La mort frappe au troisième rappel

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Description

L’inspecteur Martin est chargé d’une affaire d’État : retrouver des documents secrets volés au domicile d’un diplomate.


La principale suspecte, l’ancienne maîtresse du notable, une actrice de théâtre.


Le policier et son ami, le journaliste Bill DISLEY, se rendent à la représentation de la pièce à succès dont la jeune femme est la vedette, mais lors du troisième rappel un coup de feu éclate...


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EAN13 9782373477177
Langue Français

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AVANT-PROPOS
Pour ceux de nos lecteurs qui ne se seraient pas familiarisés avecBILL DISLEY et son existence trépidante de journaliste détective, nous rappelons que notre sympathique héros est le plus brillant reporter au« Star Express », grand quotidien londonien dontBOB, dit « le Gros Bob », est rédacteur en chef. L'habituel comparse de Bill estJEFF, ancien pickpocket notoire, géant à la compréhension lente, mais à la « droite » impeccable, dévoué corps et âme au journaliste qui le tira autrefois d'un mauvais pas. L'inspecteurMARTINdans la plupart des est, enquêtes, mêlé aux agissements de Bill. C'est un petit homme ponctuel, bourgeois et sévère, qui professe une grande amitié et une sorte d'admiration pour Bill, bien qu'il soit souvent heurté par la désinvolture avec laquelle notre reporter traite Scotland Yard, ses œuvres et ses pompes.
J.-A. FLANIGHAM.
I
Secret d'État
Le maintien guindé, froid, compassé et un tantinet solennel de l'homme qui faisait face à l'inspecteur Martin évoquait le magi strat ou l'homme d'État.
D'aucuns auraient pu dire : diplomate.
L'inspecteur Martin observait un silence prudent et l'homme, regard froncé vers un quelconque point du plancher, ne disait éga lement rien.
L'homme releva enfin la tête, lentement, plongea se s yeux sombres dans le clair regard d'aigue-marine de l'inspecteur et, d'u ne voix incisive, questionna :
— Il faut agir, inspecteur !
L'inspecteur Martin approuva d'un respectueux signe de tête, se leva et la déférence avec laquelle il répondit :«Nous allons faire l'essentiel, sir Maugham ! »indiquait nettement que le visiteur était de marqu e.
— L'essentiel..., l'essentiel, grommela sir Maugham , laissant sous-entendre que cet essentiel-là était loin de la promptitude q u'il désirait dans l'action.
Martin comprit ce qui se passait dans l'esprit de l 'homme et, dans un sourire ennuyé, fit remarquer :
— Nous n'avons pas de preuves, sir ! Rien que des s uspicions...
— Des suspicions aussi fortes que des réalités ! fi t dédaigneusement remarquer l'homme.
— Me permettrez-vous de dire, sir, qu'en tant que v ictime, vous êtes en droit d'avoir une opinion toute personnelle et réelle, je n'en doute pas, sur l'affaire, mais que la police ne saurait se contenter des indi cations que vous nous fournissez ?
Sir Maugham faillit se départir de son flegme brita nnique, de son attitude soigneusement étudiée d'homme du monde, mais il se retint, et son excitation se traduisit par un bref haut-le-corps et par un cr escendo dans la voix pour rétorquer :
— Il y va d'un secret d'État, inspecteur, et l'enve loppe qui m'a été dérobée contenait des indications de tout premier ordre ! M e croiriez-vous si j'insistais en disant que la sécurité de l'État pourrait être ébra nlée par la divulgation de ces papiers à certaines puissances étrangères ?
Martin inclina respectueusement la tête :
— Je vous crois, sir !
Puis il se leva, signalant par là qu'il considérait la conversation close et, se penchant vers sir Maugham :
— J'entrerai en action dès ce soir, sir !
Il eut un bref regard vers les notes prises durant son entretien avec l'homme d'État — c'était décidément un homme d'État — et ajouta :
— C'est bien à dix-neuf heures que le capitaine Bro wn, de l'Intelligence Service, m'attendra ?
— C'est bien à dix-neuf heures !
Sir Maugham s'était levé, eut une brève inclinaison vers le policier :
— Dois-je vous souhaiter bonne chance ?
Martin eut un imperceptible sourire :
— La chance n'est jamais à dédaigner pour nous autr es, éternels jouteurs en butte au hasard, cet étrange Dieu...
Sir Maugham tendit sa main à l'Inspecteur, une main aristocratique et soignée.
Martin le regarda partir avec des yeux soucieux.
L'affaire était d'importance !
La nuit précédente, il avait été dérobé à sir Maugh am une enveloppe secrète que le diplomate avait emportée duForeign Office afin d'étudier les papiers qu'elle renfermait. Le diplomate avait reçu , ce soir-là, la visite de quelques amis et avait remis au lendemain matin l'é tude de ces papiers... pour s'apercevoir, au petit jour, que l'enveloppe avait été dérobée.
Martin tapota nerveusement son bureau du bout des d oigts, eut un regard vague pour le calendrier qui, en lettres rouges sur fond noir, indiquait qu'on était aujourd'hui le 21 mars.
Le policier murmura en aparté :« Le printemps commence bien ! », puis, après avoir visiblement hésité, il attira vers lui l'appareil téléphonique, fit un numéro, attendit, toujours impatiemment, en jouant de ses doigts effilés, sur le rebord de la table, puis, après un soupir de soulag ement, questionna :
— Allô ! Bill, c'est vous, vieille chose !
Un grommellement d'acquiescement lui répondit à l'a utre bout du fil, suivi d'un :
— Qu'est-ce que vous voulez, vieille patate ? assez vaseux.
— Vous êtes souffrant ?
— Pour plus de précisions, je vous avouerai que je souffre actuellement
d'une imperceptible gueule de bois !
— Imperceptible est joli ! Vous fîtes quelques menu s excès nuitamment ?
— Je fis, oui ! Pour les besoins de la cause, comme toujours ! Je croyais être sur la piste d'une espèce de crapule filée par mon inséparable frère d'armes et moi-même. Je rêvais déjà d'un article sensationn el dans lequel j'aurais vilipendé Scotland Yard en démontrant que le plus h abile journaliste du Royaume-Uni avait réussi à lui seul la capture d'un bandit notoire... et le type m'a filé sous le nez... De désespoir, j'ai plongé l e mien dans une bouteille de whisky jusqu'à ce que l'oubli vienne !
— J'ai toujours pensé, Bill, que vous étiez un mauv ais garçon !
— Si c'est pour ce genre de constatations que vous me téléphonez, j'aime autant vous dire tout de suite que vos sarcasmes me laissent indifférent. Je prendrai tout juste le temps de raccrocher, sans co mmentaires !
— Écoutez-moi, imbécile ! Je vous invite à m'accomp agner ce soir. Je vais au théâtre avec le capitaine Brown, de l'I.S., et n ous serions heureux que vous nous accompagniez.
Bill poussa un véritable rugissement à l'appareil :
— Qu'est-ce que ça signifie, Martin, mon amour ? Vo us êtes sur une piste ? Où allons-nous ? Que se passe-t-il ?
— Pas tant de questions, Bill ! Soyez à vingt heure s dans le hall de l'Empire, nous nous y retrouverons !
— L'Empire ! s'exclama Bill, mais on y joue« Soir à Venise »Gracie avec Tiron, c'est une pièce formidable ! Vous ne l'avez pas encore vue ?
— Non ! fit Martin d'une voix suave, et imaginez-vo us qu'actuellement je parfais ma culture mondaine et théâtrale !
— Sinistre menteur ! grogna Bill, je sais que vous n'êtes pas friand de ce genre de distractions, vous feriez mieux de me dire tout de suite de quoi il retourne !
— À ce soir, Bill !
Martin raccrocha.
Dans son bureau du« Star », Bill, regard fixe, posa le récepteur. Il se gratt a d'un index énergique la tempe droite, examina d'un œil critique son pied gauche, en équilibre sur son bureau, aux côtés de l'encrier , se leva d'un bond, fit claquer la porte, se retrouva quelques instants plus tard d ans le bureau de son...