La femme d'un Dieu

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Prostituée, pécheresse, pénitente... que n’a-t-on dit de la femme qui, plus que les Apôtres, est citée dans les Évangiles ! Mariam de Magdala, bête noire de l’Église romaine, a mis deux mille ans pour rejaillir en pleine lumière, pour éclabousser le monde de son chatoiement féminin.



La trentaine passée, elle avait tout vécu : un amour fulgurant, une exaltation spirituelle, l’offense et le mépris des hommes. Elle avait secouru le prophète de tous les temps, à la barbe des légionnaires romains. Parcourant à pied ou à dos de mule la Judée en tous sens pour écouter l’ineffable. Yeshoua disparu, il ne lui restait comme les autres qu’une mission à remplir : disperser le message à la surface de la Terre.



En vérité, qu’a-t-elle fait ? Qu’a-t-elle dit ?



Ceci est un roman qui vous mènera d’Égypte en Gaule, d’Isis à Cernunos, sous la domination romaine. Ce n’est pas une pâle copie des Évangiles, c’est une vision novatrice qui défie l’Histoire. Il est des fictions qui narguent les mensonges !

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EAN13 9782374535968
Langue Français

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LA FEMME D'UN DIEU
L'histoire oubliée d'un amour impossible
Christine MACHUREAU
LES ÉDITIONS DU 38
Il faut s’abstraire des misères journalières, de ce qu’apporte le train de vie quotidien, et élever son regard vers les grands événements de l’Histoire des peuples du monde, car on trouve alors le plus sacré des biens de l’âme. Rudolf Steiner,Mythes et Mystères égyptiens, Triades Poche. 2011
À Isabelle H. mon amie qui jamais ne lira cette histoire…
PRÉAMBULE
À force de brasser des terres non labourées, nous pourrions nous fatiguer. Certains traduisent, traquent et, comme des limiers, lèvent des traces fugitives, des ombres mirifiques qui ont traversé les siècles. Nous pourrions nous lasser. Or, c’est le contraire qui se produit. Nous avons du mal à limiter nos champs de recherches. Nous ne pouvons comme le mortel commun nous dire : « On verra plus tard… » Il nous faut la piste chaude, celle qui a des relents de poussière, de gloire et de sang. Car les siècles sont peu au regard du sort de l’humanité. AinsiLa femme d’un Dieu est l’histoire d’une femme au destin bousculé, aux espérances meurtries, à la solitude profonde. Harcelée par l’incompréhension et la dérision, parce que femme, poursuivie par la rancœur, parce que savante, elle s’isole, elle se forge, elle creuse ici-bas un sillon immortel, évite les coups et ne renonce à rien. Mariam de Magdala venait de cette terre d’Égypte, confins africains d’un monde mystérieux qui ne doit sa survie qu’à son étrangeté. Je vous invite à me suivre sur les traces de Mariam, personnalité issue des Écoles de Mystères d’Alexandrie, d’éprouver dans votre cœur les doutes et les révoltes, à délaisser les fades interprétations qui conduisent toujours à l’abdication du vivant. Prostituée, putain, pécheresse, pénitente… que n’a-t-on dit de la femme, qui, plus que les Apôtres, est citée dans les Évangiles ! Mariam de Magdala, bête noire de l’Église romaine, a mis deux mille ans pour rejaillir en pleine lumière, pour éclabousser le monde de son chatoiement féminin. La trentaine passée, elle avait tout vécu : un amour fulgurant, une exaltation spirituelle, l’offense et le mépris des hommes. Elle avait secouru le prophète de tous les temps, à la barbe des légionnaires romains. Parcourant à pied, à dos de mule la Judée en tous sens pour écouter l’ineffable. Yeshoua disparu, il ne lui restait comme les autres qu’une mission à remplir : disperser le message à la surface de la Terre. Voilà une femme mûre, entièrement consacrée à une mission, la meilleure apôtre du Christ, celle à qui il disait tout, qui comprenait tout, qui part en bateau, accoste en Gaule et se claquemure trente ans dans une grotte… Tout au moins, c’est ce que l’Église de Rome enseigne. Alors que son frère Lazare devient le premier évêque de Marseille, le secrétaire Maximin devient celui d’Aix en Provence, Mariam se tiendrait recluse dans une grotte difficile d’accès ? Le contraire… Très exactement le contraire de ce qu’enseignait Yeshoua. L’Église de Rome bâillonne la mémoire de Mariam de Magdala, on la prive de parole, d’enseignement, on la rendit muette pour les siècles à venir. Elle ne peut être que repentante, pécheresse dans l’éternité… En elle se cristallisait toute la défiance de l’Église envers les femmes. Méfiance dont la société des hommes fait encore le choix. Soumise pour l’éternité ? En vérité, qu’a-t-elle fait ? Qu’a-t-elle dit ? Pourquoi fallait-il vraiment qu’elle se taise ? L’Église de Rome n’avait-elle pas, dès le premier siècle, perverti à la fois l’Histoire et le Message afin de cacher l’Incroyable ?
Ceci est un roman qui vous mènera d’Égypte en Gaule, d’Isis à Cernunnos, sous la domination romaine. Cet « Incroyable » n’est pas une pâle copie des Évangiles, c’est une vision novatrice qui défie l’Histoire. Il est des fictions qui narguent les mensonges !
Liste de personnages
Ambiorix: Gaulois, centurion de la Légion romaine, ayant fini son temps sous les armes, devenu garde personnel et interprète de Lazare, frère de Mariam de Magdala. Anna: mère de Marie, par conséquent, grand-mère de Yeshoua. Athim: jeune esclave du village Gaulois Brochmael: chef gaulois d’Autricum (Chartres). Calypso: mère de Mariam de Magdala. Cernann: chef gaulois d’un village voisin de celui d’Ambiorix. Claudia Procula: épouse de Ponce Pilate. D e ryn: compagne de geôle de Mariam de Magdala., veuve gauloise d’un Légionnaire, elle deviendra l’épouse d’Ambiorix. Dunawd :barde d’Autricum (Chartres), guide de Mariam en pays carnute, féru de philosophie plus que de musique. Eyah, Yahwé ou YHWH: même personnage, Dieu unique des Juifs. Grammar: Gaulois du village arverne. Le meilleur archer du chef Ambiorix. Hérode :héritier du royaume de Galilée. Héphraïm: père de Mariam de Magdala. Hymen: prêtresse d’Isis, premier maître de Mariam. Joseph d’Arimathie: ami de longue date de la famille de Yeshoua et d’Héphraïm. Un des premiers disciples secrets de Yeshoua. Discret, efficace, membre du Sanhédrin. Lazare: frère de Mariam, ami de Yeshoua. Ressuscité par ce dernier. Mariam de Magdala: fille d’un Juif d’Égypte elle rencontre Yeshoua dans le delta du Nil. Marquée au fer d’un amour absolu, elle lui sera plus que fidèle. Marie :mère de Yeshoua. Marthe: sœur de Lazare et de Mariam. Maximin :secrétaire de Lazare, deviendra évêque en Provence. Méloar: un des derniers Druides, survivant dans le pays d’Arverne. Assoiffé d’un pouvoir disparu. Oryx: Gaulois. Guide de Mariam en route pour le pays d’Arverne. Pollux: un des derniers Druides carnutes, très vieux et aveugle. Ponce Pilate: Procurateur de Judée, nommé par Rome. Sarahesclave d’origine nubienne donnée à Mariam de Magdala, dans son : enfance, par son père. (libre au bout de sept ans) Saül de Tarse :espion du Sanhédrin qui pourchassera les premiers chrétiens et Yeshoua avec hargne jusqu’à sa conversion sur la route de Damas. Devenu Paul à Rome, puis Saint Paul, véritable maître à penser du christianisme romain. Thomas: Apôtre fidèle qui accompagne Yeshoua sur la route de l’exil et poursuivra son chemin vers l’Inde où il effectuera de nombreuses conversions. Yeshoua: c’est le nom araméen de Jésus, l’authentique. Jésus étant sa conversion en Grec. Yoseph: Joseph en grec, père de Yeshoua.
PREMIÈRE PARTIE
ALEXANDRIE
Chapitre 1
Le monde s’était arrêté de tourner. Jérusalem venait de crucifier un prophète. La ville était calme comme elle ne l’avait plus été depuis des lustres. La culpabilité collective se partageait derrière des portes fermées. Un voile trouble et sordide couvrait la cité endeuillée. Cachée entre ses remparts, elle digérait l’innommable, l’Amour assassiné. Chez Joseph d’Arimathie, un silence de marbre plombait la cour ensoleillée. — Mariam, je t’en prie, rentre à l’abri du soleil… Ne reste pas comme ça… Joseph essuyait son front. Peau épaisse et peu ridée, brune au-dessus de sourcils noirs, il transpirait l’eau salée des larmes qui ne coulaient pas. Des quatre jours qui venaient de s’achever, il ne retenait que dégoût, peur et révolte. Debout, au milieu de cette grande cour qui, il y a une heure encore, contenait tout l’or de l’amour du monde, il mesurait leur dénuement collectif. Mais plus que tous et que toutes, Mariam de Magdala, tétanisée par l’arrachement à vif de ce qui était devenu l’ultime de sa vie, semblait proche de la folie. Joseph d’Arimathie, membre du Sanhédrin, fervent adepte de la nouvelle alliance portée par Yeshoua, mais adepte secret, agissait en cette fin d’après-midi par habitude. Trois propriétés agricoles disséminées un peu partout l’accaparaient entièrement, mais au soir de cette journée endeuillée par l’absence irrémédiable de Yeshoua, l’oint du Seigneur qui fuyait on ne sait trop où, il avait perdu le goût de vivre. Alors, Mariam, la compagne du Maître, déchirée par la crucifixion, épuisée par les risques pris pour sauver ce qui restait à sauver, sans savoir… accablée par les nécessités de sauvegarder, à la fois, le Message et l’Homme, se sentait abandonnée. Mais comment concevoir que Yeshoua put réapparaître impunément dans la gloire d’un crucifié sans être assassiné ? Fuir ? Ce n’était peut-être pas glorieux, mais comment lui demander d’être deux fois supplicié ! Car les Romains et le Sanhédrin ne pouvaient tolérer que l’on échappe à leur sentence. Thomas et Yeshoua encore pansé, étaient partis sur la route il y avait deux heures et Mariam était affalée sur le banc, la tête en plein soleil, juste habillée de sa tunique et couverte de ses cheveux auburn. Une naufragée à toute extrémité… Sur un signe de Joseph, l’intendant et le gardien la portèrent entre leurs bras robustes et la déposèrent dans la chambre que venaient de quitter Yeshoua et Thomas. Les femmes de la maison la forcèrent à boire de l’eau. En vain. La noire Sarah, ensommeillée, abrutie par les événements des derniers jours, fidèle servante de la belle Mariam, prit son tour de garde. Quelles pensées pouvaient rôder dans la tête de cette amoureuse de l’Absolu ? Quelle folie n’inventerait-elle encore pas ? Car l’idée de dépendre le crucifié avant le coucher du soleil (et même plus tôt !) était la sienne ! Au pied de cette croix d’infamie, elle comptait les instants comme autant d’éternités à abattre. Elle avait soumis son idée à Joseph d’Arimathie qui était homme à remuer ciel et terre ! Terre et ciel, mêlés sous l’orage, avaient tout assombri, cachant la fébrilité des soldats grassement payés pour se presser. Le Golgotha s’était vidé, laissant libre champ aux conspirateurs… Joseph avait été formel. Saül de Tarse traînait où on l’attendait le moins. Dans ce tombeau neuf, dans la virginité d’une mort annoncée, il voulait le moins de gens possible. Mariam était rentrée, avec Marie la mère, à Béthanie. Yeshoua était
vivant. La mort l’avait effleuré de son aile. Ses proches avaient espéré si fort, si efficacement qu’il quittait en ce moment même une terre qui le rejetait. D’autres 1 horizons l’attendaient. Étreinte par une angoisse mortelle, elle ne dormait plus depuis trois jours. Dans ce lit, le dernier de Yeshoua chez Joseph, elle cherchait en vain le repos. Les yeux fermés, l’écran noir de ses pensées était traversé d’éclairs brillants, d’images incandescentes, de traînées de sang, de coups de fouets et de hurlements. Le grincement de la croix halée sur la voie romaine vrillait sa conscience jusqu’à l’obsession. Qui pouvait la sortir de cette aliénation onirique ? Comment tout cela avait-il commencé ? À plat dos, les bras le long du corps, elle fixait de ses yeux morts les poutres dorées du plafond. Elle cherchait dans sa mémoire brouillée des lambeaux de souvenirs, des éclairs d’espoir, des traces de bonheur. En Égypte. Pourquoi en Égypte ? Parce que c’est là où tout a débuté. Parce que cette terre seule pouvait transcender 2 l’enchaînement des événements. Dernier refuge des envoyés du Dieu Eyah , quand les hommes pouvaient encore parler avec les dieux. Alors Yeshoua était venu et son âme s’était embrasée comme seule pouvait le faire l’âme féminine. Le processus s’était emballé comme les chevaux d’un pharaon tombé des cieux. Mais comment ne pas invoquer une prédestination ? Un rouage étudié ? Une finalité programmée ? Ni elle ni Yeshoua ne pouvaient échapper à ce faisceau de contingences qui, aveuglément, tout au moins pour elle, les menait à la mort dans l’hypothétique renaissance auprès d’un Dieu paternel ? Par Isis ! Elle allait blasphémer ! La douleur l’égarait. Comment supporter l’insupportable sans l’aide de ce Dieu intérieur qui donne toute puissance, mais d’abord, toute possibilité ? Il fallait qu’elle se rappelle, qu’elle se souvienne, qu’elle amène à la surface de son esprit troublé tel un mercure irisé battu par la brise, le cheminement… Elle ferma les yeux. Sarah glissa silencieusement dans l’entrebâillement de la porte. Sarah, c’était la servante, l’amie depuis ses huit ans. 3 Quand le père de Mariam l’avait ramenée à la maison de Magdala dans le delta du Nil, Sarah était à peine pubère. Nubienne à la peau sombre presque bleue à force d’être noire, grande et souple comme un roseau, elle allongeait un cou à la Néfertiti. Si on pouvait lui attribuer une qualité, c’était celle d’être silencieuse. Les traits fins et hiératiques lui donnaient des allures de princesse. Au bout des sept ans rituels où sa liberté devait lui être proposée, elle avait relevé le menton pour annoncer : « La liberté ? Pour quoi faire ? » Sarah faisait partie de la famille. Elle n’avait jamais quitté Mariam. — Tu dors, Mariam? La femme ouvrit les yeux. — Non, Sarah, je me souviens… Apporte-moi de l’eau… Rassurée sur l’état d’esprit de sa maîtresse, Sarah s’effaça. Mariam ne l’entendit pas revenir avec une cruche humide et fraîche. Mariam était à Magdala dans la chaleur qui fatiguait les moustiques. Ils reviendraient le soir, à l’heure des cassolettes d’encens et d’herbes qui les indisposeraient. C’est pour cette raison que sa mère avait insisté pour qu’ils
déménagent et s’installent à Alexandrie. Les moustiques ? Oui, mais surtout, il y avait toute sa famille qui vivait dans l’opulence et l’insouciance alexandrine. Alexandrie, c’était le mirage au bord de l’Afrique, le souvenir ineffaçable d’un Alexandre le Grec côtoyant les Dieux, une bibliothèque qui rassemblait tout le savoir du monde, mille fois brûlée, mille fois pillée, renaissant de ses cendres comme un Phénix, des boutiques incroyables regorgeant de marchandises toutes plus étranges les unes que les autres, des bateaux venant d’un Ponant éloigné, ayant franchi les colonnes d’Hercule jusqu’aux univers glacés, des voyageurs tombant dans un port comme s’ils dérivaient de planète en planète… Des bijoux, des robes, des meubles d’ébène ou d’acajou, des cargaisons de cèdres du Liban, de l’encens qui remontait le Nil par plaques translucides, le sel qui séchaient les poissons, et surtout, sous couvert du secret, l’or, issu des lointaines mines du sud de l’Afrique, celles dont Salomon n’avait pas révélé l’emplacement, et qui pour les initiés avait le parfum du miracle. Son père avait parlé d’Héliopolis, plus distinguée, plus calme, plus raffinée ? Trop perdue dans les sables pour sa mère. Alexandrie repoussait Jérusalem dans la catégorie des bourgs de province à peine bons pour les Romains. Ici, on vivait dans le monde des Ptolémée. Un souvenir lointain, ils avaient disparu du théâtre de l’Histoire voici plus de trente ans.