La vie selon Dou tome 2

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Description

Ce deuxième tome de la série La vie selon Dou continue de nous enchanter par son style coloré et ses personnages attachants. K E Lacroix persiste dans sa quête de bonheur pour son héroïne. Elle brosse avec amour un portrait de la vie adolescente et de sa Gaspésie natale, à travers les émotions, les espoirs et les déceptions de ses personnages. Un second tome bourré d’anecdotes et de savoureuses réparties qui promettent une suite captivante !
Dou retourne à l'école après un été haut en couleurs et en rencontres intéressantes. Elle est persuadée qu’elle vivra un automne tranquille. Mais c'est impossible quand on se nomme Dou Monroe et qu’une Laura DeGuise vient nous empoisonner la vie. Entre une mouffette, une voiture bleue, une célébration de l'oignon et Micky, son mystérieux nouvel ami, elle retrouvera le beau Joseph, revenu d’Europe. Dou vivra un automne rempli de surprises où la simplicité n’est jamais au menu du jour !
TABLE DES MATIÈRES
PROLOGUE .........................................................9
CHAPITRE UN .................................................17
MA NÉMÉSIS
CHAPITRE DEUX..............................................49
CONFIDENCES PRÈS DES MORTS
CHAPITRE TROIS.............................................95
L’OURAGAN DOU FAIT DES RAVAGES
CHAPITRE QUATRE.......................................129
MICKY TOUT SIMPLEMENT
CHAPITRE CINQ ............................................169
UN MARIAGE-SURPRISE
CHAPITRE SIX................................................205
DEUX ANGES
CHAPITRE SEPT ............................................261
TON FRÈRE ET LE MIEN
ÉPILOGUE .......................................................309

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Informations

Publié par
Date de parution 24 octobre 2014
Nombre de visites sur la page 7
EAN13 9782895992134
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0067 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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KE Lacroix
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Arc hives
nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Ca nada
Lacroix, KE, 1975-
 La vie selon Dou
 Sommaire : t.2 Un automne de surprises.
 Comprend des références bibliographiques et un index.
 Pour les jeunes.
 ISBN 978-2-89599-213-4
 I. Villeneuve, Mylène, 1976- II. Lacroix, Kathy-Édith, 1975
Automne de surprise. III. Titre IV. Titre : Un a utomne de surprises.
PS8605.A879V53 2013 jC843'.6 C2013-941912-8
PS9605.A879V53 2013
© Les Éditions de la Paix inc. et KE Lacroix
Dépôt légal 3e trimestre 2014
Maison d’édition Les Éditions de la Paix inc.
Courriel : info@editpaix.qc.ca
http://www.editpaix.qc.ca
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Révision Danielle Malenfant, La Plume Rousse
Collaboratrice Comité de lecture
Illustrations Mylène Villeneuve
Infographie JosianneFortier.com
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La vie selon Dou tome 2
Un automne de surprise
Pour mes trois amours : Vanessa, Ariane et mon adorable Gabryel. Malgré les années qui s’écoulent et parfois l’absence de contact,
je vous aime sincèrement.
Pour Tommy, Emilie,
Kenny-Alexis et Chloe Jade que j’ai vus grandir et que j’adore.
Mes souvenirs sont remplis de vos sourires et des b eaux moments en votre présence.
La vie selon Dou est inspirée de la Gaspésie adorée de KE Lacroix, petit clin d’oeil à tous les Gaspésiens s’étant exilés vers les grandes villes pour travailler ou étudier. Pour que tous les gens puissent s’identifier au réc it, l’auteure a changé les noms des lieux et certaines distances d’un endroit à l’autre . Dans sa liste de miracles à accomplir, elle a réalisé le premier : partager la culture gaspésienne avec le monde entier et faire sourire petits et grands avec les a necdotes attachantes de Dou Monroe !
PROLOGUE
« Le navire prend d’abord forme dans la tête du maître charpentier. L’agencement des courbes, le rapport des proportions et des formes q ui émergent sont concrétisés à travers une série de gabarits. »
Extrait des gabarits, ancienne exposition de la Cha rpenterie du Site historique du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac.
J’aime cette définition, je trouve incroyable le fa it que la conception d’un navire commençait sans mesure autrefois, c’était juste une image qui prenait forme dans la tête du maître charpentier. Mon gabarit à moi est u n peu compliqué. Il est en forme d’arc pour mieux faire face à la vie et me protéger des mauvais sorts. Il a également une courbe fantaisiste à son bout qui rappelle le s abre des samouraïs. Le navire que je suis est d’une beauté un peu exotique, un peu nature sauvage, et d’une ligne souple, qui le rend rapide sur les eaux mouvementées de l’e xis- tence. Je crois sincèrement que je suis une très belle embarcation avec une fig ure de proue attrayante. Je suis le « Dou Perfection ».
—Dou, qu’est-ce que tu fais ?
Oh ! Ça, c’est un marin qui vient perturber ma pais ible navigation !
— Tu dessines ENCORE un bateau avec ta petite perso nne en figure de proue ?
Ignorons cet inculte.
—Tu viens de me dessiner en train de me noyer. Ce q ue tu es vilaine !
En fait, mon frère Steven a raison. Je ne devrais p as le dessiner en train de se noyer, mais plutôt poursuivi par un requin. Depuis l’enfan ce, j’ai pris l’habitude d’exprimer tout ce que je vis à travers mes dessins. Tout ce qui m’ entoure se retrouve à un moment ou à un autre dans mes croquis. C’est mon passe-temps favori. Le deuxième sur ma liste, c’est la culture japonaise. Oh ! que oui ! Je n’aurais pas dû naître au Canada, mais au Japon. Je suis une fanatique des mangas (bandes des sinées d’origine japonaise), des dessins animés et des séries télévisées japonaises. Abe Hiroshi est vraiment mon acteur favori depuis que je l’ai vu dans la série T rick. Trop beau et incroyable comme acteur, ce Japonais ! Désolant qu’il ne soit pas pl us connu ailleurs dans le monde, car je ne me sentirais pas si seule dans son fan-club q uébécois. J’écoute tout ce qui vient du Japon, sous-titré en anglais, bien sûr, car mon japonais n’est pas excellent. Je l’apprends à l’oreille, graduellement, avec le temp s. Pour bien acquérir cette langue, il faudrait que je la parle avec quelqu’un régulièreme nt et que je connaisse la base grammaticale. C’est plus long quand on le fait à l’ oreille sans aide d’aucune sorte.
C’est triste que les Asiatiques n’aient pas tous le même dialecte, car j’ai découvert récemment quelques séries sud-coréennes fabuleuses (mes frères diraient que c’est logique que ça ne vienne pas de la Corée du Nord, p uisque c’est un lieu fermé au reste du monde), et les acteurs Lee Min-ho (vous adorerie z la série Faith, aussi nommée The Great doctor) et Oh Ji-ho sont à couper le souffle. Allez voir sur Internet, ça vaut le détour ! Ce n’est pas évident d’apprendre deux lang ues en même temps, mais je persévère ; je suis encore jeune. Person- nellement, je trouve le japonais plus facile à comprendre que les autres dialectes d’Asie. Les lan gues asiatiques sont plus complexes que celles des Occidentaux, mais à ma gra nde joie, le japonais est une langue basée sur les sons et dont la prononciation est plus compréhensible pour une fille de campagne, Québécoise-Anglaise-Française, c omme moi. Eh oui, je suis un sang-mêlé canadien ! Pour ceux qui ont tendance à c ommencer un récit par le milieu, je vous résume ce que j’ai déjà raconté à mon auditoire invisible (vous, votre voisin, votre grand-père, votre soeur ou votre copine de cl asse) lorsque j’ai partagé l’histoire de l’été incroyablement farfelu et pourtant diverti ssant de mes quatorze ans.
Je vous fais ça court pour ceux ou celles qui le sa vent déjà. Comme mes parents, Vanessa Chamory et Donald Monroe, sont divorcés dep uis dix ans, qu’ils en font encore tout un drame, que notre père n’est pas vrai ment présent pour mes frères et moi, disons que notre vie de famille n’est pas des plus sereines. À mes yeux, le lien familial n’a de sens que lorsque mes frères sont là . Steven, l’aîné, est âgé de dix-neuf ans et il travaille comme garagiste. Karl, le secon d, a dix-sept ans et il étudie la littérature dans un cégep à environ une heure de ro ute de la maison. C’est la raison pour laquelle notre mère fait du covoiturage pour s e rendre au travail, car elle lui a prêté sa voiture. L’essence coûte moins cher qu’un logement et tout ce qui s’en suit. D’un autre côté, cette manière d’agir permet à Karl de se passer de prêt étudiant et ainsi, de ne pas s’endetter pour vingt ans. Je ne c ommencerai pas à vous parler des frais d’études au Québec, c’est déprimant ! Cependa nt, si notre père ne payait pas les frais scolaires de mon frère, ma mère ne pourrait p as assumer les études de celui-ci. Steven n’a pas voulu en faire. Il a terminé le seco ndaire, et c’était suffisant pour lui. Il a utilisé son talent en mécanique pour se trouver un emploi et il s’applique dans son métier. La petite dernière, c’est moi, Donavane Mon roe. Vous comprendrez que, malgré la symbolique de mon nom qui mélange les pré noms de mes deux parents
(Dona pour Donald et Vane pour Vanessa), je me fais surnommer Dou Monroe. Un surnom que j’adore pour sa simplicité et son origin alité !
—Dou ?
Oups, j’étais tellement concentrée sur ce que je fa isais que j’en ai oublié mon frère casse-pied.
—Quoi ?
—Tu viens m’aider à préparer le repas ?
Un coup d’oeil à mon réveille-matin me fait sursauter. J’ai complètement dépassé mon temps de repos prescrit par le Livre des lois des D ou-en-état-de-choc. Steven tire sur l’une de mes longues mèches sombres.
—Karl sera là dans une heure. Tu ne veux tout de mê me pas qu’après ses heures de cours et deux heures de route, il prépare à manger pour tout le monde ?
J’aurais pu répondre : « Pourquoi pas ? » mais ça a urait été sans-coeur et je ne le suis pas. De plus, j’adore mes frères et je ne voudrais en aucun cas les décevoir. Je me suis levée, comme poussée par un ressort.
—Je m’occupe du spaghetti. Steven a grimacé un sourire :
—Bien sûr, c’est tellement compliqué de faire bouil lir de l’eau, puis de surveiller la cuisson des pâtes !
J’ai affiché un grand sourire innocent en réponse à cette réflexion et je me suis élancée hors de la chambre en riant. Cependant, entre vous et moi, je me dois de vous confier ce qui m’a chamboulée récemment. J’ai croisé la rou te d’une petite princesse qui m’énerve sur bien des points, et après une semaine, je n’arrive toujours pas à digérer mon entrée scolaire qui a mal commencé. Dire qu’après un été haut en couleur et de belles rencontres, l’automne me paraît se présenter avec de gros nuages sombres. Puisque je ne veux pas inquiéter mes frères, je mets un point d’honneur à plaisanter, à chialer et à argumenter, bref, à être moi-même malg ré mes soucis. Comme ma tante Kate le dit toujours : « Les oiseaux se cachent pou r mourir, mais les humains se cachent pour souffrir. »
CHAPITRE UN, MA NÉMÉSIS
Loi douze du
Livre des lois des Dou-en-état-de-choc :
« Parfois, on peut, sans le savoir, trouver la solu tion à un problème qui surviendra plus tard. »
Je traîne de la patte, car je n’ai aucune envie d’a ller à l’école aujourd’hui. Pourtant, mes frères et moi avons la réputation de dévorer to us les livres, toutes les informations que l’on place à notre portée. Ce trait de caractère est un héritage de tante Kate
Monroe. Après la séparation, puis le divorce de nos parents, nous étions trois gamins laissés à eux-mêmes. Notre mère était déprimée, ell e se sentait trahie, et c’est la soeur de notre père, une passionnée d’art et de littératu re, qui a veillé sur nous durant un mois. Il a fallu un seul petit mois pour que son in fluence s’imprègne en nous. Lorsque Vanessa Chamory s’est considérée comme assez forte pour reprendre le flambeau familial, notre chère tante Kate est retournée sur son île d’Hawaï, et nous la voyons très rarement depuis. À Noël et pour nos anni- vers aires, elle nous envoie des livres, tandis que nous lui téléphonons de temps à autre, e n particulier pour sa fête. C’est cette soif de connaissance qui fait que mon manque d’entrain pourrait paraître suspect, et, que je dois faire un effort. Voici ce qui s’est produit il y a exactement une semaine de cela : j’ai rencontré la fille de Lucifer. Vous ne me croyez pas ? Attendez que je vous raconte !
C’était la première journée d’école à la polyvalente de Mertierville. Mes quatorze ans tout frais du mois de juillet me donnaient un air b lasé. Mon attention entièrement retenue par l’Ave Maria pop de David Bisbal que je fredonnais tout bas (je ne parle pas espagnol, donc je fredonne l’air à défaut de connaître les paroles), et mon nez dans le numéro 20 du manga Nana (que je dévorais littéralem ent), n’incitaient pas les gens à m’adresser la parole. En réalité, je profitais de l’absence de mes trois meilleures amies pour terminer ma lecture. Une mèche blonde a cascad é sur ma page et j’ai levé les yeux, surprise. Une jolie jeune fille d’environ mon âge, aux yeux bleus rieurs et au sourire si lumineux que j’ai été aveuglée, venait d e se pencher vers moi. J’ai reculé contre le mur et je l’ai dévisagée bêtement. Elle a vait une voix mélodieuse et s’est adressée à moi comme Blanche-Neige chantant avec le s oiseaux :
— Bonjour ! Tu es Dou, n’est-ce pas ?
Comment cette apparition sortie d’un livre de conte s connaissait-elle mon nom ? J’ai hoché la tête, et elle a dit, avec un petit rire qu e j’ai jugé énervant, peut-être parce qu’elle me donnait des complexes avec sa fraîcheur lumineuse :
— Joseph m’a parlé de toi. Il m’a dit que tu étais sans doute la seule fille jolie de Mertierville qui adorait les bandes dessinées japon aises.
Mon coeur a fait un bond dans ma poitrine, et je me suis sentie mal. Joseph DeGuise, c’est le garçon dont je me suis éprise durant l’été , celui qui est parti, celui dont je n’ai pas de nouvelles, celui que je veux absolument oubl ier. J’ai serré le poing sur mon livre et j’ai ainsi refermé les doigts sur l’anneau irlandais que Joseph m’a offert. Mes souvenirs ont défilé à toute allure dans ma tête. C omme il me manque, ce jeune homme qui s’entoure de mystères comme le personnage d’Usui dans le manga Kaichou wa maid-sama ! J’en avais mal à l’âme, et l ’espace de quelques secondes, j’ai replongé dans un passé pas si lointain. Je me suis rappelé ma rencontre avec Joseph, un soir de fête avec les copains sur la plage ; je me suis souvenue à quel point il m’attirait et que mon coeur battait très fort lorsq ue je le voyais. Joseph, c’est le fils de riche qui sort tout droit d’un film, c’est le garço n mystérieux et fascinant qui offre, avant de partir pour l’Europe, un anneau irlandais, un « toi et moi », à la fille pour qui il a eu le coup de foudre. Joseph, c’est un petit ami à distan ce qui occupe beaucoup trop souvent mes pensées, mais son absence me déchire. I l ne donne plus signe de vie depuis un moment. Il m’a écrit deux fois pour me do nner des nouvelles trop brèves à mon goût. Il n’a plus répondu à mes courriels depui s des semaines et j’ai cessé de lui écrire, un peu déçue qu’il ne tienne pas une corres pondance constante comme j’aurais
aimé qu’il le fasse. Ça me fait d’ailleurs trop mal pour que je m’y arrête. Je préfère ne pas y penser. C’est rare qu’on tombe amoureux si pa ssionnément et si rapidement. Joseph aurait pu entretenir la flamme malgré la dis tance. Ça me met hors de moi, juste à l’idée qu’il ait pu se jouer de moi ! Comble de l a frustration, cette fille mentionnait son nom avec le sourire, alors que je suis frustrée de ne pas recevoir de messages de sa part ! Joseph lui aurait-il parlé de moi avant son départ pour l’Irlande ? Étrange, comme concept. La petite poupée blonde a semblé lire dans mes pensées.
— Je suis Laura DeGuise, la soeur de Joseph.
Joseph ne m’a jamais dit qu’il avait une soeur. D’a illeurs, c’était étrange, car ils ne se ressemblaient pas du tout, et sa pureté me paraissa it trop hypocrite pour être réelle ; bref, je ne l’aimais pas cette fille. C’était instinctif, comme si je sentais dans mes entrailles que cette petite perfection de fraîcheur et d’innocence n’était pas sincère. Ça paraît un peu idiot, mais mon instinct me hurlait d e me méfier de cette blondinette. C’était énervant aussi de faire face à ce sourire é panoui quand, depuis des semaines, je me demandais pourquoi je m’étais autant attachée à un garçon que je ne connaissais presque pas ! Qu’est-ce qu’elle faisait là si Joseph avait dû partir vivre de l’autre côté de l’océan ? J’ai plissé les yeux pour l’examiner attentivement, ce qui l’a prise au dépourvu. Un point pour moi !
—Pourquoi tu me regardes comme ça ?
—Pour rien.
En fait, j’essayais de l’imaginer avec des cornes. Elle a eu un petit rire de gorge qui m’a tapé sur les nerfs. Je ne suis pas de nature ag ressive, mais je suis passionnée, et mes réactions sont un peu vives. Toutefois, cette fille avait le don de réveiller la tigresse en moi, et ce n’était pas du tout agréable . Mes meilleures amies sont arrivées sur l’entre-faite. Annie a même dédié à Laura un so urire radieux, et je me suis rappelé à contrecoeur que les grands-parents de Joseph et d e Laura étaient ses voisins ; donc, elle devait déjà connaître cette peste aux airs ang éliques. Nathalie, mon amie aux yeux verts pétillants, a pris la parole, sa chevelure bl onde bouclant autour de son beau visage espiègle.
— Tu as rencontré Laura, Dou ? Super ! Je l’ai croisée tout à l’heure. Annie nous l’a présentée.
Jessica, le dernier membre du quatuor que nous form ons, a pris un air extasié en s’adressant à Laura.
— J’adore tes cheveux ! Quel produit utilises-tu po ur les rendre aussi beaux ?
Jessica est d’une candeur naturelle. Elle est facil e d’approche et sans jugement, c’est ce qui fait qu’elle connaît pour ainsi dire tout le monde dans les environs, au moins de nom. Ma pauvre amie venait de se faire charmer par cette créature déguisée en princesse. Laura a glissé les doigts dans ses cheve ux et a humblement baissé les yeux en disant :
— C’est naturel, je n’emploie rien de spécial.
Il y a eu trois soupirs d’extase, et je me suis lev ée du banc sur lequel j’étais assise.
—Les cours vont débuter bientôt, je vais chercher m es livres. Vous venez, les filles ?
Nathalie a froncé les sourcils.
—Tu es bien expéditive aujourd’hui ! Annie m’a serm onnée, c’est son passe-temps favori, j’ai l’impression:
— Laura ne connaît personne, elle vient tout juste de s’installer chez ses grands-parents. Tu devrais être plus gentille, Dou.
Je me suis tournée vers Jessica, et à son regard bl eu-gris, j’ai compris qu’elle désapprouvait mon comportement, elle aussi. Laura a empiré son cas en déclarant simplement :
— Ce n’est pas grave. Mon frère n’a pas été gentil avec elle, il est parti et n’a plus donné de nouvelles. En plus, il est en couple avec un mannequin britannique et j’ai commis l’erreur de lui parler de lui. C’est normal que Dou pense que tous les DeGuise sont des monstres.
Sa petite voix douce m’a fait grincer des dents. Na thalie s’est aperçue que la couleur de mes yeux avait passé du brun au noir et elle a s enti l’orage venir.
—Dou se contrefiche pas mal de Joseph, Laura. Elle est simplement un peu stressée en ce moment. Allez, viens, Dou ! À plus tard, les filles !
Nathalie m’a saisi le bras et m’a entraînée à notre casier. En sortant ses livres, elle a dit :
—Tu ne l’aimes pas ?
J’ai grogné plus que j’ai parlé :
—Pas vraiment, elle m’énerve.
— Ce n’est pas une mauvaise fille, du moins, elle n ’en a pas l’air. Tu devrais apprendre à la connaître avant de te forger une opinion. Ce n ’est pas toi de juger ainsi.
J’ai soupiré :
— Je sais ; elle m’agresse et je ne sais pas pourqu oi.
Brusquement, toute couleur a déserté mon visage, au moment où je me suis rappelé ce que Laura venait de dire. J’ai levé les yeux vers mon amie qui me dépassait d’une bonne tête.
— Elle a dit que Joseph fréquentait un mannequin britannique ?
Nathalie a grimacé un sourire :
— Je me demandais quand tu le saisirais… hum, oui, c’est ce qu’elle a dit.
J’ai serré les dents.