Le fils de-la-femme-mâle

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Le fils de-la-femme mâle est un ouvrage étrange, singulier, original ; à la fois long conte et roman.

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Ajouté le 01 octobre 2018
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Langue Français
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LE FILS DE-LA-FEMME-MÂLE
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Du même auteur
Une femme pour une médaille, nouvelles, Abidjan, CEDA, 1987. Le sang de la République, nouvelles, Abidjan, Inter-Afrique-Presse, 1991. Collectif,Portraits des siècles meurtris(Anthologie de la poésie de Côte d’Ivoire), Paris, Éditions Nouvelles du Sud, 1993. La bible et le fusil, roman, Abidjan, CEDA, 1997. L’amour est toujours ailleurs, roman, Abidjan, PUCI, 2000. Nouvelles chansons d’amour, poésie, Abidjan, PUCI, 2000. Au nom de la terresuivi deLa terre qui pleure, théâtre, Abidjan, PUCI, 2000. Sikagnima, la fille aux larmes d’or, livre pour enfants, Abidjan, PUCI, 2000. Même au paradis, on pleure quelquefois, roman, NEI, Abidjan, 2001. Côte d’Ivoire : chronique d’une guerre annoncée, chroniques, 2004. Le paradis français, roman, Abidjan, NEI-CEDA, 2008. L’éternel amour, roman, Abidjan, Sésame Éditions, 2012.
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MAURICE BANDAMAN (Docteur Honoris Causa)
LE FILS DE-LA-FEMME-MÂLE
Conte romanesque
Grand prix littéraire d’Afrique noire 1993
01 BP 1807 Abidjan 01 fratmat.editions@fratmat.info République de Côte d’Ivoire
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Dans la même collection
BAILLYDiégou,Épître aux gens d’Adjouffou, roman, 2010, 236 p. NOKANCharles,Yassoi refusa l’orange mûre de Nianga, roman, 2010, 256 p. KOFFITiburce,L’amour est un grand pleur, nouvelles, 2013, 208 p.
© L’Harmattan, Paris, 1993. ISBN Frat Mat Éditions : 978-2-84948-191-2 Tous droits réservés pour tous pays.
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La littérature n’est pas une parole qui peut ou doit être fausse, à l’opposé de la parole des sciences ; c’est une parole qui, précisément, ne se laisse pas soumettre à l’épreuve de vérité ; elle n’est ni vraie ni fausse, poser cette question n’a pas de sens : c’est ce qui définit son statut de"fiction".
TODOROV
Qu’est-ce que le structuralisme ? 2. Poétique éd. du Seuil
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PRÉFACE
En 1993, Maurice Bandaman obtient le Grand prix littéraire d’Afrique noire avecLe fils de-la-femme-mâle, son premier roman publié chez L’Harmattan à Paris ; il entre ainsi et d’emblée dans le cercle des meilleurs romanciers francophones. Son roman est un livre remarquable dont la lecture ne laisse pas indifférent. Il frappe par son écriture expérimentale, audacieuse et originale ainsi que par la profondeur et l’actualité de sa thématique. Cette nouvelle édition est la preuve que les vingt ans passés n’ont pas entamé sa beauté, son mérite, son intérêt, sa nouveauté et son succès. L’auteur appartient à la lignée des " nouveaux romanciers africains ", c’est-à-dire à cette nouvelle génération d’écrivains africains qui rivalisent d’ingéniosité et de créativité en recherchant de nouvelles voies, de nouvelles formes d’écriture, de nouvelles stratégies romanesques pour produire des œuvres toujours plus originales et plus novatrices. Le fils de-la-femme-mâleest une œuvre composite, un récit hybride, un texte polymorphe. C’est un livre étrange, difficile à classer dans la nomenclature générique habituelle. Il apparaît à la fois comme un long conte (et précisément un conte initiatique avec, en son sein, d’autres contes mis en abyme) et un roman. À cause justement de cette ambiguïté et de cette ambivalence,
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le titre du livre est doublé de la mention " conte romanesque " sur la couverture et la page de titre. C’est dire ouvertement les rapports étroits de ce récit romanesque avec le conte traditionnel africain dont la structure formelle est manifestement apparente, bien visible dans l’œuvre. Cette double appartenance constitue ce qu’on appelle un hermaphrodisme littéraire comme le suggèrent d’ailleurs l’expression pittoresque (cette alliance de mots) " femme-mâle " et le nom de l’héroïne, Bla YASSOUA, signifiant, mot à mot, en Baoulé, " femme-garçon " ; comme elle, le personnage principal, Awlimba Tankan, est également hermaphrodite. Le fils de-la-femme-mâleest à la fois un conte et un roman, mais relève également du mythe, de l’épopée, de la légende, de la poésie, de l’histoire ; il contient aussi des proverbes, des chansons, des chants-poèmes, des prières et incantations, des textes rituels, des textes sacrificiels, des discours parodiques, des passages oniriques, des allusions et citations bibliques ainsi que des nombreux intertextes. Le fils de-la-femme-mâleest donc un roman bien curieux ; c’est un roman, pour ainsi dire, hors norme, hors genre, un " roman n’zassa ", pour parler comme Jean-Marie Adiaffi. Ce parangonnage textuel est tout à fait original d’autant plus que l’œuvre, dans sa composition, puise sa force et sa dynamique dans les sources fécondes de la tradition orale africaine et dans l’adoption courageuse des procédés romanesques modernes. Le mariage harmonieux du traditionnel et du moderne, de l’oralité et de l’écriture, le mélange des techniques romanesques, des genres et des formes littéraires donnent à ce roman protéiforme une hybridité indiscutable, une intergénéricité remarquable et une singularité admirable. Ce roman se présente donc comme un patchwork littéraire bien réussi. Étrange, ce conte romanesque l’est aussi par sa forte dimension épique. En effet, le surnaturel, l’étrange, l’insolite,
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l’invraisemblance, l’extravagance, l’onirique dans lesquels baigne l’œuvre, introduisent irrésistiblement et naturellement dans un univers mythique, dans un monde de rêves fantastiques et dans une ambiance permanente de surréalité et de merveilleux, avec des personnages tout autant étranges. Ces êtres à la fois humains et surnaturels, par leurs paroles insolites et leurs discours iconoclastes, par leurs comportements et par les actions extraordinaires accomplies, se révèlent des héros prométhéens, engagés dans des combats révolutionnaires contre les forces du mal, les forces de domination des peuples asservis, avachis, assoiffés de liberté. En effet, Bla YASSOUA et Awlimba Tankan luttent contre la tyrannie, la dictature, l’injustice, l’exploitation, la division, la misère, la résignation, le désespoir ; ils mènent un combat acharné pour le développement de la société, pour le triomphe d’un climat de paix, d’amour, de justice, d’unité, de solidarité et de liberté pour le peuple et pour l’avènement d’un bonheur immarcescible pour le pays et pour tous. Toute la thématique duFils de-la-femme-mâleet la vision idéologique de l’auteur se trouvent résumées là. J’ai été frappé par la hardiesse et la modernité de l’écriture de Maurice Bandaman, une écriture de rupture, de transgression, de déconstruction et d’innovation, à la manière du nouveau roman ou du roman postmoderne. Si cette écriture est manifestement influencée par les ressources de la littérature orale, elle est incontestablement marquée par les nouvelles stratégies romanesques ainsi que par les œuvres des grands romanciers contemporains. Le fils de-la-femme-mâlem’est apparu aussi comme une écriture de subversion des tabous et interdits moraux et religieux ainsi que des convenances sociales et langagières. À l’instar des romanciers de la nouvelle génération (qui s’inspirent de l’audace et la liberté d’expression des écrivains postmodernes), l’auteur a recours, sans gêne, à la coprolalie langagière c’est-à-
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