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Le mystère de la Pierre de vie

De
175 pages
Certains livres sont dangereux. A la tombée de la nuit, Alain trouve dans sa boîte aux lettres un mystérieux manuscrit. Ce texte raconte les mémoires de Lucien, jeune combattant des Dardanelles en 1915. Pendant les combats, Lucien a découvert une pierre au pouvoir miraculeux : l’immortalité. Le libraire va tenter de retrouver la trace de ce jeune soldat à travers l’histoire pour dénouer les fils d’une intrigue qui défie les lois humaines. Roman fantastique au rythme soutenu, Le mystère de la pierre de vie mêle la légende à l’histoire et nous livre le secret du rêve le plus ancien de l’homme, celui de la vie éternelle.
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2 Titre

Le mystère
de la Pierre de vie

3

Titre
Dominique Grouille
Le mystère
de la Pierre de vie

Roman
5Éditions Le Manuscrit
Paris























© Éditions Le Manuscrit, 2010
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-03474-5 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304034745 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-03475-2 (livre numérique) 034752 (livre numérique)
6 titre de votre ouvrage






A la mémoire de Martin Grouille, mortellement
blessé en 1915 dans les Dardanelles.
Prologue :

PROLOGUE
Clermont Ferrand, mars 2009, en début de nuit.
Devant ses yeux, la fine pluie tisse un voile
qui ondule doucement dans le vent. Jeanne
marche en compagnie d’un enfant d’environ
quatre ans qui bougonne sans cesse. La jeune
femme aperçoit soudain la vitrine de la librairie
au bout de la rue. L’enseigne humide luit à la
lumière des lampadaires. C’est bien à l’adresse
indiquée : 28 rue Corneille.
Elle se baisse pour chuchoter à l’oreille de
son fils :
Gérard, on arrive. Arrête de te plaindre,
soyons discrets…
Elle continue alors d’avancer l’air faussement
détaché. Elle serre sous son bras droit une
grande enveloppe enveloppée de plastique.
C’est donc là qu’il habite, se dit-elle, le cœur
serré.
Plus qu’une dizaine de mètres. Les lettres de
néon au-dessus de la devanture composent les
mots « Au plaisir de lire ».
9 Le mystère de la pierre de vie
Elle ne peut s’empêcher de lever les yeux
vers les fenêtres éclairées du premier étage.
Pourvu qu’il ne les voie pas. Quelle serait sa
réaction en la reconnaissant après tant
d’années ? La pluie qui ruissèle sur ses joues se
mêle à des larmes d’amertume.
Du coin de l’œil, elle a repéré la boite aux
lettres. En passant devant celle-ci, Jeanne glisse
furtivement son paquet dans l’ouverture.
Puis elle accélère le pas en tirant son enfant
par la main. N’a-t-elle pas vu un rideau s’écarter
et une silhouette regarder dans leur direction ?
Non, la fenêtre ne s’ouvre pas. Personne ne les
interpelle.
Avec un soupir de soulagement, elle tourne
au coin de la rue…
A quelques dizaines de mètres en arrière, un
homme qui les a suivis depuis Limoges sort de
l’ombre d’une porte cochère. Il n’a rien perdu
de la scène et il est satisfait de constater que
tout se déroule selon son plan. Il se rapproche
enfin du but. Il est prêt à tout pour y parvenir,
même à tuer si quelqu’un se met au travers de
son chemin…
10 Chapitre 1 :

CHAPITRE PREMIER
Alain laisse retomber le rideau du salon en
fronçant les sourcils. Il vient de voir une
femme, accompagnée d’un enfant, glisser un
paquet dans sa boite aux lettres puis repartir
presque en courant. Qu’est-ce que ça peut bien
être ? Elle semblait fuir comme une voleuse !
Son épouse Françoise, installée dans un
profond fauteuil, lève les yeux de son livre :
– Que regardes-tu par la fenêtre ?
– On vient de mettre quelque chose dans la
boite aux lettres…
– Sans doute un manuscrit, non ?
Alain secoue la tête :
– Hum, je n’en suis pas certain. Je n’ai reçu
aucun courrier ou coup de téléphone pour
m’avertir…
Il hésite quelques secondes puis reprend :
– Bizarre tout de même. Si tu n’as besoin de
rien, je vais aller voir tout de suite…

Dès que son mari est sorti de la pièce,
Françoise pose son livre sur ses genoux en
11 Dominique Grouille
soupirant. Elle se sent épuisée. Elle fait
semblant de lire pour le satisfaire mais elle n’en
a plus la force. Il ne se rend pas compte qu’il la
fatigue. La maladie brûle peu à peu toutes ses
forces, et lui n’arrête jamais. Pourquoi ne veut-il
pas la laisser partir en paix ?
Tandis qu’elle caresse machinalement
Mimine, la chatte rousse tigrée lovée contre son
épaisse robe de chambre, le souvenir du jour où
sa vie a basculé ressurgit brutalement.
C’était il y a quatre ans déjà, mais elle revoit
la scène comme si c’était hier. Elle était allongée
sur le lit de sa chambre d’hôpital aux murs bleu
clair. Elle avait éteint la télévision et laissait son
regard se perdre par la fenêtre où elle apercevait
un ciel couvert de nuages gris. Que lui importait
le ciel menaçant, cinq jours s’étaient écoulés
depuis son opération et elle se sentait bien.
Tout s’était passé normalement, lui avait-on
affirmé. La cicatrice qu’elle avait au bas du
ventre ne la faisait plus souffrir et le retour à la
maison était proche. Elle était seulement un peu
inquiète pour son mari. Elle le connaissait si
bien. Alain lui disait que ça allait, mais son
regard affirmait le contraire. Que lui arrivait-il
donc ?
C’est à ce moment là que son chirurgien avait
frappé à la porte puis était entré sans attendre
sa réponse. Il semblait mal à l’aise. Il s’était
12 Le mystère de la pierre de vie

appuyé au pied du lit puis, après avoir hésité
quelques secondes, il avait expliqué :
Madame Dulac, j’ai une mauvaise nouvelle à
vous annoncer. Ce n’est pas un simple kyste de
l’ovaire que je vous ai enlevé, c’est beaucoup
plus grave que cela…
– C’est un cancer, docteur ? avait-elle
murmuré.
Il avait hoché la tête et avait cru bon de
préciser :
– La tumeur était très volumineuse et je n’ai
pas pu tout enlever…
Elle avait eu l’impression que le ciel lui était
tombé sur la tête. Non, ce n’était pas possible.
Il devait y avoir une erreur. Et si c’était vrai ?
Pourquoi elle ? Qu’avait-elle fait pour mériter
cela ? Elle ne voulait pas mourir à trente-neuf
ans !
Tout ce que le médecin avait pu lui expliquer
par la suite n’arrivait à son cerveau que par
bribes inintelligibles « IRM de contrôle »,
« site », « chimiothérapie »…

Des pas rapides dans l’escalier, Alain revient
avec ses lunettes et ses cheveux constellés de
gouttelettes de pluie. Il brandit son colis en
grimaçant un sourire :
– Ça n’a pas l’air d’être une bombe !…
Françoise hausse les épaules :
13 Dominique Grouille
– Aide-moi donc à me coucher, tu pourras
toujours ouvrir ça plus tard…
Balbutiant des excuses, Alain aide son épouse
à se hisser sur ses jambes gonflées d’œdème. Il
tient son bras décharné d’une main et de l’autre
tire le pied à sérum. Mimine a sauté prestement
sur le parquet. Elle s’étire puis suit sa maîtresse
qui avance à petits pas hésitants :
– Tu vois, bientôt je ne pourrai plus
marcher…
Mais si, continue à te battre, je serai toujours
là pour t’aider. Bientôt tu vas revoir le
cancérologue. Je suis sûr qu’il te donnera un
nouveau traitement qui stoppera la maladie.
Françoise ne répond rien car elle sent bien
que le mal progresse et que rien ne pourra plus
l’arrêter. Elle en a plus qu’assez des
hospitalisations, des blouses blanches, des
prises de sang, des perfusions qui la font vomir
et l’ont rendue chauve. Et tout cela pour rien.
Maintenant, faire quelques pas de la chambre au
salon est devenu pour elle une épreuve
harassante. Elle souhaite souvent s’endormir et
ne plus se réveiller…
Mais, il aurait tant de chagrin, songe-t-elle en
regardant son mari s’activer comme toujours
pour l’aider à s’installer dans son lit.
Il la borde, vérifie les perfusions et allume la
veilleuse.
14 Le mystère de la pierre de vie

La chatte surveille la scène et, sur un signe de
la malade, bondit et se blottit contre son flanc,
sa place habituelle d’ange gardien silencieux.
Alain ouvre les draps de son divan installé
près du lit médicalisé. Il y passera une nuit de
plus à guetter sa respiration et le moindre de ses
gémissements.
Je vais bien, Alain. Maintenant tu peux aller
voir ce que contient ce paquet. Tu sais bien que
je m’endors mieux lorsque je te sais tranquille
dans la pièce à côté.
Il se penche sur son épouse pour l’embrasser
en lui murmurant comme chaque soir :
– Ne perd pas espoir, je suis certain que tu
vas guérir…

Le libraire revient alors dans le salon en
examinant le carrelage en damier avec une
singulière attention. Il marche en comptant et
mesurant ses pas d’une curieuse façon, un peu
comme les enfants qui jouent à la marelle.
Il s’assoit enfin à la table du salon et déballe
soigneusement le mystérieux colis. Avec mille
précautions, il sort ensuite d’un tiroir ses stylos
et crayons qui lui permettront de prendre des
notes pendant la lecture. Il les aligne
minutieusement devant lui en prenant garde
qu’ils soient bien parallèles et équidistants…
15 Chapitre 2 :

CHAPITRE 2
Jeanne et le petit Gérard viennent de
dépasser le Square de la Jeune Résistance et se
hâtent maintenant dans l’immense avenue de
l’Union Soviétique. La gare de Clermont n’est
plus bien loin. Ils ne doivent pas manquer le
dernier train pour Limoges. Quel dommage
qu’elle n’ait jamais appris à conduire !
Le garçonnet, essoufflé, lève des yeux
furibonds vers sa mère :
– Dis-donc, tu nous fais courir le marathon
aujourd’hui. Je n’ai pas les mêmes jambes que
les tiennes, tu le sais bien. J’en ai ma claque de
cette promenade. Tu ne pouvais pas envoyer
ton enveloppe par la Poste ?
– Tu sais bien que je n’ai pas confiance, je
n’ai pas envie qu’elle se perde.
– En plus quelle idée de vouloir apporter ce
manuscrit en plusieurs fois !
– Je t’ai déjà expliqué que, vu le contexte, je
préfère qu’Alain le lise au fur et à mesure qu’il
est écrit.
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