Le palais du fleuve

Le palais du fleuve

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Français
572 pages

Description

«C’est Dieu qui vous a mis sur mon chemin. Grâce à Dieu, je vous ai trouvé.» La guerre de Sécession se termine et les chemins du capitaine yankee Dennis Wainwright et du sergent confédéré Gage Kennon se croisent. Cette alliance improbable marque le commencement d’un voyage étonnant et mène à une rencontre à laquelle «Billy Yank» et «Johnny Reb» ne se seraient jamais attendus, celle d’une caravane de romanichels. En sauvant la doyenne du clan d’un grave accident, Gage, notre humble héros, se mérite le respect — mais non l’amitié — de sa belle petite-fille. Or, les aventures qu’il vivra avec Wainwright et ces gens mystérieux ne font que commencer. Un lien d’une force inexpliquée se forme entre Gage, un chrétien humble et dévot, et ses compagnons de voyage. Le destin les mènera bientôt au quai d’un grand théâtre
flottant, le Reine de Bohême, et à entreprendre des voyages éprouvants sur les eaux du fleuve Mississippi. Le palais sur le fleuve s’inspire de la vieille histoire du bon Samaritain. C’est un tout nouveau roman auquel nous convie l’auteur Gilbert Morris, une histoire où la foi, la romance et l’aventure sont à l’honneur.

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Informations

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Date de parution 03 décembre 2014
Nombre de lectures 17
EAN13 9782897522063
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 8 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Gilbert Morris
Traduit de l’anglais par Mathieu Fleury
Copyright © 2013 Gilbert Morris Titre original anglais : The River Palace Copyright © 2014 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec B&H Publishing Group, Nashville, Tennessee. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire.
Éditeur : François Doucet Traduction : Mathieu Fleury Révision linguistique : Féminin pluriel Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Catherine Vallée-Dumas Conception de la couverture : Matthieu Fortin Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud ISBN papier 978-2-89752-204-9 ISBN PDF numérique 978-2-89752-205-6 ISBN ePub 978-2-89752-206-3 Première impression : 2014 Dépôt légal : 2014 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada
Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com
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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Morris, Gilbert
 [River palace. Français]  Le palais du euve  (Un roman de la série La Roue à aubes ; 3)  Traduction de : The river palace.  ISBN 978-2-89752-204-9 I. Fleury, Mathieu. II. Titre. III. Titre : River palace. Français. IV. Collection : Morris, Gilbert. Roman de la série La Roue à aubes ; 3.
PS3563.O874R59214 2014 813’.54
C2014-941735-7
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ais regarde-moi ces ridicules tuniques M bleues, Gage. C’est à lever le cœur, pas vrai ? Regarde-les, gras et gavés comme des cochons de lait dans leurs habits neufs. Flanqué de son ami Ebenezer Jones, Gage Kennon observait les troupes de l’Union qui rentraient au camp de l’autre côté de la rivière, face au palais de justice d’Appomattox, en Virginie. Il embrassa du regard ces hommes qui ramenaient en cortège de pleins chariots de ravitaillement. Il vit leurs uniformes impeccables, les boutons de cuivre astiqués qui fermaient leurs redin-gotes, les galons dorés à la manche des ofîciers, la poi-gnée scintillante de leurs épées, le cuir de leurs bottes cirées et étincelantes comme des miroirs. En compa-raison, l’armée de Virginie du Nord faisait bien piètre figure ; on aurait dit une bande d’épouvantails décharnés. Plusieurs hommes avaient perdu leur che-mise et grelottaient, une couverture de laine jetée sur le
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dos. Son ami Eb n’avait plus de bottes ; ses pieds étaient enveloppés dans des lanières de cuir de vache. Malgré cet état de fait, Gage gardait sa îerté. « Nous sommes encore dangereux, pensa-t-il, les sourcils froncés, comme les loups affamés ou les couguars. » Toutefois, il se contenta d’acquiescer à voix basse : — Tu as raison, Eb. Ils sont jolis à croquer. — Ils peuvent se les garder, leurs rations, ronchonna Eb. Juste à l’idée d’accepter leur charité, j’ai le gosier tout écorché. — Tu sais que ces rations sont probablement les nôtres, dit Gage. J’ai entendu parler d’un de nos convois qu’ils auraient saisi sur la route de Lynchburg. Et si ce n’est pas nous qui mangeons, ces tuniques bleues se feront un plaisir de manger à notre place. Tu ne les trouves pas déjà assez roses et gras ? — Hum ! grogna Eb. Dans ce cas, je vais m’en mettre plein la panse ! La veille, leur chef bien-aimé, le général RobertE. Lee, avait rejoint ce qu’il restait de l’armée de Virginie du Nord, qui, en ce mois d’avril 1865, ne comptait plus qu’un maigre effectif de vingt-sept mille hommes. Il avait rendu les armes devant le général Ulysses S. Grant dans l’enceinte du palais de justice d’Appomattox. Le général Lee avait mis ses plus beaux habits pour la triste occasion, se présentant vêtu d’un uniforme gris tout neuf, de bottes ornées de coutures rouges, de gants d’un blanc immaculé, son épée de cérémonie bien accrochée à la ceinture. Les hommes s’étaient attroupés autour de
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lui et de son cher cheval, Traveler, murmurant quelques mots de réconfort, la main doucement posée sur l’animal. Dans la foule réunie, on vit plusieurs hommes se jeter à genoux et pleurer sans gêne. Les conditions de la reddition du général Grant furent généreuses, s’il en est. Selon elles, aucun soldat confédéré ne serait emprisonné ou poursuivi pour tra-hison ; on les traiterait en hommes libres. Tout homme possédant sa propre monture serait en droit de la conserver. En agissant ainsi, le général Grant souhai-tait faciliter le retour des hommes vers leurs fermes et leurs activités pastorales. Du propre aveu de Grant, le général Lee avait eu la conîrmation que la U.S. Cavalrydu général Sheridan avait capturé un de ses convois et avait reçu du même soufe la promesse d’une remise de trente mille rations. La procession de chariots vint dans la vallée, escortée par la cavalerie unioniste. À l’entrée du camp, les soldats de l’Union furent accueillis par les rebelles vaincus, une mer d’hommes qui croisaient les bras etrelevaient les épaules d’un air de déî. Dans la foule, Gage Kennon attira quelques regards curieux, non seu-lement en raison de sa grande taille — il faisait presque deux mètres —, mais aussi parce qu’il était le seul à porter encore l’uniforme des confédérés. En effet, on s’étonnait de voir parmi les soldats débraillés cet homme portant la redingote grise décorée des galons de ser-gent, un pantalon garni du ruban bleu de l’infanterie le long de la jambe et des bottes hautes de cuir noir. Son
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ami Eb, lui, se fondait dans la foule avec son un mètre soixante-dix, sa peau tannée par le soleil et son regard méprisant pour les soldats unionistes. Personne ne se rua sur la nourriture, malgré la faim qu’on avait au ventre. Quand les intendants furent prêts à servir les rations, on ît la île indienne en silence pour recevoir une gamelle de porc salé et un biscuit. Lorsque le cuisinier unioniste tendit à Gage sa ration, celui-ci lui dit tout bas : — Merci, soldat. Surpris par cette politesse, l’homme ne trouva rien à répondre. Eb et Gage retournèrent à leur tente et mangèrent sur le poncho ciré que Gage avait étendu par terre. Il avait encore plu cette nuit, et leur campement s’était transformé en une mare de boue malodorante. Le jour s’était levé, maussade et froid, avec des nuages bas qui couraient dans le ciel. Tout était calme dans la vallée malgré la présence militaire impressionnante. Entre sol-dats confédérés, on discutait peu ou à voix basse. Dans le camp de l’Union, les hommes échangeaient des paroles murmurées, et les ofîciers ne levaient jamais le ton, sauf pour donner quelques ordres sommaires. — Ce ne sont pas nos rations, dit Eb. Marse Robert aurait au moins eu la décence de nous servir du maïs et des galettes. Il est dur comme un caillou, ce biscuit. — Ils auraient pu nous laisser crever de faim, ît remarquer Gage d’un ton détaché. Vois le bon côté des choses, Eb : les charançons dans ton biscuit, c’est plus de viande dans ton bedon.
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