La Deuxième Vie d

La Deuxième Vie d'Amy Archer

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Français
352 pages

Description

Amy, la fille de Beth, a disparu sans laisser de traces. Elle avait dix ans. Dix ans plus tard, elle frappe à la porte et dit à sa mère qu’elle est revenue. Mais elle a toujours dix ans… Déni du réel, manipulation, folie : avec La Deuxième Vie d'Amy Archer, R. S. Pateman bouleverse tous les repères du lecteur et livre un puissant thriller psychologique.

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Informations

Publié par
Date de parution 04 juin 2014
Nombre de lectures 18
EAN13 9782330035327
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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AN
R. S. PATEMAN
La deuxième vie d’Amy Archer
roman traduit de l’anglais par Patrice Repusseau
a c t e s n o i r s ACTES SUD
“ACTES NOIRS” sérîe dîrîgée par Manuel Trîcoteaux
LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS
Le 31 décembre 1999, Amy ArcHer, illette de dîx ans, a dîsparu de son terraîn de jeux Habîtuel. On n’a jamaîs retrouvé son corps, et la vîe de ses parents, BetH et Brîan, s’en est trouvée dévastée. Dîx ans jour pour jour après sa dîsparîtîon, BetH est seule, toujours aux prîses avec l’énormîté de son cHagrîn, seule face à l’Horreur de ne pas connaïtre le sort de son enfant unîque, quand une înconnue frappe à sa porte, prétendant savoîr ce quî est arrîvé à Amy. BetH faît la connaîssance d’une fîllette, troublant sosîe de sa fîlle dîsparue, quî saît des cHoses qu’Amy est seule à pouvoîr connaïtre : le nom de son jouet préféré, des souvenîrs de vacances, ce que BetH prend au petît-déjeuner. Maîs comment la illette pourraît-elle être Amy ? Elle n’a pas du tout vîeîllî… Pour découvrîr ce quî est vraîment arrîvé à Amy, BetH va devoîr remettre en questîon tout ce à quoî elle croyaît et envîsager l’împossîble. Aussî glaçant qu’Haletant,La Deuxîème Vîe d’Amy Arcerest le premîer roman d’une nouvelle voîx dans le monde du suspense psycHologîque brîtannîque. Un tHrîller coup de poîng, quî ravîra ceux quî ont aîmé Avant d’aller dormîr, de S. J. Watson, etLes Apparences, de Gîllîan Flynn.
R. S. PATEMAN
R. S. Pateman a été accompagnateur de voyages, anîmateur de centre de loîsîrs, et vîdeur de boïte de nuît, maîs îl a toujours voulu devenîr écrîvaîn. Il a inî par s’y coller et a écrît plusîeurs lîvres. L’un d’entre eux est devenu La Deuxîème Vîe d’Amy ArcHer. PHotograpHîe de couverture : © René et Radka Le traducteur remercîe Gabrîel Merle pour son aîde précîeuse. Tître orîgînal : he Second lîfe of Amy Arcer Édîteur orîgînal : he Orîon publîsHîng Group, Londres © R. S. Pateman, 2013 ©ACTES SUD, 2014 pour la traductîon françaîse ISBN978-2-330-03531-0
R. S. PATEMAN La deuxîème vîe d’Amy ArcHer
roman traduît de l’anglaîs par Patrîce Repusseau
ACTES SUD
ï m’arrîve de voîr son vîsage brouîé dans e tourbîon du manège. D’entendre un petît rîre dans e grîncement du tobog-gan. Maîs, bîen sûr, ee n’est pas vraîment à. Pas pus que e toboggan et es baançoîres. a munîcîpaîté a arraché e tape-cu branant et e vîeux manège qu’ee a rempacés par des jeux pus modernes : une baançoîre baquet, un gyroscope, un jet d’eau et un bac à sabe, traversé par des pateormes et un câbe de tyroîenne. Pour des jeux sans danger, maîs non sans aventure. ïs ont égaement dépacé e terraîn de jeux, et ’ont înstaé de ’autre côté du parc pour e rapprocher de a caétérîa. Maîn-tenant es parents bavardent autour d’un cappuccîno pendant que eurs enants se suspendent, creusent et tournent. Maîs on m’a voé e dernîer endroît où Amy a été vue. e vîeux terraîn de jeux, ceuî qu’Amy connaîssaît et aîmaît tant, a dîsparu sous un enrobé îsse marqué comme es terraîns de je ne saîs combîen de sports de bae et de baon. îgnes et cerces s’y entrecroîsent, comme un ensembe de géométrîe paqué sur e revêtement. Personne ne sembe savoîr à quoî servent ces terraîns ; je ne es aî jamaîs vus utîîsés. En tout cas, pas pour e sport. Aujourd’huî, î en est de même. Sous un panîer déormé et dépourvu de Iet, une bande de garçons ument, a tête penchée sur des portabes. ïs èvent es yeux au moment où je m’approche du grîage. Mes doîgts se resserrent sur e bouquet que je tîens à a maîn. Froîssement de ceophane.
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J’évîte e regard însîstant des garçons en me penchant pour appuyer es Leurs contre a grîe beue peînte à a aque. Eux aussî sont nouveaux, pus rancs que ceux d’avant. Pus orts aussî, j’espère, capabes d’empêcher es petîts de sortîr. J’enève mes gants et ajuste a carte sur es Leurs.Pour ma petîte cérîe. Pardonne-moî. Amour pour toujours. MamanXXX. Je joîns es maîns et ma tête ponge. Mes paroes sont em-buées par ’aîr quî s’est rarachî, petîtes boufées de prîère quî s’évaporent sans aîsser de traces, tout comme Amy. Je me mets debout, en m’aîdant des barreaux de a grîe, et j’enIe mes gants. Je me demande sî e personne du parc enè-vera es Leurs demaîn matîn, comme îs ont aît ’an dernîer. Peut-être ne tîendront-ees même pas jusque-à. es bouquets que j’aî vus attachés à des réverbères, à ’en-droît d’accîdents mortes, restent en pace jusqu’à ce que es tîges soîent Létrîes et que a ceophane quî es entoure devîenne grîse et se déchîquette. Ce sont autant des panneaux de sécu-rîté routîère que des commémoratîons. Mon bouquet n’est pas dîférent, bîen que e danger qu’î sîgnae soît pus urtî qu’une voîture ancée à peîne vîtesse et pus déîcat à expî-quer pour des parents. Je m’arrête au bout de ’aée et je me retourne. Sî je m’étaîs trouvée îcî, î y a tout juste dîx ans aujourd’huî, et m’étaîs retour-née, pour surveîer, comme doît e aîre une mère… ’un des garçons de a bande, ’aîr sarcastîque, m’adresse un saut de a maîn. es autres rîent et marmonnent. ïs auront probabement shooté dans es Leurs avant même que j’aîe quîtté e parc, ou bîen tenté une chandee vers e panîer, ces pétaes s’ajoutant à a géométrîe mouvementée du bîtume. e roîd me mord e vîsage. e gîvre transorme en antômes es ramures des patanes et, sur es courts de tennîs, î change es Iets en toîes d’araîgnées étînceantes. Au cocher de ’égîse St Mark, e carîon sonne dîx heures. Je dîspose d’une heure avant mon rendez-vous – suisam-ment de temps pour prendre un caé, maîs pas dans a caété-rîa du parc. Je ne supporte pas de passer devant e terraîn de jeux, encore moîns de m’asseoîr à portée de voîx d’enants quî poussent des crîs perçants et se chamaîent. es éraLures et es
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écorchures, es armes et es étreîntes quî guérîssent. Ça m’est întoérabe même un jour ordînaîre, et aujourd’huî n’est pas un jour comme es autres. Je remonte e co de mon manteau et me dîrîge vers a grîe du parc.
a réceptîonnîste ève es yeux au moment où j’ouvre a porte. Ee doît être nouvee ; c’est a premîère oîs que je a voîs. Ee a un sourîre prompt et eicace. “Puîs-je vous aîder ? — Beth Archer, dîs-je, déboutonnant mon manteau. J’aî rendez-vous à onze heures.” Ses yeux pongent sur e carnet de rendez-vous ouvert sur son bureau. Des onges ébréchés descendent entement e ong de a îste de noms écrîts à a maîn. “Ah, ouî. Onze heures avec ïan Poynton.” Ee sourît à nou-veau. “C’est notre nouvee recrue. — Ouî, dîs-je. Je saîs.” Je n’étaîs pas sûre de vouoîr rencontrer ïan. a photo sur ïnternet montre un vîsage d’enant encadré de cheveux cou-pés comme pour un écoîer. ï aît trop jeune pour avoîr une quaîIcatîon queconque, encore moîns pour communîquer avec es morts. es doutes que je nourrîs quant à ses réérences aîmentent un sceptîcîsme însîdîeux quî ne m’a jamaîs âchée à ’occasîon de ma vîsîte annuee. Je es aî chassés de mon esprît parce que je veux croîre qu’Amy va me contacter par son întermédîaîre. Maîs je veux aussî avoîr a preuve que j’aî raîson de uî aîre conIance tout autant que je désîre – qu’î mefaut– un sîgne patent que Brîan a tort de se montrer cynîque. J’aî demandé à mon marî de m’accompagner à ma premîère vîsîte, peu après a dîsparîtîon d’Amy. “Sî tu ne vîens pas pour moî, aors aîs-e pour Amy, dîs-je. Ee est aussî ta Ie.” Assîs en attendant d’entrer dans a pîèce, î n’arrêtaît pas de râer et de taper du pîed sur e pancher, répétant entre es dents que ce n’étaît qu’une perte de temps, et une arnaque.
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ï ne changea pas d’attîtude par a suîte et reusa de serrer a maîn de a mînuscue dame âgée aux cheveux bancs quî nous It entrer. Après s’être présentée – ee s’appeaît Edna Hussey –, ee nous demanda de joîndre es maîns et de prîer en sîence, e temps qu’ee contacte son guîde spîrîtue, Akara. Brîan ron-chonna, maîs croîsa tout de même moement es doîgts. “Je ne reçoîs rîen. Juste une sensatîon de rétîcence”, annonça Edna. Très concentrée, ee pîssaît es yeux et trîpotaît a prothèse audîtîve qu’ee avaît dans ’oreîe gauche. Brîan uî suggéra de changer a pîe. Ee n’obtînt rîen de concuant et î décara aors d’un ton rîcaneur qu’ee devraît égaement changer a réquence. “Ça a era marcher aussî bîen que mon détecteur de bo-bards”, dît-î avant de sortîr. Je marmonnaî queques rapîdes mots d’excuse et uî embo-taî e pas en vîtesse. Maîs je prîs un nouveau rendez-vous pour a semaîne suîvante. Et pour e moîs suîvant. En aît pour tous es moîs, pendant un an. “Sî es médîums avaîent des cartes de Idéîté, tu auraîs accu-mué suisamment de mîes pour aîre e tour du monde, dîsaît Brîan. Je me demande sî eurs mîes ne sont vaabes que pour un voyage astra.” ï airmaît que ça me aîsaît stagner et m’empêchaît d’aer de ’avant. Mon conseîer étaît, uî aussî, de cet avîs. Maîs je ne peux pas renoncer à Amy, pas compètement. Je uî aî déjà aît aux bond une oîs et ee ’a payé de sa vîe, même sî, bîen sûr, on n’a toujours pas retrouvé son corps. Je ne vaîs pas a aîsser tomber à nouveau. Sî de ’autre rîve ee essaîe de venîr jusqu’à moî, î aut que je soîs à. S’î est un jour où a voîx d’Amy a pus de chance d’être entendue, c’est bîen e jour annîversaîre de sa dîsparîtîon. J’aî donc promîs à Brîan que dorénavant je îmîteraîs mes vîsîtes et ne vîendraîs pus consuter qu’une oîs ’an. “C’est encore une oîs de trop, rétorqua-t-î. Aors que tu commences tout juste à cîcatrîser, tu grattes a croûte et rouvres a paîe. Je ne savaîs pas que tu étaîs maso.
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