La véritable histoire d'Orphée et Eurydice

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Le mythe d’Orphée cache un pénible mensonge. Derrière la façade irréprochable de l’amant parfait, émerge une toute autre réalité quand on casse la coquille du symbole. On découvre alors le vrai visage du poète musicien. Sa légende se brise, et il vient rejoindre la triste cohorte des jaloux maladifs et des époux violents.
Christiane GAILLARD est psychothérapeute et interprète de rêves (nocturnes et éveillés). En appliquant aux Écritures et aux Mythes le sens symbolique qu’elle a découvert grâce aux songes modernes, elle propose à la fois une lecture rationnelle des textes religieux et une base efficace pour comprendre ses propres rêves.

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Date de parution 01 janvier 2008
Nombre de visites sur la page 7
EAN13 9782849240885
Langue Français

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La véritable histoire d’Orphée et EurydiceIllustration de couverture : détail de Orphée et Eurydice, peint par
Camille Corot en 1861
© Éditions du Cygne, Paris, 2008
editionsducygne@club-internet.fr
www.editionsducygne.com
ISBN : 978-2-84924-088-5Christiane Gaillard
La véritable histoire d’Orphée et Eurydice
Éditions du CygneDu même auteur :
La véritable histoire de Noé, Éditions du Cygne
La véritable histoire d’Ulysse, Éditions du Cygne
La véritable histoire d’Adam et Ève, Éditions du CygneOrphée était musicien et poète.
On le disait fils de Calliope, la Muse de la poésie et
de l’éloquence. Pour la musique, on affirmait
qu’Apollon lui-même l’avait enseigné. Et en effet, dès
qu’il prenait sa lyre et se mettait à chanter, tout le
monde était sous le charme. Sa voix velours aux
inflexions caressantes s’élevait, d’abord retenue,
comme si Orphée hésitait à partager un mystère.
Masculine et légère, elle courait sur ses mélodies
comme un oiseau. Échappée de la prison de sa gorge,
elle développait ses volutes, s’insinuait dans le c œur des
femmes et ouvrait celui des hommes. La tessiture de
son organe vocal était un enchantement en soi, et les
paroles de ses chansons provoquaient une sorte de
vertige de bonté et d’amour, qui envahissait l’auditoire
en donnant à chacun l’impression d’être celui dont
Orphée décrivait les sentiments ou racontait l’histoire.
Personne n’aurait su dire – même pas lui – comment
ou pourquoi sa musique ouvrait ainsi les coeurs. Il
semblait aux uns que leur chagrin s’écoulait de leur
âme au fil des notes, glissant sur la voix du chanteur
comme des larmes sur leurs joues... D’autres
ressentaient plutôt ses mélodies comme une pluie d’été,
bienfaisante et tiède, qui faisait fondre leur carapace,
laissant apparaître leur peine, semblable à une fêlure
sur un vase de cristal. Une douceur s’installait, une paix
inattendue : les visages les plus durs perdaient
insensiblement leurs arêtes, les regards les plus froids
5s’attendrissaient, les bouches les plus pincées
renonçaient à dévorer leurs lèvres... Quand la dernière note
s’éteignait, chacun se demandait avec surprise
pourquoi diable il s’était mis en colère la veille, ou comment
il avait pu avoir la sottise de se fâcher avec son frère, ou
encore réalisait soudain qu’il avait été bien injuste
envers sa femme et ses enfants.
Bref, quand on avait écouté Orphée jouant de sa
lyre, on se sentait meilleur, plus humain, plus
intelligent, de cette intelligence qu’on appelle celle du coeur.
La réputation de l’aède dépassait largement les
limites de la Grèce. On lui prêtait le pouvoir de rendre
inoffensives les bêtes sauvages, d’enchanter les arbres
et les pierres, et même d’apaiser les flots. Sa légende
affirme que sa voix couvrit celle des sirènes, lors du
voyage des Argonautes, leur évitant ainsi d’être
entraînés au fond de la mer.
Orphée vécut en Thrace, au nord de la mer Égée,
pendant l’Antiquité. La tradition le présente comme le
premier troubadour, et même le premier héros
romantique.
Il fut aussi le premier Don Juan connu de
l’humanité.
Il provoquait chez les femmes un véritable vertige
d’amour. Elles trébuchaient toutes dans le piège
harmonieux de sa lyre, tandis que les paroles de ses
chants les atteignaient au coeur. Il était beau, bâti en
athlète, et chaque femme devinait dans son regard tout
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