L'enfant de Darou ou itinéraire d'un migrant

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Cette œuvre retrace le parcours d'un jeune sénégalais contaminé par le virus de l'aventure européenne, au point d'abandonner ses études pour prendre son destin en mains, à ses risques et périls.
La saturation du marché de l'emploi, la précarité de la vie en milieu rural et le devoir d'assurer la relève d'un père vieillissant, l'ont contraint à aller rejoindre ses cousins émigrés, en quête d'un mieux être.

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Date de parution 17 octobre 2017
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EAN13 9782911676733
Langue Français

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L’ENFANT DE DAROU OU ITINERAIRE D’UN MIGRANT
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©Editions Feu de brousse ISBN : 978-2-911673-69-7 BP : 22032 Dakar Ponty, Sénégal Courriel : edfeubrousse@gmail.com Conception : Amadou Lamine BA
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Malick NDAO
L’ENFANT DE DAROU OU ITINERAIRE D’UN MIGRANT
Les éditions feu de brousse
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SOMMAIRE
1ère partie .................. Présentation de Darou
2ème partie..................L’enfance de Modou
3ème partie..................Préparatifs du voyage
4ème partie..................Le voyage
5ème partie .................Mise à l’épreuve de Modou
6ème partie .................Interpellation de Modou
7ème partie .................Départ de l’Espagne pour l’Italie
8ème partie .................Prémices du retour au bercail
9ème partie .................La phase des grands investissements
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Cette œuvre retrace le parcours d’un jeune sénégalais contaminé par le virus de l’aventure européenne, au point d’abandonner ses études pour prendre son destin en mains, à ses risques et périls.
La saturation du marché de l’emploi, la précarité de la vie en milieu rural et le devoir d’assurer la relève d’un père vieillissant, l’ont contraint à aller rejoindre ses cousins émigrés, en quête d’un mieux être.
Cependant, ce villageois issu d’une famille modeste certes mais à l’abri du besoin, a tenu à marquer la différence avec une nouvelle formule, point de départ d’une révolution qui engagera désormais les émigrés sur le chemin du retour, dès qu’ils en auront l’oppor-tunité.
L’auteur fait cohabiter, dans une certaine harmonie, la fiction et la réalité pour mieux donner du piquant à son ouvrage, et démon-trer comment ces deux notions sont conciliables, notamment dans le cadre de ce récit.
Des thèmes comme la culture du terroir, les valeurs des groupes ethniques locaux, la spécificité de Darou, village natal du person-nage central, et l’exode rural, y sont abordés à dessein, dans le souci de rappeler aux générations actuelles et à venir, un pan de l’histoire de cette société traditionnelle qui se veut encore conser-vatrice.
Les vicissitudes du phénomène de l’émigration régulière ou clandestine, thème plus que d’actualité, ont été aussi passées au peigne fin, pour faire saisir aux futurs candidats victimes des mar-chands d’illusions, les réalités d’un terrain très glissant afin qu’ils arrêtent de rêver debout.
Vous y découvrirez également le style de management d’un 5
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jeune leader, parti du néant, et devenu à force de persévérance et de détermination, un meneur d’hommes au talent avéré, faisant la fierté aussi bien de son terroir que des autorités étatiques, bref une référence.
C’est un appel à une prise de conscience qui devrait se traduire par le retour des expatriés aux sources intarissables d’une jeune nation qui a tant besoin de tous ses fils, pour amorcer sa croissance et se hisser au rang des pays émergents.
Oui, une invite au ressaisissement et à la lucidité pour une nou-velle vision qui ramènerait à des proportions raisonnables le phé-nomène de l’émigration, considéré jusqu’ici par une certaine opinion comme un mal nécessaire.
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D arou, paisible village traditionnel, se niche discrètement au cœur du bassin arachidier dans le Sénégal des profondeurs, à l’abri de toute pollution atmosphérique et loin des bruits de la grande ville. Il y’a de cela un siècle environ, le site initial était de l’autre côté du vallon où l’on retrouve encore des vestiges qui vous donnent une idée du mode de vie de ses premiers occupants. Des dépôts d’ordures sauvages en forme de colline, des tessons de bouteilles et de canaris en terre cuite, des restes de marmites abandonnés et des objets métalliques usagés à moitié rongés par la rouille, jon-chent le sol et témoignent du long séjour des ancêtres en ces lieux. L’arbre totem qui montre actuellement des signes de vieillesse, tient encore bon et demeure un symbole auquel les populations autochtones restent fortement attachées. De nos jours, il est en-touré de piquets en bois sur lesquels sont fixés des fils de fer bar-belés pour le protéger des animaux en divagation. Les villageois s’y recueillent fréquemment pour implorer le génie protecteur en cas de calamité de quelque nature que ce soit, plus particulière-ment lorsqu’il s’agit d’un hivernage tardif ou d’une pause pluvio-métrique prolongée affectant les cultures. Le cas échéant, le conservateur des lieux y conduit les popula-tions au rythme du tam-tam, muni des offrandes recommandées en pareille circonstance. Ce rituel qui se veut sacré, s’effectue ha-bituellement en l’absence des jeunes filles et garçons immatures et non initiés. A la fin de la cérémonie, il est strictement interdit à toute personne de rapporter à qui que ce soit, le moindre détail de tout ce qui a pu se produire sur le site. En cette matière, si la parole est d’or, le silence est de diamant. Ceux qui y ont eu à transgresser tant soit peu ces consignes for-7
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melles, se sont vu infliger une sévère correction de l’esprit pro-tecteur. Les premiers habitants du village, frappés à l’époque par une épidémie de maladie étrange qui fit plusieurs victimes notamment au sein de la frange juvénile, sans qu’on puisse établir un diag-nostic fiable ni trouver un remède approprié, s’étaient résignés à se déplacer de l’autre côté du vallon, laissant derrière un cimetière quasiment rempli et totalement envahi par les herbes. Seuls quelques éleveurs autochtones qui préfèrent vivre isolés pour mieux contrôler leur bétail et éviter des palabres avec le reste de la population, ont choisi de rester sur les lieux en toute séré-nité.
De loin, on aperçoit la belle école primaire qui trône au pied de la colline, avec ses salles de classes aux toitures couvertes de tuiles ayant perdu tout leur éclat du fait des intempéries. Bordée de manguiers et d’anacardiers qui lui confèrent toute sa splendeur, elle résiste encore à l’épreuve du temps. Toutefois, les murs lézardés à plusieurs endroits et les toiles d’araignées qui envahissent les locaux, justifient l’urgente néces-sité de procéder à court ou moyen terme, à des réparations de grande envergure pour réhabiliter cet établissement considéré comme le premier patrimoine collectif du village.
Un jardin potager créé sur initiative du premier directeur, y est exploité de nos jours grâce à la détermination de ses successeurs qui ont tenu à sauvegarder les acquis. Il contribue pour beaucoup à l’alimentation des élèves par le biais de la cantine scolaire. Quelques rares fonctionnaires issus de la première génération d’élèves, au rang desquels un haut cadre de l’Administration, y ont effectué leurs études primaires avant d’aller les poursuivre ailleurs. Jadis réfractaires à l’autorité étatique, la plupart des anciens di-gnitaires rechignaient à inscrire leurs enfants à l’école française, 8
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pensant que ce système éducatif contribuerait plus tard à les éloi-gner de leurs valeurs ancestrales et de leur propre culture. D’autres pères de famille préféraient confiner leurs enfants aux travaux champêtres et à la conduite des troupeaux vers les pâtu-rages plutôt que de les scolariser, d’autant plus qu’ils n’avaient aucune idée de la finalité de cet apprentissage.
Quelques fromagers géants et une multitude de baobabs resca-pés des différents cycles de sécheresse, se dressent fièrement sur les principaux axes routiers qui mènent à Darou. Sur leurs bran-chages au feuillage touffu, des oiseaux de toutes races ont construit d’innombrables nids leur servant d’abri et de lieu de reproduction. A certaines heures de la journée, ils égayent les villageois par leurs chants mélodieux, malgré la diversité des sons émis. Les cases en paille reposant sur des murs en banco, ou soutenues par des piquets en bois entourés de palissades, côtoient les rares bâtiments en dur construits par les nouvelles générations. Les concessions peinent encore à épouser les limites fixées par le ré-cent lotissement, malgré les différentes campagnes de sensibilisa-tion visant à faire abandonner aux populations leurs vieilles habitudes pour coller à la nouvelle donne. Plusieurs parcelles à usage d’habitation attribuées depuis belle lurette, restent encore inoccupées et servent de terrains de culture pendant l’hivernage, dénaturant totalement la physionomie de la localité. Malgré cette inobservation des règles qui avaient été clairement fixées par la commission domaniale, leurs propriétaires manifes-tent toujours une certaine réticence à toute idée de réaffectation desdits lots pour satisfaire une demande sans cesse croissante. Les conflits d’intérêt notés en la matière, sont souvent soumis à l’ar-bitrage du Sous-préfet lorsque les délibérations du Conseil rural sont partisanes ou entachées d’irrégularités et par conséquent contestées. Au centre du village, un arbre à palabres qui domine les hau-9
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teurs, constitue le principal lieu d’attraction aux heures de détente. Il fut planté rapporte-t-on, à titre expérimental, par le premier Di-recteur de l’école au cours d’une vaste campagne de reboisement d’une nouvelle espèce importée d’Europe. Vieillards et adultes s’y rencontrent pour passer le temps, mais aussi et surtout pour débattre de toutes les questions relatives à l’avenir du village. Il abrite depuis des décennies tous les cérémo-nials traditionnels d’investiture des chefs de village qui se sont succédé, de même que la plupart des manifestations à caractère social et politique. Certains types de contentieux y sont régulièrement vidés, avant que leur traitement ne nécessite l’intervention des services de sé-curité, et dans les cas complexes la saisine de la justice. Un conseil des notables constitué de dignitaires choisis pour leur intégrité morale, leur liberté de pensée et d’action, assiste le Chef de village dans l’exécution des différentes tâches qui lui sont assignées. Même si leurs avis revêtent un caractère purement consultatif, ils comptent beaucoup pour la prise de certaines dé-cisions. La population qui ne cesse de s’accroître au fil des années, a at-teint lors du dernier recensement deux mille âmes. Elle se compose essentiellement d’agriculteurs et d’éleveurs établis en ces lieux depuis trois siècles environ selon les témoignages de certains his-toriens locaux. Les Sérères, les Ouolofs, et quelques familles peulhs nomades qui ont fini par adopter Darou, y cohabitent dans une parfaite har-monie, et entretiennent des rapports basés sur un code de bonne conduite librement accepté par tous, et le cousinage à plaisanterie fortement ancré dans les mœurs. Ce pacte de non agression et de tolérance, largement adopté par les populations en fonction des patronymes ou ethnies, constitue un outil précieux garantissant une cohabitation sans heurts. Il favorise le bon voisinage et contribue de manière significative à la sécurité et la tranquillité publiques, gage d’une cohésion so-10