Le Muzungu
318 pages
Français

Le Muzungu

-

Description

Guillaume Givard, contrôleur des comptes, a été licencié de la société d'investissements Amtrax après avoir mis en évidence leurs pratiques frauduleuses. Traqué jusque dans les confins du Soudan et du Burundi, il devient la cible de ses anciens partenaires. Sa rencontre avec Estella, dans un pays marqué par la guerre civile, signe le début d'une passion à l'issue qui pourrait leur être fatale.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 05 septembre 2019
Nombre de lectures 1
EAN13 9782140129469
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Caveng
DidierCaveng
LE MUZUNGU Les aventures d’un étranger en terre africaine Roman
Préface de Richard DELAYE-HABERMACHER
Le Muzungu
CollectionDes Hauts et Débats, dirigée par Pascal LARDELLIER, Professeur à l’Université de Bourgogne Contact :pascal.lardellier@u-bourgogne.frTitres parus (sélection) ou à paraître : Serge Chaumier,L’inculture pour tous. La nouvelle Utopie des politiques culturelles(2010) Arnaud Sabatier,Critique de la rationalité administrative. Pour une pensée de l’accueil(2011) Claude Javeau,Trois éloges à contre-courant(2011) Christophe Dargère,Inconcevable critique du travail(2012) Elise Müller,Une anthropologie du tatouagecontemporain. Parcours de porteurs d’encre(2013) Alexandre Eyriès, La communication politique, ou le mentir-vrai (2013) Richard Delaye, Pascal Lardellier (co-dir),L’Engagement, de la société aux organisations(2013) Stéphane Héas, Christophe Dargère (co-dir),Les porteurs de stigmates. Entre expériences intimes, contraintes institutionnelles et expressions collectives, (2014) Odile Riondet,Enquête sur la Communication comme science(2015) Pascal Lardellier (dir.),Erving Goffman, de l’interaction à l’institution(2015) Loïc Drouallière,Orthographe en chute, orthographe en chiffres. Deux expériences édifiantes(2015) Alexandre Eyriès,Lectures critiques en communication(2015) Kathleen Tamisier,? Une enquêteLes surdoués passent-ils le bac sociologique dans l’univers des enfants précoces(2016). Alexander Frame, Gilles Brachotte et alii,L’université à l’heure des réseaux sociaux : logiques, relations, communautés(2017) Laurence Lagarde-Piron,Corps à corps infirmiers(2018) Alain Javeau,L’homme, revu et corrigé(2018) Pascal Lardellier, Yves Enrègle, Richard Delaye (dir.),Négociations. Techniques, valeurs et acteurs de la négociation(2018). Yves Enrègle, Pascal Lardellier, Richard Delaye (dir.),Identités. Métamorphoses identitaires à l’ère d’Internet et de la globalisation (2018).
Didier CAVENGLEMUZUNGULes aventures d'un étranger en terre africaine Roman
Préface de Richard DELAYE-HABERMACHER
Du même auteur : « L'éthique et la Finance », Ed. Peter Lang, 2019
© L’Harmattan, 2019 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-18135-6 EAN : 9782343181356
P
R
É
F
A
C
E
Le rituel est immuable, à la descente de l’avion l’Afrique vous englobe, telle une bulle protectrice, avec sa chaleur, sa moiteur, ses couleurs, ses odeurs, ses sourires, ses sons inhabituels pour le Muzungu, le Mundele, le Blanc qui arrive en Terre d’Ebène pour la première fois. C’est sans doute à ce moment-là que tout se joue car « adorer ou détester » est le sentiment auquel le nouvel arrivant est confronté. Cette Afrique Noire est envoutante à l’image des magies qui y opèrent. Mais que l’on ne se méprenne pas, car il ne s’agit nullement de sorcellerie, comme beaucoup d’entre nous, européens, avons tendance à l’imaginer en réduisant à quelque maléfice ces manifestations inexplicables et inexpliquées. Il est question de protection, de fétiches et autres rites destinés à rendre pérennes les liens sociaux et solidaires qui tissent et relient les différents individus qui composent le village, l’ethnie, la sous-région, la région en les positionnant clairement dans les différentes hiérarchies qui cohabitent. Car en Afrique Noire, et en particulier dans les territoires Bantus, « le mille-feuilles des croyances » laisse le profane face à une incompréhension abyssale. Car là se croisent le coutumier, avec ses rites initiatiques et de passage ancestraux, ses griots, l’Eglise Catholique, les Protestants issus des églises du Réveil, l’Islam grandissant avec les libanais qui « tiennent le marché des boulangeries », les Francs-Maçons de toutes obédiences et les traces de la colonisation, véritablesscarifications transgénérationnelles. Cependant, depuis une quinzaine d’années, les Chinois, discrètement, investissent les lieux dans tous les sens du terme. Ces derniers, initialement envoyés dans ces contrées pour lutter contre le surpeuplement carcéral, ont fait de l’Afrique un continent stratégique tant il permet aux dirigeants de l’Empire du Milieu de disposer des ressources nécessaires pour nourrir ses 1,4 milliard d’habitants. Du reste, les chefs des Etats Africains ont rapidement compris l’intérêt qu’ils avaient à se rapprocher de leurs homologues asiatiques. C’est justement tous ces liens complexes que Didier CAVENG, en véritable anthropologue, nous conte avec une histoire, très certainement tirée de son propre vécu tant les faits décrits le sont avec une précision digne de la haute horlogerie suisse, avec des doses d’amour et de haine, de
5
rationnel et d’irrationnel, le tout rythmé par les temporalités qui caractérisent cette Afrique que l’on aime et dont on ne peut se séparer une fois qu’on y a été adopté ... si tant est que cela soit possible car plus on avance dans la découverte, plus on prend conscience que le chemin sera long…
Nzambe apambola Yo
Prof. Dr. Richard DELAYE-HABERMACHER
Anthropologue
6
VENTS D’AFRIQUE… Par Pascal Lardellier, Professeur, auteur, voyageur
Il est singulierqu’un directeur de collection se fende d’un avertissement,qui dans le cas de cet ouvrage, tient nonpas de la mise en garde mais de la mise en bouche, tant cet ouvrage est savoureux.
Pourquoi cet exergue donc ? Parceque cette collection ajusqu’ici accueilli des essais, là est même sa vocation : éditer des recherches en sciences sociales,portant une idée sur laplacepublique, alimentant un débat, lançant même une controverse. Ilyest invariablement question de sociologie, d’anthropologie, de communication…
Avec leMuzungude Didier Caveng,je fais unpas de côté,par rapport au choix éditorial habituel. Je l’assume et en suis même assez fier. Eprouver toutes les modalités de l’expression, varier lesplaisirs du texte, élargir ses horizons culturels, telles sont bien les souveraines missions de l’éditeur autantque de l’auteur(queje suis en l’occurrence). Et c’est pour cela aussi que l’ouvrage de Didier Caveng m’a mis en joie. Expliquons-nous : le livreque vous avez entre les mains n’estpas un essai, non, mais c’est un coup de maître. Plume alerte, narration à l’image d’un torrent, tourbillonnante, fluide etpuissante, rebondissements à foison, sensorialité à fleur depages, tous les ingrédients d’un vrai bon roman sont réunis,pour fairepasser aux lecteurs un moment de dépaysement total. Et on se ditque ceci, mis en images etporté à l’écran, « ça aurait de la gueule » ! Chaque chose en son temps cependant…
7
J’accueille aussi ce roman ayant l’Afrique chevillée au corps car après tout, la maison d’édition hébergDes Hauts eteant la collection « Débats », L’Harmattan,porte le nom d’un vent africain ! Lien « surréaliste » etpourtantpas tantque cela, tant la cohérence secrète des choses est à chercher dans le filigrane, ou dans les zones d’ombre, pasperceptibles deprime abord. La circularité narrative emmène ici dans unejoyeuse sarabande, colorée, rythmée, endiablée. Cespages sontpleines de vie, de désir, et c’est Erosqui est célébré,jusqu’à la dernière ligne du livre (mais je ne veux pas « spoiler » outre-mesure !). De la sagesse ordonnée des berges du Léman au chaos démentiel du continent noir, enpassantpar la nostalgie des contrées roumaines, c’est pour un sacré voyageque sont embarqués les lecteurs ; et cet ouvrage est une mine(sij’ose)d’informations sur l’Afrique, vécupar le héros dans sa chair et dans ses sens. Une Afrique conforme à sa légende, terre de dangers, de tentations, d’expérimentations, continent communautaire, mystique, solaire,qui se donne à vivre sans l’hygiaphonejuridique et moral servant désormais de filtre aux rapports que les Occidentaux entretiennent avec le monde. On n’estpas loin du contephilosophique, du roman initiatique(ainsi, tout s’ouvrepar un «prologue » et se terminepar un « épilogue »). Et tant il est démontré ceque le voyage révèle, en brusquant des destins assoupis, et réveillant des vies cossues. Surtout, ce livre estpétri de sociologie, et d’anthropologie ; car ilyestquestion de logiques sociales(l’argent, les institutions, le couple…) et d’anthropologie(cultures, symboles, représentations…). Donc on est finalement enphase avec l’esprit de la collection, en appréciant les dons d’observation et d’analyse de l’auteur. « Nous savonsque le monde sommeillepar manque d’imprudence », chantait Brel ; ce àquoi René Char rétorquaitque « celuiqui vient au mondepour ne rieny troubler ne mérite nipatience ni respect » ; eh bien ici, lespersonnages se conforment à cespréceptes à l’envi : imprudents, impatients,peu sages, ils trouvent dans l’urgence de vivre retrouvée un sens à l’existence.
8
Didier Caveng, l’auteur de cespages, est un homme de valeur(s), intellectuelle et morale,professionnelle et littéraire. Ily a aussi de la biographie dans cespages, mais décentrée avec modestie du côté du romanesqses états de serviceue ; prouvent toutes ces vertus, ce beau livre confirme un vrai don deplume et de vie. Peut-êtreque les choses sont simples, manichéennes. Alors, sur le grand damier noir et blanc du monde, longue vie au Muzungu !
9