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La muselière

De
171 pages
Suspense, atmosphère envoûtante d'un univers particulier: "La Muselière" est un roman de poésie criminelle. La crainte des personnages d'être manipulés les uns par les autres fait sourdre, chez le lecteur, la jouissance à manier un scalpel qui incise leur poignant lyrisme sur fond noir, les hantises de leur chair enfermée, leurs inquiétantes passions carcérales... jusqu'au coup de théâtre. Le noeud coulant se resserre, empêchant une jeune détenue de murmurer à Ralph, héros ténébreux: "la solitude, c'est être en prison pour toi, sans toi", au terme d'une impitoyable fouille psychologique, traquant la songerie pour s'assurer qu'il n'est pas resté un peu de rêve, passé en contrebande.
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La museliŁreLaurence Villani
La museliŁre
ROMAN' manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-0171-5 (pourlefichiernumØrique)
ISBN: 2-0170-7 (pour le livreimprimØ)Avertissement del Øditeur
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5bis, rue de lA’ sile Popincourt
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contact@manuscrit.comLa museliŁre' manuscrit.com, 20012001
ISBN: 2-7481-0171-5 (pourlefichiernumØrique)
ISBN: 2-0170-7 (pour le livreimprimØ)Laurence Villani
La museliŁre
ROMANOUVERTURE
Elle a parlØ tout haut. Personne ne peut l’en-
tendre. Les cris frappent à toutes les portes mais
ils ne peuvent frayer un chemin à sa voix. Chaque
nuit,lescrissemblentprŁsdefaireØclaterlaprison:
lesdØtenuspossŁdentdansleurgorgel armequidØ-
chire le cerveau des surveillants. Sa complainte de
la solitude ne lui fait pas oublier qu elle va bient t,
elle aussi, grossir ce tourbillon de hurlements. Elle
est incarcØrØe et communie par le miracle noir de
l’insulte nocturne, comme s il pouvait dissoudre les
mursd enceinte. AucunemuseliŁre,songe-t-elle,ne
peutØtouffercettemorsuredeladØtressequinelais-
sera subsister que quelques lambeaux de silence, au
petit matin.
AucunemuseliŁre,pasmŒmecelledontunvillage
cruel, celui de son enfance, affubla « le chien du
Docteur »
Laprison: desmurshurlantscommes ilsØtaient
couverts desang,desmursqui aboient leurhaine
« Le chien du Docteur » ses aboiements la rØ-
veillaientlanuit,lorsqu elleavaitcinqans. «Muse-
liŁre »futlepremier mot qu elle sut prononcersans
dØformationenfantine. SamŁreauraitprØfØrØluien-
tendre murmurer plus souvent un « Maman » affec-
tueux, « comme tout le monde », mais elle n Øtait
pasnØe«commetoutlemonde». «C estlechiendu
11La museliŁre
Docteurquit afaitna tre »: samŁreleluirØpØtait,
enhochantlatŒte. Octavie,ah,leprØnomqu ellesu-
bissait! -, voyait, dansle chien,un personnage plus
important que le docteur puisqu il avait fait na tre
l enfant qu elle Øtait en mordant dans la chair vive
du « pas encore », disait sa mŁre, pour en arracher
un morceau Et ce morceau, c Øtait elle, Octavie.
Voil . Et le chien l’appelait, la nuit Sa mŁre ne
voulait pas qu elle crßt pareilles choses mais, aprŁs
tout, elle aurait dß s exprimer autrement. « C est le
chien du Docteur qui t a fait na tre » : plusieurs in-
terprØtationsselonlamaniŁredecouperlaphraseen
faisant porter l accent :
«[C’estlechien]duDocteurquit afaitna tre»;
oubien: «[C estlechienduDocteur]quit afait
na tre ».
OctavienepercevaitquelasecondepossibilitØ
Elle a, depuis longtemps, abrØgØ son nom en
O pour lui donner une allure irlandaise et rappe-
ler « Histoire d O ». En prison, cela aurait pu
faire songer au terrorisme avec quelque rØputation
Ørotico-sulfureuse Maisnon,la«dØtention»(sur-
veillants et incarcØrØs) est aussi pot-au-feu qu une
mØnagŁre de province
Sa mŁre aussi Øtait une mØnagŁre de province,
mais pas « comme tout le monde ». Une histoire
compliquØe, d aboiements et de fureur. Elle-mŒme,
O , a eu toutes les peines du monde pour la tirer
au clair. Difficile que d Œtre considØrØ soi-mŒme
comme une sophistication scientifique en charriant
l obscurantisme de l enfant-loup
Enseparlantainsi,ellefaitdesphrasestropcom-
pliquØes. Ses codØtenues la prennent pour une in-
tellectuelle. En fait, elle pourrait se contenter d un
gracieuxdiminutifquirimeavec«midinette»: «fi-
vette », puisqu elle est le fruit d’une fØcondation in
12Laurence Villani
vitro. «C estlechienduDocteurquit afaitna tre»:
ce n’Øtait pas de la gueule de l animal muselØ que
s’Øchappaient les embryons ; il devait simplement
monter la garde auprŁs des Øprouvettes… Plus tard,
sa mŁre s exprima autrement : « Le Docteur-au-
chien est un bon praticien, comme ils disent, mais
nous devons consulter le Docteur-au-chat… ». Sin-
gulierretournement: desexpressionspuØrilesconti-
nuaient de peupler le langage de sa mŁre à l Øpoque
encore oø O , adolescente, aurait pu comprendre un
discours moins bŒtifiant. La niaiserie avait surgi
chezcettefemme,telleunemaladieinfantiletardive-
mentcontractØe. Cela,parcequ elleavaitpeur,peur
duvillageoørØgnaitle«Docteur-au-chat»Ellepar-
lait comme un enfant pour les attendrir…
O necherchepasàamadouerl administrationpØ-
nitentiaire qui, dans quatre mois, va statuer sur son
sort.
IlluifautprotØgerceluiauquels adressaitlacan-
tilŁne de la solitude que jamais il n entendra.
Ils appelleRalph. ElleserØpŁtecenom. Ilestsa
lumiŁre.
Ralph
13PREMIERE PARTIE1
Octavie Quarteret, dite O avait dØcidØ de prØpa-
rer l entretien qui pouvait lui valoir une libØration
anticipØe. Pour ce faire, telle une ma tresse de mai-
son craignant d’Œtre surprise en plein dØsordre alors
que les invitØs doivent arriver pour le d ner, elle de-
vait faire le mØnage à toute allure. Faire le mØnage
dans sa tŒte. Il fallait vite dØtruire ce que personne
ne devait savoir. Mais la ma tresse de maison est
comme prise au piŁge. Trop tard pour sortir et je-
terlesordures Lesvoisinesrisqueraientdelavoir.
Il n y a d autre solution que de masquer le dØsordre
en utilisant les placards. Octavie Quarteret dispose
seulement de quatre mois pour ouvrir et fermer les
placards que recŁle toute cervelle humaine, afin d y
ranger souvenirs, espØrances et secrets. Il lui faut
faire l inventaire de ce qu elle sait pour le dissimu-
ler «ceuxqui».
Maisavantdepenserà«eux»,elledoitpeserles
consØquencesdesongeste: l envoid unelettrechif-
frØe à Louise Thelmar, premiŁre surveillante. Com-
mentenest-ellearrivØeàcouriruntelrisque? Dans
cette missive, elle se met en scŁne sur le mode du
conte. ProcØder mØthodiquement, se reflØter dans
un monologue intØrieur à la troisiŁme personne et
aupassØ(«O redoutait »)poursaisirl imageque
d’autres peuvent avoir d elle : elle a dØcidØ de se
17