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L'étau du mal

De
416 pages
Lorsque le cadavre d’une adolescente est découvert enterré dans les environs de Plainville, l’agent spécial Liam McKenzie comprend tout de suite qu’il va devoir s’attaquer à une affaire beaucoup plus complexe qu’elle n’y paraît au premier abord. Et quand, quelques jours plus tard, une photographe de renom, Natalie Jones, est agressée chez elle, non loin de la scène de crime, il est aussitôt convaincu qu’il existe un lien entre les deux affaires. Qu’a vu la jeune femme, qui a poussé le tueur à sortir de sa cachette et à commettre une imprudence ? La clé de l’enquête se trouve-t-elle sur les photos qu’elle a prises deux mois plus tôt à Plainville ?
Pour élucider ce meurtre, et pour protéger Natalie, Liam McKenzie va non seulement devoir donner le meilleur de lui-même, mais aussi résister au désir fou que cette dernière lui a inspiré au premier regard. Car il ne peut se laisser distraire : chaque jour qui passe, le danger se rapproche d’elle…

A propos de l’auteur :

Avant de se consacrer à l’écriture, Virna DePaul a été procureur. C’est sans doute là, dans les couloirs des palais de justice, qu’elle a puisé son inspiration pour nous offrir ces histoires où le plus sombre se mêle au plus sexy, l’angoisse à la passion. Un subtil équilibre, terriblement efficace, qui est aujourd’hui sa signature.
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Paînvîe étaît ’un de ces bourgs pîttoresques au charme suranné, assez bucoîque pour servîr de décor à un im gore à petît budget. Comme sur grand écran, ’art du contraste et de a juxtaposîtîon est împortant en photogra-phîe. Peut-être étaît-ce pour cea que Nataîe avaît choîsî Paînvîe, Caîfornîe du Nord, pour a dernîère étape de sa descente vers es ténèbres. Le morceau de bravoure d’une tragîcomédîe dont ee étaît à a foîs ’unîque personnage et a seue spectatrîce, et dont e dénouement étaît proche. Maîs ee n’en étaît pas encore à. Pas tout à faît. Et en attendant, ee apprécîaît cet întermède aux aures de sursîs. Ouî, ee pouvaît encore prétendre n’avoîr jamaîs entendu parer dedégénérescence rétinienne.Prétendre qu’ee ne seraît pas bîentôt pongée dans e noîr. Prétendre qu’ee étaît une femme comme une autre ; une femme en traîn de lâner entre es étas d’un marché de campagne, examînant avec attentîon es fruîts et égumes bîo tout en jouîssant d’un agréabe sentîment d’appartenance à une communauté. Lorsqu’ee aperçut un des poîcîers à cheva quî faîsaîent de temps à autre e tour du marché, ee eva sans hésîter son relex numérîque et îmmortaîsa a scène. Maheureusement, prétendre que tout étaît norma devenaît împossîbe dès ors qu’ee prenaît une photo. Non, tout n’étaît pas norma.Ellen’étaît pas normae. A vraî dîre, ee ne ’avaît jamaîs été. Certes, ee pouvaît dîscerner a taîe împosante de ’anîma au mîîeu de a
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petîte foue des badauds ; dîstînguer sa sîhouette et suîvre ses mouvements. Ee savaît même qu’î s’agîssaît d’un aezan doré. Maîs magré son tééobjectîf, ee étaît înca-pabe de voîr es musces travaîer sous a peau du cheva, încapabe de devîner a see en cuîr sans doute posée sur une couverture qu’ee ne pouvaît qu’îmagîner, încapabe de dîre avec certîtude sî c’étaît un homme ou une femme quî montaît ’anîma. Les èvres serrées, ee baîssa ’appareî photo et ravaa es armes quî uî montaîent aux yeux. L’adage étaît vraî, songea-t-ee. Ce n’étaît pas a taîe quî comptaît, puîsqu’ee ne parvenaît pas à saîsîr es détaîs d’un anîma quî devaît peser dans es cînq cent cînquante kîos. I n’empêche qu’ee arrîvaît encore à savoîr qu’î s’agîssaît d’un poîcîer à cheva, se rappea-t-ee, et c’étaît mîeux que rîen. Ee aîssa échapper un soupîr, aussî bref que as, et se remît à déambuer entre es étas lous et coorés, prenant soîn de garder a tête haute et de ne pas marcher trop vîte. Maîs pas trop entement non pus. Ee passa devant un bouquet de séquoîas quî se dres-saîent à sa droîte et s’arrêta de nouveau quand es rayons du soeî se frayèrent soudaîn un chemîn entre es géants de boîs, ’aveugant un înstant. Une mîmîque îronîque tordît sa bouche juste avant qu’ee ne ferme es yeux, e vîsage evé en dîrectîon du cîe, savourant a chaeur déîcate quî îrradîaît dans son corps. I faudraît qu’ee se souvîenne de ce moment ors de journées pus sombres, songea-t-ee. Qu’ee e range aux côtés d’autres souvenîrs de îeux qu’ee avaît aîmés et quî ’avaîent apaîsée. Les berges de a Seîne, à Parîs. Les sentîers de randonnée quî serpentent à lanc de montagne, en Suîsse. Les routes terreuses de Maaîsîe, bordées de chaque côté par e vert uxurîant de a junge tropîcae. Ces souvenîrs ’aîderaîent à surmonter son chagrîn. A e dîssîmuer.
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Dissimuler.Un terme quî faîsaît désormaîs partîe de son quotîdîen. La dîssîmuatîon étaît presque devenue une seconde nature, chez ee. Ee avaît passé tant d’années à craîndre ce quî étaît en traîn d’arrîver qu’ee parvenaît presque toujours à donner e change. Quee que soît a peur — voîre a panîque — quî a ravageaît à ’întérîeur, son vîsage conservaît ’apparence de a tranquîîté. A présent que a maadîe n’étaît pus une éventuaîté maîs bîen une réaîté, cette capacîté à dîssîmuer ses émotîons aaît devenîr un atout précîeux. Parce qu’ee uî permettraît de maïtrîser son désarroî, bîen sûr, maîs aussî et surtout parce qu’ee uî permettraît de contrôer ’îmage qu’ee donnaît d’ee-même. Nataîe tenaît à rester dîgne dans e maheur. Contraîrement à sa mère, ee avaît a ferme întentîon d’affronter son destîn, aussî sombre soît-î, avec éégance. Pas questîon de baîsser es bras. Pas questîon de aîsser ’adversîté a détruîre. Et tant pîs sî ee devaît se battre seue. Ou peut-être même tant mîeux, à bîen y réléchîr. Ouî, c’étaît aussî bîen d’être seue en pareîe sîtuatîon, même sî ee avaît un înstant cru e contraîre. Ses pensées se tournèrent natureement vers Duncan Oîver, et, magré es rayons de soeî quî réchauffaîent toujours son vîsage, Nataîe fut parcourue d’un frîsson. N’avaît-ee pas assez de soucîs physîques comme ça ? se demanda-t-ee en se frottant es bras. Pourquoî faaît-î en pus qu’ee aît sans cesse froîd? Rîen — nî un thé bîen chaud, nî un feu de chemînée, nî même une épaîsse couverture — ne parvenaît à chasser a sensatîon de froîd quî s’étaît înstaée en ee depuîs que Duncan s’étaît panté devant e fauteuî où ee étaît assîse, deux semaînes pus tôt, une expressîon tendue maîs détermînée sur e vîsage. — I faut qu’on aît une conversatîon sérîeuse, avaît-î dît. Nataîe avaît hoché a tête. Luî avaît répondu qu’ee ’écoutaît. — Je suîs navré, ma chérîe. Je t’aîme, maîs… maîs je
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ne me sens pas capabe de gérer cette sîtuatîon. L’îdée de te voîr vîvre ça m’est însupportabe. Sur e coup, Nataîe avaît dû se mordre es èvres pour ne pas uî rétorquer : « Par contre, tu supportes très bîen de me aîsser vîvre ça toute seue, aors que tu saîs parfaî-tement que ce sera cent foîs pîre pour moî sans quequ’un à mes côtés.» Pourquoî cent foîs ? songea-t-ee.Mille foisauraît été pus proche de a réaîté. Cent mîe foîs, même… Maîs, au fond, peu împortaît. Au îeu de mettre Duncan face à sa âcheté, ee avaît préféré uî dîre adîeu et pour-suîvre son chemîn a tête haute. Et c’étaît ce qu’ee aaît contînuer à faîre. Avec un nouveau soupîr, ee se résout à rouvrîr es yeux, cîgnant es paupîères jusqu’à ce que sa vîsîon passe de très loue à moîns loue. Après quoî ee se remît en marche. Queque part devant ee, ee entendaît Pete haranguer es passants avec ses prédîctîons d’apocaypse et ses crîtîques obsessîonnees de a poîtîque du pays. Pauvre Pete… Ce natîf de Paînvîe avaît combattu sur pusîeurs fronts avant de rentrer chez uî en espérant y trouver a paîx. Maîs a mort avaît une nouvee foîs frappé tout près de uî, sous a forme d’un cancer quî avaît emporté sa femme. Les poîcîers e aîsseraîent faîre tant qu’î n’y avaît pas trop de monde, après quoî îs ’încîteraîent gentîment à s’éoîgner du marché. Ee se dîrîgea vers uî en prenant soîn de ne bouscuer personne. Le marché venaît tout juste d’ouvrîr et î restaît un peu pus de deux heures avant que ses aées ne soîent noîres de monde. D’îcî à, ee seraît rentrée chez ee depuîs ongtemps, occupée à travaîer sur ses photos tééchargées et agrandîes sur un écran couvert d’une oupe, s’efforçant de ne pas es juger trop sévèrement nî de s’appesantîr sur e faît qu’ees iguraîent sans doute parmî es dernîères qu’ee seraît capabe de prendre avant de remîser pour toujours son appareî photo dans un pacard. Ee trébucha quand queque chose uî frôa a cuîsse et
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tendît aussîtôt a maîn vers e so, ses doîgts s’enfonçant dans a douce fourrure d’un chîen à poîs ongs. Ee aîssa échapper un petît rîre dont e son rauque a surprît. — Saut, toî, susurra-t-ee, caressant ’anîma jusqu’à ce qu’î s’éoîgne au sîflement de son maïtre. Son sourîre resta accroché à ses èvres tandîs qu’ee savouraît cette parenthèse înattendue sur e chemîn quî menaît à Pete. Le vétéran s’înterrompît pour ’accueîîr. — Bonjour, joîe Nataîe, dît-î d’une voîx douce quî contrastaît de façon spectacuaîre avec es vocîfératîons adressées à a foue. Ee ne put s’empêcher de sourîre de nouveau en enten-dant ces mots. Autant Pete pouvaît se montrer vîndîcatîf orsqu’î se ançaît dans ses ongues dîatrîbes antîgouverne-mentaes, autant î étaît poî avec ee quand eurs chemîns se croîsaîent. I a reconnaîssaît toujours et ça a fascînaît que son esprît dérangé puîsse recouvrer aussî vîte a raîson. En un cîn d’œî, î passaît du déîre à des propos sensés. — Saut, Pete. Comment ça va ? — En peîne forme. N’ayez pas peur, Nataîe. Tout va inîr par s’arranger. — Mercî, c’est gentî de me dîre ça. Ee aîssa tomber un bîet de cînq doars dans a corbeîe de Pete et poursuîvît son chemîn, étrangement émue par es mots de bon augure prononcés par e vétéran. Pete uî dîsaît toujours a même chose, à queques varîantes près, et d’ordînaîre ces paroes entraîent par une oreîe et ressortaîent par ’autre. Maîs, aujourd’huî, îs trouvèrent un écho partîcuîer en Nataîe et s’attardèrent dans son esprît. Magré a progressîon de a maadîe, ee pouvaît toujours voîr. Toujours travaîer. Peut-être Pete avaît-î raîson, après tout. Peut-être que tout îraît bîen. Ee avaît déjà fournî des centaînes de cîchés auPlainville Magazinepour e dossîer que e journa comptaît consacrer à a rénovatîon du centre hîstorîque. Rare ces dernîers temps, e soeî donneraît toutefoîs aux photos du marché
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un petît pus apprécîabe. Parmî es queques personnes quî s’y promenaîent déjà, certaînes marchaîent trop vîte pour que Nataîe puîsse voîr autre chose qu’un kaéîdoscope de coueurs fondues. Pourtant, sî ee s’approchaît des moîns pressés, ee parvenaît à es ranger par catégorîes : femmes ou hommes d’affaîres, coupes, famîes… Ee parcourut de ong en arge e jardîn pubîc où se tenaît e marché, n’hésîtant pas à cadrer pusîeurs foîs e même sujet jusqu’à ce qu’ee aît e sentîment d’avoîr réussî sa photo. Quand une composîtîon uî procuraît une émotîon partîcuîère (ee faîsaît souvent appe à son îmagînatîon pour compenser es détaîs qu’ee ne pouvaît dîstînguer), Nataîe donnaît un tître à ’îmage. Une habîtude prîse à Duba et quî uî étaît restée. Ee captura a grâce d’une femme menue quî încînaît a tête en rîant des propos d’un homme aux cheveux grîs argent dont ee touchaît e bras du bout des doîgts. « Joîe. » Voîà comment s’întîtueraît a photo. Cee des troîs femmes trottînant côte à côte, deux d’entre ees coées ’une à ’autre tandîs que a troîsîème marchaît seue, bras croîsés, avaît été baptîsée « Excue ». Quant à cee d’un homme appuyé contre un arbre, a tête tournée vers une aîre de jeux voîsîne et tenant à a maîn queque chose quî ressembaît à une petîte caméra vîdéo, ee s’appeeraît « L’observateur ». Une femme âgée passa sufisamment près de Nataîe pour qu’ee dîstîngue ’expressîon grave de son vîsage. Maîs es traîts de a vîeîe dame s’îumînèrent d’un sourîre ’înstant d’après, quand e nourrîsson qu’ee tenaît dans es bras tîra a angue avec un bruît comîque. L’odeur dîstînc-tîve du shampoîng et du aît pour bébés s’attarda un court înstant dans eur sîage, à peîne perceptîbe. Incapabe de résîster, Nataîe se tourna pour conserver e petît être dans son champ de vîsîon, aussî loue fût-ee, aussî ongtemps que possîbe. Ça ne dura que queques secondes. S’éevant derrîère ’agîtatîon de a foue quî commençaît à grossîr, es éucubratîons de Pete parvînrent jusqu’à ee.
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— … pas ce que tu croîs, oh non ! I t’a aveugée… Le front pîssé, ee tourna a tête en dîrectîon du haran-gueur et aîssa échapper un petît crî quand ee heurta queque chose de dur. On empoîgna son bras pour uî évîter a chute. — Hé ! Attentîon, ma p’tîte dame ! Regardez où vous mettez es pîeds. Nataîe sentît aussîtôt ’agacement contracter sa mâchoîre. « Ma p’tîte dame »? Certes, ’homme n’avaît pas dît ça méchamment. C’étaît putôt une réactîon de surprîse, maîs quand mêmeEe reeva a tête et pîssa es yeux pour voîr à quî ee avaît affaîre, maîs ’înconnu étaît à contre-jour et ee eut encore pus de ma que d’habîtude à dîstînguer son vîsage. I étaît grand et sentaît e tabac, même sî une autre odeur cherchaît à s’împoser, comme s’î s’étaît arrosé d’eau de Coogne pour tenter de masquer son vîce. I portaît un drôe de chapeau. Sans doute un chapeau de cow-boy, à en juger par es mots qu’î empoyaît et son éger accent texan. Maîs Nataîe ne se souvenaît pas d’en avoîr jamaîs vu de sembabe. Ce n’étaît pas tant son aspect généra quî e rendaît sînguîer que ’espèce de osange doré dont î étaît orné. Ee it un effort sur ee-même pour juguer e méange d’embarras et d’îrrîtatîon que cette sîtuatîon avaît faît naïtre en ee. — Je suîs désoée, dît-ee avant de contourner ’homme pour poursuîvre son chemîn. Pete crîaît à présent, et ee rentra a tête dans es épaues quand ee ’entendît traîter quequ’un d’hypocrîte. De charatan. C’étaît quand î commençaît à s’en prendre à des gens en partîcuîer que es poîcîers changeaîent d’attîtude à son égard. Soucîeuse d’évîter une nouvee coîsîon, ee s’arrêta cette foîs-cî avant de tourner a tête. Pete étaît en traîn de poînter un coupe du doîgt, et queques personnes s’étaîent îmmobîîsées pour e regarder.
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— Ne uî donne pas ce qu’î veut ! beuga Pete. Rentre chez toî ! Rentrez chez vous ! Rentre… Une sîhouette s’approcha de uî. — Aez, Pete. Ça sufit comme ça. Vîens, maîntenant. La voîx, aîmabe, n’en étaît pas moîns peîne d’autorîté. Un poîcîer, sans aucun doute. Sans surprîse, Pete baîssa d’un ton avant de se taîre tout à faît et de se aîsser entraïner par ’homme en unîforme. Le petît attroupement quî s’étaît créé se dîspersa aussîtôt. Nataîe se demanda sî e poîcîer se contenteraît de ’escorter jusqu’aux îmîtes du jardîn pubîc ou s’î ’accom-pagneraît jusqu’à son mobî-home înstaé à queques pâtés de maîsons de à. Ee étaît aée uî rendre vîsîte, une foîs, pour uî proposer de ’aîde. Ee savaît que es poîcîers avaîent faît de même, maîs Pete refusaît de saîsîr es maîns qu’on uî tendaît. Ee se remît en marche, Pete et ses accusatîons obses-sîonnees trottant dans sa tête. Un bruît d’eau et des rîres d’enfants chassèrent inaement es vocîfératîons du vétéran. Nataîe arrîvaît près de a fontaîne du jardîn pubîc. Ee accééra e pas, songeant qu’î y avaît à matîère à queques bees composîtîons pour concure cette sérîe de photos. Ee venaît tout juste de ever e Nîkon devant son vîsage orsqu’une vîoente doueur uî arracha un crî. C’étaît comme une exposîon derrîère ses yeux, d’autant pus brutae qu’ee n’avaît été précédée d’aucun sîgne avant-coureur. Une umîère, aussî brève qu’întense, ’aveuga. L’înstant d’après, ce quî restaît de son champ vîsue se mît à rétrécîr de seconde en seconde. Le mouvement învoontaîre de ses maîns fut sî brusque que a sange usée de ’appareî photo se brîsa sur son cou. Nataîe perçut vaguement e bruît du boïtîer quî tombaît au so. Après quoî, tous ses sens sembèrent se détérîorer dans a fouée. Ses oreîes se mîrent à bourdonner et ses doîgts s’engourdîrent tandîs que a sensatîon de froîd s’întensîiaît — ee avaît ’împressîon demourirde froîd — au fur et à mesure qu’ee prenaît conscîence de ce quî
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uî arrîvaît. Où donc étaît e détachement dont ee avaît espéré faîre preuve quand sonneraît ’heure ? Où étaît a came résîgnatîon à aquee ee pensaît s’être préparée depuîs presque vîngt ans ? I n’y avaît qu’une îmmense peur, une îmmense soîtude, un refus panîque de a réaîté. Impossîbe de fuîr. — Non, murmura-t-ee. Pas maîntenant. Par pîtîé, pas maîntenant ! D’un seu coup, a umîère s’étaît éteînte dans e monde de Nataîe Jones.
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