Le cœur de Rhedae

Le cœur de Rhedae

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Livres
234 pages

Description

« Elle est sortie de sa rêverie par quelqu’un qui prend place à côté d’elle. Maddy tourne la tête et découvre une vieille dame. Habillée tout en noir, un fichu noir lui aussi lui couvre ses cheveux blancs, son visage fripé dégage une sorte de sérénité. L’aspect général de cette grand-mère donne l’impression à Maddy qu’elle arrive d’un autre siècle. La jeune femme lui sourit timidement. Il y a quelque chose d’extrêmement triste dans le regard de sa voisine. La mamie lui sourit en retour tout en portant les mains à son cou. Elle ôte une chaîne sur laquelle pend un médaillon en forme de cœur. Un cœur tout en rondeurs, creux à l’intérieur formé d’arabesques finement travaillées. En son centre une rose ornée d’une petite pierre précieuse.

– Prends-le ma fille, c’est la clé. Tu en es la gardienne maintenant.

La vieille femme se lève péniblement du banc improvisé, sourit de nouveau à Maddy. Cette dernière regarde sans comprendre le pendentif et lorsqu’elle lève les yeux, la grand mère a disparu, comme évaporée. »



Ce mystérieux bijou va entraîner la jeune femme, dans une quête de la vérité et de ce que cache Rennes le Château.

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Date de parution 01 octobre 2017
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EAN13 9791031003894
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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PREMIÈRE PARTIE
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Rome. 470 après JésusChrist
Les hordes de Wisigoths sont entrées dans Rome en ne rencontrant qu’une petite résistance. L’Empire commence à vaciller sur son piédestal. Entre les luttes internes et les tri bus sauvages qui s’approchent des frontières, les légions ont de plus en plus de mal à faire face. Pendant que les hommes des troupes barbares s’occupent de mettre à sac les riches proprié tés de la capitale, le roi Almaric et ses généraux se chargent du palais de l’Empereur. Des tas de vaisselle en or, des coupes, des pierres précieuses, des bijoux jonchent le sol et montent haut contre les murs des réserves impériales. Sur un geste de leur souverain, les soldats transfèrent ces richesses dans des sacs et dégagent ainsi quatre caisses. Almaric s’agenouille devant elles. Il sait d’où elles viennent. En l’an 70, suite à une révolte de la population juive, vi vement réprimée par les romains, le temple de Salomon est détruit. Les romains emportent le trésor de Jérusalem à Rome comme prise de guerre. Dans ce butin, ils trouvent quatre caisses, mais elles sont chargées sur des charrettes à part, pro tégées par une garde rapprochée.
L’un des généraux veut en ouvrir une, mais Almaric l’en empêche d’un geste brusque. – Arrête malheureux, recule et n’approche plus de ces coffres si tu tiens à la vie. Voyant que son chef ne plaisante pas et qu’il a la main posée sur le pommeau de son épée, le soldat fait plusieurs pas en arrière sans demander son reste. Se retournant vers les autres, Almaric se met à hurler. – Je veux six guerriers armés autour de ces caisses, per sonne ne doit les approcher ! Le premier que je vois y toucher, je lui tranche la gorge !
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La mise à sac est terminée, Almaric donne ses ordres pour le départ aux hommes rassemblés devant le palais. Les mysté rieux conteneurs sont chargés sur un chariot entouré de sol dats armés jusqu’aux dents. Pendant que le souverain wisigoth et ses hommes conti nuent le pillage des villes romaines, un autre groupe conduit la carriole et les richesses de Rome jusqu’en Gaule du sud.
Neuf ans plus tard, Almaric et ses troupes ont tout pillé, tout dévasté. Ils arrivent à leur tour en Septimanie où ils re joignent ceux installés préalablement, près du fleuve Atax, sur une colline avec un monument à son sommet. C’est l’endroit désigné. Sous la bâtisse, Almaric trouve la crypte sacrée où il cache le trésor et les caisses. Le lieu est isolé, entouré de montagnes. C’est un coin ver doyant d’un calme presque religieux. Le souverain wisigoth décide de construire la citadelle et que l’édifice déjà en place servira de base au château.
En 507, les Wisigoths et leur nouveau roi, Alaric, sont écrasés par Clovis, et perdent une part importante de leur territoire. Il ne leur reste plus qu’une partie du sud, appelée Septimanie. L’oppidum wisigoth reprend de l’ampleur. C’est un lieu stratégique, commandant la rive droite, la haute vallée de l’Aude et la vallée de la Salz, donnant accès aux Corbières. Les Wisigoths font de Rhedae une place  forte militaire. Les francs étendent encore leur royaume et Alaric fait ren forcer les lignes de défense de la citadelle qui devient plus im portant. La cité se constitue de deux parties bien distinctes. Une ville installée sur le plateau au pied de la colline et la forteresse, au sommet, reliée au village par une rampe.
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ROYAUME DE SEPTIMANIE.
Pour le voyageur, l’oppidum de Rhedae est encore plus impressionnant que celui de Carcassonne. La capitale wisigo the du Razès compte près de trois mille habitants. L’endroit est défendu par une ceinture de forteresses se trouvant tout autour. La citadelle a deux entrées. L’une à l’Est donnant sur la campagne, l’autre, au Sud débouche directement sur la ville. Rhedae est divisée en trois parties, le Castrum Vallens à l’Est, entouré de fortifications pour pouvoir faire face à l’en nemi, le Sallasso, endroit où est battu le grain et d’où on peut accéder sans détour à la cité et enfin le Capello qui abrite la petite chapelle du château comtal, elle aussi fortifiée. Personne n’en connaît l’origine, mais une légende raconte que cet en droit cache un trésor inestimable. Officiellement, les Wisigoths, maîtres de la région sont fidèles à l’Église catholique, mais cette allégeance n’est que se condaire. Elle sert uniquement à protéger le royaume contre les éventuelles invasions de Rome. Les papes ont toujours eu un œil rivé vers la cité, depuis le sac de Rome en 410. Les Wi sigoths ont emporté avec eux ce que le Vatican tente de cacher depuis des siècles.
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FORÊT DE STENAY, ARDENNES, 23 DÉCEMBRE 639.
Il est midi lorsque la chasse se termine. Elle a été plutôt bonne. Dagobert, le souverain Mérovingien, harassé, décide de faire une sieste réparatrice avant de rentrer au palais. Son valet installe des fourrures sur le sol. Le monarque s’endort en quelques minutes à peine. Son sommeil est si profond qu’il n’entend pas l’homme qui approche doucement. Il ne sent pas non plus le poignard qu’on lui plonge dans l’œil, l’enfonçant profondément. Le meurtrier regarde le roi rendre son dernier soupir, mais ne se rend pas compte que le ser viteur du monarque a assisté à toute la scène, caché derrière un arbre. Le pauvre bougre est terrorisé, mais comprend ra pidement que l’héritier du trône est en danger. Il saute sur son cheval et file en direction du château de Stenay. La pre mière personne qu’il croise est Wilfrid, proche conseiller de Dagobert. – Monseigneur, le roi vient d’être assassiné ! Le prince et la reine sont en danger ! L’ordre est donné, il faut prendre la fuite au plus vite. Wil frid saisit l’enfant dans ses bras et suivi de la souveraine et de l’une de ses suivantes, quitte la forteresse en secret en passant par des souterrains connus de lui seul. Ils s’engagent dans des chemins de traverse pour rejoindre des hommes de la garde royale qui les attendent avec des chevaux. Le petit groupe fuit à travers la forêt en direction du Sud, de la cité de Rhedae où ils seront en sécurité. Le comte du Razès a toujours été un fidèle allié de Da gobert. Wilfrid sait qu’il peut lui faire confiance. Les deux souverains gardent précieusement le même secret. La seconde épouse du défunt roi, Gisèle mère du prince, est la fille de Béra II, Comte de Rhedae. Ce dernier prend son petitfils sous
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son aile et reçoit l’éducation nécessaire pour devenir le troi sième comte du Razès. À la mort du comte, Sigisbert est trop jeune pour monter sur le trône et c’est Gisèle qui devient régente du royaume. À cette occasion, le conseil lui offre un pendentif, un cœur tout en volume ciselé de feuilles et d’arabesques avec en son centre une rose. L’intérieur est creux et on pourrait y cacher quelque chose. – Voici, Majesté, le Cœur de Rhedae, signe de la maison royale. Après de nombreuses tractations, Sigisbert épouse Mag dala, princesse héritière de Carcassonne et de Narbonne. Sa première décision après son accession au trône est de changer de patronyme. Ceux qui ont tué son père en ont peutêtre encore après lui. Même si Wilfrid a fait courir la rumeur qu’il est mort, Sigisbert préfère être prudent. Désormais, sa famille s’appellerait Plantard. La noblesse de son royaume lui est en tièrement dévouée et prête à se sacrifier pour son souverain. Lorsque Béra l’a formé à son futur rôle de comte, il lui a aussi transmis le Secret. Dès lors le jeune homme a rejeté en bloc le catholicisme. Grâce à ce que lui a dévoilé son père de substitution, Sigisbert choisit la devise de la Maison Plantard. « ET IN ARCADIA EGO »
Le jeune comte a cependant peur. Il sait que ce que cache la cité doit absolument être protégé. Il charge donc ses meilleurs hommes de se mettre en route et de confier certains objets à la garde du Temple de Salomon, à Jérusalem, en Palestine. « où personne ne les retrouvera. »
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LETTRE D’AYMERIC DE VOISIN. JÉRUSALEM. 1099.
« Dieu le veut ! Des milliers de gorges lancent ce cri de combat. Notre armée est arrivée sans encombre jusqu’à Bethléem et est accueillie par les chrétiens parvenus avant nous. Au bout de quelques jours de marche harassante, nous apercevons avec soulagement les remparts de Jérusalem. Nos hommes souffrent de la chaleur sèche de la région et nous comptons déjà plusieurs morts dans nos rangs à cause de cette canicule. Nous savons que la prise de la Ville sainte ne va pas être chose aisée. Les bastions sont hauts et nous sommes aussi au courant que l’armée ennemie à la réputation d’être combative. Jérusalem est tenue par une garnison égyptienne prête à se sacrifier plutôt que nous laisser, nous chiens d’infidèles, prendre la cité. Heureusement pour nous, l’escouade génoise arrive juste à temps avec du matériel de siège et des renforts. On donne l’assaut le 14 juillet, mais le régiment égyptien résiste vaillamment. Les combats sont d’une extrême violence cependant nous n’avançons pas. Un chevalier Godefroy de Bouillon et son frère réussissent non sans encombre à s’approcher des murailles de la ville. Les tours sont en feu. Pour se protéger des flammes, les deux hommes se couvrent de peaux de bêtes fraîchement écorchées. Le carnage peut commencer. Une fois entrés dans Jérusalem, grâce aux deux camarades, qui nous ouvrent les portes, on accorde un saufconduit aux femmes, enfants et vieillards qui se trouvent encore dans la citadelle. Les habitants qui n’ont pas eu l’autorisation de fuir sont, quant à eux exterminés jusque dans les mosquées. Toute
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la communauté juive est réunie dans la synagogue qui est en suite incendiée. En deux jours, nous avons massacré soixante dix mille personnes. Le 15 juillet au soir, dans toutes les rues de la ville, nous avons du sang jusqu’aux chevilles. Une odeur pestilentielle de cadavres laissés en plein soleil rend l’air irrespirable. Pour ne pas suffoquer à cause de la puanteur nous devons nous couvrir la bouche et le nez d’un linge humide. À travers les ruelles et les places, nous voyons des têtes amoncelées, des mains et des pieds coupés. Hommes et chevaux courent parmi les cadavres. Mais cela n’est rien encore. Le Temple de Salomon n’est plus qu’une immense mare de sang. Les pèlerins n’ont pas perdu de temps. Ils n’ont pas at tendu que Jérusalem soit nettoyée et s’agglutinent devant le Saint Sépulcre pour y prier. Ils chantent leur gloire à Dieu. Les mouches ont envahi les rues et pullulent sur les maccha bées. Dans le ciel, les charognards décrivent de grands cercles audessus de la Ville sainte en poussant des cris qui annoncent la mort. Les corps sont regroupés à l’extérieur des fortifications. Les croisés enduisent la paille, le bois et les cadavres de poix et allument le feu. Il faut à tout prix empêcher les épidémies. L’odeur âcre envahit Jérusalem, l’épaisse fumée fait tousser et larmoyer les hommes qui surveillent le bûcher.
Seigneur, vous voilà relatée la prise de Jérusalem qui est redevenue chrétienne. La bannière du roi de France flotte fiè rement audessus de la ville. Soyez assuré que nous défendrons cette Terre sainte au péril de notre vie. Les pèlerins pourront venir en sécurité se recueillir sur les traces de notre Seigneur. Longue vie au roi de France et à vous, seigneur, comte de Toulouse. Aymeric de Voisin. »
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