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La Fée du logis

De
50 pages

Alors qu’un bâtiment de la marine, dans un port de la mer du Nord, allait appareiller après une escale, on s’aperçut qu’un homme d’équipage manquait à bord. Les recherches entreprises restèrent vaines et le navire reprit le large.
Le marin qui n’était pas rentré de permission devait être retrouvé après plusieurs jours, mort de froid, dans un wagon à bestiaux, où on suppose qu’il avait trouvé refuge après une nuit bien arrosée dans un des bars du port.
« Et toi, princesse, c’est quoi ton nom, dis?
— Oh, moi...Ça dépend des soirs, et aussi de ceux qui d’mandent ! »
S’il existe encore des espaces non explorés, des mondes à découvrir, le voyageur enchanté n’est pas toujours au bout de ses surprises aux frontières du réel et de l’étrange.
« Heureux, qui, comme Ulysse... » ; oui, mais les autres ?


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-73174-6

 

© Edilivre, 2014

1er tableau

Une rue, la nuit. On entend, ouatés, les rythmes d’une musique de night-club. Pas de promeneurs qui s’éloignent. Bruits d’automobiles. Corne d’un bateau. Loin.

Au brusque enflement des rythmes, des sons et des voix mêlés, on devine que la porte du night-club vient de s’ouvrir sur la rue. Puis, à nouveau, les rumeurs de la fête sont gommées. Confusion de pas. Rire aigu de femme, auquel se mêle celui, gras et niais, d’un homme soûl.

Toute cette scène est « rie » plutôt que dite. Heurtée, réglée par l’ivresse des personnages. On doit sentir la marche pénible, hésitante, entrecoupée de faux pas, d’embardées du couple ivre. Elle le soutient.

Lui (Il braille sa rengaine.)

« … Allons à Messine, pêcher la sardine, allons, à Lorient, pêcher le hareng. Ils étaient trois… »

Elle(Essayant d’étouffer son rire. N’y parvenant pas.)

Ne brame pas comme un veau, chéri, tu vas réveiller le monde !

Lui

Un cerf !

Elle

Hein ?

Lui

Un cerf ! Il fallait dire un cerf… ma biche ! (Rires.)

Elle(Rieuse, puis moqueuse.)

Oh ça va ! C’est vrai quoi, des cerfs, j’en ai encore jamais trouvé un seul. D’ailleurs si j’en trouvais un, de vrai, je le garderais, alors que les veaux… Et puis c’est mignon un veau, non ?

Lui(Bourru.)

J’dis pas, mais ça brame pas, un veau. Un veau… ça fait…

Elle

Ça fait la tête. (Rires.) Là, là… on se calme !… mignon, mignon !

Lui

Et d’abord j’hurle pas… je chante !… Comme tout à l’heure sur la table !… T’as vu, ils aimaient, hein !

(Il reprend.)

Allons à Mess…

Le reste de la chanson se perd dans un fracas de tôles chavirées. Bruit d’un couvercle qui poursuit sa course sur un trottoir, heurte un mur, fait la toupie et n’en finit pas d’agonir sa danse mécanique.

(Rires, jurons, incompréhensibles.)

Foutu patelin où on balance les poubelles dans les jambes des poètes !

Elle(Fou rire.)

Mon poète a son compte, mon poète a son compte !

Lui(Continue à pester et ricaner.)

Ta main… là… donne ta main… Tu vois pas que j’suis dans la vaisselle !

Elle

(Elle s’efforce de relever son compagnon.)

Oh… Ouf ! et voilà !

(Un temps.)

Tu ferais mieux d’aller te coucher mon doudou !

Lui

T’as raison… allez, on rentre… Toi et moi, rien que toi et moi.

(Un temps.)

Dis, c’est loin chez toi ? Parce que je…

(Nouveau chambardement de tôle, suivi d’un flot de jurons.)

Elle

Et de deux !… Bah, ça n’a pas d’importance, tu m’as bien amusée. Tu es un brave type mon doudou ! À la prochaine escale, si j’suis toujours au Lapin bleu, j’srai gentille rien que pour toi… promis ! Mais aujourd’hui, y a trop d’poubelles !

Au dodo mon marin… au dodo mon doudou !

Lui

(Se relève péniblement. Il a de plus en plus de mal à articuler.)

Moi chuis marin, pas prom’neur ! Sur mon bateau à moi, y a pas d’trottoir… et si y a pas d’trottoir, y a pas d’poubelle ! C’est logique ça… alors forcément…

Dans la marine, princesse, on n’a jamais vu d’poubelle sul pont d’un bateau… ah ça, tu peux m’croire, le premier...