244 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

La diversité du monde

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

"(...) faire tilt dans les yeux d'un jeune qui se demande pourquoi il appartient à ce continent, (...) retrouver des étincelles auxquelles rêver pour continuer à vivre. Aider à produire ces étincelles. Provoquer ces sourires en coin. (...) Voilà le sens d'une rencontre entre un écrivain et un public de jeunes, sur ce continent. Notre place est ici. Dans ces interstices. Dans ces marges brouillées où prennent palce la peur et l'angoisse quand il n'y a plus de repères et que les valeurs ne sont plus ce qu'elles étaient. (...)"

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mars 2010
Nombre de lectures 106
EAN13 9782296240889
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0124€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

La Diversité dumonde
                                   !       "      "          
#$            %&&& '(%  !)! )         %&&' '*%  +,-.    !      " /   0112 %&&3 %%%  4)5 6        %&&* 73  8$.! #!$  $ %&&% '7&  +$9!#6+$94 : %   $ &    $       '  '( %&&3 ';7  <,)+! .    52 6 /        6 = " =   %&&7 %3& 
2
Tanella Boni
La Diversité dumonde Réflexions sur l’écriture et les questions de notre temps
{Dw+6=+88+2
En couverture : une mosaïque àRiodeJaneiro, photodeTannellaBoni.
© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN:978-2-296-10348-1 EAN:9782296103481
DU même aUteUr : oésie, roman, essai, jeUnesse
Lâbyrintépoésie) Le Mée sur Seine et Lomé, éd. Akpagnon, 1984.
Uné vié é crâbé(roman), NEAS, Dakar, 199
Dé l’âutré côtÉ u soléil(deux récits, jeunesse), NEAS-EDICEF, 1991.
Lâ fugué ’Ozoné(récit, jeunesse), NEAS-EDICEF, 199.
Grâins é sâblé(poésie), Limoges, Le bruit des autres, 199.
Lés bâignéurs u Lâc Rosé (roman) Abidjan, NEI 1995. Deuxième Edition Paris, Le Serpent à Plumes, coll. Motifs, .
Il n’y â pâs é pârolé éuréusé(poésie), Limoges, Le bruit des autres, 1997.
L’âtéliér és gÉniés(récit, jeunesse), Paris, Acoria, .
Câqué jour l’éspÉrâncé(poésie) Paris, l’Harmattan, .
Mapéâu ést fénêtré Larochellivre, 4.
’âvénir
(poésie)
La
Rochelle,
GorÉé îlé bâobâbLimoges-Trois-Rivières, Le bruit (poésie) des autres-Ecrits des Forges, 4.
Mains é couvré-féu (roman), Paris, Le serpent à plumes, 5, Prix Ahmadou Kourouma et LiBeratur Förderpreis.
Lés nègrés n’iront jâmâis âu pârâis(roman), Paris, Le serpent à plumes, 6.
Qué vivént lés fémmés ’Afriqué? eŝŝai), Paris, Panama, 8.
MiriâmMakébâ uné voix pour lâ libértÉ (biographie, jeunesse), illustré par Gopal Dagnogo, Paris, A dos d’âne, 9.
Lé rêvé u romââiré (poésie), illustré par Muriel Diallo, Cotonou, Ruisseaux d’Afrique, 9.
QUelqUes oUvrages collectifs :
« Peau de sel » (nouvelle) dansLés câînés é l’ésclâvâgé, Paris, Florent Massot, 1998.
« Le paradis est toujours ailleurs » (nouvelle) dansNouvéllés voix ’Afriqué, Paris, Hoëbeke, .
« Ici, il n’y a pas le feu » (nouvelle) dansDérnièrés nouvéllés é lâ Frânçâfriqué, La Roque d’Anthéron, Vents d’ailleurs, .
« Le petit chien de Madame l’œil » (nouvelle) dansDérnièrés nouvéllés u coloniâlismé, La Roque d’Anthéron, Vents d’ailleurs, 6.
« L’étrangère » (nouvelle) dansAncrâgé âfricâin, Alger, éditions APIC, 9.
« Des jeunes en quête d’avenir » dans50 ans après, quelle indépendance pour l’Afrique? sous la direction de Makhily Gassama, Paris, Philippe Rey, 1.
A més énfânts
"Un livré si béâu soit-il né onné rién qué l'on né s'y prêté ét cé qu'on y trouvé ést À l'éxâcté mésuré é cé qu'on y cércé." Jean-Paul Sartre,Présence Africaine, n°1, 1947.
Penser notre temps Jé vis éncoré ét jé pârtâgé Lé blÉ lé pâin é lâ béâutÉ Paul Eluard "Jé vis toujours" octobré 1946. Emprunter les chemins de traerse d'un lieu à l'autre comme il m'arrie de le faire depuis une douzaine d'années m'a confortée dans l'idée que la mobilité est une manière d'apprendre les réalités du monde et d'être confronté, parfois iolemment, au manque'umânitÉ, à la iolation des droits humains et à l'absence dusouci é l'âutré à une époque où l'on fait étalage del'umânitâiré à grands renforts de publicité, comme si le besoin de se donner bonne conscience prenait le pas surlâ rélâtion À l'âutré. Ainsi, l'expérience de la mobilité m'a menée aux géographies et aux histoires que je ne pouais apprendre nulle part, saufin situet, décourant autrement ce que je croyais saoir ou ce que j'ignorais, je me suis inestie dans mes écrits comme si personne d'autre ne deait les lire. voilà pourquoi ils ne peuent être que des textes singuliers, inclassables. L'idée qui s'exprime ici est d'abord celle de oyage. Etvoyâgépourrait être un mot ide tant que celle ou celui qui l'utilise ne lui donne pas de contenu. Or, d'après un texte bien connu du lire A de la Métaphysique, Aristote analyse en quel sens toute connaissance, dans le mondesublunaire, commence par l'expérience, cetteemperia qui a rapport au temps, à la mémoire et à l'imagination, préludes à une pensée en mouement. Ce que le oyageur craint par-dessus tout c'est la léthargie et la perte de temps, même si, aussi paradoxal que cela puisse paraître, oyager, c'est aussi prendre son temps. Mais aons-nous le loisir de prendre notre temps dans un monde chaotique, taraudés que nous sommes par mille préoccupations, au cœur de toutes les urgences ? La oyageuse que je suis aurait enie de fuir des connaissances qui ne bougent pas de leur piédestal, la répétition sans fin des mêmes spectacles, les discours fleues des tribuns contemporains, les idées sans souffle noueau, sans respiration. Le
9
oyage, sous la forme de l'aller et retour prouant la mobilité du oyageur, ient apporter ce souffle inestimable à ce saoir déjà là ou à celui qui se construit. Il peut être aussi l'occasion rêée de se confronter à d'autres manières de penser. En effet, ce n'est pas tant l'iresse de la itesse qui intéresse le oyageur mais plutôt le fait d'éprouverdistance entre l'autre et soi, entre l'autre monde et son la monde, car on part toujours ailleurs pour mieux se retrouer, pour conforter sa propre existence en tant qu'être humain. Si le oyage peut s'effectuer par le déplacement d'un lieu à l'autre, il désigne aussi le passage d'un saoir à l'autre, d'une discipline à l'autre, d'un sujet à l'autre, d'un projet à l'autre. Ainsi, ce recueil de textes est composé comme un oyage. En commençant à le lire, on ne sait ce qu'on a y trouer, ce qu'on a décourir même si on s'attend à un tout plus ou moins ordonné. Cet ordre supposé n'est pas éident au premier abord. Il contient des aspérités, des passages inattendus, comme la ie. C'est la ie elle-même qui est à la fois rigueur et mouement. Tout être humain aimerait prouer celui-ci en marchant, en s'enolant et en reenant mille fois aux mêmes endroits, en "tapant toujours sur le même clou" pour faire résonner, de noueau, aec les outils de son temps, d'autres interférences inédites. Il s'agit là d'une méthode efficace pour entretenir l'esprit de la recherche. C’est de cette manière que le chercheur traerse les sciences et les arts sans peut-être saoir qu’il accomplit ainsi la traersée intérieure qui l’amène jusqu’au bout de soi. Et la ie est au cœur de cette recherche de terrain, j'ose le penser. Je cherche cette érité de l'expérience qui, à mon ais, conduit à une forme de pensée ayant au moins l'aantage d'aoir une longueur d'aance sur les pensées abstraites. En effet, pendant que celle-là conoque le temps écu, la circonstance, la situation, celles-ci pensent par textes interposés, concepts ronds, reçus, acceptés. Or, rien n'est simple, circulaire ou carré dans ce monde comme j'en ai fait l'expérience. La rondeur géométrique est un leurre et le carré pourrait ne pas aoir quatre côtés au moment même où je suis accueillie, à chaque escale, dans le monde des saoirs ou dans les ruelles du monde réel, quelque part sur la planète. Ce sont d'abord les aspérités du temps qu'il fait ou l'humeur d'un uniers hostile et iolent qui me frappent, même si je peux être étonnée, absolument, par l'étrangeté des lieux que je traerse. Par ailleurs, la mobilité qui me permet de parcourir des chemins où tout deient marchandise m'autorise aussi à penser ce que je nomme simplement la relation humaine dominée par le pouoir et la concurrence entre des femmes et des hommes qui auraient pu être des égaux. Pendant longtemps, j'ai ignoré les sens possibles du motmonde. Maintenant je sais quelenulle part existe au moment où j'examine à
10