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L'enfant des terres rouges

De
290 pages

A travers ce livre, vous découvrirez les aventures de Céline du Miroir, petite fille médium au Brésil, demoiselle aux ailes de verre en Guyane française et femme magnétiseuse urgentiste en France métropolitaine...
Vous plongerez dans un univers où se côtoient vivants et décédés, lumière et noirceur, guides lumineux et entités du bas-astral...


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-57756-6

 

© Edilivre, 2014

Avant-propos

A travers ce livre, vous découvrirez les aventures de Céline du Miroir, petite fille médium au Brésil, demoiselle aux ailes de verre en Guyane Française et femme magnétiseuse urgentiste en France métropolitaine…

Vous plongerez dans un univers où se côtoient vivants et décédés, lumière et noirceur, guides lumineux et entités du bas-astral…

Céline du Miroir voulait juste nous transmettre son témoignage, sa vérité : l’Amour.

Elle nous incitait à nous plonger dans notre Moi intérieur afin que nous découvrions la raison de notre présence sur cette terre.

Introduction

Installée à son bureau, la jeune femme songeait au parcours qu’elle avait effectué durant ces quelques dizaines d’années passées. C’était une brune de type méditerranéen, aux cheveux longs et relevés à la manière espagnole. Ses traits étaient assez fins et réguliers. Les vêtements qu’elle portait étaient d’un goût sûr, confortable et chic. Juste ce qu’il fallait pour la rassurer.

Pour elle, toutes ces années passées avaient été émotionnellement riches en toutes sortes d’évènements douloureux, marquants, imprévus ou joyeux, et ceux-ci l’avaient énormément fait grandir moralement et spirituellement.

Par flash, les souvenirs émergeaient. Une image puis une autre ; un parfum puis un autre ; un voyage astral puis un autre…

Pourquoi avait-elle dû traverser telle ou telle épreuve ?

Qu’avait-elle à comprendre sur le but de sa vie et qu’avait été celle-ci jusqu’à ce jour ?

Bien sûr, cette jeune personne avait trouvé une force en elle pour dépasser certaines périodes difficiles de son existence et cela grâce aux dons qu’elle avait acquis durant sa plus tendre enfance. Elle n’avait pas forcément prêté attention à la manière dont les évènements s’étaient déroulés pour la faire grandir, sans doute par envie de mener sa barque simplement comme tout un chacun dans la vie ou par instinct de survie.

Le ciel s’était bien chargé, par la suite, de lui montrer quel était le chemin qu’elle devait suivre, car tout ce qui arrive dans ce bas-monde a sa raison d’être et nous élève de notre petitesse d’esprit.

« S’il est parfois des souvenirs extraordinaires de notre vie qui nous reviennent souvent en mémoire, ils sont mêlés à une palette de couleurs et à une partition de musique. Nous sommes à la fois peintre et musicien. » (Céline du Miroir)

Chapitre I
La jeunesse de Céline

Ses origines

Pour comprendre et connaître l’enfant qu’elle avait été et la femme qu’elle était devenue au cours de toutes ces années, il fallait remonter aux sources !

Sa mère, née dans le département de l’Aube, avait vécu jusqu’à l’âge de treize ans dans cette région et avait assisté au débarquement des américains à la fin de la seconde guerre mondiale.

Un beau jour, pour clore une relation de couple basée sur la violence physique et verbale, la grand-mère maternelle de Linou avait décidé de retourner dans son Jura natal. Cette femme de 52 ans, veuve d’un premier mari et séparée du deuxième, s’était lancée un vrai défi, celui de redémarrer à zéro avec ses deux enfants encore à charge, laissant sa maison et ses commodités au profit d’un petit meublé dans la ville de sa jeunesse !

C’est ainsi que la maman de Linou, Marceline, avait lâché ses habitudes et sa meilleure amie Lili pour l’inconnu.

Avec brillance, celle-ci avait terminé sa scolarité et, avec son diplôme en poche fraîchement obtenu, elle avait trouvé un poste à sa convenance très rapidement dans cette même petite ville.

Céline pensait que sa maman, Marceline, avait vécu une jeunesse heureuse. Celle-ci avait rencontré un énorme succès auprès de la gente masculine grâce à son sourire, sa merveilleuse joie de vivre et sa beauté aux traits hispaniques. Belle brune, aux cheveux longs et bouclés, voilà le portrait de la maman de Linou. De plus, cette femme avait eu, durant sa jeunesse une énorme passion pour la danse et le théâtre.

Pour ses 24 ans, la grand-mère de Linou avait poussé sa fille à passer un concours pour entrer à l’Education Nationale. Ce qu’elle avait réussi avec brillance.

Et voilà la jeune personne, fonctionnaire, complètement autonome, dans une grande ville, ne rentrant chez sa mère que le week-end !

Déjeunant régulièrement chez « La comtesse », restaurant de l’époque à la mode, elle avait fait la connaissance d’un bel homme séduisant au possible, mystérieux et quelque peu envoûtant avec son petit accent sud américain ! Il arrivait du Brésil. Celui-ci, nommé Domingo était venu poursuivre ses études linguistiques en France.

Et voilà Marceline, prise au piège de l’amour !

Mais cette histoire ne plaisait guère à la grand-mère de Linou, Madeleine, qui voyait sa dernière fille lui échapper !

Afin de mettre un terme à leur relation, cette pauvre femme, mal aiguillée par de « charitables âmes » s’était mise en tête de poursuivre avec acharnement l’amoureux de sa fille !

Fouillant dans le passé de Domingo pour obtenir « je ne sais quoi de compromettant » et pensant l’intimider, elle avait inventé plus d’un stratagème pour éloigner celui-ci ! Ce qui n’avait fait que les rapprocher davantage !

A ce démarrage de vie amoureuse sur les chapeaux de roues, un petit garçon Manolo était né !

Fatigués par les humeurs et persécutions de sa maman, Marceline et Domingo avaient décidé dans un premier temps de mettre une première distance entre la famille et eux. Ils s’étaient expatriés pour la Suisse, terre neutre. Puis, lorsque l’enfant avait eu neuf mois, les parents de Linou avaient décidé de partir dans le pays ensoleillé de Domingo. Il avait repris son poste de fonctionnaire et Marceline avait pris un congé sans solde auquel elle avait droit en tant que fonctionnaire de son poste de secrétaire au Rectorat du Doubs.

Tant bien que mal, la situation s’était améliorée avec Madeleine grâce au temps et à l’éloignement.

Sa petite enfance

La venue au monde de la petite Céline (Linou) : un soir d’avril à 22 heures 15, sous une pluie battante et diluvienne, en pays tropical, le Brésil !

Sa naissance avait rempli ses parents de bonheur. En effet, son père ayant été gravement malade quelques temps avant, avait promis à son épouse de lui donner un autre enfant s’il guérissait. Il avait imploré le ciel de lui offrir une petite fille afin que celle-ci tienne compagnie à sa femme s’il venait à disparaitre prématurément.

La petite enfance de Linou s’était déroulée sous un ciel bienveillant, agrémentée par le bruit des cigales, un frère tel un feu follet, toujours par les quatre chemins, une maman active et un père toujours très absent du fait de ses responsabilités multiples au sein du gouvernement brésilien, chef des statistiques d’un Etat trois fois et demi grand comme la France.

La jeune femme qu’elle était devenue se remémorait aisément le cadre chaleureux dans lequel elle avait grandi : une villa de plein pied dans une petite ville du Mato-Grosso, un lieu « hors-temps », des cocotiers, des bananiers sur la propriété, un fauteuil à bascule sur la terrasse et la terre rouge de ce pays ensoleillé.

Un souvenir presque palpable ainsi qu’une douce sensation d’un régal de bananes coupées en rondelles, agrémenté de miel par-dessus pour son goûter lui revenaient en mémoire.

Des bosses et des bleus, Linou s’en était fait régulièrement car elle avait la très fâcheuse habitude de grimper partout. Du coup, elle tombait à chaque fois.

Toute petite déjà, on peut entrevoir la part de noirceur et de méchanceté chez l’être humain et ce que cela peut engendrer. En effet, âgée d’environ trois ans et demi, Linou avait été l’objet de la cruauté d’un enfant du quartier qui lui avait coincé le doigt volontairement dans le petit portail en bois de la villa familiale. Quel sentiment d’injustice elle avait eu, doublé d’une souffrance physique. Elle avait failli perdre son doigt.

Ce jeune garçon, apparemment, avait l’habitude de faire du mal à ses camarades par plaisir. Cet épisode avait laissé à l’enfant qu’elle avait été une peur des hôpitaux qui, au fur et à mesure, avait grandi en elle intérieurement. Ce qui lui était arrivé par la suite, au cours de sa vie de femme, avait renforcé cette phobie.

Quelques autres images marquantes de l’enfance de Linou avaient ressurgi également.

Linou à cheval avec son père, trottant gentiment. Tandis qu’ils traversaient une rivière, quelqu’un s’était mis à crier : « Il y a un boa dans l’eau ». C’était au cours d’un pique-nique organisé en forêt par des amis et collègues de Domingo. Les images d’une magnifique forêt dense, d’un vert extraordinaire, et d’une cascade étaient restées gravées au plus profond de son être, avec une nostalgie de son pays.

Avant qu’elle n’ait été enfermée dans le carcan de la société européenne, Linou avait été une petite gamine souriante, avec un dynamisme très précoce.

Déjà enfant, elle baignait dans une ambiance spirite et un évènement particulier s’était produit de manière à ce que ses parents songent qu’elle était protégée par les Dieux ! La petite fille était sortie indemne d’un accident domestique où elle aurait dû être blessée. Le lavabo complet s’était affaissé et s’était brisé en mille morceaux à ses pieds sans que pour autant, elle n’ait eu la moindre égratignure.

A cette époque-là, son père, Domingo, qui occupait une fonction administrative très importante dans la région de Mato-Grosso, était envié et jalousé par certains collègues du cru visant sa place. Une cérémonie de magie « vaudou » avait été programmée à son encontre ainsi que celle de sa famille mais une âme charitable avait parlé et indiqué à son Pater Familias le lieu, un cimetière, où avaient été enterrées toutes les photos de leur petite famille.

Par une consultation auprès d’un haut mage du coin, la magie noire avait été annulée et le crapaud sacrifié à cet effet était devenu sec et plat comme une semelle de soulier.

Environ trois ans après la naissance de Linou, sa maman apprenait que Louis, son papa était décédé tragiquement, seul chez lui, dans sa petite maison de l’Aube. Il paraitrait que, toute petite fille, ronde et bien portante, très éveillée pour son âge, celle-ci s’intéressait déjà aux états d’âme de sa maman et lui disait : « Non, tu ne vas pas encore pieurer ! », et là, force oblige, Marceline se mettait à sourire. Quelques dizaines d’années après, c’était un fait qui lui avait été rapporté.

Cet évènement douloureux avait largement contribué dans le fait que les parents de la petite Céline décident de retourner vivre en France.

Domingo avait quitté une bonne situation professionnelle au Brésil par amour pour sa compagne et n’avait jamais réussi à obtenir l’équivalent dans son nouveau « pays d’adoption ». Ce qui avait fortement pesé dans la balance et avait contribué largement à le faire voyager tous les ans pour le Brésil puisqu’il avait investi dans les affaires immobilières.

De ce fait, il avait été absent des dizaines de mois au cours des nombreuses années qui avaient suivi et les deux enfants avaient fortement pâti de l’absence de leur père.

Une autre vie…

Le paquebot qui avait emporté la petite Linou âgée de quatre ans et demi pour la France était magnifique et immense ! Quelle vue splendide, l’océan Atlantique, pour cette gosse qui s’extasiait et vibrait à la moindre nouvelle découverte. La petite Linou avait fait la fierté de ses parents durant ce voyage de dix jours sur la mer car ils avaient reçu les compliments pour sa tenue à table comme si l’enfant qu’elle était avait été élevée dans la noblesse.

Une des seules images que la petite fille qu’elle était à l’époque avait retenu de son arrivée chez sa grand-mère maternelle, Madeleine, c’était le cadre extraordinaire dans lequel se situait sa maison entourée d’une végétation non pas exotique mais bien européenne : sapins, tilleuls, cerisiers, framboisiers… La demeure était en pierres apparentes jaunes, typique de la région.

Le contact avec cette mamie, dont l’enfant ne connaissait absolument ni l’énergie ni le visage jusqu’à ce jour, s’était fait de manière naturelle.

Du reste, la jeune personne aux origines brésiliennes qu’elle était devenue avait gardé en elle une grande admiration et un amour pour l’être humain que sa grand-mère avait été.

Veuve très tôt et ayant perdu deux enfants en bas-âge, Madeleine, d’un courage extraordinaire, avait assumé toute sa vie un rôle de mère et de grand-mère auprès de ses petits-enfants : elle avait fait obtenir à chacun une situation professionnelle des plus correcte.

La grand-mère maternelle de la petite Linou qu’elle n’avait connue que très peu d’années, environ trois ans, avant que celle-ci ne décède tragiquement, avait une autorité naturelle et un vécu affectif douloureux.

Il faut dire que la vie ne l’avait pas gâtée en lui retirant deux de ces enfants en bas-âge, décédés et de maladie pour le premier et d’un accident domestique (lampe à pétrole qui avait explosée à la figure de sa fille) pour le second.

La jeune femme se souvenait d’un week-end de son enfance passé chez « mémère » en compagnie de sa famille. Son frère, Manolo, toujours prêt à faire les cent coups, avait aperçu le pentacle de sa grand-mère et s’en était accaparé. Cet objet de protection, qui brillait, avait fortement attiré son regard mais la pauvre dame avait été complètement atterrée lorsqu’elle s’était aperçue de sa disparition. Cet objet avait, pour elle, une valeur « magique » inestimable.

Un an après, quasi jour pour jour, la petite fille qu’elle avait été avait retrouvé dans le jardin le pentacle alors que celui-ci avait été l’objet de toutes les attentions et les fouilles au cours des recherches. Céline se remémorait en détails la joie et le bonheur pour cette vieille femme de pouvoir porter, à nouveau, telle une précieuse relique, le pentacle.

Linou n’avait connu véritablement Noël que deux fois dans sa vie d’enfant. Ceux-ci s’étaient déroulés chez sa grand-mère avec un vrai sapin décoré, une ambiance chaude et chaleureuse, des oncles, des tantes… assemblés autour d’une table conviviale.

Le premier Noël lui avait apporté un magnifique ours qu’elle avait gardé très longtemps ; quant au second, un piano.

Quelle joie pour l’enfant qu’elle était à l’époque et quelle envie de croire à l’Extraordinaire ! Cette femme, Madeleine, sa grand-mère, avait le savoir des gens du passé et cet amour passionné pour les bambins !

Bouleversements

Les relations entre le père de Céline et sa grand-mère ne se sont jamais améliorées. La jeune femme avait pensé que sa maman Marceline en avait souffert énormément sans toutefois l’exprimer réellement. Celle-ci avait été partagée entre deux personnes chères à son cœur mais elle n’avait pas su faire la part des choses et, lors du décès tragique de sa mère, intérieurement elle avait dû s’en vouloir de ne pas l’avoir revue depuis plus d’un an.

Le conjoint de Marceline et père de Linou, Domingo, toujours autoritaire et voulant avoir le dessus sur sa belle-mère, par rapport à sa souffrance emmagasinée, avait contribué à entretenir un conflit familial. D’après la jeune femme, il les avait privés, son frère et elle, d’un lien affectif important : le lien particulier entre une grand-mère et ses petits-enfants ainsi qu’une ambiance chaleureuse et familiale que celle-ci avait recherchée tout au long de sa vie pour s’apercevoir à la fin qu’elle avait couru après un leurre. Les différends, la souffrance de l’être humain ont toujours pour origine la famille.

Voici une lettre retrouvée par hasard au fin fond d’un tiroir chez la tante de Céline, la demi-sœur de Marceline. Celle-ci avait bien voulu la lui confier. Ce courrier est la preuve d’une immense souffrance et d’une incompréhension entre humains.

« B., le 04 mai 1971.

Chère Madame,

Je m’apprêtais à vous écrire quand votre lettre est arrivée. Je vous écris, enfin, pour essayer de régler un peu nos affaires, si ça ce peut ; ce que, je vous avoue, je me doute.

Au moment de notre départ l’autre jour, vous m’avez dit que vous vouliez m’écrire. Je crois que ce serait la meilleure façon de nous mettre au point. Il vaut mieux une fois pour toutes que je m’explique franchement.

Vous n’ignorez pas ce que je vous reproche ; vous savez bien quels sont les chagrins que vous nous avez causés. Je vous dis qu’il est bien difficile d’oublier tout cela. Sans compter le mal personnel que vous m’avez fait, je vous le répète. Il est presque impossible d’oublier, principalement quand on est sûr que l’unique, voyez bien, chère Madame, l’unique personne qui pouvait empêcher ou, si vous voulez, annuler notre mariage à cette époque là, c’était vous, uniquement vous, et vous l’avez fait, vous l’avez empêché de se réaliser, vous avez fait toutes les démarches pour cela ; par égoïsme, par vengeance.

Vous ne vouliez pas un divorcé pour votre fille ? Mais jetez donc un regard, chère Madame, sur votre passé, autour de vous, dans la famille… Et dire que c’est vous qui vouliez me jeter la pierre !

Nous, moi et M., à cette époque-là, innocemment nous nous confions à vous au sujet de notre mariage et vous, comme un véritable traître, vous vous êtes servie de tout pour casser, pour empêcher de se réaliser notre plus grand rêve.

Or, toutes ces choses sont bien difficiles à oublier, on pardonne, mais…

Finalement, on va essayer encore ; je vais faire tout le possible, je vais le faire pour M. ; venez, je vous invite, venez nous voir si ça vous dit, mais avant, écrivez-moi, dites-moi ce que vous avez à dire.

Je vous dis et soyez sûre, celui qui ne m’aime pas, n’aime pas non plus ma femme et mes enfants.

Vous avez oublié, chère Madame, à cette époque-là, que, en agissant contre nous, vous nous avez laissé un douloureux souvenir pour longtemps. Réfléchissez à ce souvenir, à ce haïssable héritage que vous nous avez légué. Bien, j’attends une réponse et dites-moi le jour et l’heure de votre arrivée, afin que je puisse aller vous chercher à la gare.

Je vous embrasse ainsi que M. et les enfants. D. »

La vie et l’exemple familial avaient appris à la jeune femme que l’on ne doit jamais détruire un rêve, ni s’opposer farouchement à un amour. Ce que l’être humain doit vivre, il faut qu’il le vive pleinement et qu’il en tire lui-même ses conclusions.

Il est bien entendu que cela n’est pas réellement valable quand la vie de l’Autre est en danger.

Après la mort tragique de la grand-mère maternelle de Linou, une nouvelle page s’était écrite pour la petite et sa famille. Un déménagement dans un nouveau quartier de Besançon s’était effectué dans les mois qui avaient suivi.

Clairvoyance… premiers signes !

Petite fille déracinée, aux origines brésiliennes de par son père Domingo, arrivée à l’âge de quatre ans et demi dans un pays inconnu, obligée à s’adapter à un mode de vie complètement différent, privée du soleil et de la lumière joyeuse du Brésil, d’une petite enfance joyeuse, épanouie et gaie, elle était devenue peu à peu une fillette effacée, bien élevée au possible et avec au fur et à mesure, des peurs sur ce qu’elle n’arrivait pas à gérer, à savoirs ses dons.

La première vision de Linou avait été celle d’une magnifique et grande dame. Il émanait de cette personne une telle luminosité et bienveillance qu’elle n’avait pu en décrocher son regard facilement. C’était arrivé au cours d’un pèlerinage avec sa grand-mère Madeleine. Elle avait très vite enfoui dans sa mémoire cette merveilleuse image et n’en avait parlé à personne. Bien des années plus tard, sa maman lui avait avoué qu’au cours de cette nuit où elle la savait avec sa grand-mère, elle avait rêvé que sa petite Linou était habillée de blanc et qu’il se dégageait d’elle une lumière.

La jeune femme se souvenait de sa deuxième vision, à l’âge de huit ans. Il n’y avait que peu de temps que sa grand-mère Madeleine était décédée, et là, en embrassant la poupée blonde qu’elle lui avait offerte, elle avait levé les yeux et avait vu le Christ, face à elle. Un visage doux, auréolé de blancheur éclatante, voilà la description que Céline en faisait. Son image ne l’avait plus quittée jusqu’alors. A partir de ce moment là, la foi de la jeune femme était devenue plus forte encore.

Linou se souvenait parfaitement de cette matinée, un mercredi matin, jour de catéchisme. Cette année-là, elle n’avait assisté qu’une seule fois à son cours. L’ambiance ne lui avait pas plu. Cela devait se dérouler chez des particuliers et contrariait en totalité l’image qu’elle s’était faite parfaitement de cette matinée, un mercredi matin, jour de catéchisme. L’enfant qu’elle était aurait adoré que cela se déroule avec un certain rituel dans un véritable lieu de culte. Ceci ne l’avait pas empêché d’assister les années suivantes au catéchisme et de faire sa première communion et sa profession de foi. Quelques hommes et femmes d’église avaient marqué, par leur dévouement et leur immense croyance en un Dieu, sa propre existence.

Cet évènement avait été un des plus importants de la vie de la jeune femme, car depuis elle n’avait cessé d’apercevoir les décédés, ceux du bas-astral à l’énergie parfois agressive et les guides lumineux, qui accompagnent les êtres humains tout au long de leur parcours existentiel, les conseillent et les illuminent parfois.

Lorsqu’il arrivait à Linou, enfant, de capter ces entités négatives, la peur de devenir « folle » la prenait au ventre. Evidemment, dans son propre entourage, impossible de communiquer ses états d’âme car Domingo, son papa, n’était pas souvent là du fait qu’il voyageait beaucoup dans le cadre de son travail ; quant à sa maman Marceline, celle-ci n’avait pas de temps particulier à lui consacrer car elle aussi, était bien prise par ses occupations professionnelles.

La petite Linou avait dû grandir comme une herbe qui pousse au gré du vent en devenant très vite une petite personne qui captait des courants d’énergie mais qui ne savait pas forcément gérer tout cela.

L’enfant qu’elle était à l’époque vivait déjà dans un monde où se côtoyaient entités, guides lumineux et vivants.

Elle s’était réfugiée, au fur et à mesure que les années avaient passé, dans un monde de lecture, de foi et d’amour pour son prochain.

Linou avait donc grandi en associant ses différentes cultures à son être intérieur profond, tout cela, sans réellement sans rendre compte et en ayant peur de la vie, tout court.

Un quotidien difficile à gérer…

Domingo qui voyageait énormément pour ses affaires au Brésil avait confié à sa fille Linou, âgée de huit ans et quelques mois, la « garde » de son épouse Marceline et, en bonne fille obéissante, celle-ci avait veillé sur sa maman. Bien évidemment, l’enfant avait senti parfois cela pesant et elle avait essayé maladroitement de le faire comprendre mais hélas cela s’était retourné contre elle. Lorsque le patriarche revenait de ses absences, sa « mère-enfant » lui faisait le compte-rendu des « rébellions » de leur fille. Linou trouvait cela injuste et elle ne savait systématiquement plus alors quelle était sa place. Par contre, son frère Manolo, de quatre ans de plus qu’elle, n’était ni « responsable », ni vraiment inquiété.

Linou n’avait jamais pensé que son père ne l’aimait pas, bien au contraire. Trop et mal, cela serait plus juste à dire.

A l’âge adulte, avec le recul de la vie, la jeune femme disait que son enfance lui avait été volée. Elle avait été une enfant « parentifiée » et cela dès l’envie de procréation de ses parents.

Linou avait voué son enfance ainsi que sa jeunesse et une partie de sa vie de femme à porter sa maman aux dépens de sa spontanéité et de ses jeux d’enfant…

Elle n’avait pas été désobéissante pour deux sous.

Elle n’avait pas souffert de maltraitance pouvant porter atteinte à son développement physique, juste qu’elle s’était éduquée seule, s’imposant un code de bienséance et un autre concernant le respect d’elle-même.

Le rôle que l’on avait voulu lui faire jouer, elle l’avait joué à la perfection mais lorsqu’elle avait tenté à plusieurs reprises d’échapper à ce fameux scénario, ça s’était retourné à chaque fois contre elle avec des insultes, un manque total de respect…

La vie d’adulte de Linou allait dévoiler comment elle allait franchir le mur qui la séparait de la liberté.

Elle retenait, de cette partie de son enfance, un manque total de repères masculins dans sa vie, un énorme manque affectif et un flou total concernant son futur.

La petite Linou s’était rattrapée, à cette époque-là, en lisant énormément de livres de la Comtesse de Ségur, toutes sortes de contes, les livres de sa maman, héritage de sa grand-mère Madeleine sur les sciences occultes… tout ce qu’elle avait pu dévorer, elle l’avait fait !

L’enfant qu’elle avait été, pourtant bien jeune encore pour certaines lectures, avait pris un immense plaisir à apprendre par le biais de sa passion.

Afin que Linou ne s’ennuie de trop, Marceline lui avait confié certaines tâches telles que recouvrir tous ses livres…

Elle lui avait appris à coudre et le crochet, c’était une amie de travail qui le lui avait enseigné. La petite fille s’était sentie l’âme d’une dame ayant vécu de longues vies…

Tout cela avait fait prendre patience à Linou pour les semaines et les mois d’absence de son Pater ainsi que le peu de disponibilité de sa maman à son égard car celle-ci travaillait fort pour obtenir sa titularisation en tant que secrétaire !

La petite Linou n’a jamais su ce qu’était partir en vacances comme ses amies et camarades d’école. Elle rêvait de recevoir de leurs nouvelles par courrier. C’est pour cela, qu’à l’âge adulte, Céline adorait collectionner les cartes postales.

Le foyer familial de Linou n’avait jamais roulé sur l’or et sa maman avait dû économiser durement pour aider son époux au niveau des voyages allers et retours pour le Brésil.

Un jour d’été 1977, en revanche, la petite fille avait eu le droit d’accompagner Marceline car celle-ci devait se rendre à Cannes pour l’arrivée du bateau : Eugène C.

Domingo avait embarqué à bord 10 jours avant dans le port de Santos au Brésil.

La jeune femme se rappelait l’excitation dans laquelle elle s’était trouvée à ce moment là : revoir son papa chéri, celui qui apportait toujours un cadeau pour chacun des membres de la famille, celui qui représentait une force sur laquelle elle pensait pouvoir compter, cet être pour lequel elle avait rempli son rôle du mieux qu’elle avait pu : à savoir veiller sur sa maman pendant l’absence de plus d’un an de celui-ci et avoir été première de la classe deux ans de suite pour qu’il soit très fier d’elle !

Mais l’enfant avait vite déchanté lorsque Domingo avait imposé ensuite son autorité tel un maître exigeant au possible.

Quelques souvenirs désagréables revenaient à présent à la mémoire de la femme qu’elle était devenue !

Son père était rentré et les règles avaient totalement changé à la maison : plus « d’espèce » de liberté de sortir dans la cour en bas pour jouer avec ses camarades, plus le droit de les recevoir à la maison pour lire ensemble la Comtesse de Ségur… Il y avait tellement d’interdits d’un coup qu’ une gêne s’était installée entre celui-ci et la petite Linou. Il prit à Domingo l’idée de couper les cheveux longs de la petite à ras le cou alors que celle-ci considérait cela comme une parure !

Céline songeait à présent que c’était à ce moment là qu’elle s’était renfermée sur elle-même et qu’elle était devenue triste au possible.

Sa mère, au retour de son époux, avait parlé avec lui toute la nuit, et la petite fille qu’elle était l’avait entendu raconter toutes ses rébellions mais Marceline avait omis un fait pourtant réel : la montée de violence de Manolo son fils.

En effet, celui-ci avait donné un coup de poing dans l’œil de Linou, et celle-ci avait dû se rendre en classe avec un œil gonflé, complètement tuméfié et il avait fallu plus de trois semaines pour évacuer l’épanchement de sang.

Céline était quasi certaine qu’à l’heure actuelle, le professeur des écoles, comme on l’ appelle à présent, lui aurait demandé ce qui s’était réellement passé.

La jeune femme ne se souvenait absolument pas que son frère ait été puni pour ce geste à l’époque. Elle pensait que sa mère avait commencé à avoir peur des réactions de celui-ci. Marceline avait trop vu de scènes de violence se dérouler au cours de son enfance entre ses parents.

Du reste, Céline pensait qu’une des raisons de soumission de la part de sa maman au sein de son couple avait été celle-ci.

Manolo avait aussi brisé une vitre de la même manière qu’il l’avait frappée.

Il s’était fait une bande de copains, avait négligé complètement ses études et contre cela, leur mère trop gentille n’avait guère eu de tempérament pour le faire plier.

On peut dire, qu’à l’époque, celui-ci avait eu de la chance de ne pas tomber dans la haute délinquance.

C’était devenu un grand gamin brun, secret et quelque peu taciturne aux traits assez réguliers. Il s’était mis à fumer en cachette. Un jour, il lui avait pris l’idée saugrenue de se faire tatouer. Il se prenait pour un adulte.

En l’absence de son père, Linou avait informé sa maman quand celle-ci était rentrée de son travail.

La jeune femme pouvait compter les fois où son frère avait joué et s’était occupé d’elle lorsqu’elle n’était qu’une enfant ! Cela l’avait marqué et elle avait souffert énormément de cette « indifférence ».

Ce qu’elle pouvait dire de leurs relations fraternelles, c’est qu’il avait toujours cherché à la faire enrager par plaisir le peu qu’il se trouvait à la maison. Il lui volait ses bonbons, ses petites gâteries alors que lui avait déjà eu sa part et qu’elle avait été engloutie vitesse grand V.

Céline, beaucoup plus tard, dans son rôle de maman, avait veillé à ce que ses propres enfants soient proches les uns des autres.

Céline avait toujours senti que Marceline avait une préférence nette pour celui-ci. Elle en avait eu la confirmation à l’âge adulte et les personnes proches de la jeune femme pouvaient également en témoigner. Il y avait trop eu de différences entre les deux enfants. La seule réponse que la maman de Linou pouvait faire aux demandes de sa fille était du style : « Ton père ne voudrait pas s’il était là… »

Cette fameuse nuit de compte rendu, la petite fille avait eu la sensation qu’un secret de famille était bien gardé.

A ses 20 ans, son père lui avait enfin dévoilé avoir eu une vie de couple et des enfants avant de connaitre en France, Marceline son épouse.

Sincèrement, Céline disait que cela n’avait fait que confirmer son ressenti et qu’aucun enfant n’était apte à juger le vécu des parents avant sa naissance.

L’enfant qu’elle avait été avait admiré son père pour son intelligence, sa culture générale, son côté protecteur, sa force et l’amour qu’il avait semblé lui porter.

Domingo, lors de sa présence en France, s’ennuyait à mourir dans l’appartement et sa passion était la lecture. La littérature française qui couvrait des rayons entiers de sa bibliothèque avait été, en long et en large, lue.

A l’âge adulte, Céline pensait que l’amour des livres et de la lecture, elle le devait à ses parents et que le sens affiné de l’organisation, elle le devait à son père.

Linou avait commencé la rentrée scolaire du cours moyen deuxième année en ayant un père sur le dos en permanence, des conflits entre lui et Manolo, la peur au ventre que ce dernier ne se pende ! Marceline avait essayé de temporiser mais avec grand mal.

Manolo ne supportait pas l’autorité de son père lorsque celui-ci revenait de ses voyages car l’énergie de leur famille changeait. Il n’avait plus la liberté qu’il prenait lors des absences du Pater Familias.

Cette année-là, un simple refroidissement s’était transformé en une pneumonie virale et la petite fille avait du garder la chambre pendant plus de 15 jours.

Avec le recul face à cette situation et quelques connaissances psychologiques sur la raison des maladies, Linou pouvait affirmer qu’elle n’était pas tombée malade pour rien car tout ce qui se rapporte aux poumons représente la peur des situations conflictuelles.

L’enfant avait tout de même été très bonne élève et avait adoré la manière dont son institutrice enseignait l’histoire de France. Celle-ci abordait cette matière par le biais de la découverte des costumes.

Elle avait un parfum qui s’imprégnait sur les cahiers et les livres et ce souvenir olfactif avait pénétré à jamais la mémoire de Céline.

L’enfance de Domingo

Céline songeait à l’enfance et à la vie que son père avait eues. Celui-ci, d’origine espagnole, était au Brésil un peu avant la seconde guerre mondiale. Manoël et Maria, les grands-parents de la jeune femme, s’étaient expatriés pour ce pays afin de travailler dans une ferme à café.

Maria, haute comme trois pommes à genoux, grossesse après grossesse, était devenue une femme autoritaire, « portant la culotte » comme il se dit.

Elle n’avait eu qu’un fils, Domingo, le père de Céline, et la femme qu’elle avait été, usée par le labeur et les maternités successives, se plaisait à dire : « un fils, un seul fils et rachitique de plus… ».

Ne le supportant pas, elle avait commencé à le battre dès son plus jeune âge et ceci jusqu’à l’âge de 16 ans, date à laquelle il avait hurlé en cassant le bâton devant sa mère.

Un jour, Maria avait donné un coup d’une telle force derrière la tête de son enfant avec son fameux bâton que celui-ci avait perdu la vue durant quelques temps.

Domingo était réveillé tristement chaque matin par des coups.

Des années après, les souvenirs douloureux de cette période noire ressurgissaient encore chez lui.

Le père de la jeune femme était entouré de six sœurs et seule une le protégeait : Isabelle.

Celle-ci, morte à dix huit ans en tentant de mettre au monde une petite fille, ne sauvera plus Domingo des griffes de Maria l’acariâtre.

Agé d’à peine dix ans lors de ce drame, l’enfant avait été soudain pris de violentes douleurs à la tête, au chakra frontal précisément et celui-ci s’était dirigé en hurlant de souffrance chez le guérisseur du village. Ce monsieur connaissant les plantes et la médecine parallèle sur le bout des doigts l’avait soigné très rapidement en fermant définitivement la porte de la connexion entre la conscience de l’univers et lui…

En la personne de la grand-mère paternelle de Linou, il y avait une femme autoritaire ne sachant ni écrire ni lire mais sachant parfaitement compter. Elle avait dirigé d’une main de fer la maisonnée et avait travaillé d’arrache-pied, aux côtés de son époux.

Manoël, trop gentil, quelque peu bohême, avait laissé sa femme et ses filles gérer le quotidien.

Céline avait compris, par la suite, pourquoi son père n’aimait pas fêter Noël car, enfant, il avait posé, au soir du réveillon, ses souliers et, le lendemain, espérant trouver un quelconque cadeau près de ceux-ci, les fameux souliers avaient disparus. En guise de présent, il avait reçu une magistrale correction car il ne les avait pas retrouvés. Une de ses sœurs était passée par là.

Le papa de Céline n’était jamais retourné à la messe en étant adulte car petit garçon, il avait été le seul du village à assister le prêtre dans tous ses déplacements dans chaque petite paroisse de la région. Domingo avait donc dû se lever aux aurores et marcher par tous les temps au côté du curé de campagne.

Ses études avaient été faites au séminaire et la jeune femme pensait qu’à un moment donné, son père avait eu le choix de rentrer dans les ordres.

Alors, pensait-elle, assister quotidiennement à la messe, en tant qu’adulte, n’était certainement pas sa priorité.

Domingo avait une sœur, d’environ un an et demi de plus que lui, qui aimait inventer des histoires à dormir debout. Elle avait fait croire à son petit frère qu’il existait une libellule aux ailes de verre et lorsque celui-ci pensait l’avoir trouvé, ce n’était jamais la bonne. Cette coquine à...