La rose du fleuve

La rose du fleuve

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Livres
572 pages

Description

«Tu n’aimes pas beaucoup les hommes, maman.» Non, ce n’était pas un devoir qu’elle se faisait de détester les hommes; elle ne leur faisait simplement pas confiance.
La vie n’a pas été facile pour Jeanne Bettencourt. Jeune veuve, elle doit tirer le diable par la queue pour pourvoir aux besoins de sa fille de six ans. Toutefois, une lueur d’espoir vient éclairer son chemin sous la forme d’un héritage insoupçonné. Un lointain parent lui lègue le Helena Rose, un bateau à vapeur semblable à celui que son père pilotait quand elle était jeune, le Pearl,
à bord duquel il lui a enseigné l’art de la navigation. Ce don du ciel pourrait lui permettre de s’arracher à la pauvreté et marquer le début d’une nouvelle vie pour elle et sa fille. Malheureusement, une surprise de taille attend Jeanne: elle n’est pas la seule légataire du testament. Ainsi, Clint Hardin viendra s’immiscer dans sa vie, un homme cavalier à la réputation de dur à cuire. En bonne chrétienne, Jeanne ne peut s’imaginer «vivre» avec un homme sur le Helena Rose. Par un compromis difficile, ils tenteront d’entretenir des relations purement professionnelles. Sur le Mississippi et la rivière Arkansas, ils bâtiront un partenariat fructueux. Avec le temps, Clint se découvrira des sentiments pour Jeanne, mais un riche planteur courtise déjà la jeune
pilote. Avec son avenir en jeu et le bien-être de sa famille dans la balance, Jeanne comprendra combien les désirs de son coeur peuvent être impétueux et contradictoires. Seule la foi peut lui faire traverser les événements à venir.

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Informations

Publié par
Date de parution 07 mars 2014
Nombre de lectures 50
EAN13 9782897337070
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 7 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Gilbert Morris
Traduit de l’anglais par Mathieu Fleury
Copyright © 2012 Gilbert Morris Titre original anglais : The River Rose : A Water Wheel Novel Copyright © 2014 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec B&H Publishing Group, Nashville, Tennessee. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire.
Éditeur : François Doucet Traduction : Mathieu Fleury Révision linguistique : Féminin pluriel Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Catherine Vallée-Dumas Conception de la couverture : Matthieu Fortin Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud , Sylvie Valois ISBN papier 978-2-89733-705-6 ISBN PDF numérique 978-2-89733-706-3 ISBN ePub 978-2-89733-707-0 Première impression : 2014 Dépôt légal : 2014 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada
Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com
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Imprimé au Canada
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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Morris, Gilbert
[River Rose. Français] La rose du euve (La roue à aubes ; 2) Traduction de : The River Rose. ISBN 978-2-89733-705-6 I. Fleury, Mathieu. II. Titre. III. Titre : River Rose. Français.
PS3563.O8742R5914 2014 813’.54
C2013-942692-2
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’hôtel Gayoso de Memphis, au Tennessee, scin-L tillait de tous ses feux, noble et majestueux sur les promontoires qui s’avançaient sur les berges du Mississippi. Il avait la grâce et la splendeur d’un monument, son grand fronton de marbre blanc levé au ciel par six majestueuses colonnes doriques de quinze mètres. Pour les simples mortels qui naviguaient à vue sur le euve, c’était un repère sûr et rassurant. Le pâle soleil de décembre se leva derrière l’hôtel, sa lumière bla-farde nimbant pourtant l’édiïce d’un grand halo diffus. Jeanne Bettencourt jeta un coup d’œil pressé vers l’hôtel. Les yeux larmoyants, elle se hâtait sur le trottoir de Front Street. Un vent cinglant s’était levé, et elle rajusta son cache-nez en laine pour mieux se couvrirle visage. Entre le capuchon et l’écharpe, on ne voyait plus de son visage qu’un regard d’un brun velouté, des yeux par ailleurs frappants par leur parfaite forme en amande, un trait inusité pour une Américaine de souche
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et plus souvent celui de l’immigrant des Indes orientales venu s’installer dans le Nouveau Monde. Dans les bour-rasques glaciales, des boucles de ses cheveux châtains s’échappaient de sa charlotte. Avec impatience, elle s’obstinait à les remettre sous son bonnet. Jeanne passa devant l’hôtel et se rendit à l’arrière pour emprunter la porte de service, puisqu’elle était femme de chambre. Jeanne rêvait parfois qu’elleétait cliente et pouvait s’offrir un séjour à l’hôtel Gayoso. C’était un établissement somptueux, où l’on vous remet-tait à la réception une clé en laiton doré. Dans toutesles chambres, il y avait des savons d’invités aux embal-lages délicats, de la literie satinée, des édredons en duvet, des foyers, des chaises garnies de velours et des meubles faits du bois des cerisiers. On y trouvait aussi des commodités parmi les plus prisées à l’époque, comme des baignoires en marbre, de la robinetterie en argent, de l’eau courante, froide et chaude, et un surpre-nant système de chasse d’eau, un luxe, s’il en était. Devant la porte et dans le vestibule, il y avait déjà les domestiques, les portiers, les serveurs et des porteurs de bois. Les cloches de l’église gothique Saint-Pierre se mirent à sonner les coups de sept heures au moment précis où Jeanne posait le pied en bas de l’escalier de service. La porte lui fut ouverte par Mme Wiedemann, l’intendante de l’hôtel, une femme austère d’origine alle-mande. Sourcils froncés, Mme Wiedemann jetait un regard critique sur les employés, qui entraient à la ïle indienne. — Vous êtes presque en retard, Jeanne, dit-elle en l’apercevant.
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— Oui, m’dame, répondit Jeanne d’un ton docile, suivant la marche lourde de l’intendante, qui se dirigeait à présent vers la réserve des fournitures ménagères. Évidemment, elle n’était pas en retard. Mais Jeanne se considérait chanceuse de travailler à l’hôtel, elle ne contredisait donc jamais Mme Wiedemann, qui, malgré quelques accrocs attribuables à l’ordre hiérarchique, la traitait avec justice et respect. La réserve des fournitures ressemblait vaguement au long intérieur d’une voiture de train. Au-dessus de la rangée de crochets qui courait le long d’un mur, on retrouvait des cartes blanches joliment imprimées. Jeanne suspendit sa cape et son cache-nez au crochet identiïé au nom de « J. Bettencourt ». Elle ramena d’un petit geste machinal les cheveux rebelles qui s’étaient encore échappés de sa charlotte et s’assura que son tablier blanc était impeccable. Au Gayoso, l’uniforme n’était pas imposé, mais on exigeait des femmes de chambre qu’elles portent des jupes grises et des chemi-siers blancs. L’hôtel fournissait deux tabliers et deux bonnets à chaque employée. On y appliquait des règles sévères quant à la propreté, et si vous vous présentiez au travail avec un tablier sale, vous étiez renvoyée à la maison pour la journée. Satisfaite de sa présentation, Jeanne entreprit de réunir les produits de nettoyage dont elle aurait besoin. Tout était rangé dans des pende-ries en face du mur à crochets, remisé à clé pour pré-venir les vols, qui, selon Mme Wiedemann, étaient plus fréquents qu’on aurait pu penser. L’intendante avait à son trousseau une impressionnante quantité de clés,
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dont elle ne se défaisait jamais. Les femmes de chambre réunirent leur matériel sous son regard suspicieux. Quand elles furent toutes prêtes, leurs seaux de vingt litres pleins, elles prirent la direction des escaliers de service. Une longue journée commençait. — Jeanne, ït Mme Wiedemann, j’aurais un mot à vous dire. Accordez-moi quelques minutes, je vous prie. Jeanne se composa un maintien désinvolte, bien que cette demande de l’intendante la bouleversât. Les inten-tions de Mme Wiedemann étaient impénétrables, lui semblait-il. Il arrivait que Mme Wiedemann l’admoneste pour une faute absolument imaginée ou qu’elle la répri-mande pour des torts que des collègues rejetaient sur elle. D’autres fois, Mme Wiedemann avait seulement une question pour elle et se montrait toute polie avec Jeanne, intéressée à savoir si telle travailleuse s’adaptait bien à ses nouvelles fonctions, préoccupée de la satisfaction d’un client quant à son séjour, et ainsi de suite. Souvent même, elle voulait tout bonnement savoir si Jeanne était heu-reuse des fournitures mises à sa disposition. Jeanne ït ce qu’on lui demandait, délaissant ses tâches pour se présenter devant sa supérieure. — Que puis-je pour vous, madame Wiedemann ? demanda-t-elle poliment. — Rien, Jeanne. Par ailleurs, j’ai une offre qui pour-rait vous intéresser : quelques savons tout juste entamés et des taies d’oreiller à peine élimées. Vous pouvez tout acheter, si vous voulez. Dix savons pour un cent et cinq taies pour ce même prix. Le joli tracé en arc de ses sourcils foncés se sou-leva. Cette proposition la frappait de surprise. En
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