier explore, à travers le « je » d’un adolescent de 13 ans, le thème de la dénonciation.

 Avec un style aux phrases courtes et directes écrites au présent, il crée une atmosphère pesante, tout en tension, posant l’une après l’autre, tel un jeu de construction, les pièces du puzzle du drame familial.

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Date de parution 01 avril 2017
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EAN13 9791096379378
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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L’enfant dans le puits
François TEYSSANDIER
ISBN : 979-10-96379-37-8
© 15K - Avril 2017
Couverture : Quentin Marcadet
15K propose des textes courts inédits à lire et à écouter sur supports numériques.
www.15k.fr
ier soir, mon père est rentré tard à la maison. Des rides inhabituelles creusaient dînerH. Je lui ai demandé s’il était malade. Mon père n’a pas répondu, détournant les yeux son visage. Il a embrassé maman, sans dire un mot, puis a posé de façon distraite ses lèvres sur mon front. Prétextant une grande fatigue, il n’a pas voulu de mon visage. Il m’a brusquement pris par les épau les et serré un court instant contre sa poitrine. Puis il est monté dans sa chambre. J’ai e ntendu le claquement sourd de la porte. Maman s’est mise à pleurer en silence. Je me suis a pproché d’elle, mais sans oser me blottir entre ses bras. Son mutisme et ses larmes m ’effrayaient trop. Je n’aime pas que maman pleure. Nous sommes restés l’un près de l’aut re, immobiles, sans parler, jusqu’à ce que le sommeil s’empare brutalement de moi. Mama n a dû me porter dans mon lit, alors que je dormais déjà.
Ce matin, quand je suis descendu de ma chambre, mon père se trouvait seul dans la cuisine. Maman dormait encore, sans doute. « Inutil e de la réveiller ! » a dit mon père d’une voix blanche. Il s’est tourné vers moi, a esq uissé un sourire contraint, comme s’il cherchait à masquer son embarras. D’habitude, mon p ère fait un café dont j’aime l’arôme doux-amer. Ce matin, pourtant, l’arôme qui s’échapp ait de la cafetière m’a semblé différent.