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L'Idée d'un autre

De
300 pages
Puis il se mit à rire. Pas méchamment, non. Brian m'avait dit cela en plaisantant. Or, je l'avais pris au sérieux; je trouvais son "idée" pleine de bon sens – rencontrer le chanteur sur place, pourquoi pas? Attendre six mois me paraissait long... Alors que me rendre en Argentine, ce n'était pas la fin du monde pour moi, plutôt son renouveau. Cela dit, avant de passer à l'acte, je laissai son idée faire son chemin dans ma tête. Jusqu'à ce jour de décembre, où je fus convaincu que l'idée de Brian (qui était à présent la mienne, hé oui, j'en étais l'heureux propriétaire) pouvait m'être favorable. Néanmoins, si j'envisageais de me lancer dans l'aventure, il fallait auparavant en parler à ma compagne, Hélène.
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Marcel Yébra
L’IDÉE D’UN AUTRE
 
Mon Petit Éditeur
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http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits dauteur. Son impression sur papier est strictement réservée à lacquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits dauteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS France
IDDN.FR.010.0118625.000.R.P.2013.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2013
Chapitre I Au tout début de notre rencontre, jignorais que Brian connaissait le chanteur et laccompagnait dans tous ses concerts. Âgé dune tren-taine dannées, cétait un guitariste renommé et parfois, lorsquil avait un peu de temps, réalisait des maquettes pour les uns ou les autres dans son petit studio denregistrement. Le hasard voulut que je fasse partie de lun deux. Javais les textes et les mélodies ; lui, le matériel pour en faire des chansons. Au bout dune semaine de collaboration, avec laide dun jeune chanteur, Vincent, chargé de poser sa voix sur les textes, Brian finit par graver mes chansons sur trois CD : un pour Vincent, les deux autres pour moi en échange dune enveloppe pour le service rendu. Ensuite nous ne nous sommes plus revus. Cest pour cette raison que, deux mois plus tard, jhésitai à faire appel à lui. Ce-pendant, comme il avait dit que ces chansons iraient bien à lartiste, josai lui demander sil pourrait les lui proposer. Brian me répondit quil allait voir Huit jours plus tard, nayant toujours pas de réponse, je lui télé-phonai à nouveau. Je tombais bien : il allait mappeler. Je me suis renseigné pour toi.  Jen étais sûr ! Alors ?  Alors, jai une mauvaise nouvelle. Il est injoignable en ce mo-ment.  Injoignable ?  Je nessaie pas de me défiler, Claude.  Cest indiscret de te demander la raison ?  Pas du tout. Romain est reparti pour la Patagonie, il y a deux ou trois semaines.  Tu en es sûr ?  Renseigne-toi auprès de son agent, tu verras bien !
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 Il va rester longtemps là-bas ?  Quand il y retourne, en principe, cest pour passer lhiver au chaud. Ici, il fait froid, mais en Argentine cest bientôt lété !  Ah bon ?  Eh oui, Romain sera de retour dans six mois, mon ami.  Dans six mois ?  À deux ou trois jours près  Six mois dattente ?  Maintenant, si tu es pressé de le rencontrer, va au fin fond de la Pampa et tu le verras. Je te donne un bon conseil, Claude ! Pour avoir plus de chance de le trouver, fais des recherches par satellite avant. Si par hasard tu tombes dessus, noublie surtout pas de lui dire que tu viens de ma part ! Puis il se mit à rire. Pas méchamment, non. Brian mavait dit cela en plaisantant. Or, je lavais pris au sérieux ; je trouvais son « idée » pleine de bon sens  rencontrer le chanteur sur place, pourquoi pas ? Attendre six mois me paraissait long Alors que me rendre en Argentine, ce nétait pas la fin du monde pour moi, plutôt son renouveau. Cela dit, avant de passer à lacte, je laissai son idée faire son chemin dans ma tête. Jusquà ce jour de décembre, où je fus convaincu que lidée de Brian (qui était à présent la mienne, hé oui, jen étais lheureux pro-priétaire) pouvait mêtre favorable. Néanmoins, si jenvisageais de me lancer dans laventure, il fallait auparavant en parler à ma compagne, Hélène. Je ne prenais pas trop de risque en me rendant en Patagonie puisque, au cours dun enregistrement, Brian mavait confié une in-formation capitale : le lieu où je pouvais rencontrer Romain Venture. Certes, il ne mavait pas noté sur papier son adresse personnelle, mais soufflé le nom de la ville où habitait lélu de ces dames. Il sagissait de Pontalès qui, daprès ce quil avait entendu dire, se trouvait à environ cinquante ou cent kilomètres de son habitation. Bien quintéressé, je ne lui posai aucune question, vu quà lépoque je navais pas lintention de my rendre. Cependant, un détail me laissa perplexe : la distance qui séparait la propriété du chanteur de la ville la plus proche cinquante « ou » cent kilomètres de son habitation. Avait-il bien entendu ?
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Donc, ce jour-là, Brian me raconta quà la fin dun concert Ro-main Venture et ses musiciens, dont il était, buvaient un verre, comme dhabitude, dans la loge du chanteur. Cest là quil sut où se trouvait sa propriété. Précisément, lorsquun de ses musiciens lui posa les questions suivantes :  Thabites quelle ville en Patagonie ?  La plus proche de chez moi est Pontalès.  Cest loin de Buenos Aires ? Ouh là à des centaines et des centaines de kilomètres ! Je suis désolé, mais incapable de te donner la distance exacte.  Tu fais la route en voiture, de Buenos Aires jusquà chez toi ?  Non, je prends lavion comme tout le monde. Deux heures après, il me dépose à laéroport de San Miguello, qui se trouve à une vingtaine de kilomètres de la ville de Viranga. Il paraît que lartiste aurait dit au curieux :  Jai limpression de subir un vrai interrogatoire !  Une dernière question, Romain. Ensuite je te fous la paix. Thabites loin de laéroport ?  À cinquante ou cent kilomètres, je ne sais pas. Pour être franc avec toi, je ne les ai jamais comptés. Moi, quand jarrive en Patagonie, je ne compte plus. Je me laisse faire par le temps qui passe. Et il passe. Lentement, mais il passe. Brian ne mavait pas menti. Lendroit où habitait le chanteur était bien Pontalès. Sans le moindre doute, cétait là, quelque part, dans ce petit coin de pampa quil se laissait porter par le temps. Pour avoir confirmation, je dus charmer une demoiselle qui travaillait pour sa maison de disques. Bien quelle ne soccupât pas personnellement de sa carrière, elle était au courant de pas mal de choses : la jolie brune (teinte en blonde) me révéla que le chanteur en question était bien dans sa résidence secondaire pendant la période choisie. Je métais rendu chez eux sur recommandation de Brian qui, en toute fin de conversation, était redevenu sérieux :  La meilleure chose à faire Claude : pousse les portes de sa mai-son de disques, dépose ton CD à lattention de son agent. Et attends !Le jour où je pris la décision de rendre visite à lartiste, je nosai pas appeler Brian et lui dire : « Au fait, tu ne le sais pas encore, mais je
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vais bientôt réaliser ton idée ! » Je nen parlai pas non plus à la char-mante jeune femme de la maison de disques. Elle, elle aurait pensé que je lavais trahie. Quant à Brian, il maurait sûrement ri au nez une fois de plus en se disant : « Quel idiot ! Il a beaucoup plus de chances de le rencontrer en France ! » Seulement, depuis quil mavait dit : « Je les verrais bien chantées par Romain, tes chansons. Elles sont faites pour lui, tu sais ! » Je nallais pas lattendre. Je devais donc me déme-ner pour le trouver, lui parler et le convaincre de chanter, ne serait-ce quune seule de mes chansons. Quelque chose me disait quen me rendant sur place, jallais peut-être lémouvoir, lattendrir et, qui sait, arriver à mes fins. Malheureusement, tout nallait pas comme je le voulais  et si Romain Venture naimait pas mes chansons ? Telle était la question. Face au doute, ma confiance reprenait la main. « Je les verrais bien chantées par Romain, tes chansons. Elles sont faites pour lui, tu sais ! » Cest pourquoi, dès notre première rencontre, je devais lui dire : « Salut Romain ! Ces chansons mont poussé à accomplir ce périple de treize mille kilomètres uniquement dans lespoir davoir, en con-trepartie, un peu de ta belle voix dessus. » Je dus malgré moi faire face à la réalité : « Avant daller plus loin, il faudrait peut-être en parler à Hélène, de ce voyage, non ? » Ce ne fut pas une mince affaire Nous étions le 3 janvier quand je lui deman-dai si elle voulait maccompagner en Patagonie. Hélène répondit, étonnée :  En Patagonie ?  Oui, en Patagonie.  Ça se trouve où ?  En Argentine, pardi !  En Argentine ? Mais que veux-tu quon aille faire là-bas ? La question ne se posait pas pour moi. Néanmoins, il avait bien fallu lui expliquer ce que javais décidé sans elle. Je mattendais à sa réaction Ah je comprends à linstant pourquoi tu prenais des notes sur Internet. Tu aurais pu men parler avant ! Ne taffole pas je nai pas encore pris les billets.
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