Le parapluie de l’escouade

Le parapluie de l’escouade

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Livres
133 pages

Description

Extrait :
J'ai intitulé ce livre le parapluie de l'escouade pour deux raisons que je demande, au lecteur, la permission d'égrener devant lui. 1º Il n'est sujet, dans mon volume, de parapluie d'aucune espèce ; 2º La question si importante de l'escouade, considérée comme unité de combat, n'y est même pas effleurée. Dans ces conditions-là, toute hésitation eut constitué un acte de folie furieuse : aussi ne balançai-je point une seconde. J'ai la ferme espérance que cette loyale explication me procurera l'estime des foules et que ces dernières achèteront, par ballots, le parapluie de l'escouade, tant pour leur consommation propre que pour envoyer à leurs amis de la République Argentine.

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Date de parution 06 avril 2017
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Langue Français

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Allais CHARDLe p arapluie de l’ escouade Chapitr e I I I
Le lendemain, dès le p etit matin, le p oste r etentissait des clameur s de
Lap ouille .
— Le g ouv er neur de Paris ! Le g ouv er neur de Paris ! J’ai quelque chose
de très imp ortant à communiquer au g ouv er neur de Paris.
C’était p eut-êtr e v rai, après tout. Et puis, qu’ est-ce qu’ on risquait ?
D onc, le g ouv er neur de Paris fit v enir Lap ouille dans son bur e au :
— C’ est v ous qui tenez tant à me v oir , mon ami ? D e quoi s’agit-il ?
— V oici, mon g ouv er neur : Mon colonel m’a env o yé à Paris p our
astiquer le dôme des Invalides. Or , j’ai oublié mon trip oli et je n’ai p as
d’arg ent p our en acheter . Alor s, je viens v ous demander de me four nir du
trip oli, ou alor s de me r env o y er dans mon régiment cher cher le mien.
Ce p etit discour s fut débité sur un ton tellement sérieux, que
Lap ouille , av e c tous les ég ards dus à son rang, était amené au V al-de-Grâce ,
dans un assez br ef délai.
Là , il ne se démentit p as d’une semelle . Il rép éta aux mé de cins son
histoir e de l’astiquag e du dôme des Invalides, sa p énurie de trip oli, et la
crainte qu’il épr ouvait d’êtr e arapé p ar son colonel.
Il fut mis en observation . Un mois après, il était réfor mé .
D e temps en temps, je le r encontr e , ce brav e Lap ouille , et il ne manque
jamais de me dir e :
— Cr ois-tu qu’ils en ont une couche , hein ?
n
13CHAP I T RE I V
Café d’affair es
   p asse dans un grand café des b oule vards. Public
comple x e .L D es jour nalistes discutent âpr ement sur l’av enir de la pr esse
en France . Les uns prétendent que ce qu’il faut au public, c’ est ce ci et
cela. D’autr es affir ment, av e c une pr o digieuse assurance , que , p as du tout,
le public e xig e autr e chose , et que , dorénavant, il faudra lui ser vir autr e
chose que ce ci et cela, sans quoi !… Et il n’achè v e p as.
Qelques ménag es dép artementaux consultent le pr ogramme et l’heur e
des sp e ctacles. À chaque titr e d’une piè ce , la p etite femme (p as très bien
habillé e , mais plutôt jolie ) fait une moue :
— Est-ce qu’ on ne joue rien de Gandillot ? dit-elle .
L’ép oux se r epré cipite sur le pr ogramme et constate , p auv r e g ar çon !
que non, on ne joue rien de Gandillot.
À la table v oisine , une jeune p er sonne semble atendr e imp atiemment
quelqu’un, sans sav oir au juste qui ( je cr ois).
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