La véritable histoire de Noé

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Description

En entrant dans son arche, Noé fut sauvé, tandis que le Déluge engloutissait une humanité violente et corrompue. Cette affirmation biblique recèle un sens caché si on admet que l’arche et l’eau symbolisent le conscient et l’inconscient. Elle se lit alors ainsi : « En prenant conscience de ses actes, Noé fut sauvé, grâce à son inconscient qui engoutit sa propre inhumanité violente et corrompue. » Cette fiction développe et démontre cette hypothèse.
Christiane GAILLARD est psychothérapeute et interprète de rêves (nocturnes et éveillés). En appliquant aux Écritures et aux Mythes le sens symbolique qu’elle a découvert grâce aux songes modernes, elle propose à la fois une lecture rationnelle des textes religieux et une base efficace pour comprendre ses propres rêves.

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Date de parution 01 janvier 2008
Nombre de visites sur la page 5
EAN13 9782849240878
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,009 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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La véritable histoire de NoéIllustration de couverture :Mosaïque de la Cathédrale Saint-Marc à Venise
© Éditions du Cygne, Paris, 2008
editionsducygne@club-internet.fr
www.editionsducygne.com
ISBN : 978-2-84924-087-8Christiane Gaillard
La véritable histoire de Noé
Éditions du CygneDu même auteur :
La véritable histoire d’Orphée et Euridyce, Éditions du
Cygne
La véritable histoire d’Ulysse, Éditions du Cygne
La véritable histoire d’Adam et Ève, Éditions du CygneC’était l’époque antique et obscure du règne de
Nabuchodonosor.
Dans la vaste plaine du pays de Schinéar, en
Mésopotamie, la grande ville de Babylone s’était
développée de façon tentaculaire au bord de l’Euphrate, là
où le fleuve se rapprochait du Tigre. Les deux cours
d’eau étranglaient la plaine, irriguant la terre fertile qui
produisait en abondance des céréales, des fruits et des
légumes. Les Babyloniens trouvaient là un
gardemanger si généreux que la population ne cessait
d’augmenter, venant de la steppe au nord, mais surtout
du sud où les marécages rendaient l’agriculture difficile.
Le quartier des marchands occupait l’espace le plus
proche du fleuve, et le commerce y était florissant. On
y trouvait de tout, provenant de tous les pays, du plus
ordinaire au plus exotique. Les potiers présentaient des
plats émaillés, des lampes à huile, des amphores et des
jarres pour l’olive et le grain, les éleveurs vendaient la
chair et la laine de leurs moutons, les cultivateurs leur
orge et tous les produits de la terre, les restaurateurs
proposaient des petits pains cuits dans la cendre, des
viandes aux arômes épicés, des galettes, des confiseries
au sésame et au miel. On y trouvait aussi des œ ufs et
des plumes d’autruche venant de la lointaine Éthiopie,
des peaux de félins capturés dans la brousse, des bijoux
de pierres fines aux couleurs chatoyantes, des huiles
parfumées, des tissus soyeux importés d’Orient, des
objets précieux taillés dans l’ivoire et l’onyx, des
5statuettes d’animaux en ébène représentant Mardouk
et les autres dieux locaux.
Babylone n’était pas seulement un immense marché
à convoitises, c’était aussi une ville à l’architecture
grandiose. Dans sa partie orientale, quadrillée de larges
avenues, s’élevaient les demeures des notables, les
bâtiments de pierres et de briques vernissées où
s’activaient les scribes des services administratifs du
royaume, les nombreux temples dédiés aux dieux, et
surtout l’immense palais royal, symbole du pouvoir
divin de Nabuchodonosor. Les lettrés, les prêtres et les
étrangers de tous les pays affluaient vers la mégapole,
attirés par sa richesse et sa puissance.
Parallèlement à cette vitrine, dans le lacis des ruelles
obscures des quartiers pauvres, des activités moins
nobles nourrissaient la foule grouillante du petit
peuple. Sur le terreau de la misère, germaient les
crimes, les abus de pouvoir, les meurtres, les viols et la
prostitution.
Les hommes de cette époque-là étaient violents et
corrompus. Aucune loi ne les régulait, sauf la loi du
plus fort. C’étaient des barbares aux désirs primitifs, et
les pensées de leur coeur se portaient presque
uniquement vers le mal. Quand l’un d’eux voulait quelque
chose, il le prenait, tout simplement.
Cette société affichait un semblant d’ordre organisé.
Les marchandises circulaient, se vendaient et
s’achetaient. Mais c’était un fragile équilibre qui ne tenait
plus, sitôt que la volonté mauvaise d’un individu venait
balayer les droits des plus faibles. Les exactions, les
6meurtres, les prédations de toute sorte, étaient le
quotidien du peuple. Le pouvoir de Nabuchodonosor
planait au-dessus de ce tissu de violence comme une
violence supplémentaire, plus puissante et plus
dangereuse encore. Malheur à celui que les soldats du roi
venaient chercher ! Il ne pourrissait pas longtemps
dans les geôles royales. Innocent ou pas, il était torturé
afin de lui faire reconnaître sa culpabilité. Dès qu’il
avait avoué les faits, il était exécuté et parfois sacrifié
aux dieux de la ville. Car le pouvoir divin relayait celui
du roi, rivalisant de cruauté et de barbarie avec le sien.
Dans la hiérarchie de cette société inhumaine, le plus
fort dévorait le plus faible, comme dans le règne animal.
Tout au bout de la chaîne, parmi les sans-voix, se
trouvaient les femmes. Sur elles pesaient tous les
pouvoirs : celui des mâles, celui des nantis et celui des
puissants. Les enlèvements et les viols menaçaient les
plus jolies et les plus jeunes. Les pères échouaient à
protéger leurs filles, et les maris leurs femmes,
lorsqu’elles étaient convoitées par un mâle dont la
puissance reposait sur la force physique, la richesse ou
la position sociale. La brutalité d’une humanité presque
uniquement soumise à ses instincts se manifestait en
cascade, du plus haut de la pyramide sociale jusqu’au
plus bas, où grouillaient ceux dont la misère faisait des
proies sans défense.
Les nomades du désert, les habitants des régions
agricoles et les Hébreux, qui croyaient en un Dieu
unique, tous stigmatisaient Babylone sans nuances et la
taxaient de ‘Grande Prostituée’...
7Une petite communauté du peuple adorateur de
Yahvé était dispersée dans la ville. L’un d’eux s’appelait
Lamech et engendra un fils auquel il donna le nom de
Noé – qui signifie Repos, en disant :
– Celui-ci nous consolera de nos fatigues et du travail
pénible de nos mains, provenant de cette terre que
l’Éternel a maudite.
Sa tribu avait son propre temple où des prêtres
sacrificateurs enseignaient l’histoire de leur peuple,
affirmant que leur Dieu avait créé les deux premiers
êtres humains, Adam et Ève, puis les avait chassés du
jardin d’Éden parce qu’ils lui avaient désobéi. Et il avait
maudit le sol que l’homme cultiverait.
C’est pourquoi Lamech voulut que le garçon apprît
un métier : Il devint charpentier.
Quand son père mourut, le jeune homme resta dans
la cabane familiale, située sur une butte naturelle
surplombant la plaine fertile, au nord, et la ville au
bord de l’Euphrate, au sud.
Noé vivait dans cette société corrompue et il fit très
vite partie des puissants.
Pourtant, il n’était pas riche, mais il était
gigantesque.
La stature humaine, en ce temps-là, dépassait tout
juste les trois coudées et demie. Noé échappait à cette
moyenne. Dans une foule, on le repérait tout de suite,
car il dominait les plus grands de la tête et des épaules.
Dès l’enfance, sa croissance le distingua de ses
compagnons de jeux et il eut très tôt le surnom de Néphil,
Géant en hébreu. Cela suscita chez ses parents une
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