La reine du fleuve

La reine du fleuve

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Livres
468 pages

Description

Dans les années 1850, Julienne Ashby se voit contrainte de changer ses manières d’aristocrate après la mort de son père, un homme d’affaires prospère de Natchez, qui, à force de négligences financières, a laissé sa famille sans fortune. Comme un poisson hors de l’eau, Julienne jette son dévolu sur un projet d’envergure: remettre en service un bateau à vapeur délabré, leur seule et dernière possession. Elle espère ainsi remplir les coffres de la famille et rétablir le prestige des Ashby sur les rives du majestueux Mississippi. Désespérant de trouver la main-d’oeuvre nécessaire, Julienne devra ravaler son orgueil et engager Dallas Bronte, un capitaine humilié à la vile réputation de grand buveur. Malgré des débuts prometteurs, le chemin est plein d’embûches, et les épreuves qui les attendent sont presque aussi difficiles que les sentiments enflammés qui les ballottent entre amour et haine. Face à une catastrophe certaine qui menace le bateau et tous ceux à bord, Dieu montrera à Julienne et à Dallas qu’un seul de ces sentiments est salvateur.

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Informations

Publié par
Date de parution 07 mars 2014
Nombre de lectures 17
EAN13 9782897337049
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 8 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Gilbert Morris
Traduit de l’anglais par Mathieu Fleury
Copyright © 2011 Gilbert Morris Titre original anglais : The River Queen : A Water Wheel Novel Copyright © 2014 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec B&H Publishing Group, Nashville, Tennessee. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire.
Éditeur : François Doucet Traduction : Mathieu Fleury Révision linguistique : Féminin pluriel Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Catherine Vallée-Dumas Conception de la couverture : Matthieu Fortin Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud ISBN papier 978-2-89733-702-5 ISBN PDF numérique 978-2-89733-703-2 ISBN ePub 978-2-89733-704-9 Première impression : 2014 Dépôt légal : 2014 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada
Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com
Diffusion Canada : France : Suisse : Belgique :
Éditions AdA Inc. D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Transat — 23.42.77.40 D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99
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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Morris, Gilbert
[River Queen. Français] La reine du euve (La roue à aubes ; 1) Traduction de : The River Queen. ISBN 978-2-89733-702-5 I. Fleury, Mathieu. II. Titre. III. Titre : River Queen. Français.
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C2013-942691-4
C h a p i t r e 1
a tempête de neige avait pris la ville de Natchez L par surprise et le froid sévissait à l’extérieur de la maison familiale de Charles Ashby. Dans toutes les pièces, on avait alimenté les foyers. À l’étage, dans la chambre de Julienne Ashby, les bûches pétil-laient, soulevant une myriade d’étincelles dans la che-minée. Les crépitements du feu emplissaient la pièce de leur doux chant et les ammes apportaient des vagues d’une chaleur rassurante. La chambre de Julienne offrait un décor des plus féminins, avec ses brocarts euris, ses cadres ovales et ses multiples miroirs. Trois fauteuils garnis d’étoffe étaient joliment disposés dans le coin. Trônant au centre de la chambre, un grand lit avec ses draps immaculés était habillé d’un traversin blanc et d’un épais édredon d’un rouge rappelant celui du vin. On retrouvait aussi, un peu en retrait du lit, un lavabo en acajou richement ouvragé sur lequel étaient posés un pot à eau et une cuvette en porcelaine française.
g i l be r t m o r r i s
Pour le moment, il y avait sur l’édredon autrement impeccable une traînée de boue. Des traces remontaient d’un côté du lit, allant s’élargissant pour former une grande tache plus ou moins circulaire au beau milieu du lit. Et assise là, les jambes croisées, se trouvait la jeune Carley Jeanne Ashby. Elle observait sa grande sœur, Julienne, qui s’affairait au long et fastidieux pro-cessus de se vêtir en vue d’une visite dans les magasins. Carley était une jolie petite Ille de dix ans. Elle avait les cheveux longs, avec des boucles d’un blond cuivré, de grands yeux bleus et un teint de pêche. Elle était petite pour son âge, mais énergique de tempérament et dotée d’une solide constitution, deux attributs plutôt utiles pour le garçon manqué qu’elle était. Aujourd’hui, sa robe bleu foncé à fanfreluches était étonnamment propre, mais c’était seulement parce que le temps froid l’avait obligée à se couvrir d’une lourde cape en laine pour aller jouer dehors. Cela dit, son jupon était tout crotté, et elle s’était bien sali les mains. Une motte de terre s’était accrochée à l’une de ses nattes, et elle avait une joue barbouillée de boue. — Carley Jeanne Ashby, gronda Julienne, un sou-rire en coin. Il n’y a pas à dire, tu es encrassée. Mais bon Dieu ! À quoi jouais-tu dehors ? À faire les labours ? Julienne se tenait devant le foyer. Elle venait d’en-filer une grande culotte chaude et une chemise —un « shimmy », comme disaient les gens du coin— et, frissonnante, elle remit son peignoir en laine. À vingt-trois ans, Julienne était grande et d’une beauté remar-quable. Elle avait une silhouette mince mais féminine. Comme sa jeune sœur, elle tenait de sa mère sa
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l a r eine du fleu v e
merveilleuse chevelure d’or rouge. Fait surprenant chez une personne de teint clair, elle avait les yeux très foncés et des cils veloutés. — Mais où est Tyla ? se demanda-t-elle sans cacher une certaine irritation. Je ne vais certainement pas lacer ce corset toute seule. Carley ignora la plainte et répéta en élevant la voix : — Faire les labours ? Bien sûr que non, voyons. Il me faudrait un mulet pour ça, et je n’en ai pas. Si tu veux savoir, ma sœur, je ramassais des pierres. Tu veux les voir ? Quand elle avait six ans, Carley Jeanne avait emprunté un cabas en paille tressée à la cuisinière,Mme Dooley, qui servait à transporter les légumes achetés au marché et, depuis, elle traînait ce sac partout. Il était maintenant usé et, malgré tous les nettoyages, quelques taches ne partaient plus. Dans ce cabas, Carley rangeait ses « trésors », lesquels consistaient le plus sou-vent en une collection de pierres, quelques eurs sau-vages, des insectes trouvés dans les champs, des vers de terre même. — Non, ma chérie, j’y jetterai un œil une autre fois, répondit Julienne. Tu t’es encore sauvée des leçons, je présume ? — Tante Leah, ça ne la dérange pas, dit Carley, avec l’air de ne pas s’en faire. — Tu finiras ignorante ou chenapan, lui prédit Julienne d’un ton distrait. Julienne alla ouvrir la porte d’un grand geste brusque.
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— Ty… Oh ! te voilà ! — Oui, j’arrive, It Tyla en roulant des yeux. J’étais occupée à repasser ces manches, mademoiselle Julienne. — Oh, oui, je n’y pensais plus. Sors ma robe, Tyla, et aide-moi donc avec ce corset. Tyla soupira en voyant la boue qui maculait le lit de Julienne et l’enfant crottée au milieu de l’édredon. — J’ai ramassé des pierres pour ma collection, lui dit Carley, comme pour expliquer le dégât. — Ce serait bien si vous pouviez aller mettre vos petites pattes sales ailleurs, lui proposa Tyla. — Non, ça ne m’intéresse pas. Je préfère rester ici et regarder Julienne s’habiller. Quand aurai-je des formes comme toi, Julienne ? Darcy dit que je ressemble à un piquet de clôture. — Toutes les jeunes Illes ressemblent à des piquets de clôture, dit Julienne en appliquant la gaine contre son buste, laissant les lacets entrecroisés pendre der-rière. Tu auras les courbes d’une femme quand tu seras grande. — Grande comment ? — Beaucoup plus grande. Tyla, voudrais-tu bien déposer ma robe sur un fauteuil et venir m’aider ? — Oui, mademoiselle, répondit docilement Tyla. Tyla, dont le véritable nom était Twyla, avait été prise en charge par la famille Ashby peu après sa nais-sance. À l’époque, sa grand-mère, que l’on appelait affec-tueusement « Vieille Mama », était la nourrice de Julienne et de son frère Darcy. La mère de Twyla, la Ille de Vieille Mama, était morte en couches, et Charles Ashby avait bien voulu que Twyla vive sous le toit
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