Le Bonheur et autres troubles

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Un prétendu éditeur découvre un mystérieux coffre rempli de manuscrits. C’est là le prétexte pour retracer les pas de personnages associés à la famille Ashfaq, issue de la bourgeoisie musulmane d’une ville indienne dévastée par les émeutes religieuses des années 1990.


Au fil des nouvelles de ce recueil, le lecteur voyage en Inde, en Birmanie, en Angleterre, en République tchèque, au Groenland, aux États-Unis et au Canada, de la Seconde Guerre mondiale à aujourd’hui. Il y découvre une gamme de personnages et de sociétés aux prises avec la violence et l’oppression. Pour en accentuer l’artifice littéraire, la plupart des nouvelles sont racontées par un narrateur ou une narratrice dans un style distinct qui explore les mille et une façons connues d’aborder les thèmes choisis. En empruntant la voix des opprimés, les narrateurs mettent à mal leur propre récit. Et en mettant en doute la lecture qu’en fait l’« éditeur », sa femme lève le voile sur l’embarras et les inclinations de son mari. Aussi persuasive soit cette logique de narration, le cadre qui régit l’ensemble joue sur la vraisemblance des histoires racontées.


Ce premier recueil de nouvelles signé Saidullah repousse les limites de la langue littéraire grâce à la parfaite maîtrise qu’en a son auteur, qui manie avec brio une multitude d’affects, d’émotions, de styles et de genres narratifs. Le Bonheur et autres troubles, œuvre hautement originale et remarquablement élaborée en un lacis de récits entrecroisés, saura plaire à tous ceux et celles qu apprécient la nouvelle et la fiction.


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Publié par
Date de parution 27 novembre 2013
Nombre de visites sur la page 32
EAN13 9782760320987
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0105 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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LE BONHEUR
et autres
TROUBLESle Mien-poème aux cent bouches
Paul CelanAhmad Saidullah
LE BONHEUR
et autres
TROUBLES
Traduit de l'anglais (Canada)
par Annick Geoffroy-Skuce, Marc Charron
et Caroline Lavoie
Les Presses de l’Université d’Ottawa
2013
Collection Traduction littéraireLes Presses de l’Université d’Ottawa (PUO) sont fières d’être la plus ancienne maison d’édition
universitaire francophone au Canada et le seul éditeur universitaire bilingue en Amérique du
Nord. Fidèles à leur mandat original, qui vise à « enrichir la vie intellectuelle et culturelle », les
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Révision linguistique : Nadine Elsliger
Correction d’épreuves : Thierry Black
Mise en page : André Vallée – Atelier typo Jane
Maquette de la couverture : Johanna Pedersen
Développement numérique/eBook: WildElement.ca
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada
Saidullah, Ahmad[Happiness and other disorders. Français] Le bonheur et autres troubles
/ Ahmad Saidullah ; traduit de l'anglais (Canada) par Annick Geoffroy-Skuce, Marc
Charron et Caroline Lavoie.
(Collection Traduction littéraire)Traduction de: Happiness and other disorders.Nouvelles.Publié
en formats imprimé(s) et électronique(s).ISBN 978-2-7603-0812-1 (couverture souple).--ISBN
978-2-7603-2115-1 (pdf).--ISBN 978-2-7603-2098-7 (epub).--ISBN 978-2-7603-2116-8 (mobi)
I. Lavoie, Caroline, traducteur II. Charron, Marc, traducteur III. Geoffroy-Skuce, Annick,
traducteur IV. Titre. V. Happiness and other disorders. Français
PS8637 A446 H3614 2013 C813'.6 C2013-906497-4
C2013-906498-2
Dépôt légal :
Bibliothèque et Archives Canada
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
© Les Presses de l’Université d’Ottawa, 2013Préface
a traduction en français d’auteurs anglophones d’origine sud-asiatique est un phénomèneLassez récent, qui remonte essentiellement au début des années 1980. Or, depuis sa
découverte d’auteurs comme le romancier britannique d’origine indienne Salman Rushdie, le
lecteur francophone, qu’il soit d’Europe ou d’Amérique, semble de plus en plus intéressé et
intrigué par ces écrivains venus d’un monde à la fois fascinant et lointain, et évoluant très
souvent en Grande-Bretagne, aux États-Unis ou au Canada. Convient-il alors de parler d’une
littérature sud-asiatique affirmant de plus en plus sa présence dans ces pays majoritairement
anglophones, ou bien d’une littérature d’expression anglaise de plus en plus marquée par
l’expérience sud-asiatique de l’exil ?
Happiness and Other Disorders est l’une de ces œuvres qui intriguent. Son auteur, le
Canadien d’origine indienne Ahmad Saidullah, a d’emblée attiré l’attention des jurys de
nombreux prix littéraires parmi les plus prestigieux, non seulement au Canada (CBC Literary
Prizes, Danuta Gleed Literary Award) et en Inde (Vodafone Crossword Book Award), mais
également aux États-Unis (Panliterary Award du Drunken Boat) et en Irlande (Fish Publishing
International Short Story Contest).
Curieusement, ou peut-être pas dans un contexte mondialisé de la circulation des livres, la
scène littéraire asiatique semble de plus en plus occupée par des auteurs nord-américains. Ou
devrait-on plutôt parler d’auteurs nord-américains d’abord et avant tout actifs et présents sur la
scène littéraire asiatique ? On n’a qu’à penser à des auteurs bien établis et mondialement
reconnus comme Jhumpa Lahiri aux États-Unis ou Michael Ondaatje au Canada. Et les étoiles
montantes ne manquent pas : Miguel Syjuco, auteur montréalais d’origine philippine, lauréat du
Man Asian Literary Prize en 2008 ; Xu Xi, qualifiée d’auteure anglophone
hongkongonewyorkaise, finaliste de ce même prix en 2007 ; Chitra Banerjee Divakaruni, lauréate de
l’American Book Award en 1995 ; Pasha Malla, récipiendaire en 2009 des prix Trillium et Danuta
Gleed ainsi que finaliste aux prix du Commonwealth et Scotiabank Giller la même année. On
pourrait encore citer maints exemples.
Lors de la parution de Happiness and Other Disorders, en 2008, la question de l’identité
duelle (canadienne et indienne) de l’auteur s’est présentée. Notons d’entrée de jeu que le recueil
a été reçu avec autant d’enthousiasme au Canada qu’en Inde. Le fait qu’il ait été publié la même
année par Key Porter House, à Toronto, et par Penguin Books India, à New Delhi avec la même
couverture et la même description n’est sans doute pas aléatoire. Au Canada, le Globe and
Mail, le Toronto Star et le Hamilton Spectator ont salué l’émergence de ce nouvel auteur et, en
Inde, le Telegraph, le Statesman, le Financial Express et le Business Standard ont encensé
l’œuvre.
Il semblerait donc qu’à identité duelle correspondrait réception duelle. Mais comment
Saidullah a-t-il été présenté par la critique au Canada et en Inde ? Comme un auteur canadien
ou indien ? La presse culturelle canadienne semble quelque peu ambivalente sur la question. En
février 2008, le Globe and Mail parle à la fois de « new South Asian writing » et de « new
Canadian writers » pour décrire Saidullah et d’autres écrivains canadiens d’origine sud-asiatique.
Un autre article du Globe, paru un mois plus tôt, vante les mérites d’une œuvre de fiction qui fait
entrer le lecteur dans un « monde nouveau ». Au cours du même mois de janvier 2008, le Star
découvre dans l’écriture de Saidullah des accents de Faulkner, Borges, James et Nabokov, mais
aussi d’Ondaatje.
Les critiques indiens, quant à eux, semblent faire peu de cas de l’identité duelle de l’auteur, à
l’exception du Telegraph, qui passe en revue le recueil de Saidullah sous la rubrique « HomeThoughts from Abroad », titre emprunté au poème éponyme de Robert Browning. Mais où est
ce « home » et où est ce « abroad » ?
Chose certaine, si la presse indienne passe sous silence le fait que Saidullah est Canadien, la
presse canadienne ne manque jamais de préciser que cet auteur, s’il est né au Canada, a
grandi en Inde. Pour la traduction, la question n’est pas sans intérêt, car le texte traduit doit lui
aussi présenter l’auteur, mais en faisant se déplacer son œuvre encore un peu plus loin, à partir
d’un (ou de deux ?) univers culturel(s) vers un autre, francophone. C’est là qu’intervient la
question de la pertinence d’un appareil paratextuel, question liée à l’identité duelle de l’auteur.
Car pour bien comprendre l’œuvre en français, peut-on se passer tout à fait d’un appareil
paratextuel qui ferait office, en quelque sorte, de guide de voyage ?
Il importe tout d’abord de signaler que la plupart des nouvelles de Happiness and Other
Disorders sont profondément « enchâssées » dans l’univers culturel du sous-continent ou, pour
1reprendre le terme de Theo Hermans, sont enveloppées d’un « cultural embedding ».
Certaines nouvelles sont truffées de mots ou d’expressions non seulement en langues
sudasiatiques, mais également en tchèque et en lallan (référence partielle tout au moins, peut-on
penser, au poète écossais Robert Burns). Saidullah n’a pas jugé que cette intrusion de langues
étrangères, qui pourrait a priori dérouter le lectorat anglophone non indien, nuisait outre mesure
à la compréhension du texte. C’est pourquoi il a choisi de ne rien expliquer à ses lecteurs
anglophones. Mais il reste que les nouvelles de Saidullah ne sont pas d’une lecture tout à fait
facile, même en anglais, et le lecteur doit rester alerte pour comprendre les allusions, les
références intertextuelles et les soubresauts parfois simplement suggérés du récit. L’absence
d’un appareil paratextuel en anglais force le lecteur à s’engager activement dans la production
du sens.
Et Saidullah va plus loin. Se disant surpris que certains lecteurs puissent trouver le livre d’un
abord difficile, comme le rapporte en janvier 2008 le Hamilton Spectator, il va jusqu’à refuser de
distinguer par l’italique les mots en langues étrangères, comme il est d’usage. Mais pourquoi ?,
pourrait-on se demander. Saidullah explique que ce rejet délibéré de l’italique est un refus de
marquer les mots en langues sud-asiatiques comme singuliers car, dans le contexte culturel où
sont campés ses personnages, il est commun d’amalgamer anglais et hindi (ou ourdou, etc.).
Autrement dit, cette interpénétration des langues est naturelle pour les personnages qui
peuplent Happiness and Other Disorders. La reproduire textuellement semble donc fondamental
pour asseoir, si l’on veut, leur crédibilité.
On pourrait cependant vérifier si ce choix « linguistique » de Saidullah est le même partout et
s’il ne s’agit pas, à l’occasion, d’un « refus de traduire » comme stratégie, telle que le courant
postcolonial en traductologie nomme ce type de phénomène. En effet, le refus délibéré de
l’italique rappelle la notion, reconnue et revendiquée par Saidullah lui-même, de « lacune
métonymique » que Bill Ashcroft place au cœur de la transformation de la langue littéraire, et qui
2serait, en soi, un « refus de traduire » . Pour ce théoricien du postcolonialisme, ce qui distingue
le texte transculturel, c’est son désir d’inscrire la différence et l’absence comme corollaires de
l’identité culturelle. Ainsi, toute stratégie de transformation (que ce soit la « traduction » d’une
réalité culturelle comme celle du monde sud-asiatique racontée en anglais, ou encore la «
traduction » stricto sensu de l’anglais vers le français) installe la différence au cœur du sens. Il
s’agit donc bien là de stratégies métonymiques pour marquer la différence culturelle, qu’on met
à jour grâce à la variation linguistique. Or, cette « lacune métonymique », sorte de « refus de
traduire », est une construction textuelle insérée dans le texte par le biais d’une allusion, d’un
3dialogue ou d’une variation linguistique . L’un des corollaires de ce refus est de forcer
l’engagement actif du lecteur envers la culture vernaculaire, la rendant par là centrale, et nonsecondaire, ce qui établit une distance culturelle tout en la franchissant. L’absence d’explications
devient à la fois stratégie pour marquer cette différence centrale et façon de s’assurer que le
sens n’est pas donné par une définition de dictionnaire ou une note explicative, mais plutôt
4construit par le lecteur lui-même .
Barbara Folkart, quant à elle, parle de « décalage traductionnel », qui fragilise le cadre de
référence commun (jusqu’à un certain point) essentiel à la communication entre l’auteur et ses
5lecteurs, surtout si ces derniers se situent dans un contexte culturel ou temporel éloigné . Ainsi,
il est plus difficile pour le traducteur d’afficher ce même refus d’intervenir que Saidullah, car il est
soumis à la forte tentation de corriger ce décalage et de restaurer ce cadre afin de s’assurer
que le texte sera compris et apprécié par les lecteurs de la traduction. Ainsi, il a tendance à faire
entendre sa voix, par le biais de notes de traduction ou d’un glossaire, le plus souvent pour
expliquer le contexte culturel ou historique. Autrement dit, plus le texte est enchâssé dans un
6contexte culturel éloigné, plus la tendance à l’explicitation se fait sentir chez le traducteur .
La question qui s’est posée à nous, traductrices et traducteur, était la suivante : comment
représenter en français les personnages et leur histoire non pas comme secondaires, mais de
façon centrale, tout en évitant de reléguer le lecteur à une place tout aussi secondaire ? Nous
étions préoccupés par l’absence totale d’explications, qui aurait pu empêcher le lecteur
francophone d’apprécier pleinement l’ouvrage. Poussée à l’extrême, cette situation pouvait
constituer une « lacune » infranchissable ou un « décalage » insurmontable, surtout parce que
les nouvelles de Saidullah sont pour l’essentiel, comme il a été dit, profondément enchâssées
dans le contexte culturel du sous-continent indien.
Ce fut là une réelle question d’ordre presque éthique et l’objet de bien des débats. Jugeant,
7comme Hermans , les notes de traducteurs comme une « rupture de discours » et peut-être
contraires à l’intention de Saidullah, qui a exclu toute note explicative de l’ouvrage original, nous
voulions tout de même faciliter la lecture de l’œuvre au lecteur francophone.
Nos débats ont d’abord été guidés par la tendance qu’on observe dans les traductions
françaises d’auteurs anglophones d’origine sud-asiatique. Au cours du dernier quart de siècle,
soit précisément entre 1983, date de la traduction de Midnight’s Children de Salman Rushdie
par Jean Guiloineau, et 2009, nous avons recensé pas moins de 53 ouvrages répondant à ces
8critères , tous se présentant comme des traductions de façon tout à fait transparente. Un peu
moins de la moitié, soit une vingtaine, contiennent un glossaire en annexe, dont la présence est
généralement signalée par une note de bas de page à la première occurrence d’un mot en
langue sud-asiatique. Quand on étudie plus avant les glossaires, on se rend compte qu’ils
contiennent surtout des références culturelles ou explications de réalités sociologiques relatives
au système de castes, aux pratiques religieuses et rituelles, ainsi qu’aux groupes sociaux ou
partis politiques. Les glossaires comportent également des termes exprimant le respect ou
l’affection, les liens familiaux, les formules de salutations ou de politesse, certaines interjections
répandues, etc.
Cependant, une bonne trentaine de traductions ont choisi de ne pas reléguer les explications
linguistiques et culturelles en fin d’ouvrage, mais plutôt de les insérer directement dans l’espace
paratextuel le plus direct, soit la note de bas de page. De cette trentaine de traductions, 19
précisent, par la mention « N.D.T. », que la note est bien celle du traducteur et non de l’auteur.
Du point de vue de leurs fonctions, les notes de bas de page et les entrées au glossaire ne
diffèrent pas beaucoup. Les sujets qu’elles couvrent sont souvent les mêmes. Mais les notes de
bas de page servent également à donner la traduction (hors du corps du texte) de passages ou
expressions laissées intraduites, à expliquer les références ou allusions historiques, culturellesou littéraires, qu’elles soient sud-asiatiques ou non, et à déchiffrer les jeux de mots parfois eux
aussi laissées intraduits. Enfin, une seule des 53 traductions étudiées comporte une préface du
traducteur.
En tant que traductrices et traducteur de Saidullah, nous avions donc à faire ce choix
d’inclure, ou non, un appareil paratextuel et, le cas échéant, de décider de la forme mais surtout
de l’ampleur à lui donner. À la fin (et après un long processus de réflexion amorcé en fait dans
le cadre d’une communication sur le sujet présentée il y a quelques années à Kuala Lumpur,
réunissant entre autres nombre de spécialistes de la traduction et des études interculturelles en
Asie), nous avons jugé qu’un appareil exhaustif composé de plusieurs notes de bas de page et
de multiples renvois à un glossaire détaillé, s’il eût certes pu assurer une lecture plus «
encyclopédique » de la traduction de Happiness and Other Disorders, n’était pas essentiel à sa
compréhension générale ni, encore moins, à son appréciation proprement littéraire. Et puisque
Saidullah cherche, faut-il le répéter, à engager le lecteur dans la production du sens, il laisse
subséquemment à celui-ci la responsabilité d’aller très souvent chercher ailleurs l’information
complémentaire où, quand et comme bon lui semble. Nous avons donc choisi de ne pas retenir
l’option de l’appareil paratextuel exhaustif, mais de proposer au lecteur un glossaire somme
toute limité et contenant des définitions assez brèves et élémentaires.
Enfin, ce recueil de nouvelles se prêtait à la traduction à plusieurs voix. En effet, les critiques
ont noté à quel point les nouvelles qui composent Happiness and Other Disorders diffèrent par
leur style, leur ton et leur manière de se présenter en tant que textes. Les différentes voix des
deux traductrices et du traducteur qui ont collaboré à cette version du recueil tentent de faire
écho à celles des divers narrateurs mis en scène par Saidullah. Aussi espérons-nous que le
lecteur aura plaisir à découvrir cet ouvrage extraordinaire ainsi que son auteur hors du commun.
Marc Charron et Caroline Lavoie
1 . Hermans, Theo (2009). « The Translator’s Voice in Translated Narrative ». Critical Readings
in Translation Studies, sous la direction de M. Baker. New York et Londres : Routledge, p. 199.
2 . Ashcroft, Bill (2009). Caliban’s Voice : The Transformation of English in Post-Colonial
Literature. New York et Londres : Routledge, p. 175.
3 . Id., p. 176-177.
4 . Id., p. 177.
5 . Folkart, Barbara (1991). Le conflit des énonciations : traduction et discours rapporté.
Montréal : Balzac Éditeur, p. 347.
6 . Op. cit., Hermans, p. 197-198.
7 . Id., p. 201.
8 . Nous tenons ici à remercier Élise Fournier-Lévêque pour ses recherches approfondies sur la
question, qui nous ont été d’un grand appui.Note de l’éditeur
on Nonneure, ma femme, insiste pour que j’inclue ceci, sans quoi elle me mettra le bras enSécharpe.
Je m’étais rendu à Sulaimsarai, un peu à l’extérieur de la ville, pour livrer la nouvelle au père
Eugenio. Une certaine sœur Dorota m’a conduit jusqu’à sa classe. Le padre se trouvait debout,
devant le tableau, en train de donner une leçon d’éducation morale à ses élèves.
— L’ignorance est quelque chose de difficile à surmonter. Voyons voir, a-t-il sifflé, emporté,
en effaçant quelques lettres au tableau. Si vous retirez les lettres « a », « n » et « c », il reste
toujours le mot « ignore » ; puis, si vous retirez les lettres « i », « r » et « e » et réinsérez le « n
», vous obtenez alors le mot « gnon ». Mukul, c’est ce que tu recevras sur la tête si tu continues
à mal te conduire.
Lorsqu’il m’a aperçu dans l’embrasure de la porte, il s’est avancé.
— Vous avez une minute ? lui ai-je demandé. C’est au sujet du coffre.
Il a acquiescé de la tête.
— Qu’entend Wordsworth par « L’enfant est le père de l’homme » ? Rédigez-moi quelque
chose là-dessus pendant le reste de la séance. J’ai un visiteur.
Plus tard, assis à la cantine, je lui ai transmis la nouvelle.
— Des papiers, c’est tout ? a-t-il demandé avec son habituelle voix de stentor. Ils ont une
certaine valeur ? Vous en êtes certain ? Il n’y avait rien d’autre ?
Je voyais bien qu’il avait du mal à croire que ce n’était qu’un tas de papyrus sans valeur
aucune. Je lui ai mentionné que certaines personnes avaient réclamé la boîte. Le padre a
immédiatement perdu tout intérêt et est retourné à sa classe.
Un mot, donc, au sujet de la boîte.
On peut me traiter de collectionneur d’histoires et d’historiettes. On peut me traiter de libraire,
d’éditeur, de boursicoteur ou d’acheteur de bibelots. On peut même me traiter de gardien de
secrets, mais on ne peut pas dire de moi que je suis un grand homme d’affaires. Ce n’est pas
ma janno (ou même moi) qui s’étonnera de voir, étant donné ma générosité, ma petite maison
d’édition se mourir, triste à dire, à coups de récriminations de la part des membres de la famille
de ma merveilleuse et très sensible épouse. Elle lit ces lignes et, bien entendu, elle est d’accord.
[Foutaise. Je n’ai rien lu et ne suis aucunement d’accord. Pourquoi écrit-il ainsi ? Toute cette
prose si fleurie. Un tas de balivernes. Tout à fait son genre.]
En effet, comme je m’apprêtais à le dire avant que ma femme m’interrompe, j’ai vendu des
cannes en verre de cristal, des manuscrits, des plaques d’or, des pierres précieuses, des
mohurs à H.P. Kraus à New York et à d’autres ; j’ai déambulé à travers les pièces, chargé de
lingots, dans le palais du nizam d’Hyderabad ; j’ai dû m’occuper de régler plusieurs bizarreries et
mystères en mon temps, mais je suis toujours méfiant envers les étrangers porteurs de
présents, étant d’un naturel dubitatif. Si j’écris tout ça, c’est que j’ai reçu ce qui m’est d’abord
apparu comme un cadeau. J’en suis devenu propriétaire peu de temps après que notre ville fut
déchirée par des guerres religieuses à un moment ou à un autre dans les années 1990, je ne
9sais trop quand au juste. Les cheveux grisonnent, la mémoire faiblit, hélas ! J’invite ceux qui
sont curieux à consulter un gazetier au sujet de notre annus horribilis. Pendant ce temps,
laissez-moi boire mon thé en paix.
Je venais de mettre fin à une conversation téléphonique avec une certaine Ceri Kirwan, fille
de Cyril et Stella Fielding – elle venait de terminer le présent livre et m’appelait depuis Londres
afin de m’offrir les papiers d’Alipore de ses parents pour examen de ma part –, quand le padre
Eugenio m’a apporté ce coffre peu attrayant en métal noir. Peu attrayant malgré sa taille, car vu
de l’extérieur, il était rectangulaire, volumineux sans plus, muni d’énormes brides, maisincroyablement, vraiment incroyablement lourd ; si lourd qu’il a fallu dix ouvriers de Bilaspur
ployant sous le poids du coffre pour le transporter jusque sur le porche. Les anneaux en fonte
sur les côtés étaient rongés par les années. Nous avons fait plusieurs tours autour du coffre et
j’avais cette étrange impression – ne riez pas – que c’était une chose noire et célèbre qui ne se
déplaçait ni dans les airs ni sans le lever grandiose du rideau, le charabia qui l’annonce, les
courbettes ou le frottement qui peu à peu en révèle le véritable secret. Il s’était auréolé du
même genre de mystère.
Ce coffre mesurait huit pieds de largeur et quatre de profondeur. Plus tard, le coffre pourrait
recevoir ma femme debout en chaussettes, ce qui confirme qu’il ne faisait pas plus de quatre
pieds de haut. Deux tiges de métal couraient telles des tresses sur les côtés, et on aurait dit que
le cadenas avait été conçu pour un coffre aux trésors comme on en voit dans les dessins
animés. De vagues gravures de couronnes, de serpents, de sirènes et de goélettes y étaient
ciselées, mais je ne peux imaginer qu’un tel coffre en fonte ait pu se trouver à bord du plus
extravagant galion de pirates, à moins d’avoir effectivement servi de coffre-fort. À coup sûr, il
était de curieuse facture, et même si j’ai recruté beaucoup de porteurs pour le retourner en tous
sens, on n’a pas pu trouver trace de l’imprimatur d’un quelconque fabricant.
Peu importe, le coffre ressemblait à n’importe quel autre, et plus je l’examinais, plus j’avais
l’impression qu’il avait été expressément fabriqué pour servir de coffre-fort. Le rabat avait acquis
une patine verte semblable à celle qui convient tellement bien aux toits et aux coupoles de
cuivre. Mais combiné avec de la suie et ce qui devait avoir résulté d’une décoloration due à la
fumée, le coffre était dur et graisseux au toucher, presque chitineux, comme du bois poli,
quoiqu’un peu plus souple dès lors qu’on appuyait l’ongle sur l’incrustation. Non, il n’y avait pas
de clé. De plus, chose étonnante, il n’y avait aucune trace laissant penser que le coffre avait été
forcé, ni qu’il y avait même eu tentative en ce sens, du moins au cours des dernières années.
Sous la suie, sur le dessus du coffre, figurait un médaillon où étaient incrustées des
arabesques et des fioritures, ainsi qu’une espèce de tracé sinueux qui laissait deviner un motif
ouest-asiatique, ce qui expliquait sans doute ces mots inscrits en runes d’allure vaguement
nabatéenne ou cyrillique, votre humble serviteur n’étant un spécialiste ni des unes ni des autres.
En l’examinant de plus près, j’ai pu constater que certaines parties du coffre étaient plus vieilles
que d’autres, bien que je n’aie trouvé aucun raccord ni marque de soudure ni moindre crique.
Peut-être n’était-il pas érodé uniformément en raison d’une exposition inégale aux intempéries
ou aux forces de la nature, quelles qu’elles soient. Aucune cloque ou écaille comme c’est si
souvent le cas avec la peinture, mais sur le dessus quelqu’un avait utilisé le bout d’un objet
suffisamment saillant pour y effacer les noms en lettres pointues, des runes masculines qui sont
des surnoms tout à fait communs quoique, considérées ainsi en bloc, elles remuaient chez moi
des souvenirs de mon temps passé avec la famille Ashfaq, de laquelle je parlerai un peu plus
loin.
Quoi qu’il en soit, il s’agissait là d’un bien curieux cadeau, pourrait-on penser, d’un porteur
bien bizarre. Le prêtre était réputé pour ses voyages effectués dans le but de sauver les
femmes déchues ou pour soustraire les enfants à l’exploitation sexuelle, ou encore pour infliger
à ses propres victimes des coups violents ou provoquer chez elles des terreurs à coups de
visions effroyables en alimentant d’horreurs ses sermons à l’école de menuiserie qu’il dirigeait à
Sulaimsarai quand il le voulait bien. C’était un grand et cadavérique prélat doté d’un énorme
appétit, un type plus grand que nature. Ces derniers temps, il passait la plus grande partie de
ses journées en compagnie d’un médecin, qui demeurera ici anonyme, à aider les Adivasis à
s’organiser contre les propriétaires terriens des castes supérieures. Jamais le padre ne s’était
fait prendre à participer à une altercation ou à une quelconque dispute. Un homme à l’esprit vif,
mais parfois instable.
Je n’ai pas posé de questions au padre au sujet du coffre, du moins pas tout de suite. Je faisrarement les choses de cette façon. Si on a l’instinct de ne rien dire, alors les secrets se
révéleront d’eux-mêmes. Cela est d’autant plus le cas si le détenteur de ces secrets est un
padre de Goa porté sur les réminiscences mélancoliques dès qu’on lui sert tasse après tasse de
feni. Bien entendu, je ne pouvais le faire à la maison sans risquer, de la part de ma femme, un
pyroclasme suffisamment puissant pour couvrir à nouveau Herculanum au moins dix fois, risque
venant en grande partie des servantes, qui sont de redoutables commères. C’est pourquoi j’ai
amené le padre vers l’arrière-boutique de l’un de ces cafés qu’on voit pousser partout ces
joursci dans notre voisinage. Il n’a pas fallu longtemps pour lui délier la langue. Après son cinquième
verre de rhum, faute de feni, il s’est mis à pleurnicher ouvertement sur les horreurs qu’il avait
vues lors des troubles religieux, de sa congrégation terrifiée, de ses frères et de sa sœur, et m’a
demandé tout bas si je connaissais quelqu’un qui pouvait les aider à émigrer au Canada ou en
Australie. Je n’étais pas en soi insensible à leur demande. L’Angleterre était beaucoup trop
antipapale à son goût.
En même temps, vous pouvez imaginer que j’étais impatient qu’il me donne des détails sur ce
qu’il avait apporté. Savait-il ce qu’il y avait à l’intérieur du coffre ? À vrai dire, plus les minutes
passaient, plus les paroles et les pensées de mon interlocuteur devenaient déliquescentes en
raison de l’alcool, et le padre s’est mis à chanter, de sa puissante voix de basse, quelques
paroles d’une chanson folklorique en konkani (dont l’une tirée du film classique Bobby). Il fallait
agir sans attendre, parler dans un coin tranquille, mais, tout d’abord, le faire taire. Je me suis dit
que j’y arriverais en exploitant une autre de ses faiblesses, le cari de poisson sur un lit de riz.
J’ai réussi en le tentant par l’odorat à le diriger vers un petit restaurant de fruits de mer. Après
avoir englouti le repas en quelques respirations, il a affirmé que le tout eût été parfait si j’avais
inclus un plat de sorpatel dans la balance. Quoi qu’il en soit, la prise en compte de cette lacune
semblait avoir suffi à le rendre sobre.
Non, il ne savait pas à qui appartenait le coffre, mais il était disposé à ce que nous nous
partagions son contenu. Pourquoi alors l’avoir fait transporter jusque chez moi, pourquoi ne pas
avoir tout pris pour lui ? L’Église le mettrait sous opprobre pour biens provenant d’une émeute
religieuse. Eh oui, une émeute ! Mais laquelle ? Où ? À qui le coffre avait-il appartenu ?
Comment ? Il n’a rien dit, en vérité, non sans faire quelques remarques cinglantes imputables
au Old Monk, dont il a bu l’équivalent de deux bouteilles pour se laisser persuader. Pourquoi
alors n’avait-il rien rapporté aux autorités ? Pour la même raison, et aussi parce que l’Église ne
voulait pas avoir l’air de prendre parti dans les disputes entre hindous et musulmans. Nous
vivons à une époque de fanatisme.
Oubliez in vino veritas, ce sacrement de vérité. Rien de plus retors que l’esprit d’un ivrogne,
sauf peut-être un moine ivrogne qui boit du rhum Old Monk, ou « Vieux Moine », même un
moine ivrogne moralisateur – et je pourrais ici poursuivre longtemps. J’ai cru comprendre qu’un
de ses paroissiens était entré en possession du coffre à l’époque des troubles, mais qu’il avait
été tué quelques années plus tard lors d’une autre « altercation », disait-il. Il laissait entendre
que le type en question était un converti qu’il employait à l’école de menuiserie depuis tout petit.
L’enfant était confus et dérouté quand il était entré à l’école, mais avait montré un certain talent
pour la menuiserie, selon le padre. Il avait fabriqué toutes sortes de crosses tarabiscotées pour
des fusils qu’ils avaient vendus à Ely, le fabricant d’armes et de cartouches, mais il se laissait
sans cesse attirer du « mauvais côté ». C’est tout ce que j'ai pu tirer du padre. L’identité
de cet homme était protégée par le caractère sacré du confessionnal, comme il aimait à le
raconter, entre autres balivernes. (Par la suite, ça a été quand même plutôt facile à deviner :
assurément, il devait s’agir de Munna, qui travaillait chez les Ashfaq et dont le triste sort est
relaté dans « La fuite en Égypte ».)
Frustré par son catholicisme d’ivrogne, mais prenant soin de refouler mon accès
d’agacement, je lui ai demandé ce qu’il y avait dans le coffre. Il a secoué la tête avecmélancolie, comme s’il me soupçonnait déjà de fourberie. Je sentais qu’il trouvait que je
poussais trop fort… et il avait raison. Je voulais savoir ce qu’il y avait dans le coffre. On l’ouvrira
ensemble demain, ai-je proposé, on dressera la liste de son contenu et la valeur de chaque
pièce, et puis on décidera comment procéder. S’il y avait des objets de valeur, j’ai dit qu’il me
faudrait du temps – peut-être une semaine, un mois, qui sait – pour en retracer la provenance,
et peut-être même contacter leurs propriétaires, s’il était possible de les retrouver, et de leur
rendre leurs possessions. Il a songé à tout cela d’un air hésitant et s’apprêtait à protester, mais
s’en est abstenu. Il m’a laissé entendre qu’il n’avait pas d’endroit pour passer la nuit. Je l’avais
prévu et, comme il ne manquait pas d’espace chez moi, je lui ai proposé un lit. Au bout du
compte, il est resté une semaine, jusqu’à ce que ma femme revienne.
Le lendemain matin, on a appelé un serrurier, qui, après avoir tiré sur la chaîne, graissé le
pilier et le trou de la serrure, et essayé différentes clés pour finir avec des bouterolles toutes
tordues, est parti en secouant la tête. Puis on s’est affairés avec une alène, un pied-de-biche,
un marteau et même une foreuse, tous des outils de haute technologie, il va sans dire. La
serrure semblait pratiquement indestructible. À la fin, on a fait appel à un ferrailleur de bateaux
sans travail d’Alang, qui s’est amené avec son chalumeau. Mais comme celui-ci était tout rouillé,
le ferrailleur a mis une heure à nettoyer et à huiler son outil avant qu’il puisse servir.
— Vous voyez, a-t-il dit en pointant le coffre, il est déjà passé au feu, mais il n’a pas cédé. Du
beau travail, nettement mieux que la coque de bien des bateaux.
Il a soufflé dans le bec du chalumeau, puis a percé un collet jusqu’à ce que le métal devienne
incandescent et les flammèches rebondissent sur son masque. L’Alangi a versé de l’eau sur le
métal, qui s’est mis à cracher de la vapeur bouillante. Ce n’est qu’au bout de six heures qu’on a
pu toucher au coffre-fort sans se brûler. Puis on l’a ouvert en forçant la serrure à l’aide du
piedde-biche, faisant bien attention de se tenir loin du métal encore chaud. La serrure a fini par
céder en émettant une sorte de grognement, un bruit rempli de l’anxiété que le métal produit
après des siècles de repos sans avoir la trouille – ou devrais-je plutôt dire de repos dans la
rouille ?
À l’aide de chiffons et de serviettes et de poutrelles, nous avons pu soulever le couvercle. J’ai
été étonné de voir comme l’intérieur était peu profond. Il s’arrêtait juste au-dessus du niveau du
premier galon. On a tous les trois envisagé la même hypothèse : il devait y avoir un double fond
ou même un triple fond. Qui l’avait fabriqué, où se trouvait-il exactement et comment y avoir
accès ? Vous vous direz : « Qu’est-ce que Sami radote au juste, page après page ? Y avait-il ou
non quelque chose dans ce damné coffre ? » Il faut laisser au narrateur ses petits plaisirs, qui à
son âge sont ou bien épuisés ou bien retardés. Je choisis les derniers, mais vous me faites
penser à ma femme. Elle aussi est frustrée devant ma façon de faire : « Tu y mets trop de
temps », dit-elle toujours.
Permettez-moi seulement d’ajouter qu’il y avait à l’intérieur quelques babioles, quelques
cartes, des choses de ce genre, noircies par l’âge ou le feu, qui sait, un collier en métal, celui
qu’Eugenio a enfoui dans sa poche en marmonnant « Pour mon école », jusqu’à ce que je lui
rappelle notre entente. Quand je lui ai fait ce reproche, il a eu l’air penaud, puis il a remis le
collier dans le coffre en discourant sur ses motifs légitimes et bien intentionnés, que j’ai écoutés
sans rien dire. Il faut savoir choisir ses combats. Mais je ne cesse de me faire interrompre.
Laissez-moi revenir au sujet. Pour le moment, réservez vos questions, s’il vous plaît.
Nos soupçons étaient justifiés. Il y avait en effet un fond, mais quand on a bougé le tiroir du
dessus avec tout son bric-à-brac, en faisant attention à mon dos plutôt capricieux et prompt à
s’affaisser au moindre effort, on a trouvé celui du dessous, vide lui aussi. Comme il était peu
profond, on s’est dit qu’il y avait évidemment un autre faux fond, qui devait faire environ dix
pouces. J’ai demandé aux dix ouvriers d’incliner tout doucement le coffre, pendant que
j’essayais de trouver une serrure, une manette, un bouton quelconque ou un fermoir. Ça a été