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La Perle de Noé (Tome 1)

De
324 pages
Océane a 18 ans. C’est l’âge de tous les espoirs pour une jeune fille belge venant d’obtenir son diplôme d’humanités. Elle a enfin la possibilité de prendre une revanche sur le destin qui ne lui a pas permis de vivre une adolescence paisible, mais rien ne se passe comme prévu. Pour chasser le passé et penser au futur, Océane fuit vers un autre monde. Un monde en pleine nature, où elle trouve des valeurs telle que l’amitié, l’amour, le calme et la liberté… Histoire qui aurait pu être banale, s’il n’y avait pas ses rêves, ces e-mails et cette légende…
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ROMAN









Le Manuscrit
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© Éditions Le Manuscrit, 2004
20, rue des Petits Champs
75002 Paris
Téléphone : 08 90 71 10 18
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-6157-2
ISBN : 2-7481-6156-4





A mon premier fils : Jonathan, ...




JOËL SAMELSON

LE JEUDI 26 JUIN 2003.
J’ai enfin terminé le lycée, l’avenir m’appartient à présent ! La
semaine prochaine, je m’inscris à l’université en fac de biologie.
Allez, Une petite visite à Maman et puis fêter cela avec Papa !
Voilà c’est l’arrêt suivant, combien de fois suis-je venue ici en 5 ans ?
Oh ma petite Maman, que j’espère que tu seras fière de ta fille !
C’est un jour de fête aujourd’hui, je vais lui offrir un iris, elle
adore cette fleur. Zut ! Un enterrement, je ne serais pas seule avec
Maman.
Océane resta un bon moment sur la tombe de sa maman.
Elle lui raconta sa dernière journée d’école, sa joie de
pouvoir aller s’inscrire à l’université pour devenir
biologiste. Elle lui confia qu’elle était toujours bien
consciente de la difficulté financière actuelle, mais Papa
lui avait promis que cela s’arrangerait enfin. A son tour,
elle lui promit de trouver, comme chaque année, un job
de vacances.
Océane eut 13 ans de bonheur avant que le décès de sa
mère ne la fasse sortir de l’enfance. Elle passa son
adolescence à s’occuper du ménage. Ce qui la priva d’une
partie des activités réservées aux filles de son âge. Bien sûr,
il lui restait son père. Mais celui-ci fit le mois suivant le
décès, une dépression qui lui fit perdre son travail.
Les cinq années qui transforment les petites filles en
adulte, ont aussi forgé le caractère d’Océane.
Pragmatique et impulsive sont ses meilleurs qualificatifs.
Parfois elle aurait voulu être comme Anaïs sa copine,
complètement lunatique et profiteuse de la vie.
Océane n’est pas malheureuse pour autant, car si
l’argent manque, ses rêves sont toujours là pour colorer
11 LA PERLE DE NOE
sa vie. Lorsqu’un huissier vient couper l’électricité, elle
transforme l’événement en un voyage dans le temps et
èmeréinvente la vie au 19 siècle. Une expulsion les oblige
à trouver un nouveau logement, elle part à la conquête
d’un nouveau monde.
Cela fait seulement dix mois que son père a un nouvel
emploi. Son salaire est juste suffisant pour vivre mais
pas encore pour rembourser les trop nombreuses dettes.
Par contre, son nouveau métier de représentant ne lui
permet pas d’être souvent présent à la maison.
Ce soir au diable les dettes, c’est jour de fête ! Je passe chercher des
scampi à l’ail. Il adore ça. Ensuite, une salade avec des tomates et
du thon. Et comme dessert, je vais lui prendre une boule de
Berlin.
Après sa visite au cimetière, elle se rendit au magasin,
où elle fit ses courses pour le repas du soir. Elle s’arrêta
également aux valves des offres d’emploi.
Vers 17h, Océane était de retour chez elle.
L’appartement familial n’était pas grand mais nettement
plus confortable que les logements précédents : un petit
salon faisant également office de salle à manger, une
cuisine, une salle de douche, la chambre de son père et
la sienne.
Les courses sont vite rangées. Les quelques tâches
ménagères lui prennent 2 heures de son avant soirée.
19h, Papa ne va plus tarder. Je vais déjà dresser la table.
Ensuite, je prendrai une douche et mettrai une belle robe. Il m’a
toujours dit que je pouvais prendre une robe de Maman, mais je
ne pourrais jamais.
En ouvrant sa garde-robe, elle regarda la photo de sa
maman. Elles sont vraiment différentes. Sa maman était
12 JOËL SAMELSON

grande, près d’un mètre quatre-vingt et blonde. Océane
est plus petite, un mètre soixante-quatre, elle a les
cheveux noirs de son père. Leur seul point commun est
ce formidable regard porté par leurs yeux verts.
La jeune demoiselle choisit sa robe bleue.
19h40, Papa n’est toujours pas là ! Je l’appelle ou je ne l’appelle
pas. Il va encore me répondre « je suis presque arrivé mon
Coquillage, tu as encore payé une communication pour rien. » Pff
quand je pense à Anaïs qui est toujours pendue à son Gsm. Il est
vrai que ce n’est pas elle qui paye la note.
Océane essaya de cacher son inquiétude en regardant les
infos. Le journal ne montrait que des horreurs, une
guerre au Moyen Orient et une autre en Afrique, une
inondation en Asie, un scandale aux Etats-Unis…
Et dans notre pays, ce n’est pas mieux ! Encore une société qui
ferme avec ces centaines de travailleurs au chômage…toujours les
mêmes choses, je coupe le son ! Il ne peut pas y avoir un sujet
joyeux : ‘On vient de trouver le remède contre le sida’, ‘La
malaria éradiquée de la planète’, ‘une nouvelle source d’énergie
non polluante est mise au point, elle est inépuisable et quasi
gratuite’…
Et voilà encore un accident, un camion a traversé les trois bandes de
l’autoroute et a démoli toutes les voitures qui roulaient près de lui.
Eh ! Mais c’est sur la route de Papa. La télécommande… le son !
On interroge un policier, « .. Trois morts, douze blessés
c’est le bilan provisoire de cet accident. Le camion, trop
lourdement chargé, a perdu le contrôle de son véhicule,
et la masse de son chargement l’a entraîné…. »
Là ! C’est la même voiture que celle de Papa !! Elle est toute
démolie. Oh mon Dieu c’est sa plaque ! Le téléphone…Je n’arrive
pas à faire son numéro, calme-toi ! Oh non ! Le répondeur ! Je
13 LA PERLE DE NOE
dois aller sur place… Mais où a eu lieu exactement cet accident ?
Zut le sujet est terminé, on parle de sport. Je téléphone à Anaïs,
elle pourra peut-être m’aider.
« Allô, ah Océane c’est toi ! J’allais t’appeler. Je pars
deux mois en vacances avec Thierry ! Il est avec sa
voiture au coin de la rue. Mes parents sont fous de rage
mais je m’en tape. Je viens de terminer mon sac et je me
casse… Et tu sais quoi ? Je n’ai pas pris une seule
culotte. C’est une surprise pour Thierry ! Je te laisse,
mon père arrive en braillant, je vais devoir sortir par la
fenêtre. Ah, au fait, je ne prends pas mon G, je ne veux
pas que mon père me fasse suivre. Je t’enverrai des
cartes postales ! Salut ma Puce. »
Une tonalité remplaça la voix de sa copine.
Je n’ai pas pu placer un mot ! Qui peut m’aider ? Je vais aller
jusqu’au commissariat. Oh Papa, pourquoi tu n’as pas demandé
que l’on m’appelle ? Tu dois être gravement blessé. Non ! Je ne
veux pas imaginer que tu sois mort. Ne me laisse pas toute seule !
Papa je t’aime. Reste avec moi !
Océane arriva au commissariat, et s’adressa au policier
de garde. Elle lui demanda comment contacter le centre
de crise qui s’occupe de l’accident que l’on a vu à la TV.
Le policier est une jeune recrue, il n’est pas encore
complètement rongé par le système. Bien que la
demande de son interlocutrice soit presque
incompréhensible, il comprit le désarroi d’Océane et
appela le PC route.
« L’accident a eu lieu à Namur dans la descente de
Loyers » lui annonça-t-il et nota un autre numéro. Il
appela l’hôpital, après trois interlocuteurs différents, il
eut une personne qui s’occupait des blessés. « Il n’est
14 JOËL SAMELSON

pas dans la liste des blessés » dit-il en raccrochant.
Océane ne vit pas que le jeune homme était en train
d’appeler la morgue, elle avait déjà compris.
Papa ! Oh mon Papa tu n’es plus là. Maman, je suis toute seule,
Papa te rejoint. Oh ma tête, je vais exploser. J’ai froid. Que vient
de dire le policier ? Il répète « désolé, mademoiselle, votre père est
parmi les victimes, il se trouve à la morgue. » Je dois sortir, je dois
aller le voir. Elle est où cette porte, elle est où cette morgue,
comment je vais y aller moi ! Oh j’ai la tête lourde…
« Mademoiselle, ça va ? Et attendez, vous êtes toute
pâle ! Ne sortez pas comme cela. » Le policier rattrapa
Océane. Il lui prit le bras et l’accompagna jusqu’à une
chaise. Il la fit asseoir et demanda : « Vous voulez boire
quelque chose ? »
Océane demanda un verre d’eau. Il se précipita à la
fontaine et lui ramena un gobelet. Océane pleurait
doucement, sans bruit. Il ne savait pas quoi dire. Il
bredouilla « Vous voulez que j’appelle quelqu’un… »
Quelqu’un ! Il n’y a plus personne autour de moi…Papa est
mort, Maman est morte. Je n’ai ni petit ami, ni frère ou sœur. Je
n’ai plus mes grands-parents, aucun oncle ou tante. Et Papa qui
lors de sa dépression, a coupé les ponts avec tout le monde… Ma
copine vient de se casser… Je suis seule au monde !!
15 LA PERLE DE NOE
16 JOËL SAMELSON

UNE AUTRE VIE QUE PREVUE.
Océane remercia le policier et rentra chez elle. Sur la
route elle vit une petite fille avec ses parents sortir d’un
resto. Les larmes lui cachèrent à nouveau la vue. La
soirée était calme, le soleil était encore là mais il ne
chauffait plus. Le cœur d’Océane était glacé. Lorsqu’elle
monta l’escalier, elle eut un sursaut, il y avait du bruit
dans l’appartement. Elle ouvrit la porte avec un
immense espoir. Mais ce n’était que la télévision : elle
avait oublié de l’éteindre. Elle vit la table dressée pour
un repas qui n’aura jamais lieu. Elle fondit à nouveau en
larme. Papa ne fêtera pas la fin de ses études. Il ne
fêtera plus rien.
Vers 1 heure, Océane s’endormit dans ses pleurs. Son
sommeil était rempli de cauchemars. Au petit matin, elle
se réveilla en sursaut.
Papa ! Non je n’ai pas rêvé, le cauchemar est réel. Oh mon Dieu
que vais-je faire ? Comment vais-je aller voir Papa ? Comment
organise-t-on un enterrement ? Comment vais-je payer cela ?
Comment vais-je vivre maintenant ? Maman et Papa vous êtes
ensemble maintenant, pourquoi m’avez vous laissé seule ? Et si je
venais vous rejoindre ! Je suis folle, avoir une idée pareille, mais
c’est peut-être la solution après tout. Je saute d’un pont. Je prends
une boîte de somnifères, et je me réveille dans les bras de Papa et
de Maman.
Océane sortit de sa chambre, entra dans la toilette et
ouvrit la pharmacie. Personne ne prenait de somnifère,
il n’y avait aucune raison d’en trouver. Elle emporta de
l’aspirine. Elle prit un verre d’eau et avala un cachet.
Elle se regarda dans le miroir, elle vit qu’elle avait
toujours sa robe bleue. Elle se déshabilla et prit une
douche. L’eau la calma et cacha ses larmes. Elle se sécha
17 LA PERLE DE NOE
et sortit vers sa chambre. Elle ouvrit son armoire, et eut
un timide sourire en prenant ses sous-vêtements.
Anaïs ! Où es-tu ma ‘sans culotte’ ? Pourquoi n’es-tu pas là ?
Que vais-je faire maintenant ? Je dois voir Papa, elle est où cette
morgue ? Le téléphone sonne !
« Allô ?… Oui c’est bien ici, Non je suis seule
madame… Non ma mère n’est pas sortie, elle est
décédée. » C’est la morgue qui me téléphone, la dame est
embarrassée, elle ne sait pas comment m’annoncer la mort de mon
père. « Madame, je sais déjà que Papa est mort, je suis
passé au commissariat hier. »
L’interlocutrice d’Océane lui expliqua qu’ils ont eu du
mal à trouver comment la joindre et c’est pour cette
raison qu’ils ne la préviennent que maintenant.
« Je comprends… ne vous inquiétez pas pour cela, je
suis au courant maintenant. Pouvez-vous m’aider ?
Comment puis-je faire pour aller voir mon Père ? » Du
papier pour noter l’adresse… Voilà c’est à Namur « Madame
pouvez-vous me dire si c’est près de la gare ? … Bien
non, je n’ai personne pour me conduire…Ah il faudra
prendre un bus… Merci madame, au revoir. »
Bon, je sais déjà où se trouve Papa ! Je pars le voir
…Minute….Il faut que je me calme. Rien ne sert de courir
jusque là bas, Papa ne reviendra pas, même si je me précipite. Je
n’ai rien mangé depuis hier midi, il faut que je prenne des forces.
Je sens que la journée va être dure…
Océane se prépara un bol de céréales. Pendant son
repas, elle avala plus de larmes que de céréales. Mais ce
temps, lui permit de faire le point. Elle vérifia, entre
autre, l’argent qui lui restait dans son porte-monnaie :
8 € 30.
18 JOËL SAMELSON

Ce n’est vraiment pas beaucoup. J’espère que ce sera suffisant pour
le voyage. Dans le cas contraire, je demanderai sur place s’ils ne
peuvent pas m’aider.
Ensuite, Océane se rendit à la gare à pied, car elle ne
voulait pas s’enfermer dans un bus. Ne connaissant pas
les horaires des trains, elle dut attendre 20 minutes. Elle
en profita pour lire un journal abandonné sur un banc.
On parlait de l’accident.
Elle apprit que le conducteur avait avoué que son
camion était trop chargé, mais se défendit en prétextant
qu’un autre camion l’avait forcé à le dépasser en
essayant de le bloquer. Les assurances des deux
compagnies ont signalé que ce sera au tribunal de
trancher. L’article se terminait en concluant que tout
cela ne facilitera pas le dédommagement aux victimes.
La jeune fille était bouleversée par tant de mesquineries.
Pourquoi ne peut-on jamais reconnaître ses tords ? Elle
finit par remettre le journal où elle l’avait trouvé et se
dirigea à un guichet pour acheter son billet.
« Un aller simple pour Namur, tarif jeune… 3€80 ? S’il
vous plaît. »
J’espère que quelqu’un pourra me reconduire. Oh Papa je n’ai
plus d’argent. Tu sais ce que c’est la fin du mois. C’est vrai que
normalement ton salaire devrait arriver. Il faudrait que j’appelle
ton patron. Il pourrait au moins me passer ton salaire en
attendant que l’assurance intervienne.
Ah voilà le train, ouf il n’y a pas trop de monde…. Cette voiture
me semble calme…. Voilà ici, dans le sens de la marche, côté
gauche que je ne croise pas de train. Déjà petite, j’avais peur
lorsqu’un train croisait le mien. Maman rigolait lorsque je me
blottissais dans ses bras. « Mais ce n‘est rien mon Coquillage, tu
19 LA PERLE DE NOE
sais bien qu’ils ne peuvent pas se cogner. » Je me souviens, la
dernière fois que j’ai pris le train avec Maman, nous étions allés à
la mer. Il y avait beaucoup de monde. Lors du trajet de retour, je
m’étais assise tout contre elle. J’entendais son cœur faire toc-toc en
cadence avec les roues du train. Deux mois plus tard, ce cœur
s’arrêta de battre dans la piscine municipale.
Aujourd’hui le train fait aussi toc-toc. Que c’est reposant ce
rythme ! Oh voilà Maman qui me sourit et Papa qui la rejoint. Il
y a longtemps qu’ils ne s’étaient plus embrassés. Ils se tiennent
enlacés. Maman m’envoie un baiser. C’est bon de les revoir
ensemble heureux. Papa tend le bras et touche mon épaule…
« Votre billet SVP ! »
Océane ouvrit les yeux : Le contrôleur lui secouait
légèrement l’épaule. Au début triste de quitter ses
parents, mais amusée de la situation elle sourit en
tendant son billet.
« Merci mademoiselle, et désolé de vous avoir réveillé. »
Le trajet se poursuivit jusqu’à Namur sans qu’Océane
ne s'assoupisse à nouveau. A Namur, elle avait du mal à
réaliser qu’elle devait se rendre à la morgue. Elle se
dirigea vers la sortie. Elle demanda son chemin à un
employé qui ne sût l’aider. Elle sortit de la gare, trouva
un chauffeur de taxi qui lui indiqua la rue. Celui-ci lui
signala que c’était loin. Elle lui répondit qu’elle ne
pouvait malheureusement pas lui demander de la
conduire car elle n’avait pas d’argent pour payer sa
course. Il haussa les épaules et ferma sa fenêtre.
C’est vrai que c’est long à pied, en plus si personne ne me
reconduit, je devrais choisir entre manger et payer mon train,
même payer un bus serait de trop…. Ouf c’est plus qu’à 100 m.
Oh non il y a la presse ! Je vais entrer discrètement. Ouf le
20 JOËL SAMELSON

journaliste ne photographie que les enfants et les gens qui
pleurent : Les images de malheur se vendent mieux.
Que de monde ! Qui va pouvoir m’aider ? Ah une dame seule
derrière son bureau.
« Bonjour, excusez-moi de vous déranger. Je voudrais
voir mon père : Claude Goldstein. »
La dame leva immédiatement la tête et lui fit un sourire
compatissant. « Bonjour, mademoiselle. Je suis Laura
Devos, je vous prie de bien vouloir me suivre dans un
bureau plus calme. »
Océane, suivit la dame. Son hôtesse souffla un mot à un
de ses collègues, et entra dans une petite pièce. Celle-ci
avait une table et deux chaises. Sur la table il y avait une
boîte de mouchoirs.
« Asseyez-vous, je vous prie. Avant tout je vous
demanderai de bien vouloir me donner une pièce
d’identité. Je suis désolée de cette formalité mais c’est
indispensable. »
Océane présenta sa carte sans se formaliser, et demanda
«Quand puis-je voir mon père ? »
La dame était très embarrassée et elle lui répondit d’une
voie hésitante : « Je suis désolée, mais c’est impossible.
La voiture de votre père a fait un frontal avec le camion.
Il est méconnaissable »
Océane approuva la décision, elle préfère garder une
image vivante de son Papa. On frappa à la porte.
L’hôtesse ouvrit la porte. C’est le monsieur du couloir
qui entra avec une caisse et une farde.
Il salua Océane : « Toutes mes condoléances … Mon
nom est Pierre Marchal, je serai la personne de contact
21 LA PERLE DE NOE
pour toutes vos démarches. Vous pouvez m’appeler
Pierre. »
Océane répondit poliment à son salut. La dame fit ses
adieux à Océane et quitta la pièce. Pierre devait avoir la
quarantaine, sa présence réconforta directement la jeune
fille. Il s’assit en face d’elle, prit la farde et lui dit :
« Je me permets de vous expliquer tous les documents
que j’ai pour vous, si vous avez la moindre question,
n’hésitez pas à m’interrompre. Avant tout, voulez-vous
boire ou manger quelque chose ? »
Océane accepta volontiers un café. Il ouvrit la porte et
demanda à une personne d’apporter deux cafés.
« Je suppose que le choc fut dur pour vous, j’ai appris
que vous viviez seule avec votre père. Avez-vous encore
de la famille pour vous aider ? »
Océane répondit par la négative.
« Oh ! Je vois, et avez-vous plus de 18 ans ? »
Elle répondit par un hochement de tête.
«Bon, je vais vous aider pour les démarches auprès des
services sociaux de votre commune. »
Océane poussa un soupire de soulagement. On frappa
et entra en même temps, la personne déposa les deux
cafés sur la table. Océane ajouta le lait et bu une gorgée
de sa tasse, il était très chaud et très fort, cela lui fit
beaucoup de bien.
Le monsieur reprit : « Pour commencer, voici le
certificat de décès. Nous n’avons pas une
authentification par la famille, mais les éléments en
notre possession ne laissent aucun doute, si vous voulez
22 JOËL SAMELSON

nous pouvons toujours faire une vérification ADN ? »
Océane ne répondit même pas.
« La seule chose que les assurances des deux camions
ont accepté immédiatement, c’est de couvrir tous les
frais d’enterrement. Vous ne devez avoir aucun souci de
ce côté. Je peux vous donner les coordonnées de
l’entreprise de pompe funèbre que nous vous
proposons pour la cérémonie, c’est elle qui s’est occupé
de votre père jusqu’à présent. A moins, que vous en
ayez une autre à me proposer ? »
Elle secoua la tête et prit la carte.
Il continua « Voulez-vous faire venir un rabbin ? »
Océane répondit « Nous ne sommes pas Juifs, même si
notre nom à des origines juives. »
Pierre reprit : « excusez-moi, voulez-vous un prêtre ou
un pasteur ? »
« Merci, je vais contacter le prêtre de ma paroisse… »
Il poursuivit : « J’ai ici toutes les affaires de votre père,
du moins celles qui ne sont pas détruites. »
Océane eut un mouvement de recule en voyant la
caisse, certains objets avaient des tâches de sang.
D’habitude, elle n’est pas impressionnée par cela, mais
ici c’est différent. Elle reconnut la mallette dans laquelle
elle avait placé, la veille, les tartines pour son repas.
C’était l’événement de trop, elle pleura à chaudes
larmes. Pierre lui tendit un mouchoir et lui dit deux ou
trois mots pour essayer de la consoler. Elle essuyât ses
larmes et s’excusa. Elle demanda si elle pouvait
regarder.
23 LA PERLE DE NOE
« Bien sûr lui » répondit-t-il.
Oh Papa, c’est tout ce qui reste de toi. Une mallette avec ta boîte
à tartines et ton thermos, une farde avec la description des
marchandises que tu vendais, le livre que tu lisais, ton Gsm, ta
montre. Oh ils ont retiré ton alliance et ta chaînette avec celle de
Maman. Il y a aussi ton portefeuille.
Elle ouvrit celui-ci et découvrit la photo d’eux trois
prise pendant leurs dernières vacances à la montagne.
Elle regarda dans la poche et découvrit pour elle une
fortune. Elle lâcha immédiatement un « Oh Là ! »
Pierre lui dit : « il y a 2.750€ voici le papier de
constatation de la police. »
« Tout ça ! » souffla t-elle. Puis elle comprit, un client a
dû lui payer un acompte pour une commande. Son père
aurait dû déposer cet argent chez son patron avant de
rentrer.
Que vais-je faire de cela moi ? Je dois le rendre ! Mais au fait, est-
ce que son patron est prévenu ? Je ne l’ai pas fait et il n’a pas
appelé ce matin. Il doit déjà être au courant de l’accident puisque
mon père n’est pas allé le voir ni hier ni ce matin. Il n’est pas
pressé de me téléphoner celui-là !
Pierre reprit la conversation « Concernant la voiture de
votre Père, la police aimerait vous voir … Puis-je me
permettre d’appeler l’agent. »
Océane acquiesça mais eu l’air étonné.
C’est la voiture de la société de mon père, je n’ai rien à voir avec
cela moi. Pourquoi la police veut-elle me voir ? Mon père
travaillait pour un vieux monsieur qui ne voulait plus faire la
route. Il était le seul employé de la société. Je ne vois rien de
compliqué à cela….
24 JOËL SAMELSON

Océane fut interrompue dans ses pensées par l’arrivée
d’un policier en uniforme. Il la salua et lui demanda s’il
pouvait lui poser quelques questions concernant le
travail de son père.
« Oui si vous voulez, mais je ne comprends pas
pourquoi ? » Avec quoi il vient celui-là ? Je n’aime pas ça !
« Je vous rassure tout de suite, je ne serai pas bien
long ! Voilà lors de l’accident, nous n’avons pas réussi
immédiatement à savoir qui était dans le véhicule Ceci
afin de prévenir la famille. Nous avons fait appel au
service minéralogique. Il nous a signalé que le véhicule
appartenait à une société de leasing. Nous avons appelé
cette société qui nous a donné le nom de la société où
travaillait votre père. C’est là où il y a un problème.
Lorsque nous avons appelé, une dame nous a prétendu
qu’il n’y avait aucun employé qui travaillait pour eux. J’ai
fait une enquête rapide du côté de l’administration et
effectivement votre père n’est pas inscrit dans leur
registre. »
Qu’est-ce que c’est encore cette histoire maintenant ! Papa a
toujours été honnête ! Il ne touchait pas du chômage ni de la
mutuelle, pourquoi aurait-il accepté un travail au noir ?
Le policier continua « Pouvez-vous me dire depuis
combien de temps votre père avait ce boulot ? »
Elle murmura « 10 mois. »
Il nota et poursuivi « Je vous explique, si votre père
travaillait au noir, ce n’est pas mon problème mais celui
des impôts et je n’ai pas à les prévenir. Là où cela va se
compliquer pour vous c’est concernant les assurances.
En effet, il y a peu de chance que votre père soit
couvert. »
25 LA PERLE DE NOE
Voilà où il voulait en venir ! Et je comprends pourquoi le patron
ne m’a pas appelé. Je suis prête à parier qu’il efface toutes traces
de ses dix mois de travail. « Monsieur Goldstein, oh quel malheur
je venais de l’engager à l’essai, et vous savez comment c’est, je n’ai
pas eu le temps de prévenir l’assurance » Je me demande si Papa
savait qu’il n’était pas déclaré ? Je ne pense pas, il n’y avait
aucune raison à cette situation.
Le policier termina « Je suis navré de vous apprendre
cette autre mauvaise nouvelle. Mais je tenais
personnellement à vous informer de la situation. »
Océane le remercia. Et il sortit. Elle demanda aussitôt à
Pierre « Et pour l’enterrement alors ? »
« Pas de crainte de ce côté » lui dit-il. « Par contre,
avant que le dossier aux services sociaux soit ouvert,
cela va prendre du temps ! Certainement quelques
semaines, avez-vous de quoi vivre ? »
Océane trembla, elle n’avait rien, sauf cet argent qui
n’était pas à elle. Il y a toujours ce salaire qu’elle doit
toucher à la fin du mois. Elle répondit : « Je me
débrouillerai. »
« Pour finir, le corps de votre père est à votre
disposition. Si vous avez besoin de mes services voici
ma carte. Je vais vous accompagner vers la sortie. »
Océane prit la caisse, sorti machinalement, salua et
remercia poliment le monsieur. Elle réalisa qu’elle en
avait fini des formalités aux moments où elle se
retrouva dehors. Un journaliste et son cameraman
s’approchèrent.
« Laissez-moi, s’il vous plait. Je ne veux pas d’interview,
et je ne veux pas passer à la télévision. »
26 JOËL SAMELSON

Je vais prendre le bus et puis rentrer à la maison. Oh là là que
c’est dur de n’avoir personne à qui parler !
Elle demanda à une passante, quel bus prendre pour
arriver à la gare. Celle-ci lui désigna un arrêt à 100m.
Elle attendit 5 minutes, monta dans le bus. Celui-ci mit
seulement 10 minutes pour faire un trajet qui lui avait
prit une heure pour venir.
Comme quoi tout est plus facile lorsqu’on a de l’argent. Je sais ce
n’est pas à moi, mais je le rendrai sur la part de salaire de Papa.
Oh mon Dieu, dire que les problèmes ne font que commencer. Que
vais-je faire maintenant ? Manger ! Il est 13h30 et je n’ai presque
rien dans l’estomac. Et voilà je continue à faire des dettes ! Le bus
est arrivé. Je sors et je prends un sandwich.
Dans le train qui la reconduisait chez elle, Océane
observa les affaires de son père.
Est-ce que le GSM fonctionne encore ? Oui ! Quel est le code
encore ? Ah oui ! Bip bip ! Les Sms arrivent à la volée. Le
premier : « Vous avez un message. », le deuxième « Vous avez
deux messages. » le troisième « Vous avez trois messages. » Bon il
est temps d’écouter les messages.
« Oui, Claude » c’est son patron « Je viens d’avoir le client
en ligne. Il me confirme qu’il a commandé 3 pièces de
plus, beau travail. Tu m’apportes l’argent ce soir hein ! »
Bien voyons ! Comme si papa ne t’avait jamais apporté l’argent !
Message suivant : « Claude c’est encore moi, Je préfère que
tu ne pas passes pas ce soir, appelle-moi lorsque tu
arriveras à Bruxelles. Je te donne rendez-vous au
métro. » Lui, il vient d’apprendre que la police a appelé son
épouse. C’est la preuve que Papa n’était pas au courant. Je
sauvegarde l ‘appel. « Claude, je viens d’apprendre qu’il y a
eu un grave accident sur l’autoroute. J’espère que tu n’es
27 LA PERLE DE NOE
pas bloqué, pourquoi n’as-tu pas allumé ton kit main
libre ? C’est agaçant de toujours avoir ton répondeur ! »
C’est ça, à quelle heure est cet appel ? 19h50. Je parie que c’est
l’heure à laquelle le journal a relaté l’accident !
Le train arriva à la gare d’Etterbeek, Océane sortit et se
rendit chez elle.
Tous ces étudiants qui font la fête, et dire que je ne pourrai sans
doute jamais réaliser les études que je voulais. Oh mon pauvre
Papa, tu ne gagnais peut-être pas assez mais tu savais m’offrir des
études. Maintenant c’est fini, je dois trouver l’argent moi-même.
Océane rentra chez elle. Il était temps qu’elle prévienne
le prêtre. Elle trouva le numéro dans une revue locale.
Le prêtre décrocha « Allô Père Mathieu, que puis-je
faire pour vous. »
Océane hésita, ce n’est plus le Père Raphaël qui
s’occupa d’elle pour sa communion et lors de la mort de
sa Maman. C’était une déception de plus. Elle se lança :
« Bonjour, monsieur le curé. Je vous téléphone car mon
Père est mort hier… »
L’homme d’Eglise interrompit la conversation « Mon
enfant on ne rigole pas de ces choses, passe-moi un de
tes parents.. »
Océane éclata en sanglot et hurla : « Je ne plaisante pas !
Mon père est mort hier dans un accident sur
l’autoroute. Je reviens de la morgue. Je ne peux pas vous
passer ma Maman. Vous n’avez qu’à demander au Père
Raphaël, c’est lui qui la enterrée » et elle raccrocha.
Le téléphone sonna, elle décrocha. C’était le prêtre qui
avait utilisé la fonction de rappel du dernier
28 JOËL SAMELSON

correspondant : « Mon enfant je te dois toutes mes
excuses, donne-moi ton adresse j’arrive de suite. »
Océane lui donna ce qu’il demandait et s’excusa aussi de
son comportement. Lorsqu’elle déposa calmement le
téléphone, elle eut une nouvelle crise de larmes.
Si je me fâche avec les gens qui devraient m’aider, je ne m’en
sortirai jamais. Il faut que je prenne rendez-vous avec les pompes
funèbres. Je le ferai après le passage du Prêtre. Bon je vais me
faire du thé, cela me calmera.
La bouilloire siffla en même temps que la sonnette
vibra. La jeune fille coupa le gaz et ouvrit la porte. Par le
judas, elle vit le curé. Elle sourit
Un prêtre par le Judas. Papa aurait aimé ce jeu de mot.
Le Père se présenta, et se confondit encore en excuses.
Océane s’excusa aussi de son comportement et lui
proposa du thé. La fille expliqua toute l’histoire à
l’homme d’Eglise.
L’homme en face d’Océane avait l’air un peu plus âgé
que son père. Elle lui donna 47 ans, c’était un homme
costaud, il n’avait vraiment pas l’air d’un prêtre.
A la fin du récit, il comprit le désarroi face auquel elle se
trouvait. Il proposa de s’occuper de récupérer le corps
du père, d’organiser les funérailles, et d’accompagner
Océane pour choisir le cercueil.
Elle n’avait pas pensé à cela. C’est bien un truc qu’elle
ne voulait pas faire. Elle demanda timidement :
« Pouvez-vous vous en occuper aussi ? »
« Bien sûr ! Voulez-vous que je m’occupe également
des faire-part ? »
29 LA PERLE DE NOE
Des faire-part ? Pour qui ? Je ne sais même pas à qui écrire.
C’est vrai qu’il y a les anciens collègues de Papa, mais je n’ai pas
leur adresse moi.
« Je crois qu’il est préférable de mettre un avis dans le
journal. »
« Si vous voulez, je m’en charge aussi, mais il ne faudra
pas que je traîne. Excusez-moi cette question mais,
votre nom est Goldstein, et vous êtes chrétienne. Est-ce
votre père qui s’est converti ? »
Océane a déjà entendu cette question de nombreuse
fois. Elle n’hésita pas une seconde à raconter cette
histoire à un homme d’Eglise qui certainement verra
celle-ci sous l’angle philosophique.
« Pendant la guerre, mes arrière-grands-parents ont
caché des juifs. Ceux-ci avaient un enfant de 5 ans. Mon
grand-père venait de fêter ses 3 ans. Quelques mois
avant la fin de la guerre, ils ont été avertis d’une
descente de la gestapo. Des amis devaient les conduire
en Suisse. Ils avaient réussi à voler une voiture
allemande et des faux papiers. Malheureusement, la
police arriva plutôt que prévu. Mes arrière-grands-
parents et leurs protégés ont dû fuir par le jardin. Ils
grimpaient le mur du fond, lorsque les Allemands les
ont rejoints. Le jeune couple était déjà passé le mur avec
le fils des gens qui l’hébergeaient, lorsqu’une rafale de
mitraillette retentit. Leur fils et leurs amis n’ont jamais
réussi à passer le mur.
Ils se cachèrent jusqu'à la fin de la guerre. La première
chose qu’ils firent c’est de revenir dans le village de mes
aïeux. C’est à ce moment qu’ils apprirent officiellement
qu’ils étaient morts ainsi que leur propre fils. Mon
30 JOËL SAMELSON

grand-père n’avait plus personne et eux n’avaient plus
d’enfant. Ils ont entrepris les démarches pour l’adopter.
En hommage à leurs sauveurs, ils respectèrent leur
croyance religieuse en élevant leur fils adoptif dans la foi
de la religion chrétienne. C’est ainsi que depuis trois
générations, il y a des Goldstein non juif… Plus tard,
mon grand-père reçu de l’ambassadeur d’Israël, pour ses
parents, le titre de ‘Juste parmi les Nations’. Ce qui pour
moi est la plus belle distinction que l’on puisse avoir. »
Le prêtre était ému par l’incroyable histoire de ces gens.
Il resta sans voix et Océane ne voulait pas interrompre
ce silence.
C’est vrai que cette histoire est complètement incroyable.
Maintenant c’est moi qui me retrouve comme mon Grand-père :
Sans rien ni personne. Peut-être que je trouverai un homme qui
me donnera son nom et l’histoire pourra continuer…
Le prêtre sortit la fille de ses pensées : « Ma chère
demoiselle, vous m’avez vraiment ému ! Mais
malheureusement je dois vous quitter. Il faut que je
prépare l’enterrement. Je vous téléphone pour vous
communiquer la date. J’espère pouvoir tout organiser
pour qu’il ait lieu lundi. »
Océane reconduit le prêtre et lui donna le numéro de
Gsm de son père. Lorsque la porte fut fermée, elle se
retrouva à nouveau seule mais sentait le sourire de son
grand-père en elle.
Il faut encore appeler le patron de mon père pour qu’il s’explique !
Restons le plus calme possible. Il est où ce numéro ? Ici, je
tremble… Ah ça sonne. « Bonjour monsieur, je suis la fille
de Claude Goldstein ! » Il ne m’a pas entendu ? Il n’y a plus
personne ! « Allô ? Allô. » On parle en cachant le micro.
31 LA PERLE DE NOE
« Oui ! Je suis là…. Comment vous n’avez pas le
temps ! …Mais vous allez le prendre : le temps !… Mais
monsieur… » Merde alors il a raccroché ! Je recompose !
« Allô, vous ne manquez pas de culot de raccrocher
comme cela ! » Et voilà qu’il raccroche de nouveau ! Bon c’est
peine perdue…Je ne vais pas perdre mon temps…
Je vais informer Pierre de ce problème supplémentaire, peut-être
que lui a une idée.
« Allô Monsieur Marchal, c’est Océane Goldstein…
bien oui Océane, on s’est vu ce matin à la morgue…
Oui c’est bien cela ! Est-ce que vous êtes toujours prêt à
m’aider ? C’est gentil ! Voilà le patron de mon père ne
veut même pas répondre à mes appels téléphoniques…
Ah vous avez fait un dossier pour les assistants sociaux,
mais … Il sera envoyé ce lundi… mais en attendant …
Ah vous ne savez rien faire… et ensuite ? Ils prendront
contact avec moi… Et vous alors ? Ah votre travail est
fini ! Bon bien, merci ! Au revoir ! »
Et bien zut alors ! Ce type m’avait promis de m’aider et ne me
reconnaît plus après quelques heures ! Et la seule aide que j’ai
reçu c’est un dossier envoyé ! De plus en plus les gens pensent que
rendre service signifie faire le travail pour lequel ils sont payé !
Quelle honte ! Enfin il a quand même fait un dossier je verrai
bien si j’ai de l’aide.
Et bien voilà, je me retrouve seule et sans ressources… En
attendant, je vais voir sur l’ordinateur portable de Papa s’il n’y a
pas quelques preuves qu’il a travaillé pour ce type.
J’entends encore Papa « Océane, il y a deux comptes sur cet
ordinateur, le tien et le mien. Je te fais confiance, je ne veux pas
que tu viennes sur mes documents ! » Et bien ce soir, Papa, je vais
sur tes documents et je te jure que je ferai attention de ne rien
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