Le mesnagier de Dame Christine
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Description

Impossible de séparer le quotidien et le repas.
C’est à table que se partagent nourritures et informations, que se signent les accords, c’est à table que s’élèvent les disputes, que s’amorcent les réconciliations.
C’est sur la table que courent les rumeurs, que s’insinuent les médisances, que vibrent les chuchoteries, que grondent les commérages. On clabaude, on rit, on s’exclame, on boit et on mange.
Des livres de recettes, il y en a déjà à foison. C’est pourquoi Christine Machureau, l’auteur de Mémoire Froissée, saga médiévale à succès, a voulu nous servir ici quelque chose de différent. Une invitation à un festin qui vous en apprendra long sur l’Histoire de France, un livre qui bruira de tout un souffle confus de voix diverses.
Allons donc fureter du côté des cuisines du Moyen Âge. Celles des nantis, nobles et grands seigneurs, celles des bourgeois, et aussi des manants.
L’auteur a réuni ici des recettes qu’elle revisite pour nous, et surtout qu’elle agrémente d’anecdotes savoureuses qui animent tout un peuple du passé. Et tout en passant les plats à vos voisins, régalez-vous des petites histoires qui font la grande Histoire.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 3
EAN13 9782374533421
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

PRÉSENTATION
Impossible de séparer le quotidien et le repas. C’est à table que se partagent nourritures et informations, que se signent les accords, c’est à table que s’élèvent les disputes, que s’amorcent les réconciliations. C’est sur la table que courent les rumeurs, que s’insinuent les médisances, que vibrent les chuchoteries, que grondent les commérages. On clabaude, on rit, on s’exclame, on boit et on mange. Des livres de recettes, il y en a déjà à foison. C’est pourquoi Christine Machureau, l’auteur de Mémoire Froissée, saga médiévale à succès, a voulu nous servir quelque chose de différent. Une invitation à un festin qui vous en apprendra long sur l’Histoire de France, un livre qui bruira de tout un souffle confus de voix diverses. Allons donc fureter du côté des cuisines du Moyen Âge. Celles des nantis, nobles et grands seigneurs, celles des bourgeois, et aussi des manants. L’auteur a réuni ici des recettes qu’elle revisite pour nous, et surtout qu’elle agrémente d’anecdotes savoureuses qui animent tout un peuple du passé. Et tout en passant les plats à vos voisins, régalez-vous des petites histoires qui font la grande Histoire.
DU MÊME AUTEUR Manihi,Les éditions du 38 Aime-moi, Les éditions du 38 Mémoire froissée, Les éditions du 38 Mémoire d'encre et de cendres, Les éditions du 38 D’or, de sang et de soie, Les éditions du 38 L’Hérétique, Les éditions du 38 L’ADN d'un Dieu, Les éditions du 38
Christine Machureau
Le Mesnagier de Dame Christine
LES ÉDITIONS DU 38
INTRODUCTION
Aussi loin que ma souvenance est claire, j'ai toujo urs évolué dans un temps qui n'était pas le mien. Prendre l'Histoire à l'envers, avec exactitude, avec ses odeurs, ses couleurs, ses émotions est un plaisir dont je ne me lasse pas, un voyage sans fin qui m'émeut toujours autant. Je suis une fouineuse. Je cherche, j’étudie, je com pare, je fouille et surtout, refuse les interprétations toutes faites des historiens qui laissent parler leur cœur plus haut que les faits. Et pire, je recherche LE fait, celui qui est passé inaperçu, celui que tout le monde a négligé, celui que l’on a pensé superflu, l’inutile détail, celui qui dénote un trait de caractère que les historiens patentés n’ont pas pris en compte, celui qui va colorer l’Histoire, l’éclairer d’un jour nouveau. Par-delà les remparts du temps s'ouvre donc à vous un kaléidoscope de visions plus oniriques les unes que les autres, plus violentes, plus colorées, au sein desquelles vous ne manquerez pas de vous impliquer si fort que vous deviendrez le seul témoin d'événements, connus de tous, mais dans une forme désincarnée. Vous prendrez la dimens ion physique, politique, sensorielle, émotionnelle du personnage jusqu'à saisir ses gestes et ses pensées les plus intimes. Ainsi que les odeurs de cuisine qui ravissaient ses sens. Ce qui n'était que de l'Histoire devient votre histoire. Ce qui n'était que de l'Histoire devient la politique du moment et les siècles abattent leurs frontières pour nous faire toucher du doigt leur proximité avec notre XXIe siècle. Alors, ce regard porté dans notre passé devient une vision précise du déroulement des événements. Vous découvrez que les structures politiques que l'on vous dit changeantes ne sont que le résultat des pressions externes appliquées sur les épaules du peuple, dont le seul bulletin de vote est la Révolte ! Sur votre cheval, vous humerez l'odeur du cuir mouillé, de la terre labourée, et sous l'humidité d'un matin de printemps vous franchirez une poterne. Vous rajusterez votre broigne pour éviter la pluie sur votre chainse et jouerez des coudes dans la foule pour assister au supplice de la Reine d'Austrasie. Plus tard encore, vous tremblerez pour la vie d'Agnès. D'autres anecdotes vous révéleront le sens profond d'une humanité en marche… la nôtre. Un
détail peut tout changer. Quitter une atmosphère aussi flamboyante que celle qui baigne Mémoire froissée, D’or, de sang et de soie ou L’Hérétique peut créer, au creux de votre estomac, une vague de nostalgie. Vous relirez ces romans avec plaisir dans quelques mois. En attendant, pour une transition sans douleur, mon éditrice et moi vous proposons de surprendre votre entourage avec une toute nouvelle expérience gustative. Manger, boire, recevoir à la mode du Moyen Âge, mais aussi savourer les faits divers qui émaillent notre Histoire. Ainsi vous lirez en mangeant et personne ne pourra vous le reprocher. Bref, à boire, à manger et à lire, voilà de quoi prolonger vos sensations antiques.
CHAPITRE PREMIER
AuMoyen-Âge, la prise de nourriture reste très codifi ée suivant votre rang social. Toute transgression des codes peut être sanctionnée. Ainsi, à la table du noble et seigneur, vous serez nourri selon votre rang et ne mangerez que ce qui se trouve devant votre assiette. Tout manant surpris à manger du gibier braconné encourt la pendaison. Se nourrir n’est pas une mince affaire. Selon que vous serez puissant ou misérable… vous mangerez les nourritures du Ciel : oiseaux, geais, tourterelles, hérons, grues, cigognes, oies et canards sauvages, faisans, cailles et gibiers de poil. Bourgeois ? Nous vous concéderons dîner de la Terre : poules et volailles d’élevage, porcs, moutons, cabris, choux, pois, salades, fruits et farine blutée. La dernière catégorie gît sous terre, destinée aux manants et aux serfs : raves, poreaux, racines, navets et pain noir. Les faînes du chêne sont partagées entre cochons et serfs, agrémentées de châtaignes les bonnes années. Il est remarquable de voir les effets de telles règles sur le physique de la population du Moyen-Âge. Alors que l’homme de peineculmineun mètre quarante et un mètre cinquante, le entre Seigneur peutfriserle mètre soixante-dix. Henri IV, à la Renaissance toute neuve, fera œuvre de révolutionnaire en souhaitant une poule pour tous chaque dimanche que Dieu fait. L’Église, présente pour réprimer les péchés de bouche n’est pas soumise aux mêmes règles, mais pendant qu e les curés de campagne crèvent de faim, les chanoines crèvent de goutte… Saint Dominique y mettra bon ordre… Le principal problème du Moyen-Âge, en ce qui concerne la nourriture, était la conservation des produits alimentaires. On pouvait confire la viande dans de la graisse, on pouvait la saler. La
nourriture essentielle de tout un chacun était le pain et les légumes. Cuit au four banal, le pain se conservait un mois. Pommes et poires séchaient dans les greniers. Les c houx, les raves et les « poreaux » constituaient l’ordinaire de la soupe qui mijotait dans le chaudron. Des bacs de sable recevaient les légumes à conserver l’hiver. Quelques couennes ajoutaient goût et gras nécessaires. Artisans, bourgeois, nobles se nourrissaient mieux et c’est à leur table que nous emprunterons les recettes qui vont suivre. Afin de masquer les goûts un peu prononcés des nour ritures « post-consommables », on utilisait des épices. Elles avaient la réputation d’assainir à la fois l’ordinaire et l‘intestin.
Petit lexique
Sumac: Baie séchée à saveur acidulée de Méditerranée. Macis: enveloppe de la noix de muscade. Maniguette(ou graine de paradis) : sorte de poivre. Verjus: jus de raisins verts. On peut le remplacer par du citron, voire du vinaigre de vin. Galanga...
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