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L'histoire d'Horacio

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Livres
90 pages
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Description

À 46 ans, Horacio vit modestement dans un village colombien avec sa femme, ses sept enfants, et non loin de ses frères. Entre les belles-sœurs, les filles, les cousines, la gente féminine règne sur sa maison. Les réunions de famille sont nombreuses, gaies, tendues, bruyantes. Mais l’amour circule. Horacio a quelques passions : les antiquités, dont il est censé faire le commerce pour vivre, mais qu’il entasse dans son hangar. Ses deux vaches, ainsi que les veaux qu’elles portent. La cigarette, qui accompagne ses journées. Une Volkswagen qu’il est parvenu à s’acheter sans savoir qu’elle était volée, et qu’il bichonne. Les courses de chevaux. Sa femme. Mais Horacio a surtout une obsession : la mort, qui diffuse une tension, une pesanteur sur le moindre événement du quotidien. Incapable de gérer ses émotions, il bascule sans cesse d’un extrême à l’autre. La joie de vivre et l’angoisse de mourir se côtoient sans cesse, épuisant son cœur qui finit par lâcher. L’histoire d’Horacio est celle d’un homme trop sensible pour supporter la vie. C’est un livre qui aborde de façon originale un sujet risqué mais crucial : comment vivre, comment supporter la joie, la beauté, l’amour, la souffrance, quand on sait que la mort nous attend ? Horacio est un personnage qui marque le lecteur car il est comme le paroxysme d’une peur intime que nous connaissons tous.

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Ajouté le 27 septembre 2012
Nombre de lectures 126
EAN13 9782355360626
Langue Français
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Extrait de la publication
L’histoire d’Horacio
Extrait de la publication
DU MÊME AUTEUR
Au commencement était la mer, Carnets Nord, 2010
Extrait de la publication
Tomás González
L’histoire d’Horacio
Traduit de l’espagnol (colombien) par Delphine Valentin
Titre original La Historia de Horacio © Tomás González, 2011
© Carnets Nord, 2012 pour la traduction française 12, villa CœurdeVey, 75014 Paris www.carnetsnord.fr ISBN : 9782355360978
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Le temps signifie uniquement que les étapes du devenir peuvent se déployer en lui selon un ordre précis. En habitant entièrement chaque instant, on transforme ces étapes du devenir en voyage jusqu’au ciel. YIKING
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Horacio vit Pacho et le taureau passer sous les oran gers, à côté de la Volkswagen noire, dont les vitres reflétaient les premiers rayons du soleil. Un peu plus tôt, quand il faisait encore nuit, Horacio était sorti en robe de chambre pour essuyer la rosée avec un tor chon et faire briller la voiture avec un autre ; puis il était revenu à la maison, s’était assis dans la salle à manger, les jambes croisées, avait fumé en agitant le pied, bu un café et attendu que Pacho amène le tau reau. « Il est né pour être nerveux », commentait sou vent Eladio, beaufrère d’Horacio, et médecin. « Comment comprendre qu’on puisse être attaché à ce point à quelque chose qui nous fait autant trem bler ? » disaitil de sa voix profonde, faisant référence à l’amour de la vie d’Horacio. Le sifflement pénétrant de Pacho retentit, et le pékinois des filles commença à japper comme s’il était devenu fou. Horacio avait six filles et un fils, le plus
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jeune, et tous dormaient encore quand Pacho et ses dents gâtées sifflèrent à six heures du matin, ce deuxième samedi de mai 1960. Les filles commence raient à se lever après neuf heures ; le cadet, vers midi, en criant après Carlina, la femme de service, pour exi ger son déjeuner et en demandant à sa mère où elle avait bien pu foutre son lancepierres. En ce temps là, la fumée des usines et des automobiles n’avait pas encore tout à fait sali l’air, sur la vallée le ciel était tou jours parfaitement bleu. — Bonjour Pacho. — Bonjour don Horacio. Le pékinois, odieux et prognathe, sortit japper après Pacho, mais à la vue de la masse du taureau, il laissa échapper un couinement de frayeur et repartit comme une balle jusqu’à la maison. Pacho disait sou vent que ce chien était une tapette. Pacho était grand et maigre ; il avait les yeux bleus, les plus grands pieds du monde et marchait sans chaussures. Il aidait Hora cio à s’occuper de la vache. Les filles le détestaient. Il chiquait du tabac et était capable de projeter un cra chat entre ses dents à plus de cinq mètres de distance. Pendant que le taureau se redressait de façon spec taculaire, comme si la terre se soulevait, Horacio tenait la queue de la vache afin que le membre rouge du tau reau disparaisse dans sa chaleur. La rosée lustrait les feuilles des bananiers, étincelait sur les fleurs des oran gers. Puis Pacho fit marcher le taureau un moment dans le pré derrière la maison, le temps qu’il se repose,
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